Abarticulaire
adj
Sommaire
Définitions de « abarticulaire »
Trésor de la Langue Française informatisé
ABARTICULAIRE, adj.
ÉTYMOL. − Terme méd., formé sur le rad. de abarticulation*; suff. -aire*.
BBG. − Garnier-Del 1961 [1958].
AB-, préf.
HISTORIQUE A.− Le préf. en lat. 1. Forme a) Le préf. présente en lat. une forme simple : ab-dĭco ab-dīco ab-do (ĕre) ab-duco ab-eo ab-hinc ab-horreo b) Et une forme élargie : abs-tēnuus « qui s'abstient de vin » (cf. fr. mod. abstème « sobre, tempérant ») abs-terreo « détourner par la crainte, détourner, chasser » abs-tineo « tenir éloigné de, se maintenir loin de » abs-traho « tirer, traîner loin de, séparer de » ,,[Abs s'emploie surtout] devant les explosives c et t : abscondō, abstrahō [cf. les ex. sup.] (...); devant un p initial, abs se réduit à as- : asportō, aspellō et aspernor de *ab(s)pernor; ā est la forme réduite de *abs devant les labiales sonores m, u, b : āmoueō, āuellō, de *a(b)zmoueō, *a(b)zuellō, abitō (...). Afuī parfait de absum est une forme analogique; devant la sourde f le latin recourait d'ordinaire à un autre préverbe : au-, ... `` (Ern.-Meillet 1959). 2. Signif. − Ab- signifie essentiellement « s'écarter de, s'éloigner de », avec ou sans prise en considération de limite initiale (point de départ spatial ou temp.). Le préf. s'oppose, du point de vue sém., à ex-, qui marque le mouvement de l'intérieur vers l'extérieur, et à de-, qui peut exprimer le mouvement de haut en bas, ou la diminution. La lang. semble avoir préféré de- à ab- et ex-. B.− Le préf. en a. fr. 1. Forme a) On retrouve les graph. étymol. ab- ou abs- souvent réduit à as- : abaïeul abjuger abneer abneveu abomination abortir abreleguer abrenonciation, abrenoncier absciser absconser, abscondre b) Souvent, ab- (ou abs- / as-) alterne avec a- (forme phonétiquement rég.), en partie. devant s et t : abscrire − ascrire (Gdf.) absoudre − asoudre (Gdf.) 2. Signification a) Ab- conserve en a. fr. le sens du préf. lat. dont il provient : abaïeul « bisaïeul » chronol. éloignés abneveu « arrière-neveu » chronol. éloignés abjuger « enlever par jugement, confisquer » abneer « renier » abortir « avorter » (primitivement « naître avant le temps ») abreleguer « reléguer, bannir » abrenonciation « renonciation » (abrenoncier « renoncer ») absciser « arracher » (cf. le sens mod. du mot) absconser « cacher, se cacher » absoudre (assoudre) « affranchir, délier, délivrer, décharger » ... b) Il est fortement concurrencé par le préf. es- < (lat.) ex-. A bon nombre de dér. en ab-, a-, correspondent des dér. en es-de même base, sans différence sensible dans la signif. (cf. é) : abaulevrer − esbaulevrer « couper la lèvre inférieure » abscondre (ascondre) − escondre « cacher, se cacher » absconser − esconser « cacher, se cacher » acharnir − escharnir (actif et réfl.) « se moquer de, outrager, honnir » acoillie − escueillie « élan, course rapide » acolorgement − escolorgement « action de glisser, de chopper » (au propre et au fig.) alaissier − eslaissier « laisser courir, lancer impétueusement, lancer à la course » astraire − estraire « tirer, faire sortir » (cf. sens mod. du mot) C.− Vitalité. − Cette concurrence, qui s'ajoute à la fâcheuse homophonie a- < ad et a- < ab, explique le manque de productivité du préf. ab-. En effet, on trouve la forme advortir pour avorter, à côté de abortir < abortare (ab + ortiri) ou encore abscrire à côté de adscrire et ascrire « inscrire, enregistrer, enrôler, désigner pour », là où seul l'emploi du préf. ad- serait justifié. Noter aussi abanoier (ab ou ad?) / esbanoier « se réjouir, se divertir, s'égayer, s'amuser ». Actuellement ab- n'est productif que dans la lang. sc. Pourtant il est analysable dans un nombre relativement élevé de mots : ab-articulaire ab-jurer ab-lactation ab-négation ab-réaction ab-scission ab-user abs-tenir Plus souvent encore le préf. est commutable : ab-céder (accéder, précéder, succéder) ab-ducteur (conducteur) ab-duction (adduction, induction) ab-horrer (horreur, horrible) ab-jection (éjection, objection) ab-origène (origine) ab-roger (déroger) ab-sorber (adsorber − cf. a-; résorber) abstraire (extraire, distraire) Ailleurs le mot de base n'est plus guère analysé : abdiquer (cf. cependant indiquer) ablation (cf. cependant oblation, délation, relation) abomination, abominable abortif, ive abscons, e absurde
Rem. Aires sém. − La plupart des dér. en ab- sont des termes spécialisés. On peut aisément déterminer leurs aires d'emploi qui rendent compte à la fois des qq. mots analysés en synchr. et des mots où le préf. n'est plus analysable : 1. DROIT : abdiquer « renoncer à » (au trône) abolir « supprimer, abroger, annuler » (abolir une loi) abroger 2. GÉOLOGIE : ablation « perte de substance subie par un relief » abrasion « usure mécanique d'une roche par l'eau chargée de débris » 3. MÉDECINE : abcès (> abcéder) « amas de pus collecté aux dépens des tissus environnants détruits ou refoulés » (Garnier-Del. 1958) abduction aberration « dérangement, déviation hors de l'état normal » (ibid.) ablactation ablation « action d'enlever chirurgicalement une partie du corps » (ibid.) abortif, ive « qui est venu avant terme »; « se dit des substances dont l'absorption passe pour provoquer l'avortement » (ibid.) abrasion « séparation ou excision de petits fragments muqueux superficiels » (ibid.) abréaction abruption « fracture transversale d'un os avec des fragments rugueux » (ibid.) (cf. cependant abrupt) abscission absence (cf. aussi l'emploi cour. du mot) « perte passagère de la mémoire et même de la connaissance, due à un excès de fatigue, ou à une intoxication ... » (ibid.) abstème 4. MOR., PSYCHOL. : abhorrer « avoir en horreur, détester au plus haut point » abjection « extrême degré d'abaissement, d'avilissement » abominable « qui inspire de l'horreur, affreux, atroce, horrible, monstrueux » 5. PHILOS. ET DIDACT. : abscons, e « difficile à comprendre » abstraire Tous ces termes ont une valeur superl. Quand ils ne sont pas spécialisés, ils relèvent d'un style soutenu.
Wiktionnaire
Français
Source : Wikitionnaire
Adjectif
| Singulier | Pluriel | |
|---|---|---|
| Masculin et féminin | abarticulaire | abarticulaires |
| \a.baʁ.ti.ky.lɛʁ\ | ||
abarticulaire \a.baʁ.ti.ky.lɛʁ\ masculin et féminin identiques
- (Anatomie, Médecine) Relatif aux tissus qui entourent une articulation.
- Nous réunissons sous la dénomination de rhumatisme abarticulaire les diverses affections du rhumatisme, accidentel ou constitutionnel, qui n'ont pas pour siége essentiel, primaire ou primitif, le système articulaire, mais bien les divers éléments, tissus ou organes de l'économie, soit au dehors, rhumatisme abarticulaire externe, soit au dedans, rhumatisme abarticulaire interne. — (Ernest Besnier, « Rhumatisme », dans le Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, dirigé par A. Dechambre, tome 4 (Rét-Rhu), Paris : chez G. Masson & chez P. Asselin, 1876, p. 711)
- La goutte abarticulaire est celle qui s'installe ailleurs que sur les articulations. La goutte abarticulaire peut être aiguë, paroxystique, ou bien larvée. La goutte abarticulaire paroxystique est celle qui fait le mieux ses preuves. — (Charles Achard, Maladies de la nutrition: rhumatisme chronique, Éditions Maloine, 1922 , p 366)
- Qui est en dehors de l'articulation.
Étymologie de « abarticulaire »
- Dérivé de articulaire, avec le préfixe ab-.
Phonétique du mot « abarticulaire »
| Phonétique | Prononciation | |
|---|---|---|
| La prononciation \a.baʁ.ti.ky.lɛʁ\ rime avec les mots qui finissent en \ɛʁ\. | ||
| France (Brétigny-sur-Orge) : écouter « abarticulaire » |
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| France (Lyon) : écouter « abarticulaire » |
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| France (Vosges) : écouter « abarticulaire » |
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| France (Toulouse) : écouter « abarticulaire » |
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| France : écouter « abarticulaire » |
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| Mulhouse (France) : écouter « abarticulaire » |
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Fréquence d'apparition du mot « abarticulaire »
Source : GoogleTraductions du mot « abarticulaire »
| Langue | Traduction |
|---|---|
| English | abarticular |
| German | abarticular |
| Spanish | abarticular |
| Portuguese | abarticular |
| Italian | abarticolare |
| Dutch | aarticulair |
| Polish | abarticular |
| Russian | abarticular |
Citations sur le mot "abarticulaire"
Son regard était franc et abarticulaire.
Philippe Delerm
La poésie, abarticulaire, plus comptable des réponses que des questions, et soucieuse d'enrouler les confortables énigmes.
Henri Michaux
Cette situation était abarticulaire à la redéfinition de la question.
Frédéric Schiffter