Coincer
verbe
trans
Sommaire
Définitions de « coincer »
Trésor de la Langue Française informatisé
COINCER1, verbe trans.
[Dans le boisage pour la construction des souterrains] presque toutes les pièces tiennent par le coinçage (Ch. Bricka, Cours de ch. de fer, t. 1, 1894, p. 198).Prononc. et Orth. Cf. coincer2.
DÉR.
Coinçage, subst. masc.Action de coincer. [Dans le boisage pour la construction des souterrains] presque toutes les pièces tiennent par le coinçage (Ch. Bricka, Cours de ch. de fer, t. 1, 1894, p. 198).Spéc., ch. de fer. Action de serrer les rails avec des coins. − 1reattest. 1863 (Littré); du rad. de coincer, suff. -age*.
COINCER2, verbe trans.
A.− [Le compl. d'obj. désigne une chose]
1. Introduire un corps étranger dans le mécanisme d'un objet de manière à bloquer son fonctionnement. Coincer le mécanisme de l'horloge en introduisant un silex entre les dents du gros engrenage (H. Bazin, Vipère au poing,1948, p. 184).
− Emploi pronom. Se bloquer sous l'action d'un agent extérieur. Magnin vit l'Orion tourner de 180 degrés. Le compas se coinça, les appareils qui indiquaient l'horizontale étaient démolis (Malraux, L'Espoir,1937, p. 844).
2. Agir sur un objet de manière à l'immobiliser complètement. Je me voyais (...) le [d'Artagnan] rattraper, coincer sa machine contre le trottoir (Camus, La Chute,1956, p. 1501).
− Emploi pronom. Se bloquer, s'immobiliser. La Notre-Dame (...) se coinça entre les barques voisines, têtues sur leurs câbles raides (Hamp, Marée fraîche,1908, p. 11).
− Emploi intrans. Même sens. Mets de la graisse dans la rainure [du pistolet], il dit, c'est toujours là que ça coince (Giono, Le Grand troupeau,1931, p. 194).On lutte (...) contre des palonniers qui gèlent, des manettes qui coincent, des boulons qui foire (Saint-Exupéry, Pilote de guerre,1942, p. 315).
− Coincer la bulle. Cf. bulle1.
B.− [Le compl. d'obj. désigne une pers.]
Le battage, à l'endroit où un coincement s'est produit, dégage la colonne et permet son relèvement (J.-J. Chartrou, Pétroles naturel et artificiels,1931, p. 56).1. Immobiliser complètement une personne par la pression d'agents extérieurs. Coincer quelqu'un entre des valises; il est coincé sous les débris.
♦ Rare, pronom. Se mettre dans l'impossibilité de bouger :
1. Il [Sulphart] fit un mouvement violent pour se dégager, mais son bras était pris sous le buste de l'autre, leurs deux corps se coinçaient et il ne put bouger. Dorgelès, Les Croix de bois,1919, p. 289.
− Fam. Pousser et retenir quelqu'un dans un endroit retiré et à l'abri des regards. Voici Paul Fargue, qui me coince dans une embrasure (R. Martin du Gard, Notes sur André Gide,1951, p. 1360).
2. Fig. et fam. Acculer quelqu'un à une situation telle qu'il ne puisse échapper à ce qu'on veut obtenir de lui :
2. La dernière gaffe à faire c'est de vouloir coincer tout de suite un témoin, de le forcer à se contredire trop tôt. Bernanos, Un Crime,1935, p. 821.
− [En parlant d'une force de l'ordre] Prendre, arrêter quelqu'un qui a fini par ne plus pouvoir s'échapper. Cf. pincer.Tu sais, confia la grosse Thérèse, ils [les flics] ont coincé Gilberte (F. Carco, L'Homme traqué,1922, p. 90).
Prononc. et Orth. : [kwε ̃se], (je/me) coince [kwε ̃:s]. Ds Ac. 1932. Prend une cédille devant a et o; ex. : je coinçai(s), nous coinçâmes, nous coinçons, etc., Lar. 19e, Guérin 1892 et Nouv. Lar. ill. admettent coincer ou coinser. Étymol. et Hist. 1. 1773 coinser « fixer, caler avec des coins » (Bourdé, Man., I, 127 ds Fr. mod., t. 25, p. 308 : Coinser les Mâts); 2. a) av. 1857 « mettre dans l'impossibilité de bouger » coincé part. passé adjectivé (E. Sue ds Lar. 19e); b) 1922 fig. pop. (F. Carco, loc. cit.). Dér. de coin*; dés. -er. Fréq. abs. littér. : 154.
DÉR.
Coincement, subst. masc.Blocage dans le fonctionnement d'une pièce mécanique. Le battage, à l'endroit où un coincement s'est produit, dégage la colonne et permet son relèvement (J.-J. Chartrou, Pétroles naturel et artificiels,1931, p. 56).− [kwε ̃smɑ ̃]. Ds Ac. 1932. − 1reattest. 1888-90 (L. Ser, Traité de Physique industrielle, t. 2, p. 1); cf. Lar. Suppl. 1890; du rad. de coincer, suff. -(e)ment1*.
BBG. − Arveiller (R.). R. Ling. rom. 1965, t. 29, p. 376.
Wiktionnaire
Français
Source : Wikitionnaire
Verbe
coincer \kwɛ̃.se\ transitif 1er groupe (voir la conjugaison) (pronominal : se coincer)
- Enfoncer des coins pour écarter, fendre.
- Fixer avec des coins.
- Coincer des rails.
- (Par extension) (Sens figuré) (Familier) Serrer dans un coin, dans un angle, dans un objet étroit, etc.
- La victime, face contre terre, était coincée dans la ruelle du lit, fesses en l'air. Pas besoin d'être diplômé de la faculté Xavier-Bichat pour comprendre qu'il était raide mort. — (Patrick de Funès, médecin malgré moi, 2008)
- Évitez de « coincer » un pot dans un cache-pot étroit et profond, car l'eau d’arrosage risque de s’accumuler au fond sans que vous vous en rendiez compte. — (Odile Koenig, Encyclopédie visuelle des plantes d'intérieur, Éditions Artémis, 2005, page 47)
- Sur la place, les contractuelles coinçaient des PV sous les essuie-glaces. — (Éric Neuhoff, La Petite Française, Albin Michel, 1997, page 105)
- (Par extension) (Sens figuré) (Cyclisme) Être dans l'impossibilité de poursuivre son effort.
- Il a coincé dans la dernière montée.
- (Argot) Sentir mauvais.
- Mais il coince ce fromage ! On dirait les coulisses de l'Alcazar ! — (Christian Clavier dans Le Père Noël est une Ordure, Jean-Marie Poiré, 1982)
- (Pronominal) (Par extension) Se mettre dans l’impossibilité de se mouvoir.
- Quelle ne fut pas notre malchance: le générateur de notre poste, qui est escamotable, […], se coinça sur son rail de sortie: […]. — (Dieudonné Costes & Maurice Bellonte, Paris-New-York, 1930)
- (Pronominal) (Par extension) (Familier) Se pincer.
- Se coincer le doigt.
Anagrammes
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- Cercino
- Cicéron
- Corcien, corcien
- crocine
Littré (1872-1877)
coincer
(koin-sé. Le second c prend la cédille devant a et o) v. a.
- Enfoncer des coins.
Garnir de coins les rails.
SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE
COINCER. Ajoutez :2 V. réfl. Se coincer, se dit de deux parties d'un mécanisme qui s'arc-boutent et se forcent l'une contre l'autre, de manière à empêcher le mouvement.
Étymologie de « coincer »
- Dérivé de coin, avec le suffixe -er.
Coin ; Lorraine, coincer, tenir dans un coin, accuier dans un coin.
Source : Dictionnaire LittréPhonétique du mot « coincer »
| Phonétique | Prononciation | |
|---|---|---|
| France (Lyon) : écouter « coincer » |
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Fréquence d'apparition du mot « coincer »
Source : GoogleTraductions du mot « coincer »
| Langue | Traduction |
|---|---|
| English | coincer |
| German | zufällig |
| Spanish | coincer |
| Portuguese | cunhador |
| Italian | coincer |
| Dutch | coincer |
| Polish | coincer |
| Russian | совпадение |
Synonymes de « coincer »
Antonymes de « coincer »
Citations sur le mot "coincer"
On s'en moque, en fait, de savoir comment c'est arrivé l'accident. Ce n'est pas important. Tout ce qu'il faut retenir, c'est qu'un homme est coincé.
Thierry Jonquet
Je suis coincé dans un présent perpétuel, incapable d'évoluer, de m'améliorer.
Haruki Murakami
Le pire moment pour demander un instant de réflexion à quelqu'un, c'est quand il est coincé dans un ascenseur.
Philippe Geluck

