Casquer

verbe trans

Définitions de « casquer »

Trésor de la Langue Française informatisé

CASQUER1, verbe trans.
Ses lourds cheveux noirs casquaient son front étroit (J. Richepin, Les Morts bizarres,1883, p. 138).Un chapeau de feutre mou casquait ses cheveux (P. Bourget, Le Tapin,Une fille-mère, 1928, p. 174):
Prononc. : [kaske], (je) casque [kask]. Étymol. et Hist. 1883 « coiffer comme d'un casque », supra [Ne semble pas attesté ds l'Almanach du Hanneton, 1867, comme l'indique Dauzat 1973]. Dér. de casque*, dés. -er, prob. sous l'infl. de casqué* adj. pris pour un part. passé. Fréq. abs. littér. : 3. Bbg. Rupp. 1915, p. 52.
CASQUER2, verbe.
A.− Emploi intrans. Tomber, donner dans un piège, en particulier en payant (d'avance) :
1. Le fermier alléché par l'espoir du gain casque (donne dans le piège), et croit ne pouvoir payer assez cher, un morceau de strass monté sur cuivre. Dict. de l'arg. ou la Lang. des voleurs dévoilée,1847, p. 82.
Rem. Attesté ds Lar. 19e, Nouv. Lar. ill. et ds la plupart des dict. d'argot.
B.− P. ext. Payer.
1. Emploi intrans. Casquer de (une certaine somme). Être entraîné à payer une certaine somme. Maman, en deux mois, a fait casquer Fumeau de trois cent mille balles (Mirbeau, Le Journal d'une femme de chambre,1900, p. 240).
2. Emploi trans.
a) [Le compl. désigne une somme d'argent] Des snobs, prêts à casquer deux mille balles pour vous voir en chair et en os (S. de Beauvoir, Les Mandarins,1954, p. 250).
Emploi abs. :
2. [julot.] − ... Dans la journée, il commençait à s'émécher un peu partout chez tous les p'tis bistros du quartier, et c'était toujours sa malheureuse femme qui casquait. J. Lévy, Gosses de Paris,1898, p. 18.
Faire casquer qqn. Faire casquer le contribuable (Courteline, L'Article 330,1900, p. 281).
b) [Le compl. désigne une pers.] ... s'il a pas d'quoi Pour casquer son propriétaire [P. Paillette] (A. Bruant, Dict. fr.-arg.,1905, p. 256).[Le barman au garçon serveur :] On est pas casqués pour se mêler de leurs histoires [du patron et du gérant] (A. Le Breton, Du Rififi chez les hommes,1953, p. 136).
Prononc. : [kaske], (je) casque [kask]. Étymol. et Hist. 1. 1835 arg. « tomber dans un piège » ([Raspail], Réforme pénitentiaire, p. 2); d'où 2. 1844 arg. « payer » (F. Vidocq, Les Vrais mystères de Paris, t. 7, p. 14). Empr. à l'ital. du centre et du nord cascare attesté ds Batt. t. 2 au sens de « tomber » dep. le xives. (Dante), plus récemment cascarci [avec le pronom ci correspondant à y accolé] « y tomber (dans le piège, le panneau) » dep. le xviiies. (Goldoni); l'ital. est issu du lat. vulg. *casicāre dér. du rad. de casus, part. passé de cadĕre. Fréq. abs. littér. : 8. Bbg. Guiraud (P.). Mél. d'étymol. arg. et pop. Cah. Lexicol. 1970, t. 17, no2, p. 6. − Hope 1971, p. 443. − Rupp. 1915 [Cr. Spitzer (L.). Literaturblatt für germanische und romanische Philologie. 1921, t. 42, pp. 308-309]. − Sain. Arg. 1972 [1907], p. 149, 293. − Sain. Lang. par. 1920, p. 192.
Source : CNRTL

Wiktionnaire

Français

Verbe 1

casquer \kas.ke\ intransitif et transitif 1er groupe (voir la conjugaison) (pronominal : se casquer)

  1. Recouvrir d’un casque.
    • Ils sont arrivés casqués et cagoulés, j’ai eu une de ces peurs !
  2. Recouvrir la tête à la manière d’un casque.
    • Un tablier de mohair noir parait le devant de sa jupe, et ses bondissants cheveux, disciplinés, tordus en « huit », casquaient étroitement la forme charmante et nouvelle d’une tête ronde, impérieuse, qui n’avait plus d’enfantin que sa fraîcheur et son impudence, pas encore mesurée, de petite dévergondée villageoise. — (Sidonie-Gabrielle Colette, La Maison de Claudine, Hachette, 1922, coll. Livre de Poche, 1960, page 81)
  3. (Pronominal) Mettre un casque.
  4. (Pronominal) (Par extension) Se couvrir la tête à la manière d’un casque.
    • Elle s’était casquée d’une espèce de coiffe de nonne qui recouvrait entièrement ses cheveux.

Verbe 2

casquer \kas.ke\ intransitif et transitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. (Argot) Payer (souvent une grosse somme), faire les frais de quelque chose.
    • J’ai casqué leurs additions, comme un gentleman. — (Albert Simonin, Touchez pas au grisbi !, Gallimard, 1953, page 17)
    • Pour cela, il me faut casquer ; mais, vois-tu, il faut savoir donner un billet de mille pour travailler en maître. — (Yves Guyot, La Prostitution, 1882)
    • Ainsi, grâce à Robert, pouvait-elle, au seuil de la cinquantaine (d’aucuns disaient de la soixantaine) éblouir chaque table où elle allait dîner, chaque soirée où elle paraissait, d’un luxe inouï sans avoir besoin d’avoir comme autrefois un « ami » qui maintenant n’eût plus casqué, voire marché. — (Marcel Proust, « Albertine disparue », in À la recherche du temps perdu, t. IV, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1989, page 263)
    • Parce que ce sont ces fous de Trump qui casquent des centaines de millions pour lui venir en aide. — (Loïc Tassé, « Les Fous de Trump », Le Journal de Québec, 7 décembre 2020)

Anagrammes

→ Modifier la liste d’anagrammes

  • caqures, caqûres
  • craques, craqués
  • quacres
  • sacquer
Source : Wikitionnaire

Étymologie de « casquer »

(Verbe 1) Dénominal de casque.
(Verbe 2) De l'italien cascare (« tomber (dans le piège) ») dont est aussi issu cascade.
Source : Wikitionnaire

Phonétique du mot « casquer »

Phonétique Prononciation
France (Lyon) : écouter « casquer »
France (Vosges) : écouter « casquer »
Source : Wikitionnaire

Fréquence d'apparition du mot « casquer »

Source : Google

Traductions du mot « casquer »

Langue Traduction
English casequer
German casquer
Spanish casquer
Portuguese casquer
Italian casquer
Dutch casquer
Polish kasownik
Russian casquer
Source : DeePL

Synonymes de « casquer »