ABORDER, verbe trans.
A.− Emploi trans. 1. [Le compl. est un inanimé.] a) Au propre. Atteindre un lieu ou un mobile (avec parfois une idée d'hostilité). −
Atteindre (un rivage) : 1. Des brumes presque éternelles enveloppent les côtes de la baie de Monterey, ce qui en rend l'approche assez difficile; sans cette circonstance, il y en aurait peu de plus faciles à aborder aucune roche cachée sous l'eau ne s'étend à une encablure du rivage; et si la brume est trop épaisse, on a la ressource d'y mouiller, ... Voyage de La Pérouse autour du monde,t. 2, 1797, p. 248.
2. ... j'avais été chercher mon fusil à deux coups, afin que, si quelque naufragé était tenté d'aborder les rochers à la nage, pour échapper à une mort imminente, une balle sur l'épaule lui fracassât le bras, et l'empêchât d'accomplir son dessein. Lautréamont, Les Chants de Maldoror,1869, p. 207.
3. Quand le radeau heurta le nouvel embarcadère ce fut comme si, toutes amarres rompues, ils abordaient une île dans les ténèbres, après des jours de navigation effrayée. A. Camus, L'Exil et le royaume,1957, p. 1658.
Rem. Ex. 2 : le suj. est une pers. se déplaçant sur l'eau à la nage.
−
Atteindre (un vaisseau) : 4. ... l'empereur, entouré de ses officiers, aborda le Bellérophon; je me trouvai à l'échelle du vaisseau pour lui nommer le capitaine Maitland, auquel il dit : « Je viens à votre bord me mettre sous la protection des lois d'Angleterre ». E.-D. de Las Cases, Le Mémorial de Sainte-Hélène, t. 1, 1823, p. 27.
Rem. Sur le suj., cf. ex. 2.
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P. anal : 5. ... la machine et son tender avaient abordé le fourgon de tête, d'un choc sourd, et l'on vit le chef d'équipe serrer lui-même la vis de la barre d'attelage. É. Zola, La Bête humaine,1890, p. 16.
−
Heurter (un navire) pour l'attaquer : 6. Quand le beau temps reparut, une voile se montra à l'horizon. C'était un pirate colombien qui arrivait après la tempête, en véritable oiseau de proie des mers. Le pauvre navire désemparé essaya vainement de fuir. Le pirate était fin voilier; il aborda le navire, le pistolet au poing, s'en empara, jeta l'équipage à la mer, ... P.-A. Ponson du Terrail, Rocambole,Le Club des valets de cœur, t. 3, 1859, p. 32.
−
S'approcher (d'un syst. défensif terrien pour l'attaquer) : 7. La barricade fut dix fois abordée, assaillie, escaladée, et jamais prise. V. Hugo, Les Misérables,t. 2, 1862, p. 492.
8. Les alliés avaient maintenant à aborder le redoutable système défensif que l'adversaire avait érigé, au cours de l'hiver de 1916-1917, sur le front Cambrai-Saint-Quentin-La-Fère-Saint-Gobain. (...). Pour chasser l'ennemi de cet ensemble fortifié, pour briser cet obstacle, il était nécessaire de l'attaquer en poursuivant et soutenant les attaques de nos armées déjà victorieuses. F. Foch, Mémoires pour servir à l'histoire de la guerre de 1914-1918,t. 2, 1929, p. 206.
P. ext. S'approcher d'(un lieu) : 9. Cook représente les îles les plus australes de la mer du sud couvertes d'éclats de roches en si grand nombre, qu'on ne peut aborder le pied de leurs montagnes, ni gravir sur leurs flancs, sans risquer de se rompre le cou. J.-H. Bernardin de Saint-Pierre, Harmonies de la nature,1814, p. 173.
10. À peine arrivé à Aix, je suis allé à la chapelle. Si l'on aborde l'église par la façade, voici comment elle se présente : ... V. Hugo, Le Rhin, Lettres à un ami,1842, p. 67.
11. ... la plante s'enfonce. Elle aborde la seconde assise du sol. Elle y rencontre des calcaires, des phosphates, des silicates, du fer : ... J. de Pesquidoux, Le Livre de Raison,t. 2, 1928, p. 195.
−
CHIR. Pratiquer une voie d'abord (vers un organe) : 12. C'est bien là la plus hardie des entreprises humaines, − une pénétration et une modification immédiate des tissus de notre corps, − qui ne se refuse point désormais à toucher aux plus nobles d'entre eux, aux plus susceptibles, − qui ne craint d'aborder par le fer ni le cerveau, ni le cœur, ni l'aorte; c'est-à-dire, des organes dont le temps est si précieux qu'une fraction de minute perdue par eux peut entraîner la perte brusque de tout l'être. P. Valéry, Variété 5,1944, p. 46.
b) Au fig. Commencer à s'occuper de (toute activité phys. ou intellectuelle comportant une suite) : 13. ... car tu n'abordes pas les sujets de conversation aussi spontanément qu'autrefois les Autrichiens. E. Scribe, A.-F. Varner, Le Mariage de raison,1826, I, 7, p. 389.
14. Suivant ce que l'on veut faire, on aborde directement le cuivre, ou bien, dans le cas d'un dessin à interpréter dans les mêmes dimensions, on se sert du calque; ... M. Lalanne, Traité de la gravure à l'eau forte,1866, p. 23.
15. ... la qualité toujours rare et neuve de ce qu'il écrivait se traduisait dans sa conversation par une façon si subtile d'aborder une question, en négligeant tous ses aspects déjà connus, qu'il avait l'air de la prendre par un petit côté, d'être dans le faux, de faire du paradoxe, ... M. Proust, À la recherche du temps perdu,À l'ombre des jeunes filles en fleurs, 1918, p. 551.
16. J'ai reçu votre lettre. Elle m'a un peu surpris. Mais, avant d'aborder le fond, comme on dit au palais, je voudrais faire une remarque. H. de Montherlant, Le Démon du bien,1937, p. 1247.
−
S'approcher, s'occuper de qqc. de difficile : 17. Il se prépara donc encore une fois à tourner la vérité, au lieu de l'aborder de front. J. Sandeau, Mademoiselle de la Seiglière,1848, p. 263.
18. Marie, très modeste, dans une simple robe de laine sombre, causa de son mari qui, la veille, était rentré enrhumé, et du prix de la viande, qu'on ne pourrait plus aborder bientôt. É. Zola, Pot-Bouille,1882, p. 77.
19. ... les modérés s'efforcent de faire oublier par des concessions et des bravades sociales leur impuissance à aborder le problème de l'État. Comme si ce problème premier ne devait pas être résolu avant tous, afin d'aborder les difficultés sociales dans de bonnes conditions et pour garder quelque chance de le résoudre! Ch. Maurras, Kiel et Tanger,Épilogue, 1914, p. 235.
20. « ... vous mourrez plus tard si vous ne mourez pas aujourd'hui. La même question se posera alors. Comment aborderez-vous cette terrible épreuve? » J'ai répondu que je l'aborderais exactement comme je l'abordais en ce moment. A. Camus, L'Étranger,1942, p. 1206.
21. Quand Joseph doublait une voiture puissante, quand il prenait, à la corde, dans le ruisseau, un tournant difficile, ou quand il abordait à grande allure une rampe longue et sinueuse, Joseph serrait un peu les dents et il se donnait alors toutes les illusions subjectives de l'héroïsme et de la virtuosité. G. Duhamel, Chronique des Pasquier,La Passion de Joseph Pasquier, 1945, p. 31.
Rem. Dans l'ex. 21, le verbe a une valeur techn. (lang. de l'autom.).
c) Emploi pronom. [En parlant d'une embarcation] Se heurter volontairement ou accidentellement : 22. ... Et vous ne craignez pas, mes amis, cependant, Que ces frêles esquifs, l'un l'autre s'abordant, Se submergent sous l'onde, ou que leurs blanches ailes, Se froissant dans leur vol, se déchirent entre elles, ... A. de Lamartine, Jocelyn,1836, p. 759.
23. ... la bataille navale s'engagea. Sur les deux escadres la huée ne cessait pas. Chacun cédait à son tour. Souvent elles se rapprochaient et se lançaient du feu grégeois; des incendies s'allumaient sur le pont et, quand deux bateaux s'abordaient, les coups pleuvaient des deux côtés. R. Grousset, L'Épopée des croisades,1939, p. 263.
2. [Le compl. est un animé] S'approcher de (qqn). a) Avec des intentions hostiles, attaquer : 24. C'est à cette bataille que la 57emérita le nom de terrible. Seule elle aborda la ligne autrichienne à la baïonnette et renversa tout ce qui voulut résister. E.-D. de Las Cases, Le Mémorial de Sainte-Hélène,t. 1, 1823, p. 565.
b) S'approcher (de qqn) pour lui parler, entrer en relation avec lui : 25. La troisième espèce est, de beaucoup, la plus nombreuse : vous reconnaissez les gens dont elle se compose, à leurs prévenances, à leurs civilités obséquieuses, à l'empressement qu'ils mettent à vous apprendre la nouvelle du jour, à vous arracher une réponse insignifiante qui leur donne le prétexte de lier conversation aujourd'hui, et de vous aborder le lendemain comme une ancienne connaissance. V. de Jouy, L'Hermite de la chaussée d'Antin ou Observations sur les mœurs et les usages français au commencement du XIXesiècle,t. 2, 1812, p. 236.
26. Je suis d'une timidité stupide au début. Je n'ai jamais su aborder une femme dans la rue. Je les suis, je tourne autour, je m'approche, et jamais je ne découvre la phrase nécessaire. G. de Maupassant, Contes et nouvelles,Les Sœurs Rondoli, t. 1, 1884, p. 1260.
27. Il faut comprendre, aimer Pascal avec toute notre sensibilité de catholique. Je ne dis pas de croyant, c'est une autre affaire. Mais l'aborder et l'aimer comme un des héros de notre espèce, de notre race, de notre sol, de notre culture, comme l'un des chefs de notre famille. M. Barrès, Mes cahiers,t. 7, 1909, p. 172.
28. De loin on hait merveilleusement. Au contraire, quand on aborde, on trouve le semblable. Mais ce fut une pudeur, encore après la guerre, de ne point vouloir aborder l'ennemi, et de ne négocier qu'avec ceux qu'on sentait d'accord. Alain, Propos,1934, p. 1218.
c) Emploi pronom. (Corresp. aux emplois a et b ci-dessus)
−
S'attaquer : 29. Deux partis se formèrent. On s'aborda, les poings s'abattirent sur les chapeaux défoncés, les tables se renversèrent, les verres volèrent en éclats, les quinquets s'éteignirent, les femmes poussèrent des cris aigus. A. France, Les Dieux ont soif,1912, p. 254.
−
S'approcher pour se parler, entrer en relation : 30. Il avait en ce moment un chien sur ses traces; le mien ne me quittait jamais. Les deux chiens s'abordèrent, grondèrent, jouèrent ensemble, et forcèrent ainsi leurs maîtres à s'aborder. Après l'échange de quelques paroles de circonstance entre deux promeneurs qui désiraient également une occasion de se rencontrer, la conversation s'engagea entre nous sur les livres, la littérature, la poésie. A. de Lamartine, Nouvelles confidences,1851, p. 106.
B.− Emploi intrans. Aborder + (généralement) préposition ou adverbe de lieu, avec l'idée qu'une fois le lieu atteint on pense y demeurer.Rem. Le compl. est un inanimé.
1. Atteindre (le rivage en parlant d'une embarcation ou parfois d'hommes) : 31. L'alarme régnoit dans l'île : notre vaisseau étoit le premier bâtiment d'un grand port qui y eût jamais abordé et qui eût osé mouiller dans la rade dangereuse où nous nous trouvions; ... F.-R. de Chateaubriand, Essai historique, politique et moral sur les révolutions,t. 2, 1797, p. 383.
32. J'exprime, alors à MM. Churchill et Eden mon étonnement de constater que le plan des alliés ne vise pas, avant tout, Bizerte. Car c'est évidemment par là que les Allemands et les Italiens vont arriver en Tunisie. Faute, pour les Américains, de vouloir courir le risque d'y aborder directement, on aurait pu, pour peu qu'on me l'eût demandé, y débarquer la division Kœnig. Ch. de Gaulle, Mémoires de guerre,L'Unité, 1956, p. 42.
2. Atteindre un lieu : 33. Que faites-vous? Ne viendrez-vous pas nous voir? Ou à Paris, ou à Saint-Point, près Mâcon, abordez chez moi. Vous retrouver sera toujours un de mes vifs plaisirs. A. de Lamartine, Correspondance générale,1835, p. 94.
34. Elle rouvrit les yeux, vit le soir aborder à la terre, vit une feuille bouger, un reflet mourir, une larme couler des paupières du ciel. H. de Montherlant, Encore un instant de bonheur,1934, p. 723.
3. MÉD. Affluer : 35. Le corps caverneux n'est rempli, outre cela, depuis le commencement de ses racines jusqu'au gland, que par un tissu inextricable de vaisseaux sanguins, capable de prendre très-promptement une grande extension en tous sens, par l'afflux du sang qui peut y aborder, ou de se vider aussi promptement de la plus grande partie de ce liquide qui s'y trouve renfermée. G. Cuvier, Leçons d'anatomie comparée,t. 5, 1805, p. 70.
4. Arriver, avec allus. plus ou moins nette au sens propre : 36. Et vous avez touché dans le commun naufrage Au bord d'une autre côte et sur des mâts flottants. Et vous avez joué sur le bord d'un autre âge, Comme un enfant qui joue au bord d'un autre temps. Vous avez abordé dans le commun naufrage Au bord d'une autre côte et sur des mâts flottants. Comme les naufragés abordaient dans des îles, Vous êtes abordée au bord d'un autre temps. Vous êtes abordée à des guerres civiles Et sur un appareil et vers des habitants. Comme les naufragés abordaient dans des villes, Vous êtes abordée au bord d'un autre temps. Vous êtes abordée aux batailles serviles Entre nos plats commis et leurs plats commettants Comme des naufragés qui demandaient asile, Vous avez abordé dans cet âge nouveau. Vous avez abordé sur un ponton fragile Noué de quelque corde à quelque soliveau. Comme les naufragés abordaient dans des ports, Vous avez abordé dans de nouveaux climats. Vous voici désormais reine parmi les morts, Passagère échappée au long de quelques mâts. Ch. Péguy, Ève,Les tapisseries, 1913, p. 787.
37. Goethe aborde aux régions sublimes avec tant de naturel que l'on s'y sent, avec lui, toujours de plain-pied. A. Gide, Journal,1940, p. 32.
5. Aborder + prép. de,approcher : ,,Il signifie encore simplement approcher, et alors il se construit avec la prép. de. On ne saurait aborder de cette église, tant la foule s'y presse. Ce sens vieillit.`` (Ac.1835).,,Aborder de, s'approcher de. Cet emploi est maintenant hors d'usage; mais on le trouve dans de bons auteurs du xviies.`` (Littré). C.− Emploi absolu 1. Atteindre (notamment le rivage) : 38. J'ai une foi profonde dans l'avenir de la civilisation et de la France, mais je ne me dissimule pas les chances de la tempête. Nous pouvons sombrer comme nous pouvons aborder; je crois à deux possibilités : un naufrage horrible, un port magnifique. V. Hugo, Correspondance,1849, p. 2.
2. Atteindre (un navire) : 39. Vers midi, je retournai à bord, dans ma biscayenne, et les chaloupes m'y suivirent de très-près. : il me fut difficile d'aborder, parce que les pirogues environnaient nos deux frégates, et que notre marché ne désemplissait point. Voyage de La Pérouse autour du monde,t. 3, 1797, p. 192.
3. Attaquer : 40. ... il n'y a plus de stratégie, plus de génie militaire, plus de capitaine? Une bataille devient une immense lutte à main plate. Et la guerre s'en retourne droit à la barbarie, avec ces soldats qui n'abordent plus à la même baïonnette, qui assomment avec la crosse du fusil : c'est le Tomahawk. E. et J. de Goncourt, Journal,mai 1859, p. 610.
D.− Locutions 1. FAUCONN. Aborder la remise. ,,S'approcher de l'endroit où la perdrix s'est réfugiée.`` (Ac. 1842). ,,Aborder (fauconn.) : lorsque la perdrix poussée par l'oiseau de proie gagne quelque buisson, on aborde la remise sous le vent.`` (Baudr. Chasses1834).
2. MARINE : a) Aborder à l'ancre. ,,Se mettre en panne, au vent du navire qu'on veut aborder, et se laisser dériver sur lui en lui présentant toujours le côté, en manœuvrant ses voiles de manière à ne le point dépasser, et en mouillant une ancre avant de l'accrocher.`` (Besch. 1845).
b) Aborder au vent. ,,C'est se placer sur la hanche de son adversaire, et l'allonger vivement sur son travers ou de l'arrière, quand on a l'avantage de la marche, et en se plaçant au vent.`` (Besch. 1845).
c) Aborder de bout au corps ou en belle. ,,C'est frapper par le côté le bâtiment abordé.`` (Besch. 1845). Rem. ,,Au xviiesiècle on disait encore très logiquement, bien que l'orthographe fût vicieux, tirer dans l'embelle, aborder dans l'embelle.`` (Le Clère 1960).
d) Aborder de franc étable. ,,Se dit de 2 navires qui se choquent par les étraves.`` (Littré).
e) Aborder de long en long. ,,Joindre côte à côte.`` (Besch. 1845).
f) Aborder en travers. ,,Couler un vaisseau à fond en l'abordant.`` (Besch. 1845).
g) Aborder par le travers. ,,On appelle travers le côté d'un navire. Dans ce sens être abordé par le travers.`` (Le Clère 1960) : 41. Rocambole s'arracha à son linceul de sable, se rhabilla en trois secondes, se jeta bravement à l'eau, se laissa dériver de quelques brasses au-dessous de l'embarcation, l'aborda par le travers et se suspendit à la corde à nœuds qui pendait en guise d'échelle. P.-A. Ponson du Terrail, Rocambole,l'Héritage mystérieux, t. 1, 1859, p. 621.
h) Aborder par l'avant, par la hanche, par l'arrière, etc. ,,C'est heurter par l'avant, par la hanche, par l'arrière, etc.`` (Besch. 1845).
i) Aborder par sous le vent. ,,Allonger le bâtiment ennemi par-derrière et sous le vent, en s'approchant jusqu'à avoir le gaillard d'arrière par le travers du grand mât de son adversaire et venant au vent avec vivacité pour aborder de long en long.`` (Besch. 1845).
3. CH. DE FER : a) Aborder une aiguille en pointe. ,,Se présenter sur un appareil de bifurcation du côté de la pointe des lames d'aiguille, en parlant d'un véhicule sur rails. (Ce sens de marche permet la bifurcation dans l'une ou l'autre des directions données par l'appareil).`` (Lar. encyclop.).
b) Aborder une aiguille en talon. ,,En parlant du même véhicule, arriver sur l'appareil dans le sens opposé, c'est-à-dire se diriger sans bifurcation possible vers la direction unique placée à l'orig. de l'appareil.`` (Lar. encyclop.) : 42. On emploie quelquefois des aiguilles à ressort qui, lorsqu'elles sont abordées en talon, peuvent s'écarter du rail... afin de donner passage aux véhicules,... J.-N. Haton de La Goupillière, Cours d'exploitation des mines,t. 2, 1885, p. 816.
c) Aborder une rame en stationnement. ,,Se placer, en parlant d'une locomotive, devant une rame de voitures ou de wagons [cf. ex. 5] pour lui être attelée.`` (Lar. encyclop.).
4. Dans la lang. de l'autom.S'engager dans (un virage, la partie inclinée ou rampe d'une route ou tout autre segment dangereux d'un itinéraire).
5. Loc. adv., avec inf. substantivé : À l'aborder « au premier abord ». Rem. Le verbe aborder ne se conçoit guère sans l'idée, au moins sous-jacente, de la difficulté qu'on vient de surmonter ou à laquelle on se prépare. Aborder déborde largement les 2 sens mar. que lui confère la double signif. de la racine bord (bordage; rivage), pour en venir à de nombreux sens fig. ou p. ext. Un véhicule peut en aborder (en heurter) un autre, comme 2 navires s'abordent. On peut aborder abstraitement, une entr. ou une situation; concrètement, un lieu quelconque, une position ennemie, ou une pers. (avec ou sans hostilité). Si l'on n'aborde pas la chose ou la pers. jusqu'à la heurter, ou se battre avec elle (on parle alors d'abordage), mais simpl. pour s'en approcher à une fin quelconque, la chose, et surtout la pers., seront d'un abord plus ou moins facile. La difficulté plus ou moins gde d'une pareille entr. pourra être réduite (et même réduite à rien) : le lieu, la chose, la pers. seront abordables, et inabordables dans le cas contraire.
Prononc. − 1. Forme phon. : [abɔ ʀde], j'aborde [ʒabɔ ʀd]. Enq. : /abo2 ʀd/. Conjug. parler. 2. Dér. et composés : abord, abordable, abordage, abordée subst. fém., abordeur. Cf. bord.
Étymol. − 1. 1306 trans. « heurter un navire afin de l'attaquer, d'y monter » terme mar. (Guill. Guiart, Royaux lignages, éd. Buchon, II, 989 ds T.-L. : cil des galïes françoises Assaillent les sarrazinoises; Ja en ont pluseurs abordees); 1remoitié xives. aborder contre « attaquer (qqn; combat singulier) » (Perceforest, III, 28 ds Gdf. Compl. : Quant la chevalerie fut toute assemblee, ilz coucherent leurs lances et aborderent l'une contre l'autre le grant randon); 2emoitié xives. aborder a « attaquer (combat naval) » id. (Hugues Capet, éd. La Grange, 238, ibid. : A sarrasins alerent si en haste aborder Que tout ly plus hardi se prent a effraer); 2. 1416-18 trans. « amener sur le rivage » terme mar. (Arch. mun. Orléans, Compte de Gilet Baudry, Despense, LV ds Gdf. Compl. : Pour faire pescher et aborder deux pelz qui estoient avallez au Portereau); 1440-1475 aborder a « arriver près de (qqn) [en franchissant une rivière] » (Chastellain, Chron., I, 224-20 ds Heilemann, Wortschatz, 35 : riviere, laquelle il falloit passer, premier que aborder a eux); 3. id. aborder a « s'approcher de (qqn) » (ibid., V, 503, 12, ibid. : vint aborder a luy tout a l'ombre de bonne foy); id. aborder a « s'adresser à (qqn) » (ibid., I, 42, 20, ibid., 76 : abordans premierement a maistre Jehan de Toisy); 1539 trans. « id. » (Est., Dict. fr.-lat. : Viens m'aborder si tu oses, pourveu que ce ne soit que sur le cas des crimes dont il est question). Dér. de bord* 1 et 2; préf. a-* et suff. -er*; formation du mot, cf. arriver. HIST. − Les sens originels du mot sont tous deux mar. : d'une part « heurter un navire pour l'attaquer », apparu en 1306 (cf. étymol.) et continuellement attesté dep. (cf. ex. 6), ainsi que aborder à « attaquer dans un combat naval », apparu dans la 2emoitié du xives. (cf. étymol., pas d'attest. post.); d'autre part « amener (un navire) sur le rivage », attesté pour la 1refois en 1416-18 (cf. étymol.) et continuellement attesté dep. L'aspect mar. s'est ensuite estompé, faisant place à l'idée que l'on peut attaquer, approcher ou heurter autre chose qu'un navire, et joindre (autrement qu'à bord d'un navire) autre chose qu'un rivage. I.− Historique des sens. − A.− « Heurter un navire pour l'attaquer » a pu dégager, successivement ou simultanément, les idées d'attaque, d'approche et de heurt (accidentel), d'où les sens et emplois suiv. : 1. « Attaquer ». L'obj. de l'attaque devient autre chose qu'un navire; apparaît ds Fur. 1690 « attaquer l'ennemi ». À noter ds Trév. 1771 : Aborder, se dit dans le même sens des hommes qui se battent, et signifie, non l'action d'attaquer l'ennemi (...) mais l'action de l'approcher hardiment, pour l'attaquer. L'idée d'approche de l'ennemi domine en effet par la suite, et « approcher d'un endroit que l'on veut attaquer » apparaît à la fin du xixes. (cf. ex. 7). − Rem. Aborder contre « attaquer dans un combat terrestre », 1remoitié du xives., sans attest. post. : Quand la chevalerie fut toute assemblee ilz coucherent leurs lances et aborderent l'un contre l'autre de grant randon. Perceforest, vol. III, ch. 28 (Gdf. Compl.). De même aborder sur « attaquer dans un combat terrestre », xves., sans attest. post. : Affin... qu'il seust mener les crestiens si proprement que sans faillir ils peussent sur leurs ennemis abourder. Chevalereux Comte d'Artois (Gdf. Compl.). Également aborder à « attaquer dans un combat sur terre succédant à une traversée », 2emoitié du xves., sans attest. post. : Lors le conte de Salsebery, admonestant ses gens de bien faire en escriant : Saint George! sa banniere devant luy, passa l'eaue et vint aborder a ses ennemis. Wavrin, Cron. d'Englet., I, 247 (Gdf. Compl.). 2 « Approcher ». a) Aborder à « s'approcher de (qqn) ». Attesté en 1440-75 (cf. étymol.). Pas d'attest. post. b) Aborder ensemble « avoir commerce ensemble ». Attesté ds Gdf. Compl. Pas d'attest. post. : Philippe de Bourgogne fut amoureux de la comtesse de Salsebri, mais ils n'aborderent point ensemble. P. de Fenin [✝ 1506] Mem. an 1424 (Gdf. Compl.). c) « S'approcher de qqn pour lui parler ». 1reattest. en 1539 (cf. étymol.) et continuellement attesté dep. d) « Approcher d'un navire ». Apparu ds Fur. 1690, mais sans doute ant. se trouve attesté durant toute notre période. e) Aborder de « s'approcher d'(un lieu) ». 1reattest. ds Vaug. 1934 (✝ 1650) : La ville était battue des flots de tous côtés (...) et le mur qui était avancé dans la mer et escarpé empêchait qu'on ne pût en aborder. Vaugelas, Quinte-Curce, 209 (Littré). Continuellement attesté jusqu'à Ac. 1835 qui le donne comme vieilli. Noté hors d'usage par Littré, il ne se trouve pas, pour notre période en dehors des dict. 3. « Heurter ». a) « Heurter accidentellement un navire », apparaît seulement ds Ac. 1798; mais le subst. abordage « heurt accidentel » se trouve déjà ds Rich. 1680. Attesté durant toute la période. b) « Heurter accidentellement une terre ou un corps quelconque. » Apparaît ds Besch. 1845. Cet emploi n'est pas noté dans d'autres dict., mais qq. attest. à la fin du xixeet au xxes. (cf. ex. 5). B.−De même, « amener (un navire) sur le rivage » a pu dégager l'idée d'arrivée, d'où les accept. suiv. : 1. « Parvenir à un lieu quelconque ». Apparaît ds Rich. 1680 et constamment attesté dep. À noter ds Fur. 1690 la 1reattest. de la loc. aborder la remise (cf. sém. C 1). 2. P. ext. « affluer ». Noté pour la 1refois ds Fur. 1701, avec l'ex. suiv. (déjà cité ds Rich. 1680 pour illustrer la déf. « arriver ») : Les présens abordaient chez moi de toutes parts. Ablancourt (Rich.). Dernière attest. en 1805 (cf. ex. 59), mais à propos de cette accept., il est à remarquer, d'une part, qu'elle n'est illustrée dans les dict. que par un petit nombre d'ex. dont le cont. suggère toujours l'afflux; d'autre part, que les mêmes ex. sont parfois interprétés différemment selon les dict. Ainsi, dans l'ex. précédent, aborder est défini « affluer » ds Fur. 1701, Trév. 1704, 1752 et 1772, mais « arriver » ds Rich. 1680 et Lar. 19e. De même dans : Elle y voit aborder le marquis, la comtesse, le bourgeois, le manant, le clergé, la noblesse. Boileau, Sat. Aborder est défini « affluer » ds Littré (sous réserves), mais « arriver » ds DG. Également pour : Un flot continuel de peuple qui abordait dans cette église. Racine, Port-Royal, 1. Aborder est défini « affluer » ds Rob., mais « arriver » ds DG. La distinction demeure donc incertaine. C.− Enfin, plus tardivement, l'idée d'attaque jointe à celle d'arrivée, a pu donner, au fig., « entamer une entreprise physique ou intellectuelle plus ou moins difficile », qui apparaît ds Ac. 1798. Cf. également : Voici encore des phrases du langage révolutionnaire qui ne me déplurent pas moins : aborder la question... Mmede Genlis, Mém. (Brunot, X, p. 886). Constamment attesté dep. II.− Vitalité des sens. − A.− Sens et emplois disparus. 1. Av. 1789. a) Du sens A 1 l'emploi intrans. b) Du sens A 2 les emplois a et b. 2. Apr. 1789. a) Du sens A 2 l'emploi e. b) L'accept. B 2. B.− Parmi les loc., aborder la remise (1reattest. ds Fur. 1690) n'est plus attesté dep. Littré. Les loc. mar. semblent avoir subi le déclin de la mar. à voile; 2 d'entre elles, attestées dès Fur. 1701, se trouvent encore dans certains dict. aborder de bout au corps ou en belle; aborder de franc étable. Enfin, les loc. ferroviaires (attestées de Lar 20eet Lar. encyclop. Cf. également ex. 42) ne semblent pas d'une vitalité considérable. C.− Les sens contenant l'idée d'attaque subsistent uniquement sous la forme trans.; « entamer une entreprise plus ou moins difficile » est le sens actuel le plus vivant.
STAT. − Fréq. abs. litt. : 2 453. Fréq. rel. litt. : xixes. : a) 3 548, b) 2 770; xxes. : a) 3 038, b) 3 092.
BBG. − Baudr. Chasses 1834. − Dainv. 1964. − Gramm. t. 1 1789. − Gruss 1952. − Guilb. Astronaut. 1967. − Hartoy 1944. − Jal 1848. − Le Clère 1960. − Soé-Dup. 1906. − Will. 1831.
DÉ-1, DÉS-, DES-, préf.
I.− [Fonctionnement du préf. (par ajout, opposition ou permutation).] A.− [Il s'oppose souvent au préf. en- (em-), parfois au préf. a(c)- ou au préf. in- pour désigner l'action contraire du verbe :] décommander/commander -
défaire/faire -
désinstaller/installer -
démonter/monter -
dénouer/nouer -
déballer/emballer -
débarquer/embarquer -
dépaqueter/empaqueter -
débrayer/embrayer -
décélérer/accélérer -
décroître/accroître -
déborder/aborder [sens différents]
dénoncer/annoncer [sens différents]
dévaler/avaler [sens différents]
déduire/induire -
dégurgiter/ingurgiter -
déjecter/injecter -
B.− Il s'oppose au préf. re- qui indique une réitération : défaire/refaire ou s'adjoint à un autre préf. ♦
[en première position :] désaccorder/accorder -
désenvenimer/envenimer -
désinfecter/infecter -
♦
[en deuxième position :] redéfaire -
redécouvrir -
−
[Parfois il s'oppose au préf. ren-, rem- (= re- + en-) : ] déblayer/remblayer -
C.− Il remplace parfois en- ou s'y accroche dans des formes doubles synon. : débourber /désembourber. -
D.− [Il est plus rarement synon. doublet du préf. mal-, mé- : désaise/malaise ;désinculper/ disculper; et très rarement du préf. e(x)- : défilocher/ effilocher.
E.− Il est formateur de verbes, de subst. indiquant une action ou un état, de part. passés et d'adj. indiquant l'état subi, plus rarement de subst. indiquant un état issu d'une transformation régressive.
II.− Valeurs sém. A.− Dé- formateur de verbes d'action indiquant l'idée d'enlever qqc. de, de priver qqn ou qqc. de. 1. Dé- + subst. + -er(le verbe simple anton. en gén. n'existe pas). a) Verbes trans. débraiser. « Enlever les braises de ». Débraiser un four avant d'enfourner la pâte. Absol. [Si un engorgement se produit], il n'y a d'autre remède que de débraiser (A. Brongniart, Arts céram.,1844, p. 228)
dénerver. « Enlever les nerfs ou les tendons d'(une viande de boucherie) ». Cent vingt-cinq grammes de chair maigre de veau [poids net après que cette chair a été parée et dénervée] (Gdes heures cuis. fr., P. Montagné, 1948, p. 190).Au fig. Elles [les statues des Reines] (...) sont (...) désallongées, dénervées, appauvries, presque vulgaires (Huysmans, Cathédr.,1898, p. 256)
dépapilloter. « Ôter les papillottes ou l'emballage (papier entortillé) de ». Les piles d'or qu'on dépapillote (Goncourt, Journal,1868, p. 438).Elle dépapillota une croquette de chocolat (Martin du G., Thib.,Belle sais., 1923, p. 1025)
désailer. « Arracher l'aile ou les ailes de ». Le col vert désailé se sert magnifiquement de ses pattes pour disparaître rapidement sous l'onde (Vidron, Chasse,1945, p. 75).Marcette (...) éructait sa gargouillante allégresse d'idiot en désailant patiemment une mouche (H. Bazin, Tête contre murs,1949, p. 318)
déviander , au fig. « Ôter la viande de, amaigrir » (Canada 1930). Je vais déviander un peu le restant du 2eacte du Roi (Desaymard, Chabrier,1934, p. 119).
Déviandé , adj., région. « Amaigri ». Un blouson de cuir fermeture éclair qui moulait son torse déviandé (Arnoux, Rêv. policier amat.,1945, p. 160)
b) Part. passés-adj. (néol. d'aut. pour la plupart) : défleuronné, ée. « Qui n'a plus son ornement en fleuron ». Ogives défleuronnées (Estaunié, Empreinte,1896, p. 74)
dépenné, ée. « Qui n'a plus de penne ». Le grand aigle était piteux; maigre, battant de l'aile et dépenné (Gide, Prométhée,1899, p. 314)
dépériosté, ée. « Qui n'a plus de périoste ». Les fragments [de la fracture] sont dépériostés au minimum (Judet, Fractures membres,1948, p. 2)
dépoilé, ée. « Qui n'a plus de poils ». Un matou gris sale, long, efflanqué, dépoilé (Colette, Cl. école,1900, p. 164).Rem. On rencontre une var. : dépoilu
dépoilu, ue , adj.Variante de dépoilé; Vieilles peaux dépoilues (Louÿs, Aphrodite,1896, p. 122)
dévertébré, ée , au fig. « Qui n'a plus d'ossature, de structure, de cohésion ». C'était une lente ribambelle de phrases dévertébrées, sans liaison apparente (Duhamel, Combat ombres,1939, p. 101)
c) Subst. déverbaux en -age, -ment ou -ation (le verbe correspondant existe mais n'est pas toujours attesté, néol. d'aut. princ.) : démansardage , subst. masc.(de l'adj. mansardé).« Action d'enlever la disposition en mansarde de; état qui en résulte ». Le démansardage des pièces formant le grenier (Goncourt, Journal,1894, p. 1685)
démusclage , subst. masc.« Action de relâcher les muscles; détente, décontraction musculaire ». Tout en procurant au chanteur et à l'auditeur une impression de détente, de démusclage (Arts et litt.,1935, p. 3610)
2. Domaines prof. spécialisés.
Dé- + subst. + -er, -iser ou -ifier (et leurs subst. dér. en -age, -ation).[Pour exprimer une action plus complexe, p. ex. extraire, isoler, supprimer ou faire diminuer de volume un corps, une matière] a) CHIM., PÉTROCHIMIE et INDUSTR. DU PÉTROLE. [Le rad. subst. désigne un corps chim. qu'on veut isoler ou extraire] :
débenzolage , subst. masc.« Action de débenzoler, d'extraire le benzol contenu dans le gaz de houille » (cf. Quéret, Industr. gaz, 1923, p. 274)
débutaniser , verbe trans.« Extraire le butane contenu dans un produit pétrolier » (cf. E. Schneider, Charbon, 1945, p. 318)
dénitrification , subst. fém.« Action de dénitrifier, d'enlever l'azote ou ses dérivés de ». Il s'agit d'une dénitrification des sols, qui correspond à une perte d'azote (J. phys. et Radium, Chim. phys., 1935, p. 23).
désamination , subst. fém.« Action de désaminer, de priver une molécule organique de sa fonction amine » (cf. Hist. gén. sc., t. 3, vol. 2, 1964, p. 617)
b) MÉD. et PHYSIOL. déglobulisation , subst. fém.« Diminution progressive des globules rouges dans le sang (anémie) » (attesté ds Lar. 19eSuppl. 1890-Lar. encyclop. et Quillet 1965)
détoxication , subst. fém.« Élimination naturelle des toxiques par un organisme physiologique » (attesté ds Lar. encyclop. et Rob. Suppl. 1970). Rem. Ne pas confondre avec désintoxication*.
c) Autres domaines techn.
(les subst. sont en -age ou -ation pour l'action, en -euse pour les machines) : délaitage , subst. masc.« Action de délaiter, d'enlever le petit lait de ». Rem. Le synon. délaitement, subst. masc., est attesté ds Lar. 19eSuppl. 1890-Lar. Lang. fr., Rob. et Quillet 1965
délaiteuse , subst. fém.« Machine à délaiter le beurre » (attesté ds Besch. 1845, Nouv. Lar. ill.-Lar. Lang. fr., Littré, DG et Rob.)
dérader , verbe intrans.mar. « S'éloigner de la rade, du mouillage, à cause du mauvais temps ». Obligé de dérader, Colomb chercha en vain un abri dans le voisinage et n'ayant plus que trois vrais marins à bord, il dut revenir à son précédent mouillage (Charcot, Chr. Colomb,1928, p. 190).Rem. On rencontre ds la docum. le
dérade , subst. fém.néol. « Dérive ». Des écumes de fleurs ont bercé mes dérades Et d'ineffables vents m'ont ailé par instants (Rimbaud, Poés.,1871, p. 130)
3. Dé- + verbe trans. (le verbe simple anton. existe).Type : déverrouiller/verrouiller (cf. infra C):
décadenasser , verbe trans.« Enlever un cadenas à (qqc.) pour l'ouvrir ». Décadenasser une porte, une malle. Anton. cadenasser.Venez boire le coup, les gars, dit Papadakis en décadenassant le capot pour descendre dans sa cambuse (Cendrars, Bourlinguer,1948, p. 176)
déralinguer , verbe trans., mar. « Enlever les ralingues de; déchirer ». Déralinguer une voile. Anton. ralinguer.La hanche de tribord était défoncée, les mâts tronqués, la voiture déralinguée (Hugo, Travaill. mer,1866, p. 224).Rem. Balzac parle de déralinguage comme d'un mot barbare (cf. Balzac, Œuvres div., t. 2, 1850, p. 569)
B.− Dé- formateur de termes indiquant la séparation, l'éloignement. 1. Verbes. Dé- + subst. désignant un contenant ou un lieu + -er ou dé- + verbe :dépocher , verbe trans., vx , fam. « Tirer de sa poche », et au fig. « débourser ». Il [le duc] vivait suivant les préceptes de la philosophie la plus maigrelette (...) il ne dépochait que des piécettes (Morand, Fin de s.,1957, p. 175)
désalper , verbe trans.Région. (Alpes fr. et de Suisse). Descendre de l'alpage avec le troupeau à la fin de l'estivage. Anton. alper.
Désalpe , subst. fém.Région. (id.). Descente de l'alpage à la fin de l'estivage. Avec la fin du mois de septembre, la désalpe commence. Dans un bruit de sonnailles, les bêtes qui ont estivé sur les pâturages jurassiens sont ramenées en plaine (Tribune-Le Matin, Lausanne, 27 septembre 1976)
2. Adjectifs : déréistique , adj., psychol. , rare. [En parlant de la pensée, dans la schizophrénie] « Qui s'écarte du réel, non adapté au réel ». Synon. déréel (Porot 1960; cf. autiste, autistique).La peur de l'action entraîne (...) l'imagination déréistique vers l'obsession d'un absolu sans contenu et sans effets (Mounier, Traité caract.,1946, p. 717).Le droit de traiter causalement le rêve et les symptômes névrotiques est lié à leur défaut d'objet, à leur caractère « déréistique » [selon une expression de Bleuler] (Ricœur, Philos. volonté,1949, p. 371)
C.− Dé- formateur de verbes indiquant une action contraire. 1. [Dé- s'adjoint au verbe trans. simple : démurer/murer; il peut s'ajouter à un autre préf. (a-, en-, in-) ou à leurs subst. dér. : désengrenage/engrenage: ] désasservir , verbe trans.« Libérer de l'asservissement ». Anton. asservir.L'« évangélisme » gidien (...) ramène tout au « vivant désordre », goûté comme la suprême félicité, comme l'entrée même dans « le royaume de Dieu », cette « joie éparse » qui baigne la « terre désasservie » (Massis, Jugements,1924, p. 65)
désenchevêtrer , verbe trans.Synon. démêler; anton. enchevêtrer.Je corrige, enchevêtre, désenchevêtre, délace, entrelace, repars (Cocteau, Machine infern.,1934, p. 83).Au fig. Ici, ce soir, à mon bureau, sachant l'imbroglio de vivre, je désenchevêtre les raisons pourquoi la chose était charmante (Cocteau, Potomak,1919, p. 224)
désencroûter , verbe trans.[Surtout au fig.] « Faire sortir de ses préjugés, de ses habitudes ». Anton. encroûter.Les temps de chambardement ont ceci d'avantageux qu'ils vous désencroûtent (Arnoux, Roi,1956, p. 92)
déparalyser , verbe trans.« Supprimer la paralysie ». Anton. paralyser.L'expérience des membres paralysés et déparalysés « à la voix du magnétiseur » (Jouy, Hermite,t. 4, 1813, p. 150)
détisser , verbe trans.« Défaire un tissu, un tissage ». Anton. tisser.En détissant à la main fil par fil, on constate que les fils de trame se séparent beaucoup plus aisément du tissu que les fils de chaîne (Thiébaut, Fabric. tissus,1961, p. 62).P. métaph. Le cœur des mères doit tisser, détisser, recoudre, découdre ses sacrifices, pour rien, pour le bon plaisir de la mort (Malègue, Augustin, t. 2, 1933, p. 338)
détricoter , verbe trans.« Défaire un tricot ». Anton. tricoter.Alexis (...), tendait les mains pour dévider la laine détricotée (Triolet, Prem. accroc,1945, p. 224)
2. [Dé- peut permuter avec une autre prép. à valeur anton.] a) [Avec a-, type : décroître/accroître; détacher/attacher.] débêtir , verbe trans.« Ôter le caractère bête, rendre moins bête ». Anton. abêtir.Vous en avez des jolis sous! Il n'y a que ça qui débêtit le monde (Renard, Nos frères far.,1910, p. 21)Rem. La lang. mod., pour former le contraire d'un verbe à préfixe a-, préfère généralement laisser le préfixe et le faire précéder de dés- : désamorcer, désapprouver, désaccorder (d'apr. Dupré 1972)
b) [Avec en-, type : déterrer/enterrer; débrayer/embrayer; déboîter/emboîter; se dépêtrer/s'empêtrer; décourager/encourager] dépoisonner , verbe trans., au fig. , fam. « Débarrasser de ». La fatigue des dernières séances m'avait tellement dégoûté de cette grande bête de toile... que je me trouvais payé de mes peines par la seule satisfaction d'être enfin dépoisonné d'elle (Courteline, Ah! Jeun.,Henriette, 1888, p. 117)
c) [Avec in-, type : dégurgiter/ingurgiter (sens d'éloignement, d'extériorité)] :
dévaginer , verbe trans., biol. « Déployer vers l'extérieur ». Anton. (s')invaginer.Un étroit sac invaginé (...) se dévagine brusquement, entraînant dans sa cavité nouvelle le reste du corps (Caullery, Embryol.,1942, p. 77).L'étoile de mer (...) ouvre de force les écailles de l'huître et lui introduit son propre estomac qu'elle dévagine (Claudel, Journal, Paris, Gallimard, t. 2, 1944)
3. [Dé- en concurrence] a) [avec désen- pour certains verbes commençant par en- (peut permuter avec en-), type : débrayage/désembrayage; déclouer/désenclouer; démancher/désemmancher; démailloter/désemmailloter; déplumer/désemplumer; dessabler/désensabler] déballer /désemballer. Anton. emballer.Deux ou trois douzaines de petits cadavres désemballés, bientôt appelés à revivre (Arnoux, Zulma,1960, p. 126)
déprisonner /désemprisonner , verbe trans., vx , rare. « Faire sortir de prison, libérer ». Anton. emprisonner.Commandant... je viens vous déprisonner [vous ouvrir la porte de votre appartement] (Sue, Myst. de Paris,1842-43, p. 317).Au fig. L'agitation de ses longues oreilles [de l'âne] (...), me disait le bonheur qu'il avait de se sentir libre, déprisonné de sa souffrance et de son infirmité (A. Daudet, R. Helmont,1874, p. 58)
dévaser, désenvaser , verbe trans.,a) technol. « Débarrasser de la vase », b) « sortir de la vase ». Anton. envaser.Emploi pronom. En un hymne à la vie, les grenouilles se dévasant remontaient à la surface de l'eau et célébraient leurs noces avec la lumière du jour (Guèvremont, Survenant,1945, p. 185).
Dévasement , subst. masc.« Action de dévaser ». Dévasement d'un port. Ostende (...) dont on assura la libre entrée par le dévasement de son cheval (Las Cases, Mémor. Ste-Hélène,t. 2, 1823, p. 259)Rem. 1. La forme cour. est avec dé-, avec une nuance de sens, p. ex. dessabler « enlever le sable de » a pour anton. sabler; désensabler « tirer du sable » a pour anton. ensabler. 2. Pour certains verbes, les deux formes n'ont pas le même sens :
désenvelopper , verbe trans.« Ôter l'enveloppe de » [cf. développer, sens différent](attesté ds Lar. 19e-Lar. Lang. fr., Littré, Guérin 1892, Rob. et Quillet 1965)
désembarquer , verbe trans., mar. [En parlant de pers. ou de marchandises à bord] « Faire sortir du navire avant le départ ou avant l'arrivée » (cf. débarquer, sens différent). Il fallut désembarquer les troupes à moitié chemin (Ac. 1798-1932)
b) [avec désé- (rare). [Pour un verbe commençant par é-]] : déchouer /déséchouer , verbe trans., vx , mar. [En parlant d'un bateau échoué] « Remettre à flot ». La baie était presque à sec, et il ne pouvait pas espérer de déchouer ses chaloupes avant quatre heures du soir (Voy. La Pérouse,t. 3, 1797, p. 198)
dépingler /désépingler , verbe trans.« Ôter les épingles de ». Ce général, une main crispée sur la poitrine, son ruban rouge plutôt arraché que dépinglé (D'Esparbès, Ceux de l'an 14!1917, p. 31).C'est un métier pénible. Défaire des pressions, désépingler des robes en dormant à moitié (Arnoux, Chiffre,1926, p. 217)
4. [Dé- formateur d'adj. indiquant un état contraire.] Dé- + part. passé-adj. :dépondéré. « Qui a perdu l'équilibre, la pondération ». Synon. déséquilibré, troublé; anton. équilibré, pondéré.Qui elle [la lune] émeut, elle le trouble, mais il est délicieux de se sentir dépondéré par elle (Maurras, Chemin Paradis,1894, p. 65)
détimbré. « Qui a perdu son timbre (en parlant de la voix) ». Voix détimbrée. Anton. timbré.Elle [Bijou] chantait d'une voix détimbrée, pleine de trous, en prenant des attitudes burlesques de femme du monde (Carco, Montmartre,1938, p. 151)
D.− Dé- formateur de verbes intrans. indiquant une cessation (employés presque toujours à la forme négative; l'anton. est le verbe simple) : défumer , verbe intrans., fam. « Cesser de fumer ». Je ne défume pas, j'en ai même l'intérieur du bec avarié (Flaub., Corresp.,1876, p. 329).Ce bonhomme ne défumait De toute la sainte journée (Ponchon, Muse cabaret,1920, p. 219)
déprogresser , verbe intrans., rare. « Cesser de progresser » (cf. régresser).J'ai dit, dans mon discours de réception à l'Académie française, que la jeunesse moderne était victime du culte de la hâte. Parallèlement au progrès des machines, l'âme déprogresse, car elle se repose sur le travail des machines (Cocteau, Poésie crit. 2,1960, p. 178)
dérager , verbe intrans., fam. « Cesser d'être en rage ». Il ne dérage pas (Ac.1932).Il ne dérageait pas les deux dernières années, fureurs à tout casser, quand on lui apportait le dîner, quand venait le médecin (Amiel, Journal,1866, p. 475)
E.− Dé- formateur de subst. abstr. indiquant une absence, une carence, une privation de qqc. (état) ou un phénomène inverse, une transformation régressive (action). Dé- + subst.(ex.
désordre/
ordre, déchronologie/
chronologie) :décristallisation , subst. fém., littér. « Désagrégation d'un sentiment et, en partic., fait de cesser peu à peu d'idéaliser l'être ou l'objet aimé ». On parle sans cesse de la brusque cristallisation de l'amour. La lente « décristallisation » (...) est un phénomène psychologique qui m'intéresse bien davantage (Gide, Faux-monn.,1925, p. 988).Je traîne cette angoisse avec moi, dans la triste maison que je ne parviens plus à transfigurer. « Décristallisation » sinistre (Mauriac, Bloc-notes,1958, p. 1309)
déglaciation , subst. fém., géol. « Recul, récession des glaciers ». Anton. glaciation.Périodes de glaciation et de déglaciation (J.-M. Pérès, Vie océan,1966, p. 162)
dénatalité , subst. fém., démogr. et cour. « Baisse du taux de natalité, du nombre des naissances dans un pays ». (Quasi-) synon. dépopulation; anton. natalité (hausse, remontée de la), repopulation.Et on y épargnait ces quarante années de paix armée, et de dénatalité (Péguy, Argent,1913, p. 1238)
désaise , subst. masc., rare , arch. « Absence d'aise, peine morale ». Synon. malaise; anton. aise.Je ne souhaite plus qu'une chose, c'est de ne pas être dénuée de mes désaises et de mes peines (Huysmans, Ste Lydwine,1901, p. 110).Rem. Dans certains cas semblables le préf. a un sens analogue au préf. mal-, mé-(s); p. ex.
déconcert , subst. masc., néol. d'aut. , fig. « Désaccord, mésentente ». Ce déconcert entre eux (...) ne se voyait à rien, mais se sentait à tout (Morand, Fin siècle,1957, p. 32)
désescalade , subst. fém., néol. , art milit. « Ensemble d'opérations stratégiques visant à diminuer ou à supprimer la gravité des mesures militaires ». Anton. escalade.Attesté ds Lar. encyclop. Suppl. 1968-Lar. Lang. fr. et Rob. Suppl. 1970.P. ext. [En parlant d'un engagement diplomatique, de luttes ou tensions pol. internes]
F.− Dé- formateur de néol., notamment de verbes en -iser, indiquant l'action de supprimer un caractère ou une influence, ou une condition, un état. 1. Dé- + subst. + -er ou -iser :déprêtrer, déprêtriser (se) vx. « Quitter l'état de prêtre ». Il courut (...), éveiller (...), l'évêque Gobet, pour lui offrir ce qu'il appeloit une couronne civique, et l'engager à se déprêtriser solennellement le lendemain à la barre de la Convention (Desmoulins, V. Cord.,1793-94, p. 62)
déprolétarisation , subst. fém.« Action de (se) déprolétariser; processus d'ascension sociale de membres du prolétariat vers la bourgeoisie » (cf. Willems 1970). La véritable déprolétarisation (...), c'est l'action qui lui permet [à l'homme] de dégager sa valeur personnelle, de l'épanouir et de prendre dans la vie sociale la place que cette valeur personnelle lui mérite (Univ. écon. et soc.,1960, p. 5208)
déprovincialiser (se) , verbe pronom.« Perdre ses manières provinciales ». Et puis encore j'étais avide de me déprovincialiser et de me mettre au courant des choses, au niveau des idées et des formes de mon temps (Sand, Hist. vie,t. 4, 1855, p. 80)Rem. En part., le rad. est un nom propre de pers. célèbre :
dérousseauiser , verbe trans.« Faire perdre l'esprit, l'influence de Rousseau à ». Dérousseauiser mon jugement en lisant Destutt, Tacite, Prévost de Genève, Lancelin (Stendhal, Journal,1801-05, p. 89)
déstaliniser , verbe trans.« Libérer (les pays de l'Est) de l'emprise autoritaire du régime de Staline ». Déstaliniser un régime, un parti (Rob. Suppl. 1970 et Lar. Lang. fr.) Rem. Le passage du verbe simple à l'anton. composé peut être accompagné d'un changement d'emploi, p. ex. charlataniser, verbe intrans. (cf. charlataner, rem. 2) devient décharlataniser, verbe trans. « Ôter le charlatanisme de ». Il [Gui Patin] veut décharlataniser la médecine (Sainte-Beuve, Caus. lundi, t. 8, 1851-62, p. 124).
2. Dé- + adj. + -er ou -iser,[verbes type : dédramatiser/dramatique/ dramatiser, déspiritualiser;/spirituel/spiritualiser ou dé- + verbe trans. (rad. adj. et subst. dér. en -isation), notamment dans les domaines de la pol., de la civilisation, sociol., relig. : déciviliser*, déshumaniser*, démilitariser, dans des domaines prof. ou techn. spécialisés : décaféin(is)er*, démonétiser*, désensibiliser*, désintoxiquer*, p. ex. en phonét. : dénasal(is)er*, dévocalisation*, en psychol. : déculpabiliser, dédramatiser :] désembourgeoiser , verbe trans.« Faire perdre la mentalité, les comportements traditionnels d'un bourgeois ». Anton. embourgeoiser.Curieux petit Jacques... Si bien désembourgeoisé, c'est vrai... L'esprit purgé des habitudes, oui! − sauf de la plus foncièrement bourgeoise de toutes! l'habitude de mettre l'esprit lui-même à la base de tout (Martin du G., Thib.,Été 14, 1936, p. 81).Une réserve instinctive me donnait à craindre qu'à l'exemple d'un grand nombre de bourgeois désembourgeoisés, ils ne fussent des intellectuels (Cocteau, Poésie crit. 2,1960, p. 154)
désidéalisé, ée , part. passé-adj., néol. d'aut. « Dépourvu d'idéalité ». Les idées calcinées escamotées volatilisées désidéalisées (Prévert, Paroles,1946, p. 1289)
dérationaliser , verbe trans.« Ôter le caractère rationnel de ». Il [le génie] n'a que faire des concepts et chasse la raison. Du même coup, il dérationalise et dénationalise (Massis, Jugements,1924, p. 152)
déspiritualiser , verbe trans.« Faire perdre la valeur spirituelle de ». Oui c'est la mort de la contemplation, due ici à la mise en accusation de la réflexion elle-même, qui déspiritualise Gide (Du Bos, Journal,1927, p. 363).
Déspiritualisation. « Action de (se) déspiritualiser ». La gravité du fait de la déspiritualisation, de la perte du sens de l'éternité, de la disparition de cette valeur spirituelle et éternelle précisément enclose dans la grandeur monumentale (Du Bos, Journal,1927p. 93)Rem. Parfois le néol. peut être issu de rad. différents, p. ex. décapitalisation, subst. fém. a) [Rad. capitale] « Action d'ôter à une ville la qualité de capitale ». La décapitalisation de Paris, c'est (...) une diminution du pays (Journ. offic., 8 sept. 1871, p. 3294, 1recol. ds Littré). Le verbe décapitaliser n'est pas attesté; l'anton. simple non plus. b) [Rad. capital, dér. de capitalisation] « Action de faire perdre la valeur de capital à ». Décapitalisation des intérêts composés (Lar. 19e). Le souci de la décapitalisation du pays (Belorgey, Gouvern. et admin. Fr., 1967, p. 52).
[Si un engorgement se produit], il n'y a d'autre remède que de débraiser (A. Brongniart, Arts céram.,1844, p. 228)Cent vingt-cinq grammes de chair maigre de veau [poids net après que cette chair a été parée et dénervée] (Gdes heures cuis. fr., P. Montagné, 1948, p. 190).Elles [les statues des Reines] (...) sont (...) désallongées, dénervées, appauvries, presque vulgaires (Huysmans, Cathédr.,1898, p. 256)Les piles d'or qu'on dépapillote (Goncourt, Journal,1868, p. 438).Elle dépapillota une croquette de chocolat (Martin du G., Thib.,Belle sais., 1923, p. 1025)Le col vert désailé se sert magnifiquement de ses pattes pour disparaître rapidement sous l'onde (Vidron, Chasse,1945, p. 75).Marcette (...) éructait sa gargouillante allégresse d'idiot en désailant patiemment une mouche (H. Bazin, Tête contre murs,1949, p. 318)Je vais déviander un peu le restant du 2eacte du Roi (Desaymard, Chabrier,1934, p. 119).Un blouson de cuir fermeture éclair qui moulait son torse déviandé (Arnoux, Rêv. policier amat.,1945, p. 160)Ogives défleuronnées (Estaunié, Empreinte,1896, p. 74)Le grand aigle était piteux; maigre, battant de l'aile et dépenné (Gide, Prométhée,1899, p. 314)Les fragments [de la fracture] sont dépériostés au minimum (Judet, Fractures membres,1948, p. 2)Un matou gris sale, long, efflanqué, dépoilé (Colette, Cl. école,1900, p. 164).Vieilles peaux dépoilues (Louÿs, Aphrodite,1896, p. 122)C'était une lente ribambelle de phrases dévertébrées, sans liaison apparente (Duhamel, Combat ombres,1939, p. 101)Le démansardage des pièces formant le grenier (Goncourt, Journal,1894, p. 1685)Tout en procurant au chanteur et à l'auditeur une impression de détente, de démusclage (Arts et litt.,1935, p. 3610)Il s'agit d'une dénitrification des sols, qui correspond à une perte d'azote (J. phys. et Radium, Chim. phys., 1935, p. 23).Obligé de dérader, Colomb chercha en vain un abri dans le voisinage et n'ayant plus que trois vrais marins à bord, il dut revenir à son précédent mouillage (Charcot, Chr. Colomb,1928, p. 190).Des écumes de fleurs ont bercé mes dérades Et d'ineffables vents m'ont ailé par instants (Rimbaud, Poés.,1871, p. 130)Venez boire le coup, les gars, dit Papadakis en décadenassant le capot pour descendre dans sa cambuse (Cendrars, Bourlinguer,1948, p. 176)La hanche de tribord était défoncée, les mâts tronqués, la voiture déralinguée (Hugo, Travaill. mer,1866, p. 224).Il [le duc] vivait suivant les préceptes de la philosophie la plus maigrelette (...) il ne dépochait que des piécettes (Morand, Fin de s.,1957, p. 175)La peur de l'action entraîne (...) l'imagination déréistique vers l'obsession d'un absolu sans contenu et sans effets (Mounier, Traité caract.,1946, p. 717).Le droit de traiter causalement le rêve et les symptômes névrotiques est lié à leur défaut d'objet, à leur caractère « déréistique » [selon une expression de Bleuler] (Ricœur, Philos. volonté,1949, p. 371)L'« évangélisme » gidien (...) ramène tout au « vivant désordre », goûté comme la suprême félicité, comme l'entrée même dans « le royaume de Dieu », cette « joie éparse » qui baigne la « terre désasservie » (Massis, Jugements,1924, p. 65)Je corrige, enchevêtre, désenchevêtre, délace, entrelace, repars (Cocteau, Machine infern.,1934, p. 83).Ici, ce soir, à mon bureau, sachant l'imbroglio de vivre, je désenchevêtre les raisons pourquoi la chose était charmante (Cocteau, Potomak,1919, p. 224)Les temps de chambardement ont ceci d'avantageux qu'ils vous désencroûtent (Arnoux, Roi,1956, p. 92)L'expérience des membres paralysés et déparalysés « à la voix du magnétiseur » (Jouy, Hermite,t. 4, 1813, p. 150)En détissant à la main fil par fil, on constate que les fils de trame se séparent beaucoup plus aisément du tissu que les fils de chaîne (Thiébaut, Fabric. tissus,1961, p. 62).Le cœur des mères doit tisser, détisser, recoudre, découdre ses sacrifices, pour rien, pour le bon plaisir de la mort (Malègue, Augustin, t. 2, 1933, p. 338)Alexis (...), tendait les mains pour dévider la laine détricotée (Triolet, Prem. accroc,1945, p. 224)Vous en avez des jolis sous! Il n'y a que ça qui débêtit le monde (Renard, Nos frères far.,1910, p. 21)La fatigue des dernières séances m'avait tellement dégoûté de cette grande bête de toile... que je me trouvais payé de mes peines par la seule satisfaction d'être enfin dépoisonné d'elle (Courteline, Ah! Jeun.,Henriette, 1888, p. 117)Un étroit sac invaginé (...) se dévagine brusquement, entraînant dans sa cavité nouvelle le reste du corps (Caullery, Embryol.,1942, p. 77).L'étoile de mer (...) ouvre de force les écailles de l'huître et lui introduit son propre estomac qu'elle dévagine (Claudel, Journal, Paris, Gallimard, t. 2, 1944)Deux ou trois douzaines de petits cadavres désemballés, bientôt appelés à revivre (Arnoux, Zulma,1960, p. 126)Commandant... je viens vous déprisonner [vous ouvrir la porte de votre appartement] (Sue, Myst. de Paris,1842-43, p. 317).L'agitation de ses longues oreilles [de l'âne] (...), me disait le bonheur qu'il avait de se sentir libre, déprisonné de sa souffrance et de son infirmité (A. Daudet, R. Helmont,1874, p. 58)En un hymne à la vie, les grenouilles se dévasant remontaient à la surface de l'eau et célébraient leurs noces avec la lumière du jour (Guèvremont, Survenant,1945, p. 185).Ostende (...) dont on assura la libre entrée par le dévasement de son cheval (Las Cases, Mémor. Ste-Hélène,t. 2, 1823, p. 259)La baie était presque à sec, et il ne pouvait pas espérer de déchouer ses chaloupes avant quatre heures du soir (Voy. La Pérouse,t. 3, 1797, p. 198)Ce général, une main crispée sur la poitrine, son ruban rouge plutôt arraché que dépinglé (D'Esparbès, Ceux de l'an 14!1917, p. 31).C'est un métier pénible. Défaire des pressions, désépingler des robes en dormant à moitié (Arnoux, Chiffre,1926, p. 217)Qui elle [la lune] émeut, elle le trouble, mais il est délicieux de se sentir dépondéré par elle (Maurras, Chemin Paradis,1894, p. 65)Elle [Bijou] chantait d'une voix détimbrée, pleine de trous, en prenant des attitudes burlesques de femme du monde (Carco, Montmartre,1938, p. 151)Je ne défume pas, j'en ai même l'intérieur du bec avarié (Flaub., Corresp.,1876, p. 329).Ce bonhomme ne défumait De toute la sainte journée (Ponchon, Muse cabaret,1920, p. 219)J'ai dit, dans mon discours de réception à l'Académie française, que la jeunesse moderne était victime du culte de la hâte. Parallèlement au progrès des machines, l'âme déprogresse, car elle se repose sur le travail des machines (Cocteau, Poésie crit. 2,1960, p. 178)Il ne dérage pas (Ac.1932).Il ne dérageait pas les deux dernières années, fureurs à tout casser, quand on lui apportait le dîner, quand venait le médecin (Amiel, Journal,1866, p. 475)On parle sans cesse de la brusque cristallisation de l'amour. La lente « décristallisation » (...) est un phénomène psychologique qui m'intéresse bien davantage (Gide, Faux-monn.,1925, p. 988).Je traîne cette angoisse avec moi, dans la triste maison que je ne parviens plus à transfigurer. « Décristallisation » sinistre (Mauriac, Bloc-notes,1958, p. 1309)Périodes de glaciation et de déglaciation (J.-M. Pérès, Vie océan,1966, p. 162)Et on y épargnait ces quarante années de paix armée, et de dénatalité (Péguy, Argent,1913, p. 1238)Je ne souhaite plus qu'une chose, c'est de ne pas être dénuée de mes désaises et de mes peines (Huysmans, Ste Lydwine,1901, p. 110).Ce déconcert entre eux (...) ne se voyait à rien, mais se sentait à tout (Morand, Fin siècle,1957, p. 32)Il courut (...), éveiller (...), l'évêque Gobet, pour lui offrir ce qu'il appeloit une couronne civique, et l'engager à se déprêtriser solennellement le lendemain à la barre de la Convention (Desmoulins, V. Cord.,1793-94, p. 62)La véritable déprolétarisation (...), c'est l'action qui lui permet [à l'homme] de dégager sa valeur personnelle, de l'épanouir et de prendre dans la vie sociale la place que cette valeur personnelle lui mérite (Univ. écon. et soc.,1960, p. 5208)Et puis encore j'étais avide de me déprovincialiser et de me mettre au courant des choses, au niveau des idées et des formes de mon temps (Sand, Hist. vie,t. 4, 1855, p. 80)Dérousseauiser mon jugement en lisant Destutt, Tacite, Prévost de Genève, Lancelin (Stendhal, Journal,1801-05, p. 89)Curieux petit Jacques... Si bien désembourgeoisé, c'est vrai... L'esprit purgé des habitudes, oui! − sauf de la plus foncièrement bourgeoise de toutes! l'habitude de mettre l'esprit lui-même à la base de tout (Martin du G., Thib.,Été 14, 1936, p. 81).Une réserve instinctive me donnait à craindre qu'à l'exemple d'un grand nombre de bourgeois désembourgeoisés, ils ne fussent des intellectuels (Cocteau, Poésie crit. 2,1960, p. 154)Les idées calcinées escamotées volatilisées désidéalisées (Prévert, Paroles,1946, p. 1289)Il [le génie] n'a que faire des concepts et chasse la raison. Du même coup, il dérationalise et dénationalise (Massis, Jugements,1924, p. 152)Oui c'est la mort de la contemplation, due ici à la mise en accusation de la réflexion elle-même, qui déspiritualise Gide (Du Bos, Journal,1927, p. 363).La gravité du fait de la déspiritualisation, de la perte du sens de l'éternité, de la disparition de cette valeur spirituelle et éternelle précisément enclose dans la grandeur monumentale (Du Bos, Journal,1927p. 93)Étymol., morphol. et vitalité. 1. Le préf. dé-, un des plus productifs de la lang. fr., indique que l'action s'opère dans le sens inverse; il est issu de la particule lat. dis- (ou di- devant certaines consonnes) marquant la séparation, la rupture, la division, la négation, et appartient à la compos. pop.; resté dis- en b. lat., il a pris la forme des- ou de- en a. fr. (cf. desrenable 1remoitié du xiiies., desraisonnable 1370-72; deciller xiiies., devenu dessiller; cf. aussi désappointé de l'angl. disappointed, lui-même de l'a. fr. désappointer). 2. Il se rapproche a) du préf. dis-, di- par son orig. et son sens d'éloignement au fig., d'écart (cf. déménager [au fig., fam.]; déraisonner, divaguer, extravaguer; désunir, disjoindre; désaccord, dissonance). b) Du préf. mal-, mé- (cf. déshonnête, malhonnête), ce qui explique la valeur péj.-dépréc. qu'il a prise, notamment dans la lang. arg. (cf. déguenillé, dégingandé, dépenaillé; déveine, malchance). 3. Il se forme le plus souvent à partir d'un verbe simple pour indiquer l'action contraire (verbes ou subst. d'action ou d'état). 4. Il a fonctionné très tôt par substitution d'un préf. anton. (cf. dériver2de arriver, dérouiller de enrouillé « rouillé », désorption de absorption, détacher de attacher, détoxication de intoxication); il s'oppose très souvent au préf. en (em)- (encrasser/décrasser, emménager/déménager), au préf. in- (injecter/déjecter), au préf. re-, rem-, ren- (démailler/remmailler), plus rarement au préf. a- (accrocher/décrocher). 5. On rencontre souvent des verbes doublets (quasi-)synon., avec dé- seul ou adjoint au préf. en- (débrayer, désembrayer), au préf. a- (dégrafer, désagrafer), plus rarement au préf. é- (dépingler, désépingler); mais la forme simple est en gén. la plus vivace et la plus conforme à la tradition (déplumer a supplanté désemplumer). 6. Dans certains cas la constr. avec le seul préf. dé- donne un sens différent de celle avec deux préf. (désa-, désen-, désin-) : détoxication ≠ désintoxication; débarquer ≠ désembarquer; démarrer ≠ désamarrer. 7. Il s'adjoint parfois à un subst. rad. d'a. fr. (cf. déshérence de hoir « héritier »; dessiller de ciller « coudre les paupières d'un oiseau de proie »). 8. Il peut s'adjoindre à un préf. lat. ou gr. d'orig. sav. (dé- + oxy- dans désoxyribonucléique* (Pt Rob.). 9. Il se forme surtout sur un rad. verbe, puis, pour les néol. princ., sur un adj. pour créer de nombreux verbes en -er et surtout en -iser (dé + vital → dévitaliser; dé- + vitamine → dévitaminer, dévitaminiser), notamment dans les domaines de la pol., de la diplom., de la civilisation, en relig., sociol., psychol., écon., phonét., et dans de nombreux domaines techn., industr. ou non; enfin en arg. et dans la lang. cour. où les créations verbales foisonnent. 10. Parfois l'anton. de base n'existe pas (désodoriser, décaféiné). 11. Parfois se forme un nouveau verbe en doublet avec le premier (démystifier, démythifier; désassocier ≠ dissocier). 12. Le verbe peut prendre des emplois nouveaux (désépaissir une sauce, désépaissir des cheveux; désenrayer une roue, désenrayer une arme à feu; désinvestir une place-forte, désinvestir des capitaux, désinvestir une activité (psychanal.); désapprovisionner une arme à feu, compte en banque désapprovisionné. 13. « Le sens d'éloignement ne se retrouve pas dans la formation de nouveaux mots » (Dub.).
Prononc. et Orth. a) Dés- : [dez-] par euphonie devant voyelle et h muet : désagréable, désengrenage, déshydraté, désordre, désunir. À la fin du xviies., Hindret recommande de prononcer [e] fermé en [ə] muet : [dzabyze] pour désabuser, [dzagʀeabl̥] pour désagréable, [dzavɑ ̃ta:ʒ] pour désavantage (cf. Bourc.-Bourc. 1967, § 92). b) Dé - : [de-] devant consonne et h d'orig. germ. : débander, défigurer, délacer, déhancher, déharnacher. Devant la consonne s, quand elle fait partie du rad. et qu'elle se trouve en position intervocalique il y a redoublement de s pour conserver à cette consonne sa sonorité sourde. Il n'y a pas d'accent aigu dans la graph. : dessangler, desseller, dessertir. Il y a des exceptions à cette règle de redoublement de s avec l'absence de l'accent aigu, noter qu'il s'agit de néol. : désensibiliser, désolidariser que R. Thimonnier, Principes d'une réforme rationnelle de l'orth. (inédit), 1967, p. 22, 23, aimerait trouver écrits : dessensibiliser, dessolidariser. Devant ss la prononc. est normalement [ε] ouvert, mais l'initiale dess- subit dans ce cas l'influence du préf. [de-] devant les autres consonnes et l'on prononce [e] fermé : [desezi:ʀ], [desale] pour dessaisir, dessaler, etc. Noter cependant que Littré transcrit avec [ε] ouvert : dessabler, dessaisir, dessaler, dessécher, desserrer, desservir. Land. 1834 ne donne [ε] ouvert que pour desserrer (sur desserre où il y a harmonisation vocalique [dεsε:ʀ]). Ces rem. valent aussi pour l'initiale non préf. dés-, dé- : désir, dessein, destin, défendre. Bbg. Dub. Dér. 1962, p. 32 (s.v. détoxication). − Gall. 1955, p. 366. − König (W.). Die Präfixe dis-, de- und ex- im Galloromanischen. Berlin, 1934. − La Landelle (G. de). Le Lang. des marins. Paris, 1859, pp. 227-228; p. 405 (s.v. déralinguer). − Peter (M.). Über einige negative Präfixe im Modernfranzösischen als Ausdruck für die Gegensatzbildung. Romanica helvetica. 1949, t. 32, pp. 72-114. − Quem. Fichier (s.v. débenzolage, décristallisation et désembourgeoiser). − Quem. 2es. t. 3 1972 (s.v. défumer et dénatalité). − Runkewitz (W.). Zur Wortbildung in der französischen Pressesprache der Gegenwart. Beitr. rom. Philol. 1967, t. 6, no2, pp. 358-366. − Schifko (P.). Semantisch-syntaktische Funktionen des Präfixes dé- im modernen Französisch. In : [Mél. Gossen (C. T.)]. Bern-Liège, 1976, t. 2, pp. 794-825. − Schmidt (H.). Fr. vivant. Praxis. 1970, t. 17, p. 188 (s.v. désescalade). − Vidos (B. E.). Archivum Romanicum. 1930, t. 14, p. 141 (s.v. dénerver). − Wind 1928, p. 123 (s.v. dénerver).
Rem. La lang. mod., pour former le contraire d'un verbe à préfixe a-, préfère généralement laisser le préfixe et le faire précéder de dés- : désamorcer, désapprouver, désaccorder (d'apr. Dupré 1972)
Rem. 1. La forme cour. est avec dé-, avec une nuance de sens, p. ex. dessabler « enlever le sable de » a pour anton. sabler; désensabler « tirer du sable » a pour anton. ensabler. 2. Pour certains verbes, les deux formes n'ont pas le même sens :
Rem. En part., le rad. est un nom propre de pers. célèbre :
Rem. Le passage du verbe simple à l'anton. composé peut être accompagné d'un changement d'emploi, p. ex. charlataniser, verbe intrans. (cf. charlataner, rem. 2) devient décharlataniser, verbe trans. « Ôter le charlatanisme de ». Il [Gui Patin] veut décharlataniser la médecine (Sainte-Beuve, Caus. lundi, t. 8, 1851-62, p. 124).
Rem. Parfois le néol. peut être issu de rad. différents, p. ex. décapitalisation, subst. fém. a) [Rad. capitale] « Action d'ôter à une ville la qualité de capitale ». La décapitalisation de Paris, c'est (...) une diminution du pays (Journ. offic., 8 sept. 1871, p. 3294, 1recol. ds Littré). Le verbe décapitaliser n'est pas attesté; l'anton. simple non plus. b) [Rad. capital, dér. de capitalisation] « Action de faire perdre la valeur de capital à ». Décapitalisation des intérêts composés (Lar. 19e). Le souci de la décapitalisation du pays (Belorgey, Gouvern. et admin. Fr., 1967, p. 52).