Confesse

subst fém

Définitions de « confesse »

Trésor de la Langue Française informatisé

CONFESSE, subst. fém.
L'abbé Gamallon fit en sorte que je vinsse à confesse tous les samedis et à la table de communion tous les dimanches (Billy, Introïbo,1939, p. 23).
Prononc. et Orth. : [kɔ ̃fεs]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. Ca 1175 (Chr. de Troyes, Chevalier Lion, éd. M. Roques, 4385). Déverbal de confesser*. Fréq. abs. littér. : 4.
CONFESSER, verbe trans.
I.− Proclamer publiquement (ses croyances religieuses) :
1. Les hommes de bonne volonté (...), ce sont d'abord ceux qui (...) gardent intacte la foi, telle que la confesse l'apôtre Jean dans sa première Épître : « Et nous, nous avons connu l'amour que Dieu a pour nous et nous y avons cru. Dieu est amour. » Mauriac, Le Bâillon dénoué,1945, p. 465.
Rem. On rencontre ds la docum. le part. prés. adj. confessant, ante. Qui confesse. Elle [l'Église] ne peut être qu'un Église confessante, c'est-à-dire qui confesse que l'Écriture est la norme de toute vérité (Philos., Relig., 1957, p. 5009).
P. ext. :
2. Je crois sans y changer un seul point ce que mes pères ont cru avant moi, Confessant le Sauveur des hommes et Jésus qui est mort sur la croix, Confessant le Père qui est Dieu, et le Fils qui est Dieu, et le Saint-Esprit qui est Dieu, Et cependant non pas trois dieux, mais un seul Dieu, ... Claudel, Processionnal pour saluer le siècle nouveau, La Messe est dite, allons, 1910, p. 303.
Emploi abs. Confesser de cœur et de bouche, de cœur comme de bouche (Ac. 1835-1932).
P. métaph. :
3. ... il y a deux cent cinquante chambres où quelqu'un confesse la médecine, deux cent cinquante lits où un corps étendu témoigne que la vie a un sens et, grâce à moi, un sens médical. Romains, Knock,1923, III, 6, p. 18.
II.− Avouer devant témoin(s) privé(s) ou public(s).
A.− RELIG. CATH.
1. [En parlant d'un pénitent] Avouer (ses péchés) au prêtre dans le sacrement de pénitence ou à Dieu seul dans une prière particulière.
a) Emploi trans. :
4. À l'église. le curé. − Approchez et que chacun confesse en public ce qu'il a fait de pire. Camus, L'État de siège,1948, p. 209.
b) Emploi pronom.
Réfl. Il [l'abbé Beccarelli] disait la messe sans s'être confessé de ses luxures (Huysmans, Là-bas,t. 1, 1891, p. 102).Je n'ai pas de confesseur au collège. Je me confesse à un prêtre de la paroisse (Montherlant, La Ville dont le prince est un enfant,1951, I, 3, p. 864).
Absol. Il voulait se confesser, c'était tout le tas des péchés, sur lui, qui l'étouffait, qui lui infligeait cette soif et cette sueur (Queffélec, Un Recteur de l'île de Sein,1944, p. 136).
Proverbial et fig. Se confesser au renard. Confier un secret à une personne susceptible d'en tirer parti.
À sens passif. Il est des péchés aimables qui se confessent sans répugnance (Lar. 19e-20e).
2. [En parlant d'un prêtre] Entendre (un pénitent) en confession, en vue de l'absoudre de ses péchés :
5. ... rien ne prouvait que ce prêtre, qui n'était pas attaché à une paroisse, fut occupé à confesser des fidèles. Huysmans, En route,t. 1, 1895, p. 83.
Emploi abs. Un prêtre qui ne confesse point, qui n'a pas les pouvoirs pour confesser (Ac. 1835-1932).
Au fig.
Fam. Arracher un secret (à quelqu'un) :
6. Pendant ce, son fils [de MmeLockroy], confessé par Daudet lui avouait qu'il venait de rompre avec la petite de Menier, le chocolatier; ... E. et J. de Goncourt, Journal,1890, p. 1207.
Proverbe. C'est le diable à confesser. C'est un aveu difficile à obtenir, une chose difficile à faire.
Rem. On relève ds la docum. le part. prés. substantivé confessant, ante, fam. Personne qui confesse. Une voie d'eau coula ledit sloop et les soixante confessants et confessés (E. Sue ds Lar. 19e, Nouv. Lar. ill.).
B.− P. ext. Reconnaître pour vraie (une chose à son désavantage). Confesser son crime, son erreur; j'ai tort, je le confesse, mais... :
7. − Enfin, vous avouez et confessez avoir, à l'aide du démon, et du fantôme vulgairement appelé le moine-bourru (...), meurtri et assassiné un capitaine nommé Phœbus de Châteaupers? Hugo, Notre-Dame de Paris,1832, p. 363.
8. Je dois confesser que ma chambre était par contre l'illustration réussie du bonheur bourgeois allemand. Giraudoux, Siegfried et le Limousin,1922, p. 82.
Fig. et fam. Confesser la dette. Même sens que avouer la dette (cf. avouer I B 2 a).
Proverbe. (Une) faute confessée est demi pardonnée (Ac. 1835-1932).
Emploi pronom. réfl. Il se confesse athée (Chateaubriand, Les Martyrs,t. 3, 1810, p. 20).L'évêque d'Hippone se confesse d'avoir volé des poires (Jouy, L'Hermite de la Chaussée d'Antin,t. 5, 1814, p. 307).Il se confessa criminel (Bremond, Hist. littér. du sentiment relig. en France,t. 3, 1921, p. 415):
9. Parfois, sans aller jusque-là, il [le criminel] se confessera à un ami, ou à n'importe quel honnête homme. Bergson, Les Deux sources de la mor. et de la relig.,1932, p. 11.
Prononc. et Orth. : [kɔ ̃fεse] ou [kɔ ̃fese], (je) confesse [kɔ ̃fεs]. [ε] ouvert à la 2esyll. de l'inf. ds Lar. Lang. fr., Pt Lar. 1968, Dub. et Passy 1914; [e] fermé ds Pt Rob.; [ε] pour le lang. soutenu; [e] pour le lang. cour. ds Warn. 1968. Comme le redoublement de la consonne est purement graph. la voyelle devrait normalement se fermer en [e] : [kɔ ̃fe-]. Mais on prononce [ε] ouvert sous l'influence de l'orth. et sous l'influence des mots sav. dans lesquels on prononce la géminée; à ce sujet cf. Buben 1935, § 49 et 50. Le verbe est admis ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. A. 1. 1172-75 soi confesser « avouer ses fautes, ses péchés » (Chr. de Troyes, Chevalier Charrette, éd. W. Foerster, 4200); 2. 1275-80 confesser trans. « avouer, reconnaître quelque chose » (J. de Meun, Rose, éd. F. Lecoy, 7956); 3. début xiiies. confesser « entendre en confession [en parlant du prêtre] » (Lai d'Ignaure, éd. R. Lejeune, 200). B. 1564 confesser « déclarer publiquement ses croyances religieuses » (Indice et recueil universel de tous les mots principaux des livres de la Bible, tit. 1. d. 16 : confesse cognoistre dieu). Dér. de l'a. fr. (estre)cunfes « avouer ses péchés », attesté dep. ca 1100 (Roland, éd. J. Bédier, 3858), issu de confessus « qui avoue », part. passé du lat. chrét. confiteri « avouer ses fautes à Dieu, à un prêtre » (« reconnaître, avouer » en lat. class., d'où le sens 2). Le sens B a été empr. par les Protestants du temps de la Réforme au lat. chrét. « proclamer sa foi (devant ses juges, ses persécuteurs) », v. confession. Fréq. abs. littér. : 1586. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 1 828, b) 2 460; xxes. : a) 2 933, b) 2 101. Bbg. Gir. t. 2 Nouv. rem. 1834, p. 23. − Gottsch. Redens. 1930, p. 36, 359.
Source : CNRTL

Wiktionnaire

Français

Nom commun

confesse \kɔ̃.fɛs\ féminin au singulier uniquement Note : Il ne s’emploie que précédé de à ou de.

  1. (Religion) Action de se confesser.
    • Mon grand frère l’abbé dit qu’avant toute chose on devait m’envoyer à confesse, puisque j’avais l’âge de raison. On me mena à confesse. Grande affaire ! Il fallait ramasser dans tous les coins de ma conscience un tas de vieux péchés qui traînaient là depuis sept ans. — (Alphonse Daudet, Le petit chose, 1868, réédition Le Livre de Poche, pages 11-12)
    • Il parlait tout bas comme à confesse : « Plus haut ! plus haut ! » lui criait-on. — (Alphonse Daudet, Le petit Chose, 1868, réédition Le Livre de Poche, pages 231-232)
    • Nous allions à confesse à jours fixes : chacune passait à son tour ; quand il n’en restait plus qu’une ou deux avant moi, je commençais à trembler. — (Marguerite Audoux, Marie-Claire, Grasset, 1910, Les Cahiers Rouges, page 51)
    • Le curé était réduit à dire que Dieu suspendait sa colère en considération des mérites d’Adélaïde qui était bonne catholique, et il essayait, par des manœuvres habiles, de jeter la discorde dans le ménage Haudouin, exhortant l’épouse, lorsqu’il la tenait à confesse, à se refuser autant que possible aux caresses de son mari, ce qui leur eût valu des indulgences à tous les deux. Adélaïde ne voulut jamais consentir ce sacrifice à Dieu, mais après le plaisir elle ne manquait jamais à dire une prière ou deux, selon qu’il avait été. — (Marcel Aymé, La jument verte, Gallimard, 1933, collection Le Livre de Poche, page 55)
    • Un tremblement de terre survient, il ne demande pas si vous avez été à confesse, si vous êtes entré dans une synagogue ou une mosquée, et vous êtes emporté par le principe de causalité ! — (Alain Houziaux, La psychanalyse peut-elle guérir ?, L’Atelier, 2005, page 92)
    • Il vient de confesse.

Forme de verbe

Voir la conjugaison du verbe confesser
Indicatif Présent je confesse
il/elle/on confesse
Imparfait
Passé simple
Futur simple
Subjonctif Présent que je confesse
qu’il/elle/on confesse
Imparfait
Impératif Présent (2e personne du singulier)
confesse

confesse \kɔ̃.fɛs\

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent de confesser.
  2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent de confesser.
  3. Première personne du singulier du subjonctif présent de confesser.
  4. Troisième personne du singulier du subjonctif présent de confesser.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif de confesser.

Forme d’adjectif

Singulier Pluriel
Masculin confès
\kɔ̃.fɛ\
Féminin confesse
\kɔ̃.fɛs\
confesses
\kɔ̃.fɛs\

confesse \kɔ̃.fɛs\

  1. (Religion) Féminin singulier de confès.
Source : Wikitionnaire

Littré (1872-1877)

confesse

(kon-fè-s') s. f.
  • Usité seulement dans la locution : à confesse, qui signifie à confession, c'est-à-dire dans l'acte, à l'acte de faire l'aveu de ses péchés au prêtre catholique. Étant à confesse. M. de Longueville avait été à confesse avant que de partir, Sévigné, 152. Il a été à confesse au grand Bourdaloue, Sévigné, 398. Ceux-là n'allaient jamais à confesse, Bossuet, Var. 15. Qui du soin qu'elle prend de me gronder sans cesse Va quatre fois par mois se vanter à confesse, Et, les yeux vers le ciel, pour se le faire ouvrir, Offre à Dieu les tourments qu'elle me fait souffrir, Boileau, Sat. X.

    On dit aussi confesse avec de. Revenir de confesse, retourner chez soi après s'être confessé.

HISTORIQUE

XIIe s. Vous meïsmes prestres serés, Les confiesses escouterés, Lai d'Ignaurès. À confesse [je] vienc, sire prestres, ib.

XIIIe s. Ainçois qu'il ait dit sa confesse, Ren. 11807. Si s'en alerent à confesse Au temple Themis la deesse, Qui jugoit sor lor destinées De toutes choses destinées, la Rose, 17811.

XVe s. Or ly prions tous sanz faintize Qu'il nous doint faire tel servize, Par confesse et par penitance Et par vraie repantance, la Passion de N. S. J. C.

Source : Dictionnaire Littré

Étymologie de « confesse »

Déverbal de confesser.
Source : Wikitionnaire

Voy. CONFESSER. Confesse est le féminin, pris substantivement, de l'ancien participe confès, qui signifiait celui qui s'est confessé.

Source : Dictionnaire Littré

Phonétique du mot « confesse »

Phonétique Prononciation
La prononciation \kɔ̃.fɛs\ rime avec les mots qui finissent en \ɛs\.
France (Paris) : écouter « confesse [kɔ̃.fɛs] »
Source : Wikitionnaire

Fréquence d'apparition du mot « confesse »

Source : Google

Traductions du mot « confesse »

Langue Traduction
English confesses
German Bekenntnisse
Spanish confesiones
Portuguese confissões
Italian confesse
Dutch bekentenissen
Polish wyznania
Russian признания
Source : DeePL

Synonymes de « confesse »

Antonymes de « confesse »