Rem. 1. Baba est donné comme adj. inv. ds Quillet 1965, PtRob., Colin 1971; pourtant, il se rencontre avec la marque du plur. : ,,... hagards, hébétés... Babas, quoi!`` (G. Courteline, La Conversion d'Alceste, 1905, p. 181). 2. Selon Timm. 1892, p. 98, cet adj. peut se substantiver et prend alors le sens de « celui qui s'épate de tout ».
ÉTYMOL. ET HIST. − 1790 pop. rester comme baba « être stupéfait » (Jumel ds Père Duchesne cité ds Brunot t. 10, p. 218 : Voilà mon homme qui « reste comme baba »); 1808 être comme baba (D'Hautel-Schoell, Dict. du bas-langage, s.v. bouche). Onomatopée marquant la stupéfaction; à rapprocher du rad. onomatopéique ba-, bab- exprimant le mouvement des lèvres (babiller*, babine*).
ÉTYMOL. ET HIST. − 1767 « sorte de gâteau » (Diderot, Lettre à Sophie Volland, 24 sept. ds Correspondance, éd. Roth, 1962, t. 7, p. 141 : On nous apporte tous les jours de Champigny [...] des babas). Empr. au polon. baba « sorte de pâtisserie » mot qui, ainsi que le gâteau qu'il désigne, aurait été introduit en France par la cour de Stanislas Leczinski, duc de Lorraine, anc. roi de Pologne; le sens « gâteau » est en polon. issu de celui de « vieille femme » en raison d'une certaine anal. de forme. Baba est en ce dernier sens un mot slave, onomat. du lang. enfantin (M. Vasmer, Russisches etymologisches Wörterbuch, 1953; IEW, p. 91).
2.,,Titre honorifique des quarante-cinq capoudjis qui sont postés à l'entrée du harem`` (Ac. Compl. 1842).
Rem. Attesté également ds Besch. 1845, Lar. 19e, Nouv. Lar. ill.
3.Titre honorifique donné en Afrique noire à une personnalité (indigène ou étrangère).
B.−[Dans un cont. exotique]Père ou personne d'âge, d'expérience :
Quelques instants encore, une nuit peut-être, tout au plus une nuit et un jour, et Batouala, le grand mokoundji, ne sera plus qu'un voyageur. Les yeux clos à jamais, il partira pour ce noir village qui n'a pas de chemin de retour. C'est là qu'il rejoindra son « baba », et tous les anciens qui y avaient précédé ce dernier. Maran, Batouala,1921, p. 180.
ÉTYMOL. ET HIST. − 1838 hist. (Ac. Compl. 1842). Turc baba « père », d'où le roumain baba « père, vieillard », le russe baba « grand-père, vieillard » (M. Vasmer, Russisches etymologisches Wörterbuch; Lok., no146); semble différent de baba « nom donné à certaines idoles » attesté dans une trad. fr. de 1540 (Jean Boème, Rec. de div. histoires touchant les situations de toutes les régions et pays, fo155-6, trad. A. des Goys ds Quem. : quelques autres habitans devers Septentrion qui adorent les ydoles, et ung principallement quilz appellent Zlota baba, qui signifie une genice dor); peut-être à rapprocher de l'hébreu abba « père » nom donné dans le N. T. à Dieu (Marc, 14, 36; Rom., 8, 15 ds Blaise).
BABA4,subst. masc.
ÉTYMOL. ET HIST. − 1905 « sexe de la femme » (d'apr. Esn. 1966). Peut-être p. ext. du rad. ba-bab, v. baba2.
Rem. Selon Lar. 19e-Lar. 20e,,il se dit surtout, par mépris, d'une femme bavarde, d'une commère``, mais cette nuance semble ignorée des écrivains.
ÉTYMOL. ET HIST. − 1660 « femme russe, de condition modeste (nuance péj.) » (G. Le Vasseur de Beauplan, Descrip. d'Ukraine, 74 ds Quem. : [les medecins] disent aussi que les vieilles Baba, comme ils parlent, empoisonnent les hommes et leur donnent ce mal en leurs faisans manger certains tourteaux); attest. isolée jusqu'à Lar. 19e. Empr. au russe baba « vieille femme » attesté au même sens dans plusieurs lang. slaves (Max Vasmer, Russisches etymologisches Wörterbuch, 1953).
STAT. − Fréq. abs. littér. : 54.
BBG. − Ac. Gastr. 1962. − France 1907. − Jänicke (O.). Zu den slavischen Elementen im Französischen. In : [Mél. Wartburg (W. von)]. Tübingen, 1968, t. 2, p. 442.
– […] On veut le dépouiller de sa fortune et le laisser là comme Baba ; vous savez de qui je veux parler. — (Honoré de Balzac, La Rabouilleuse, Furne, Paris, 1843)
Puis bu à la terrasse avec le Rouquin, Jungbl. et son frère. Parlé de mon poème ébauché. Ils en sont baba.— (Jehan Rictus, Journal quotidien, cahier 15, page 107, 30 juillet 1900)
Quant à la dernière jeune fille croisée au-delà du Montenvers, nos regards se chargèrent pour elle d’une si pénétrante mélancolie, d’une passion si véhémente, qu’elle en demeura baba, l’œil rond, figée sur place, telle l’infortunée fille de Loth.— (Samivel, L’amateur d’abîmes, 1940, réédition Le Livre de Poche, page 79)
J'ai perdu mes bajoues, j'ai perdu ma bedaine, Et, ce, d'une façon si nette, si soudaine, Qu'on me suppose un mal qui ne pardonne pas, Qui se rit d'Esculape et le laisse baba.— (Georges Brassens, Le Bulletin de santé, in Supplique pour être enterré à la plage de Sète, 1966)
Nom commun 1
Singulier
Pluriel
baba
babas
\ba.ba\
Un baba au rhum.
baba\ba.ba\masculin
(Pâtisserie) Sorte de pâtisserie dans laquelle sont incorporés des raisins de Corinthe et qui peut être imbibée de rhum ou de kirsch après cuisson.
J’adore les babas au rhum !
Par éviscération abdominale, le légiste (aidé d’une brigade de mitrons) dénombra par ordre d’entrée en scène : 18 tartelettes amandines, 26 pets-de-nonne, 13 paris-brest, 8 polonaises, 3 apfelstrudels, 1 demi saint-honoré, 5 poires Bourdaloue, 6 religieuses, 34 profiteroles, 3 quarts de kugelhopf, 1 brioche à la parisienne, 1 cake à l’ancienne, 3 babas au rhum et 137 éclairs au chocolat et 2 au café.— (Alain Demouzon, Trois fois sept : vingt et un !, in Le Crime de la porte jaune et autres nouvelles, 1985)
Et, dans l’animation de la course, il parlait seul, se voyait déjà là-bas au milieu de la boutique, frappant les dalles avec sa canne, faisant trembler les glaces de la vitrine et les assiettes de 'baba's. — (Alphonse Daudet, Les petits pâtés, dans Contes du lundi, 1873, Fasquelle, collection Le Livre de Poche, 1974, page 141)
Nom commun 2
Singulier
Pluriel
baba
babas
\ba.ba\
baba\ba.ba\masculin
(Vieilli) Patriarche de la ville d’Alexandrie.
Titre honorifique donné aux patriarches en Afrique noire.