Caqueter

verbe intrans

Définitions de « caqueter »

Trésor de la Langue Française informatisé

CAQUETER, verbe intrans.
A.− [En parlant de la poule, d'oiseaux de basse-cour] Glousser avant ou après la ponte :
1. ... les volailles mettaient un mouvement coloré sur le fumier, devant l'étable, et grattaient, remuaient, caquetaient, tandis que les deux coqs chantaient sans cesse, cherchaient des vers pour leurs poules, qu'ils appelaient d'un gloussement vif. Maupassant, Contes et nouvelles,t. 1, Le Vieux, 1884, p. 131.
B.− Au fig., fam. [En parlant d'une pers.] Bavarder à tort et à travers :
2. ... nous jeunes, nous vivons dans l'avenir, mais quel avenir! Quoi qu'il en soit, après avoir dûment jasé et caqueté, elle me demanda mon adresse et me pria d'aller la voir quelquefois. M. de Guérin, Correspondance,1830, p. 36.
Rem. On rencontre ds la docum. l'adj. cacotant. Qui caquète. Elle pavanait la cliente, chassait les monceaux de bricoles, gloussante, revient encore sur ses pas... éparpille... toujours picoreuse, cacotante... querelleuse pour le plaisir (Céline, Mort à crédit, 1936, p. 60).
Prononc. et Orth. : [kakte]. Ds Ac. 1694-1932. Littré note : ,,l'on conjuguera à volonté : je caquette ou je caquète.`` Étymol. et Hist. 1. [Indirectement attesté par son dér. m. fr. caqueteresse 1320 adj. et subst. fém. « (femme) qui aime à bavarder » (Dit des Patenostres ds Nouv. Recueil Fabliaux, éd. A. Jubinal, t. 1, p. 243 − 1601, Charron ds Hug.)]; ca 1450, caqueter « bavarder d'une façon indiscrète » (Mist. Viel Testament, XXIII, 16845, II, 333 ds IGLF); 2. fin xves. quaquetter « (en parlant de certains oiseaux) faire entendre un cri particulier » (O. de Saint-Gelays, Eneid., B.N. 861, fo119 vods Gdf. Compl.); spéc. 1690 « (de la poule) glousser au moment de pondre » (Fur.). Dér. du rad. onomatopéique kak- reproduisant le piaillement de certains oiseaux; dés. -er. À rapprocher du b. lat. cacabare (cacaber*). Fréq. abs. littér. : 48.
DÉR. 1.
Caqueterie, subst. fém.Action de caqueter ensemble, suite de caquets. D'éternelles caqueteries (Ac. 1835-78); des caqueteries sans fin (Littré). [kakεtʀi], également [kaktʀi]. Ds Ac. 1762-1878. Land. 1834 écrit caquéterie, Besch. 1845 caquèterie. Lorsque 2 e muets dans des syll. consécutives sont précédés chacun d'une consonne unique et que le 1ern'appartient pas à une syll. initiale, ou bien les 2 tombent (à noter toutefois une transcr. maintenant le 1ere ds Guérin 1892, Nouv. Lar. ill., Lar. 20e), ou bien le second tombe seul et le 1erest remplacé par [ε] (à noter cependant, dans ce cas, une transcr. avec [e] ds Littré) : bonneterie, briqueterie, caqueterie, grèneterie, etc. (cf. Fouché Prononc. 1959, p. 67). 1reattest. 1418 quaqueterie (Pièces relat. au règ. de Ch. VI, II, 170 ds Gdf. Compl.), rare; du rad. de caqueter, suff. -erie*.
2.
Caquetoire, subst. fém.Chaise ou fauteuil à siège bas, à dossier haut, parfois monté sur pivot. [kaktwa:ʀ]. Ds Ac. 1718-1762. 1reattest. 1522 « siège où l'on caquette à son aise » (E. Coyecque, Recueil d'actes notariés relatifs à l'hist. de Paris et des environs au XVIes., 1498-1545, Paris, Impr. nat., 1905) considéré comme anc. dep. Lar. 19e; du rad. de caqueter « bavarder », suff. -oire (-oir*).
BBG. − Delamaire (J.). À l'écoute de la voix des bêtes. Vie Lang. 1971, p. 532. − Janneau (G.). La Caquetoire. Vie Lang. 1973, pp. 581-583 (s.v. caquetoire). − Teppe (J.). Cris d'animaux. Vie Lang. 1961, p. 207 (s.v. caquetter).
-ETER, suff.
A.− [La base est un subst.]
1. [Le verbe met l'accent sur la petitesse] :
graineter .« Couvrir de petits grains, gréneter ». Cf. Adeline, Lex. termes art, 1884.
gréneter*, -
moucheter*, -
pailleter* -
plumeter .« Parsemer de mouchetures semblables à des barbes de plumes ». (Pt Rob. atteste la forme plumeté).Des taches de rouille plumetaient les endroits ou le mildiou ne lâchait plus (Hamp, Champagne,1909, p. 112)
tacheter* -
tiqueter .« Couvrir de petites taches ». Les sureaux se tiquetaient de grains noirs (Huysmans, Oblat,t. 2, 1903, p. 168)
vergeter .« Couvrir de petites raies » (Littré, Lar. 20e). La surface faiblement miroitante du canal se vergetait continuellement de fins triangles (Gracq, Syrtes,1951, p. 90).
2. [Le verbe exprime l'action de mettre bas, de donner naissance à des petits] :
biqueter, chèvreter « Mettre bas, en parlant d'une chèvre » (Littré)
louveter .« Faire des petits, en parlant d'une louve » (Littré, Lar. 20e).
3. [Le verbe exprime une itér.] :
becqueter*, -
haleter*, -
hoqueter* -
causeter .« Faire la causette, bavarder ». On causette un peu (Queneau, Enf. du limon,1938, p. 43)
laveter (de lavette). « Bavarder » (Rigaud, Dict. jargon paris., 1878, p. 200).
Spéc. [Le suj. désigne un animal en train de pousser son cri ou une pers. débitant un flot ininterrompu de paroles] :
cailleter*, -
caqueter*
Rem. Dans qq. cas, le suff. -eter n'exprime aucune valeur dimin.; il n'est que le résultat de la combinaison du suff. -et ou -ette et de la dés. verbale -er :
arbreter* (de arbret)-
colleter* (de collet)-
mugueter* (de muguet)-
pinceter* (de pincette)-
vigneter* (de vignette)-
B.− Plus rarement. [La base est un verbe]
1. [Le verbe met l'accent sur la petitesse, sur la réduction, parfois avec une nuance péj.] :
marqueté* -
rapiéceter .« Rafistoler de bric et de broc ». On y [à Chartres] rapiéceta son pourpoint [à Henri IV] pour une somme de quelques deniers (Chateaubr., Ét. ou Disc. hist.,1831, p. 404).
2. [Le verbe exprime un mouvement itératif, gén. très rapide] :
ahanneter .« Haleter, respirer rapidement et avec difficulté ». Cf. Verr.-On. 1908, p. 24.
cliqueter* -
clocheter .« Avancer en clochant du pied ». Tous passent, enlaçant des filles, Ou marchant d'un air rogue et sec, Ou clochetant sur des béquilles, Au son du fifre et du rebec » (Coppée, Poés.,t. 1, 1865, p. 25)
naqueter .« Trembler de froid, claquer des dents » (Martellière, Gloss. Vendômois, 1893, p. 217)
voleter* -
Spéc. [Le verbe exprime l'action de crier pour un animal] :
bègueter*, -
caqueter*, -
chucheter*, (s.v. chuchoter rem.)
claqueter*, -
craqueter*. -
Des taches de rouille plumetaient les endroits ou le mildiou ne lâchait plus (Hamp, Champagne,1909, p. 112)Les sureaux se tiquetaient de grains noirs (Huysmans, Oblat,t. 2, 1903, p. 168)La surface faiblement miroitante du canal se vergetait continuellement de fins triangles (Gracq, Syrtes,1951, p. 90).On causette un peu (Queneau, Enf. du limon,1938, p. 43)On y [à Chartres] rapiéceta son pourpoint [à Henri IV] pour une somme de quelques deniers (Chateaubr., Ét. ou Disc. hist.,1831, p. 404).Tous passent, enlaçant des filles, Ou marchant d'un air rogue et sec, Ou clochetant sur des béquilles, Au son du fifre et du rebec » (Coppée, Poés.,t. 1, 1865, p. 25)
BBG. − Dub. Dér. 1962, p. 19. − Hasselrot 1957, pp. 92-101.
Rem. Dans qq. cas, le suff. -eter n'exprime aucune valeur dimin.; il n'est que le résultat de la combinaison du suff. -et ou -ette et de la dés. verbale -er :
-ETER, suff.
A.− [La base est un subst.]
1. [Le verbe met l'accent sur la petitesse] :
graineter .« Couvrir de petits grains, gréneter ». Cf. Adeline, Lex. termes art, 1884.
gréneter*, -
moucheter*, -
pailleter* -
plumeter .« Parsemer de mouchetures semblables à des barbes de plumes ». (Pt Rob. atteste la forme plumeté).Des taches de rouille plumetaient les endroits ou le mildiou ne lâchait plus (Hamp, Champagne,1909, p. 112)
tacheter* -
tiqueter .« Couvrir de petites taches ». Les sureaux se tiquetaient de grains noirs (Huysmans, Oblat,t. 2, 1903, p. 168)
vergeter .« Couvrir de petites raies » (Littré, Lar. 20e). La surface faiblement miroitante du canal se vergetait continuellement de fins triangles (Gracq, Syrtes,1951, p. 90).
2. [Le verbe exprime l'action de mettre bas, de donner naissance à des petits] :
biqueter, chèvreter « Mettre bas, en parlant d'une chèvre » (Littré)
louveter .« Faire des petits, en parlant d'une louve » (Littré, Lar. 20e).
3. [Le verbe exprime une itér.] :
becqueter*, -
haleter*, -
hoqueter* -
causeter .« Faire la causette, bavarder ». On causette un peu (Queneau, Enf. du limon,1938, p. 43)
laveter (de lavette). « Bavarder » (Rigaud, Dict. jargon paris., 1878, p. 200).
Spéc. [Le suj. désigne un animal en train de pousser son cri ou une pers. débitant un flot ininterrompu de paroles] :
cailleter*, -
caqueter*
Rem. Dans qq. cas, le suff. -eter n'exprime aucune valeur dimin.; il n'est que le résultat de la combinaison du suff. -et ou -ette et de la dés. verbale -er :
arbreter* (de arbret)-
colleter* (de collet)-
mugueter* (de muguet)-
pinceter* (de pincette)-
vigneter* (de vignette)-
B.− Plus rarement. [La base est un verbe]
1. [Le verbe met l'accent sur la petitesse, sur la réduction, parfois avec une nuance péj.] :
marqueté* -
rapiéceter .« Rafistoler de bric et de broc ». On y [à Chartres] rapiéceta son pourpoint [à Henri IV] pour une somme de quelques deniers (Chateaubr., Ét. ou Disc. hist.,1831, p. 404).
2. [Le verbe exprime un mouvement itératif, gén. très rapide] :
ahanneter .« Haleter, respirer rapidement et avec difficulté ». Cf. Verr.-On. 1908, p. 24.
cliqueter* -
clocheter .« Avancer en clochant du pied ». Tous passent, enlaçant des filles, Ou marchant d'un air rogue et sec, Ou clochetant sur des béquilles, Au son du fifre et du rebec » (Coppée, Poés.,t. 1, 1865, p. 25)
naqueter .« Trembler de froid, claquer des dents » (Martellière, Gloss. Vendômois, 1893, p. 217)
voleter* -
Spéc. [Le verbe exprime l'action de crier pour un animal] :
bègueter*, -
caqueter*, -
chucheter*, (s.v. chuchoter rem.)
claqueter*, -
craqueter*. -
Des taches de rouille plumetaient les endroits ou le mildiou ne lâchait plus (Hamp, Champagne,1909, p. 112)Les sureaux se tiquetaient de grains noirs (Huysmans, Oblat,t. 2, 1903, p. 168)La surface faiblement miroitante du canal se vergetait continuellement de fins triangles (Gracq, Syrtes,1951, p. 90).On causette un peu (Queneau, Enf. du limon,1938, p. 43)On y [à Chartres] rapiéceta son pourpoint [à Henri IV] pour une somme de quelques deniers (Chateaubr., Ét. ou Disc. hist.,1831, p. 404).Tous passent, enlaçant des filles, Ou marchant d'un air rogue et sec, Ou clochetant sur des béquilles, Au son du fifre et du rebec » (Coppée, Poés.,t. 1, 1865, p. 25)
BBG. − Dub. Dér. 1962, p. 19. − Hasselrot 1957, pp. 92-101.
Rem. Dans qq. cas, le suff. -eter n'exprime aucune valeur dimin.; il n'est que le résultat de la combinaison du suff. -et ou -ette et de la dés. verbale -er :
Source : CNRTL

Wiktionnaire

Français

Verbe

caqueter \ka.kə.te\ ou \kak.te\ intransitif (ou transitif) 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. Glousser avant de pondre, en parlant de la poule.
    • En même temps, les moutons bêlent, les chevaux hennissent, les vaches beuglent, les pigeons roucoulent, les porcs grouinent, et les poules suivies des coqs s’envolent en caquetant. — (Marie Alexandre-Dumas, Madame Benoit, Paris, Michel Lévy, 1869, page 7)
    • Mais si vite qu’il eût fait, les poules qui picoraient non loin de là l’aperçurent et s’enfuirent vers la ferme en caquetant, pour alerter le coq qui se rôtissait au soleil sur le tas de fumier. — (Jean Sabran, Le Roman de Renart, Éditions G.P., Paris, 1950, page 5)
  2. (Par extension) (Familier) Babiller indiscrètement.
    • En caquetant, chacun sut bientôt que les fonds nécessaires au réméré de Vilquin avaient été fournis par Dumay. — (Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1844)
    • Les marchandes de volailles, accroupies côte à côte, caquetaient sans répit à ses côtés. — (Out-el-Kouloub, « Zariffa », dans Trois Contes de l’Amour et de la Mort, 1940)
    • En quittant la villa, il avait évité le salon où caquetaient les amies de sa mère, de sorte qu’il n’avait pas dit au revoir à celle-ci. — (Georges Simenon, La Disparition d’Odile, ch. 2, Le Club français du livre, Paris, 1971)
  3. (Par extension) Dire et médire de cette façon.
Source : Wikitionnaire

Littré (1872-1877)

caqueter

(ka-ke-té. L'Académie ne conjugue pas ce verbe que l'on conjuguera à volonté : je caquette ou je caquète ; je caquetterai ou je caquèterai ; je caquetterais ou je caquèterais ; caquette ou caquète. Ce verbe est très mal conjugué par certaines personnes qui prononcent je cakte et non je kakète, je kakterai, et non je kakèterai) v. n.
  • 1Au propre se dit du cri de la poule qui pond ou a pondu.
  • 2 Par extension et familièrement, se dit du babil dans la chambre d'une accouchée, du babil des perroquets et de tout babil futile ou médisant. …Discourt de sa vertu, en caquette tout haut, Régnier, Sat. VII. Assez de tes amours m'a caqueté la fable, Régnier, Élég. IV. Il caquette comme une accouchée, Sévigné, 398. Vous avez caqueté dès le troisième jour de votre accouchement, Sévigné, 108. De telles gens il est beaucoup Qui prendraient Vaugirard pour Rome, Et qui, caquetant au plus dru, Parlent de tout et n'ont rien vu, La Fontaine, Fabl. IV, 7.

HISTORIQUE

XVe s. Il dient qu'il eschaperont ; Lonc temps approphetizié l'ont : Encore seront racheté, Et pour ce ont tant quaqueté, Myst. Nat. de J.-C. Car est œuvre de femme de caqueter moult, Chastelain, Vérité mal prise. Il vient, il caquette, Coquillart, Monol. de la botte de foin.

XVIe s. Tel caquette des autres, qui, s'il y estoit, se trouveroit bien empesché, Montluc, Mém. t. I, p. 189, dans LACURNE. Ils caquettent comme cicongnes, ils coqueliquent comme les coqs, Paré, Animaux, 25. Je ne veux oublier le coqueter des coqs et poules ; qui est le langage dont ils nous rompent la tête quand ils s'entrefont l'amour, et dont nous avons formé, par une belle métaphore, caqueter, lorsque quelques babillards nous repaissent de paroles vaines ; et de là mesme, les medisans ont appelé le caquet des femmes, mesme que l'on appelle une femme coquette qui parle beaucoup sans sujet, Pasquier, Rech. VIII, 6. Il me fache de vous ouyr caquetter ainsi hors de saison, Palsgrave, p. 430.

Source : Dictionnaire Littré

Étymologie de « caqueter »

Dans Les Cent Nouvelles Nouvelles (1462). Origine probable à partir de l’onomatopée en kak, imitant les rumeurs d’une basse-cour.
Source : Wikitionnaire

Malgré le dire de Pasquier, il est difficile de passer de coquet à caquet ; ce changement de l'o en a, possible en soi, n'étant pas justifié ici par l'historique, qui n'a jamais que la forme en a. Jusqu'à plus ample informé, il ne faut voir dans ce mot qu'une onomatopée.

Source : Dictionnaire Littré

Phonétique du mot « caqueter »

Phonétique Prononciation
France (Occitanie) : écouter « caqueter »
France (Lyon) : écouter « caqueter »
Cornimont (France) : écouter « caqueter »
Lyon (France) : écouter « caqueter »
Tours (France) : écouter « caqueter »
Vosges (France) : écouter « caqueter »
Source : Wikitionnaire

Fréquence d'apparition du mot « caqueter »

Source : Google

Traductions du mot « caqueter »

Langue Traduction
English caqueter
German caqueter
Spanish caqueter
Portuguese caqueter
Italian caquetro
Dutch caqueter
Polish caqueter
Russian caqueter
Source : DeePL

Synonymes de « caqueter »

Antonymes de « caqueter »