CONNAISSANCE, subst. fém.
I.− [Correspond à connaître I] A.− Vx ou spéc. Synon. de reconnaissance.1. Lang. littér. et philos. La connaissance du bien et du mal. La connaissance du juste et de l'injuste fait partie de l'instinct comme de la raison (J. Boucher de Perthes, De la Création,t. 3, 1838-41, p. 61).1. On ne lui avait pas donné la connaissance du bien et du mal : sa famille s'en fût bien gardée, dans la crainte d'être par lui méprisée et reniée. G. Sand, Lélia,1839, p. 359.
Rem. Cette nuance est mieux ressentie dans le verbe.
− Être en âge de connaissance. Avoir atteint l'âge où l'on est apte à discerner la valeur de ses actions petites ou grandes. Avoir de la connaissance (cf. âge de raison).
2. P. méton., VÉN., au plur. Les connaissances. Indices de reconnaissance de l'âge et de la taille d'une bête. Les connaissances d'un cerf, d'un daim. Rem. Bien attesté dans les dict. gén. à partir de Ac. 1835.
B.− Action, acte ou fait de connaître quelque chose. 1. PHILOS. et p. ext. vocab. sc. en gén. a) Acte de la pensée qui saisit un objet par les sens ou non avec implication plus ou moins grande du sujet de la connaissance. Connaissance objective, subjective (cf. aperception, jugement, perception, science, vérité); l'acte de connaissance; les fondements, les limites, le mécanisme de la connaissance. La connaissance, c'est l'infini versé dans un moule fini (Renan, L'Avenir de la sc.,1890, p. 477).La connaissance est la constatation de mon contour (Claudel, Art poétique,1907, p. 157).2. Il est nécessaire qu'une synthèse s'opère entre les deux modes de connaissance qui se disputent depuis des siècles les esprits : intellect et intuition. Arts et litt. dans la société contemp.,1936, p. 5610.
Rem. D'un point de vue didactique connaissance s'oppose à action.
SYNT. a) Connaissance + adj. Connaissance expérimentale, immédiate, innée, instinctive, intellectuelle, intuitive, rationnelle, sensorielle, spéculative; connaissance absolue, claire, distincte, élémentaire, exacte, imparfaite; connaissance historique, mathématique, philosophique. b) Subst. + de (la) connaissance. Démarche, élaboration, processus de la connaissance; branches, éléments, formes, modes, principes, sources de la connaissance; possibilité, progrès, relativité, validité de la connaissance; théorie de la connaissance; sociologie de la connaissance. c) Verbe + connaissance. Arriver, atteindre, s'élever à la connaissance.
−
MÉD. et usuel ♦ Conscience que chacun a de sa propre existence. Perdre connaissance. S'évanouir. Tomber sans connaissance; être privé de connaissance; rester sans connaissance pendant plusieurs heures; reprendre, recouvrer (sa) connaissance.
♦
Lucidité. Avoir, garder, conserver (toute, sa) connaissance jusqu'à la mort : 3. ... on ne put que lui [M. le Tourneux] donner l'extrême-onction, ne lui jugeant pas assez de connaissance pour le viatique; ... Sainte-Beuve, Port-Royal,t. 5, 1859, p. 77.
b) P. méton. Faculté de connaître; exercice de cette faculté. Exercer sa connaissance sur qqc.; être doué de connaissance : 4. ... mes perceptions finies et déterminées sont les manifestations partielles d'un pouvoir de connaissance qui est coextensif au monde et qui le déploie de part en part. Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception,1945, p. 424.
2. Action ou acte de se faire une représentation, de s'informer ou d'être informé de l'existence de quelque chose; l'idée ainsi formée. Avoir, prendre connaissance d'un document, d'une nouvelle; donner connaissance d'un testament à qqn. Je n'avais nulle idée juste de vous, disait-il, je n'avais aucune connaissance exacte de ce qui vous concernait (Las Cases, Le Mémorial de Sainte-Hélène,t. 1, 1823, p. 822).Il n'y eut à ma connaissance qu'un seul libéré, le critique d'art Louis Chéronnet (Ambrière, Les Grandes vacances,1946, p. 130).−
Avoir connaissance que + ind.Synon. apprendre*, être informé de (cf. connaître) :5. − Voilà comment ça s'est passé... Vous avez peut-être eu connaissance qu'il était foreman dans un chantier en haut de la Tuque, sur la rivière Vermillon. Hémon, Maria Chapdelaine,1916, p. 138.
SYNT. Il vint à ma connaissance que; à ma connaissance (d'après ce que je sais); de ma connaissance; à la connaissance de tout le monde.
−
Spéc., MAR. Avoir, prendre connaissance des côtes, d'une terre, d'une escadre d'un navire. Le dimanche 20 octobre, vers midi, on eut connaissance de la côte indienne (Verne, Le Tour du monde en 80 jours,1873, p. 41):6. ... je fus très surpris, au jour, de ne pas voir la terre sous le vent, et je n'en eus connaissance qu'à six heures du matin... Voyage de La Pérouse,t. 3, 1797, p. 183.
− P. méton. La Connaissance des Temps. Titre du recueil annuel rédigé deux ans à l'avance par le Bureau des Longitudes. On me demande : l'éclipse a-t-elle lieu à l'heure prédite? Je cherche dans la Connaissance des Temps, je vois que l'éclipse était annoncée (H. Poincaré, La Valeur de la sc.,1905, p. 231).
3. Action ou fait d'apprendre quelque chose par l'étude et/ou la pratique; résultat de cette action ou de ce fait : compétence en quelque chose, expérience de quelque chose; connaissance, savoir acquis(e). Avancer, pénétrer dans la connaissance de qqc., avoir, posséder la (une bonne) connaissance de qqc.; n'avoir aucune connaissance de qqc., en matière de + subst. ou + adj. Cf. également
maîtrise, pratique, talent :
7. Barras n'avait pas fait la guerre; il avait quitté le service n'étant que capitaine; il n'avait d'ailleurs aucune connaissance militaire. Las Cases, Le Mémorial de Sainte-Hélène,t. 1, 1823, p. 750.
SYNT. et EXPR. La connaissance d'un art, d'une langue, d'une œuvre, d'une science; être versé dans la connaissance des affaires; accroître, acquérir, affermir, approfondir, étendre, faire progresser notre connaissance de qqc.; cela est de ma connaissance (rare); cela est de la connaissance de tout le monde.
−
P. méton., au plur. Les connaissances. Ce que l'on connaît par l'étude, par la recherche. Avoir, acquérir, amasser des connaissances + adj. + dans, en, sur + subst. La psychanalyse est un terrain où il est fort dangereux de s'aventurer sans connaissances solidement fondées (Du Bos, Journal,1928, p. 199):8. Combien de questions importantes, dans cette même science [l'économie], n'ont pu être bien résolues qu'à l'aide des connaissances acquises sur l'histoire naturelle, sur l'agriculture, sur la physique végétale, sur les arts mécaniques ou chimiques! Condorcet, Esquisse d'un tableau hist. des progrès de l'esprit hum.,1794, p. 190.
SYNT. et EXPR. a) Connaissances élémentaires, fragmentaires, générales; connaissances empiriques, théoriques, utiles, scolaires, techniques; connaissances de base; connaissances en géographie, en médecine; connaissances artistiques, littéraires; tirer parti de ses connaissances. b) Classification, ensemble, hiérarchie, ordre, somme, système des connaissances; la table des connaissances; évolution, progrès des connaissances; un bagage, un capital, une foule de connaissances. c) Cet homme n'a pas les connaissances indispensables (nécessaires) à, le minimum de connaissances pour; étendre le cercle de nos connaissances; dans l'état actuel de nos connaissances; le niveau des connaissances; contrôle, recyclage des connaissances; connaissances exigées d'un candidat à tel concours; puiser ses connaissances dans; donner, transmettre des connaissances (à qqn); augmenter, enrichir, perfectionner ses connaissances en; faire étalage de ses connaissances; se piquer de connaissances.
−
Spéc., DR. a) Compétence d'un juge, d'un tribunal et p. ext. d'une assemblée. L'officier chargé du ministère public près la cour, le tribunal ou le juge d'instruction saisi de la connaissance du délit (Code d'instruction criminelle,1808, p. 787).
b) Juger, se prononcer en connaissance de cause. Le gouvernement a pris en connaissance de cause ses décisions à cet égard (De Gaulle, Mémoires de guerre,1959, p. 577).♦ P. ext., cour. Agir, apprécier, parler, porter un jugement avec, en (pleine, toute) connaissance de cause. Comme une personne bien informée. Voulant acquérir le droit d'en parler en conscience, c'est-à-dire avec pleine et entière connoissance de cause (J. de Maistre, Les Soirées de Saint-Pétersbourg,t. 1, 1821, p. 448).
II.− [Correspond à connaître III] A.− Action ou acte consistant à établir une relation avec quelqu'un. Lier connaissance avec qqn; rechercher la connaissance de qqn; entrer, être en connaissance avec qqn. Ce cadeau, qui lui parut fort précieux, commença notre connaissance (Mérimée, Théâtre de Clara Gazul,1825, p. 2).9. La connaissance ébauchée la veille entre Colline et Schaunard, et plus tard avec Marcel, devint plus intime; ... Murger, Scènes de la vie de bohème,1851, p. 44.
1. Locutions a) Faire (la) connaissance −
suivi de de qqn, avec qqn.Faire la connaissance de qqn; faire sa connaissance; faire plus ample connaissance avec qqn : 10. ... je vous envoie l'invitation que vous m'avez demandée, et serai charmée de faire la connaissance de la sœur de Madame de Restaud. Balzac, Le Père Goriot,1835, p. 244.
11. Le dîner sera charmant et tu feras connaissance d'une femme remarquable et aimable, si, toutefois, tu en acceptes l'occasion. Villiers de L'Isle-Adam, Correspondance,1884, p. 76.
♦ Formule de politesse. C'est un grand plaisir pour moi, (je suis) heureux de faire votre connaissance.
−
Emploi abs. Faire connaissance; faire faire connaissance à deux personnes : 12. − Est-il question d'un mariage, ou d'un collage? (...) − Il n'est question de rien (...) On fait connaissance tous les deux, on s'apprend... Colette, La Vagabonde,1910, p. 182.
−
P. anal. [L'obj. désigne une chose personnifiée, dont la connaissance demande du temps] Synon. emphatique de découvrir.♦
Synon. s'accoutumer à, prendre contact avec qqc :13. Une manière commode de faire la connaissance d'une ville est de chercher comment on y travaille, comment on y aime et comment on y meurt. A. Camus, La Peste,1947, p. 1217.
14. Martin fait connaissance avec l'atelier, avec le bureau de dessin, et le groupe des électroniciens. Progressivement il se familiarise avec les circuits électroniques, avec les machines que, sorbonnard, il ignorait totalement. Leprince-Ringuet, Des Atomes et des hommes,1957, p. 82.
♦
Faire l'expérience de : 15. ... c'est une femme, une femme un peu mûre, curieuse, d'un esprit excitable, et qui, ayant cédé à l'envie de faire connaissance avec le poison, décrit ainsi, pour une autre dame, la principale de ses visions. Baudelaire, Paradis artificiels,1860, p. 367.
♦ P. plaisant. Ses cheveux, qui avaient fait connaissance avec le peigne, étaient proprement retenus par un ruban rouge (T. Gautier, Le Capitaine Fracasse,1863, p. 497).
b) En emploi adj. De connaissance. Bien connu. Être entre personnes de connaissance; rencontrer des gens de connaissance; une figure, une tête de connaissance (fam.) : 16. Il était d'usage, à la sortie de la messe « du chateau » − la messe chic − de stationner dans la cour d'honneur, et d'y saluer les personnes de connaissance. R. Martin du Gard, Devenir,1909, p. 132.
− De (+ adj. poss.) connaissance.(Bien) connu de (moi, toi...). Dix ou douze personnes de ma connaissance ont eu de longues fièvres intermittentes (Brillat-Savarin, Physiol. du goût,1825, p. 237).
−
Expr. fig. Être, se trouver en pays de connaissance [Être, se trouver] entre personnes qui se connaissent bien : 17. Il s'y [à l'hôtel le « grand-cerf »] retrouva en pays de connaissance; le personnel était resté presque le même, et le domestique qui le conduisit à sa chambre se permit de lui rappeler, avec la familiarité des garçons d'hôtel, le court séjour qu'il avait fait à l'auberge en compagnie de Madeleine; ... Zola, Madeleine Férat,1868, p. 202.
2. P. méton. a) Personne de connaissance, personne que l'on connaît quelque peu pour l'avoir déjà rencontrée. Une connaissance, une de mes connaissances; faire une (des) connaissance(s); se faire des connaissances; cercle de connaissances. Synon. relation.Messieurs, je n'étais point l'ami de ce Bertrand d'Airolles, mais seulement sa connaissance (P.-A. de Beaumarchais, Mémoires,t. 1, 1789, p. 383):18. À l'instigation de sa femme, Reinhart, qui lisait à peine les notes de musique, acheta une vingtaine d'exemplaires des lieder de Christophe, − (les premiers qui fussent sortis de la boutique de l'éditeur); − il les répandit en Allemagne, de différents côtés, parmi ses connaissances universitaires; ... R. Rolland, Jean-Christophe,La Révolte, 1907, p. 528.
− Fam. Synon. de familier.Rencontrer, retrouver, revoir une vieille connaissance. On eût dit une réunion de vieilles connaissances qui se connaissaient jusqu'au cœur et qui s'endormaient sur la foi de leur amitié (Zola, Thérèse Raquin,1878, p. 68).
b) Péj. Faire une mauvaise, vilaine connaissance; avoir de mauvaises connaissances. Synon. peu usité de fréquentations (mauvaises), rencontres :19. ... mon père se borna à dire des mots profonds et sérieux sur le danger des mauvaises connaissances pour les mœurs. Stendhal, Vie de Henry Brulard,t. 1, 1836, p. 243.
c) Pop., vieilli. Une connaissance; avoir une belle connaissance; sortir avec sa connaissance. Synon. (bonne) amie, maîtresse.− Il aura eu des amours malheureux, dit Faufilet. − Sa connaissance l'aura trahi (P. Avenel, Les Calicots,1866, p. 65).On veut donc épater sa connaissance, on lui paye des douceurs! (Zola, L'Assommoir,1877, p. 409).
3. Spéc., style biblique, rare. Connaissance charnelle. Rapports sexuels entre un homme et une femme : 20. Ce ne sera vraiment exquis, ce soir, qu'après celle-là [la première empreinte], se dit-il; le côté grotesque ne sera plus; la connaissance charnelle sera faite; je pourrai reprendre Hyacinthe, sans avoir la sollicitude inavouée de ses formes, l'inquiétude de ma tenue, l'embarras de mes gestes. Huysmans, Là-bas,t. 2, 1891, p. 40.
B.− Action de connaître quelqu'un dans sa personnalité; le résultat de cette action : 21. Plusieurs entretiens que j'eus en particulier avec Firmin Sancerre ne m'avancèrent guère dans la connaissance du personnage. Billy, Introïbo,1939, p. 9.
−
P. ext. Expérience des relations humaines : 22. Au total, après des années de vie libre, sous la légère tutelle de sa mère, elle se voyait désabusée, écœurée par la connaissance trop précoce d'un milieu dépravé, instruite de l'existence et de ses laides réalités, épouvantée devant la hideur du monde. Van der Meersch, Invasion 14,1935, p. 199.
Rem. Ce sens est beaucoup mieux ressenti dans le verbe (cf. connaître III C).
Prononc. et Orth. : [kɔnεsɑ ̃:s]. Admis ds Ac. 1694-1932. Cf. connaître. Étymol. et Hist. A. 1. Ca 1100 conoisance « acte de connaître; idée, notion de quelque chose » (Roland, éd. J. Bédier, 3987); 2. ca 1265 cognoissance « faculté de connaître, intelligence » (B. Latini, Li livres dou tresor, éd. F.-J. Carmody, II, 68); 3. 1283 dr. connoissance « droit de juger certaines personnes, de connaître de certaines questions » (Ph. de Beaumanoir, Coutumes de Beauvaisis, éd. A. Salmon, t. 1, § 39); 4. a) 1491 congnoissance « expérience, habileté » (Commynes, Mémoires, éd. J. Calmette, Prologue, t. 1, p. 2); b) 1595 plur. « contenu de la connaissance, ensemble de ce que l'on sait » (Montaigne, Essais, 1. II, chap. XII, éd. Gallimard, p. 599); 5. av. 1650 « état de celui qui a le sentiment de son existence » (Vaugelas, Quinte-Curce, 1. III, chap. 5 ds Littré). B. 1. 1494 congnoissance « relation avec quelqu'un » (Arch. Nord, B 1708, fol. 52 vods IGLF) 2. 1554 « relation sexuelle » (Gruget, Diverses leçons, t. II, p. XXVIII ds Gdf. Compl.); 3. a) 1656 « personne que l'on connaît » (Pascal, Provinciales, 5 ds Littré); b) 1852 p. ext. pop. « galant, maîtresse » (J. Humbert, Nouv. Glossaire genevois, p. 110); 4. 1823 faire connaissance avec qqc. (Las Cases, Le Mémorial de Sainte-Hélène, t. 1, p. 308). Dér. du rad. du part. prés. de connaître*; suff. -ance*. Fréq. abs. littér. : 11 910. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 18 797, b) 11 677; xxes. : a) 12 651, b) 16 494. Bbg. Lew. 1960, p. 57, 123, 126. − Sain. Lang. par. 1920, p. 121. − Termes techn. fr. Paris, 1972, p. 110.
-ANCE, -ENCE, suff.
I.− Le dérivé est rattaché au verbe ou au participe correspondant A.− Le dérivé exprime l'action (« le fait de » + inf.) 1. Le suj. du verbe de base désignerait une pers., le fait que qqn s'accoutume, etc. : accoutumance « le fait de s'accoutumer, de s'habituer »
ignorance « le fait d'ignorer quelque chose »
négligence « l'action, le fait de négliger quelque chose »
résidence « le fait de résider habituellement en un lieu »
vengeance « l'action de se venger »
2. Le suj. du verbe de base désignerait une chose : alternance « le fait d'alterner (en parlant des éléments d'une série) »
convergence « le fait de converger »
émergence « le fait d'émerger (en parlant d'un rayon, d'un fluide) »
3. Le suj. du verbe de base désignerait une pers. ou une chose : alliance « le fait pour des personnes, des éléments de s'allier »
appartenance « le fait d'appartenir »
croissance « le fait de croître, de grandir »
naissance « le fait de commencer, d'apparaître »
résistance « le fait de résister »
B.− Le dérivé exprime le sujet de l'action (« celui qui » ou « ce qui » + verbe au prés. de l'ind.) 1. Le suj. du verbe de base désignerait des pers. : affluence « réunion d'une foule de personnes qui se portent au même endroit » (Rob.)
assistance « ceux qui assistent à... »
2. Le suj. du verbe de base désignerait des choses : apparence « ce qui apparaît d'une personne ou d'une chose »
appartenances (au plur.) « ce qui appartient à un bien immeuble » (Rob.)
différence « ensemble de caractères qui distinguent une chose d'une autre »
nuisance(s) « ensemble de facteurs de civilisation rendant la vie pénible »
C.− Le dérivé exprime le résultat de l'action (« ce/celui qui est » + part. passé passif; « ce/celui que l'on » + prés. de l'ind.) 1. Quand le verbe de base est un verbe trans., le dér. exprime l'obj. de l'action : connaissance « ce ou celui que l'on connaît »
croyance « ce que l'on croit »
ordonnance « prescription, ce qui est ordonné »
Cf. contenance « ce qui peut être contenu »;
remontrance « critique motivée et raisonnée »
2. Quand le verbe de base est intrans., le subst. marque l'état de ce (ou de celui) qui a subi l'action (« fait d'être » + part. passé) : déchéance « état de celui qui est déchu » Rem. Ds laitance « liquide sécrété par les glandes des poissons mâles », le sens primitif était « lait de poisson » (terme de cuisine) de l'anc. verbe lait(i)er « donner son lait »
D.− Le dérivé exprime les circonstances de l'action 1. La manière : apparence « manière dont une chose, une personne se présente »
contenance « manière de se tenir, de se présenter »
observance (observance stricte) « manière dont la règle est observée »
2. Le lieu : naissance « point, endroit où commence quelque chose »; naissance d'un fleuve
provenance « endroit d'où vient une chose »
résidence « lieu construit où l'on réside »
3. Le moment ou la période : échéance « date à laquelle expire un délai »
existence « période pendant laquelle quelque chose ou quelqu'un existe » (le reste de mon existence)
Renaissance « période historique allant du xivesiècle à la fin du xviesiècle »
vacances « période pendant laquelle on ne travaille pas »
II.− Le dérivé est rattaché à l'adjectif ou au substantif correspondant A.− À l'adjectif. − Le subst. en -ance/-ence exprime de façon abstr. la qualité désignée par l'adj. ou le part. adjectivé (« caractère de ce qui est ... » ou « de celui qui est ... ») : 1. Cette qualité peut s'appliquer à l'animé : bienveillance « qualité de celui qui est bienveillant »
élégance « qualité de ce/celui qui est élégant »
endurance « qualité de celui qui est endurant »
ignorance « état de celui qui est ignorant »
indigence « état de celui qui est indigent »
nonchalance « caractère de celui qui est nonchalant »
patience « qualité de celui qui est patient, qui persévère dans une activité sans se décourager »
prévoyance « qualité de celui qui est prévoyant »
suffisance « caractère de celui qui est suffisant »
tolérance « qualité de celui qui est tolérant »
2. Cette qualité peut s'appliquer à l'inanimé : consistance « état de ce qui est consistant »
contingence « caractère de ce qui est contingent »
prépondérance « qualité de ce qui est prépondérant »
succulence « caractère de ce qui est succulent »
urgence « caractère de ce qui est urgent »
3. Cette qualité peut s'appliquer à l'animé et à l'inanimé : importance « caractère de ce (ou de celui) qui est important »
indépendance « état d'une personne ou d'une chose indépendante »
insignifiance « caractère de ce (ou de celui) qui est insignifiant »
puissance « état de celui qui est puissant; caractère de ce qui est puissant »
transcendance « caractère de ce qui est transcendant »
B.− Au substantif. − Le subst. de base est le plus souvent un subst. qui désigne celui qui exerce une fonction, le dér. en -ance/-ence marquant alors cette fonction : gérance « fonction de gérant »
intendance « fonction d'intendant »
lieutenance « charge, office, grade de lieutenant »
présidence « fonction, titre de président »
régence « fonction, dignité de régent »
suppléance « fonction de suppléant »
Cf. aussi
vétérance « état de vétéran »
Le dérivé peut marquer en même temps 1. Il peut marquer en même temps la durée de cette fonction : gérance « durée des fonctions du gérant »
présidence « durée des fonctions d'un président »
régence « durée des fonctions d'un régent »
2. Il peut marquer en même temps le lieu où elle s'exerce : intendance « bureaux de l'administration d'intendance »
présidence « résidence, bureau(x) d'un président »
3. Il peut marquer en même temps l'ensemble des personnes qui exercent cette fonction (sens collectif) : intendance dans des expr. comme intendance militaire ou les services de l'intendance
maistrance « ensemble des officiers mariniers de la marine de guerre française »
Cf. aussi
ascendance « ensemble des générations de personnes d'où quelqu'un est issu »;
descendance « ensemble des descendants »
Rem. 1. Différentes signif. que peut prendre un même dér. a) Un même terme pourra être considéré à la fois comme un nom abstr. d'action (I) ou comme un nom abstr. de qualité (II), selon qu'il est rattaché de préférence à la signif. verbale ou à la signif. adj. de la base. Ainsi persévérance est à la fois « le caractère de celui qui est persévérant » et « le fait de persévérer ». Cf. de même : endurance, négligence, persistance, prévoyance, reconnaissance, tolérance. Il se peut aussi que le mot en -ance/-ence soit dérivable à la fois d'un verbe et du subst. corresp. en -ant (-ent) : présidence n'est pas seulement « la fonction du président », mais aussi « l'action de présider ». Suppléance est, en même temps qu'une fonction, « le fait de suppléer quelqu'un ». Dans surveillance seul le verbe surveiller est senti, et non le subst. surveillant. b) Un subst. d'action pourra correspondre à une seule ou à plusieurs des accept. énumérées supra (I). Une seule accept. : l'action (le fait de) (insistance, soutenance, transhumance); le suj. de l'action (« ce qui » + verbe au prés.) (convenance); le résultat de l'action (« ce qui est » + part. passé passif) (contenance, redevance, remontrance); le lieu (provenance); la période (échéance, vacances). Plusieurs accept. : action et suj. de l'action (assistance, influence...); action et résultat de l'action (espérance, négligence...); action et lieu de l'action (naissance, résidence); action et moment ou période de l'action (existence, renaissance); action, résultat de l'action, manière (observance).
Rem. 2. Les dér. appartiennent à une lang. spécialisée. Dans les cas où le subst. en -ance/-ence est en concurrence avec un autre subst. abstr., il a gén. un sens spécialisé : maintenance est réservé soit au « fait de maintenir à leur nombre normal des effectifs et du matériel d'une troupe au combat », p. oppos. à maintien, soit à l'entretien d'un ordinateur; observance est spécialisé dans le domaine relig., le lang. courant dit observation; partance pour départ est vieilli et ne s'emploie plus que dans l'expr. en partance; rémittence est employé en méd., rémission étant plus gén.; résilience est un terme de phys. et s'oppose à résiliation; soutenance est le « fait de soutenir une thèse de doctorat », soutien est le terme général; dominance désigne « le fait de dominer » quand il s'agit de choses, contrairement à domination qui s'applique toujours à des pers. et tend, de ce fait, à prendre un sens spécialisé dans le domaine scientifique « état d'un caractère dominant ». Les subst. en -ance/-ence sont fréq. dans les lang. techn. : mar. (partance, maistrance, cf. A. François, La Désinence -ance dans le vocabulaire français, 1939, p. 63), banque : (créance, échéance, quittance, usance, ibid.), dr. (instance, mouvance, survenance, ibid.), relig. (observance, recouvrance, repentance, ibid.); et surtout scientifiques : phys. (efficience, fluorescence, interférence, phosphorescence, radiance, réfringence...); bot. (arborescence, virescence), électr. (conductance, brillance, impédance), math. (congruence, équipollence, tangence), philos. (contingence, immanence, transcendance). Nombreuses formations en -ance ds l'arg. mod. : béquetance (bectance) « nourriture », de béqueter « manger » (ibid., p. 25); croustance « repas », de croûte « pain » (ibid.); cuistance « cuisine » (ibid.); galetance « gamelle », de galettière « plat à galette » (ibid.); rouspétance, d'apr. rouspéter; roustance, même sens que cuistance, de roustir « brûler » (ibid.).
Rem. 3. La finale -ance/-ence correspond dans le registre suffixal à la termin. part. -ant et à la finale adjectivale -ant/-ent; un mouvement de pensée identique sous-tend l'une et l'autre. Le propre de la flexion participiale étant de faire tendre le verbe vers la partie du discours adj., les formes en -ant se situent, selon les conditions du discours, à plus ou moins grande distance de la catégorie verbale proprement dite. En fonction d'appos., en partic. lorsque le compl. (surtout le compl. d'obj.), ou a fortiori le suj., se trouve exprimé, la forme est saisie à proximité du verbe (part.) : son interlocuteur ignorant ces faits, il...; ignorant ces faits, il...; persévérant dans ses efforts, il... En fonction d'attribut ou d'épithète, elle l'est à proximité de l'adj. (adj. verbal) : il est ignorant, persévérant; un homme ignorant, persévérant. Les part. en -ant se prêtent qqf. à la substantivation (un suppléant, un gérant, un penchant...). Il ne correspond pas (ou il ne correspond plus) toujours un verbe aux formes en -ant (élégant, bienveillant...). Les formes en -ent peuvent être des adj. (divergent, négligent...) ou des subst. (président) « verbaux », c'est-à-dire qui rappellent plus ou moins le verbe. Mais le plus fréquemment, elles appartiennent à la catégorie des adj. (adjacent, évident) ou des subst. (expédient, inconvénient), sans qu'il leur corresponde un verbe. Le suff. -ance suit un mouvement en tout point identique à la flexion -ant : saisi précocément, il fournit un subst. abstr. d'action (vengeance). Saisi tardivement, il fournit un subst. abstr. de qualité (persévérance); il se peut aussi qu'il corresponde à la forme en -ant substantivée (gérance). Lorsque le suff. -ence correspond à une finale -ent d'adj. « verbal », il fournit, à l'image de -ance, soit un subst. d'action (négligence < négliger « le fait de négliger »), soit un subst. de qualité (négligence < négligent « qualité de ce qui est négligé »). Il se peut aussi que -ence soit issu d'une forme en -ent subst. (présidence < président − présider). Dans les cas où il ne correspond pas de verbe aux formes en -ant/-ent, les suff. -ance/-ence prennent forcément la signif. adj. (bienveillance, indigence...).
Étymol. ET HIST. A.− Étymol. − Dès les plus anc. textes, on relève des subst. d'action tirés de part. prés., formation héritée du latin -(antia). Type : douter/doutant/doutance, oïr/oiant/oiance... A. François, La Désinence -ance dans le vocabulaire français, 1939, p. 8, no3 relève ainsi dès la toute première période (xieet xiies.) les mots suiv. qui ont survécu : abondance, accoutumance, alliance (alloiance), appartenance, arrogance, oïr/oiant/oiance... bienveillance, et malveillance, chance, concordance et discordance, connaissance (cunoisance), reconnaissance (reconuisance) et méconnaissance, contenance, convenance, créance, croissance, déchéance, défaillance, défiance, délivrance, enfance, espérance, ignorance, jouissance (joiance), naissance, outrecuidance, persévérance, puissance, quittance, repentance, souffrance, soutenance, substance, suffisance, vaillance, vengeance. ,,Il n'y a pas de doute que, malgré sa popularité, la formation mi-savante des mots en -ance, généralement abstraits, est l'œuvre des clercs, − clercs de toute espèce : ecclésiastiques, monastiques ou juristes. En témoignent la poésie et la prose.`` (Id., ibid., p. 8). La vitalité du suff. est telle en a. fr., qu'il vient à s'accoler à des bases nominales. Ainsi pitié ou piété devient pitance; vilté se change en viltance, vuitance, d'où aviltance. Plus tard apparaîtront bobance ou bombance (orig. incertaine). À partir du xiies., les formes en -ance et en -ement se doublent presque constamment : allegement-allegeance, attendement-attendance, decevement-decevance, delivrement-delivrance, ennuiement-ennuiance, errement-errance, desheritement-desheritance, delaissement-delaissance, meprisement-meprisance, demontrement-demontrance, naissement-naissance, parlement-parlance, recouvrement-recouvrance, sevrement-sevrance, signifiement-signifiance, soutenement-soutenance, ven gement-vengeance... (Id., ibid., p. 12). C'est tantôt l'un, tantôt l'autre des 2 termes qui l'a emporté. En revanche dans les cas de doublets -ance/-tion, c'est gén. le second qui a survécu : cf. assignance-assignation, décevance-déception, dérogeance-dérogation, agravance-agravation, démonstrance-démonstration, obligeance-obligation, pourveance-provision, récréance-récréation, sevrance-séparation, signifiance-signification... (Id., ibid., p. 13). Le suff. sav. -tion a un prestige qui n'a pas son rival. B.− Vitalité et productivité 1. Vitalité. − L'analyse est, en gén., facile, que la base soit a) Un part. prés. à valeur adj. (adj. verbal) : attir(ant), -ance; défaill(ant), -ance; endur(ant), -ance; exubér(ant), -ance; ignor(ant), -ance; méfi(ant), -ance; persévér(ant), -ance; prépondér(ant), -ance; répugn(ant), -ance; rutil(ant), -ance; tempér(ant), -ance; tolér(ant), -ance; Rem. Au lieu du part. il s'agit parfois d'un adj. en -ent correspondant à un verbe : adhér(ent), -ence; afflu(ent), -ence; coïncid(ent), -ence; différ(ent), -ence; diverg(ent), -ence; excell(ent), -ence; équival(ent), -ence; influ(ent), -ence; néglig(ent), -ence. b) Un adj. − En -ant : arrogant, -ance; bienfaisant, -ance; clairvoyant, -ance; élégant, -ance; intransigeant, -ance; pétulant, -ance; vigilant, -ance ... − En -ent : antécédent, -ence; clément, -ence; décent, -ence; déficient, -ence; indulgent, -ence; insolent, -ence; opulent, -ence; patient, -ence; véhément, -ence; virulent, -ence. c) Plus rarement un verbe (le part. prés. du verbe ayant une valeur proprement verbale) : accoutum(er), -ance; délivr(er), -ance; espér(er), -ance; ordonn(er), -ance; veng(er), -ance ... − Except. pour les dér. en -ence : confér(er), -ence; préfer(er), -ence. Rem. 1. On pourrait ajouter exig(er), -ence, exist(er), -ence si l'on considère que la graph. en -ant des adj. existant et exigeant les éloigne des subst. en -ence. 2. Le fr. mod. associe directement semence au verbe semer (malgré l'étymol. de semence < b. lat. sementia, plur. neutre de sementium, d'apr. le lat. class. sementis « semailles »). d) Parfois un subst. : gérant, -ance; intendant, -ance; lieutenant, -ance; président, -ence; régent, -ence; suppléant, -ance. Rem. 1. Suppléance pourrait aussi se rattacher aux formations du type c : supplé(er), -ance. 2. On a pu former un dér. en -ance sur vétéran en dépit de l'étymol. : veteranus d'apr. vetus, -eris. e) La base est repérable grâce à une commutation de finales : conduct-ance/conduction, induct-ance/induction, lumin-ance/ lumineux (lumière), perdit-ance/perdition, self-induct-ance/self-induction. audi-ence/auditeur, (in)expéri-ence/expérimenter. ou à l'anal. avec un mot voisin : précellence-excellence. Dans un certain nombre de cas cependant, où le radical ne sert pas de base à d'autres dérivés et où par conséquent la finale n'est pas commutable, les mots ne sont pas directement sentis comme des dér. − -ance : admittance, circonstance, clearance, créance, engeance, finance, garance, impédance, nuance, pitance, (contre-)performance, réluctance, remembrance, séance (cf. cep. sé-ant), substance, thermistance. − -ence : abstinence (cf. cep. s'absten-ir), cadence, calorescence, carence, circonférence, crédence, déshérence (cf. cep. déshér-iter), désinence, essence, licence, obédience, potence, providence, quintessence, ramescence, résipiscence, sapience, science, sentence (cf. cep. sent-iment « jugement »), séquence, subsidence, virescence. Rem. La différence de sens entre preste et prestance exclut le rapprochement entre ces 2 mots; l'abstr. corresp. à preste est prestesse « agilité » (Rob.). 2. Productivité. − -ance connaît une période de déclin en fr. classique, et on ne relève aucun mot nouveau au xviies. Mais il renaît dès le xviiies., surtout ,,par la récupération des mots vieux ou en train de vieillir (...)''. Certains sont recommandés par Marmontel dans son Discours sur l'autorité de l'usage (1785) : allégeance, souvenance, par l'abbé Féraud dans son Dictionnaire critique (1786) : advertance, nuisance, remembrance, enfin par la cinquième édition du Dictionnaire de l'Académie en 1798 (préparée par Marmontel) : accointance, accoutumance, malveillance, apercevance...,, ``(A. François, La Désinence -ance dans le vocabulaire français, 1939, p. 18). Dans la Néologie de S. Mercier (1801), on relève les mots nouv. suiv. (toujours d'apr. A. François) : ayance, conspirance, fécondance, garrulance, inconsistance, obligeance, provenance, raisonnance. Les formations les plus récentes appartiennent d'abord aux lang. techn. (délinquance, fréquence, interférence, efficience, équivalence, impédance, conductance, inductance, réactance, réluctance, brillance, radiance...) ou arg. (cuistance, roustance...).
BBG. − Cohn (G.) Die Suffixwandlungen im Vulgärlatein und im vorlitterarischen Französisch. Halle, 1891, pp. 74-79. − Darm. 1877, pp. 87-88; p. 207. − Dub. Dér. 1962, p. 15, 22; pp. 64-65; p. 104. − François (A.). La Désinence -ance dans le vocabulaire français... Genève-Lille, 1950, 93 p. [Cr. Goosse (A.) R. belge Philol. Hist. 1952, t. 30, pp. 224-226; Lerch (E.). Rom. Jahrb. 1950, t. 3, pp. 179-194; Orr (J.). Mod. Lang. R. 1951, t. 46, p. 270; Schöne (M.). Fr. mod. 1951, t. 19, pp. 59-60; Streicher (J.). R. Hist. litt. Fr. 1950, t. 50, p. 437]. − François (A.). Suffixe littéraire -ance. Vox rom. 1939, t. 4, pp. 20-24 [Cr. Spitzer (L.). Fr. mod. 1939, t. 7, pp. 276-278; Wartburg (W. von). Z. rom. Philol. 1942, t. 62, p. 208]. − Gossen (C. T.). Ma plus douce espérance est de perdre l'espoir. Z. rom. Philol. 1955, t. 71, pp. 337-364 [Cr. Gougenheim (G.). B. Soc. Ling. 1956, t. 52, no2, pp. 94-95]. − Hug. Mots disp. 1967, pp. 137-142. − Lew. 1960, pp. 57-69, 121-132. − Malkiel (Y.). The Development of the Latin suffixes -antia and -entia in the Romance languages... Berkeley-Los Angeles, 1945, 177 p. [Cr. Alvar (M.). Z. rom. Philol. 1955, t. 71, pp. 299-303; Holmes (U. T.), jr. Speculum. 1945, t. 20, pp. 495-497; Lerch (E.). Rom. Jahrb. 1950, t. 3, pp. 179-194]. − Merk (G.). La Vitalité des suffixes nominaux, du latin au français. R. Ling. rom. 1970, t. 34, no133/134, pp. 194-223. − Meyer-L. t. 2 1966, p. 199.
Rem. Ds laitance « liquide sécrété par les glandes des poissons mâles », le sens primitif était « lait de poisson » (terme de cuisine) de l'anc. verbe lait(i)er « donner son lait »