Applaudir
Sommaire
Définitions de « applaudir »
Trésor de la Langue Française informatisé
Wiktionnaire
Verbe
applaudir \a.plo.diʁ\ 2e groupe (voir la conjugaison) (pronominal : s’applaudir)
- (Intransitif) Battre des mains en signe d’approbation.
- Des gens applaudirent à la fin. — (Éric Neuhoff, La Petite Française, Albin Michel, 1997, page 47)
- (Transitif) Donner son complet assentiment à une chose, en ce sens, il est le plus souvent suivi de la préposition « à ».
- […] et, si elles ont été portées à applaudir à la sagacité du philosophe, elles ont été sur le point de condamner la philosophie. — (Journal de médecine, chirurgie, pharmacie, etc., volume 35, 1816, page 376)
- En cette fin d'année 1937, des ateliers de flottage sont en projet ou en cours d'installation dans plusieurs charbonnages français. On doit y applaudir puisqu'il n'y a pas moyen meilleur d'épurer les schlamms et les poussiers. — (Ch. Berthelot, Épuration, séchage, agglomération et broyage du charbon, Paris : chez Dunod, 1938, page 8)
- (Transitif) Battre des mains en signe d’approbation à l'adresse de quelqu'un.
- Pour de pareils applaudissements, je conçois qu’on risque sa vie à chaque minute ; ils ne sont pas trop payés. Ô chanteurs au gosier d’or, danseuses au pied de fée, comédiens de tous genres, empereurs et poëtes, qui vous imaginez avoir excité l’enthousiasme, vous n’avez pas entendu applaudir Montès ! — (Théophile Gautier, Voyage en Espagne, 1840, édition Charpentier, 1859)
- (Pronominal) Se vanter, se glorifier.
- C’est un homme vain qui s’applaudit sans cesse.
- (Pronominal) Se féliciter de quelque chose.
- Je m’applaudis de mes erreurs si elles tournent à votre gloire, je ne vois que votre bonheur dans ma faute. — (Alfred de Vigny, Cinq-Mars, chapitre XXIV, 1826)
- Au moment où elle s’applaudissait du bonheur négatif qu’elle avait su conquérir, elle entrevit d’effroyables abîmes. — (Honoré de Balzac, La Femme de trente ans, Paris, 1832)
- Le duc et la duchesse mouraient de rire à tous ces propos , comme gens qui avaient fabriqué l'aventure, s’applaudissant de la finesse et de la dissimulation que montrait la Trifaldi. — (Miguel de Cervantes Saavedra, L'ingénieux hidalgo don Quichotte de la Manche, traduction L. Viardot, 1836, tome 2, page 402)
— Vous ne sauriez croire, continua Sainte-Austreberthe, combien je m’applaudis maintenant d’avoir employé auprès de vous les bons offices de M. de Mériolle.
— (Hector Malot, La Belle Madame Donis, 1873)- Je m’en applaudissais, il est vrai, dans mon for intérieur. — (Joseph Caillaux, Mes Mémoires, I, Ma jeunesse orgueilleuse, 1942)
Littré (1872-1877)
applaudir
- 1 V. n. Se conjugue avec l'auxiliaire avoir. Battre des mains en signe d'approbation.
À son entrée tout le monde applaudit Tel vous semble applaudir, qui vous raille et vous joue
, Boileau, Art p. I.On ne le vit pas briguer des auditeurs pour lui applaudir
, Fléchier, II, 68.Ainsi dit le renard, et flatteurs d'applaudir
, La Fontaine, Fabl. VII, 1. - 2Donner approbation.
Pourvu qu'on n'applaudisse pas à leurs crimes
, Massillon, Prosp.Il s'anéantit lui-même tandis que tout l'univers lui applaudit
, Fléchier, II, 115.Va chercher des amis dont l'estime funeste Honore l'adultère, applaudisse à l'inceste
, Racine, Phèd. IV, 2.Et lorsqu'à mes désirs elle a feint d'applaudir
, Corneille, Nicom. IV, 5. - 3 V. a. Accueillir par des applaudissements. Applaudir un orateur. Cette tirade fut applaudie.
Le public dédaigneux hait ce vain artifice ; Il siffle la coquette, il applaudit l'actrice
, Dorat, la Déclamation, ch. I.Tout le peuple à grands cris applaudit sa victoire
, Saurin, Spartac. II, 1.Son armée à grands cris applaudit son courage
, Delille, Én. X. - 4 Fig.
Je dois de votre cœur me montrer satisfait, Et l'applaudir ici du beau choix qu'il a fait
, Molière, Sganar. 21.Ce sénat… Qui vient vous applaudir de votre cruauté
, Racine, Bérén. V, 5.Combien Bossuet n'eût-il pas applaudi l'instruction si sage et si touchante que notre jeune monarque adressa aux curés de son royaume !
D'Alembert, II, 291. - 5S'applaudir, v. réfl. Se vanter, se glorifier. Il est seul à s'estimer et à s'applaudir.
Un cœur noble est content de ce qu'il trouve en lui Et ne s'applaudit point des qualités d'autrui
, Boileau, Épît. IX. - 6Se féliciter. Je m'applaudis du parti que j'ai pris. Il s'applaudissait d'avoir si bien deviné.
…Je m'applaudissais de retrouver en vous, Ainsi que les vertus, le cœur de mon époux
, Voltaire, Œdipe, IV, 4.Son grand cœur s'applaudit d'avoir au champ d'honneur Trouvé des ennemis dignes de sa valeur
, Voltaire, Henr. ch. VIII.Ma fille… Peut-être s'applaudit des bontés de son père
, Racine, Iphig. I, 1.Laissez-le s'applaudir d'un triomphe frivole
, Racine, Esth. III, 2.Je m'en applaudissais quand soudain Polyclète…
, Corneille, Cinna, IV, 5.Tandis que de leur rang l'inutile fierté S'applaudit d'une vaine et fausse égalité
, Corneille, Sertor. II, 1.Vis-tu ces temps d'innocence, Où, quand rien n'était maudit, Dieu, content de sa puissance, Fit le monde et s'applaudit ?
Hugo, Odes, IV, 9.
REMARQUE
1. Faut-il dire : Ils se sont applaudi ou ils se sont applaudis de cette action ? Sans doute, on pourrait écrire, applaudir étant aussi verbe neutre, ils se sont applaudi, c'est-à-dire ils ont applaudi à eux, comme on écrit, ils se sont succédé. Mais une observation décide la question. L'usage ne permet pas : applaudir à quelqu'un d'une action ; mais il permet : applaudir quelqu'un d'une action. Par conséquent on écrira : ils se sont applaudis de cette action, c'est-à-dire qu'on accordera le participe avec le sujet.
2. Les auteurs de synonymes ont essayé de trouver une différence entre applaudir, v. a. et applaudir v. n. disant qu'avec le premier c'est faire effectivement l'action propre, physique, marquée par le verbe ; et qu'avec le second, c'est, dans un sens étendu, moral, idéalisé, y adhérer, y donner assentiment. Les exemples qui sont ici rapportés montrent que cette distinction n'est pas réelle.
HISTORIQUE
XIVe s. Thomas dist qu'il l'avoit frappé d'une fourche, combien que en verité il n'en feust riens ; mais le dist pour aplaudir et colourer son fait
, Du Cange, applausivus.
XVIe s. Ceulx qui la laissent faire et qui lui applaudissent
, Montaigne, I, 91.
Étymologie de « applaudir »
- Du latin applaudere (sens identique) composé de ad- et plaudere (« battre, frapper ») dont est issu plausible (étymologiquement : « louable, digne d’être applaudi »).
Espagn. aplaudir ; ital. applaudire et applaudere ; du latin applaudere, de ad (voy. À) et plaudere (voy. PLAUSIBLE). La 3e conjugaison latine a été changée en 4e dans les langues romanes.
Source : Dictionnaire LittréPhonétique du mot « applaudir »
| Phonétique | Prononciation | |
|---|---|---|
| \a.plo.diʁ\ | ||
| France : écouter « applaudir [a.plo.diʁ] » |
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| France (Toulouse) : écouter « applaudir » |
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| France (Lyon) : écouter « applaudir » |
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Fréquence d'apparition du mot « applaudir »
Source : GoogleTraductions du mot « applaudir »
| Langue | Traduction |
|---|---|
| English | applaudir |
| German | applaudieren |
| Spanish | aplaudir |
| Portuguese | aplaudir |
| Italian | applaudire |
| Dutch | applaudisseren |
| Polish | oklaskiwać |
| Russian | аплодировать |
Synonymes de « applaudir »
Antonymes de « applaudir »
Citation du mot "applaudir"
Applaudir, c'est supposer.
Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais
Pour applaudir, ne vous prenez pas trop au sérieux.
Philippe Geluck
Applaudir, et ne pas applaudir, c'est pareil, on se fait mal aux mains.
Fernando Arrabal