Compagnie

subst fém

Définitions de « compagnie »

Trésor de la Langue Française informatisé

COMPAGNIE, subst. fém.
I.− Fait d'être d'une manière habituelle ou occasionnelle auprès d'une personne.
A.− Présence (d'une ou plusieurs personnes, et p. métaph. d'un animal ou d'une chose) auprès d'une personne. Rechercher, aimer la compagnie; la compagnie des dames :
1. Je vois ma mère et ma nièce les dimanches, et puis c'est tout. Ma seule compagnie consiste en une bande de rats qui font dans le grenier, au-dessus de ma tête, un tapage infernal, ... Flaubert, Correspondance,1867, p. 267.
Absol. Aimer la compagnie. Aimer être avec une ou plusieurs personnes :
2. Genevet a beau les mal nourrir, pour les rendre un peu féroces, ses chiens restent tout juste bons à aboyer faiblement à la lune, quand ils s'ennuient de se trouver seuls dans l'obscurité, tellement ils aiment la compagnie. Bosco, Le Mas Théotime,1945, p. 56.
B.− Vx [En parlant d'une pers., d'un animal ou d'un lieu] Être (paraître) bonne ou mauvaise compagnie. Être (pour quelqu'un) une présence agréable ou désagréable. Avec les animaux je veux passer ma vie; ils sont si bonne compagnie! (Florian, Fables,Le Savant et le fermier, 1792, p. 132).Il [Véron] était tout à fait bonne compagnie dans le sens de bon compagnon (Sainte-Beuve, Causeries du lundi,t. 9, 1851-62, p. 531).
C.− Expr. et loc. diverses
1. En bonne compagnie. Avec une ou plusieurs personnes agréables. Comtesse, permettez que je vous présente le chevalier de Valelos, ... Comtesse, je vous laisse en bonne compagnie (A. Dumas Père, Un Mariage sous Louis XV,1841, II, 3, p. 131).En galante compagnie. Avec une femme (cf. Morand, New York, 1930, p. 143).
2. Loc. verbales [Le suj. est un animé ou un inanimé] Tenir compagnie à qqn; faire compagnie à qqn (vieilli). Être auprès d'une personne (pour la distraire dans sa solitude); empêcher une personne de se sentir seule. Le feu lui tient compagnie. Les livres lui tiennent compagnie (Ac.). Fausser compagnie à qqn. Quitter (assez brusquement) la personne auprès de laquelle on se trouvait. Elle [madame de Rias] faussa tout à coup compagnie au vicomte Roger pour joindre M. de Kévern (O. Feuillet, Un Mariage dans le monde,1875, p. 20):
3. Ce bruit familier [les moulins de Leysieu], dès l'instant qu'elle l'eut identifié, lui tint compagnie. C'était une présence humaine. Daniel-Rops, Mort, où est ta victoire?1934, p. 43.
3. Dame ou demoiselle de compagnie. Personne dont la fonction consiste à tenir compagnie (à une femme ou à une jeune fille) :
4. MlleAndriot : cheveux presque blancs; le visage est disgracié. Bien habillée, quoique sans élégance. Un rien « dame de compagnie », mais un rien seulement. Montherlant, Celles qu'on prend dans ses bras,1950, p. 767.
4. Loc. adv. ou prép.
a) [Détermine un verbe dont le suj. est une pers. ou une chose abstr.] De compagnie. Ensemble. Un homme riche, sot et vain, Qualités qui par fois marchent en compagnie (Florian, Fables,Le Sanglier et les rossignols, 1792, p. 115).Vers le milieu de l'été, toute la famille se prit à rêver de compagnie (G. Duhamel, Chronique des Pasquier,Le Notaire du Havre, 1933, p. 102).Par compagnie. Comme les chances humaines vont toujours par compagnie, le petit Jean fit son apparition sous les myrtes du domaine (A. Daudet, Sapho,1884, p. 94).
b) [Peut être suivi d'un nom désignant un animé ou un inanimé] En compagnie (cf. Balzac, Gobseck, 1830, p. 390). Avec une (ou plusieurs) personne(s). En (dans la) compagnie de. Avec. Hélas! je suis revenu depuis sur la terre, j'ai cheminé en compagnie de la réalité, sous la férule du jugement et de la raison (Toepffer, Nouvelles genevoises,1839, p. 173).Rien de neuf dans ma vie, mon cher vieux. Je la passe uniformément au milieu de mes livres et dans la compagnie de mon chien (Flaubert, Correspondance,1872, p. 460).De compagnie avec (Mmede Chateaubriand, Mémoires et lettres, 1847, p. 4). En même temps que, avec.
SYNT. Dîner en compagnie de, se plaire ou s'ennuyer en/dans la compagnie de.
II.− P. méton. Groupe de plusieurs personnes.
A.−
1. Vx. Ensemble de personnes qui se trouvent habituellement auprès de quelqu'un :
5. Alors le père Maurice prononça son compliment. Il invitait le maître de la maison et toute sa compagnie, c'est-à-dire tous ses enfants, tous ses parents... G. Sand, La Mare au diable,1846, p. 165.
2. Groupe de personnes réunies le plus souvent dans un but distractif. Une nombreuse compagnie; une compagnie choisie :
6. À cette heure même, dans une chambre voisine de la sienne, une compagnie de jeunes gens et de jeunes femmes, buvant à plein verre le vin, qui est le jus du plaisir, chantaient ce refrain connu : « dans un grenier qu'on est bien à vingt ans ». Murger, Scènes de la vie de jeunesse,1851, p. 173.
Expr. fam. [S'adressant à une ou plusieurs pers., en guise de salut, ou à la vie, en guise d'adieu] Bonsoir la compagnie. Il saluait le bibliothécaire par ces mots : − Bonsoir, la compagnie! (A. France., La Révolte des anges,1914, p. 174):
7. Je peux encore être d'une petite utilité à la cause de la vérité; mais, si je te perdais [Maurice Sand], bonsoir la compagnie! G. Sand, Correspondance,t. 3, 1812-76, p. 138.
Proverbe. Il n'y a si bonne compagnie qui ne se sépare ou ne se quitte (Ac.). ,,Les choses même les plus agréables ont une fin`` (Lar. 19e).
3. Spéc. La bonne compagnie. Personnes appartenant à la classe aisée, se fréquentant exclusivement. La haute ou la grande compagnie. L'aristocratie. La mauvaise compagnie. Personnes d'un bas niveau social, personnes qui, d'après les règles morales et les valeurs admises par d'autres, sont grossières et vulgaires. La bonne compagnie, en Allemagne, c'est la cour; en France c'étoient tous ceux qui pouvoient se mettre sur un pied d'égalité avec elle (Mmede Staël, De l'Allemagne,t. 1, 1810, p. 170).Si violente que soit leur passion, Hermione, Andromaque, Roxane, Bérénice, gardent le ton de la meilleure compagnie (Taine, Philos. de l'art,t. 1, 1865, p. 93):
8. À Paris, dans la « Société » l'argent ne joue qu'un rôle occulte. On est censé en avoir... Manquer à cette convention, ce serait s'éliminer soi-même de la bonne compagnie. A. Daudet, Immortel,1888, p. 119.
[En parlant d'une pers.] De bonne ou de mauvaise compagnie. Qui appartient à la bonne ou à la mauvaise compagnie et en a les manières; qui a de bonnes manières, qui est bien élevé, ou le contraire. Il faut laver son linge sale en famille, disait Napoléon, dans un langage bien digne d'un empereur de mauvaise compagnie (Fongeray, Les Soirées de Neuilly,t. 1, 1827, p. 15):
9. M. Care est un philosophe bien pensant et de bonne compagnie, la petite monnaie de Cousin, un écrivain fade et sucré, dont la tenue correcte a fait le triomphe. Zola, Doc. littér.,Chateaubriand, 1881, p. 12.
Plais. J'aurai l'honneur de vous donner un soufflet (...) de bonne compagnie... avec le gant! (Labiche, J'ai compromis ma femme,1861, 10, p. 159).
P. méton. :
10. Il y a des rues de mauvaise compagnie où vous ne voudriez pas demeurer... Quelques rues... ont une belle tête et finissent en queue de poisson... Balzac, Ferragus,1833, p. 13.
B.− Groupe organisé, institué pour un but précis.
1. Corps constitué, association de personnes (magistrats, religieux, savants, gens de lettres ou artistes) réunies pour une œuvre commune. Une compagnie de ballets, une compagnie de musique. La plupart des riches paysans romains, alors comme aujourd'hui, faisaient partie de quelque compagnie de pénitents (Stendhal, L'Abbesse de Castro,1839, p. 172).Les avoués de Paris, compagnie assez calomniée, entreprennent gratuitement la poursuite des procès des indigents (Balzac, La Cousine Bette,1846, p. 402).
Absol. La compagnie ou la Compagnie. Peut désigner, selon le contexte : la compagnie des Jésuites ou compagnie de Jésus, l'Académie française, la Comédie-Française; [souvent suivi d'un nom propre, nom du fondateur] la compagnie de théâtre X... ou Y... Il ressemblait, tout de noir vêtu, énergique et onctueux en même temps, à quelque membre de la Compagnie (F. Jammes, Mémoires,1922, p. 207).J'ai entendu la compagnie Stanislavsky jouer les Trois sœurs de Tchekhov (Du Bos, Journal,1926, p. 32):
11. « Messieurs de la Comédie-Française! ... » Rasés de près, solennels, saluant ainsi qu'au grand siècle, ils se campaient en nobles attitudes autour de leur doyen qui, d'une voix caverneuse, présentait la Compagnie, parlait des efforts, des vœux de la Compagnie, la Compagnie sans épithète, sans qualificatif, comme on dit Dieu... A. Daudet, Numa Roumestan,1881, p. 297.
2.
a) Société commerciale (spécialisée dans certaines opérations ou assurant un service public), ou société industrielle. Compagnie d'assurances. Le gouvernement de la République demeura soumis au contrôle des grandes compagnies financières (A. France, L'Île des pingouins,1908, p. 322).
SYNT. Compagnie de chemin de fer, de gaz, de navigation, d'omnibus; compagnie aérienne; compagnie pétrolière.
b) Loc. Et compagnie (abrév. et Cie). [Loc. que l'on ajoute après l'énumération des associés désignant la raison sociale de la société, pour indiquer qu'il en existe d'autres qui ne sont pas nommés] Et ses associés :
12. [Le maître drapier :]. − ... Joseph, l'inventaire est fini... Madame Guillaume m'a donné l'idée de vous offrir un intérêt. Hein! Guillaume et Lebas, ces mots ne feraient-ils pas une belle raison sociale? On pourrait mettre et compagnie pour arrondir la signature. Balzac, La Maison du chat-qui-pelote,1830, p. 31.
Familier
[Après un adj. de sens péj. : laisse sous-entendre tous les synon. possibles] Tous les curés, ça se vaut, c'est hypocrite et compagnie (Zola, La Conquête de Plassans,1874, p. 1187).
[Après un nom propre de pers.] Plais. ou péj. Et tous les autres. À ton âge, je savais Virgile et compagnie par cœur (J. de Maistre, Correspondance,t. 3, 1808-10, p. 142).Les larves sinistres comme Painlevé, Poincaré, Briand et compagnie l'avaient [Mangin] en suspicion et en haine (L. Daudet, La Recherche du beau,1932, p. 197).
c) ARITHM. Règle de compagnie. Synon. règle de société*.
3. Spéc. Groupe, troupe de gens armés. Le reste du royaume était dévasté par les compagnies d'aventuriers et de brigands qui n'obéissaient à aucun souverain (Barante, Hist. des ducs de Bourgogne,t. 1, 1821-24, p. 58).
a) Bande d'aventuriers. Réunis en bandes très-nombreuses, ou plutôt une grande armée qu'on appelait la compagnie blanche, ils [les aventuriers] pillaient les campagnes (Mérimée, Hist. de Don Pèdre Ier, roi de Castille,1848, pp. 334-335).Plur. Les grandes compagnies. Bandes qui s'étaient formées pendant la guerre de Cent ans et qui par la suite ravagèrent le pays (cf. Zola, La Terre, 1887, p. 79).
b) TECHN. MILIT. Unité d'infanterie et d'autres armes anciennement à pied, commandée généralement par un capitaine. Compagnie de grenadiers, de parachutistes. Mon fils m'annonce le départ de la compagnie des gardes à pied où il est enrôlé (Maine de Biran, Journal,1815, p. 45).Les voitures de la compagnie de mitrailleuses annoncèrent la fin du bataillon (Montherlant, Le Songe,1922, 2epart., p. 131).
Vx. Compagnies franches. Détachements spéciaux ne faisant pas partie d'un régiment :
13. Elle [la République] avait d'abord pourvu à la défense des départements attaqués, en en remettant le soin aux habitants patriotes par un des articles de cette loi de messidor... Cet article... était ainsi conçu : Il sera organisé des compagnies franches dans les départements de l'Ouest. Balzac, Les Chouans,1829, p. 8.
Compagnies de discipline. Unités, remplacées aujourd'hui par les sections spéciales, où étaient envoyés les soldats qui avaient encouru une condamnation (cf. De Vogüé, Les Morts qui parlent, 1899, p. 242).
c) Compagnie républicaine de sécurité (C.R.S.). Unité mobile de police chargée du maintien de l'ordre. Un C.R.S. Policier appartenant à cette unité. À Saint-Nazaire, l'intervention des compagnies républicaines de sécurité pour dégager l'usine occupée fait de nombreux blessés (J.-D. Reynaud, Les Syndicats en France,1963, p. 140).
C.− P. anal., VÉN. Bande d'animaux de même espèce qui vivent en groupe. Une compagnie de perdreaux ou de perdrix. Bêtes de compagnie. ,,Jeunes sangliers qui vont encore par troupes`` (Ac.).
Rare [En parlant d'animaux domestiques] Les carreaux blanchirent, un fiacre passa, puis une compagnie d'ânesses qui trottinaient sur le pavé (Flaubert, L'Éducation sentimentale,t. 2, 1869, p. 226).
Vieilli, fig. et fam. Être bête de compagnie. ,,Aimer la société et se laisser facilement mener où les autres veulent`` (Ac.).
Prononc. et Orth. : [kɔ ̃paɳi]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1. Ca 1050 cumpainie « réunion de personnes » (St Alexis, éd. Ch. Storey, 604); 2. ca 1175 tenir conpaignie (Chrétien de Troyes, Chevalier au lion, éd. M. Roques, vers 5728); 1540 faulcer compaignie (Amadis, p. 9 ds IGLF); 3. a) ca 1100 cumpagnie « troupe de gens armés » (Roland, éd. J. Bédier, vers 1471); b) 1585 « unité militaire sous les ordres d'un capitaine » (N. Du Fail, Contes et Discours d'Eutrapel, éd. J. Assézat, t. 1, p. 307); 4. a) 1283 compaignie « association de débiteurs » (Charte de Lille ds Roisin, éd. Brun-Lavainne, p. 47); [1560 Compagnie d'Afrique nom de la 1recompagnie commerciale, fondée en 1560 d'apr. Guérin 1892, sans réf.] 1635 compagnie (commerciale) (Monet Abrégé); b) av. 1655 Compagnie de Jésus (Cyrano de Bergerac, Lettres satiriques, p. 121 ds IGLF); 5. 1559 « groupe d'animaux » (Amyot, Cicéron, 59 ds Littré). Dér. en -ie* soit de l'a. fr. compain (compagnon*, copain*), soit de l'a. fr. compaign(i)e « compagnie » (Alexis, éd. Ch. Storey, 607) issu d'un lat. pop. *compania, dér. de companio (compagnon*). Fréq. abs. littér. : 5 441. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 7 061, b) 8 359; xxes. : a) 9 244, b) 7 074. Bbg. Gohin 1903, p. 334. − Gottsch. Redens. 1930, p. 27, 374. − Goug. Lang. pop. 1929, p. 21.
Source : CNRTL

Wiktionnaire

Français

Nom commun

Singulier Pluriel
compagnie compagnies
\kɔ̃.pa.ɲi\
ou \kɔ̃.pa.ni\

compagnie \kɔ̃.pa.ɲi\ ou \kɔ̃.pa.ni\ féminin

  1. Réunion de plusieurs personnes assemblées pour le plaisir d’être en société.
    • Une nombreuse compagnie.
    • Il fut bien reçu, lui et sa compagnie.
    • Aimer la compagnie.
    • Recevoir compagnie chez soi.
    • Il est très aimable en compagnie.
    • Il n’y a ou il n’est si bonne compagnie qui ne se sépare ou ne se quitte : (Proverbial), souvent (Ironique) Pour faire comprendre, à une ou des personnes qu’on quitte, qu’on n’est pas fâché de s’en séparer.
    • Un jeune paysan marchait devant, touchant alternativement de son aiguillon les cornes des bœufs.
      Sans modifier le pas, il ôta son béret.
      – Bonjour, Isabeline, dit-il, et la compagnie.
      — (Pierre Benoit, Mademoiselle de la Ferté, Albin Michel, 1923, réédition Cercle du Bibliophile, page 31)
    • « Allez, au revoir, la compagnie ! » — (Marcel Pagnol, Le château de ma mère, 1958, collection Le Livre de Poche, page 91)
  2. (Par extension) Plusieurs personnes que des habitudes ou des goûts communs rapprochent et qui forment une espèce de société.
    • C’était la première fois dans sa vie que Zaheira avait ajouté foi à des prédiction de ce genre. La compagnie des femmes du village, depuis son mariage, l’avait peu à peu inclinée vers ces superstitions. — (Out-el-Kouloub, « Zaheira », dans Trois contes de l’Amour et de la Mort, 1940)
    • Monsieur de C. aime à répéter l’irrévérencieux dicton : « Princes russes et marquis italiens sont de petite compagnie.  » — (Marguerite Yourcenar, Souvenirs pieux, 1974, collection Folio, page 352)
    • Introduire quelqu’un dans une compagnie.
    • La bonne compagnie, ensemble des personnes distinguées par leur éducation, leur politesse, leur bon ton.
    • Sa maison est le rendez-vous de la bonne compagnie.
    • Il a le ton de la bonne compagnie.
    • Être de bonne compagnie, avoir un bon ton, de bonnes manières.
    • Et voilà pourquoi la bonne compagnie, en France, est arrivée à une époque de décadence. Nous sommes arrivés au siècle de Sénèque et n’osons plus agir et parler comme du temps de madame de Sévigné et du grand Condé. — (Stendhal, Lucien Leuwen, 1834)
    • La mauvaise compagnie.
  3. Deux ou plusieurs personnes qui sont ensemble, qui font ensemble la même chose.
    • Voyant que M. Filloteau partait le lendemain par la diligence pour rejoindre le régiment, Lucien lui demanda la permission de voyager de compagnie. — (Stendhal, Lucien Leuwen, 1834)
    • Depuis ce jour, Célestin et Amycus vécurent de compagnie. — (Anatole France, L’Étui de nacre, 1892, réédition Calmann-Lévy, 1923, page 32)
    • On le citait partout et en toutes occasions, soit qu’il galopât son cob irlandais, le matin au Bois […] soit qu’il apparût, le soir, dans une avant-scène de théâtre, en compagnie d’une jolie fille. — (Octave Mirbeau, Contes cruels : Gavinard)
    • Ils vinrent de compagnie.
    • Elle y alla de compagnie avec sa sœur.
    • Il sortit en compagnie d’un tel.
    • Tenir, faire compagnie à quelqu’un.
    • Il serait bien aise de jouir un moment de votre compagnie.
    • La tête en l’air, qui suit à Oxford quelques cours de botanique, se prépare à devenir pasteur quand une chance imprévue s’offre à elle : on lui propose de partir, au titre d’homme de compagnie du capitaine Robert Fitz-Roy, âgé de vingt-six ans et au caractère difficile, pour un très long voyage d’étude. — (Jean d’Ormesson, C’est une chose étrange à la fin que le monde, 2010)
    • Être bête de compagnie, aimer la société et se laisser facilement mener où les autres veulent.
    • Il fera ce que vous voudrez, il est bête de compagnie.
  4. Chose ou animal qui peut distraire quelqu’un dans la solitude, l’empêcher de se sentir seul.
    • Son chien, son oiseau est pour elle une compagnie.
    • Le feu lui tient compagnie.
    • Les livres lui tiennent compagnie.
  5. (Chasse) Troupe, bande.
    • Une compagnie de perdreaux, de faisandeaux.
    • La femme, les enfants couraient comme un vol de perdreaux, se posaient haletants derrière un buisson. Et parfois le tireur s’acharnait sur cette compagnie. — (Jean Giono, Le hussard sur le toit, 1951, réédition Folio Plus, page 277)
    • Ils [des perdreaux] ne prirent par leur vol, comme si ma présence désarmée n'exigeait pas les grands moyens. Alors, je ramassai des pierres et je les lançai devant moi : un bruit énorme, pareil à celui d'une benne de tôle qui vide un chargement de pierres, me terrorisa ; pendant une seconde, j'attendis l'apparition d'un monstre, puis je compris que c'était l'essor de la compagnie, qui fila vers la barre, et plongea dans le vallon. — (Marcel Pagnol, La gloire de mon père, 1957, collection Le Livre de Poche, page 303)
    • Bêtes de compagnie : Jeunes sangliers qui vont par troupes.
    • Ce sanglier a quitté les compagnies : Il commence à aller seul.
  6. (Nom collectif) (Ornithologie) Groupe d’oiseaux en particulier des perdrix.
  7. (Commerce) Société commerciale.
    • De grands embarras financiers avaient conduit le gouvernement à signer avec des compagnies de chemin de fer des conventions que les radicaux avaient dénoncées comme étant des actes de brigandage. — (Georges Sorel, Réflexions sur la violence, chap. VI, La Moralité de la violence, 1908, page 281)
    • Peu de temps après, mon père entre au service de la Compagnie de l’Ouest. Il reçoit mission de construire le chemin de fer du Mans à Angers. — (Joseph Caillaux, Mes Mémoires, I, Ma jeunesse orgueilleuse, 1942)
    • L’anarchisme s’est surtout manifesté par des grèves dures, conduites dans les secteurs les plus sensibles de l’économie d’exportation : bananeraies de Colombie, compagnies pétrolières du Mexique. — (Pierre Vayssière, Les Révolutions d’Amérique latine, Éditions du Seuil, 1991, page 105)
    • Untel et compagnie, Untel et ses associés.
    • Cette maison de commerce, de banque est sous la raison Gauthier, Lefèvre et compagnie.
  8. Réunion de personnes formant un corps, une assemblée, tels que des magistrats, des gens de lettres, des savants, des artistes, des religieux.
    • Tel fut l’avis de la compagnie.
    • Il a eu tous les suffrages de la compagnie.
    • La Compagnie de Jésus, la société des jésuites.
  9. (Militaire) Unité de formation d’infanterie sous les ordres d’un capitaine.
    • Longue marche dans le brouillard. Le régiment tousse, moins la compagnie du lieutenant Viard, où la toux est punie et où les soldats se rattrapent sur l’éternuement. — (Jean Giraudoux, Retour d’Alsace - Août 1914, 1916)
    • Nous errons tristement dans les rues quand nous avisons une compagnie de la Wehrmacht en train de popoter à la roulante sur la place du village. — (Louis Boyé, Un jour, le grand bateau viendra : Chronique de la résistance, L’Harmattan, Paris, 1996, page 359)
    • Et dans ce moment même, sans qu’on sût comment et pourquoi, ce peuple qui s’élançait sur les compagnies se mit à reculer… — (Michel Zévaco, Le Capitan, 1906, Arthème Fayard, collection « Le Livre populaire » no 31, 1907)
    • Le plan de Gage est simple : lever cinq compagnies de 60 hommes chacune […] — (Jacques Lacoursière, Histoire populaire du Québec, vol. 1, « Des origines à 1791 », 2013, page 522)

Voir aussi

  • compagnie sur l’encyclopédie Wikipédia
Source : Wikitionnaire

Littré (1872-1877)

compagnie

(kon-pa-gnie) s. f.
  • 1Réunion de personnes qui ont quelque motif de se trouver ensemble. Je vous laisse parmi vos myrtes et vos orangers où vous n'êtes jamais en meilleure compagnie que quand personne n'est avec vous, Guez de Balzac, liv. I, lett. 9. On se promène ou seule ou en compagnie, Sévigné, 582. Ses biens aux pauvres départis, Il s'en va seul sans compagnie, La Fontaine, Oies. En compagnie D'un sien ami, La Fontaine, Berc. … Si notre compagnie, Lui dirent-ils, vous pouvait être à gré, Et qu'il vous plût achever cette traite Avecque nous, ce nous serait honneur, La Fontaine, Orais. Dans la solitude, il [le perroquet] est compagnie ; dans la conversation, il est interlocuteur, Buffon, Perroquet.

    Tenir, faire compagnie à quelqu'un, rester avec lui, l'entretenir. Personne ne me tient compagnie, Sévigné, 98. Le cardinal me tient très bonne compagnie, Sévigné, 216. Votre aimable idée m'a tenu fidèle compagnie, Sévigné, 71. Combien le feu tient douce compagnie ! Béranger, Feu du prison. On le porta en silence dans la chambre où il devait être enfermé ; cette chambre [à la Bastille] était occupée par un vieux solitaire de Port-Royal, qui y languissait depuis deux ans : tenez, lui dit le chef des sbires, voilà de la compagnie que je vous amène, Voltaire, Ingénu, 9.

    Dame, demoiselle de compagnie, dame ou demoiselle placée auprès d'une personne pour lui tenir compagnie.

    En bonne compagnie, accompagné de beaucoup de monde. Je vais vous y remettre en bonne compagnie, Corneille, Nic. III, 1. Ou qu'il voit la justice en grande compagnie, Mener tuer un homme avec cérémonie, Boileau, Sat. VIII.

    Fausser compagnie, se dérober d'une compagnie ou manquer à s'y trouver, quitter les gens. Bon ! le voilà qui fausse compagnie, Racine, Plaid. II, 9.

    Jouer à la fausse compagnie, quitter un parti, trahir ceux avec qui on est associé.

    De compagnie, ensemble. Prête à mourir de compagnie, La Fontaine, Matr. Deux grands auteurs rimant de compagnie, Racine, Épig. Et mon âme et mon corps marchent de compagnie, Molière, Fem. sav. IV, 2. Il nous eût d'un bâton chargés de compagnie, Molière, l'Étour. I, 5.

  • 2Société de personnes se voyant habituellement pour le plaisir de causer, de jouer, etc. Introduire quelqu'un dans une compagnie. Il est très aimable en compagnie. Aimer la compagnie. Toute la compagnie arriva en bonne santé, Bossuet, Lett. 132. Il pria la compagnie d'y souper, Hamilton, Gramm. 4. Nous nous sommes une compagnie, Sévigné, 562. Mme Tambonneau avait trouvé le moyen de voir la meilleure et la plus importante compagnie de la cour, Saint-Simon, 46, 31. Mais que vois-je ? de bons amis Que rassemble un couvert bien mis ; Asseyez-vous, me dit la compagnie, Béranger, Académie et caveau.

    Être en compagnie, avoir du monde. Il est en compagnie, Molière, Tart. V, 4.

    On disait autrefois, mais on ne dit plus : Il est compagnie, c'est-à-dire c'est une personne qu'on ne voit que rarement et en cérémonie ; il se croit compagnie, c'est-à-dire ce subalterne se familiarise trop.

    Bonne compagnie, société de gens distingués par leur éducation et leur politesse. Il m'a dit qu'il voyait bonne compagnie, Sévigné, 515. Vous voyez ce que c'est que de voir bonne compagnie, Sévigné, 37. Il voit que le nom de bonne compagnie n'est pas un vain nom, quoiqu'il soit souvent usurpé, Voltaire, Princ. de Babyl. 10. Ces croquants-là vous disent plus de sottises dans une brochure de deux pages, que la meilleure compagnie de Paris ne peut dire de choses agréables et instructives dans un souper de quatre heures, Voltaire, l'H. aux 40 écus, Souper. Nos petits-maîtres et nos petites-maîtresses s'y seraient ennuyés sans doute, ils prétendent être la bonne compagnie ; mais ni M. André ni moi ne soupons jamais avec cette bonne compagnie-là, Voltaire, ib. J'ai souffert qu'elle ait vu les belles compagnies, Molière, Éc. des maris, I, 2. La bonne compagnie chez vous ne déjeune pas, parce qu'elle a trop soupé, Voltaire, Lettr. Mme Du Deffant, 24 avril 1769.

    Être de bonne compagnie, être bonne compagnie, avoir de bonnes manières. Mon fils est de bonne compagnie, Sévigné, 44. Que je fusse peuple à la guinguette et bonne compagnie au Palais-Royal, Rousseau, Ém. IV.

    Être de bonne compagnie, être aimable, agréable. Elle est toujours de très bonne compagnie, Sévigné, 181.

    En bonne compagnie, avec des gens comme il faut. Et par extension, votre portrait est dans mon cabinet en bonne compagnie.

    Mauvaise compagnie, gens de mauvais ton ou de mauvaises mœurs. Il voit une mauvaise compagnie. Il est en mauvaise compagnie.

    Être de mauvaise compagnie, être mauvaise compagnie, avoir un mauvais ton.

    Être de mauvaise compagnie, être mauvaise compagnie, être triste, maussade. Voilà ce qui compose une femme d'assez mauvaise compagnie, Sévigné, 252. Nous nous vantons de ne nous point ennuyer ; nous sommes si glorieux que nous ne voulons pas nous trouver de mauvaise compagnie, La Rochefoucauld, Réflexions, 141.

  • 3Assemblée libre ou sous le patronage de l'État pour la culture des sciences et des lettres. L'Académie française est une compagnie. Il les a réunis [les gens de lettres] en une compagnie célèbre, La Bruyère, Disc. à l'Ac. fr. Comment oser blâmer les sciences devant une des plus savantes compagnies de l'Europe ? Rousseau, Disc. sur les sciences et les arts.

    Compagnie se dit aussi des maisons religieuses et des colléges. La compagnie de Jésus est la société des jésuites. La compagnie de Sorbonne. La compagnie de l'Oratoire. Tout notre corps est responsable des livres de chacun de nos pères [jésuites] ; cela est particulier à notre compagnie, Pascal, Prov. 9.

    Se dit également de l'ordre des avocats, des anciennes corporations et de celles des officiers ministériels.

    Anciennement, corps établi par autorité du roi pour rendre la justice. Les parlements, les chambres des comptes étaient des compagnies souveraines ou supérieures. J'entends dire de quelques particuliers ou de quelques compagnies : tel et tel corps se contestent l'un à l'autre la préséance, La Bruyère, XIV.

  • 4 Terme de commerce. Réunion de capitalistes, de négociants.

    Société industrielle formée d'actionnaires. Les compagnies des chemins de fer. Compagnies d'assurances. Les grandes compagnies industrielles.

    Un tel et compagnie (par abréviation Cie), formule de raison commerciale pour un tel et ses associés.

    Compagnie des Indes, association établie par Colbert pour le commerce de l'Inde, avec privilége exclusif. La compagnie des Indes, fondée avec des peines extrêmes par le grand Colbert, fut pendant quelques années une des plus grandes ressources du royaume, Voltaire, Louis XIV, 39. Lalli fut persécuté par plusieurs membres de la compagnie des Indes et sacrifié par le parlement, Voltaire, Lett. Tolendal, 28 avril 1773.

    Bâtiments de compagnie, bâtiments armés par une compagnie considérable et privilégiée de négociants.

    En Angleterre, la compagnie des Indes, société commerciale qui, ayant le privilége du commerce de l'Inde, a fini par faire la conquête de ce pays et par en expulser la compagnie française. Compagnie des grandes Indes, réunion de toutes les associations commerciales qui s'étaient formées en Hollande à la fin du XVIe siècle et au commencement du XVIIe.

    Terme d'arithmétique. Règle de compagnie, règle de trois composée qui sert à trouver quelle part peut avoir à la perte ou au gain chacun des marchands à proportion des fonds qu'il a mis.

  • 5 Terme de guerre. Troupe de gens de guerre.

    Corps de troupes ou division de corps de troupes commandée par un capitaine. Compagnie de grenadiers. Compagnie de dragons.

    Charge de capitaine. Il a eu permission du roi de vendre sa compagnie. Autrefois en France on avait le droit, comme on l'a encore en Angleterre, de se démettre, pour une somme d'argent, du droit de commander une compagnie.

    Compagnie franche, troupe irrégulière qui ne fait pas partie des cadres de l'armée.

    Compagnies d'ordonnances, c'étaient des compagnies franches de gendarmes, de chevau-légers du roi, de la reine, du Dauphin et de Monsieur ; ces compagnies n'entraient jamais en corps de régiments.

    Compagnies d'ordonnance, compagnies de gens d'armes organisées sous Charles VII.

    Les grandes compagnies, troupes d'aventuriers qui s'étaient formées pendant les longues guerres entre l'Angleterre et la France au XIVe siècle, et qui ravagèrent ce dernier pays.

    Compagnie de Jehu ou de Jésus ou du Soleil, associations royalistes qui se formèrent dans le midi de la France après la chute de Robespierre et qui égorgèrent pendant plus d'un an les adhérents du parti contraire.

  • 6 Terme de chasse. Une compagnie de perdrix, une troupe de perdrix.

    Bêtes de compagnie, marcassins, jeunes sangliers qui vont encore en troupes. Ce sanglier a quitté les compagnies, il commence à aller seul.

    Fig. Il est bête de compagnie, se dit d'un homme qui aime la société et qui se laisse facilement mener où l'on veut.

    Terme de fauconnerie. On dit qu'un oiseau est de bonne compagnie quand il n'est pas sujet à s'enfuir.

  • 7Union charnelle de l'homme et de la femme. Vieilli en ce sens. Tu feras Que de ta fille il ait la compagnie, La Fontaine, Herm.

HISTORIQUE

XIe s. Vingt mille Francs [ils] ont en lur cumpaignie, Ch. de Rol. XLIII.

XIIe s. Irai sans conpegnie, Ronc. p. 15. Tout primerains devant sa conpagnie, ib. p. 58. En sa compeigne maint nobile vassal, ib. p. 78. Beau sire Diex, grief m'est à consirer [me séparer] Du grant soulas et de la conpaignie [de mon amante], Couci, XXII. Il a en sa compaigne Escorfant de Lutise, Sax. XXIII. Car bien pert [est évident] que cil a del mesfait compaignie, Ki ne volt contre-ester à l'aperte folie, Th. le mart. 72. L'arcevesques i vint Thomas od sa partie, E li reis Loewis od mult grant baronie, E li reis d'Engleterre od riche compaignie…, ib. 113. E à un jur avint que Helchana fist sacrefise, e, sulunc la lei, à sei retint partie, partie dunad à sa cumpaignie, Rois, 2. Pur quei ne portes cumpaignie à tun ami David, e ne vas od lui ? ib. 180.

XIIIe s. Lors seroie joians et envoisiés Et à plusieurs de bone compaignie, Jean de Brienne, Romancero, p. 142. Il et elle [Thibaut et la reine Blanche] lez à lez La [la France] tiennent de compaignie, Hues de la Ferté, ib. p. 189. Il est einsi que nous, pour la plus haute chose qui soit, somes à compaignie à la plus haute gent du monde, Villehardouin, XXXIX. Nous metrons cinquante galies armées en vostre conduit, par tel convenant que, tant comme nostre compaignie pourra ensemble durer…, Villehardouin, XIV. Et sont en sa compaigne plus de mille et sept cent, Berte, IX. C'est hideus temps à dame qui compaignie n'a, ib. XX. Chascuns lui porte honeur, douceur et compaignie, ib. LX. Com je vous ai porté mauvaise compaignie ! ib. X. Parmi le bois [il] s'en va tout seul sans compaignie, ib. CIX. Et li livrerent çou que mestiers li fu, deniers, reubes et chevaus et armeures et chevaliers de son linage, pour compaignie tenir et pour l'onneur de lui, Chron. de Rains, 85. Par ci trespasse une compaingne, Qui vient parmi ceste champaingne, Ren. 2455. Se cil qui tant iert tes amis, En bien amer a son cuer mis, Lors vaudra miex sa compaignie, la Rose, 2714. [Il] Fait à son mestre compaignie, ib. 8363. Douaires est aquis à la feme si tost comme loiax mariage et compaignie carnele est fete entre li et son mari, Beaumanoir, XIII, 25. Quant uns hons a compaignie à une feme hors de mariage, Beaumanoir, XVIII, 2. Et ces compaignies de quoi noz volons parler, c'est des compaignies qui sont teles que par la compaignie li avoir vienent à partie [partage], quant la compaignie faut, Beaumanoir, XXI, 1. Que nulz n'eust compaingnie à autrui femme ne à autrui fille, se il ne vouloit perdre le poing ou la vie, Joinville, 263. Quant aucunz riches homes mangoient avec li, il leur estoit de bone compaingnie, ib. 290. Compagnie de un, compagnie de nul ; compagnie de deux, compagnie de Dieu ; compagnie de trois, compagnie de rois ; compagnie de quatre, compagnie de diable, Leroux de Lincy, Proverb. t. II, p. 276. [Esperverie] est ung deduict trop plaisant, tant pour ce qu'on vole souvent, comme pour les beaux vols que ung esprevier fait, et aussi pour la compaignie avec qui on est, Modus, f° XCV, verso.

XVe s. Les aucuns des seigneurs et des chevaliers d'Angleterre demeurerent à Anviers pour lui faire compagnie [au roi], Froissart, I, I, 71. Monseigneur, si vous nous voulez faire bonne compagnie à mes compagnons et à moi, je vous rendrai le chastel, Froissart, II, III, 8. Si comme ils ordonnerent, ils firent ; et s'en vinrent plus de trois cents d'une compagnie [les habitants d'Ypre venant implorer la clémence du comte de Flandre], Froissart, II, II, 89. Si je vous prie que vous y veuilliez regarder et entendre [à protéger une garnison qui a capitulé], et nous faites compagnie d'armes, Froissart, I, I, 242. Sans point souffrir soing ou merencolie, Aucunement me tenir compaignie, Orléans, . Banny de bonne compaignie, Orléans, Bal. 94. Allez, allez, soucy, soin et merencolie ; Si jamais plus vous revenez Avesques vostre compaignie, Je prie à Dieu qu'il vous maudie Et le jour que vous reviendrez, Orléans, Rondel. Quand vous estes seule sans compaignie, Orléans, ib. 12. Honoré Collin n'estoit point bien assuré qu'on ne leur jouast à la fausse compagnie, Monstrelet, liv. II, ch. 192. Pour lui faire compaignée, se fist escripre et se mit en la prison avec lui, Bouciq. part. I, chap. 15. Et le lendemain le mareschal se partit à tout sa compaignée, ib. part. I, ch. 30. Des gens d'armes il n'y avoit que le dit Joachin et sa compaignie, Commines, I, 2. Quant toute ceste compaignie fut passée que l'on estimoit cent mille chevaulx, Commines, I, 6.

XVIe s. Toute compagnie d'homme et de femme hors mariage est maudite devant Dieu, Calvin, Instit 303. Le mari et la femme fidele font bien, si pour quelque temps ils s'abstiennent de la compagnie du lict pour vaquer plus librement à jusne et oraison, Calvin, ib. 997. Vous m'avez laissée en une compaignie tant aisée à vivre que je n'ay encores oui une seule parole que une seur ne deust dire à l'aultre, Marguerite de Navarre, L. XCVIII. En la compaignie d'un chien, Montaigne, I, 37. Vivre en bonne compaignie, Montaigne, I, 52. Ces compaignies-là [les parlements] sont plus fournies de science que de conscience, Montaigne, I, 148. Je pleurerois ayséement par compagnie, Montaigne, II, 127. Il estoit seul de sa compagnie, et avoit la contenance d'un nouveau venu, Despériers, Contes, L. Je ne suis point dolent d'estre privé et separé de ta compagnie, car je me rendray tantost par devers toy, Amyot, Anton. 99. Il se leva une grosse compagnie de corbeaux, qui avec grands cris prindrent leur vol vers le bateau, Amyot, Cicéron, 59. Quoy qu'il fust gay et recreatif en compagnie, Amyot, Démétr. 3. Et prioit Alexandre de luy pardonner ce qu'il ne luy pouvoit faire plus longue compagnie, ains estoit contraint de se partir d'avec lui, Amyot, ib. 49. Varius, l'un de ses familiers qui luy tenoit compagnie à boire, Amyot, Anton. 22. Les cohortes praetoriennes, qui sont les compagnies coulonnelles, Amyot, ib. 48. Petite compagnie, vie alegre et lie, Leroux de Lincy, Prov. t. II, p. 371. Un matin qu'elle avoit compagnie françoise [son galant], Bouchet, Serées, liv. II, p. 124, dans LACURNE.

Source : Dictionnaire Littré

Étymologie de « compagnie »

(XIe siècle)[1] Plutôt que du latin *compania qui donne l’ancien français compaigne[2] (un phénomène de réfection qui se trouve dans les langues romanes avec compaña, compañía en espagnol, companha, companhia en portugais), composé de copain, compagne et -ie, en ancien français compain.
Source : Wikitionnaire

Génev. companie ; provenç. companha, companhia, compagnia ; catal. companyia ; espagn. compañia ; portug. companha ; ital. compagnia ; voy. COMPAGNON. L'ancien français a deux formes : compagne et compagnie ; l'une vient du bas-latin compánia, avec l'accent sur pa, et l'autre de companíta, avec l'accent sur ni.

Source : Dictionnaire Littré

Phonétique du mot « compagnie »

Phonétique Prononciation
France : écouter « compagnie [kɔ̃.pa.ɲi] »
France (Muntzenheim) : écouter « compagnie »
France (Lyon) : écouter « compagnie »
France (Vosges) : écouter « compagnie »
France (Toulouse) : écouter « compagnie »
Tchad (N'Djaména) : écouter « compagnie »
France (Cesseras) : écouter « compagnie »
Reims (France) : écouter « compagnie »
Lyon (France) : écouter « compagnie »
France : écouter « compagnie »
Annecy (France) : écouter « compagnie »
Paris (France) : écouter « compagnie »
(Région à préciser) : écouter « compagnie »
Burie (France) : écouter « compagnie »
royaume de France : écouter « compagnie »
Mulhouse (France) : écouter « compagnie »
Nouveau-Brunswick (Canada) : écouter « compagnie »
Auvergne (France) : écouter « compagnie »
Alsace (France) : écouter « compagnie »
Québec (Canada) : écouter « compagnie »
Lausanne (Suisse) : écouter « compagnie »
Source : Wikitionnaire

Fréquence d'apparition du mot « compagnie »

Source : Google

Traductions du mot « compagnie »

Langue Traduction
English company
German Unternehmen
Spanish empresa
Portuguese empresa
Italian azienda
Dutch bedrijf
Polish firma
Russian компания
Source : DeePL

Synonymes de « compagnie »

Antonymes de « compagnie »