Congédier

verbe trans

Définitions de « congédier »

Trésor de la Langue Française informatisé

CONGÉDIER, verbe trans.
I.− [Correspond à congé1I B 1] Donner la permission de quitter son lieu de travail.
Spéc., DIPLOM., vx. Congédier un ambassadeur. Lui donner une audience de congé.
II.
A.− Mettre un terme à un contrat.
1. [Correspond à congé1II A 1] Synon. licencier, révoquer, remercier :
1. Seuls les responsables statutaires des établissements et des unités d'enseignement et de recherche ont pouvoir pour engager ou congédier, sous réserve de leur statut, les personnels placés sous leur autorité. Loi d'orientation de l'Enseign. supérieur,1968, p. 19.
Congédier une armée. La dissoudre (cf. Barante, Hist. des ducs de Bourgogne, t. 1, 1821-24, p. 293).
2. [Correspond à congé1II A 2] :
2. Elle [la ville] avait acheté à l'amiable un grand nombre de maisons, espérant user les baux et congédier les locataires sans indemnité. Zola, La Curée,1872, p. 415.
B.− [Correspond à congé1II B] Inviter quelqu'un à se retirer.
1. Temporairement :
3. J'arrivai bien avant l'heure du repas, mais trouvai Alissa causant avec une amie qu'elle n'eut pas la force de congédier et qui n'eut pas la discrétion de partir. Gide, La Porte étroite,1909, p. 556.
2. Définitivement. Congédier un élève. Le renvoyer de son établissement (cf. Renan, Souvenirs d'enfance et de jeunesse, 1883, p. 188).
En partic. Rompre avec quelqu'un :
4. ... Hilperik, fidèle à sa promesse, avait répudié ses femmes et congédié ses maîtresses. Thierry, Récits des temps mérovingiens,t. 1, 1840, p. 351.
P. métaph. :
5. ... « La route vers Dieu est facile, parce qu'on y avance en se déchargeant. Elle serait dure si l'on y allait en se chargeant. Décharge-toi donc en congédiant tout, puis en te renonçant toi-même. » Gilson, L'Esprit de la philos. médiév.,t. 2, 1932, p. 69.
Rem. La plupart des dict. attestent depuis Littré l'adj. congédiable, vx. Qui remplit les conditions requises pour obtenir son congé. Soldat congédiable, et son emploi subst. les congédiables du régiment.
Prononc. et Orth. : [kɔ ̃ ʒedje], (je) congédie [kɔ ̃ ʒedi]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1409 « inviter quelqu'un à se retirer » (Mém. de Boucicaut [texte attribué à Chr. de Pisan par Kervyn de Lettenhove ds Œuvres de Froissart, t. 20, pp. 372-383], IV, 9 ds Gdf. Compl. : congedies de son service). Prob. transformation, sous l'infl. de l'ital. congedo « congé » (attesté dep. Boccace ds Batt. et lui-même empr. au fr. congé1*), de l'a. fr. et m. fr. congeer, congeier, congïer (xiie-xves.), dér. de congé1*. L'ital. congedare ne peut être l'étymon. (hyp. de REW3, no2083; FEW t. 2, p. 947b; Dauzat 1973; Bl.-W.5) car il n'est attesté que dep. fin xviie-début xviiies. (Salvini ds Batt.). Fréq. abs. littér. : 394. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 418, b) 881; xxes. : a) 812, b) 357. Bbg. Darm. 1877, p. 80 (s.v. congédiable).Hope 1971, p. 35. − Wind 1928, p. 17.
Source : CNRTL

Wiktionnaire

Français

Verbe

congédier \kɔ̃.ʒe.dje\ transitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. Autoriser ou inviter quelqu’un à se retirer.
    • Suis-moi donc dans ce passage, dit Front-de-Bœuf, afin que je puisse te congédier par la poterne. — (Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820)
    • Il vit que son notaire était bien décidément un imbécile qu'il fallait tout uniment congédier, et il l'arrêta résolument par un geste. — (Honoré de Balzac, La Femme de trente ans, Paris, 1832)
    • A la même occasion je fus témoin de la réception d'une délégation de la communauté israélite de Settat. Arrivée à une distance respectueuse des tentes de Si Ahmed, elle se prosterna très bas et déposa son offrande de soieries, après quoi elle fut congédiée d'un geste hautain, sans une parole. — (Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, page 136)
  2. Déclarer ou faire connaître à un employé qu’il doit se retirer pour ne plus revenir.
    • — Je vous congédie. Vous sortirez de cette maison dans huit jours. — (Anatole France, Le Mannequin d’osier, Calmann Lévy, 1897, réédition Bibliothèque de la Pléiade, 1987, page 996)
    • Fernand Reynaud, parlons-en : […]. Une bétaillère qui avançait trop lentement abrégea son voyage terrestre en projetant sa Rolls contre le mur du cimetière auvergnat du Cheix-sur-Morge. On congédierait un scénariste imaginant une mort pareille. — (Bertrand Beyern, Carnet de dalles, Éditions du Cherche-Midi, 2012)

Anagrammes

→ Modifier la liste d’anagrammes

  • génocider
Source : Wikitionnaire

Littré (1872-1877)

congédier

(kon-jé-di-é) v. a.
  • 1Délivrer un congé à des soldats, à des marins. Congédier des troupes. Je voulais sur-le-champ congédier l'armée, Racine, Iphig. I, 1. Pendant que le parlement songe à congédier l'armée, cette armée réforme elle-même à sa mode le parlement, Bossuet, Reine d'Anglet.
  • 2Congédier un ambassadeur, lui donner l'audience de congé.
  • 3Indiquer qu'on veut que quelqu'un se retire. Après m'avoir expliqué ce qu'il voulait, il m'a congédié. Le cruel ! de quel œil il m'a congédiée ! Racine, Andr. V, 1. Il y a dans les cours deux manières de ce que l'on appelle congédier son monde ou se défaire des gens, se fâcher contre eux ou faire si bien qu'ils se fâchent contre vous et s'en dégoûtent, La Bruyère, VIII.

    Congédier sa suite, renvoyer les personnes dont on est accompagné. Si d'un coupable espoir mon âme était séduite, Aurais-je, au gré du roi, congédié ma suite ? Delrieu, Artax. II, 7.

    Écarter les prétentions. Il recherchait telle fille en mariage, mais on l'a congédié.

  • 4Donner son congé à une personne en condition. Il a congédié ses domestiques.

    Terme de fauconnerie. Congédier l'oiseau, cesser de l'employer.

HISTORIQUE

XIIe s. E Samuel à itant les cungead, puis chascuns al suen turnad, Rois, 28.

XIIIe s. Issiez tantost hors de ma terre, Quar vous en congie sans doute, Et la vous vée et deffens toute, Fabl. et contes anc. t. IV, p. 301.

XVe s. …Que vous laissiez le voyage qu'avez commencé, en congiant vostre ost, Monstrelet, liv. I, ch. 181. Et pour ce que ils disoient que on pourroit avoir aulcun mauvais soupçon sur eux pour ce que ils estoyent congediés de son service, il voult que bonnes lettres eussent, Bouciq. IV, ch. 9.

Source : Dictionnaire Littré

Étymologie de « congédier »

(1409) En ancien français congeer, congier (« donner congé »)[1], avec, pour le \d\, l’influence de l’italien congedo (« congé »)[2].
Source : Wikitionnaire

Congé ; provenç. conjiar. L'ancien français est congeer ou congier ; plus tard une consonne a été intercalée : congé-d-ier.

Source : Dictionnaire Littré

Phonétique du mot « congédier »

Phonétique Prononciation
France : écouter « congédier »
Source : Wikitionnaire

Fréquence d'apparition du mot « congédier »

Source : Google

Traductions du mot « congédier »

Langue Traduction
English dismiss
German entlassen
Spanish desestimar
Portuguese despedir
Italian licenziamento
Dutch ontslag
Polish zwolnienie
Russian уволить
Source : DeePL

Synonymes de « congédier »

Antonymes de « congédier »