Commende

subst fém

Définitions de « commende »

Trésor de la Langue Française informatisé

COMMENDE, subst. fém.
A.− Administration temporaire d'un bénéfice ecclésiastique confiée à un séculier jusqu'à la nomination d'un titulaire. La commende était une dérogation au droit commun (Ac.1835-1932).
P. métaph. :
Laissez-moi vous parler bien humblement, seigneur Jacques Qui allez recevoir mon âme et mon corps en commende des mains de Dieu et de mon père qui les ont faits. Claudel, L'Annonce faite à Marie,1948, II, 3, p. 52.
P. ext., péj. Réduire qqn en commende. Assujettir quelqu'un pour tirer des bénéfices de son travail. C'étoit une coutume (...), de réduire les Indiens en commende, et de les sacrifier aux travaux des mines (Chateaubriand, Génie du Christianisme,t. 2, 1803, p. 427).
B.− Collation d'un bénéfice ecclésiastique à un clerc ou à un laïc nommé par le roi. Abbaye en commende (Ac. 1835-1932). Le régime de la commende avait fini par sataniser les monastères (Huysmans, En Route,t. 2, 1895, p. 295).
Prononc. et Orth. : [kɔmɑ ̃:d]. Ds Ac. 1694-1932. Ac. 1694, sous mander : commande. Étymol. et Hist. 1461 tenir abbaye en commande (Remonstr. du Parlem., Ord., XV, 206 ds Gdf., s.v. commande 1); 1561-1636 commende (Chron. de J. Tarde, p. 252 ds Gdf. Compl.). Empr. au lat. médiév. commenda, commanda « acte par lequel le propriétaire d'une terre la confie à la garde d'un seigneur en lui accordant le droit de lever un tribut » (xes. ds Nierm.), désignant aussi la terre elle-même (xes., ibid.), spéc. un bénéfice ecclésiastique régulier confié à un séculier (v. Naz); dér. régressif de commendare, commandare, v. commander. Fréq. abs. littér. : 12.
Source : CNRTL

Wiktionnaire

Français

Nom commun

Singulier Pluriel
commende commendes
\kɔ.mɑ̃d\

commende \kɔ.mɑ̃d\ féminin

  1. (Histoire) Administration temporaire des revenus d’un bénéfice donnée autrefois par l’autorité ecclésiastique en attendant la nomination du titulaire.
    • La commende était une dérogation au droit commun.
  2. (Histoire) Bénéfice donné par le roi à un séculier pour une abbaye régulière avec permission de disposer des fonds.
    • Après sa mort, la commende fut introduite dans l'abbaye et ce devint, comme pour la plupart des monastères auxquels on l'imposa, le signal et le principe d'une décadence profonde et rapide. « Désormais, dit Mgr Péchenard, […] l'abbé n'est plus ni le chef réel, ni le modèle obligé de sa communauté. Il est nommé par la puissance séculière. C'est quelque séculier, cardinal, évêque, prêtre, simple tonsuré, parfois un étranger à l'état ecclésiastique. — (Dr J. Jailliot, Recherches sur l'Abbaye de Chehery, dans la Revue d'Ardenne & d'Argonne : scientifique, historique, littéraire et artistique, publiée par la Société d'études ardennaises "La Bruyère", Sedan : impr. Laroche, mars 1896, n°3, page 89)
    • Mais, rappelle sœur Anne Claire, c'est surtout la commende, cet accord entre le pape et le roi de France (1516) prévoyant que les abbés seraient nommés par le roi, qui a détérioré la vie communautaire. — (Martine de Sauto, Une abbaye témoin d'une histoire tourmentée, Journal La Croix, page 11, 26-27 juillet 2014)

Forme de verbe

Voir la conjugaison du verbe commender
Indicatif Présent je commende
il/elle/on commende
Imparfait
Passé simple
Futur simple
Subjonctif Présent que je commende
qu’il/elle/on commende
Imparfait
Impératif Présent (2e personne du singulier)
commende

commende \kɔ.mɑ̃d\

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent du verbe commender.
  2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent du verbe commender.
  3. Première personne du singulier du subjonctif présent du verbe commender.
  4. Troisième personne du singulier du subjonctif présent du verbe commender.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif présent du verbe commender.
Source : Wikitionnaire

Littré (1872-1877)

commende [1]

(ko-man-d') s. f.
  • 1Originairement, la provision d'un bénéfice qu'on donnait à un séculier pour en jouir par économat, en attendant qu'on en eût pourvu un titulaire.

    Plus tard, titre de bénéfice donné par le pape à un ecclésiastique séculier ou à un laïque nommés par le roi (il s'agit des bénéfices ecclésiastiques qui étaient à la nomination du roi, depuis le concordat de Léon X et de François 1er). Une abbaye en commende était celle où le roi nommait un ecclésiastique séculier, qui jouissait, en vertu de cette faveur, d'un tiers du revenu, sans aucune autre obligation que d'en faire un bon usage ; des deux autres tiers l'un restait à la communauté, et l'autre devait être employé aux réparations de l'église et aux aumônes. Les cardinaux, les premiers ministres, les princes du sang, qui l'eurent en commende [Cluny], prétendirent les mêmes droits que les abbés réguliers, Saint-Simon, 279, 16.

  • 2 Par extension. C'était une coutume dans l'Amérique espagnole de réduire les Indiens en commende et de les sacrifier aux travaux des mines, Chateaubriand, Génie, IV, IV, 4.

HISTORIQUE

XVIe s. Le pape ne peut lever aucune chose sur le revenu du temporel des benefices sous pretexte d'emprunt, impost, vacant, incompatibilité, commande, neufiesme, decime…, P. Pithou, 14.

Source : Dictionnaire Littré

Étymologie de « commende »

(1461) Du latin ecclésiastique commenda, de commendare, « confier ».
Source : Wikitionnaire

Bas-lat. commenda, de commendare (voy. COMMANDER).

Source : Dictionnaire Littré

Phonétique du mot « commende »

Phonétique Prononciation
\kɔ.mɑ̃d\
France : écouter « commende [kɔ.mɑ̃d] »
Cesseras (France) : écouter « commende »
Source : Wikitionnaire

Fréquence d'apparition du mot « commende »

Source : Google

Traductions du mot « commende »

Langue Traduction
English commende
German commende
Spanish commende
Portuguese comenda
Italian commende
Dutch commende
Polish komenda
Russian commende
Source : DeePL

Synonymes de « commende »