Affection
Sommaire
Définitions de « affection »
Trésor de la Langue Française informatisé
Wiktionnaire
Nom commun
| Singulier | Pluriel |
|---|---|
| affection | affections |
| \a.fɛk.sjɔ̃\ | |
affection \a.fɛk.sjɔ̃\ féminin
- Sentiment d'aimer quelqu'un avec attachement ou tendresse, et qui nous porte à vouloir son bien-être ou son bonheur ; amitié ou amour non passionnel ou romantique.
- Et si les sentiments de jalousie demeurent dans le cœur de chacun vis-à-vis de l’autre, ce n’est pas dans la douleur d’une affection déçue qu’ils résident ; c’est dans l’instinct de propriété. — (Alfred Naquet, Vers l’union libre, E. Juven, Paris, 1908)
- Il s’était excusé sur sa peur des amitiés nouvelles, ce qu’il avait appelé, par galanterie, sa peur d’être malheureux. « Vous avez peur d’une affection ? comme c’est drôle, moi qui ne cherche que cela, qui donnerais ma vie pour en trouver une, avait-elle dit d’une voix si naturelle, si convaincue, qu’il en avait été remué. — (Marcel Proust, Un amour de Swann, 1913, réédition Le Livre de Poche, page 18)
- Thomyra est l’amie et l’amante de la belle fille qui se nomme Penthésilée, et elle craint de perdre une affection qui lui est chère, si elle devient grosse des œuvres du captif. — (Renée Dunan, Ces Dames de Lesbos, 1928)
- Avec beaucoup de tact, ce vieillard, qui savait n’être ni autoritaire ni égoïste, s’efforçait de gagner l’affection de Nazira et de se faire pardonner d’être vieux. — (Out-el-Kouloub, Nazira, dans "Trois contes de l’Amour et de la Mort", Édition Corrêa, 1940)
- À ses remerciements, Olga avait répondu : « Mais, madame, c’est par affection. » Maman répéta plusieurs fois d’un air rêveur et pénétré : « Elle m’a dit : c’est par affection. » — (Simone de Beauvoir, Une mort très douce, Gallimard, 1964, Le Livre de Poche, page 13)
- (Par extension) Divers mouvements de l’âme.
- Les affections de l’âme.
- Affections humaines, naturelles.
- Toutes ses affections sont douces.
- Affections déréglées.
- (Médecine) Maladie.
- Maxime eut soin de se placer à une certaine distance de quelques vieillots qui par habitude se mettent en espalier, dès une heure après midi, pour sécher leurs affections rhumatiques. — (Honoré de Balzac, Béatrix, 1838-1844, troisième partie)
- Ce troupeau appartenait au juge de Werst, le biró Koltz, lequel payait à la commune un gros droit de brébiage, et qui appréciait fort son pâtour Frik, le sachant très habile à la tonte, et très entendu au traitement des maladies, muguet, affilée, avertin, douve, encaussement, falère, clavelée, piétin, rabuze et autres affections d’origine pécuaire. — (Jules Verne, Le Château des Carpathes, J. Hetzel et Compagnie, 1892, pages 1-16)
- Outre les traumatismes et brûlures par produits chimiques, les affections de la langue les plus fréquentes chez les bovins sont l’actinobacillose ou langue de bois et la nécrobacillose. — (Institut de l’élevage, Maladies des bovins : manuel pratique, France Agricole Éditions, 2008, page 146)
Littré (1872-1877)
affection
- 1Ce que le corps éprouve, surtout en fait de maladie. Les affections causées par l'impression d'un air froid et humide. Dans ces sortes d'affections l'exercice est nécessaire. Il a une affection rhumatismale. Les affections de poitrine.
- 2Manière d'être de l'âme considérée comme touchée de quelque objet. Les affections de l'âme. Les affections de nos âmes sont dans un flux continuel.
Ah ! j'en conviens, et telle est notre misère : il y a de ces temps orageux où l'on n'est proprement maître ni de son esprit par rapport à l'attention que demande la prière, ni de son cœur par rapport à une certaine affection
, Bourdaloue, Pensées, t. II, p. 28.Cet ordre d'idées, cette suite de pensées qui existe au dedans de nous-mêmes, quoique fort différente des objets qui les causent, ne laisse pas que d'être l'affection la plus réelle de notre individu
, Buffon, Comp. des anim. et des végét. - 3En un sens philosophique plus restreint, toute situation passive de l'âme.
- 4Sentiment d'amitié, d'amour, d'attachement pour une personne ou une chose. Les affections de la famille. Les anciens disaient que l'amour de la famille renferme toutes les affections. Avoir de l'affection pour quelqu'un. L'affection que je vous ai toujours portée. La malveillance essayait de lui faire perdre votre affection. C'est par des services que se gagne l'affection. Les affections aveugles. Chacun se rappelait les objets de ses affections. Cette ville, vos plus chères affections.
Car enfin n'attends pas de mon affection Un lâche repentir d'une bonne action
, Corneille, Cid, III, 4.Je donnai par devoir à son affection Tout ce que l'autre avait par inclination
, Corneille, Pol. I, 3.Une affection parfaite vaut mieux que toutes choses ; celle que j'ai à vous servir est à un si haut point…
, Voiture, Lett. 30.Vous avez mis votre affection à une créature mortelle
, Fléchier, Serm. II, 216.Affection d'un père pour ses enfants
, Fléchier, I, 139.Il s'appliqua à gagner l'affection des vieux capitaines
, Fénelon, Tél. X.Quiconque met ses affections ici-bas n'a plus de droit à la patrie
, Massillon, Mart.Ressouviens-toi qu'une action Ne peut avoir peu de mérite, Ayant beaucoup d'affection
, Malherbe, IV, 5.L'âme, afin de suppléer la présence de l'objet qu'elle aime, fait effort pour rendre sa douleur immortelle : son affection envers la mémoire de son ami et le désir de le faire revivre lui fait prendre tous les moyens qui peuvent réparer sa perte
, Bossuet, Pensées chrét. 38. - 5D'affection, loc. adverb. Avec intérêt, de cœur.
Il est impossible de se la représenter parlant d'affection de quelque chose
, Sévigné, 115. - 6Affection à, désir de.
Pour des choses où il a plus d'affection
, Pascal, P. div. 75.M. de Noailles savait par le roi même l'affection qu'il avait à ce projet [siége de Barcelonne]
, Saint-Simon, 25, 16.En se dépouillant du péché et des affections au péché
, Fléchier, Serm. II, p. 126.N'est-il resté aucun péché, aucune affection au péché dans votre cœur ?
Fléchier, ib. 132. - 7État maladif. Affection nerveuse, aiguë, chronique.
- 8En géométrie, cette courbe a telle affection, elle a telle propriété.
En ce sens il est vieux.
HISTORIQUE
XIIe s. Je sai bien ke li orguillous engele sunt trespasseit en affection de malice et de felonie, et k'il par non sachance et par enfermeteit ne pecharent mie
, Saint Bernard, 524.
XIVe s. Il ne reçoit ou accepte les paroles des autres ou ne les contre dit pas par amisté ne par affettion d'amour ou de haine
, Oresme, Eth. 131. Il se esjoissent de tel honneur comme d'un signe de la bonne affettion des segneurs à eulz
, Oresme, ib. 243.
XVe s. Aux œuvres non aux paroles se demonstrent les affections du vaillant preux
, Bouciq. I, 16. [Les bourgeois tenoient le capitaine de la ville prisonnier pour le forcer de consentir à capituler avec les Anglois] Le chevalier perçut bien l'affection qu'ils avoient aux Anglois et comment ils le tenoient en danger
, Froissart, I, I, 234. Monseigneur Charles de France et Monseigneur de Charolois estoient à une fenestre et parloient eulx deux de très grant affection
, Commines, I, 5.
XVIe s. … de lui porter affection de nuisance
, Calvin, Instit. 1205. Son affection [goût] mesme y contredisant
, Montaigne, I, 44. Quelle affection [émotion] peult estre plus aspre et plus juste, que celle des amis de Pompeius [le voyant massacrer] ?
Montaigne, I, 63. J'ay en particuliere affection cette matiere
, Montaigne, I, 81. La resolution à la guerre et affection à leurs femmes
, Montaigne, I, 238. Antigonus ayant prins en affection un de ses soldats pour sa vertu
, Montaigne, II, 5. Je m'en remets à vostre jugement, vous priant sans moquerie luy en vouloir conseiller ce qu'il en doit faire, sans regarder affection particuliere
, Marguerite de Navarre, Lett. 79. Je vous prie de prendre ceste maison en telle affection que j'ay tousjours eue et ay la vostre
, Marguerite de Navarre, ib. 83. La jeunesse qui est si ardante en ses affections…
, Lanoue, 120. Ce prince ayant parlé à ces mots, comme il faisoit ordinairement quand il parloit d'affection [avec animation], lui repliqua…
, D'Aubigné, Vie, ch. 10. Jà de vostre costé vous avez apperceuë La moindre affection que pour vous j'ay receuë
, Ronsard, 787.
Étymologie de « affection »
- Du latin adfectio (« action d'affecter »).
Affectio, de afficere, de ad (voy. À) et facere (voy. FAIRE) ; provenç. affectio ; espagn. afeccion ; ital. affezione.
Source : Dictionnaire LittréPhonétique du mot « affection »
| Phonétique | Prononciation | |
|---|---|---|
| La prononciation \a.fɛk.sjɔ̃\ rime avec les mots qui finissent en \jɔ̃\. | ||
| France : écouter « affection [a.fɛk.sjɔ̃] » |
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| France (Lyon) : écouter « affection » |
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| (Région à préciser) : écouter « affection » |
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| France (Canet) : écouter « affection » |
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| France (Vosges) : écouter « affection » |
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Fréquence d'apparition du mot « affection »
Source : GoogleTraductions du mot « affection »
| Langue | Traduction |
|---|---|
| English | affection |
| German | Zuneigung |
| Spanish | afecto |
| Portuguese | afeto |
| Italian | affetto |
| Dutch | genegenheid |
| Polish | uczucie |
| Russian | привязанность |
Synonymes de « affection »
- amour
- passion
- attachement
- tendresse
- inclination
- amitié
- trouble
- sympathie
- maladie
- goût
- intérêt
- sentiment
- vénération
- penchant
- dévouement
- coeur
- bonté
- émotion
- union
- mouvement
- malaise
- lien
- dévotion
- complaisance
- béguin
- attache
- révérence
- préférence
- prédilection
- piété
- indisposition
- entente
- chaîne
- altération
- affinité
- lésion
- mal
- perception
- pépin
- respect
- sollicitude
- syndrome
- hypocoristique
- entité
- dysfonctionnement
- douceur
- dilection
- coup de foudre
- coup de coeur
- bénédiction
- anomalie
- affect
- vocation
- propension
- estime
- pathologie
Antonymes de « affection »
Citations sur le mot "affection"
L'affection est une espèce de fabrique où l'on travaille pour son voisin
Voltaire
L'affection est une sensation douce et continue dans l'âme, qui unit le cœur de ceux qui s'aiment
Miguel de Cervantes
Le souvenir est souvent la seule manifestation surtout de l'affection
Paul Géraldy