Baller

verbe intrans

Définitions de « baller »

Trésor de la Langue Française informatisé

BALLER1, verbe intrans.
A.− Arch. Danser, sauter :
1. La Richesse, qui décrit à un héros de roman les délices du paradis dont elle a les clefs, lui dit : « c'est là que mes amis viennent caroler, danser et baler; ... ». Faral, La Vie quotidienne au temps de st Louis,1942, p. 193.
Rare, emploi trans. [Avec un obj. interne] :
2. − C'est bien, dit-il [le muletier]; mais quand elle aura ballé cette bourrée avec vous, ce sera mon tour. G. Sand, Les Maîtres sonneurs,1853, p. 175.
RELIG. [Anc. liturg.] ,,Exécuter dans le chœur une sorte de danse grave, qui était, pour le chantre, une manière de saluer, dans certaines cathédrales. (Lar. 19e) Le grand chantre ballera au premier psaume`` (Lar. 19e).
B.− P. ext.
1. [Le suj. désigne une pers.] Être animé d'un mouvement de balancement qui semble généralement être soumis à l'action de la pesanteur. Synon. tituber, osciller, ballotter :
3. ... après avoir ballé de droite à gauche et de gauche à droite, il [l'ermite] prit le parti de s'adosser à la muraille... F. Fabre, Mon oncle Célestin,1881, p. 218.
4. Ce corps de gymnaste blonde noblement pourvu d'une chair qui ne balle ni ne cède, risquerait (...) de faire oublier que Christiane Delyne joue fort bien la comédie. Colette, La Jumelle noire,1938, p. 121.
Baller de (une partie du corps, un membre). Synon. (quand il s'agit de la tête) dodeliner de :
5. Le vieux monsieur la déshabilla [une cholérique] avec beaucoup d'habileté (...) ce qui était difficile car elle ballait de la tête et des bras... Giono, Le Hussard sur le toit,1951, p. 78.
2. [Le suj. désigne une chose] Baller à (qqn) au bout du bras, entre les jambes, etc. Se balancer au bout du bras, entre les jambes de qqn :
6. Il courut, se jeta sur le voyageur, l'embrassa, lui prit de force la petite valise de fibre, assez chétive, assez légère, qui lui ballait au bout du bras. G. Duhamel, Chronique des Pasquier,Le Combat contre les ombres. 1939, p. 214.
Emploi factitif, rare. Balancer :
7. Les chevaux las ballent au pas Le vieux lattis de leur carcasse; ... Verhaeren, Les Campagnes hallucinées,1893, p. 92.
Région. ,,Aller de-ci de-là. (...)``(J.-M. Rougé, Le Folklore de la Touraine, 1943) ,,Mes habits « ballent », c'est-à-dire sont trop grands`` (J.-M. Rougé, Le Folklore de la Touraine,1943).Synon. flotter :
8. Ses pieds [de Xavière] sans bas, ballaient librement en des sabots immenses... F. Fabre, Xavière,1890, p. 124.
3. Arg., néol. Envoyer baller qqn. L'éconduire brutalement, s'en débarrasser sans ménagement. Synon. arg. balancer qqn; l'envoyer balader, promener, paître, valser, dinguer, valdinguer :
9. − C'est kif-kif la gosse qui, quand elle se trouve à côté d'un bonhomme qui ne parle pas de l'envoyer baller, finit par chercher à lui monter sur les genoux. Barbusse, Le Feu,1916, p. 176.
Se baller de qqn, de qqc. Ne faire absolument aucun cas, ne pas se soucier du tout de quelqu'un ou de quelque chose, s'en moquer. Synon. arg. s'en balancer :
10. ... il se ballait de tout, comme aux soirs où vraiment on n'en peut plus, assis près d'un feu de bois vert, après les journées en selle de marches et de contremarches. Pourrat, Gaspard des Montagnes,La Tour du Levant, 1931, p. 53.
PRONONC. ET ORTH. − 1. Forme phon. : [bale]. 2. Homon. : baller1. Noter la graph. arch. baler (ex. 1, trad. de l'a. fr.).
ÉTYMOL. ET HIST. − 1. 1165-1170 « danser » (B. de Sainte-Maure, Rom. de Troie, 14713, éd. L. Constans dans T.-L. : tote jor joe [la danzele] e enveise E bale e tresche e tombe e saut); 1710 qualifié de « vieux » dans Rich.; 2. av. 1249 « remuer, branler, se balancer » (Huon de Cambrai, Regrets N.D., 90, 3, éd. A. Langfors dans T.-L. : cil ... Qui jue es vieus [= vils] peciés et bale); 1690 considéré comme peu usité en dehors de certaines expr. (Fur. : Il est plus en usage en ces deux phrases Cet homme va les bras ballans, pour dire, en agitant les bras : &, Il est midy sonné & ballé [...] midy passé). Du b. lat. ballare « danser » (St Augustin, Serm., éd. Mai, 106, 2 dans TTL s.v., 1702, 58), formé, peut-être d'apr. le gr. β α ́ λ λ ε ι ν « lancer, jeter », sur β α λ λ ι ́ ζ ε ι ν « se trémousser, danser » (Epicharme d'apr. Athénée, Les Deipnosophistes, 362bdans Bailly).
STAT. − Fréq. abs. littér. : 29.
BBG. − Bourguignon (J.). Qq. arch. dans les Fables de La Fontaine. In : [Mél. Gamillscheg (E.)]. München, 1968, pp. 84-85. − Haas (O.). Danser et baller. Orbis. 1964, t. 13, no1, pp. 598-603.
BALLER2, verbe instrans.
Prononc. Cf. baller1. Homon. : baller1. Étymol. et Hist. 1873 métall. supra ex. Dér. de balle*; dés. -er; cf. angl. to ball up attesté au même sens dep. 1858 (W. Truran, Iron Manuf. 1341/1 dans NED Suppl.).
Source : CNRTL

Wiktionnaire

Français

Verbe

baller \ba.le\ intransitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. Danser.
    • On se mit donc à baller bien joyeusement ; mais, au bout de peu de minutes, chacun s’écria que cette musique coupait les jambes. — (George Sand, Les Maîtres sonneurs, George Bell and sons, 1908, page 84)
  2. (Par extension) Balancer, osciller.
    • Son cou balle comme la branche
      Sur qui le tonnerre est tombé.
      — (Léandre Brocherie, Les Pauvrettes, livre troisième, Cadet Rousselle, III ; Arnauld de Vresse libraire-éditeur, Paris, 1862, page 52)
    • […] de la plate-forme il la suivait de ses yeux attendris, qui enfilait courageusement la rue Bonaparte, l’aigrette haute, d’une main relevant sa jupe, de l’autre tenant son en-tout-cas et son porte-cartes dont elle laissait voir le chiffre, laissant baller devant elle son manchon. — (Marcel Proust, Un amour de Swann, 1913, réédition Le Livre de Poche, page 242)
    • On vit bientôt se présenter au château un noir bénédictin aux yeux de braise ardente. Son froc était râpé, ses poignets crasseux, ses pieds crottés jusqu’au-delà des chevilles ; à sa taille était noué un cuir gras dont les bouts superflus ballaient devant les jambes en lanières menaçantes. — (René Boylesve, La Leçon d’amour dans un parc, Calmann-Lévy, 1920, réédition Le Livre de Poche, page 158)
    • […] une grande poche de taffetas noir suspendue à sa ceinture et ballant sur la jupe de deuil […] — (Sidonie-Gabrielle Colette, Le Képi, Fayard, 1943 ; réédition Le Livre de Poche, 1968, page 126)
    • Un corps balle entre les cépées ou s’effondre au creux d’un hallier. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
  3. Déposer (des objets, des choses) d’une manière brusque ou brutale. (À rapprocher de trimballer  Référence nécessaire)
    • Si l’État français ne joue pas le jeu de donner un coup de main maintenant, on sera peut-être obligés, au mois d’août, d'aller les baller devant les sous-préfectures. — (franceinfo, "Les producteurs de pommes de terre sont en crise" et réclament une aide urgente de l’État, alerte l’Union nationale des producteurs, francetvinfo.fr. Mis en ligne le 17 mai 2020)
  4. Flotter au fil de l’eau.
    • Sans mon malheur je n’en serais pas là. Maintenant je suis comme un vergne arraché qui balle sur la rivière. — (Ernest Pérochon, Nêne, 1920)
  5. (Poitou) (Aunis) Être trop large, en parlant de vêtements.
Source : Wikitionnaire

Littré (1872-1877)

baller [1]

(ba-lé) v. n.
  • Danser. Car il [le singe] parle, on l'entend, il sait danser, baller, La Fontaine, Fab. IX, 3. Il fut dansé, sauté, ballé, La Fontaine, Joc. Sa femme dansait et ballait et ne se donnait nul soin de son ménage, Patin, Lett. 662.

    Vieux ; présentement on dit danser.

HISTORIQUE

XIIIe s. Or, sachez vraiement, [elle] n'a talent qu'ele bale, Berte, XXVII. Tost m'en enflera li viaires : Maudahez ait tel saintueres Qui en tel guise fait baler Ciaus [ceux] qui le veulent aorer, Ren. 18419. Il en pacience travaillent, Et balent et tripent et saillent, la Rose, 5068. Lors veïssiés carole [danse] aler, Et gens mignotement baler, ib. 752.

XVIe s. Les elephans, les lions, les chevaulx, les chiens, il [Gaster] faict dancer, baller, voultiger, combattre, nager, soy cacher, apourter et prendre ce que il veult, Rabelais, Pant. IV, 57. Ce fut luy qui le premier inventa la maniere de baller armé, Amyot, Numa, 23. Ilz vont chantans par la ville, en ballant leur danse armée, Amyot, ib. L'autre desfraya à Athenes la danse des enfants qui balloient en rond, Amyot, Arist. II, 2. Un navré de ceste beste [tarantule] ballant ainsi, les joueurs se trouvant las cesserent, et le pauvre balleur cheut en terre comme mort, ayant perdu ses forces, Paré, Introd. 24.

Source : Dictionnaire Littré

Étymologie de « baller »

(Date à préciser) Du latin ballare (« danser »).
Source : Wikitionnaire

Wallon, baler, danser, flotter ; provenç. ballar ; espagn. et portug. bailar ; ital. ballare, du bas-latin balla, balle ou paume. Le jeu de la balle ou de la paume était un jeu accompagné, au moyen âge comme chez les Grecs, de danse et de chant ; de là le sens de baller.

Source : Dictionnaire Littré

Phonétique du mot « baller »

Phonétique Prononciation
France (Lyon) : écouter « baller »
Source : Wikitionnaire

Fréquence d'apparition du mot « baller »

Source : Google

Traductions du mot « baller »

Langue Traduction
English dangle
German baumeln
Spanish cuelga
Portuguese pendente
Italian penzolare
Dutch bungelen
Polish zwis
Russian болтаться
Source : DeePL

Synonymes de « baller »