Avant

prép loc adv ou de formateur

Définitions de « avant »

Trésor de la Langue Française informatisé

AVANT, formateur de loc. adv. ou prép.
A.− En avant (de)
1. En avant, loc. adv.
a) Indiquant un mouvement directif local ouvert dans la direction où l'on va, où l'on regarde.
[Avec un syntagme verbal] Faire un pas, pousser, regarder en avant :
1. ... il regardait, vers la barrière, si rien ne gênait la sortie de son détachement, et désignait les éclaireurs pour envoyer en avant. Vigny, Servitude et grandeur militaires,1835, p. 206.
Loc. Mettre en avant. Avancer une idée, proposer (deux noms étaient (...) mis en avant [Joffre, Mémoires, t. 2, 1931, p. 169]). Se mettre en avant. Se produire (une certaine aversion à se mettre en avant [Amiel, Journal intime, 1866, p. 231]; lents (...) à se mettre en avant [Mounier, Traité du caractère, 1946, p. 398]).
[Avec un syntagme nom.] Le bond, la fuite, la marche en avant.
[Dans un syntagme exclam.] Empl. pour faire avancer une ou plusieurs personnes.
Empl. seul :
2. Il ne riait pas, ni Zébédé, ni moi, ni les autres; mais nous galopions tout de même, et les officiers répétaient sans cesse : − En avant! En avant! Erckmann-Chatrian, Le Conscrit de 1813,1864, p. 180.
[Dans un syntagme verbal] En avant marche!
[Dans un syntagme nom.] :
3. Il est de moi, Messieurs! Et de cet imbécile de Vif-Argent! Saluez, Vif-Argent! ... Et en avant la musique! E. et J. de Goncourt, Charles Demailly,1860, p. 59.
CHORÉGR. En avant-deux. Formule pour l'avant-deux* :
4. Les appels de : À vos places, mesdames! En avant deux! ne ralliaient personne. Gozlan, Le Notaire de Chantilly,1836, p. 152.
P. métaph. :
5. « Au revoir ici, n'importe où. Conscrits du bon vouloir, nous aurons la philosophie féroce; ignorants pour la science, roués pour le confort; la crevaison pour le monde qui va. C'est la vraie marche. En avant, route! » Rimbaud, Illuminations,1873, p. 307.
Empl. substantivement. Un en(-)avant :
6. Qu'est-ce qui distingue notre soldat, quand il est bon? Le nerf, la belle humeur, l'en-avant. P. Bourget, Monique,Trois récits de guerre, 1902, p. 238.
En partic. Désigne, au rugby, la faute commise par un joueur ,,qui laisse tomber le ballon devant lui, en direction du camp adverse`` (Lar. encyclop.).
b) [Avec valeur temp.] :
7. La douleur, comme d'un mal de dents, suppose que l'on prévoit, que l'on attend, que l'on étale quelque durée en avant et en arrière du présent; le seul présent est comme nul. Alain, Propos,1923, p. 524.
8. Hélas! Cette coïncidence elle-même ne dure qu'un instant : mais une durée infinitésimale est-elle encore une durée? En avant et en arrière se continue l'intervalle qui rendrait possible un savoir chronique ou habituel : ... Jankélévitch, Le Je-ne-sais-quoi et le presque-rien,1957, p. 73.
2. En avant de, loc. prép.
a) Indique la position par rapport à quelqu'un ou à quelque chose placé devant :
9. En avant d'eux, étaient les prés en pente au bas desquels il semblait que le village s'était laissé glisser, comme les gamins font sur leur fond de culotte. Ramuz, La Grande peur dans la montagne,1926, p. 28.
10. Seul, tient bon le réduit qu'ils [les Allemands] ont établi en avant des ponts de Kehl et vers lequel courent leurs fuyards pêle-mêle avec nos voitures de combat. De Gaulle, Mémoires de guerre,1959, p. 137.
Rem. Dans l'ex. suiv., le point de repère (introd. par de) est omis mais peut facilement être rétabli (en avant signifiant en tête du cortège) :
11. L'ordonnateur nous donna nos places. Le curé marchait en avant, puis la voiture. Camus, L'Étranger,1942, p. 1133.
b) Au fig. :
12. Pas d'autre violence que la douceur, et patience que continuité, et outil que l'intelligence, et pas d'autre liberté Que ce rendez-vous en avant de moi sans cesse avec l'ordre et la nécessité! Claudel, Poésies diverses,Le Fleuve, 1952, p. 851.
B.− D'avant.[Avant est prép. ou adv.]
1. La prép. de pourrait être omise (la banquette d'avant/la banquette avant, la nuit d'avant/la nuit avant), toutefois sa présence permet de déterminer plus nettement le subst. en faisant jouer à d'avant ou au groupe introd. par d'avant le rôle d'un véritable compl. de nom.
a) Local :
13. Toute la banquette d'avant disparaît sous l'amas. Romains, Knock,1923, I, scène unique, p. 2.
MAR. Gaillard d'avant (Flaubert, Correspondance, 1843, p. 140), château d'avant (Moselly, Terres lorraines, 1907, p. 85).
b) Temporel :
14. C'était l'heure d'avant dormir. Dorgelès, Les Croix de bois,1919, p. 51.
2. La prép. de est indispensable lorsqu'elle sert à marquer l'origine :
15. Inquiète de n'éprouver plus la paix d'avant que cet homme la possédât, comment eût-elle discerné ce désaccord entre son cœur toujours endormi et sa chair à demi-éveillée? Mauriac, Le Baiser au lépreux,1922, p. 189.
16. Et pourtant soyez sans remords : mon malheur est d'avant vous et d'après vous. Montherlant, Les Lépreuses,1939, p. 1390.
PRONONC. − 1. Forme phon. : [avɑ ̃]. Pour Littré ,,le t se lie; avant un autre, dites : a-van-t-un autre``. Enq. : /ɑvɑ ̃/. 2. Homon. : avent. (En) avant : [ɑ ̃navɑ ̃].
ÉTYMOL. ET HIST. I.− Adv. 1. Antériorité dans le temps 938-52 « auparavant » (Fragm. de Valenc., vo, 1. 36 ds Gdf. Compl. : E le evangelio secundum Matheum de avant dist); 950-1000 « id. » (Passion, éd. d'Arco Silvio Avalle, 457-58); 2. antériorité dans l'espace 950-1000 « en avant » (Ibid., 19-20 : Avant dels sos dos enveied, Un asne adducere se roved). II.− Prép. 1. Antériorité dans l'espace 950-1010 « devant » (Ibid., 256 : Avan toz vai a pasïun); 1ertiers xiiies. « id. » (Chevalier deux épées, éd. W. Foerster, 683 ds T.-L.); 2. antériorité dans le temps 1288 (J. de Journi, Dîme de pénitence, éd. H. Breymann, 2379, ibid. : Jonatas fu a mort jugiés Pour che qu'il prinst une disnee Avant l'eure qu'ert ordenee). III.− Loc. conj. 1258 avant que (Mahomet, éd. Reinaud et Fr. Michel, 54, ibid. : avant que soient, Set les choses par l'angele saint). IV.− 1. Adv. a) xes. a en avant, antériorité dans le temps « à l'avenir » (St Léger, éd. E. Koschwitz, 192 ds T.-L. : peis li promest adenavant), seulement en a. fr.; b) xies. antériorité dans l'espace « en précédant les autres » (Alexis, éd. G. Paris et L. Pannier, 113e, ibid. : Vont en avant, si derompent la presse); xves. fig. mettre en avant « faire connaître » (Comm., V, 2 ds Littré); 2. loc. prép. 1243 en avant « devant » (Ph. Mousket, Chron., éd. Reiffenberg, 23723 ds T.-L. : il iert ses om, sel devoit Avoiier, et il i avoit Pensee et cuer en avant dieu Et es saintüaires del lieu). Empr. au b. lat. abante (ab, v. a-2et ante, v. anté-, préf.), I 2 (Itala, cod. Cant. Luc., 19, 4 ds TLL s.v., 46, 48), II 1 (Ibid. [Aug. gen. c. Manich. Migne, 34, 196] Gen., 3, 8, ibid., 46, 33); le sens temporel étant à cette époque rendu par ante en lat. médiév. II 2 abante prép. au sens temporel : 1127-28 (Galbertius, Karol., 3 ds Mittellat. W. s.v., 7, 46); IV loc. composée de la prép. en* et de avant*.
AVANT2, subst. masc.
I.− Subst. de l'inanimé
A.− Espace situé dans la direction dans laquelle on regarde, dans laquelle on se déplace.
1. Partie antérieure d'une chose :
1. Des bannières penchaient à l'avant du cortège Sur les voiles croisés, tels des flocons de neige. Jammes, Les Géorgiques chrétiennes,1911, p. 60.
2. Il gigotait sur son tabouret, le pilon dressé à l'horizontale, la tête penchée vers un sabot dont il creusait l'avant. Queffélec, Un Recteur de l'île de Sein,1944, p. 51.
En partic. Partie antérieure d'un véhicule. L'avant du train (Verne, Le Tour du monde en 80 jours,1873, p. 174);une litière, une chaise portée par deux mules, l'une à l'avant et l'autre à l'arrière (A. France, Le Crime de Sylvestre Bonnard,1881, p. 314).
MAR. ,,Partie d'un bateau comprise depuis l'étrave jusqu'au grand mât`` (Will. 1831). Nos vaisseaux qui, trop chargés sur l'avant, gouvernaient fort mal (Voyage de La Pérouse,t. 2, 1797, p. 13).
Loc. Aller de l'avant (mar.). ,,Un bâtiment va de l'avant lorsqu'il avance devant lui`` (Will. 1831).
Au fig. Aller ou donner de l'avant. S'engager à fond dans une affaire et tenter tout pour la mener à bonne fin :
3. − Elle est coupable d'aimer M. Eugène de Rastignac, et va de l'avant sans savoir où ça la mènera, pauvre innocente! Balzac, Le Père Goriot,1835, p. 192.
Subst. Un va-de-l'avant :
4. Une aspiration parente de cette soif du simultané est celle par laquelle certains littérateurs modernes veulent que la présentation matérielle de leur œuvre exprime leur état d'âme dans la multiplicité de ses conditions, avec ses espoirs et ses retraits, ses rutilances et ses pâleurs, ses va-de-l'avant et ses biaisements, ... Benda, La France byzantine,1945, p. 46.
P. plaisant. :
5. le matelot. − Oh! oh! c'est la fiancée, cette belle fille? gringole. − Un peu! ... Est-ce pas, maître Pénélon, qu'elle a un avant bien agréable! A. Dumas Père, Le Comte de Monte-Cristo,Drame, 1846, II, 5, p. 47.
2. En temps de guerre, partie d'un pays qui se trouve dans la zone des combats :
6. ... ses gisements de fer, dont la plupart se trouvent actuellement dans la zone de l'avant, ne sont que par hasard accessibles aux trains non militaires, ... De Gaulle, Mémoires de guerre,1959, p. 450.
B.− Rare. Intervalle de temps s'étendant avant le moment envisagé par le contexte :
7. L'assouvissement de l'après justifiait l'inappétence de l'avant. Elle le répugnait et il se faisait horreur! Huysmans, Là-bas,t. 2, 1891, p. 47.
8. Poser un commencement du temps, c'est certainement ne rien penser réellement; car un « avant » reste concevable et même doit nécessairement être conçu; c'est exclusivement poser un commencement de ce qui est dans le temps. Marcel, Journal métaphysique,1914, p. 8.
II.− Subst. de l'animé. Joueur qui, dans certains sports d'équipe, par opposition aux arrières chargés de la défense, est chargé de l'attaque :
9. C'est une vraie danse de chassés-croisés que mène la quintuplette des avants. Montherlant, Les Olympiques,1924, p. 353.
ÉTYMOL. ET HIST. − 1422, 5 mai « avance » (Ste-Croix de Quimperlé, Arch. Finistère ds Gdf. : Fut ledit plegement jugié a bon sans aultres avantz de despens), attest. isolée; 1678 mar. (Guillet, Les Arts de l'homme d'épée, 3epart. L'Art de la navigation : Avant. L'avant du vaisseau ou de la Prouë, c'est la partie du vaisseau qui s'avance la première en mer. Le vent se rangea de l'Avant, et nous devint contraire); d'où expr. aller de l'avant, 1835 (Ac.); 1821 fam. (Ansiaume, Bagne de Brest ds Fr. mod., t. 11, p. 288 : De l'avant [aller] « aller vite, travailler fort » Il a fallu goupiner longtemps et de l'avant); au même emploi, Ac. 1835. Emploi subst. de avant1*.
STAT. − Fréq. abs. littér. : 37 945. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 52 345, b) 50 695; xxes. : a) 51 964, b) 58 297.
BBG. − Appuhn (H. J.). Der Konjunktiv nach après que. N. Spr. 1964, t. 13, pp. 26-33. − Bach.-Dez. 1882. − Barber. 1969. − Barr. 1967. − Bastin (J.). Ne explétif après avant que, sans que. In. : Nouv. glanures gramm. Riga, 1907, pp. 60-63. − Bél. 1957. − Bouillet 1859. − Canada 1930. − Canart (P. L.). Aspects of avant AUMLA, 1959, t. 10, pp. 81-88. − Capelovici (J.). Termes sportifs. Vie Lang. 1961, p. 554. − Chassaignon (A.). Une Révision des termes sportifs. Vie Lang. 1961, p. 390. − Dacier 1944. − Darm. 1877, p. 131. − Duch. 1967, § 13. − Dul. 1968. − Dupin-Lab. 1846. − Éd. 1913. − Esn. 1966. − Gossen (C. T.). Zur lexikalen Gliederung des pikardischen Dialektraumes. In : [Mél. Wartburg (W. von)]. Tübingen, 1968, t. 2, p. 135. − Goug. Lang. pop. 1929, p. 123. − Gramm. t. 1 1789. − Gruss 1952. − Hartoy 1944. − Jal 1848. − Lancaster (H. C.). Avant de plus the infinitive. Mod. Lang. Notes. 1945, t. 60, pp. 401-404. − Le Clère 1960. − Lep. 1948. − Le Roux 1752. − Marshall (F. W.). Les Poésies de Blondel de Nesle. Une ét. du lex. d'après l'examen des mss, p. 38 (Thèse Univ. Paris. 1958). − Martin (E.). Courrier (Le) de Vaugelas. 1876, t. 7, p. 73. − Moignet (G.). La Place en système de que « comparatif ». In : [Mél. Harmer (L. C.)]. London-Toronto, Wellington-Sydney, 1970, pp. 103-114. − Pierreh. 1926. − Pierreh. Suppl. 1926. − Prév. 1755. − Quem. 2es. t. 3 1972, p. 18. − Remig. 1963. − Soé-Dup. 1906. − Spr. 1967. − Will. 1831.
AVANT1, prép. et adv.
I.− Avant exprime un rapport spatial.
A.− Antériorité de rang spatial.
1. Emploi prép. Marquant l'antériorité spatiale par rapport à quelque chose. La maison située juste avant le bois :
1. Hélas, avant le pont il y avait d'extraordinaires plaques de fer, plaques de treillis, je ne sais, horizontalement, verticalement, de sorte qu'il était impossible de passer des maisonnettes du quartier aux poutrelles du pont, ... Jouve, La Scène capitale,1935, p. 49.
Rem. Dans les deux ex. suiv., les compl. introduits par avant sont ell. et dans l'ex. 2 les derniers maraîchers signifient les jardins des derniers maraîchers. En outre, dans l'ex. 3, le syntagme chez la tante signifie la maison, l'appartement de la tante, et est considéré comme un subst. (sur le modèle de un chez soi) :
2. Avant les derniers maraîchers, commençait la ville véritable. G. Duhamel, Chronique des Pasquier,Vue de la Terre promise, 1934, p. 36.
3. Les avenues avant chez la tante [la maison de la tante] c'était plein de marrons. Céline, Mort à crédit,1936, p. 51.
Arch. Synon. de devant.
Proverbe, au fig. Mettre la charrue avant les bœufs. Commencer par la fin :
4. Mais c'est déjà le même défaut, ce contresens d'aligner des mots bien sonores en ne se souciant qu'ensuite du fond. C'est mettre la charrue avant les bœufs. Proust, À l'ombre des jeunes filles en fleurs,1918, p. 474.
Rem. Oppos. avant/devant. Avant signifie à la fois l'antériorité spatiale et l'antériorité temp. (des choses quelconques situées avant une autre sont découvertes au fur et à mesure) tandis que devant n'exprime qu'un rapport spatial et signifie « vis-à-vis de » si le compl. désigne un lieu. Attendre qqn devant la porte du théâtre.
2. Emploi adv. (le compl. reste inexprimé) :
5. Avant, la rangée de soldats sous la treille : cafetan jaune, variété de coiffures; bonnet pointu sans turban, surtout en haut sur la terrasse. E. Delacroix, Journal 1,1852, p. 122.
Arch. Synon. de devant :
6. Le mousse qui épiait à la clôture s'avança et dit tout bas : − Passe donc avant, dépêche-toi. La fillette cria : − Non, non, non! Je ne peux pas. Schwob, Le Livre de Monelle,1894, p. 31.
3. Emploi adj. invar. De nombreux syntagmes composés à l'aide d'un subst. suivi de avant tendent à remplacer les tours formés à l'aide d'un subst. suivi de d'avant (cf. infra d'avant ex. 13) ou de l'avant (cf. avant2I A 1).
a) Situé à l'avant. Banquette avant :
AUTOMOBILE :
7. Rameur, direction sur roues avant. Catal. de jouets (Magasins du Bon Marché), 1936.
8. Car il vient d'entrer par le panneau avant de la voiture, qui a tourné silencieusement sur ses gonds, comme une porte ordinaire. Bernanos, L'Imposture,1927, p. 508.
En partic. Traction avant. Dont les roues motrices sont à l'avant :
9. Lorsque Citroën a fermé, il avait en projet une voiture à traction avant qui surclassait tout ce qu'on a fait jusqu'ici. Abellio, Heureux les pacifiques,1946, p. 30.
AVIAT. Tourelle avant (Malraux, L'Espoir, 1937, p. 792).
MAR. Plage avant (Claudel, Partage de midi, version pour la scène, 1949, I, p. 1067), pont avant (Cendrars, Bourlinguer, 1948, p. 30), tube avant (Cendrars, Bourlinguer, 1948 p. 41).
b) Qui se dirige vers l'avant :
10. Au reste, usant de la marche avant et arrière, elles y pénètrent également par la tête et par la queue. Pesquidoux, Chez nous,1923, p. 66.
B.− [Avec un verbe exprimant un mouvement ou le résultat d'un mouvement et en emploi adv.] Désigne un point avancé dans un espace (c.-à-d. éloigné des limites initiales de l'espace considéré).
1. Rare. [Non modifié par un adv. mais précisé par un compl. prép.] :
11. Son front blanc [du glacier] dans la nuit semble une aube éternelle, ... L'œil ose à peine atteindre à sa face sereine, Tant il est avant dans les cieux! Hugo, Les Feuilles d'automne,1831, p. 732.
2. [Modifié par un adv. (assez, fort, plus, si, trop...) et éventuellement précisé par un compl. prép.] :
12. ... pendant la nuit, ils chassent les parfums des végétaux bien avant en pleine mer : on sent quelquefois une île avant de l'apercevoir. Bernardin de Saint-Pierre, Harmonies de la nature,1814, p. 222.
Le plus souvent empl. au fig. (Creuser) plus avant (un problème) :
13. Rivarol caresse les surfaces de la vérité; mais il ne pénètre pas plus avant. J. Joubert, Pensées,t. 2, 1824, p. 199.
14. Voici des vers que j'ai écrits ce matin en me promenant sur la mer, entre les îles de Pomègue et la côte de Provence; c'est un adieu à Marseille, que je quitte avec des sentiments de fils. Il y a aussi quelques strophes qui portent plus avant et plus loin dans mon cœur. Lamartine, Voyage en Orient,t. 1, 1835, p. 18.
15. Il faut pénétrer très avant, se mêler aux choses, par la science, soit! par l'amour surtout, ... Barrès, Le Jardin de Bérénice,1891, p. 76.
Rem. Synon. de en avant :
16. À peine le tronc s'est-il élevé de quelques pieds au-dessus du sol, qu'il écarte laborieusement ses membres, comme un bras qui tire avant le faisceau de cordes qu'il a empoigné. Claudel, Connaissance de l'Est,1907, p. 48.
II.− Avant exprime un rapport d'antériorité temporelle.
A.− [Suivi d'un compl. (syntagme) nom.]
1. [Le compl. exprime un moment du temps ou un espace de temps pris globalement comme un moment]
a) [Le compl. est un syntagme nom. indiquant un moment précis (date)] Avant huit heures, avant Noël, avant l'été, avant les vacances, avant 1830 :
17. ... il jouit déjà du printemps avant même le solstice d'hiver. Senancour, Rêveries,1799, p. 100.
18. À défaut, un interminable train mixte, partant très avant l'aube, l'y déposerait encore à 8 heures et demie du matin... Malègue, Augustin,t. 2, 1933, p. 234.
19. Anne ne devait pas arriver avant une semaine. F. Sagan, Bonjour tristesse,1954, p. 23.
Rem. Hormis le cas des noms propres : Noël, Pâques... ou de certains mots comme demain, qui ne comportent pas l'art.; l'art. est gén. présent devant les substantifs. Il peut toutefois être omis : on m'avait fait lever avant jour (Stendhal, Vie de Henry Brulard, t. 2, 1836, p. 357), en lui donnant le jour avant terme, sa mère était morte en couches (L. Cladel, Ompdrailles, 1879, p. 105)
b) [Le compl. est un syntagme nom. ou un adv. indiquant un moment vague ou approximatif]
Syntagme nom. :
20. Prenez des milliers d'événemens, faites sur ces milliers d'événemens ce que vous avez fait sur les corps, multipliez-les indéfiniment, et ils ne suffiront pas au temps qui les précède et qui les surpasse. Avant tous les temps finis, et par delà tous les temps finis, est encore le temps illimité, infini, inépuisable. Cousin, Hist. de la philos. du XVIIIes.,1829, p. 171.
Adverbe
Avant peu* [Peu indique que le laps de temps est relativement court] :
21. Un jour, entre autres, il [le duc d'Orléans] s'emporta tellement en présence du roi, qu'il dit qu'avant peu il irait lui-même en personne délivrer le Saint-Père. Barante, Hist. des ducs de Bourgogne,t. 2, 1824, p. 272.
Avant longtemps*. [Gén. empl. en phrase négative, l'espace de temps exprimé par longtemps est une longue période] :
22. Mais comment dire : Je suis loin, je ne reviendrai pas avant longtemps, j'appartiens à une autre vie? S. de Beauvoir, Les Mandarins,1954, p. 353.
Rare. [En phrase positive, synon. de avant peu] :
23. Il tapotait le téléphone, sachant qu'avant longtemps il signalerait ce décollage. Saint-Exupéry, Courrier Sud,1928, p. 55.
2. [Le compl. exprime un événement ou un fait datés ou datables] Avant la 3ecroisade, avant sa mort :
24. ... « Il y a des choses que j'aurais dû te dire, mon chéri, avant nos fiançailles. J'ai du remords de ne pas te l'avoir avoué... Oh! Rien de grave, rassure-toi... » Mauriac, Le Nœud de vipères,1932, p. 23.
[Le compl. est un subst. (autre qu'un inf. substantivé) non actualisé] :
25. Pas plus que Schopenhauer dont il avait autrefois raffolé, mais dont la spécialité d'inventaires avant décès et les herbiers de plaintes sèches l'avaient lassé, l'Église ne décevait l'homme et ne cherchait à le leurrer, ... Huysmans, En route,t. 1, 1895, p. 41.
[Le compl. est un inf. subst. (tel que déjeuner, dîner, goûter, souper...) actualisé] :
26. Peu avant le dîner l'abbé rentra de Pont-L'Évêque; ... Gide, Isabelle,1911, p. 634.
Rem. Non actualisés, ils peuvent être considérés comme des subst. ou comme des inf. suiv. la prép. avant (cf. infra B 2 a). Toutefois pour les inf. cités ci-dessus, on y verra plutôt des subst. non actualisés puisqu'ils existent en tant que subst. et non à l'occasion du discours; ce qui n'est pas le cas pour des verbes comme dormir ou naître qui peuvent être considérés comme des survivances d'un tour arch. :
27. Mais ce que j'ai désir de voir avant souper, C'est le mufle pointu de maître Nicolo. Barbier, Satires,César Borgia, 1865, p. 245.
[Le compl. est un pron. neutre se référant à des faits énoncés précédemment] :
28. ... il faut même dire que cette folie n'était qu'intérieure. Avant cela, il n'était venu à la pensée de personne que la fille de Kermelle fût folle. Renan, Souvenirs d'enfance et de jeunesse,1883, p. 50.
3. [Le compl. est un subst. ou un pron. pers. exprimant elliptiquement un procès dont ce subst. ou ce pron., dans un énoncé verbal, seraient le suj. ou l'obj.]
a) [Le compl. est un subst. exprimant un moment du temps qui précédé de avant signifie « avant que le temps ne fût venu »] Avant l'âge (mourir avant l'âge [Mounier, Traité du caractère, 1946, p. 108]), avant le temps (l'hérédité mentale et ma première éducation avaient fait de moi un intellectuel avant le temps [P. Bourget, Le Disciple, 1889, p. 83]), avant l'heure (des oasis d'ombre aromatique et de murmures s'étaient épanouies là avant l'heure [Pesquidoux, Le Livre de raison, 1928, p. 517]).
Rem. Bien que n'exprimant pas un moment du temps, lettre dans avant la lettre a, au fig., même signif. : ,,L'établissement de ces étonnants aventuriers (...) n'avait été (...) qu'une croisade avant la lettre`` (Grousset, L'Épopée des croisades, 1939, p. 8).
b) [Le compl. est un subst. nom de chose pouvant exprimer un procès] Avant le thé. Avant qu'on ne prenne le thé.
Rem. Cette constr. où l'ell. n'est plus sentie, suppose gén. l'emploi des mots tels que thé, café comme subst. d'action, qui les assimile à des subst. d'orig. verbale tels que goûter, dîner.
c) [Le compl. est un nom de pers. ou un pron. pers.] Et ce moi a succombé, car nos jours meurent avant nous (Chateaubriand, Mémoires d'Outre-Tombe,t. 2,1848, p. 10);la terre tournait avant Copernic (Renan, L'Avenir de la sc.,1890, p. 183);je m'allai coucher bien avant les couturières [bien avant que les couturières ne se couchent] (G. Duhamel, La Confession de minuit,1920, p. 154);éveillée (...) avant tous... avant presque tous (Colette, La Naissance du jour,1929, p. 6);rêver que des populations naïves et ignorantes étaient bien heureuses avant nos gendarmes [avant que nos gendarmes n'arrivassent], c'est toujours rêver (Alain, Propos,1931, p. 1020).
Loc. Avant Jésus-Christ (avant que Jésus-Christ ne naisse). La naissance du Christ sert de point de référence à partir duquel a été établi le calendrier.
Rem. Le subst. ou le pron. pers. seraient gén. suj. dans une constr. verbale; les cas où ils seraient compl. d'obj. sont rares et paraissent forcés au regard de l'usage. Dans l'ex. suiv., p. ex., avant semble avoir le sens adversatif de plutôt que :
29. ... et naturellement il avait des amis, avant des écus. Erckmann-Chatrian, L'Ami Fritz,1864, p. 3.
B.− [Suivi d'un syntagme verbal]
1. Arch. ou fam. Avant + subst. + part. passé.
a) Subst. actualisé :
30. Une petite lumière rouge s'allume sur la chaire cinq minutes avant l'heure achevée. A. Siegfried, Savoir parler en public,p. 187 (Grev. 1964, § 779, p. 708)
b) Syntagme figé :
31. Et surtout ne t'en reviens pas vers elle avant vêpres tombées. Aragon, Le Roman inachevé,1956, p. 108.
2. Avant suivi de l'inf.
a) Arch. [Le tour avant + inf. blâmé par Vaugelas n'est plus empl., il s'est cependant maintenu dans le lang. jur. : avant faire droit, avant dire droit; Ac. 1835-1932 qui citent ces loc. signalent qu'elles peuvent s'employer substantivement : ,,Un avant faire droit. Un jugement provisoire ou interlocutoire``.]
b) Usuel. Avant de + inf. :
32. Il me fallait un monde de fictions, et je n'avais jamais cessé de m'en créer un que je portais partout avec moi, dans mes promenades, dans mon immobilité, au jardin, aux champs, dans mon lit avant de m'endormir et, en m'éveillant, avant de me lever. G. Sand, Histoire de ma vie,t. 3, 1855, p. 12.
33. L'hôtel a appartenu au duc de Charost qui lisait un livre alors qu'on le menait à la guillotine et qui, avant de s'aller faire couper la tête, a corné la page. Green, Journal,1946, p. 20.
Rem. Pour la valeur log., cf. infra III, ex. 44.
c) Littér. Avant que de + inf.Ce tour class., exigé par Vaugelas, est encore très usité dans la lang. littér. :
34. Il m'avait cependant lu sa lettre avant que de la cacheter. Musset, Il ne faut jurer de rien,1840, II, 2, p. 142.
35. premier soldat. − Ce sont les roturiers qui ne pèsent pas. Mais lui, avant que d'être un mort royal, c'était un royal bon vivant, ... Sartre, Les Mouches,1943, II, tabl. 2, 2, p. 68.
3. [Avant que suivi d'un verbe au subj. (précédé ou non de ne explétif)]
a) Sans ne explétif :
36. Deux ans s'écoulèrent avant qu'un évêché fût vacant, et presque un an et demi avant que (...) le bourdon annonçât, (...), la prise de possession par procureur du siège épiscopal... Billy, Introïbo,1939, p. 51.
37. La question avait jailli de moi en flèche, avant que je songeasse à la retenir. Gracq, Le Rivage des Syrtes,1951, p. 208.
b) Avec ne explétif :
38. Mais sur le froid mortel où l'étoile s'allume, Avant qu'un lent tombeau ne se forme de brume, Tiens ce baiser qui brise un calme d'eau fatal! Valéry, Album de vers anciens,1900, p. 83.
39. Dieu était dans l'île avant que n'y débarquât le prêtre, mais comme le feu dans les rameaux avant que le sauvage ne les frotte. Queffélec, Un Recteur de l'île de Sein,1944, p. 15.
Rem. 1. Avant même que, avant seulement que. Seulement et même peuvent s'intercaler entre avant et que : ,,Deux hommes avaient été enlevés brusquement, passant de vie à trépas sous le nez du major, avant seulement que ce cancre ahuri eût eu le temps de se reconnaître`` (Courteline, Les Tire-au-cul ds Sandf. t. 2 1965, § 274); ,,Elle dit ces mots au nouveau venu (...) avant même qu'il eût échangé les premiers saluts avec les autres visiteurs`` (P. Bourget, Mensonges ds Sandf., op. cit.). Sandf. (op. cit.) a relevé l'intercalation de tout-à-fait qu'il juge ,,poétique et recherchée`` dans oiseau qui saute avant tout à fait qu'il s'envole (E. Rostand, Cyrano de Bergerac, 1898, IV, 8). 2. Avant que peut être précédé d'une indication quelconque de temps : deux jours avant que ,,marquant la mesure de l'antériorité`` (Grev. 1964, § 1017, N.B.).
C.− Adv. de temps
1. Exprimant l'antériorité par rapport à un procès, à un fait déjà exprimé dans le contexte.
a) Synon. auparavant
[Empl. seul ou en corrélation avec d'autres adv. de temps (ou des compl. de temps)] Ni avant ni après (Lamennais, Les Paroles d'un croyant, 1834, p. 127), avant... pendant... après (Stendhal, Lucien Leuwen, t. 2, 1836, p. 9), avant... en même temps (Vigny, Le Journal d'un poète, 1837, p. 1086), avant... autrefois (Flaubert, Correspondance, 1852, p. 463), avant... maintenant (Montherlant, Le Maître de Santiago, 1947, I, 4, p. 616) :
40. Mais j'étais venue chez toi pour que tu me prennes hier soir, pour que je sois ta femme avant. Anouilh, Antigone,1946, p. 158.
[Modifié par les adv. bien, fort, juste, longtemps, (si) peu, plus, presque, si, très, trop... ou par des indications de temps un mois avant, dix ans avant...] :
41. Quelques jours avant, j'étais allée recevoir ma nomination de la directrice. Frapié, La Maternelle,1904, p. 11.
Rem. Avant/auparavant. Si le sens de ces deux adv. est le même, leur emploi diffère quelque peu. Auparavant, forme renforcée de avant ne peut être modifié par des adv. d'intens. tels que assez, trop...
b) Emploi adj. La semaine avant. La semaine précédente.
2. Marquant un point avancé du temps (c.-à-d., éloigné des limites initiales de l'espace de temps considéré) dans l'espace temp. exprimé par le compl. de temps qui suit immédiatement. Il peut être ou non précédé d'adv. le modifiant. Assez avant en octobre (Baudelaire, Les Aventures d'Arthur Gordon Pym,trad. d'E. Poe,1858, p. 7),avant dans la soirée (Barrès, L'Appel au soldat,1900, p. 373).
Rem. Il s'agit d'une transpos. temp. et quasi métaph. de l'emploi spatial de avant (cf. supra I B) comme le montre l'emploi possible de assez.
Rem. gén. Lorsque avant exprime un rapport d'antériorité temp., soit en emploi prép., soit en emploi adv., il peut toujours être précédé d'une indication de temps (cf. aussi II B 3 rem 2 et C 1 a).
III.− Avant exprime un rapport d'antériorité préférentielle.
A.− Emploi prép. :
42. ... il se promit... de terminer dignement sa vie heureuse par la possession de cette jeune femme qu'il appréciait avant tout le monde... A. France, Le Lys rouge,1894, p. 27.
43. L'église, c'est-à-dire le Christ, vient avant la patrie dans la hiérarchie de notre amour. Maritain, Primauté du spirituel,1927, p. 65.
Avant de + inf. :
44. Je vois un passant, je vous demande ce que c'est, et vous répondez : « C'est un ouvrier. » Supposons que la réponse soit juste et que ce passant soit, en effet, un ouvrier, ce n'est cependant pas une réponse complète, ni même la plus profonde que l'on puisse faire, car avant d'être un ouvrier, ce passant est un homme : ... Gilson, L'Esprit de la philos. médiév.,t. 1, 1931, p. 185.
B.− Emploi adv.
Au fig. :
45. ... c'est mettre notre Seigneur après et non avant; ... Huysmans, L'Oblat,t. 1, 1903, p. 18.
C.− Loc. Avant tout, avant toute chose, ... Principalement :
46. L'auteur veut avant tout venger l'opium de certaines calomnies : ... Baudelaire, Paradis artificiels,1860, p. 411.
47. Hélas, il faut, avant toute chose, vivre à présent les heures les plus pénibles de votre vie. Valéry, Variété 4,1938, p. 83.
D'abord et avant tout :
48. C'est donc, d'abord et avant tout, la conviction de l'immanence de Dieu dans notre âme, c'est la notion de l'être. P. Leroux, De l'Humanité,t. 2, 1840, p. 319.
Rem. Dans des phrases du type on le fera passer avant ou dans l'ex. suiv., il y a hésitation sur l'interprétation temp. ou préférentielle :
49. Il convient, avant tout autre soin, de déterminer la période sur laquelle on raisonne. Perroux, L'Écon. du XXes.,1964, p. 236.
Source : CNRTL

Wiktionnaire

Français

Préposition

Invariable
avant
\a.vɑ̃\

avant \a.vɑ̃\ invariable

  1. Marque la priorité ou l’antériorité de temps.
    • Ceux qui ont été avant nous. — Les hommes d’avant le déluge.
    • Avant la naissance de Jésus-Christ, ou simplement avant Jésus-Christ.
    • J’ai vu cela avant vous. — Bien avant l’époque dont il s’agit.
    • […] l’Atlantide. Que cette contrée ait existé, cela est hors de doute. Mais il paraît certain qu’elle avait déjà disparu, bien avant l’apparition de l’homme sur la terre […] — (René Thévenin & Paul Coze, Mœurs et Histoire des Indiens Peaux-Rouges, Payot, 1929, 2e édition, page 15)
    • Le changement des conditions objectives de la lutte, qui imposait la nécessité de passer de la grève à l’insurrection, fut ressenti par le prolétariat bien avant que par ses dirigeants. — (Lénine, Rapport sur la Révolution de 1905, traduit du russe (Pravda du 22 janvier 1925), Moscou : Éditions du Progrès, 1966, page 6)
    • Le jour d’avant, la nuit d’avant.
    • Traction avant : Citroën des années 30 à 50 dont la transmission du mouvement se faisait sur les roues placées à l’avant, une innovation à l’époque.
  2. Marque la priorité d’ordre et de situation.
    • La maison où il habite est avant l’église, en venant du côté de…
    • Il faudrait mettre ce chapitre avant l’autre.
    • Il faudrait mettre les histoires générales avant les histoires particulières.
    • Avant tout : D’abord.
    • Nous devons, avant tout, prendre telle mesure.
  3. Principalement, préférablement à toute autre chose.
    • Je désire, avant tout, que cela reste secret.
    • Avant toutes choses.

Nom commun

Singulier Pluriel
avant avants
\a.vɑ̃\

avant \a.vɑ̃\ masculin

  1. (Marine) La partie d’un bâtiment qui s’étend depuis le grand mât jusqu’à la proue.
    • Nous nous tenions sur l’avant.
    • Gaillard d’avant.
    • Ce vaisseau a son avant bien endommagé.
  2. Espace qui est devant.
    • Le canot bascule sur le berthon, se met à glisser vers l’avant écrasant une trentaine de personnes et blessant grièvement à la jambe Isaac Lehmann. — (Philippe Masson, Les Naufrageurs du Lusitania et la guerre de l’ombre, Albin Michel, 1985, page 117)
    • Aller de l’avant : Faire du chemin en avançant.
    • Le vaisseau allait de l’avant.
    • (Sens figuré) et (Familier) Aller de l’avant : S’engager dans une affaire et la pousser avec hardiesse.
    • Il n’hésite jamais, il va toujours de l’avant.
    • Dans les conditions où se présente l’affaire, vous pouvez aller de l’avant.
  3. (Football) Joueur qui joue à l’avant et doit généralement attaquer.
    • Il aurait préféré être en uniforme, et même assis sur le banc des remplaçants, quitte à ne pas jouer du tout, plutôt que de traîner « en civil » avec des inutiles comme nous, tandis que ses copains se faisaient frotter les oreilles et que ça cognait sec dans les affrontements entre avants, en bas, à quelques mètres de lui, sur l’herbe boueuse. — (Philippe Labro, L’étudiant étranger, Gallimard, 1986, page 67)
  4. (Rugby) Joueur qui joue en mêlée.

Adjectif

Singulier Pluriel
Masculin avant
\a.vɑ̃\

avants
\a.vɑ̃\
Féminin avante
\a.vɑ̃t\
avantes
\a.vɑ̃t\

avant \a.vɑ̃\

  1. Relatif à Avant-lès-Marcilly, commune française située dans le département de l’Aube.
Source : Wikitionnaire

Littré (1872-1877)

avant

(a-van ; le t se lie ; avant un autre, dites : a-van-t-un autre) Prép.
  • 1Marquant priorité d'ordre et de situation ; en tête de. Il marchait avant moi. Mettre la fin avant le commencement. Il s'élança avant tous les autres.

    Fig. De préférence à. Mettre Alexandre avant Annibal. Remarquant avant tout que. La patrie passe avant tout.

  • 2Avant, marquant la priorité du temps. Avant le règne de Louis XIV. Longtemps avant la nuit. Avant le jour. Avant le lever du soleil. Je veux savoir de toi, traître, Ce que tu fais, d'où tu viens avant jour, Molière, Amph. I, 2.

    Avant régit quelquefois l'infinitif. Pontchartrain, avant partir, monta chez Voysin, Saint-Simon, 293, 249.

  • 3Avant, adv. de temps et de lieu. Ils n'allèrent pas plus avant. Nations qui habitent bien avant dans les terres. On combattit fort avant dans la nuit. Le fer n'avait pas pénétré bien avant. Comme le sillon était creusé plus avant. Ces rois antiques [les Stuarts] dont l'origine se cache si avant dans l'obscurité des premiers temps, Bossuet, Reine d'Angl. N'allons point plus avant ; demeurons, chère Oenone, Racine, Phèd. I, 3. Mais quoi ! ma barque vagabonde Est dans les Syrtes bien avant, Malherbe, IV, 5. L'œil ose à peine atteindre à sa face sereine [du glacier], Tant il est avant dans les cieux ! Hugo, F. d'aut. 7. Le repas ne finit que bien avant dans la nuit, Hamilton, Gramm. 4.

    Fig. avec trop, bien et les adverbes de comparaison. Cette maxime avait pénétré bien avant dans son esprit. Il était placé bien avant dans le cœur du prince. Mais je vais trop avant et deviens indiscrète, Corneille, Cid, I, 4. Qu'a fait Mandonius, qu'a fait Indibilis, Qu'y plonger plus avant [sous le joug] leurs peuples avilis ? Corneille, Sertor. II, 1. Vos bontés, madame, Ont gravé trop avant ses crimes dans mon âme, Racine, Andr. IV, 3. Le sang et ma fureur m'emportent trop avant, Racine, Mithr. V, 4. Je me suis engagé trop avant, Racine, Phèd. II, 3. Entrez plus avant, ce n'est plus que vide, vanité, Massillon, Prière. Je puis passer plus avant, et dire... . FLÉCH. Mont. Pour ne pas entrer trop avant dans la question, Massillon, Euch. 1. Quelques-uns même, passant plus avant, ont déclaré que, quelque recherche qu'ils en aient faite, ils ne les y ont jamais trouvées, Pascal, Prov. 1. Et Vasquez passe plus avant, car il dit qu'on satisfait au précepte d'ouïr la messe, encore même qu'on ait l'intention de n'en rien faire, Pascal, Prov. 9. La règle de l'Évangile ne va pas si avant, Pascal, Prov. 12. Avant que de passer plus avant, Molière, le Mar. f. 5. Il était bien avant dans la faveur du duc, Hamilton, Gramm. 9.

    En termes de marine, avant partout ! commandement aux canotiers de faire tous force sur les avirons.

  • 4Auparavant. Quelques jours avant. Vous vous y êtes pris trop tard ; j'avais parlé avant. Tel on déteste avant, que l'on adore après, Voltaire, Catil. I, 1. Elle est plus caressante et plus libre qu'avant, Lamartine, Joc. IV, 163. Mais avant, pour pouvoir mieux feindre ce trépas, J'ai fait que vers sa grange il a porté ses pas, Molière, l'Étour. II, 1.
  • 5En avant, devant soi, sans se détourner de son chemin. La lance en avant. Aller ou se porter en avant. S'étant porté à huit lieues en avant de Metz. Faire marcher son armée en avant. Pousser son cheval en avant. Se pencher en avant.

    Aller en avant, s'avancer dans un travail, dans la vie. Allez en avant, et cette lecture vous attachera. J'espère que, plus vous irez en avant, plus vous trouverez qu'il n'y a de véritable bonheur que celui-là, Racine, Lettre IX à son fils. Croissant l'âge en avant [l'âge avançant], il se fait aux chevaux, Régnier, Sat. V.

    En avant, en précédant les autres. Marcher en avant [en tête]. Envoyer en avant.

    Fig. Mettre quelqu'un en avant, le mettre en vue, et aussi le faire agir, parler. Se mettre trop en avant, s'engager à la légère.

    Mettre quelque chose en avant, l'alléguer, le produire. Tels étaient les motifs de guerre qu'on mettait en avant. Une des causes qui poussa l'un des Gracques à mettre en avant la loi agraire, Voiture, Lett. 125. Mais, sans esprit, faut-il mettre en avant De gais couplets qu'on répète en buvant ? Béranger, Mort viv.

    En termes de manége, ce cheval est beau de la main en avant, il est beau du devant.

    En termes de danse, pas composé de quatre mouvements, qui exige quatre mesures, et après lequel on fait presque toujours un en arrière qui ramène le danseur à sa place. En avant, deux, trois ou quatre, c'est-à-dire, que deux, trois ou quatre figurants doivent faire ce pas.

    En avant ! commandement militaire de se mettre en marche.

  • 6D'avant, qui a précédé. Le jour d'avant.
  • 7Avant que, loc. conj. avec le subjonctif. Allons, courons avant que d'avec eux il sorte, Molière, Amph. III, 5. J'avais fini mes jours avant qu'Ulysse partît, Fénelon, Tél. XIX. Un autre [sauvage] ne veut pas que l'affaire soit décidée [le coup décisif aux osselets], avant qu'il ait jeté un morceau de petun dans le fleuve, Chateaubriand, Amér. 88. Avant qu'on l'ouvrît [la cédule], les amis du prince soutinrent que…, La Fontaine, Vie d'Ésope. Écoutez ce récit avant que je réponde, La Fontaine, Fabl. III, 1. Et le voir en ces lacs pris avant que je parte, La Fontaine, ib. VI, 1. Avant que la griffe et la dent Lui soit crue, et qu'il soit en état de nous nuire, La Fontaine, ib. XI, 1. Toutes vos fables pourraient vous servir avant qu'on sût vos principes, Pascal, Prov. 15. Avant que Babylone éprouvât ma puissance, Racine, Baj. IV, 3. Avant que vous parliez, je demande instamment Que vous daigniez, seigneur, m'écouter un moment, Molière, D. Garc. V, 5. Avant même que Rome eût gravé douze tables, Metius et Tarquin n'étaient pas moins coupables, Racine L. Relig. ch. I. Gand tombe avant qu'on pense à le munir, Bossuet, Mar.-Thér. Le roi voulut voir ce chef-d'œuvre [le Tartuffe] avant même qu'il fût achevé, Voltaire, S. de Louis XIV, 25. Quant à moi, je dispute avant que je m'engage, Malherbe, V, 6.

    Avant que, avec le subjonctif et un ne explétif. Lorsque le tigre leur fend et leur déchire le corps, c'est pour y plonger la tête et pour sucer à longs traits le sang dont il vient d'ouvrir la source, qui tarit presque toujours avant que sa soif ne s'éteigne, Buffon, Tigre.

    Avant que de, avec l'infinitif. Avant que de partir, l'esprit dit à ses hôtes, La Fontaine, Fab. VII, 6. Nous nous trouvons au terme avant que d'avoir pris parti, Massillon, Car. Causes des rechutes. Avant que d'entrer dans le fond de mon sujet, Massillon, ib. Fausse conf. La langue du détracteur est un feu dévorant, qui sait plaire et briller quelquefois avant que de nuire, Massillon, ib. Médis. Les défaites et les résistances dont elle use avant que de se rendre, Massillon, ib. Samarit. Vous mourrez comme eux, avant que d'avoir commencé à mieux vivre, Massillon, ib. Mort. Il semble que la prudence demanderait qu'on s'éclaircît du moins avant que de passer outre, Massillon, ib. Salut. David vainquit les lions et les ours avant que d'oser attaquer Goliath, Massillon, Myst. Purif. 2. Il quitta le monde avant que de l'avoir connu, Fléchier, II, 104. Avant que d'en venir à ces cruels adieux, Racine, Bérén. IV, 5. Je voulais voir Calchas avant que de partir, Racine, Iphig. II, 5. Avant que de combattre ils s'estiment perdus, Corneille, Cid, IV, 3. Mais avant que d'entrer dans ces difficultés, Corneille, Sertor. III, 2. Avant donc que d'écrire apprenez à penser, Boileau, Art p. I. Avant que d'expirer, qu'il nomme ses complices, Voltaire, Mérope, III, 4. Avant que de quitter Ce jour, ce monde affreux que je dois détester, Voltaire, Tancr. V, 5. Les plus emportés proposèrent même, avant que d'aller plus loin, de poignarder les consuls, Vertot, Révol. rom. liv. I, p. 94. Avant que d'entrer dans quelques détails sur cet écrit…, Diderot, Ess. s. Claude, liv. II. Si l'auteur lui eût montré sa comédie avant que de la faire voir au public, il l'eût trouvée la plus belle du monde, Molière, Crit. de l'Éc. des f. 6. Je les conjure de tout mon cœur de ne point condamner les choses avant que de les voir, Molière, Préf. de Tart. Ah ! mon Dieu, je vous prie, Avant que de parler, prenez-moi ce mouchoir, Molière, Tart. III, 2. Avant que de répondre aux reproches que vous me faites, je commencerai par l'éclaircissement de votre doctrine à ce sujet, Pascal, Prov. 12. Fortune aveugle suit aveugle hardiesse : Le sage quelquefois fait bien d'exécuter, Avant que de donner le temps à la sagesse D'envisager le fait, et sans la consulter, La Fontaine, Fab. X, 14. Avant que de mourir, j'ai voulu voir encore une dernière fois cette terre, qui m'est si chère, Fénelon, t. XIX, 112. Nathan ne vient pas reprocher aigrement à David le scandale de sa conduite : il s'insinue avant que de reprendre ; il fait aimer la vérité avant de la dire ; il fait haïr le crime avant de blâmer le coupable, Massillon, Car. Bons et méchants.

  • 8Avant de, avec l'infinitif. Mais avant de mourir elle sera vengée, Voltaire, Tancr. III, 2. Avant de vous venger, Polyphonte, dit-il, prétend l'interroger, Voltaire, ib. III, 5.

    Avant que, sans de, avec l'infinitif. Avant qu'abandonner mon âme à mes douleurs, Corneille, Poly. III, 2. Pour me justifier avant que vous rien dire, Corneille, Sertor. V, 8. Faut-il tant de fois vaincre avant que triompher, Corneille, Poly. V, 3. L'Égypte troublée, Avant qu'être en défense, en serait accablée, Corneille, Pomp. II, 3. Mais avant que sortir, viens que ton roi t'embrasse, Corneille, Cid, IV, 4. Avant qu'offrir des vœux, je reçois des refus, Corneille, Poly. IV, 6. Mais avant que partir je me ferai justice, Racine, Mithr. III, 1. Heureux si je pouvais avant que m'immoler…, Racine, ib. IV, 2. Ne me demandez rien avant que regarder Ce qu'à mes sentiments vous devez demander, Molière, D. Garc. III, 2. Laisse-m'en rire encore avant que te le dire, Molière, l'Étour. II, 13. Avant que nous lier, il faut nous mieux connaître, Molière, Mis. I, 2. Avant que passer à ce discours, Molière, le Dép. II, 1. Laissons venir la fête avant que la chômer, Molière, ib. I, 1. Et je le connaissais avant que l'avoir vu, Molière, Femmes sav. I, 3. Des charmes Qu'avant qu'être à Paris la belle n'avait pas…, La Fontaine, Coupe. Avant qu'en venir là, au moins souvenez-vous, Régnier, Élég. IV. Qui n'eût cru… Et qu'avant qu'être à la fête De si pénible conquête, Les champs se fussent vêtus Deux fois de robe nouvelle…, Malherbe, II, 2. Il fallait expliquer tout cela avant qu'en venir au fait, Saint-Simon, 166, 199.

    Elliptiquement. Régnez sur votre cœur avant que sur Byzance, Corneille, Héracl. III, 1. Je dois tout à mon père avant qu'à ma maîtresse, Corneille, Cid, I, 9.

    En termes de procédure, avant dire droit, avant faire droit, avant de juger définitivement.

    Substantivement. Prononcer un avant faire droit.

  • 9 S. m. Partie antérieure, opposée à l'arrière. L'avant d'une voiture. Peser sur l'avant. Décharger l'avant.

    En termes de marine, la moitié de la longueur d'un bâtiment, depuis le grand mât jusqu'à la proue.

  • 10Aller de l'avant, faire du chemin en avançant ; et, figurément, s'engager dans une affaire sans en trop considérer les difficultés.

REMARQUE

1. On dit également avant de faire et avant que de faire. On dit aussi avant que faire ; mais cela est une tournure poétique. Avant faire, qui s'est dit aussi, a un peu vieilli ; cependant rien n'empêcherait de l'employer encore.

2. Des grammairiens ont taxé d'incorrection cette phrase : sa méchanceté est aussi grande qu'avant. L'usage est contre eux ; avant s'emploie, absolument, au lieu d'auparavant ; mais auparavant ne peut s'employer pour avant, quand avant est préposition et suivi d'un complément.

3. Les grammairiens ont essayé de faire une distinction entre avant que sans ne, et avant que avec ne, disant qu'on doit faire usage de la négative ne après avant que, toutes les fois qu'il y a du doute sur la réalité de l'action exprimée par le verbe qui vient après avant que ; et que l'on doit supprimer le ne toutes les fois que le verbe qui suit avant que exprime une action sur l'existence de laquelle il ne s'élève aucun doute. Cette distinction n'est pas justifiée ; et le ne est ici un gallicisme, pour lequel l'oreille seule intervient.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

AVANT.
10Ajoutez :

Pousser de l'avant, faire avancer. Une fois commencée, l'entreprise sera poussée de l'avant avec activité et menée à fin en 1874, Journ. offic. 3 déc. 1872, p. 7487, 3e col.

Pousser de l'avant est une locution fort équivoque, qui ne se comprend qu'à cause d'aller de l'avant, qui est très clair. Si on pousse de l'avant, que fait-on, sinon arrêter le mouvement, comme on le hâterait si on poussait de l'arrière ? Cela est donc mauvais.

HISTORIQUE

Xe s. Lieu de avant dist, Fragm. de Valenc. p. 469.

XIe s. Avant [il] se dresce, mout par ot fier le vis, Ch. de Rol. X. Ce dist li reis : Guenes, venez avant, ib. XXIV. Il est si fieble qu'il ne peut en avant [aller en avant], ib. CLXIII. Faut lui li cuers, il est chaüt [chu] avant [la tête en avant], ib. Veez avant de deux lieues de nous, ib. CLXXIV.

XIIe s. Il garde avant [regarde en avant] desous un eglantier, Ronc. 99. Son petit pas [il] aloit tout en avant, ib. p. 100. Se il te perdent, que feront en avant [dorénavant] ? ib. 153. Maistre Omangin m'amenez ci avant, ib. p. 163. Douce dame, je vous prie et demand Que vous pensez [pensiez] de moi guerredonner ; Je penserai de bien servir avant, Couci, XII.

XIIIe s. Assés i ot parlé en avant et arrieres, Villehardouin, CLX. Je vous convoierai… le plus avant que je onques pourrai, Berte, VII. De là en avant, ib. XII. Lors a la male vieille un peu avant passé, ib. X. [Elle] Ne sait où on l'emmene en avant ou arrier, ib. XI. Je le diroie avant, pour moi faire douter, Que du cors me laissasse honir ne vergonder, ib. XLIII. Tant leur a dit Bertain et arriere et avant Que tout quanqu'il lui plaist leur a fait entendant, ib. CVII. Et Symons passe avant [s'avance], mie ne s'oublia, ib. CXXXI. Amener avant la chose est mostrer la en commun, si que chascuns ait pooir de pledier encontre, Dig. f° 132. Par aucune cause resnable que le tesmoins met avant, Beaumanoir, IX, 13. Avant son terme, Joinville, 252. En [on] prise si pou [peu] les excommuniemens hui [aujourd'hui] et tous les jours, que avant se lessent les gens mourir excommeniés, que il se facent absodre, Joinville, 200.

XIVe s. Comme par avant est dict, Trait. d'alch. 345. Son ost [il] fist arrester sans aler plus avant, Guesclin. 15851.

XVe s. Qu'ils seroient de ce jour en avant aidans et confortans l'un l'autre en tous cas et en tous affaires, Froissart, I, I, 125. Pour avoir conseil entr'eux qu'ils pourroient faire de là en avant, Froissart, I, I, 157. Si comme vous orrez en avant recorder en l'histoire, Froissart, I, I, 77. [Les Anglais tombent dans une embûche dressée par les Lillois ; ceux-ci] les escrierent tantost : Avant ! avant ! par cy ne pouvez vous passer sans nostre congé ! Froissart, I, I, 108. Il fait bon ouvrer par engin quand on ne peut avant aller par force, Froissart, I, I, 151. Il avoit esté present au dit sire de Mauny mettre en terre : et pour ce en parloit-il si avant et si certainement, Froissart, I, I, 240. Le connestable de France avant ce que on assaillist Bergerac ni que nuls fussent blessés ni travaillés, envoya parlementer à ceux de la ville, Froissart, II, II, 7. De ce se fait fort Esperance Et plus avant que n'ose dire, Orléans, Bal. 25. Et si luy dist que les choses estoient trop avant, Fenin, 1427. Et de là en avant tinst bien le dit parti, comme cy-après sera desclairié, ib. 1417. Le roy René l'institua en son lieu, avant que mourir, Commines, VII, 1. Nous avons bien voulu mettre en avant ce marché avec ledit duc, affin que vous en ouyssiez les nouvelles, Commines, V, 2. Avant les quatre ans passez, Commines, VII, 1. Combien que aucuns le blasmeroient qui ne considereroient point si avant que luy, Commines, III, 11. Le laisser faire, et avant lui faire ung petit d'ayde, Commines, IV, 1. Je n'en veulx nulz nommer ne plus avant parler de ceste matiere, Commines, IV, 4. Ledit prince, environ un ang avant, estoit venu vers ledit duc très bien acompaigné, Commines, V, 3. Se je fusse aussi bien à l'avant [au-dessus de mes affaires], comme j'ai esté, Louis XI, Nouv. XLIV.

XVIe s. Ceste coustume a esté receuë en l'Eglise desjà avant treze cens ans, de prier pour les trespassez, Calvin, Inst. 531. Là on luy repetoit les liezons du jour d'avant, Rabelais, Garg. I, 23. Soubdain, d'avant boire ny manger, Rabelais, ib. I, 26. Vous criez d'avant qu'on vous escorche, Rabelais, ib. I, 47. En ceste disputation je n'entreray plus avant, Rabelais, Pant. III, 32. Ilz sont bien folz s'en plaindre avant que moy, Marot, J. V, 234. Je me treuve maintenant plus saine et forte que je ne faisois par avant [ma fausse couche], Marguerite de Navarre, Lett. 127. L'empereur eust mieux fait de se asseurer par alliance avecques vous avant laisser joindre deux telles puissances, Marguerite de Navarre, ib. 110. Le jour avant, il avoit faict noyer son fils, Montaigne, I, 3. Se tirant avant [en avant] pour parler, Montaigne, I, 19. Un mois avant que de…, Montaigne, I, 25. Ce que j'ay à faire avant mourir, Montaigne, I, 78. Mourir avant qu'avoir marié sa fille, Montaigne, I, 79. Longue piece avant que je l'eusse vu, Montaigne, I, 206. Ils les amuserent sur mer, tantost avant, tantost arriere, jusques à ce que…, Montaigne, I, 298. Je le crois si avant [fort, complétement], que…, Montaigne, II, 118. À la guerre, avant aller aux factions, chascun s'essaye de son costé de gaigner la bonne grace des Dieux, La Boétie, 148. Avant que finir ce discours ci, il faut aussi parler de la fausse concorde, Lanoue, 61. On voudroit avoir du temps pour en faire l'experience avant qu'en juger, Lanoue, 70. Et ne lui servira de rien de mettre en avant sa bonne intention, pource qu'elle ne peut changer la nature des choses, Lanoue, 70. L'homme voué pour la guerre n'a que faire d'estudier si avant aux sciences, Lanoue, 123. Quelques unes passent si avant les termes de raison, que…, Lanoue, 162. Tu enquiers et escoutes avant que de condamner, et luy condamne avant que ouir les parties, Amyot, Rom. 9. Le fer entra si avant dedans la terre, que…, Amyot, ib. 32. Il acheva d'escrire le vingt et deuxieme livre de ses commentaires deux jours avant qu'il trespassast, Amyot, Sylla, 75.

Source : Dictionnaire Littré

Étymologie de « avant »

(Préposition et adjectif) (842) Du bas latin abante, qui est une forme renforcée de ante (« avant »).
(Nom) (1678) Même origine. (1422) avance.
Source : Wikitionnaire

Bourguig. aivan ; provenç. avant ; ital. avanti ; du latin abante (qu'on trouve dans des inscriptions), de ab, de, et ante, avant (voy. AINZ).

Source : Dictionnaire Littré

Phonétique du mot « avant »

Phonétique Prononciation
La prononciation \a.vɑ̃\ rime avec les mots qui finissent en \vɑ̃\.
France (Paris) : écouter « avant [a.vɑ̃] »
Canada (Montréal) : écouter « avant [a.vã] »
(Région à préciser) : écouter « avant [a.vɑ̃] »
France (Paris) : écouter « avant »
France (Massy) : écouter « avant »
France (Toulouse) : écouter « avant »
Suisse (canton du Valais) : écouter « avant »
France (Vosges) : écouter « avant »
Source : Wikitionnaire

Fréquence d'apparition du mot « avant »

Source : Google

Traductions du mot « avant »

Langue Traduction
English before
German vor
Spanish antes de
Portuguese antes de
Italian prima
Dutch voor
Polish przed
Russian до
Source : DeePL

Synonymes de « avant »

Antonymes de « avant »