Babillard

subst adj et

Définitions de « babillard »

Trésor de la Langue Française informatisé

BABILLARD, ARDE, adj. et subst.
A.− Emploi adj. Qui aime à babiller, à parler avec abondance, parfois sans réfléchir. Synon. bavard, loquace, prolixe, verbeux :
1. Grâce à Dieu, Ursule ne se laissa point asservir. Elle était d'humeur enjouée, active, et si babillarde qu'on lui avait donné le surnom de caquet bon bec qu'elle a gardé longtemps. G. Sand, Histoire de ma vie,t. 2, 1855, p. 238.
2. Le Grec est babillard, discuteur et aime à politiquer. Sainte-Beuve, Nouveaux lundis,t. 7, 1863-69, p. 325.
SYNT. a) Un enfant, un peuple babillard; une fille, une femme babillarde; les lavandières babillardes; l'humeur, la langue babillarde de qqn. b) P. anal. la babillarde hirondelle; la fauvette, le grillon, la pie babillarde; les perroquets, les pinsons babillards. c) P. métaph. la rivière, la source babillarde; les ruisseaux babillards.
Rem. 1. On dit proverbialement que la joie est babillarde, pour dire que l'on aime à faire part aux autres de la joie que l'on éprouve. 2. ,,Ce mot est familier dans toutes ses acceptions`` (Ac. 1878).
B.− Emploi subst. Personne babillarde. Synon. bavard, discuteur, phraseur, rhéteur :
3. [Monfignon] : Phocien appelait les babillards : larrons de temps. Il les comparait de plus à des tonneaux vides, qui rendent plus de son que les tonneaux pleins, et il avait bien raison! P. de Kock, L'Âne à M. Martin,1862, p. 99.
ICHTYOL., vx. Poisson plat du genre Pleuronecte, à cause du bruit continuel qu'il fait en nageant (d'apr. Baudr. Pêches 1827 et Lar. 19e).
TECHNOL. [Dans un moulin] ,,Axe agitant l'auget qui fait descendre le grain de la trémie entre les meules`` (Mots rares 1965) :
4. Quant aux diverses parties du mécanisme intérieur, la boîte destinée à contenir les deux meules, la meule gisante et la meule courante, la trémie, sorte de grande auge carrée, large du haut, étroite du bas, qui devait permettre aux grains de tomber sur les meules, l'auget oscillant destiné à régler le passage du grain, et auquel son perpétuel tic-tac a fait donner le nom de « babillard », ... Verne, L'Île mystérieuse,1874, p. 373.
Arg. Livre, journal. Griffonneur de babillards. Rédacteur (Chautard 1937). Une babillarde. Une lettre. Babillarde volante. Télégramme (Esn. 1965). Porteur de babillardes. Facteur (France 1907).
PRONONC. : [babija:ʀ], fém. [-jaʀd]. Pour [λ] mouillé ou yod à la finale, cf. babillage.
ÉTYMOL. ET HIST. − 1. Av. 1555 adj. fém. « qui babille » (Tahureau, Poés., 2ep., p. 20 ds Gdf. Compl. : Langue babillarde); xvies. subst. masc. (Amyot ds Trév. 1752 : Si un babillard écoute un peu, ce n'est que comme un reflux de babil qui prend haleine pour rebabiller puis après encore davantage); 1690 p. ext. (Fur. : Babillard, se dit aussi d'un indiscret qui ne sçauroit tenir sa langue); 2. 1628 subst. masc. arg. (Jargon de l'argot réformé ds Sain. Sources t. 1, p. 192 : Babillard, un ministre [protestant, c'est-à-dire un confesseur]); 3. 1725 subst. masc. et subst. fém. id. (Le Vice puni, ibid., p. 329 : Babillard, livre. Babillarde, lettre, épître). Dér. de babiller*; suff. -ard* et -arde*.
STAT. − Fréq. abs. littér. : 43.
BBG. − Baudr. Chasses 1834. − Baudr. Pêches 1827. − Chautard 1937. − Chesn. 1857. − Delamaire (J.). Meuniers et moulins à vent. Vie Lang. 1970, p. 629. − Esn. 1966. − France 1907. − Jossier 1881. − Larch. 1880. − Le Breton 1960. − Le Roux 1752. − Lew. 1960, p. 144. − Michel 1856. − Mots rares 1965. − Sandry-Carr. 1963. − St-Edme t. 2 1825. − Timm. 1892.
Source : CNRTL

Wiktionnaire

Français

Adjectif

Singulier Pluriel
Masculin babillard
\ba.bi.jaʁ\

babillards
\ba.bi.jaʁ\
Féminin babillarde
\ba.bi.jaʁd\
babillardes
\ba.bi.jaʁd\

babillard \ba.bi.jaʁ\

  1. Qui aime à babiller, à converser par plaisir.
    • Mettons dans la même classe les dialecticiens et les sophistes, gens qui font plus de bruit que tous les chaudrons de Dodone, et dont le moins babillard pourrait tenir tête aux vingt plus bavardes commères qu’on puisse trouver sous le ciel. — (Érasme, Éloge de la folie, 1509, traduction de Thibault de Laveaux en 1216)
    • Silvia.—Eh bien, l’honneur de lui plaire ne me sera pas inutile ; les valets sont naturellement indiscrets ; l’amour est babillard, et j’en ferai l’historien de son maître. — (Marivaux, Le Jeu de l’amour et du hasard, 1730)
    • Il ne réfléchit point qu’un simple grognement issu de son gosier suffirait à faire s’éloigner, vite et docilement, cette créature débonnaire, babillarde et piaillarde, qui sans cesse monologue avec elle-même. — (James Oliver Curwood, Kazan, 1914, traduit de l’anglais par P. Gruyer et L. Postif, Hachette, 1937, page 169)
  2. Qualifie un oiseau parleur.
    • Un perroquet babillard. Une pie babillarde.

Nom commun 1

Singulier Pluriel
babillard babillards
\ba.bi.jaʁ\

babillard \ba.bi.jaʁ\ masculin (pour une femme, on dit : babillarde)

  1. Celui qui aime à babiller, à bavarder.
    • C’est un grand babillard, un franc babillard, une grande babillarde.
    • FERDINAND. – Si je me suis mal exprimé pour cela, mettez que je suis un âne, un cornichon, une oie.
      HENRIETTE. – Non, non, pas tant que cela, Ferdinand, mais seulement un babillard qui parle quand il devrait travailler.
      — (Comtesse de Ségur, Mémoires d’un âne, 1860)
  2. (Par extension) Personne qui ne saurait garder un secret.
    • Ne vous fiez pas à cet homme-là, à cette femme-là, c’est un babillard, c’est une babillarde.

Nom commun 2

Singulier Pluriel
babillard babillards
\ba.bi.jaʁ\

babillard \ba.bi.jaʁ\ masculin

  1. (Canada) Tableau d’affichage.
    • Si tu cherches un colocataire, mets une annonce sur le babillard dans le couloir.
Source : Wikitionnaire

Littré (1872-1877)

babillard, arde

(ba-bi-llar, llar-d', ll mouillées, et non ba-bi-yar ; le d ne se lie pas : un babillard ennuyeux, dites : ba-bi-llar ennuyeux ; au pluriel : des ba-bi-llar ennuyeux ; cependant plusieurs prononcent l's : des ba-bi-llar-z ennuyeux) adj.
  • 1Qui aime à babiller. Enfant babillard. Les passions sont un peu babillardes, Voltaire, Lettr. Schouvalof, 11 juin 1761.

    Il se dit des oiseaux parleurs. Perroquet babillard ; pie babillarde.

    Terme de chasse. Chien babillard, chien qui aboie trop ou qui aboie après avoir perdu la trace.

  • 2 Substantivement. C'est un babillard, une babillarde.

    Par extension, personne qui ne sait pas garder un secret. Il ne faut jamais confier son secret à un babillard.

  • 3Dans un moulin, axe agitant l'auget qui fait descendre le grain de la trémie entre les meules du moulin.

HISTORIQUE

XVIe s. Combien avons nous meilleure raison de detester ces babillars, lesquels se contentent d'avoir l'evangile au bec, le mesprisant en toute leur vie ? Calvin, Instit. 537. Ptolomée Lamyros, c'est à dire plaisanteur et babillard, Amyot, Cor. 15.

Source : Dictionnaire Littré

Étymologie de « babillard »

(Date à préciser) Dérivé de babiller, avec le suffixe -ard.
Source : Wikitionnaire

Babiller.

Source : Dictionnaire Littré

Phonétique du mot « babillard »

Phonétique Prononciation
Canada (Québec, Mauricie, Shawinigan) : écouter « babillard »
France (Brétigny-sur-Orge) : écouter « babillard »
Source : Wikitionnaire

Fréquence d'apparition du mot « babillard »

Source : Google

Traductions du mot « babillard »

Langue Traduction
English babillard
German Babillard
Spanish babillard
Portuguese babillard
Italian babillard
Dutch babillard
Polish babillard
Russian babillard
Source : DeePL

Synonymes de « babillard »

Antonymes de « babillard »