Calomnier

verbe trans

Définitions de « calomnier »

Trésor de la Langue Française informatisé

CALOMNIER, verbe trans.
Pour les Machiavel et autres génies de la même force, (...), je serai toujours calomniable (Stendhal, Journal,1811, p. 297).
Prononc. et Orth. : [kalɔmnje], (je) calomnie [kalɔmni]. Pour le son de passage entre [m] et [n], pour le groupe [mn] cf. calomnie. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1375 calumpnier « dénigrer qqn par des calomnies » (N. Oresme, Le livre du Ciel et du monde, 203b 11-13 ds Mediaeval Studies, t. 5, 1943, p. 298); 1541 calomnier qqc. « id. » (Calv., Lett., t. II, p. 21 ds Gdf. Compl.); 1555 « déprécier qqn, qqc. » (P. Belon, Nature des oyseaux, 345 ds R. Philol. fr., t. 43, 1931, p. 182). Empr. au lat. class. calumniari « intenter de fausses accusations devant les tribunaux » d'où plus gén. « accuser faussement ». Fréq. abs. littér. : 306. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 786, b) 459; xxes. : a) 261, b) 233.
DÉR.
Calomniable, adj.Qui peut être calomnié. Pour les Machiavel et autres génies de la même force, (...), je serai toujours calomniable (Stendhal, Journal,1811, p. 297).Attesté ds Littré, Lar. 19eet 20e, Guérin 1892, Quillet 1965. Seule transcr. ds Littré : ka-lo-mni-a-bl'-. Cf. calomnie. 1reattest. xves. « qui calomnie, calomnieux » (Proc. de J. Cuer, Ars. 2469, fo86 vods Gdf.), attest. isolée; repris au xixes. : 1811, 10 août « que l'on peut calomnier », supra; de calomnier, suff. -able*, plutôt que reprise du lat. médiév. calumniabilis, viies., Braulion, [évêque de Saragosse ✝ 651], Isid. epist., 12, 1 ds TLL s.v., 189, 31.
Source : CNRTL

Wiktionnaire

Français

Verbe

calomnier \ka.lɔm.nje\ transitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. Attaquer, blesser quelqu’un par des calomnies.
    • Qu’il avoue avoir calomnié la comtesse Ludwig de Godesberg, et je le laisse libre d’aller faire pénitence où il voudra. — (Alexandre Dumas, Othon l’archer, 1839)
    • Il aurait été exclu du groupe de Tiflis pour en avoir calomnié certains membres afin d'acquérir lui-même plus d'autorité. — (Victor Serge, Portrait de Staline, 1940)
  2. Divulguer des informations mensongères sur une personne dans l'intention de lui nuire.
    • Si les pièces qu'on y insère n'ont pas toutes le même mérite, au moins est-on sûr de n'y jamais rencontrer de ces fades et plattes rimailles qui, tant de fois on servi de prétexte à calomnier la Poésie. — (Journal de Paris, n° 1, 1er janvier 1777, page 1)
    • Haï, Épicure le fut et le sera parce qu'il est un des héros de l'humanité. […]. Et si, à sa suite, l'ensemble de l’épicurisme fut maudit, et calomnié comme libertinage dévergondé, c'est parce qu'il guérit de la peur dont tout pouvoir, religieux ou politique, a besoin ! — (Robert Redeker, Les épicuriens, professeurs de liberté, dans Marianne du 5 au 11 février 2011, pages 72-73)
    • (Absolument) Se plaire à mentir et à calomnier.
  3. Dégrader, déqualifier la perception, ne pas rendre honneur.
    • Puis l’idée me vint que cet homme était vêtu de cotonnade bleue, alors qu’un sauvage eût été nu, et d’après ce que j’essayai de me persuader qu’il était probablement d’un caractère très pacifique et que la morne férocité de son aspect le calomniait. — (H. G. Welles, L’Île du docteur Moreau, 1896 ; traduit de l’anglais par Henry Durand-Davray, 1901, page 58)
Source : Wikitionnaire

Littré (1872-1877)

calomnier

(ka-lo-mni-é) v. a.
  • 1Employer la calomnie. On l'a indignement calomnié. On calomniera vos intentions. … Justifiez-vous sans le calomnier, Corneille, Mort de P. III, 2. Si l'on calomniait sa mémoire innocente, Que feriez-vous ? Briffault, Ninus II, I, 1. La reine de Suède disait que la gloire d'un souverain consiste à être calomnié pour avoir fait du bien, Voltaire, Lettr. Rochefort, décembre 1771.

    Absolument. Il ne parle que pour calomnier.

    Familièrement. Calomnier à dire d'experts, calomnier sans retenue.

  • 2Se calomnier, v. réfl. Dire du mal de soi, se faire plus mauvais qu'on n'est.

REMARQUE

Corneille a dit calomnier de : Et Sévère aussitôt courant à la vengeance M'irait calomnier de quelque intelligence…, Corneille, Poly. V, 1. ; Et Molière, calomnier à : Vous osez sur Célie attacher vos morsures Et lui calomnier la plus rare vertu Qui…, Molière, l'Étour. III, 4.

HISTORIQUE

XVe s. Or sçavoit il leur capsieuseté estre telle qu'ils calompnisoient ses dits, Histoire de la toison d'or, t. II, f° 129, dans LACURNE.

XVIe s. Servet nous calomnie que nous faisons deux fils de Dieu, en disant que…, Calvin, Inst. 372. Il alloit mesdisant d'eux, et calumniant tout ce qu'ilz faisoient, envers Tissaphernes, Amyot, Alc. 48. Ceux que l'on s'efforce de calonnier, Condé, Mémoires, p. 640.

Source : Dictionnaire Littré

Étymologie de « calomnier »

(1375) Emprunt savant au latin calumniari qui avait donné chalengier en ancien français → voir challenge et challenger empruntés à l’anglais.
Source : Wikitionnaire

Calumniari, de calumnia (voy. CALOMNIE) ; bourguig. calainge, cailinge, réprimande ; wallon, calengî, adresser un défi ; rouchi, calenger ; provenç. calonjar, disputer, calumpniar, réclamer, accuser ; anc. catal. calognar ; anc. espagn. calonjar ; espagn. mod. calumniar ; ital. calognare, calonniare. Calomnier a été refait sur le latin ; l'ancienne forme était chalenger, calenger, accuser, provoquer, défier.

Source : Dictionnaire Littré

Phonétique du mot « calomnier »

Phonétique Prononciation
France : écouter « calomnier [ka.lɔm.nje] »
France (Vosges) : écouter « calomnier »
Source : Wikitionnaire

Fréquence d'apparition du mot « calomnier »

Source : Google

Traductions du mot « calomnier »

Langue Traduction
English calomnier
German Calomnier
Spanish calomnier
Portuguese calomnier
Italian calomnier
Dutch calomnier
Polish calomnier
Russian каломнир
Source : DeePL

Synonymes de « calomnier »

Antonymes de « calomnier »