But

subst masc verbe trans et

Définitions de « but »

Trésor de la Langue Française informatisé

BOIRE1, verbe trans. et subst. masc.
I.− Verbe trans.
A.− [Le suj. désigne une pers. ou, pour certains emplois, un animal] Avaler un liquide.
1. [Le compl. dir. est exprimé] Boire de l'eau, un verre; le matin, il prend de la viande et boit du vin (Renard, Journal,1900, p. 594):
1. Donc, nous allons boire le coup du départ. C'est émouvant, le coup du départ. On quitte sa famille, ses amis, ses clients. On part pour les mers inconnues d'où l'on est presque sûr de ne pas revenir. Alors on prend son verre d'une main qui ne tremble pas. On boit le dernier coup sur la terre ferme... le coup du départ... C'est émotionnant... à votre santé... Pagnol, Marius,1931, IV, 3, p. 214.
Boire une somme d'argent. La dépenser en boissons :
2. Un des traits dominants du caractère de l'indigène est son absence de « réserve ». Le peu qu'il a, il le dépense aussitôt, le boit, le mange ou le joue. Gide, Le Retour du Tchad,1928, p. 924.
Fam. Boire la tasse, boire un bouillon. Avaler de l'eau en quantité plus ou moins grande au cours d'un bain de mer. P. euphémisme. Boire à la grande tasse. Se noyer dans la mer.
[Avec un suj. désignant une boisson] Emploi pronom. à valeur passive. Se boire.
a) Être bu (habituellement). Tisane qui se boit chaude, qui se boit froide; vin qui se boit au dessert (Besch. 1845).
b) Pouvoir être bu. ... cela ne valait pas le vin du Rhin, mais cela se buvait et tout le monde avait soif (P. Féval dansGuérin1892).
2. Emploi abs.
a) [Le compl. non exprimé peut désigner toute espèce de boissons] :
3. À l'encontre des hommes qui buvaient par lampées dans des tasses de faïence grossière d'un blanc crayeux, cru, et parfois aussi dans des bols qu'ils voulaient servis à la rasade, quelle qu'en fût la grandeur, la jeune femme aimait boire à petites gorgées, dans une tasse de fantaisie qu'elle n'emplissait jamais jusqu'au bord. G. Guèvremont, Le Survenant,1945, p. 12.
SYNT. Boire chaud, frais; boire à la régalade, à longs traits; boire à sa soif, boire tout son soûl; boire dans un verre, boire à la fontaine; faire boire qqn; mener boire un animal; donner, servir, verser à boire. Interj. à boire!
b) Spéc. Boire du vin ou des boissons alcoolisées. En partic. avoir coutume d'en boire avec excès, être alcoolique. ... le bonhomme Grandgousier, (...), bon gaillard en son temps, aimant à boire sec et à manger salé (Sainte-Beuve, Tabl. hist. et crit. de la poésie fr. et du théâtre fr. au XVIes.,1828, p. 269).
Emploi passif, pop. Il est bu. Il est ivre. (Attesté dans Thomas 1956, Lar. encyclop., Colin 1971) :
4. Ceux que l'on rencontrait maintenant étaient trop « bus », pour que l'on pût penser encore à discuter (...) On tâchait seulement de les asseoir par terre, sans trop les abîmer : un soulard, c'est sacré! R. Rolland, Colas Breugnon,1919, p. 226.
c) Locutions
Chansons, airs à boire. Chansons que l'on chante à la fin d'un repas et dans lesquelles on célèbre le vin. ... un pot-pourri de bribes de chorals, de « lieder » sentimentaux, de marches belliqueuses et de chansons à boire (R. Rolland, Jean-Christophe,L'Aube, 1904, p. 50.
Boire à la santé de qqn, boire à qqn, à qqc. :
5. ... chaque fois les dîneurs, levant leurs verres, buvaient à sa santé. Maupassant, Contes et nouvelles,t. 1, La Bécasse, 1882, p. 5.
Vieilli
Après boire. Après avoir bu.
Rem. Encore attesté au xxes. par DG, Ac. 1932 et Rob.
Donner pour boire. Donner une gratification à un travailleur salarié. Je promets pour boire au cocher (Chateaubriand, Mémoires d'Outre-Tombe,t. 1, 1848, p. 385).
Rem. Cette loc. encore usitée au xixes. n'apparaît plus auj. que sous sa forme substantivée : un pourboire.
d) Proverbes et loc. proverbiales (gén. péj.)
Le vin est tiré, il faut le boire. Il faut poursuivre une affaire dans laquelle on s'est trop engagé pour pouvoir reculer. On ne saurait faire boire un âne s'il n'a pas soif. On ne peut forcer une personne entêtée à faire ce qu'elle n'a pas envie de faire. Qui a bu boira. On ne se corrige jamais de certains défauts.
C'est la mer à boire (fam.). C'est une entreprise qui présente des difficultés insurmontables.
Rem. Plus souvent à la forme négative : Ce n'est pas la mer à boire.
Il y a à boire et à manger (fam.). C'est une chose qui présente divers aspects contradictoires, de bons et de mauvais côtés.
MAN. Cheval qui boit dans son blanc. Cheval qui a le nez blanc, le reste du corps étant d'une autre couleur.
3. P. anal. [Le suj. désigne un corps perméable ou poreux] Absorber un liquide; se laisser pénétrer, imprégner par lui :
6. ... j'arrête ici cette lettre, griffonnée, comme vous le pouvez voir, sur je ne sais quel papyrus égyptien plus poreux et plus altéré qu'une éponge. Voici un supplice que j'enregistre parmi ceux que je ne souhaite pas à mes pires ennemis : écrire avec une plume qui crache sur du papier qui boit. Hugo, Le Rhin,1842, p. 378.
Boire la lumière :
7. Les pigeons de Jenny voletaient perpétuellement sur la pente des toits de tuiles, et les murs étaient restés enduits d'un vieux crépi rose vif qui buvait la lumière comme un badigeon italien. R. Martin du Gard, Les Thibault,La Belle saison, 1923, p. 952.
COUT. Faire boire une étoffe. La coudre de manière lâche. Faire boire un ourlet, un surjet.
P. anal., vocab. de la mar. Faire boire la ralingue, la voile.
B.− Au fig., littér. dans la plupart de ses emplois [Le suj. désigne gén. une pers.]
1. Recevoir un bien d'ordre physique, moral ou intellectuel et en jouir ou en tirer parti intensément. C'est à la vraie source de sa vie que son âme va boire (Massis, Jugements,1923, p. 240):
8. L'œil! Songez à lui! L'œil! Il boit la vie apparente pour en nourrir la pensée. Il boit le monde, la couleur, le mouvement, les livres, les tableaux, tout ce qui est beau et tout ce qui est laid, et il en fait des idées. Maupassant, Contes et nouvelles,t. 2, Un Cas de divorce, 1886, p. 1068.
SYNT. Boire l'oubli, boire (à) la coupe des plaisirs, boire le bonheur à longs traits; boire à pleine bible (Gide, Si le grain ne meurt, 1924, p. 499); boire le sommeil (Romains, Les Hommes de bonne volonté, La Douceur de la vie, 1939, p. 49).
Boire qqn du regard, des yeux. Le regarder intensément :
9. Peut-être eût-il été sage aussi d'amollir cette tension du regard, la fixité dont il buvait ses gestes, et de ne pas croire suffisante la discrétion qu'il mettait à maintenir ses ardents yeux tristes, le plus souvent possible au-dessous des siens. Malègue, Augustin,t. 2, 1933, p. 197.
Boire les paroles de qqn. Les écouter avec passion ou avec une admiration sans réserve, les savourer, s'en délecter :
10. Je buvais ses paroles; elles ne dérangeaient pas mon univers, elles n'entraînaient aucune contestation de moi-même, et pourtant elles rendaient à mes oreilles un son absolument neuf. S. de Beauvoir, Mémoires d'une jeune fille rangée,1958, p. 180.
Boire du lait (fam.). Voir ou entendre quelque chose avec un plaisir extrême.
Péj. Boire la sueur de qqn. Tirer injustement profit de son travail, l'exploiter :
11. C'était l'heure où le vieux coquin accusait les riches de boire la sueur du peuple. Il avait des emportements superbes contre ces messieurs de la ville neuve, qui vivaient dans la paresse et se faisaient entretenir par le pauvre monde. Zola, La Fortune des Rougon,1871, p. 143.
2. Surmonter une difficulté.
MAN. Cheval qui boit l'obstacle. Qui le franchit très facilement.
3. Supporter quelque chose de pénible, d'humiliant. Boire l'amertume, un affront, la honte :
12. ... Avec, pour vivre, un seul moyen Boire son mal, taire sa rage; Les pieds usés, le cœur moisi, Les gens d'ici, Quittant leur gîte et leur pays, S'en vont, ce soir, par les routes, à l'infini. Verhaeren, Les Campagnes hallucinées,1893, p. 90.
[P. réf. à la mort de Socrate] Boire la ciguë. Subir une peine, un malheur généralement causé par la malveillance d'autrui :
13. Mais toi, tout de suite, celui que tu aimes ou qui t'aime, tu le transformes en esclave, et s'il n'assume point les charges de cet esclavage tu le condamnes. Alors l'autre, parce qu'un ami lui faisait cadeau de son amour, a changé ce cadeau en devoirs. Et don de l'amour devenait devoir de boire la ciguë et esclavage. L'ami n'aimait point la ciguë. Saint-Exupéry, Citadelle,1944, p. 641.
[P. réf. à la passion du Christ] Boire le calice jusqu'à la lie. Endurer une souffrance jusqu'au bout :
14. ... accumulez outrage sur outrage, ne vous gênez pas, Monsieur, je vous connais, rien ne m'étonnera, je suis résignée à tout, j'accomplirai mon devoir jusqu'au bout, je boirai le calice jusqu'à la lie, jusqu'à la mort. Flaubert, La 1reÉducation sentimentale,1845, p. 129.
Littér. (Avoir) toute honte bue. Être inaccessible à la honte pour en avoir connu toutes les formes.
Fam. Boire un bouillon. Échouer dans une entreprise; subir une perte.
Rem. On rencontre dans la docum. le composé boit-sans-soif, subst. masc. (D. Poulot, Le Sublime ou le Travailleur comme il est en 1870 et ce qu'il peut être, 1872, p. 92). Mot attesté également dans Rob. Suppl. 1970.
II.− Emploi subst. masc. (au sing. seulement, et précédé de l'art. déf.). Action de boire; ce que l'on boit. ... le buveur ne regarde guère que le boire (Valéry, Eupalinos ou l'Architecte,1923, p. 108):
15. Nous aimons ces changements, ces triomphes de l'animalité au retour de la chasse, ces coups de fouet de fatigue, cette griserie des fonctions physiques, où le boire, le manger, le dormir deviennent comme des félicités divines de bêtes. E. et J. de Goncourt, Journal,1867, p. 391.
Loc. fig. En oublier, en perdre le boire et le manger. Être accaparé tout entier par une préoccupation, un souci, une passion. Je sens que je vais en rêver, de ce Courbet. Je sens (...) que je vais en perdre le boire et le manger (G. Duhamel, Chronique des Pasquier,La Nuit de la Saint-Jean, 1935, p. 26).
Prononc. : [bwa:ʀ]. (je) bois [bwa] (Barbeau-Rodhe 1930 [bwa]). Enq. : /bwa/ (il) boit.
Étymol. ET HIST. − A.− Verbe. 1. xes. « absorber un liquide quelconque (ici un poison) » (Passion, éd. D'Avalle, 461); xiies. cont. relig. (Eucharistie) (Li Epistle Saint Bernard a Mont Deu, ms. Verdun 72, fo58 rodans Gdf. Compl.); ca 1200 fig. (Roman de Renart, éd. M. Roques, 9674); 2. 1180-1185 « prendre des boissons alcoolisées » (Huon de Rotelande, Ipomedon, 4577, dans Gdf. Compl.); 3. 1550 p. anal. « absorber en parlant d'un corps poreux » (Ronsard, Odes, IV, 31 dans Hug.). B.− Subst. xes. bewre (St Léger, 200 dans A. Henry, Chrestomathie, p. 12); 1160 beivre (Wace, Rou, éd. Andresen, III, 9637 dans T.-L.); début xiiies. boire (Amadas et Ydoine, 553, ibid.). A du lat. bibere attesté aux sens propre et fig. dep. Plaute (TLL s.v., 1959). La voyelle rad. [œ] des formes faibles s'est peu à peu fermée en [ü], beuvons est encore empl. à côté de buvons par Ramus 1562 (Fouché, p. 429), l'inf. a.fr. beivre, boivre est devenu boire d'apr. croire, verbe dont l'ind. prés. 3 croit a été rapproché de boit. B substantivation de A.
STAT. − Fréq. abs. littér. : 10 787. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 11 595, b) 18 377; xxes. : a) 18 475, b) 15 025.
BBG. − Boire ... Déboire. Vie Lang. 1962, p. 292. − L. (J.). Boire un bouillon. Vie Lang. 1955, p. 96. − Martin (E.). Explication de la signif. et de la constr. de : avoir ses hontes bues. Courrier (Le) de Vaugelas. 1878, p. 172. − Sain. Lang. par. 1920, p. 428.
BUT, subst. masc.
I.− TECHN. MILIT.
A.− Point, objet que l'on vise afin de le toucher avec un projectile. Viser le but; frapper, tirer au but. Le modèle en terre de ce cheval, auquel Léonard avait travaillé seize ans, servit de but à des arbalétriers gascons, et fut mis en poudre (Stendhal, Hist. de la peinture en Italie,t. 1,1817, p. 226);les exercices de tir sur des buts mobiles à éclipse prompte constituent un excellent moyen pour habituer les soldats à charger et à ajuster très rapidement (A. Ledieu, E. Cadiat, Le Nouv. matériel naval,t. 1, 1890, p. 358).
PARAD. et SYNT. a) Cible, point de mire, objectif. b) Toucher le but; donner au but; passer, manquer le but; servir de but; coucher en joue le but; mettre sa flèche en plein but (cf. synon. mettre dans le mille; faire mouche); braquer son arme vers le but; but à éclipse, but mobile.
Spéc. (au jeu de boules).Synon. de cochonnet.Pointer une boule vers le but.
Au fig. [L'obj. désigne une pers.] La calomnie ne ménage personne, et, plus que tout autre, j'ai servi de but à ses atteintes (F. Vidocq, Les Voleurs,1836, p. 137);il se sentait, tout à la fois, le but des balles et des sarcasmes (Vigny, Le Journal d'un poète,1851, p. 1282).
B.− ARTILLERIE
1. Point de mire utilisé au cours des exercices pratiqués avec des armes à feu. But à battre; tir au but.
But en blanc. La [ligne de visée]... rencontre d'ordinaire la trajectoire en deux points, dont le plus éloigné se nomme but en blanc (A. Ledieu, E. Cadiat, Le Nouv. matériel naval,t. 1, 1890, p. 22).
2. Vx. Endroit où est placé le canon au moment où il tire. De but en blanc. De cet endroit au blanc de la cible. Tirer de but en blanc. Tirer en ligne droite, sans correction de hausse. Portée de but en blanc. Portée moyenne.
Au fig., loc. adv. De but en blanc. Synon. directement, sans préparation ni transition, brusquement.Annoncer de but en blanc une triste nouvelle. Halifax. − ... et, si un étranger... venait de but en blanc vous faire la cour... Jenny. − Je ne me laisserais pas prendre à ses flatteries (A. Dumas Père,Halifax,1842, I, 11, p. 44);je ne peux pas croire que vous, si bonne, si droite, si juste surtout, vous soyez devenue, de but en blanc, sans motif, mauvaise pour moi (Gyp, Un Raté,1891, p. 193).
II.− P. ext.
A.− Point de l'espace que l'on s'efforce d'atteindre. Le but d'une expédition, un but d'excursion; arriver le premier au but; atteindre, toucher, dépasser le but. Je suis à deux cents pas à peine du but de ma course; en quelques minutes, je suis chez moi (A. Dumas Père,Le Chevalier de Maison-Rouge,1847, I, 5, p. 14);Saint-Martial, sanctuaire renommé et but de pèlerinages, comme Saint-Léonard son voisin (Vidal de La Blache, Tabl. de la géogr. de la France,1908, p. 303);cette rue est proche du parc Monceau, lequel devint un de nos buts de sortie (Blanche, Mes modèles,1928, p. 30).
JEUX D'ADRESSE, SP.
1. Point de l'espace que l'on doit atteindre le premier pour être considéré comme gagnant. Le but d'une course cycliste. La ligne d'arrivée. Le but d'une course de chevaux. La borne d'arrivée.
2. [Au jeu de barres, à chat perché] Endroit où le joueur doit se réfugier pour n'être pas pris; p. ext., endroit où il doit se placer pour jouer (cf. supra I B 2).
3. [Dans les sp. d'équipe utilisant un ballon] Endroit dans lequel un joueur doit envoyer ou placer le ballon pour marquer.
P. méton. (parfois au plur.). Cadre composé de deux poteaux verticaux, en football, reliés par une barre transversale. Gardien de but, tirer au but; poteau(x) de but(s); envoyer le ballon dans les buts. Nous allions combattre au-devant des buts en bois de frêne (Montherlant, Les Olympiques,1924, p. 330).
[Au rugby, football, etc.] Ligne de but. Limite du champ de jeu figurée par une ligne tracée sur toute la largeur du terrain à hauteur des buts.
En-but (au rugby). Zone située derrière la ligne de but.
B.− P. méton. Point marqué lorsqu'un point de l'espace est atteint.
1. [Football, rugby, etc.] Action d'envoyer le ballon dans les buts. Point(s) marqué(s) lorsque le ballon est entré dans l'endroit appelé but. Marquer, réussir un but; au rugby : transformer un essai en but. Ils rêvent de conquêtes et de buts au football (Morand, Londres,1933, p. 219).
Loc. (football). Avoir un but au bout du pied. Avoir une bonne occasion de marquer un but.
2. Autres jeux (aux dames),loc. Être, point contre point, à égalité de points. Jouer but à but. Sans avantage, à force égale de part et d'autre.
P. anal. Troquer but à but. Se marier but à but. Sans avantage (de contrat) particulier pour l'un ou pour l'autre.
Au fig. S'aimer but à but. Comme des personnes entre lesquelles il n'y a pas de différence gênante :
1. ... elle [MmeS...] me rappelle pour m'engager à aller à Longchamp vendredi avec elle... et cela avec un ton qu'elle n'avait jamais eu avec moi : plus de supériorité, le ton but à but de deux personnes qui commencent à s'aimer... Stendhal, Journal,1809-11, p. 73.
Péj. Rester but à but. Rester à égalité, chacun sur ses positions.
III.− Au fig. Fin que l'on se propose, intention animant un acte ou motivant une démarche. Se proposer, atteindre, rechercher un but; avoir pour but de; n'avoir d'autre but que. Anton. moyen.Le but de ces Allemands était évidemment d'obtenir des renseignements sur tous et sur tout (Le Figaro,19-20 janv. 1952, p. 2, col. 7):
2. ... je résolus de sauver cette famille de la misère qui l'attendait. Déterminé à commettre des illégalités judiciaires, si elles étaient nécessaires pour parvenir à mon but, voici quels furent mes préparatifs. Balzac, Gobseck,1830, p. 429.
3. L'art tient dans les sphères intellectuelles une place assez haute pour être un but et non pas un moyen... T. Gautier, Guide de l'amateur au Musée du Louvre,1872, p. 320.
SYNT. Cacher son but; tendre, aspirer à un but; être loin de son but; aller à son but par des voies détournées; assigner un but à qqc. ou qqn; confluer, converger vers un but.
A.− [L'accent est mis sur l'exécution d'un projet précis] Synon. objet, objectif; intention, propos.Le but essentiel de la reliure est de permettre l'usage fréquent des volumes en empêchant leur dégradation (La Civilisation écrite,1939, p. 1203):
4. ... comme le but de Dieu était de nous tracer par son exemple la règle de notre activité, il s'ensuit qu'il nous recommandait deux choses à la fois, le repos et la sanctification du septième jour. Lacordaire, Conf. de Notre-Dame,1848, p. 239.
5. Sans doute la leçon de la satiété est peut-être plus probante qu'aucune autre : mis dans l'action, l'univers ne la comble pas; s'approcher du but, c'est s'éloigner du désir; ... M. Blondel, L'Action,1893, p. 328.
6. ... la voix de ceux qui vous commandent, et pour qui votre ignorance crédule, votre docilité, sont indispensables à la réalisation de leurs buts criminels! R. Martin du Gard, Les Thibault,L'Été 1914, 1936, p. 698.
7. Chacune de ces méthodes correspond à un but particulier qui est la fabrication d'un cuir réalisant certaines caractéristiques bien définies, correspondant elles-mêmes à des emplois bien déterminés. J. Bérard, J. Gobilliard, Cuirs et peaux,1947, p. 50.
SYNT. a) [Un adj. précise la nature du but] Un but décoratif, descriptif, défensif, éducatif, militaire, pacifique, philanthropique, politique, curatif, thérapeutique; but commercial utilitaire. b) [Un adj. énonce un jugement sur la valeur du but] But absurde, coupable, criminel, extravagant, funeste, intéressé, louable, sensé; le but avoué de qqn.
B.− [Il s'agit d'un projet gén. dont l'échéance n'est pas arrêtée dans le temps; abs. de détermination adj.] Orientation fondamentale que l'homme donne à sa vie. Synon. sens, raison de vivre.Tu vogues à la dérive, sans but, sans boussole (Amiel, Journal intime,1866, p. 412);le retour de l'enfant donnait enfin un but à son existence (R. Martin du Gard, Les Thibault,Le Pénitencier,1922, p. 758);pourquoi agir sans but, sans terme, sans comprendre (Cocteau, La Machine infernale,1934, II, p. 63):
8. − Oui! tant de choses m'ont manqué! toujours seul! ah! si j'avais eu un but dans la vie, si j'eusse rencontré une affection, si j'avais trouvé quelqu'un... oh! comme j'aurais dépensé toute l'énergie dont je suis capable, j'aurais surmonté tout, brisé tout! Flaubert, Madame Bovary,t. 1, 1857, p. 159.
SYNT. [Art. indéf. ou absence d'art.] Se donner, se fixer, avoir un but dans la vie; une existence sans but; vivre sans but; prendre les choses de la terre pour but.
[Souvent employé dans la lang. abstr. et culturelle]
DR. Association à but (non) lucratif.
ESTHÉTIQUE, POÉT., PHILOS. Oui, le but de la poésie, c'est le Beau, le Beau seul, le Beau pur, sans alliage d'utile, de Vrai ou de Juste (Verlaine, Œuvres posthumes, t. 2, Charles Baudelaire, 1896, p. 17).
[L'obj. désigne une pers.] Vous êtes pour moi le but même, l'Idéal (J. Laforgue, Moralités légendaires,1887, p. 201).
C.− Loc. et expr.
1. Expr. usuelles
a) Aller [droit] au but :
9. Il parle bref, coupant ses propos de formules à l'emporte-pièce : « soyons carrés en affaires! », « au but! », « pas tant de paroles, des actes! »... R. Martin du Gard, Vieille France,1933, p. 1063.
b) Toucher, frapper au but. Résoudre une difficulté. Passer, dépasser le but. Toutefois si jadis on resta trop en deçà du romantique, maintenant on a passé le but (Chateaubriand, Essai sur la litt. angl.,t. 1, 1836, p. 206).
c) Avoir pour but de + inf.; s'assigner pour but + subst. :
10. On fait précéder cet acte d'un certain nombre de formalités qui ont pour but de permettre au public de faire connaître son avis. H. Chardon, Les Trav. publ.,1904, p. 102.
11. Le département des recherches et prototypes postaux du CNET s'est assigné pour but la réalisation de la machine à trier électroniquement le courrier, ... L'Admin. des Postes et Télécomm.,1964, p. 43.
2. Expr. jugées parfois incorrectes
a) Poursuivre, suivre, remplir son but. Au surplus, j'ai rempli le but que je me proposais en publiant cette bluette (Delecluze, Journal,1827, p. 471);il s'en est allé sans avoir rempli son but (E. Delacroix, Journal,1856, p. 146).
Rem. Ces dernières expr. sont considérées comme impropres par Littré et la trad. lexicogr. qui leur opposent poursuivre un dessein, remplir un devoir, une promesse.
b) Dans le (un) but de...
Dans un but de + subst. Ils [les arrêtés réglementaires permanents quant aux dispositions qui concernent la chasse] prennent souvent des dispositions contre la divagation des chiens, dans un but de repeuplement des oiseaux (J. Baradat, L'Organ. d'une préfecture,1907, p. 317).
Dans le but de + inf. C'est dans le but d'assurer ce traitement qu'avaient été conçus en 1959 les districts urbains (G. Belorgey, Le Gouvernement et l'admin. de la France,1967, p. 285).
Rem. L'expr. dans le but de est condamnée par Littré et certains puristes pour lesquels but aurait gardé son sens physique (on ne peut être dans un endroit qu'on se propose seulement d'atteindre) et qui lui opposent dans l'intention ou dans le dessein de; en fait, but n'étant plus senti avec sa valeur physique, l'expr. est couramment employée par les aut. cf. p. ex. Chateaubriand, Mémoires d'Outre-Tombe, t. 3, 1848, p. 463 : Dans le but d'imprimer l'effroi des excès populaires.
IV.− GRAMM. Complément circonstanciel de but. Qui indique dans quelle intention, au profit, au détriment de qui, de quoi, s'accomplit une action. Conjonctions de but, proposition de but. Synon. proposition finale.Voir afin de, que; de crainte de, que; histoire de, que; pour, pour quel, etc.
PRONONC. ET ORTH. : [by] ou [byt]. Transcr. [by] dans Pt Rob. ainsi que dans Nod. 1844, Littré et DG. Les 2 transcr. dans Passy 1914, Barbeau-Rodhe 1930, Dub., Pt Lar. 1968 et Warn. 1968. dans Lar. Lang. fr. [by] et [byt] devant voyelle. Cf. Rouss.-Lacl. 1927, p. 171 : ,,On hésite pour un certain nombre de mots : fa(t), bu(t), ne(t), c'est un fai(t).`` L'ensemble des ouvrages note comme Nyrop Phonét. 1951, § 87 et 260 : ,,But se prononce tantôt [by] (prononciation officielle), tantôt [byt]. On a surtout tendance à faire entendre le t quand le mot est final, [devant voyelle, notamment dans les locutions but à but et de but en blanc] ou marqué par l'emphase : voilà mon but [byt]; mais le but [by] principal.`` Fouché Prononc. 1959, p. 406, signale que l'on prononce toujours [byt] dans le lang. sportif. Buben 1935, § 220, explique la restitution du t final par l'influence du fém. butte ,,avec lequel but était quelquefois confondu``. Notons que l'orth. butte l'emporte au xixeet au xxes. dans l'expr. être en but(t)e à. Littré s'élève contre la prononc. [byt] même en finale : ,,Cela ne vaut rien et est un effet de la tendance vicieuse (...) à faire sonner les consonnes.`` Mart. Comment prononce 1913, p. 329, dit qu'on prononce toujours [by] à Paris et que la prononc. [byt] est provinciale. Pour G. Straka, La Prononc. parisienne dans B. de la Faculté des Lettres de Strasbourg, 1952, p. 26 et 27, les hésitations du bon usage quant à la prononc. de la consonne finale ,,sont compréhensibles et on aurait tort de les réprouver; le jour viendra (...) où l'un des deux doublets l'emportera; ce sera sans doute celui qui, d'accord avec la tendance phonétique générale, représente une innovation`` (prononc. [byt]). Enq. : /byt/.
ÉTYMOL. ET HIST. − 1. 1245 but a but, droit « sans restriction » (Cart. de N.-D. des Voisins, 97 dans R. Hist. litt. Fr., t. 5, 1898, p. 306); 2. 1538 « fin, terme » (Marot, II, 202 dans Littré); 3. a) 1552 « point que l'on vise » (Rabelais, Quart Livre, A mon Seigneur Odet, éd. Marty-Laveaux, II, 249); 1666 fig. toucher au but « résoudre une difficulté » (Molière, Médecin malgré lui, II, 6 dans Littré); 1660 loc. de but en blanc (Molière, Précieuses ridicules, sc. 4 dans Ch.-L. Livet, Lex. de la lang. de Molière, Paris, t. 1, 1895, p. 306), voir aussi blanc; b) 1668 p. ext. « terme où l'on s'efforce de parvenir (p. ex. dans une course) » (La Fontaine, Fables, VI, 10 dans Rob.); 4. 1552 fig. « point que l'on se propose d'atteindre » (Rabelais, Tiers Livre, loc. cit., 159); 1580 (Montaigne, I, 31 dans Littré : l'ame qui n'a point de but estably). Terme indirectement attesté fin xiie-début xiiies. par ses dér. : a. fr. a rebutons « à tort » (ca 1180, G. de St Pair, Mont Saint-Michel dans Gdf.), bute* (1225), peut-être empr. à l'a. nord. butr « bûche, billot de bois », De Vries Anord., s.v. butr; Falk-Torp, s.v. but, v. aussi bouter (FEW t. 15, 2, p. 34; Bl.-W.5) une telle pièce de bois ayant prob. à l'orig. servi de cible pour le tir à l'arc. À l'appui de l'orig. nord., l'implantation de but et de ses dér. dans le domaine norm. (FEW, loc. cit., p. 34 et sqq.). Nombreuses contaminations entre les dér. de but et ceux de bouter-bout, v. abuter-but(t)er, boutoir-butoir, butant-boutant. L'étymon a. b. frq. *but « souche, billot » corresp. à l'a. nord. butr (Dauzat 1968) ne peut convenir du point de vue phonét. L'hyp. de EWFS2qui, estimant, à tort, la forme abuitier, abuter (ca 1220, Péan Gatineau, St Martin dans T.-L.) primitive, suppose le croisement d'une racine buit- (frq. *biutan, à rattacher à l'a. nord. ýta « tendre qqc. de manière à ce que l'autre puisse saisir », byta « échanger ») et d'une racine bout- (bout*) n'est pas convaincante.
STAT. − Fréq. abs. littér. : 7 586. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 12 244, b) 11 280; xxes. : a) 9 181, b) 10 244.
BBG. − Camus (P.). Autour de l'actualité. Déf. Lang. fr. 1972, no62, pp. 25-26. − Cohen 1946, p. 46. − De Gorog 1958, p. 124. − Gamillscheg (E.). Französische Etymologien. Boletim de filologia. Lisbonne. 1949, t. 10, pp. 193-195. − Quem. 2es. t. 4 1972, p. 39. − Sain. Sources t. 1 1972 [1925], p. 126.
Source : CNRTL

Wiktionnaire

Français

Nom commun

Singulier Pluriel
but buts
\byt\
ou \by\

but \byt\ ou \by\ masculin

  1. Objectif.
    • Pour atteindre ce but tous les moyens ne sont pas indifférents ; il y a des lois à observer et une marche rationnelle à suivre. — (Jean Déhès, Essai sur l’amélioration des races chevalines de la France, École impériale vétérinaire de Toulouse, Thèse de médecine vétérinaire, 1868)
    • Parce que l’astronomie parvenait à calculer les tables de la lune, on a cru que le but de toute science était de prévoir avec exactitude l’avenir […] — (Sorel, Réflexions sur la violence, chapitre IV, La Grève prolétarienne, 1908, page 190)
    • L’avenir est à ceux qui savent le prédire. Se réformer, c’est se conformer à l’évolution irrésistible et lente des sociétés en marche vers le but inconnu. — (Pierre Louÿs, Liberté pour l’amour et pour le mariage, 1900, dans Archipel, 1932)
    • Chaque individu poursuivait la fortune, sans crainte pour l’avenir, sans jalousie du voisin. Tous arriveraient au but ensemble. Quel était ce but ? Où s’arrêterait-on ? Que ferait-on ensuite ? On ne se posait pas ces problèmes. — (André Maurois, Chantiers américains, 1933)
    • Note : Le complément de nom peut être un infinitif :
      La vérité, c’est de comprendre
      Que le but de vivre est humain.
      — (Robert de Montesquiou, Les Perles rouges & Les Paroles diaprées, Les Paroles diaprées, Pour l’exemplaire de Mme Edmond Adam ; Richard imprimeur-éditeur, Paris, 1910, page 103)
  2. (Sport) (Au football et différents autres sports) Cage dans laquelle on doit mettre la balle pour marquer.
    • M. Garrido siffle deux coups francs l’un après l’autre, le premier pour une faute de Neeskens, le second pour une main de Van de Korput à une vingtaine de mètres sur la droite du but de Van Breukelen. — (Thierry Roland, Mes plus grands moments de football, Larousse, 2012, page 237)
  3. (Par extension) Le fait de marquer.
    • Il a marqué un but (devenant synonyme d’avoir atteint la cible visée, dans le jargon des jeux sportifs collectifs).
  4. Point que l’on vise.
    • Cependant, au milieu de la chaussée, des nègres se poursuivaient à coup de boules de neige et parfois, une de ces boules, manquant son but, s'écrasait contre une devanture ; […]. — (Francis Carco, Brumes, Éditions Albin Michel, Paris, 1935, page 51)
  5. Petite boule servant de but dans différents jeux de boules, lancée en début de mène.
    • L'homme modeste fait rouler sa boule terre à terre vers le but ; celui que domine la manie de briller lance la sienne en lui faisant décrire une parabole semblable à celle que décrit une bombe; le grand art consiste, dans ce cas, à lui imprimer, en même temps qu’une force d’impulsion, une puissance de rotation contraire qui l’empêche de rouler trop loin du but. — (B. Durand, Le joueur de boules in Les français peints par eux-mêmes, tome II, L. Curmer, 1840, page 293)
    • Les buts sont en bois, ou en matière synthétique portant le label du fabricant […] — (Fédération Internationale de Pétanque et de Jeu Provençal, Règlement de jeu officiel de pétanque, 2010)
    • Le but (également appelé « petit », « bouchon » ou « cochonnet ») : sphère de bois de laquelle les joueurs essaient de se rapprocher. Le but est traditionnellement en buis ou de couleur fluo. — (Site Pétanque en Comminges, Les règles du jeu de pétanque et les accessoires)
  6. (Baseball) Base ; c’est l’espace, matérialisé au sol par une plaque carrée, soit à la fin du tour de l’espace de jeu, soit à chacun de ses angles (espace à contourner de forme carré).
  7. (Alpinisme) Abandon d’une ascension avant d’avoir atteint la destination prévue.
    • La dernière fois nous avions pris un but météo avec Steph et Sophie, pas question de prendre un but cette fois ci. — (blog, 2014)

Forme de verbe

Voir la conjugaison du verbe boire
Indicatif Présent
Imparfait
Passé simple
il/elle/on but
Futur simple

but \by\

  1. Troisième personne du singulier du passé simple de boire.
    • Il but une gorgée d’eau, puis jaugea des yeux le reste du volume du vase afin d’évaluer le chemin qui lui restait encore à parcourir dans ce monde apocalypsé. — (Edgar Okiki Zinsou, Le discours d’un affamé, 1993, page 134)
Source : Wikitionnaire

Littré (1872-1877)

but

(bu ; le t se lie : un bu-t éloigné ; au pluriel l's se lie : des bu-z éloignés ; plusieurs disent que le t se fait sentir quand but termine une phrase ; mais cela ne vaut rien et est un effet de la tendance vicieuse que la prononciation a présentement à faire sonner les consonnes) s. m.
  • 1Point où l'on vise. Viser un but avec une flèche. Frapper le but. Manquer le but. Il était le but de tous les coups.

    Fig. Il m'a choisi pour le but de ses invectives. Persuadé que le siége de cette place serait le but des efforis de l'ennemi. Son cœur devint le but de tous les traits, La Fontaine, Belph. Il paraît inspiré, tant il donne droit au but, Bossuet, Polit.

    Toucher au but, frapper au but, réussir, résoudre la difficulté. Moi, je touche au but du premier coup, et je vous apprends que votre fille est muette, Molière, Méd. m. lui, II, 6. Il [l'art de deviner] peut frapper au but une fois entre mille, La Fontaine, Fabl. VIII, 16.

  • 2Fin de la carrière, terme où l'on s'efforce de parvenir. J'aperçois le but. Il arriva le premier au but. Le but de la course était à cinq cents pas. Ils aiment mieux passer le but que de demeurer en chemin, Sévigné, 344.

    Fig. Aller au but, aller directement au fait, à l'affaire dont il s'agit.

  • 3La fin qu'on se propose, l'intention qu'on a. Quel était donc ton but ? d'y régner à ma place ? Corneille, Cinna, V, 1. Un amour… Qui n'aurait autre but que de se satisfaire, Corneille, Sertor. IV, 2. C'était là tout mon but, Corneille, Hér. II, 2. Et mon intérêt seul est le but où tu cours, Racine, Esth. II, 5. Pour parvenir au but de ses noires amours, Racine, Phèd. IV, 1. Ils n'ont pas pour unique but celui de réformer les mœurs, Pascal, Prov. 5. Quel est le but que vous vous proposez dans vos écrits, Pascal, Prov. 15. Notre société a pour but de travailler à…, Pascal, Prov. 10. Pour tendre au but qu'ils se proposent, Fénelon, Tél. XXII. Nos vœux à même but aspirent, Molière, Mélic. I, 4. Pour parvenir à ce but, Bossuet, Hist. III, 6. Que fallait-il pour aller au but ? Bossuet, Nouv. myst. 3.
  • 4But à but, locut. adv. Sans avantage de part et d'autre. Reste à vous dire adieu ; but à but ; serviteur, Montfleury, Le mari sans femme, III, 7.

    Se marier but à but, se dit d'un mariage où les conjoints ne se font aucun avantage particulier.

    Troquer but à but, troc pour troc, sans rien donner de retour. Chacune vaut, en ce monde, son prix ; La mienne ira but à but pour la tienne, La Fontaine, Troq.

  • 5 Terme de plusieurs jeux d'adresse. L'endroit où l'on doit se placer pour jouer, ou bien encore, dans certains jeux de course, l'endroit qu'il faut atteindre pour ne pas être pris.
  • 6Tirer de but en blanc, terme d'artillerie, tirer sur un blanc placé à la distance où le boulet, qui décrit une courbe, revient couper la ligne de mire prolongée. Ici but est pris dans le sens qu'il a dans plusieurs jeux, c'est-à-dire qu'il désigne l'endroit où le canon est placé.

    Autrefois, tirer de but en blanc, tirer à toute portée. Le canon des arquebuses butières peut porter de but en blanc mille pas ou environ, Gaïa, Traité des armes, dans RICHELET.

    Fig. De but en blanc, inconsidérément, sans précaution. De but en blanc leur parler d'une affaire, Ce serait être maladroit, La Fontaine, Joc. Je ne rebutais pourtant pas M. Servien de but en blanc, Retz, IV, 272. On ne parle pas comme cela de but en blanc, Molière, Mal. im. II, 1. Mais venir de but en blanc à l'union conjugale, ne faire l'amour qu'en faisant le contrat de mariage, et prendre justement le roman par la queue…, Molière, Préc. 5.

REMARQUE

1. Remplir le but est une locution qu'on entend et qu'on lit tous les jours, mais elle est vicieuse ; car on atteint un but, on ne le remplit pas. Cette faute, qui doit être évitée soigneusement, n'est pas récente ; il y en a des exemples dans Saint-Simon : Il avoit très industrieusement et très frauduleusement rempli le but, ch. 346 ; et dans J. J. Rousseau : Je ne remplirais pas le but de ce livre … Confess. II.

2. Peut-on dire : il agissait ainsi dans le but de se réconcilier ? Cette locution est très usitée présentement ; mais elle n'est pas aisée à justifier. On n'est pas dans un but ; car, si on y était, il serait atteint. On dit bien : je suis dans l'espérance de, dans l'intention de, vu que on peut considérer l'espérance, l'intention comme quelque chose où l'on est placé ; mais il n'en est pas de même du but qui est éloigné et auquel il faut atteindre. Cette locution serait justifiée si on donnait à dans le sens de pour ; mais dans n'a, en aucun autre cas, un emploi de ce genre. La locution, ne pouvant s'expliquer ni par le sens de but dans lequel on n'est pas, ni par l'emploi de dans qui ne marque jamais quelque chose à atteindre, doit être évitée ; et, en place, on se servira de : dans le dessein, dans l'intention, à l'effet de, etc.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

BUT.
4Ajoutez :

Être à but, se dit de personnes qui n'ont aucun avantage l'une sur l'autre. Pour qu'un homme pût se plaindre avec raison de l'infidélité de sa femme, il faudrait qu'il n'y eût que trois personnes dans le monde ; ils seront toujours à but, quand il y en aura quatre, Montesquieu, Lett. pers. 38.

HISTORIQUE

XVIe s. Mieux vaut donc icy mettre but [fin], Marot, II, 202. L'ame qui n'a point de but estably, Montaigne, I, 31. Le plaisir est nostre but, Montaigne, I, 69. Le but et la visée d'un capitaine doibt regarder la victoire en gros, Montaigne, I, 342. Le but de la richesse est d'en savoir user, Ronsard, Élég. 13. Quand sera-ce la fin, et à quel but, que cest homme cessera de nous trainner par tout le monde après luy ? Amyot, César, 48. La seconde est des fondemens de sagesse, qui sont aussi deux, vraye et essentielle preud'hommie, et avoir un certain but et train de vie, Charron, Sagesse, II, Préface.

Source : Dictionnaire Littré

Étymologie de « but »

De l’ancien français but, variante de bout.
Source : Wikitionnaire

Autre forme de bout ; wallon, buc. La locution de but en blanc est difficile à expliquer ; elle a été autrefois de pointe en blanc. De sorte que du dit bastion on tiroit de pointe en blanc à coups d'arcbuze dedans le passage, Du Bellay, M. 469. Or n'y avoit il entre la basse Boulogne et le fort que la greve, de sorte qu'on tiroit de l'un en l'autre de pointe en blanc d'une coulevrine, Du Bellay, M. 616. Évidemment, dans ces passages, de pointe en blanc veut dire sans obstacle qui fût interposé et qui gênât le tir, c'est-à-dire à toute portée. Le sens paraît donc être de la pointe de l'arme, c'est-à-dire de l'endroit où l'on pointe la pièce, ou du but où l'on est placé (Furetière écrit de butte en blanc), jusqu'à un espace en blanc, à un espace où aucun but n'est déterminé, c'est-à-dire à toute portée. C'est de ce sens que de but en blanc tira sa signification première ; puis, dans le langage technique moderne, de but en blanc a pris un sens plus particulier et a signifié une distance déterminée pour chaque bouche à feu.

Source : Dictionnaire Littré

Phonétique du mot « but »

Phonétique Prononciation
France (Paris) : écouter « un but [ɛ̃ byt] »
France (Muntzenheim) : écouter « but [byt] »
Suisse (canton du Valais) : écouter « but [byt] »
France (Vosges) : écouter « but [byt] »
France (Lyon) : écouter « but [byt] »
France : écouter « but [byt] »
Cesseras (France) : écouter « but [byt] »
Mulhouse (France) : écouter « but [byt] »
Canada : \by\ Canada (Lac-Saint-Jean) : écouter « un but [œ̃ by] » (Région à préciser) : écouter « but [byt] » Canada (Shawinigan) : écouter « but [by] »
Canada (Lac-Saint-Jean) : écouter « un but [œ̃ by] »
(Région à préciser) : écouter « but [byt] »
Canada (Shawinigan) : écouter « but [by] »
\by\
France (Lyon) : écouter « but [by] »
Source : Wikitionnaire

Fréquence d'apparition du mot « but »

Source : Google

Traductions du mot « but »

Langue Traduction
English but
German sondern
Spanish pero
Portuguese mas
Italian ma
Dutch maar
Polish ale
Russian но
Source : DeePL

Synonymes de « but »

Antonymes de « but »