Aube

subst fém

Définitions de « aube »

Trésor de la Langue Française informatisé

AUBE1, subst. fém.
A.− Moment qui précède l'aurore, où la lumière du soleil levant commence à blanchir l'horizon; point(e) du jour.
1. Fréq. dans la lang. littér. :
1. Quelques prisonniers qu'on ramenait, des uhlans sombres, drapés de leurs grands manteaux, refusèrent de parler. Et le petit jour, une aube livide de matinée pluvieuse se leva, dans l'attente qui continuait énervée d'impatience. Zola, La Débâcle,1892, p. 108.
2. Déjà la vie ardente incline vers le soir, Respire ta jeunesse, Le temps est court qui va de la vigne au pressoir, De l'aube au jour qui baisse. A. de Noailles, Le Cœur innombrable,Le Temps de vivre, 1901, p. 185.
SYNT. a) Aube + adj. Aube blanche, bleue, grise, jaune, noire, rouge, rougeâtre, rougissante, verdâtre, vermeille, verte; aube argentée, blafarde, blême, claire, éblouissante, éclatante, flamboyante, incolore, lactée, laiteuse, livide, pâle, resplendissante; aube candide, cruelle, exaltante, languide, morose, plaintive, pure, romantique, sereine, sournoise; aube brutale, éternelle, fugitive, indécise, prochaine, tardive, vacillante; aube fraîche, frissonnante, froide, grelottante, tiède, torride. b) Aube + prép. + subst. Aube du jour, d'un lendemain; aube d'automne, d'avril, d'été, d'hiver; aube d'azur, de boue, de sang et de larmes. c) Aube + verbe. L'aube croît, émerge, s'éveille, fleurit, grandit, se lève, naît, paraît, pointe. − PARAD. Clarté, frange d'or, lumière, lueurs, rayon, reflet; l'argent de, l'azur, blancheur, le blême, blêmeurs, le bleu, demi-clarté, faux-jour, lividité, pâleurs; deuil, grisaille, gris de l'aube, éblouissement, éclat, gloire; annonce, approche, attente, chute, crépuscule, éclatement, éveil, jaillissements, montée, pointe; brouillard, froid (petit), gel, nuées, rosée, vapeurs; candeur, douceur, fraîcheur, inquiétude, paix et recueillement, tristesse.
Par personnification poét. :
3. L'été, lorsque le jour a fui (...) (...) Un vague demi-jour teint le dôme éternel; Et l'aube douce et pâle, en attendant son heure, Semble toute la nuit errer au bas du ciel. Hugo, Les Rayons et les ombres,Nuits de juin, 1840, p. 1117.
4. De la montagne il sort des ruisselets en foule, Et partout c'est un bruit d'eau vive qui s'écoule De l'aube au front d'argent jusqu'au soir aux yeux d'or. Samain, Le Chariot d'or,Les Roses dans la coupe, 1900, p. 28.
SYNT. Se lever à l'aube, avant l'aube, rentrer à l'aube.
2. Cour. À l'aube, dès l'aube :
5. Combien de fois ai-je été frappé de cette idée que les premières messes, dites à l'aube ou au lever du soleil, qui prennent le cœur si suavement, sont dites surtout pour les domestiques! Les maîtres ne se lèvent pas si tôt. Bloy, Journal,1892, p. 52.
SYNT. Se lever à l'aube, avant l'aube, rentrer à l'aube.
3. P. ext. et p. iron. Début du jour, de l'activité quotidienne :
6. Il est neuf heures du matin − l'aube des gens qui se couchent tard. Colette, L'Envers du music-hall,1913, p. 21.
4. LITT., MUS. Un des thèmes de la chanson du troubadour ou du trouvère, où le poète dit le regret qu'inspire aux amants l'approche de l'aube qui les séparera; une chanson traitant ce thème :
7. Et Raimbaud qui de Phanette Rimas en Aubes et Dits : (...) Aimables provençaux par qui sut bien les sons, Mignardement sonnés, des jeux et des tensons... Moréas, Sylves,1896, p. 178.
B.− P. méton.
1. Clarté blanchâtre qui est celle de la pointe du jour :
8. ... aucune aurore ne colora le ciel que blanchit, au matin seulement, une aube grelottante et navrée. C'était une clarté si noyée que nous attendions encore l'aube, quand le soleil déjà levé transparut derrière un nuage. Gide, Le Voyage d'Urien,1893, p. 43.
9. L'aube pointa, un fil de clarté grise, au fond de l'orient, une demi-pâleur envahissante, sur cette immensité plate, venteuse et désolée. Cela rappelait un peu la montée de l'aube sur la mer. Van der Meersch, Invasion 14,1935, p. 80.
Rem. En ce sens, aube peut être suj. de verbes comme blanchir, briller, colorier, déteindre, dorer, éblouir, éclairer, luire, rougir et compl. de verbes comme refléter, regarder, scruter.
2. P. ext.
a) Lueur, rayonnement, rougeoiement, auréole :
10. La lune n'était point d'abord à l'horizon, mais son aube s'épanouit par degrés devant elle, de même que ces gloires argentées dont les peintres du xivesiècle entouraient la tête de la Vierge... Chateaubriand, Mémoires d'Outre-Tombe,t. 4, 1848, p. 122.
11. Au loin, il voyait, lui, la nuit qu'on passe, recroquevillé, palpitant d'attention et tout noir, au fond du trou d'écoute dont se silhouette, tout autour, la mâchoire déchiquetée, chaque fois qu'un coup de canon jette son aube dans le ciel. Barbusse, Le Feu,1916, p. 141.
12. Un côté de la tente resté ouvert donne sur les lignes et, par delà les bois noirs, on aperçoit parfois l'aube fugitive des fusées. Dorgelès, Les Croix de bois,1919, p. 189.
b) Poét. Clarté que perçoit l'œil :
13. ... et de nouveau l'enfant suivit des yeux l'étoile, dont l'éclat, pour la première fois, luisait dans l'aube trouble de sa vue. Zola, Fécondité,1899, p. 243.
C.− Emplois métaph. ou fig., littér.
1. Entre, au sens propre, dans de nombreuses comparaisons ou revêt une valeur symbolique.
a) P. compar. :
14. Chaque jour, pour eux seuls [les morts pour la patrie] se levant plus fidèle, La gloire, aube toujours nouvelle, Fait luire leur mémoire et redore leurs noms! Hugo, Les Chants du crépuscule,1835, p. 38.
15. L'espoir, c'est l'aube incertaine; Sur notre but sérieux C'est la dorure lointaine D'un rayon mystérieux. Hugo, Les Rayons et les ombres,1840, p. 1089.
16. Ilsée la plaignait, car elle paraissait triste et cruelle. Son sourire matinal était une aube blême encore teinte de l'horreur nocturne. Schwob, Le Livre de Monelle,1894, p. 75.
17. L'enfance est une aube. Cependant, cherchant à faire revivre l'image de la mienne, j'ai peine à ne pas l'imaginer semblable à un soir d'avril. Les rougeurs du couchant, qui incendient les nuages, en avril, ont des douceurs d'aurore... Estaunié, L'Empreinte,1896, p. 255.
b) Symbole de pureté, d'immatérialité, de promesse, de vie, d'espoir, etc. :
18. Tout ce qui commence a une vertu qui ne se retrouve jamais plus. Une force, une nouveauté, une fraîcheur comme l'aube. Une jeunesse, une ardeur. Un élan. Une naïveté. Une naissance qui ne se trouve jamais plus. Péguy, Le Porche du mystère de la 2evertu,1911, p. 188.
Plus rarement. Symbole des incertitudes de l'avenir, ou au contraire de sérénité :
19. Plus Rancé s'était avancé vers le terme, plus il était devenu serein; son âme répandait sa clarté sur son visage : l'aube s'échappait de la nuit. Chateaubriand, Vie de Rancé,1844, p. 274.
20. Vous scrutez l'aube et l'avenir Vous scrutez la brume au lointain Prêts à payer d'un prix sans mesure le simple égarement D'une patrouille de SS avec ses chiens Par les forêts les cimes les gorges Aragon, Le Roman inachevé,1956, p. 213.
2. Emplois fig.
a) [Correspond au sens A] Surtout dans aube de + subst.Début, commencement, naissance, etc.
Rare. [Le compl. déterminatif est un compl. de temps] :
21. L'enfant ne connaît guère que l'aube de la nuit, qui est le crépuscule. Jammes, Les Nuits qui me chantent,1928, p. 16.
Plus cour. [Le compl. déterminatif désigne un art, une sc., une pratique, une réalité importante] :
22. C'était comme une fenêtre brusquement ouverte dans la vieille cuisine au bitume, dans les jus recuits de la tradition, et le soleil entrait, et les murs riaient de cette matinée de printemps! La note claire de son tableau, ce bleuissement dont on se moquait, éclatait parmi les autres. N'était-ce pas l'aube attendue, un jour nouveau qui se levait pour l'art? Il aperçut un critique qui s'arrêtait sans rire, des peintres célèbres, surpris, la mine grave, le père Malgras, très sale, allant de tableau en tableau avec sa moue de fin dégustateur, tombant en arrêt devant le sien, immobile, absorbé. Zola, L'Œuvre,1886, p. 140.
23. − Elles me conteront le rustique mystère Des noces de la lune avec le beau berger, La jeunesse du temps à l'aube de la terre, L'ivresse du vin grec et de l'amour léger. A. de Noailles, Le Cœur innombrable,Les Nymphes, 1901, p. 116.
Avec une idée de faiblesse, de balbutiement, etc. :
24. ... une clarté un peu plus vive venait de jaillir dans ma tête, où l'aube des idées était encore si pâle. Et c'est sans doute à cet éveil intérieur que ce moment fugitif de ma vie doit ses dessous insondables... Loti, Le Roman d'un enfant,1890, p. 7.
25. Des signes nombreux attestent aujourd'hui la renaissance d'une philosophie vigoureuse (...). Ce n'est encore qu'une aube, à l'heure où j'écris. L. Daudet, Le Stupide XIXes.,1922, p. 163.
Avec une idée de promesse, d'annonce de ce qui va suivre :
26. Ce qu'il y avait dans sa nature de féminin, d'un peu alangui et blasé, le rendait [Élie] merveilleusement propre à jouir de ces demi-teintes qui sont l'aube de l'amour partagé... P. Bourget, 2eamour,1884, p. 186.
En partic. Début de la vie :
27. Ô temps! jours radieux! aube trop tôt ravie! Pourquoi Dieu met-il donc le meilleur de la vie Tout au commencement? Hugo, Les Voix intérieures,1837, p. 345.
28. Dès l'aube, je sais ma vocation; seul mon couchant connaîtra mon destin. Barrès, Les Amitiés françaises,1903, p. 188.
b) [Correspond au sens B] Clarté, illumination intérieure, lueur :
29. Et la vérité non seulement met en eux une aube d'espoir, mais aussi y bâtit un recommencement de force et de courage. Barbusse, Le Feu,1916, p. 378.
30. Elle regardait dans le vide : sur ce trottoir, au bord d'un fleuve de boue et de corps pressés, au moment de s'y jeter, de s'y débattre, ou de consentir à l'enlisement, elle percevait une lueur, une aube : elle imaginait un retour au pays secret et triste, − toute une vie de méditation, de perfectionnement, dans le silence d'Argelouse : l'aventure intérieure, la recherche de Dieu... Mauriac, Thérèse Desqueyroux,1927, p. 278.
Rem. On rencontre dans la docum. le néol. aubéen, enne, adj. 1837, (Barbey d'Aurevilly, 1erMemorandum, p. 106; suff. -éen*). Propre à l'aube. ,,(...) Dante, au milieu des rayons aubéens du Paradis et des brasiers de l'Enfer, a des côtés opaques, de majestueuses ténèbres, et Alfieri tord l'Italien dans les tenailles d'un système``.
PRONONC. ET ORTH. : [o:b]. Enq. : /ob, D/. Fér. Crit. t. 1 1787 écrit aûbe.
ÉTYMOL. ET HIST. − 1. Ca 1100 albe « point du jour » (Roland, éd. J. Bédier, 737 : Tresvait la noit e apert la clere albe); ca 1170 aube « id. » (Chr. de Troyes, Chevalier lion, éd. .W Foerster, 5869 ds T.-L.); 2. 1575-1615 fig. (D'Aubigné, Tragiques ds Gdf. Compl. : Point ne luit aux enfers l'aube de l'esperance). Empr. au lat. vulg. alba « id. », fém. substantivé de l'adj. albus « blanc, clair », à partir d'expr. telles que alba lux (Lucain, De bello civili, 2, 720 ds TLL s.v., 1506, 44) ou alba dies (Silius Italicus, Punica, 15, 53, ibid., 45).
STAT. − Aubéen. Fréq. abs. littér. : 1.
BBG. − Burn. 1970. − Chass. 1970. − Darm. Vie 1932, p. 56. − Delc. t. 1 1926. − Dlf M. Â. − Goug. Mots t. 1 1962, p. 279. − Guyot 1953. − Métrol. 1969. − Rog. 1965, p. 66. − Timm. 1892. − Uv.-Chapman 1956. − Will. 1831.
AUBE2, subst. fém.
A.− ANTIQ. Robe de lin blanche, d'un usage fréquent parmi les personnes de haut rang (d'apr. Gay t. 1 1887).
B.− LITURG. Tunique blanche en toile de lin, serrée à la taille par un cordon, munie de manches étroites, que l'officiant (prêtre, diacre ou sous-diacre) porte par-dessus la soutane pour célébrer la messe ou dans quelques autres cérémonies :
1. Jamais il n'avait senti si profondément le désir d'être prêtre et de célébrer à son tour le saint sacrifice. Ayant baisé et plié soigneusement l'aube et la chasuble, il s'inclina devant M. l'abbé Lantaigne avant de se retirer. A. France, L'Orme du mail,1897, p. 20.
2. Durtal fut tiré de ses réflexions par un flux et reflux de moines dans le chœur. L'on habillait le père Abbé. Le cérémoniaire, debout, devant l'autel, enlevait les vêtements qui y étaient posés, l'aube, le cordon, l'étole, la chape et les distribuait à des novices qui, à la queue-leu-leu, les présentaient, après s'être agenouillés devant le trône, aux habilleurs. Huysmans, L'Oblat,t. 1, 1903, p. 258.
SYNT. S'affubler de l'aube; passer, vêtir, revêtir, enlever l'aube; religieux, prêtre en aube.
Longue tunique blanche que revêtent les premiers communiants.
[Dans l'Église primitive] Vêtement blanc que revêtaient les nouveaux baptisés, en signe de purification :
3. − Viens, mon âme! (...)! viens revêtir les aubes du baptême. A. France, Thaïs,1890, p. 101.
ÉTYMOL. ET HIST. − Ca 1040 liturg. albe « vêtement ecclésiastique » (Alexis, éd. G. Paris et L. Pannier, 117, b ds T.-L. : Clerc revestut en albes et en chapes); 1174 aube « id. » (G. de Pont-Ste-Maxence, St Rhomas, éd. E. Walberg, 1614). Empr. au lat. chrét. alba « id. » (Grégoire de Tours, Historia Francorum, 4, 43 ds TLL s.v., 1509, 62), sens tiré de alba « robe blanche des Élus »; (Tertullien, Scorpiace, 12, ibid., 60) tiré p. ell. de alba vestis; Ovide, Amores, 3, 2, 41 ds TLL s.v., 1506, 12).
BBG. − Archéol. chrét. 1924. − Bach.-Dez. 1882. − Bouillet 1859. − Cost. 1899. − Gay t. 1 1967 [1887]. − Goug. Mots t. 1 1962, p. 279. − Leloir 1961. − Lerch (E.). Der Einfluß des Christentums auf den französischen Wortschatz. Neuphilologische Monatsschrift. 1933, t. 4, pp. 65-80, 108-121. − Marcel 1938.
AUBE3, subst. fém.
Rem. 1. Dans l'ex. cité, les sens des mots aube1, aube2et aube3se trouvent empl. conjointement, par un rapprochement qui tient du jeu. 2. Lar. 19eenregistre un subst. masc. aube au sens de ,,peuplier blanc (populus alba), dans le midi de la France``.
ÉTYMOL. ET HIST. − 1. Ca 1100 alve « chacune des deux planchettes qui relient les arçons d'une selle » (Roland, éd. Bédier, 3881 : Les alves turnent, les seles cheent a tere); apr. 1190 auve « id. » (Beroul, Tristan, éd. E. Muret, 3804 ds T.-L.) − 1611 (Cotgr., aube); 2. 1283 aube « planche fixée à la circonférence d'une roue de moulin à eau » (Ph. de Beaumanoir, Coutumes de Beauvaisis, XXXVIII, 16 ds Gdf. Compl. : Cil qui le tient a louage le moulin, doit livrer quevilles, fusiax, aubes et teles cozes menues). Prob. empr. au lat. pop. alapa « gifle » (dep. iers., Phèdre, Fabulae Aesopiae, 5, 3, 2 ds TLL s.v., 1479, 60-63) qui dut avoir primitivement le sens de « paume de la main », d'où le sens « palette » qu'on trouve dans les lang. romanes (Schuchardt ds Z. rom. Philol., t. 31, pp. 721-725; cf. à l'appui de cette évolution sém. le lat. médiév. ixes. alapa « couverture de livre » : Agnellus, Liber pontificalis ecclesiae Ravennatis, 27 ds Mittellat. W. s.v., 422, 4, 5). Alapa est d'orig. obsc. (Ern.-Meillet, Walde.-Hofm.). À l'hyp. d'un déverbal de alapare « lever la main » (REW3s.v. alapa, EWFS2) s'oppose le fait que, tandis qu'alapa est bien attesté, alapare l'est seulement dans les gloses tardives (Du Cange, t. 1, p. 158 c) et le déponent alapari l'est une seule fois dans Plaute, très rarement en b. lat. (TLL s.v.); alapari (alapare) est plus vraisemblablement dér. de alapa. L'hyp. d'une orig. étrusque (Schuchardt, loc. cit.) n'est ratifiée ni par Walde.-Hofm., ni par Ern.-Meillet. Bien qu'alapa n'explique pas la forme de l'esp. álabe, on ne peut voir à l'orig. des mots romans le lat. alipes « ailé », qui par une sorte de méton. aurait pris le sens d'« aile » (Cor. t. 1, s.v. álabe), car c'est un mot poétique très rare. Quant à l'étymon lat. adeps « graisse » auquel remonteraient les formes romanes par l'intermédiaire du lat. vulg. aleps, -ipis attesté dans l'Appendix Probi (H. Sperber ds Z. rom. Philol., t. 38, pp. 537-543), il présente des difficultés sém. insurmontables.
STAT. − Fréq. abs. littér. : 2 634. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 1 260, b) 4 270; xxes. : a) 4 671, b) 5 028.
BBG. − Baist (G.). Aube. Rom. Forsch. 1900, t. 12, p. 652. − Bouillet 1859. − Chabat 1881. − Chesn. 1857. − Ernault (É.). Étymol. bret. Mém. de la Sté de ling. de Paris. 1898, t. 10, p. 325. − Gruss 1952. − Jossier 1881. − Le Clère 1960. − Meyer-Lübke (W.). Zur romanischen Sprachgeschichte. Z. rom. Philol. 1907, t. 31, pp. 582-586. − Poignon 1967. − Privat-Foc. 1870. − Rommel (A.). Die Entstehung des klassischen französischen Gartens im Spiegel der Sprache. Berlin, 1954, p. 168.
Source : CNRTL

Wiktionnaire

Français

Nom commun 1

Singulier Pluriel
aube aubes
\ob\

aube \ob\ féminin

  1. Clarté qui blanchit l'orient au moment précédant le lever du soleil, ce moment lui-même.
    • Au réveil, dans les premières blancheurs de l’aube apparaît un fleuve qui tourne sous ses fumées matinales […] — (Hippolyte Taine, Voyage en Italie, vol. 2, 1866)
    • Dès l’aube, tout Tarascon était sur pied, encombrant le chemin d’Avignon. — (Alphonse Daudet, Aventures prodigieuses de Tartarin de Tarascon)
    • Souvent, la nuit, par les beaux clairs de lune, il se levait et restait à l’affût jusqu’à l’aube. — (Octave Mirbeau, Contes cruels : Mon oncle)
    • Ils attendent l’aube stoïquement, devant un café-crème ou, favorisés par la chance, font parfois la rencontre d’un compatriote qui leur paie à souper. — (Francis Carco, Images cachées, Éditions Albin Michel, Paris, 1928)
    • Enfin, l’aube, une aube splendide, mauve comme en plein été, nous fouetta. La détente fut délicieuse. — (Dieudonné Costes & Maurice Bellonte, Paris-New-York, 1930)
    • Pas un détenu qui ne se retourne le soir sur sa paillasse à l’idée que l’aube peut être sinistre, qui ne s’endort sans souhaiter qu’il ne se passe rien. — (Henri Alleg, La Question, 1957)
    • Il est expédient de bifurquer à faux pour dérouter les pillards qui braconnent les tenderies dès l’aube, avant le propriétaire. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
  2. (Sens figuré) Commencement, début.
    • En même temps que mes petites jambes, mon esprit s'était éveillé ; une clarté un peu plus vive venait de jaillir dans ma tête, où l'aube des idées était encore si pâle. — (Pierre Loti, Le Roman d'un enfant, 1890)
    • L’éducation moyenne atteignait un niveau extraordinaire, et, à l’aube du XXe siècle, on trouvait relativement peu de gens, dans l’Europe occidentale, qui ne sussent lire et écrire. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 407 de l’édition de 1921)
    • D’ailleurs, à quelques signes, on pourrait croire que l’aube de la sincérité commence à poindre. — (Eugène-Emmanuel Viollet-le-Duc, Entretiens sur l’architecture)
  3. (Littérature) Poésie lyrique du Moyen Âge (« alba ») ayant pour thème la séparation au point du jour de deux êtres qui s’aiment.

Nom commun 2

Singulier Pluriel
aube aubes
\ob\

aube \ob\ féminin

Un homme habillé d'une aube.
  1. (Habillement) Vêtement religieux de toile blanche serré aux reins par un cordon.
    • Une file de religieux en aube, le père prieur en tête, sortit de la sacristie et se dirigea vers la porte de l’église. — (Joris-Karl Huysmans, L’Oblat)
    • Dans le tohu-bohu de la sacristie m’échoyai l’honneur d’aider le prêtre à se vêtir des ornements. Je présentais l’amict, l’aube, l’étole. Je veillais à la pose de la chasuble. — (Yanny Hureaux, Bille de chêne : Une enfance forestière, Jean-Claude Lattès, 1996)
    • Nous suivîmes cette éducation religieuse jusqu’à la « communion solennelle », en aube blanche, une énorme croix de bois sur la poitrine. — (Didier Eribon, Retour à Reims, Fayard, 2009)

Forme de verbe

Voir la conjugaison du verbe auber
Indicatif Présent j’aube
il/elle/on aube
Imparfait
Passé simple
Futur simple
Subjonctif Présent que j’aube
qu’il/elle/on aube
Imparfait
Impératif Présent (2e personne du singulier)
aube

aube \ob\

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent de auber.
  2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent de auber.
  3. Première personne du singulier du subjonctif présent de auber.
  4. Troisième personne du singulier du subjonctif présent de auber.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif présent de auber.
Source : Wikitionnaire

Littré (1872-1877)

aube [1]

(ô-b') s. f.
  • 1Premier blanchissement de l'horizon, au point du jour. L'aube du jour, l'aube matinale ou simplement l'aube. Et du temple déjà l'aube blanchit le faîte, Racine, Athal. I, 1.

    Terme de pêche. Sardines d'aube, sardines que l'on prend à la pêche du matin.

    L'aube des mouches, l'heure de midi.

  • 2 Terme de marine. Le temps qui s'écoule entre le souper de l'équipage et le moment où se prend le premier quart.

HISTORIQUE

XIe s. Par main [matin] en l'albe, si com li jurz esclaire, Ch. de Rol. LII.

XIIe s. En mer se mettent quand l'aube est esclarée, Ronc. p. 118. Peu ai-je eü, En la chambre [de ma dame], de joie ; Trop m'a neü [nui] L'aube qui me guerroie, Romancero, p. 68. Si cume la clarted de l'albe est bele et clere, quant li soleilz lieved par matin, Rois, 211.

XIIIe s. Devant l'aube aparant, ains qu'il fut ajourné, Berte, X. Renart conmence à apeler [le loup], Qu'ileuques ne volt plus ester, Que jà estoit l'aube crevée, Ren. 1175. Tu ies… Aube qui le jor nos amainne, Rutebeuf, II, 13. Aussi comme l'aube du jour aparoit, nous nous atirames [préparâmes] de touz poins, Joinville, 224.

XVe s. À l'aube du jour, Froissart, I, I, 150.

XVIe s. Dès l'aube du jour, Amyot, Comment refrén. la colère, 41. Au tiers jour, à l'aube des mouches, nous apparut une isle triangulaire, Rabelais, Pant. IV, 9.

Source : Dictionnaire Littré

Étymologie de « aube »

(Nom 1) (1080) Du latin alba « de couleur blanche », l’aube étant le moment où le ciel blanchit. → voir albus
(Nom 2) (fin XIe siècle) Du latin alba, « tunique blanche ».
(Nom 3) (1283) « Planchette reliant les arçons de la selle ». Ancien français alve (1080), puis auve, issu du latin alăpa « soufflet, claque, gifle », primitivement « paume de la main ». La forme aube paraît être due à une confusion avec les précédents. À rapprocher du vieux catalan àlep, roumain aripă, calabrais álipa et ligurien d'Oneglia oarva « volet, battant »[1].
Source : Wikitionnaire

Provenç. et espagn. alba ; portug. alva ; ital. alba ; de albus, blanc (voy. ALBUM).

Source : Dictionnaire Littré

Phonétique du mot « aube »

Phonétique Prononciation
La prononciation \ob\ rime avec les mots qui finissent en \ob\.
France : écouter « aube [ob] »
francitan : [ˈɔβə]
(Région à préciser) : écouter « aube [ob] »
France (Paris) : écouter « aube »
France (Massy) : écouter « aube »
France (Saint-Maurice-de-Beynost) : écouter « aube »
France (Toulouse) : écouter « aube »
France (Vosges) : écouter « aube »
Suisse (Lausanne) : écouter « aube »
Source : Wikitionnaire

Fréquence d'apparition du mot « aube »

Source : Google

Traductions du mot « aube »

Langue Traduction
English aube
German aube
Spanish aube
Portuguese aube
Italian aube
Dutch aube
Polish aube
Russian aube
Source : DeePL

Synonymes de « aube »

Antonymes de « aube »