Asservir
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Définitions de « asservir »
Trésor de la Langue Française informatisé
Wiktionnaire
Verbe
asservir \a.sɛʁ.viʁ\ transitif 2e groupe (voir la conjugaison) (pronominal : s’asservir)
- Réduire, un être, un peuple ou une nation à la servitude.
- Coriolan conçut le projet d’asservir son propre pays.
- Mettre dans une extrême dépendance.
- Il n'y a pas de corporation ecclésiastique qui ait plus asservi aux circonstances ses doctrines et sa conduite que le haut clergé anglican. — (Ferdinand Goldschmidt, Histoire politique de Guillaume III, Paris : chez Adolphe Blondeau & au Comptoir des Imprimeurs-Unis, 1847, page 21)
- Soumettre autrui à sa volonté.
- Repaire de fanatiques fascistes dont le seul mot d’ordre est de tuer tous ceux qui ne sont pas de leur avis, voire de ceux qui se foutent de leur gueule et d’asservir les autres… — (Jean Pierre Bonnavion, Métaphysique de mes deux, Société des Écrivains, 2012, page 330)
- (Technique) Réguler ; contrôler.
- Lorsque le local n’est pas occupé, l’installation d’éclairage doit permettre soit l’abaissement à un niveau déterminé, soit l’extinction de l’éclairage si aucune règlementation n’impose un niveau minimum. Il faut donc une détection de présence qui asservit la commande d’éclairage. — (Pascal Poggi, « A quoi sert la RT Existant par élément ? », batirama.com, article du 20 février 2020, consulté le 21 février 2020)
- (Pronominal) Se mettre dans une extrême dépendance.
- S’asservir aux caprices de quelqu’un.
- S’asservir à l’étiquette.
- Tu t’es servi de lui. Tu ne t’es pas asservi à lui. Il est temps aujourd’hui d’écrire avec ta propre tête. — (Henri Troyat, Le mort saisit le vif, 1942, réédition Le Livre de Poche, pages 96-97)
Littré (1872-1877)
asservir
- 1Réduire à l'état d'esclavage ou de simple dépendance.
César asservit son pays… Mon père asservit le Jourdain
, Voltaire, Zaïre, I, 2.Absolument.
Insensé qui croit asservir et se dispenser d'obéir !
Courier, I, 226. - 2 Par analogie.
Cet hymen m'asservit et le fils et la mère
, Voltaire, Mérope, IV, 1. - 3 Fig. Ses vertus ont asservi tous les cœurs.
Ma frugalité Asservit la nature à mon austérité
, Voltaire, Fanat. II, 4.Indigne d'asservir le cœur d'un honnête homme
, Molière, Mis. III, 7.Et j'ai bien fait aussi d'asservir ma raison En si belle prison
, Malherbe, V, 4. - 4S'asservir, v. réfl. Se soumettre. Il ne s'asservit à aucune règle. Il s'asservissait aux volontés de sa femme.
Donnant ma liberté, je me suis asservi
, Régnier, Sat. II.
HISTORIQUE
XIIe s. Tous li moins courrouciez s'estoit bien aatis Qu'ains i lairroit la teste que il fust aservis
, Sax. XXVI.
XIIIe s. Depuis en fu la ville assez plus asservie
, Berte, LX. As-tu or bon seignor servi, Qui si t'a pris et asservi Et te tormente sans sejor ?
la Rose, 4252. Donc avés-vous outréement La mort d'enfer bien deservie, Qui tel gent avés aservie
, ib. 12530. Tout me voil [je me veux] à vous asservir, Pour vous honorer et servir
, ib. 14985. Les seignors qui auroient un tel don fait, auroient aservi trop malement tote lor seignorie
, Ass. de Jér. I, 272. Il loist bien à afranquir ses enfans, et non à aservir
, Beaumanoir, XLV, 21. Onques nul jor Dieu ne servi, Ainçois ai le cors asservi à pechier, por l'ame confondre
, Rutebeuf, II, 113. Trop par ainme [aime] son aise qui lait [laisse] l'arme [âme] aservir, Qu'en enfer sera serve par son fol messervir
, Rutebeuf, ib. 139.
XVe s. Dix et set ans ay au Satan servi, Au monde aussi et à la char pourrie, Oublié Dieu, et mon corps asservi à celle court de tout vice nourrie
, Deschamps, De l'intér. des cours. [Le prince doit] requerir crueusement Son ennemi, et mener doucement Ses vrais subgiez, sans asservir nulli
, Deschamps, Des vertus accessoïres.
XVIe s. Vous asservez les personnes, pillez leurs biens et ruinez leurs villes
, Amyot, Cam. 27. Ceste corruption a esté cause de reduire la chose publique en monarchie, en asservant et assubjettissant les armes mesmes à l'argent
, Amyot, Cor. 19. Ilz ne asservirent ville quelconque qu'ilz eussent prise
, Amyot, Pélop. et Marcel. comp. 1. La Rochelle ne pouvoit estre assiegée que la riviere de Sevre, asservie par le Doignon et Maillezais, ne fut entierement libre
, D'Aubigné, Vie, CXXXIV.
Étymologie de « asservir »
- Du latin adservire.
À et servir ; dans le XVIe siècle, on a conjugué ce verbe comme servir ; ce qui est la vraie conjugaison ; et conjuguer asservir comme nous faisons, c'est confondre la conjugaison qui vient de ire latin avec celle (par exemple fleurir) qui vient de iscere.
Source : Dictionnaire LittréPhonétique du mot « asservir »
| Phonétique | Prononciation | |
|---|---|---|
| France (Toulouse) : écouter « asservir » |
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| France (Lyon) : écouter « asservir » |
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Fréquence d'apparition du mot « asservir »
Source : GoogleTraductions du mot « asservir »
| Langue | Traduction |
|---|---|
| English | asservir |
| German | asservir |
| Spanish | asservir |
| Portuguese | asservir |
| Italian | asservir |
| Dutch | asservir |
| Polish | asservir |
| Russian | asservir |
Synonymes de « asservir »
Antonymes de « asservir »
Citations sur le mot "asservir"
L'oppression peut asservir une personne, mais seulement si elle abandonne sa volonté de se libérer.
Nelson Mandela
Il est plus facile d'asservir une nation que de la rendre heureuse.
Voltaire
Nul ne peut asservir un peuple qui décide d'être libre.
Malcolm X

