Commerce

subst masc

Définitions de « commerce »

Trésor de la Langue Française informatisé

COMMERCE, subst. masc.
I.− Vieilli ou littér.
A.− [Domaine de la vie de société]
1. Relations sociales, amicales ou affectives entre plusieurs personnes. Être en commerce avec, entretenir un commerce avec, lier commerce d'amitié avec. Tous ceux avec qui j'ai entretenu commerce d'affection (Claudel, La Jeune fille Violaine,2eversion, 1901, I, p. 575):
1. ... il [Svedenborg] les [ces relations sublimes] entretenait comme il entretenait le commerce ordinaire d'un « honnête homme » avec ses contemporains, ... Valéry, Variété V,1944, p. 279.
[Avec un compl. prép. désignant le moyen utilisé] Rare. Commerce de qqc.Commerce de lettre, commerce épistolaire :
2. Cicéron avait raison de recommander le commerce des lettres dans les chagrins de la vie. Chateaubriand, Mémoires d'Outre-Tombe,t. 1, 1848, p. 449.
Au plur., rare, péj. :
3. Sa tante, la Poule-Courte, était venue du Monestier s'établir près d'elle lorsqu'elle était restée orpheline. Et cette pauvre Poule-Courte aimait tant (...) s'insinuer au plus épais des commerces et des commérages qu'on la voyait souvent arriver (...) pointant son nez de belette et remarquant tout de derrière ses lunettes bleues. Pourrat, Gaspard des Montagnes,Le Pavillon des amourettes, 1930, p. 103.
2. P. ext. Fréquentation de personnes :
4. En l'absence de tics contractés au commerce des autres, il [l'homme] peut spontanément se prononcer sur un petit nombre de sujets; ... Breton, Les Manifestes du Surréalisme,1erManifeste, 1930, p. 56.
En partic. et le plus souvent péj. Relations charnelles, rapports intimes entre homme et femme. Avoir commerce avec une femme; commerce incestueux. Cette fille eut un commerce charnel avec deux étudiants à la fois (Jouve, La Scène capitale,1935, p. 164).
3. P. méton. Comportement d'une personne dans ses relations. Être d'un commerce agréable, facile. De Régnier, un homme d'un commerce charmant et un spirituel causeur (E. et J. de Goncourt, Journal,1895, p. 741).
B.− [Domaine de la vie intellectuelle ou spirituelle]
1. Échange d'idées. Chez elle [la Grande-Duchesse Jean] aussi on tient commerce d'intelligence et de fines causeries (Proust, Le Côté de Guermantes 1,1920, p. 262).Commerce des Muses. Études et travaux littéraires, poétiques.
P. ext. Rapports scientifiques avec quelque chose :
5. ... le commerce du sujet avec les choses autour de lui n'est possible que si d'abord il les fait exister pour lui, ... Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception,1945, p. 424.
2. Relation avec des entités spirituelles. Être en commerce avec Dieu, les esprits. J'en étais arrivé à me croire en commerce tant avec les démons qu'avec les anges (O.-V. Milosz, L'Amoureuse initiation,1910, p. 173).
II.− Usuel
A.− [En parlant d'une forme de l'activité hum. opposée à d'autres formes]
1. ÉCON. Activité qui consiste à échanger, ou à vendre et acheter, des marchandises, produits, valeurs, etc. Jules Lefort accrut considérablement sa fortune dans le commerce des laines (Gozlan, Le Notaire de Chantilly,1836, p. 26):
6. ... nous ne faisons pas attention (...) que la totalité du commerce pourrait s'effectuer sans argent et sans négociants (...) : l'argent en est le véhicule et l'instrument, mais ce n'est pas là proprement le commerce. Le commerce consiste essentiellement dans l'échange. Tout échange est un acte de commerce; ... Destutt de Tracy, Commentaire sur l'Esprit des lois de Montesquieu,1807, p. 313.
SYNT. a) Commerce actif, clandestin, maritime, prospère; commerce intérieur, extérieur, de transit; commerce associé, concentré, indépendant, intégré, à entreprises multiples (cf. Plot.-Pér. 1973); commerce non sédentaire (ou commerce ambulant). b) Commerce de (en) gros, demi-gros, détail. c) Acte* de commerce, balance* du commerce, bourse* du commerce, chambre* de commerce et d'industrie, code* de commerce, compagnies de commerce, effet* de commerce, liberté du commerce, opération* de commerce, registre* du commerce; essor, expansion, extension du commerce; ministère du commerce. d) Réglementer le commerce.
En partic.
DR. COMM. ,,Opération ayant pour objet de mettre les divers produits de la nature ou de l'industrie ou des services à la portée des consommateurs et des clients, à l'effet d'en tirer un profit`` (Barr. 1974). Fonds de commerce.
JEUX. Jeu de commerce. Jeu de hasard joué avec trente-deux ou cinquante-deux cartes :
7. Les jeux de hasard y ont été absolument interdits, mais l'on tâche de rendre chers les jeux de commerce. Le jeu est encore le seul secret qu'on ait trouvé pour amuser les hommes rassemblés, ... Mmede Staël, Lettres de jeunesse,1786, p. 138.
2. P. méton. Matière, discipline qui englobe les connaissances et la réglementation nécessaires à la vente et à l'achat des marchandises. Institut de commerce :
8. J'ai du goût pour les sciences et les lettres à peu près également, ce qui est rare. Le commerce est la seule partie pour laquelle j'ai une aversion prononcée, ... J.-J. Ampère, Correspondance,1816, p. 132.
B.− [Activité mise en relation avec les pers. qui l'exercent]
1. Activité, profession de celui qui achète et revend dans un but lucratif. Ils [ses parents] lui [Henri] firent embrasser la carrière du commerce (Toepffer, Nouvelles genevoises,1839, p. 423).
SYNT. Courtier* de commerce, employé de commerce, représentant* de commerce, voyageur* de commerce; avoir la bosse du commerce; être un homme de commerce; faire (un, le) commerce de bijoux, de tissus, du bois.
Fam. et gén. péj. Faire commerce de son corps, de ses charmes. Se prostituer. Un troupeau de femmes y [à Biskra] habite, qui font commerce de leur corps (Gide, Si le grain ne meurt,1924, p. 564).
2. P. méton.
a) Ensemble des commerçants d'un pays, d'une ville, d'un quartier. Haut, grand, petit commerce :
9. Toutes les élégantes sont là (...)! La haute banque et le grand commerce, l'industrie en jaquette et en tube, ... Aragon, Les Beaux quartiers,1936, p. 491.
b) Ensemble formé par le magasin et les marchandises. Gérer, monter, tenir un commerce d'épicerie; céder un commerce de son vivant :
10. Mon grand-oncle (...) fit construire deux boutiques sur le même emplacement. Dans l'une il établit, en qualité de marchande mercière, la fille aînée de sa nourrice, et plaça dans l'autre, à la tête d'un petit commerce d'épiceries, le fils d'un de ses métayers, ... Jouy, L'Hermite de la Chaussée d'Antin,t. 2, 1812, p. 201.
c) [En parlant de marchandises qui y sont ou qu'on y trouve] Dans le commerce. Dans le circuit commercial, dans les magasins. Être dans le commerce; trouver une marchandise dans le commerce. J'en [Gibout] ai là une photo qui m'a été donnée par le baron lui-même. Elle n'est pas dans le commerce, et c'est pourquoi j'y tiens beaucoup (Montherlant, Les Célibataires,1934, p. 890).Il [un supporter] réclame un concert complet et demande si on peut trouver des disques [de Robert Ferrazino] dans le commerce (P. Schaeffer, À la recherche d'une mus. concr.,1952, p. 112).
Prononc. et Orth. : [kɔmε ʀs]. Enq. : /komeʀs/. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. A. 1. Ca 1370 commerque « échange, vente de marchandises » (G. de Machaut, Prise d'Alexandrie, éd. L. de Mas-Latrie, 5698); 2emoitié xviiies. effets de commerce (Buffon, Hist. nat. Quadrupèdes, t. 1, p. 27); 2. 1668 petits commerces « pratiques plus ou moins louches » (Molière, L'Avare, II, 1); 1669 « trafic de choses morales » (Racine, Britannicus, I, 4); 3. 1798 « le corps des commerçants » (Ac.). B. 1. 1540 comerce du puple « fréquentation » (Vie de St Hermentaire ds R. Lang. rom., t. 16, 1886, p. 163); 2. 1665 commerce des sens (Molière, Dom Juan, IV, 6); 3. fin xviies. « manière de se comporter » (le P. Cheminais ds Littré : un petit nombre d'amis d'un commerce aisé); 4. 1812 « entreprise commerciale » un petit commerce d'épiceries (Jouy, supra ex. 10). Empr. au lat. class. commercium « négoce; lieu où se fait le commerce; droit de commercer » et « rapports, relations humaines, relations charnelles ». Fréq. abs. littér. : 4 690. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 11 406, b) 6 041; xxes. : a) 4 594, b) 4 211. Bbg. Baldinger (K.). Zur Handelsgeschichte im Mittelmeerraum und ihrer Terminologie. Rom. Philol. 1961/62, t. 15, pp. 40-48. − Bruneau (C.). Commerce honnête et commerce déshonnête. In : [Mél. Mornet (D.)] Paris, 1951, pp. 109-118. − Mat. Louis-Philippe 1951, p. 31, 297.
COMMERCER, verbe intrans.
A.− Vieilli ou littér. Entretenir des relations affectives, culturelles ou spirituelles avec une ou plusieurs personnes.
1. Emploi abs. :
1. Par vivre, je n'entends pas se trouver ensemble, sans se battre; j'entends se plaire ensemble, s'aimer, commercer avec plaisir. Chamfort, Maximes et pensées,1794, p. 50.
2. [Suivi d'un compl. prép.]
a) [Le compl. désigne la partie de l'être concernée par les relations] Rare. Commercer de qqc.On s'aime pour s'aimer; on commerce d'âmes (Chateaubriand, Les Natchez,1826, p. 221).
b) [Le compl. désigne le partenaire] Commercer avec qqn.Il [le père Didon] est éloquent (...) et très heureux de commercer avec les hommes de science et de pensée (A. France, La Vie littér.,t. 4, 1892).
[Avec une ou plusieurs entités surnaturelles] Elle [la prière], qui commerce avec la sagesse et la vérité, comment seroit-elle moins puissante que le mensonge? (Saint-Martin, L'Homme de désir,1790, p. 339).Elle [Jacquette] le [le chevalier Dieutegard] soupçonnait de commercer avec les fées (Boylesve, La Leçon d'amour dans un parc,1902, p. 65).
B.− Usuel. Se livrer à une activité commerciale.
1. Emploi abs. :
2. Les prix du marché se forment indépendamment des motifs pour lesquels les acheteurs et les vendeurs se présentent en vue de commercer. J. Vuillemin, L'Être et le travail,1949, p. 110.
2. [Suivi d'un compl. prép.]
a) [Le compl. désigne le partenaire] Commercer avec.Nous [l'Europe] commerçons principalement avec les Américains et les Africains (Bernardin de Saint-Pierre, Harmonies de la nature,1814, p. 300).Il [le Simion] finit par vendre de la marchandise à faux métrage. Grange commerçait avec lui (Pourrat, Gaspard des Montagnes,Le Château des sept portes, 1922, p. 68):
3. ... n'ayons plus de desseins, traitons, commerçons, trafiquons le plus obscurément, le plus modestement et le plus fructueusement possible, avec tous les comptoirs et tous les ateliers du vaste univers. Maurras, Kiel et Tanger,1914, p. 187.
b) Rare. [Le compl. désigne le produit mis en vente] Commercer de qqc.Elle [la canne à sucre] est une source de richesse, (...) pour ceux qui commercent de son produit (Brillat-Savarin, Physiol. du goût,1825, p. 103).
En partic. Commercer de son corps. Se prostituer. Celles-là [des filles], commerçant de leur corps, afin de ne pas crever de faim au coin des rues (L. Cladel, Ompdrailles,1879, p. 145).
3. Emploi trans., pop. Ils [les Beauchemin] commerçaient le poisson (G. Guèvremont, Le Survenant,1945, p. 165).
On admettra que les richesses ou les valeurs commerçables peuvent circuler sans la moindre gêne, passer immédiatement d'une main à l'autre, se réaliser, se négocier, s'échanger contre d'autres valeurs ou contre des espèces, au gré du propriétaire, au cours du jour et du marché (Cournot, Essai sur les fondements de nos connaissances,1851, p. 233).Le conditionnement et le prix de revient des produits commerçables est un problème compliqué (J. Pethoud, Principes mod. d'organ. industr. et comm.,1931, p. 140).
Prononc. et Orth. : [kɔmε ʀse]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1. 1405 absol. commerser « faire du commerce » (Runk, p. 56); 1663 les barres et espèces commercées (Colbert cité ds Kuhn, p. 26); 2. 1748 (Buffon, Hist. nat., t. 5, XLVII ds IGLF : on peut avec de l'art amener tous les sourds et muets de naissance au point de commercer avec les autres hommes). Dér. de commerce*; dés. -er. Fréq. abs. littér. : 81.
DÉR.
Commerçable, adj.a) Vx. Qui peut être négocié. On admettra que les richesses ou les valeurs commerçables peuvent circuler sans la moindre gêne, passer immédiatement d'une main à l'autre, se réaliser, se négocier, s'échanger contre d'autres valeurs ou contre des espèces, au gré du propriétaire, au cours du jour et du marché (Cournot, Essai sur les fondements de nos connaissances,1851, p. 233).b) Rare. Qui remplit les conditions nécessaires pour être mis en vente dans le commerce. Le conditionnement et le prix de revient des produits commerçables est un problème compliqué (J. Pethoud, Principes mod. d'organ. industr. et comm.,1931, p. 140). [kɔmε ʀsabl̥]. Ds Ac. 1740-1878. 1reattest. 1715-23 (P. Adam, Ét. sur le vocab. du « Chansonnier hist. », p. 38); de commercer, suff. -able*. Fréq. abs. littér. : 1.
BBG. − Gall. 1955, p. 364. − Gohin 1903, p. 246, 303.
Source : CNRTL

Wiktionnaire

Français

Nom commun

Singulier Pluriel
commerce commerces
\kɔ.mɛʁs\

commerce \kɔ.mɛʁs\ masculin

  1. Activité qui consiste à acheter et vendre des marchandises, des denrées, des valeurs, des services, etc., en vue de réaliser un profit.
    • Mais il n’importe pas seulement de connaître les finesses du métier, il faut surtout être perspicace pour ce qui est répréhensible, nous voulons parler des moyens frauduleux auxquels se livrent peu ou prou tous ceux faisant commerce de chevaux. — (Gabriel Maury, Des ruses employées dans le commerce des solipèdes, Jules Pailhès, 1877)
    • Autrefois, nos écorces se vendaient à vil prix, et nos cuirs n’avaient pas une grande valeur ; mais nos écorces et nos cuirs, une fois bonifiés, la rivière nous permit de construire des moulins à tan, il nous vint des tanneurs dont le commerce s’accrut rapidement. — (Honoré de Balzac, Le Médecin de campagne, 1833, édition de 1845, chapitre premier)
    • Le temps approche où le grand commerce va, plus que les guerres de chevalerie, tenter les jeunes Anglais aventureux. — (André Maurois, Histoire de l'Angleterre, Fayard & Cie, 1937, page 236)
    • Il y eut certes des juifs qui s’adonnèrent au commerce, et qui poursuivirent des négoces importants. Mais pendant de longs siècles le commerce n’est pas l’occupation principale des juifs. Le commerce de l’argent, si décrié par le Talmud, encore moins que les autres. — (Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours, 1937)
    • Sale et productif comme le commerce, ce passage, toujours plein d’allants et de venants, de charrettes, de haquets, est d’un aspect repoussant, et la population qui y grouille est en harmonie avec les choses et les lieux. — (Honoré de Balzac, Le Cousin Pons, 1847)
    • Je n’avais depuis l’origine que dégoût pour le commerce et tout ce qui s’y apparente, l’idée de « hautes études commerciales » était à mes yeux une profanation de la notion même d’études. — (Michel Houellebecq, Sérotonine, Flammarion, 2019, pages 30-31)
  2. (Droit) Objet de transaction.
    • Les choses qui sont dans le commerce.
  3. (Sens figuré) Pratique ou intrigue qui n’est pas honnête.
    • Faire un mauvais, un méchant, un vilain commerce, un honteux, un infâme commerce.
  4. (Par extension) Ensemble des commerçants et négociants.
    • Cette loi a mécontenté le commerce.
    • Le commerce international.
    • Le petit commerce.
  5. (Par extension) Boutique ou magasin du commerçant.
    • On comprenait alors pourquoi les commerces de chapeaux et de chaussures existent en aussi grand nombre dans cette artère grouillante et relativement courte. — (Francis Carco, L’Homme de minuit, Éditions Albin Michel, Paris, 1938)
  6. (Sens figuré) Liaisons, rapports ou communications que les personnes ont les unes avec les autres, pour quelque objet que ce soit.
    • Ce doit être, interrompis-je, un homme d’un commerce charmant ; la douceur de sa voix, quand il a répondu à l’interrogatoire du commissaire de police, m’a frappé. — (Alexandre Dumas, Les Mille et Un Fantômes)
    • Le commerce de monsieur Torquet est une des plus cruelles disgrâces de ma vie. — (Anatole France, Le Mannequin d’osier, Calmann Lévy, 1897, réédition Bibliothèque de la Pléiade, 1987, page 900)
    • […] et il était sorti de cette chambre, abasourdi par cette personne qui appelait l’abbé « père » et parlait, très simplement, ainsi que d’une chose naturelle, de son commerce avec Jésus et avec les Saints ; elle paraissait vivre en parfaite amitié avec eux, […]. — (Joris-Karl Huysmans, La Cathédrale, Plon-Nourrit, 1915)
    • J’aime vivre dans le commerce des poètes. Quelquefois je déclame pour maman des vers de Musset :
      L’homme est un apprenti, la douleur est son maître… — (Germaine Acremant, Ces dames aux chapeaux verts, Plon, 1922, réédition Le Livre de Poche, page 98)
    • Homme intelligent et sympathique, d'un commerce agréable, musulman convaincu mais tolérant, c'est un des rares Marocains qui ont tiré un profit réel de leur séjour en Europe. — (Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, page 96)
    • Je suis éphébophile et non pédéraste, Madame, précisait l'Ambassadeur à la reine Isabelle avec qui il était sur le pied de la confidence, de ce ton leste que seul vous octroie le commerce d'une longue amitié. — (Pierre Combescot, La sainte famille, Grasset, 1996)

Forme de verbe

Voir la conjugaison du verbe commercer
Indicatif Présent je commerce
il/elle/on commerce
Imparfait
Passé simple
Futur simple
Subjonctif Présent que je commerce
qu’il/elle/on commerce
Imparfait
Impératif Présent (2e personne du singulier)
commerce

commerce \kɔ.mɛʁs\

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent de commercer.
  2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent de commercer.
  3. Première personne du singulier du subjonctif présent de commercer.
  4. Troisième personne du singulier du subjonctif présent de commercer.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif de commercer.

Voir aussi

  • commerce sur l’encyclopédie Wikipédia
Source : Wikitionnaire

Littré (1872-1877)

commerce

(ko-mèr-s') s. m.
  • 1Échange, entre les hommes, des divers produits de la nature ou de l'industrie. Commerce de mer. Commerce du Levant. Pour ceux qui sont dans le commerce, Pascal, Prov. 6. Un trafiquant de Perse, Chez son voisin, s'en allant en commerce, Mit en dépôt un cent de fer un jour, La Fontaine, Fab. IX, 1. Ils ne faisaient aucun commerce au dehors, Fénelon, Tél. VIII. Le commerce qu'ils font jusqu'aux colonnes d'Hercule, Fénelon, Tél. III. Les Phéniciens sont en commerce avec tous les peuples, Fénelon, Tél. IX. Les Anglais et encore plus les Hollandais faisaient, par leurs vaisseaux, presque tout le commerce de la France, Voltaire, Louis XIV, 29. Le génie de Colbert se tourna principalement vers le commerce, qui était faiblement cultivé et dont les grands principes n'étaient pas connus, Voltaire, ib. La mort de Colbert et la guerre avaient beaucoup diminué le commerce, Voltaire, ib. Je suis bien persuadé avec vous que le pays où le commerce est le plus libre sera toujours le plus riche et le plus florissant, proportion gardée, Voltaire, Lett. Roubaud, 1er juill. 1769. Le besoin du commerce enfantera la paix, Chénier M. J. Charles IX, II, 3. Le commerce inactif expire de langueur, Delavigne, Vêp. sicil. II, 6.

    Commerce en gros, achat de marchandises par grosses portions pour revendre aux détaillants. Commerce de détail, achat en gros pour revendre aux consommateurs.

    Le corps des commerçants. Cette loi a mécontenté tout le commerce. Le haut, le moyen commerce. Chambre de commerce, réunion de négociants chargés de donner des avis officiels sur le commerce.

    Ministère du commerce, ministère qui régit les affaires commerciales dans leurs rapports avec l'État.

    Tribunal de commerce, tribunal qui statue sur les procès commerciaux.

    Liberté du commerce, principe d'économie politique qui conduit à supprimer ou à réduire notablement les entraves douanières, fiscales ou autres, qui empêchent la liberté des échanges entre les pays ou entre les provinces d'un même pays. Je crois très fermement que, si ce ministre [Colbert] avait vécu de nos jours, il aurait été le premier à presser la liberté du commerce, Voltaire, Lett. Roubaud, 1er juillet 1769.

    En termes de jurisprudence, on dit qu'une chose n'est pas dans le commerce, lorsqu'elle est inaliénable de sa nature ou par la disposition de la loi. Les choses futures, les biens dotaux ne sont pas dans le commerce.

    Dans le langage spécial de l'économie politique, le commerce est l'industrie qui met le produit à la portée du consommateur. L'agriculture, la fabrication, le commerce sont les trois branches de la production générale. Tous ont cru que le commerce consistait essentiellement dans l'échange, tandis qu'il consiste essentiellement à placer un produit à la portée des consommateurs, J. B. Say, Cours, 1840, t. I, p. 304.

    Commerce extérieur, achat ou vente de marchandises au dehors du pays, échange avec l'étranger. Commerce intérieur, échange, à l'intérieur, des produits du pays. Commerce de transport, dans un sens spécial, achat de marchandises à l'étranger pour les revendre à l'étranger. Au XVIIe siècle, les Hollandais faisaient le commerce de transport.

    Terme de douane. Commerce général, l'ensemble des importations sans égard à leur destination ultérieure, et des exportations sans égard à l'origine des marchandises. Commerce spécial, la somme des importations destinées à la consommation intérieure du pays et des exportations de marchandises nationales ou nationalisées.

  • 2Le fait de vendre des marchandises. Commerce de grains. Un commerce de vins.

    En termes de jurisprudence, le fait d'acheter des marchandises pour les revendre ou de faire des opérations qui se rattachent à cet objet. Faire le commerce. Acte de commerce. Société de commerce.

  • 3 Fig. Trafic de choses morales. Que vois-je autour de moi que des amis vendus, Qui, choisis par Néron pour ce commerce infâme…, Racine, Brit. I, 4. Spartacus ne fait point de la guerre un commerce, Saurin, Spartac. III, 4.

    Commerce se dit aussi en un sens favorable. Un prince qui fait entrer l'Église en commerce de ses victoires et en partage avec elle le fruit, Massillon, Villeroy.

    Faire un mauvais, un méchant, un vilain commerce, se mêler de quelque vilaine affaire.

  • 4Relations de société ou d'affaires, fréquentation. C'est entre les dévots un étrange commerce, Régnier, Sat. XII. Vous voyez, dit le père, que voilà une grande facilité pour le commerce du monde, Pascal, Prov. 9. L'on a vu, il n'y a pas longtemps, un cercle de personnes des deux sexes, liées ensemble par la conversation et par un commerce d'esprit, La Bruyère, V. Si l'on faisait attention à tout ce qui se dit de froid, de vain et de puéril… l'on se condamnerait peut-être à un silence perpétuel qui serait une pire chose dans le commerce que les discours inutiles, La Bruyère, ib. L'on voit des gens qui dans les conversations ou dans le peu de commerce que l'on a avec eux…, La Bruyère, ib. Trop de perversité règne au siècle où nous sommes, Et je me veux tirer du commerce des hommes, Molière, Mis. V, 1. … Oh ! l'ennuyeux conteur ! Jamais on ne le voit sortir du grand seigneur ; Dans le brillant commerce il se mêle sans cesse, Et ne cite jamais que duc, prince ou princesse ; La qualité l'en-tête…, Molière, ib. II, 5. Cette marquise agréable chez qui j'avais commerce, Molière, Bourg. gent. III, 6. Qu'avec lui vous rompiez tout commerce, Molière, Ec. des f. II, 6. Le sang de mon époux A rompu désormais tout commerce entre nous, Corneille, Pomp. IV, 4. Il interroge cet homme sur son commerce avec Arion, Fénelon, Tél. XX. Ce prélat est de nul commerce [ne fréquente pas le monde], La Bruyère, XII. Vous serez content du commerce que vous avez avec ma fille, Sévigné, 1. La honte lui fit rompre commerce avec les hommes, Bossuet, Var. 11. Entrez en commerce avec les pauvres, donnez et vous recevrez, Bossuet, Serm. Sept. Loin du commerce des affaires et de la société des hommes ces âmes sans force aussi bien que sans foi qui ne savent pas retenir leur langue indiscrète ! Bossuet, Duch. d'Orl. Parmi ces sages pensées et renfermé dans un doux commerce avec ses amis aussi modestes que lui, Bossuet, le Tellier. Les Égyptiens entrèrent en commerce avec les Grecs, Bossuet, Hist. I, 7. Vous devez avoir une consolation bien touchante dans le commerce de Mme de Choiseul, Voltaire, Lett. Mme du Deffant, 8 mars 1769.

    Par extension. Fières sœurs, si jamais notre commerce étroit Sur vous et vos serpents m'ont donné quelque droit, Corneille, Médée, I, 4. Entretient dans ses vers commerce avec les dieux, Boileau, Art poét. II. Les dieux supérieurs ne pouvaient avoir aucun commerce avec les hommes, Bossuet, Avert. 4. Dieu entre en commerce avec les hommes, Bossuet, I, Annonc. 3. On est dans le commerce des choses saintes et l'on a perdu la grâce, Massillon, Car. Tiéd. II. Un homme qui passe pour avoir quelque commerce avec la dévotion, Massillon, Pet. Car. Drap. Il faut n'avoir point de commerce avec Samarie, Massillon, Car. Samar. Interrompre le commerce de sagesse et de bons conseils qui doit s'établir entre le peuple et son roi, Mirabeau, Collection, t. I, p. 330. Laissons, seigneur, laissons pour les petites âmes Ce commerce rampant de soupirs et de flammes, Corneille, Sert. I, 3.

    Le commerce des lettres, des muses, les occupations littéraires.

  • 5 Absolument, manière de se comporter à l'égard d'autrui. Être d'un commerce aisé, sûr. Il est homme d'un bon commerce, La Bruyère, VII. Vit-on jamais prince d'un commerce plus aisé, plus libre, plus commode ? Bossuet, Condé. En prenant le parti de la retraite, on se retranche sur un petit nombre d'amis d'un commerce aisé, Le P. Cheminais, dans BOUHOURS Nouv. rem. J'éprouvai la même sensation qu'éprouveraient des hommes d'un commerce excellent qui auraient vécu ensemble pendant longtemps, Diderot, Éloge de Richardson.
  • 6Échange. Le commerce des pensées est un peu interrompu en France ; on dit même qu'il n'est pas permis d'envoyer des idées de Lyon à Paris, Voltaire, Lett. Beaumont, 13 janv. 1765.

    Commerce de lettres, correspondance suivie. J'espérais en vous écrivant le premier et en m'embarquant de ma franche volonté dans ce commerce…, Voiture, Lett. 88. Le commerce que j'ai avec vous, Sévigné, 113. Il me semble que vous avez bien des commerces, Sévigné, 431. Ce n'est point pour entretenir un commerce avec vous, Sévigné, 4. Je rentre en commerce par une prière qui ne vous sera pas désagréable, Bossuet, Lett. 46. Dans sa solitude du faubourg St-Jacques il ne laissait pas de lier commerce avec plusieurs savants, Fontenelle, Varignon. C'est sans aucune utilité [en ouvrant des lettres] qu'on violerait les secrets des familles, le commerce des absents, les confidences de l'amitié, la confiance entre les hommes, Mirabeau, Collection, t. I, p. 455.

  • 7Causerie. Propos, agréables commerces, Où le hasard fournit cent matières diverses ; Jusque-là qu'en votre entretien La bagatelle a part…, La Fontaine, Fabl. X. 1. Ils soutiennent l'ennui et la vanité des commerces, Massillon, Av. Épiph. Les commerces nous répandent trop au dehors, Massillon, Car Prière, 1. La prière est un commerce tendre avec votre Dieu, Massillon, ib. Prière, 2.
  • 8Liaison illicite entre deux personnes de sexe différent. Pour détourner l'attention du roi du commerce qu'elle avait avec Jermyn, Hamilton, Gramm. 6. Les Gétuliens et les Bactriens, par politesse, permettaient à leurs femmes d'avoir commerce avec les étrangers, Fénelon, t. XXII, p. 334. Toute fille qui ayant eu un mauvais commerce avec quelqu'un ne le déclarerait pas au roi, Montesquieu, Esp. XXVI, 3.

    On dit aussi : être en commerce avec.

  • 9Jeu de commerce, sorte de jeu de cartes.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

COMMERCE. Ajoutez :

Commerce général, spécial, voy. ces mots.

HISTORIQUE

XVIe s. Nous n'avons nul commerce ensemble [la médecine et moi], Montaigne, I, 131. Quelles nations eurent anciennement le commerce et trafic de l'espicerie, et qui sont celles qui font maintenant telle negociation, Du Verdier, Div. leçons, p. 351, dans LACURNE.

Source : Dictionnaire Littré

Étymologie de « commerce »

Du latin commercium (« commerce », « négoce »).
Source : Wikitionnaire

Bourguig. comaice ; espagn. comercio ; ital. commercio ; du latin commercium, de cum, avec, et merx, mercis, marchandise (voy. MARCHAND). L'ancien français n'avait pas commerce ; il disait marcheandise.

Source : Dictionnaire Littré

Phonétique du mot « commerce »

Phonétique Prononciation
\kɔ.mɛʁs\ France : écouter « commerce [kɔ.mɛʁs] »
France : écouter « commerce [kɔ.mɛʁs] »
France (Saint-Maurice-de-Beynost) : écouter « commerce »
France (Toulouse) : écouter « commerce »
Source : Wikitionnaire

Fréquence d'apparition du mot « commerce »

Source : Google

Traductions du mot « commerce »

Langue Traduction
English trade
German Handel
Spanish comercio
Portuguese comércio
Italian commercio
Dutch handel
Polish handel
Russian торговля
Source : DeePL

Synonymes de « commerce »

Antonymes de « commerce »