ABADIE, ABBADIE,subst. fém.,ABADIS,subst. masc. ou fém.
Rem. Sur la forme et la prononc. La forme abadis prévaut dans les dict. A. Dauzat la juge incorrecte (cf. Les Argots, Caractères-Évolution-Influence, 1929, p. 72). La forme abbadie (ex. 3) est exceptionnelle. La forme abadie est toujours considérée comme fém. (cf.Esn.); de même la forme abbadie (cf. ex. 3). La forme abadis est tantôt donnée comme masc. (ex. 1; Esn.), tantôt comme fém. (cf.F. Vidocq, Les Voleurs, t. 1, 1836, p. 3; F. Michel, Étude de philologie comparée sur l'argot, 1856; Lar. 19e;La Châtre t. 1 1865); Lar. 19edonne comme prononc. abadiss.
ÉTYMOL. ET HIST. − 1836 abadis, arg. « foule, rassemblement » (Vidocq, Voleurs, I, 3, cf. sup. ex. 1; 1847, abadie, id. Dict. d'argot anonyme ou la langue des voleurs dévoilée d'apr. Esn. s.v.). Se rattache prob. aux représentants mérid. du lat. batare « être ouvert » : a. prov. badar « être ouvert, s'ouvrir, ouvrir la bouche, regarder bouche bée » (voir badaud), franco-prov. abada « donner le large au bétail en le faisant sortir des étables pour le mener paître » (voir abader) avec suff. -is, -ie marquant une formation dév. et exprimant une idée de rassemblement, le premier avec une nuance péjor. L'étymon ital. ab(b)adia « abbaye » (Dauzat, Et. de ling. fr., 268, FEW, I 3 b, Sain. Sources arg. t. 2, 1912, II, 264) n'est pas acceptable, le sens de « foule » n'étant pas attesté en ital., ni même en prov. (Guir. Étymol. 1967, 62-63).
BBG. −Dauzat (Al.). Études de linguistique française. Paris, 1946, p. 268. − Garnier-Del. 1961 [1958].
Une abadie est au contraire la charge de l'entretien d'une église assumée par un abadié.— (Nouvelle revue d'onomastique, N° 21 à 24, page 222, Éd.Société française d'onomastique, 1993)