Commune

adj

Définitions de « commune »

Trésor de la Langue Française informatisé

COMMUN, UNE, adj.
A.−
1. Qui est le fait de deux ou plusieurs personnes ou choses. D'un commun accord; avoir des goûts communs; travail commun; effort commun. Mais, vous le savez tous, notre cause est commune (Constant, Wallstein,1809, I, 1, p. 8):
1. ... où le goût commun de la terre, de la chasse, du manger et du boire, crée entre tous, bourgeois et paysans, une fraternité étroite. Mauriac, Thérèse Desqueyroux,1927, p. 218.
Emploi subst. Le commun. Le bien commun. Vivre sur le commun (Ac. 1932).
Commun à.Qui est partagé avec d'autres :
2. ... j'ai le grand défaut, commun à la plupart des fils du septentrion, d'honorer trop la vérité et de négliger la grâce. Milosz, L'Amoureuse initiation,1910, p. 8.
MATH. Dénominateur commun. Dénominateur de deux ou plusieurs fractions. Diviseur commun. Nombre qui divise exactement plusieurs autres nombres.
Loc. et expr.
Sans commune mesure. Qui ne présente aucun terme de comparaison.
Loc. verbales
N'avoir rien de commun avec. Être totalement différent de :
3. Dieu me préserve d'avoir rien de commun avec les littérateurs estimés aujourd'hui. Stendhal, De l'Amour,1822, p. 160.
N'avoir de commun que. N'avoir comme point de ressemblance que.
Loc. adv. En commun.
(De manière à être) ensemble. Avoir, mettre qqc. en commun; la vie en commun, repas en commun :
4. La France Libre est prête, maintenant, à participer à l'établissement d'un plan général concernant le Pacifique, en commun avec les États-Unis, le Gouvernement de sa Majesté en Grande-Bretagne, les Gouvernements de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande. De Gaulle, Mémoires de guerre,1954, p. 480.
5. Une brochure écrite en commun par une quinzaine de grands noms de la science, de l'armée et du journalisme se vendit à près d'un million d'exemplaires, ... Goldschmidt, L'Aventure atomique,1962, p. 62.
À la disposition de tout le monde. Les transports en commun.
2. Qui appartient à un grand nombre ou à une majorité de personnes ou de choses. Le sens commun :
6. La loi n'accorde rien, elle protège ce qui est, jusqu'au moment où ce qui est commence à nuire à l'intérêt commun. Sieyès, Qu'est-ce que le Tiers état?1789, p. 88.
7. L'une [lettre] était de Marseille, d'une confrérie de pénitents − une des dernières de France − qui accompagne à la fosse commune les corps des condamnés à mort. On l'invitait à des cérémonies. Montherlant, Le Songe,1922, p. 79.
Emploi subst. sing. Le commun + compl. prép. de. Le plus grand nombre, la généralité. Le commun des mortels.
Emploi abs. :
8. Modestes sont ceux en qui le sentiment d'être d'abord des hommes l'emporte sur le sentiment d'être soi-même. Ils sont plus attentifs à leur ressemblance avec le commun qu'à leur différence et singularité. Ils se confondent au nombre plus qu'ils ne s'en séparent. Valéry, Tel quel I,1941, p. 107.
GRAMM. Nom commun (p. oppos. à nom propre). Nom qui convient à plusieurs êtres ou choses formant un genre, une espèce.
3. Qui est propre ou incombe à un ensemble donné.
a) Qui réunit en un tout les éléments d'action sur lesquels s'est établi l'accord d'un ensemble considéré. Front commun; programme commun; Marché commun :
9. Si le tronc commun des veines communiquoit directement avec le tronc commun des artères, il n'y auroit donc qu'une seule circulation; le sang revenu au centre retourneroit directement aux parties pour revenir encore, et ainsi de suite; mais c'est ce qui n'arrive jamais entièrement. Cuvier, Leçons d'anat. comp.,t. 4, 1805, p. 169.
10. Le comité national est extrêmement désireux et a la plus grande hâte de voir s'établir à Alger, sur ces bases, l'autorité centrale commune à tout l'empire, en liaison avec la résistance intérieure. De Gaulle, Mémoires de guerre,1956, p. 472.
Faire cause* commune avec :
11. Quoi! vous ne comprenez pas qu'en faisant cause commune avec une classe d'individus tenus à bon droit pour suspects, vous infligez au gouvernement que vous servez l'humiliation d'un désaveu! Courteline, Un Client sérieux,1897, 1, p. 17.
b) Qui s'applique, qui appartient ou incombe à toutes les personnes ou à toutes les choses d'un ensemble considéré. L'intérêt commun; les charges communes.
La maison commune (littér.). L'hôtel de ville, la mairie.
La salle commune. La pièce où se réunissent tous les membres de la famille ou les membres d'un même groupe :
12. Le déjeuner, je me force à le prendre dans la salle commune et jusqu'à présent je n'y ai manqué que trois jours. Gide, Les Nouvelles Nourritures,1935, p. 282.
DR. Droit* commun.
B.− P. ext. Qui est répandu dans le plus grand nombre de lieux, chez le plus grand nombre de personnes.
1. Que l'on trouve partout, très répandu. Une variété commune :
13. Cerfeuil commun. − Plus rustique et plus productif que le précédent [cerfeuil frisé]. À cultiver partout. A. Gressent, Le Potager mod.,1863, p. 297.
Habituel, fréquent, usuel. Langue commune :
14. Le gouverneur, en arrivant de la sorte, manquait aux formes de la bienséance la plus commune; nous soupçonnâmes sans peine que c'était une espièglerie de l'amiral. Las Cases, Le Mémorial de Sainte-Hélène,t. 1, 1823, p. 480.
15. Il ne faut pas confondre cette ferveur de la vie obscure avec la conscience somnolente. Celle-ci est du moins-être, celle-là un plus-être. Elle est plus commune chez la femme, qui en moyenne vit plus près que l'homme de ses zones subliminales, ... Mounier, Traité du caractère,1946, p. 280.
Peu commun :
16. ... une sorte d'Hercule qui se faisait pardonner sa calvitie par des bras et une poitrine velus, et sa maigreur par une vigueur musculaire peu commune. Ponson du Terrail, Rocambole,t. 1, L'Héritage mystérieux, 1859, p. 80.
2. Au fig. Synon. de ordinaire, vulgaire, sans distinction, banal.Maria, qui avait dix-huit ans, était toute petite, lourde, quelconque et commune (Gyp, Souvenirs d'une petite fille,1928, p. 114):
17. Or je suis persuadé que le talent de MmeSand a sa racine dans la corruption; elle deviendrait commune, en devenant timorée. Chateaubriand, Mémoires d'Outre-Tombe,t. 4, 1848, p. 555.
Expr. Lieu commun. Idée, formule générale souvent répétée et appliquée à un grand nombre de situations. User de lieux communs; répéter, renouveler un lieu commun.
Péj. Banalité, idée ou argument rebattu(s) :
18. ... Et pourtant de ces augustes bouches Il ne sort que discours incohérents et louches, Centons plats, lieux communs, sans style et sans couleur, Indignes de ces gens de génie et de cœur. Barbier, Satires,Une Soirée d'esprits, 1865, p. 80.
Rem. Certains dict. (Lar. 19e-20e, Littré, Guérin 1892 et Quillet 1965) enregistrent le subst. fém. communité. Fait d'être commun (à) (Cf. Legoarant 1858 ds Lar. 19e-Nouv. Lar. ill. et Littré).
Prononc. et Orth. : [kɔmœ ̃]. En ce qui concerne le timbre de la voyelle finale, v. brun. Liaison avec ou, le plus souvent, sans dénasalisation : [kɔmœ ̃nε ̃teʀ ε] ou [kɔmynε ̃teʀ ε] commun intérêt. Dans l'hypothèse d'une prononc. [-ε ̃] de la finale, la dénasalisation se ferait en [-εn] : [kɔmεnakɔ:ʀ] commun accord. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. A. Relatif au plus grand nombre 1. a) 842 adj. « relatif à tous ou au plus grand nombre, général » (Serments de Strasbourg ds Bartsch Chrestomathie 2, 8); 1283 droit commun (Ph. de Beaumanoir, Coutumes Beauvaisis, éd. A. Salmon, 571); 1690 sens commun (Fur.); b) 1172-74 subst. le comun des janz « l'ensemble des gens » (Chr. de Troyes, Chevalier Charrette, éd. W. Foerster, 4074); 1664 le commun des hommes « le plus grand nombre des hommes » (Rac., Théb., I, 5 ds Livet Molière); 2. ca 1160 adj. « ordinaire » (B. de Ste-Maure, Troie, éd. L. Constans, 28411 : la gent comune); ca 1160 subst. « le peuple, le vulgaire » (Id., ibid., 26758); 1636 homme du commun (Corn., Illus. com., I, 1 ds Livet Molière); 1690 hors du commun, au dessus du commun (Fur.); 3. xiiies. adj. « répandu, fréquent » (Récits d'un Ménestrel de Reims, éd. N. de Wailly, § 159); 4. 1690 (Fur.). B. Relatif à tous les éléments d'un ensemble 1. ca 1050 adj. « qui se fait ensemble » (Alexis, éd. Chr. Storey, 308 : commune oraison); 1248 kemun assentement « commun accord » (Cart. blanc de Corb., B.N. Corb. 20, fo74 rods Gdf. Compl.); début xiies. en comune (Lois G. le Conquérant, éd. J. E. Matzke, § 37); 1443 A communs frais et despens (8 janv. Chirog., A. Tournai ds Gdf. Compl.); xiiies. commune vie « fait de vivre ensemble (ici d'une communauté religieuse) » (S. Bern. Serm. fr. mss, p. 104 ds La Curne); 2. a) ca 1160 adj. « qui appartient ou s'applique à tous les éléments d'un groupe » Eneas, éd. J. Salverda de Grave, 6593); xives. gramm. (ds Thurot, Extraits de divers manuscrits latins, Paris, 1869, p. 168 : noms communs); 1595 lieux communs « passages extraits de diverses œuvres et applicables à des sujets généraux » (Montaigne, Essais, livre 3, chap. 12, coll. de la Pléiade, p. 1185); d'où 1718 « banalités » (Ac.); xvies. denominateur commun (Est. de La Roche, Arismetique, fo12 verso ds Littré); 1449 (Archives Nord B 1684, fo47 vods IGLF : povres supplians, qui sont communs en biens); b) 1172-74 estre commun a « être de nature identique à » (Chr. de Troyes, Chevalier Charrette, éd. W. Foerster, 328 : estoit a ceus comune); 1580 n'avoir rien de commun avecques (Montaigne, Essais, livre 1, chap. 28, coll. de la Pléiade, p. 229); 3. a) 1409-10 subst. masc. sing. « personnes constituant la domesticité d'une maison » (R. II, 634, 4 ds Morlet, p. 229); b) 1694 « lieu où ces personnes travaillent » (Ac.); 4. 1690 liturg. le commun des apôtres (Fur.). Du lat. class. communis « ce qui appartient à tous, à plusieurs ». Fréq. abs. littér. : 12 015. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 20 935, b) 12 669; xxes. : a) 15 747, b) 16 970. Bbg. Gottsch. Redens. 1930, p. 350. − Goug. Lang. pop. 1929, p. 152.
COMMUNE, subst. fém.
A.− Anciennement. Ville ou bourg affranchis du joug féodal et placés sous l'administration des bourgeois organisés :
1. ... quand les villes s'affranchirent de la tutelle seigneuriale, quand la commune se forma, le corps de métiers, qui avait devancé et préparé ce mouvement, devint la base de la constitution communale. Durkheim, De la Division du travail soc.,1893, p. XXIV.
B.− Moderne
1. Circonscription administrative.
a) [En France] Circonscription administrative de base placée sous l'autorité d'un maire assisté d'adjoints et d'un conseil municipal :
2. Après avoir constitué des revenus à la commune, je les employai sans opposition à bâtir une mairie, dans laquelle je mis une école gratuite et le logement d'un instituteur primaire. Balzac, Le Médecin de campagne,1833, p. 48.
P. méton. Personne morale représentée par les habitants d'une commune. Le budget de la commune :
3. Il s'agissait d'autoriser les caisses d'épargne à prêter de l'argent aux communes, ce qui eût retiré aux établissements que dirigeait Montessuy leur meilleure clientèle. A. France, Le Lys rouge,1894, p. 333.
HISTOIRE
Commune de Paris. Gouvernement municipal de Paris de 1789 à 1795 :
4. Danton était trop compromis avec la Commune, il avait trop besoin d'elle, dans le cas où il aurait à rendre compte du sang répandu, pour travailler à la renverser. Bainville, Histoire de France,t. 2, 1924, p. 78.
Commune de Paris de 1871. Gouvernement insurrectionnel français formé après la révolution du 18 mars 1871 et renversé le 27 mai suivant :
5. Le pamphlet, qui prend pour référence constante l'expérience de la Commune, contredit absolument le courant d'idées fédéralistes et anti-autoritaires qui a produit la Commune; ... Camus, L'Homme révolté,1951, p. 283.
b) [En Chine] Commune populaire. Commune rurale, base de la vie agricole chinoise.
2. [En Angleterre] La Chambre des Communes, p. ell., Les Communes. Chambre des représentants élus du peuple.
Prononc. et Orth. : [kɔmyn]. Ds Ac. 1694-1932, avec le sens mod. à partir de Ac. 1835. Homon. commune (fém. de commun). Étymol. et Hist. 1. Ca 1138 cumune « ensemble du peuple » (Geoffrey Gaimar, Histoire des Anglais, éd. A. Bell, 1574); 2. 1155 comune « corps des bourgeois d'une ville (qui ont obtenu des franchises, souvent confirmées par une charte) » (Wace, Brut, éd. I. Arnold, 9133), répertorié comme terme historique dep. Ac. 1835; 3. 1690 hist. angl. chambre des Communes (Fur.); 4. 1789 admin. (Décrets des 8 et 9 Octobre, art. 2 ds J.-B. Duvergier, Collection complète des Lois, Décrets... : Ces notables [...] prêteront serment à la commune, entre les mains des officiers municipaux ou syndics); 1793 (Décret du 10 Brumaire an II ds J.-B. Duvergier, op. cit.); 5. a) désigne la municipalité de Paris pendant la Révolution 1790 (Décret du 9 avril ds J.-B. Duvergier, op. cit. : la commune de Paris sera tenue de fournir une soumission de capitalistes solvables et accrédités, qui s'engageront à faire les fonds dont elle aurait besoin pour acquitter ses premières obligations); spéc. désigne le mouvement insurrectionnel né dans la nuit du 9 au 10 août 1792 (10 août ds J.-B. Duvergier op. cit. : Décret relatif au compte à rendre par la commune de Paris, des évènemens qui se passent dans cette ville); 1792 (J. des débats, 14 août ds Frey); b) 1871 désigne le gouvernement révolutionnaire installé à Paris après l'insurrection du 18 mars, jusqu'au 27 mai [terme déjà employé le 31 octobre 1870 lors d'une réunion des officiers de la garde nationale, cf. G. de Molinari, Les Clubs rouges pendant le siège de Paris, Paris, 1871, p. 49; v. aussi p. 14] (La Commune, 20 mars d'apr. B. Noël, Dict. de la commune, Paris, 1971 : La Commune, c'est l'ordre). Du lat. vulg. communia « communauté de gens » plur. neutre substantivé de communis, v. commun (« communauté » est rendu en lat. class. par commune, neutre sing.) pris comme subst. fém. sing. au sens de « association jurée des bourgeois d'une ville »; d'abord formée dans une situation exceptionnelle, révolutionnaire (xies. ds Nierm.) puis « l'association jurée urbaine devenue institutionnelle » et « la communauté des habitants d'une ville de commune » (1126-27, ibid.) et le « territoire d'une ville de commune » (1136, ibid.); forme commune p. infl. du fém. de commun* (formes palatalisées de type comugne aux xiiieet xives. ds Gdf. Compl. et T.-L.). L'expr. Chambre des Communes (3) est la trad. de l'angl. House of Commons (1621 ds NED) désignant la chambre basse du Parlement anglais, Commons, plur. de common « commune » issu du fr. commune (sens 1), désignant d'abord le peuple p. oppos. à la noblesse, puis l'ensemble des représentants de celui-ci dans le Parlement anglais (ca 1415 ds NED). Fréq. abs. littér. : 1 641. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 3 149, b) 1 635; xxes. : a) 2 205, b) 2 093.
Source : CNRTL

Wiktionnaire

Français

Nom commun

Singulier Pluriel
commune communes
\kɔ.myn\

commune \kɔ.myn\ féminin

  1. (Administration territoriale) Division du territoire.
    • Quelles fonctions plus pénibles et plus dispendieuses que celles de capitaine et de chef de bataillon de la garde nationale, dans une commune de campagne ? — (François-Vincent Raspail, Organisation ruineuse ou féconde de la dépense, dans Le Réformateur, 5 fév. 1835)
    • Article unique. — La commune de Clamart est distraite du canton de Sceaux (arrondissement de Sceaux, département de la Seine) et rattachée au canton de Vanves (même arrondissement et même département). — (Loi du 20 février 1897, J.O. du 23 février 1897, France)
    • Alors qu’en 1918, 15 000 communes seulement étaient électrifiées sur les 36 000 que compte la France ; en 1930, 26 800 communes possédaient l’électricité. — (L’Électrification des Écarts, dans Almanach de l'Agriculteur français - 1932, page 36, éditions La Terre nationale)
    • Enserrée dans son ring urbain, Charleroi est aujourd'hui un véritable centre régional, environné d’une vaste nébuleuse de communes aux développements tentaculaires. — (Le patrimoine monumental de la Belgique, volume 20, page 79, Pierre Mardaga - Liège, 1994)
    • Les communes bruxelloises sont fières comme Artaban de ne pas avoir fusionné. Une fusion, ce serait une atteinte autoritaire à la démocratie communale, qui existe depuis des siècles dans nos contrées. — (Geert Van Istendael, Le labyrinthe belge, Le Castor Astral, 2004, page 149)
    1. Mairie, représentants des habitants d’une localité.
      • Certaines communes, écrivait le préfet, à l’occasion des fêtes patronales, ou de manifestations agricoles, ont, à leur programme de réjouissances, des concours de buveurs de cidre ou autres boissons. — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
      • La commune de NIVOLAS-VERMELLE a été saisie de la demande de délocalisation d’une entreprise nivolésienne du fait de l’impossibilité d’agrandir l’usine actuelle située en centre-ville. — (Commune de Nivolas-Vermelle, Modification no 1 de la révision no 2 du Plan d’Occupation des Sols : Notice explicative, décembre 1998)
    2. (France) (Administration territoriale) Division du territoire administrée par un maire et un conseil municipal.
    3. (Par extension) Corps municipal.
      • La commune a pris une décision.
    4. (Par extension) L’ensemble des habitants d’une localité.
      • 27 octobre 1851 : le juge de paix de La Chapelle d’Angillon signale que la commune d’Ivoy-le-Pré est agitée par des « meneurs » d’Henrichemont. — (Claude Ferrieux, Les derniers tisserands, 2007)
    5. (Histoire) Corps des bourgeois d’une ville ou des habitants d’un bourg, d’un village qui avaient reçu par une charte le droit de s’administrer eux-mêmes, dans l’Ancien Régime.
      • J’appelle moyen-âge, dans l’histoire de la littérature française, les XIIe, XIIIe et XIVe siècles. […]. Le commencement de cette époque est marqué en Europe par une crise sociale, de laquelle sortent tout à la fois les communes, l'organisation complète de la féodalité et de la papauté, les idiomes modernes de l’Europe, l’architecture appelée gothique. — (Jean-Jacques Ampère, La Littérature française au moyen-âge, Revue des Deux Mondes, 1839, tome 19)
      • Si l’on donne foi au bruit généralement accrédité […] d’une espèce de contrat par lequel elle aurait, comme les communes du moyen-âge, acheté son affranchissement, on aura trouvé le secret de cette munificence. — (Anonyme, Espagne. - Cadiz et Gibraltar, Revue des Deux Mondes, 1829, tome 1)
      • La plupart d’entre eux, au XIIe siècle surtout, sont encore des serfs : dans la commune de Senlis, fondée par le roi en 1173, l’évêque a encore des mainmortables. — (Henri Sée, Les classes rurales et le régime domanial en France au Moyen-âge, page 283, V. Giard & E. Brière, 1901)
  2. (Histoire) Milice bourgeoise ou milice de la campagne, dans l’Ancien Régime.
    • L’arrêt enjoignit aux communes de lui courir sus.
  3. (France) (Histoire) Organisation révolutionnaire du peuple insurgé.
    • Le même soir, quelques officiers de la commune enfoncèrent sa porte, visitèrent ses papiers, ses effets, harpèrent ce qui pouvait leur convenir et apposèrent les scellés sur les portes. — (Une agonie de soixante-quinze jours: journal inédit de Louis-Marie Debost - août 1793-avril 1794, page 54, Librairie Académique Perrin, 1932)
  4. (Burundi) Division administrative de deuxième niveau au Burundi (comprise dans une province et comprend des collines).
  5. (Québec) Regroupement de communauté intentionnelle, le plus souvent mais pas forcément, sur un terrain utilisé en commun, pour le pâturage, la culture et d'autres usages.
    • Oubliez les communes et le free-for-all des années 1960-1970, où les hippies vivaient à 6, à 10, parfois plus, sur une terre loin de la ville, partageant des valeurs similaires — et plus si affinités. — (L'actualité, Art de vivre, Faire bande à part, Isabelle Grégoire, 6 février 2019)
  6. (Québec) (Histoire) Subdivision du mode institutionnel d'occupation et de distribution des terres, le régime seigneurial, implanté en Nouvelle-France en 1627 et aboli officiellement en 1854, après l'avènement des Townships en 1763, il en subsisterait encore quelques-unes, le long du fleuve Saint-Laurent, pour le pâturage, la culture et d'autres usages.
    • À partir de 1627, la Compagnie des Cent-Associés est responsable de l'administration de la colonie. Pour ce faire, elle met en place un mode d'organisation des terres appliqué en France à la même époque : le régime seigneurial (...) Le seigneur bénéficie de droits onéreux et de droits honorifiques. Il peut établir une cour de justice, ériger un moulin et organiser une commune. — (L'Encyclopédie canadienne, Régime seigneurial, Jacques Mathieu, 25 août 2013)
  7. (Canada) Communage, communage de pâture simple, droit de communage, profit à prendre en commun, dans le droit des biens et de la propriété en common law. — (Termes normalisés par le Comité de normalisation dans le cadre du Programme national de l'administration de la justice dans les deux langues officielles (PAJLO))
  8. (Anglicisme) Député élu à la Chambre des communes, au Parlement, à Ottawa.
  9. (Argot) (Québec) Qui sert, qui peut servir tout le monde de manière indiscriminée, fille de joie, prostituée, femme de mauvaise vie.
  10. (Soutenu) (Québec) Perception imaginative, idée folle, incohérence, pensée utopique.
    • Mon souci : faire avancer le Québec [...] Le Québec est aujourd'hui loin de l'État chétif du temps de Duplessis. Il a plus de pouvoir et de ressources que bien des États souverains. Après l'indépendance, je tiens pour acquis que les Québécois souhaiteraient garder une monnaie commune et la pleine liberté de mouvement et de commerce avec le Canada. [...] Je rêve que nous puissions faire des Québécois le peuple le plus instruit, le plus en santé et le plus prospère d'Amérique. L'histoire des 50 dernières années me dit que ce n'est pas un rêve impossible. Mais, entre-temps, que d'énergies perdues et de talents gaspillés au nom d'une souveraineté imaginaire! — (Le Devoir, Souveraineté imaginaire, Mario Polèse - Professeur à l'INRS Urbanisation, culture et société, 7 juillet 2009)
  11. (Latinisme) (Québec) L'ensemble des règles en application, droit statutaire et pouvoir résiduel fédéral, droit commun, fondement des principes du droit en droit civil québécois.
    • La notion de droit commun en droit civil québécois [...] afin d'établir les différences entre "jus commune", droit commun [...] — (CorpusUL, Dépôt institutionnel, Bibliothèque - Université Laval, La notion de droit commun en droit civil québécois, Juneau, 2009)

Forme d’adjectif

Singulier Pluriel
Masculin commun
\kɔ.mœ̃\

communs
\kɔ.mœ̃\
Féminin commune
\kɔ.myn\
communes
\kɔ.myn\

commune \kɔ.myn\

  1. Féminin singulier de commun.
    • Les êtres corporels se trouvent tous ensemble dans la matière, mais les anges ne se rencontrent pas avec les êtres corporels dans une matière commune. — (Thomas d'Aquin, De la production des anges dans l'ordre de la nature, part. 1, question 61, article 4, dans Somme théologique de S. Thomas d'Aquin, volume 2, traduction F. Lachat, 1855, page 595)
    • Faire chambre commune.

Voir aussi

  • La catégorie Localités de France en français 
  • commune sur l’encyclopédie Wikipédia
Source : Wikitionnaire

Littré (1872-1877)

commune

(ko-mu-n') s. f.
  • 1Dans le régime féodal, le corps des bourgeois d'une ville ou d'un bourg ayant reçu charte qui leur donnait droit de se gouverner eux-mêmes.

    Affranchissement des communes, acte par lequel Louis le Gros et en général tout seigneur octroya la liberté aux serfs sous certaines conditions. Nous avons considéré que, bien que l'autorité soit entière dans la personne du roi, nos prédécesseurs n'avaient point hésité à en modifier l'exercice, suivant la différence des temps ; que c'est ainsi que les communes ont dû leur affranchissement à Louis le Gros, Préambule de la charte constitutionnelle de 1814. Des libertés immémoriales prenaient l'air de concessions récentes ; toute commune semble une pure émanation de la volonté royale, et Louis le Gros, comme premier en date, a l'honneur de l'initiative ; de là vient que Beauvais et Noyon passent pour les plus anciennes communes de France ; assertion vraie si l'on réduit le nom de France à ses limites du XIIe siècle, et fausse si on l'applique à tout le territoire sur lequel il s'étend aujourd'hui, A. Thierry, Lett. sur l'hist. de Fr. XII.

    Les communes, les milices fournies par les communes.

  • 2Aujourd'hui, agrégation de familles rassemblées dans une certaine circonscription de territoire, et unies par des relations de voisinage et des intérêts communs, que gère une administration commune.

    Division territoriale administrée par un maire et un conseil municipal.

    L'être collectif représentant les habitants d'une commune. Il assigna la commune devant le tribunal.

    Dans l'histoire de la Révolution, quand on dit la commune, on entend la municipalité de Paris qui s'organisa en 1789 sous la présidence du prévôt des marchands.

    L'hôtel de ville, la mairie. Il se rendit à la commune.

  • 3En un sens restreint, les communes, les populations rurales.

    Autrefois, les communes, biens communaux. Mener paître les troupeaux dans les communes.

  • 4La bourgeoisie ou le peuple, par opposition à la noblesse. La commune s'allait séparer du sénat, La Fontaine, Fab. III, 2. L'Église avait tout à craindre des grands et rien des communes, Chateaubriand, Génie, IV, VI, 11.

    La chambre des communes, la chambre basse du parlement anglais, c'est-à-dire l'assemblée des députés élus par les bourgs et cités du royaume.

HISTORIQUE

XIIe s. J'ai le transcrit des lettres (einsi n'eschaperez), Qui vus ad de commune eclesial sevrez, Th. le mart. 124.

XIIIe s. Et fist l'endemain semonre devant li la comune de Namur, Chron. de Rains, 227. Cil qui sont procureur par le commun d'aucune vile en laquele il n'a point de commune, Beaumanoir, 80. Et puis convient qu'il voist [aille] manoir hors du lieu de la [la] commune, Beaumanoir, XXI, 26. Le jour meismes que elle [la reine] fu acouchée, li dit l'en que ceulx de Pise et de Genes s'en vouloient fuir, et les autres communes, Joinville, 252.

XVIe s. La commune [le commun] de son armée, Montaigne, I, 4. Laisser le gouvernement ez mains de la commune [du peuple], Montaigne, I, 113. Le senat ne pouvoit venir à bout de la commune, qui à toute force vouloit tenir le party de Hannibal, Amyot, Marcel. 14. Il s'amassa d'Auvergne et de Forest grand nombre de noblesse et de communes, qui furent dissipez par les Lionnois, D'Aubigné, Hist. I, 145.

Source : Dictionnaire Littré

Étymologie de « commune »

Du latin communia (« communauté de gens »)[1], pluriel du neutre commune (« ce qui est en commun, le commun [du peuple] »).
Source : Wikitionnaire

Commun ; bourguig. lai quemeugne, la commune ; provenç. comuna, comunio ; ital. comuna.

Source : Dictionnaire Littré

Phonétique du mot « commune »

Phonétique Prononciation
France : écouter « commune [kɔ.myn] »
France (Lyon) : écouter « commune »
Vosges (France) : écouter « commune »
Source : Wikitionnaire

Fréquence d'apparition du mot « commune »

Source : Google

Traductions du mot « commune »

Langue Traduction
English commune
German Gemeinde
Spanish municipio
Portuguese comuna
Italian comune
Dutch gemeente
Polish gmina
Russian коммуна
Source : DeePL

Synonymes de « commune »

Antonymes de « commune »