Rem. 1. Qu'est-ce qu'il biberonne, le frangin! ,,Se dit d'un individu porté sur la bouteille`` (Éd. 1967, s.v. biberon). 2. Emploi trans. rare, avec un compl. « sucer comme un biberon » biberonner les pailles d'un « lemon squash » (Hamp, Vin de Champagne, 1909, p. 221). 3. Attesté dans Lar. encyclop.,Rob., Quillet 1965.
PRONONC. : [bibʀ ɔne], (je) biberonne [bibʀ ɔn].
ÉTYMOL. ET HIST. − 1852 « donner le biberon » (E. Labiche, Maman Sabouleux, p. 342 : Sabouleux : Tout à coup je me rappelle que ma chèvre a un chevreau ... j'achète un biberon, et j'offre à mes enfants leur premier déjeuner. Pépinois : De c't'affaire, Toto a été biberonné à l'œil), attest. isolée; av. 1887 « sucer comme un biberon » (J. Laforgue, Vogue I dans Plowert : Ainsi le Tétrarque biberonnant son houka, l'air vacant); d'où fin xixes. arg. (Ch.-L. Carabelli, [Lang. pop.] : Biberonner. Boire fréquemment). Dér. de biberon1*; dés. -er.
biberonner\bib.ʁɔ.ne\intransitif ou transitif 1er groupe (voir la conjugaison)
(Puériculture) Boire à l’aide d’un biberon.
J’ai même droit à des risettes, quand la mère lui fait biberonner son eau de riz…— (Dilan Ravec, Quoi de neuf Docteur ?)
(Familier)(Sens figuré) S’adonner à la boisson régulièrement, avoir une dépendance alcoolique.
Il n’ont pas ça chez eux. Ah ! mais non. Ni la commodité de biberonner leur saoul.— (Francis Carco, Images cachées, Éditions Albin Michel, Paris, 1928)
Fournir à boire à l’aide d’un biberon.
Ainsi, la mère le biberonnait plusieurs fois par jour […]— (Amélie Nothomb, Métaphysique des tubes, Éditions Albin Michel, Paris, 2000, p. 14)
(Sens figuré)(Familier) Élever, éduquer, former à un jeune âge.
Bercé par les films de cape et d’épée, biberonné aux grands classiques de la fantasy anglo-saxonne comme aux Trois Mousquetaires, d’Alexandre Dumas, ce fils d’un colonel de l’armée de l’air, qui a passé une partie de sa jeunesse en Allemagne, mêle les influences dans des romans qui naviguent entre uchronie, steampunk, fantasy historique et roman feuilleton.— (Elisa Thévenet, Pierre Pevel, un fantastique conteur qui fait école, Le Monde. Mis en ligne le 8 août 2019)
Le portrait des mâles alpha biberonnés au porno en ligne, amateurs de blagues misogynes et vite irrités par l’« excès d’œstrogène environnemental, genre nuage toxique », fait des premières pages du roman une pochade où la caricature le dispute au mauvais goût. On rit, certes, devant tant de grossièreté machiste, mais l’humour trash, comme le beauf, devient vite lourd…— (Camille Laurens, « “Un bon féministe”, d’Ivan Repila : le feuilleton littéraire de Camille Laurens », dans Le Monde, 19 février 2021 [texte intégral])
Le mot "biberonner" évoque l'image d'un nourrisson en quête de lait maternel, mais il peut aussi symboliser le besoin de réconfort et de satisfaction chez les adultes.Marcel Rufo
Biberonner, c'est se nourrir de petites gorgées de bonheur tout au long de la vie.Michèle Barrière
Le verbe "biberonner" est comme une douce mélodie qui nous rappelle la tendresse et l'amour maternel.Anne Barratin