Bailler
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Définitions de « bailler »
Trésor de la Langue Française informatisé
Wiktionnaire
Verbe
bailler \ba.je\ transitif 1er groupe (voir la conjugaison)
- (Désuet) Donner.
- Pour le coup, Brulette eut si belle peur, qu’elle se recula de Joseph et vint se mettre à côté de moi, ce qui me bailla grand courage ; et, reprenant mon fusil : « Je n’entends pas, dis-je à Joseph, que ton monde vienne se réjouir à nuitée autour d’ici. » — (George Sand, Les Maîtres sonneurs, George Bell and sons, 1908, pages 57-58)
- N’allez pas lui bailler du cardinal, au moins : c’est Ciro Bardolotti, le chapelain, qui vous reçoit. — (André Gide, Les Caves du Vatican, 1914)
- Baron, n’est-il pas étrange que vous vous entendiez aussi bien à soigner les gens qu’à leur bailler des coups d’épée ? — (Robert Merle, Fortune de France, XI, 1977)
- (Désuet) Mettre en main, livrer, remettre. — Note d’usage : Ne subsiste plus que dans l’expression vous me la baillez belle.
- Dis moi, fille du Nord
Avec tes airs primaires
Tu me la bailles amère
Je ne suis plus d’accord. — (Léo Ferré ; L’Inconnue de Londres)
- Dis moi, fille du Nord
- Prêter, confier.
- Bailler aux corneilles : faire quelque chose d’aussi niais que de prêter (de l’argent) aux corneilles. D’autres écrivent plutôt bayer aux corneilles, et lui donnent le sens de « rêvasser, perdre son temps en regardant en l’air niaisement ».
- Anselme, j’ai jeté les yeux sur toi pour fonder une maison de commerce de haute droguerie, rue des Lombards, dit Birotteau. Je serai ton associé secret, je te baillerai les premiers fonds. — (Honoré de Balzac, César Birotteau, 1837)
- Louer, donner à bail.
- Bailler par contrat.
- Ignorer quelqu'un ou quelque chose.
- Il ne m'a pas répondu, je me suis fait baillé.
Littré (1872-1877)
bailler
- 1Donner. Bailler des coups.
Un échange Où se prend et se baille un ange pour un ange
, Malherbe, VI, 6.Telle je me résous de vous bailler en garde Aux fastes éternels de la postérité
, Malherbe, IV, 4.Qui baillent pour raisons des chansons et des bourdes
, Régnier, Sat. X.… Et baillant à chaque être et corps et mouvements
, Régnier, Poem. sacré.Que l'autre… Même, s'il est besoin, baille son héritage
, Régnier, Sat. XI.Ils ne les pourraient quitter sans bailler au monde sujet de parler
, Pascal, Prov. 10.Comme vous baillez des soufflets
, Molière, Amph. I, 2.Je m'en vais te bailler une comparaison
, Molière, Éc. des f. II, 3.Je te baillerai sur le nez si tu ris
, Molière, Bourg. gent. III, 2.Je veux vous bailler ici quelque petite signifiance de ce que j'ai remarqué de la littérature actuelle
, Courier, Lett. 39. Il vieillit en ce sens.Dans le langage de l'ancienne chevalerie, bailler sa foi était synonyme de tous les prodiges de l'honneur
, Chateaubriand, Génie, I, II, 2. - 2 En termes de pratique, donner, mettre en main. Bailler à ferme, bailler par contrat.
Un sergent baillera de faux exploits, sur quoi vous serez condamné sans que vous le sachiez
, Molière, Scapin, II, 8. - 3 Familièrement. En bailler d'une belle ; la bailler bonne, belle ; c'est-à-dire chercher à en faire accroire.
Vous me la baillez bonne
, Molière, l'Étour. III, 4.Bailler le lièvre par l'oreille, faire de belles promesses.
Napoléon ne nous baillait pas le lièvre par l'oreille, jamais ne nous leurra de la liberté de la presse
, Courier, II, 224. - 4 Terme de marine. Jeter de la rogue des maquereaux sur les filets traînés par des bateaux, pour prendre des sardines.
HISTORIQUE
XIe s. Il nen est dreiz que Paien te [Durandal l'épée] baillisent [portent]
, Ch. de Rol. CLXX. Charles lui dist : Cuivert, mar le baillastes [vous l'avez maltraité]
, ib. CCLI. Baliganz sire, mal estes hui baillit
, ib. CCLV.
XIIe s. [Ils] Ne sorent la corone cui [à qui] donner ne baillier
, Sax. IV. Puis li bailliez la chartre où li seax d'or pend
, ib. XX. L'arcevesque Thomas tut avant s'en ala ; La cruiz arceveskal il meïsmes porta ; à nul ne l'ad baillie
, Th. le mart. 39. Li autre l'ont laissié tut sul enmi l'estur, Et le corn ont baillié en main à pecheür, Ne l'espée Deu traire n'en osent par poür [peur]
, ib. 28. Trestote Espaigne vous tenrez à bailler [gouverner]
, Ronc. p. 3. Or me bailliez le gant
, ib. p. 12. Mais ne plut [à] Deu, qui tout a à baillir
, ib. p. 55. Qui tant fut preuz pour ses armes baillier
, ib. p. 99. Escu [ils] lui baillent où ot peint un lion
, ib. p. 182.
XIIIe s. Et li dus li bailla de vaisseaus et de galies tant comme il li en convint
, Villehardouin, LVI. Et de ce leur baillerent il bonnes chartes pendans, por confermier tout pleinement tex convenances comme il feroient
, Villehardouin, X. À sa mere [elle] le [l'anneau] baille, mout pleure et mout s'esmaie
, Berte, VIII. Mantiau de fin drap d'or [il] fait à chascun bailler
, ib. CXXIX. N'il n'i a point d'amor sans faille En fame qui por don se baille
, la Rose, 8318. Li bers a trait l'espée dont li pons [poignée] fu d'or mier, Vers Sansadoine point, mais ne le pot baillier [tenir, atteindre] ; Car plus va ses chevaus que ne vole espervier
, Ch. d'Ant. V, 602. Voirs est que li demanderes qui se veut aidier des letres, ne les baurra [baillera] pas, s'il ne li plest, au deffendeur
, Beaumanoir, VII, 24. Et aussi se partie me requiert que je li baille conseil
, Beaumanoir, V, 19. S'aucuns me prie que je rechoive vingt livres por li d'aucun qui li doit, ou il me baut vingt livres à garder
, Beaumanoir, XXIX, 17. Et s'il est si povres, qu'il ne puist baillier nans [nantissements]
, Beaumanoir, LI, 7. Le roy commanda à monseigneur Jehan de Biaumont, que il feist bailler une galie [galère] à monseigneur Erart de Brienne et à moy
, Joinville, 214. Se li rois vous avoit baillé la Rochelle à garder qui est en la marche…
, ib. 197.
XIVe s. Et les sciences [étaient] communement baillées en grec, et en ce pays le langaige commun et naturel c'estoit latin
, Oresme, Prolog. Une science qui est forte quant est de soy, ne peult pas estre baillée en termes legiers à entendre
, Oresme, ib.
XVe s. Avisez-vous, seigneurs cardinaux, et nous baillez un pape romain, qui nous demeure
, Froissart, II, II, 21. Et autres villes baillées par le roy Charles septiesme au duc…
, Commines, I, 1. Les villes leur bailloient ce qu'ils vouloient pour leur argent
, Commines, I, 2.
XVIe s. Je luy baillyz si vert dronos [un coup si sec] sus les doigts, à tout mon javelot, que il n'y retourna pas deux foiz
, Rabelais, Pant. II, 14. Bailler une grande somme d'argent au change
, Montaigne, I, 44. Plus les tyrans pillent, plus ils exigent ; plus on leur baille, plus on les sert
, Montaigne, IV, 351. Tu en bailles bien à nos resveurs de philosophes
, Despériers, Cymbal. 92. Il lui bailla sa coquille : Aristide escrivit luy-mesme son nom dessus la coquille, et la luy rebailla
, Amyot, Arist. 20.
Étymologie de « bailler »
- (fin XIe siècle) Du latin bajulare (« porter », puis « confier la charge de »).
Normand, je baurai, je baillerai ; provenç. bailar, baillir ; anc. catal. baillir ; bas-lat. bajulare, diriger, gouverner, de bajulus, tuteur, baile, pédagogue, du latin bajulare, porter ; de sorte qu'un mot qui ne signifiait dans le latin que porter un fardeau, a pris, dans les langues romanes, les sens dérivés les plus étendus : tenir, donner, garder, gouverner, traiter. La conjugaison était double : bailler et baillir, d'où, dans l'ancien français, baillie, autorité, puissance, et bailli. On remarquera aussi le futur, je baurai, conservé dans les patois, mode ancien de conjuguer dont des traces se retrouvent dans je lairrai, forme populaire de je laisserai, et dans j'enverrai.
Source : Dictionnaire LittréPhonétique du mot « bailler »
| Phonétique | Prononciation | |
|---|---|---|
| \ba.je\ France : écouter « bailler [ba.je] » |
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| France : écouter « bailler [ba.je] » |
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| France (Lyon) : écouter « bailler » |
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Fréquence d'apparition du mot « bailler »
Source : GoogleTraductions du mot « bailler »
| Langue | Traduction |
|---|---|
| English | lease |
| German | bailler |
| Spanish | arrendamiento |
| Portuguese | arrendamento |
| Italian | locazione |
| Dutch | lease |
| Polish | dzierżawa |
| Russian | аренда |
Synonymes de « bailler »
Antonymes de « bailler »
Citation du mot "bailler"
La vie, c'est un cadeau qu'on nous a donné, et ça serait idiot de la rendre en la baillant.
Alain Souchon
La joie est un baume qui guérit beaucoup de douleurs.
Voltaire
Bailler est un péché pour l'âme, tandis que pour le corps c'est une nécessité vitale.
Paul Rudnick

