Connard

subst masc adj et

Définitions de « connard »

Trésor de la Langue Française informatisé

CON, subst. masc. et adj.
A.− Subst., trivial. Région du corps féminin où aboutissent l'urètre et la vulve. Ces mégères révolutionnaires, qui pissent à con béant sur les cadavres des gens qu'elles ont égorgés (E. et J. de Goncourt, Journal,1885, p. 429).
En partic. Sexe (organes génitaux externes) de la femme :
1. C'est une impiété inepte d'avoir fait du mot con un terme bas, une injure. Le mépris de la faiblesse? Mais nous sommes si heureux qu'elles soient faibles. C'est non seulement le propagateur de la nature, mais le conciliateur, le vrai fond de la vie sociale pour l'homme. Michelet, Journal,1857, p. 331.
2. Chez lui [Paul Gavarni], l'obsession presque morale du cul, du con. Sa fascination est là et c'est comme un éblouissement. Ses divagations, ses systèmes, sa philosophie y reviennent sans cesse, comme à un centre de l'humanité, l'anneau où passe la succession des générations. E. et J. de Goncourt, Journal,1868, p. 404.
P. méton., vieilli. Les choses du con. Rapports sexuels :
3. ... Daudet, comme un peu grisé par l'électricité de l'orage, dit : « Oh! c'est positif : dans les choses du con, j'ai été un scélérat, ... E. et J. de Goncourt, Journal,1892, p. 287.
B.− P. méton., au fig., vulg. [P. réf. au sexe de la femme pris comme symbole de l'impuissance et de la passivité]
1. Subst. Personne idiote, bête. Vieux con, espèce de con :
4. « Mon cher maître, vous avez un merveilleux talent pour faire le portrait de vos amis. Quelle magistrale galerie de cons! » E. et J. de Goncourt, Journal,1894, p. 589.
SYNT. Grand, petit, sale con; une bande de cons; avoir l'air d'un con; être le roi des cons.
Piège à cons. Attrape-nigaud.
Ne fais pas le con (fam.). Sois raisonnable.
Loc. À la con. Ridicule, sans valeur.
2. [En constr. d'attribut ou d'appos., avec valeur d'adj.; le plus souvent inv. en genre] Bête, stupide.
a) [En parlant d'une pers.] Tu es encore plus con que tu n'en as l'air (Sartre, La Mort dans l'âme,1949, p. 170).
Loc. Con comme la lune. Tout à fait idiot. Je le trouvais con comme la lune (Céline, Mort à crédit,1936, p. 155).
b) [En parlant d'une chose abstr.] Ton histoire est drôlement con. C'est con, ce que tu dis là! (Sartre, La Mort dans l'âme,1949, p. 42).
Par atténuation, fam. Naïf :
5. − Vous vous trompez, Annie. Si nous faisons mieux connaissance, vous vous apercevrez que « l'édification du socialisme » est la seule et unique tâche que je prenne au sérieux, ... ça a l'air un peu con de le dire comme ça... mais c'est vous qui m'y obligez... Vailland, Drôle de jeu,1945, p. 158.
Rem. On rencontre également le fém. conne (qui atteste le passage définitif du mot à l'emploi fig. comme subst. adjectivé). Eh conne, dit la voix de Gabriel, si y a personne tu boucles la lourde (Queneau, Zazie dans le métro, 1959, p. 179).
Je me demande un peu! ... Où qu'il peut percher son connard qui va lui racheter des telles ordures? (Céline, Mort à crédit,1936, p. 616).Quand il rentrera l'autre guignol! ... on fera les connos et puis c'est tout! (Céline, Mort à crédit,1936p. 671).Tu veux partir, connasse. Oui, partir, cavaler ailleurs (A. Arnoux, Zulma l'infidèle,1960, p. 40).Faut pas, Pierrot, que tu te froisses; j'ai fait ça un peu connement hier, sous le coup d'une mauvaise impression (A. Simonin, Touchez pas au grisbi,1953, p. 200).
Prononc. : [kɔ ̃]. Étymol. et Hist. 1. Ca 1195-1200 physiol. subst. (Roman de Renart, éd. M. Roques, 14568); 2. 1831 arg. adj. (Mérimée à Stendhal, Corr. gén., 1, 90 ds Quem.); 1872 conne (Larch., p. 101). 1 du lat. class. cunnus physiol.; 2 prob. réfection de conard* (FEW t. 2, p. 1541a). Fréq. abs. littér. : 184. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 69, b) 214; xxes. : a) 247, b) 727.
DÉR. 1.
Connard, conneau, connaud, conno(t),(conno, connot) subst. masc.,vulg. Triple idiot. Je me demande un peu! ... Où qu'il peut percher son connard qui va lui racheter des telles ordures? (Céline, Mort à crédit,1936, p. 616).Quand il rentrera l'autre guignol! ... on fera les connos et puis c'est tout! (Céline, Mort à crédit,1936p. 671). 1reattest. a) 1280 conart lecture jugée possible par A. Långfors ds Romania t. 58, p. 288 (Clefs d'amors, éd. Doutrepont, 1315 : covart; var. B. Cornart); xives. (J. Le Senechal, Cent Ballades, éd. G. Raynaud); b) av. 1896 conneau (Verlaine, Correspondance, t. 3, p. 251); de con, suff. -ard*, -eau*. Le mot est peut-être dû à une altération de cornard* (cf. bon(n)e pour borne). Fréq. abs. littér. Con(n)ard : 12.
2.
Connasse, subst. fém.,vulg. Femme très sotte. Tu veux partir, connasse. Oui, partir, cavaler ailleurs (A. Arnoux, Zulma l'infidèle,1960, p. 40). 1reattest. a) 1610 anat. (Beroalde de Verville, Le Moyen de parvenir, Kalendrier II, 212 ds Hug.); b) ca 1810 « femme ou homme bête » appliqué à la femme honnête et à la prostituée inexperte (d'apr. Esn. 1966); de con, suff. péj. -asse*.
3.
Connement, adv.,vulg. Bêtement. Faut pas, Pierrot, que tu te froisses; j'ai fait ça un peu connement hier, sous le coup d'une mauvaise impression (A. Simonin, Touchez pas au grisbi,1953, p. 200).1reattest. 1953 id.; de con, suff. -ment2*.
-ARD, -ARDE, suff.
I.− Suff. péj. formateur d'adj. ou de subst. qualifiant ou désignant des personnes.
A.− La base est un subst., un ethnique ou un nom propre de pers.
1. La base est un subst. souvent arg. ou fam. désignant une chose concr.
Le dér. est adj. et subst. :
bâtard, -
béquillard, -
binoclard, -
cabochard, -
paillard, -
pantouflard, -
pochard, -
poissard (sur poix),-
roublard (sur rouble),-
soiffard .-
Le dér. est uniquement subst. :
briscard, -
camisard, -
clochard, -
coquillard, -
cornard, -
frocard, -
mouchard, -
potard, -
thésard .-
Rem. 1. Souvent, dans ces mots la base n'est pas sentie. 2. Quant à bâtard, on peut se demander s'il est bien formé sur bât. Noter aussi, avec valeur péj. de -ard, des mots où la base n'est plus directement discernable en fr. mod. : cafard (adaptation de l'ar. kafir), couard (de l'a.fr. coue « queue »), gniard (« enfant », a.fr. niart, sur niais), moutard (cf. le lyonnais mote « petit garçon »), soudard (réfection de soudoier, par changement de suff.).
Ce type est productif :
chéquard .Terme péj. désignant les journalistes et parlementaires impliqués dans le scandale de Panama; (qui) le premier, si courageusement a dénoncé les chéquards (Barrès, Mes cahiers, t. 1,1896, p. 61)
chosard .Terme formé p. plaisant. sur le modèle de républicain, signifiant « partisan de la chose (publique) »; faites renverser la chose publique par un chosard de la chose (A. France, L'Île des pingouins,1908, p. 215).
galonnard .(Ils) doivent être tout ce qu'il y a de plus « anti » et galonnards (Proust, Sodome et Gomorhe,1922, p. 885).
justiciard .« Terme désignant les gens de justice »; [les médailles] c'est le goût de presque tous les justiciards (Balzac, Splendeurs et misères des courtisanes,1847, p. 396).
lorgnonard .(Un) ahuri lorgnonard, à teint de cloporte (Montherlant, Les Bestiaires,1926, p. 532).
2. La base est un subst., gén. arg., désignant un défaut moral :
cagnard (de l'a. fr. cagne « paresse »),-
cossard, -
déveinard, -
flemmard, -
froussard, -
goguenard (de l'a.fr. gogue « réjouissance »),-
peinard, -
veinard -
3. La base est un subst., un élément de syntagme, un nom propre, plus rarement un sigle, désignant une réalité sociale ou pol. :
blocard (sur Bloc des gauches),-
bondieusard, -
cagoulard (sur La Cagoule),-
cyrard (sur Saint-Cyr),-
dreyfusard (et dér. antidreyfusard),-
lignard (sur Infanterie de ligne),-
quarante-huitard, -
smicard, smigard (sur les sigles S.M.I.C., S.M.I.G.),-
sorbonnard -
4. La base est un ethnique ou un subst. désignant un lieu.
Le dér. est adj. et subst. :
briard, -
campagnard, -
chamoniard, -
montagnard, -
savoyard, -
tignard -
Le dér. est uniquement subst. :
bagnard, -
banlieusard, -
broussard, -
maquisard, -
pistard, -
salon(n)ard,(salonard, salonnard) -
taulard outôlard -
B.− La base est un adj.
1. -ard s'ajoute à la base.
Le dér. est adj. et subst. :
chicard, -
con(n)ard,(conard, connard) -
faiblard, -
gueusard, -
nullard, -
patriotard, -
rossard, -
vachard -
Le dér. est uniquement subst. :
vieillard -
Ce type est productif :
flicard .(Un) flicard trissa derrière le truand (Queneau, Loin de Rueil,1944, p. 64)
ganachard .Ton vieux ganachard (Flaubert, Correspondance,1869, p. 411)
gouapard .Une voix gouaparde de parisien (Dorgelès, Les Croix de bois,1919, p. 173)
philosophard .(Les) philosophards allemands (Bloy, Journal,1893, p. 86).Adj. Sa prose prétentieuse, philosopharde (Romains, Les Hommes de bonne volonté,Le 6 octobre, 1932, p. 159)
2. -ard commute avec un autre suff. ou une finale /-eux :
chançard ;-
/-in :
poupard ;-
/-iste :
communard ;-
/-on :
mignard, -
poupard; -
/-ond :
furibard ;-
/-et :
rondouillard; -
/-us :
camard; -
/-aud :
soûlard; -
tubard sur tuberculeux.
Ce type est productif :
foirard .(Le) chat qui était foirard (Queneau, Pierrot mon ami,1942, p. 92)
prétentiard .(Un) ton bien prétentiard (Queneau, Loin de Rueil,1944, p. 174).Subst. (cf. Queneau, Exercices de style, 1947, p. 170)
pudibard .C'est un président très « pudibard » (E. et J. de Goncourt, Journal,1891, p. 22)
Rem. Noter aussi, qualifiant un subst. de l'inanimé : guenillard, (le) salon est guenillard (Amiel, Journal intime, 1866, p. 384).
C.− La base est un verbe (le plus souvent, le dér. en -ard est en concurrence avec un dér. en -eur).
Le dér. est adj. et subst. :
babillard, -
bataillard, -
braillard, -
capitulard, -
cumulard, -
criard, -
combinard, -
débrouillard, -
démerdard, -
flanchard, -
geignard, -
gueulard, -
musard, -
nasillard, -
paniquard, -
piaillard, -
pillard, -
pleurard, pleurnichard, -
revanchard, -
rigolard, -
traînard, -
vantard, -
vasouillard -
Rem. La base peut n'être plus sentie : bavard sur bave « bavardage »; égrillard, peut-être de l'a.fr. esgriller « glisser »; papelard (a.fr. paper « manger »).
Le dér. est uniquement subst. :
chauffard, -
chiard, -
clochard (sur clocher « boiter »),-
crevard, -
fêtard, -
fuyard, -
grognard, -
pendard, -
scribouillard -
− Noter, en concurrence avec des termes en -eur, et, plus except., avec des part. prés. :
amusard .− C'est un « amusard » (...). Il sera encore là, à trois heures du matin (Alain-Fournier, Le Grand Meaulnes,1913, p. 118).Adj. (Alain-Fournier, Correspondance [avec J. Rivière], 1911, p. 282)
bafouillard .Prêtre bafouillard, bredouillard, ventrouillard, /etc./ (Bloy, Journal,1903, p. 324);il en était tout déconcerté, tout ému, tout bafouillard (Céline, Mort à crédit,1936, p. 285)
batifolard .Maquignon cossu et batifolard (Bloy, La Femme pauvre,1897, p. 229)
blagard .Ironie blagarde (E. et J. de Goncourt, Journal,1886, p. 547)
cafouillard , subst.(Les) cafouillards obsédés (Céline, Mort à crédit,1936, p. 400).Adj. (Céline, Mort à crédit, 1936, p. 340)
dynamitard .Cette archiconfrérie des dynamitards (Bloy, Journal,1892, p. 65)
grelottard .(Fiamina) était « grelottarde » (Gyp, Souvenirs d'une petite fille,1927, p. 229)
hâblard .La même horde lourde, bouseuse, titubante d'un bobard à l'autre, hâblarde toujours, trafiqueuse, malveillante, agressive entre deux paniques (Céline, Voyage au bout de la nuit,1932, p. 427)
mangeard .Certaine femme dangereuse pour le bon sujet, la « mangearde » que redoute le bourgeois pour son enfant (Flaubert, La 1reÉducation sentimentale,1845, p. 185)
songeard .Avec votre façon songearde, vous seriez chez John-Bull in vitam aeternam, que vous ne verriez rien (Chateaubriand, Mémoires d'Outre-Tombe,t. 1, 1848, p. 521);le mot existait en a. fr., cf. Gdf.)
II.− Suff. formateur de subst. désignant des animaux ou de subst. de l'inanimé.
A.− Le suff. n'a pas une valeur péj.
1. Le dér. désigne un animal.
a) La base est un subst. désignant un animal :
busard . (cf. a.fr. bu(i)son, d'où aussi la forme buisard notée par Littré) « Oiseau rapace diurne »
malard . (sur mâle)« Région. Canard mâle »
mulard . (par changement du suff. de mulet) « Hybride du canard commun et du canard musqué »
têtard . (sur tête) « Larve de batracien »
Le dér. désigne le petit d'un animal ou un jeune animal :
chevrillard . (sur chevrette)« Faon de la chevrette » (Littré);
pouillard . (de l'a.fr. pouil « coq »)« Jeune perdreau » .
Rem. Pour -ard formateur de subst. désignant le petit de l'animal désigné par la base, cf. infra, hist.. B 1.
b) La base est un subst. concr.
bécard oubeccard . (sur bec)1. Variété de saumon au museau allongé. 2. Nom donné au brochet d'une certaine taille
brocard . (sur broque var. de broche désignant les bois de l'animal) « Cerf, chevreuil d'un an »
épaulard . (sur épaule)« Dauphin des mers du Nord à nageoire dorsale haute et pointue »
grisard .(sur gris) 1. Blaireau. 2. Goéland
c) La base est un verbe :
broutard .(sur brouter)« Veau qu'on laisse brouter (au lieu de le nourrir au lait) »
canard . (sur caner « caqueter ») « Oiseau palmipède »
guignard . (sur guigner)« Nom de petits échassiers... » .
Rem. Noter aussi, charognard désignant une variété de vautour, employé également au fig. avec une valeur péj. et tocard, mot arg. désignant un mauvais cheval, pris également au fig.
2. Le dér. désigne une chose.
Au masc. :
billard (sur bille),-
brancard (sur branque, forme nom. de branche),-
brassard (sur bras),-
brouillard (p. chang. du suff. de brouillas, xiiies., de broue ou brouée) « brume » ,
brouillard (par chang. du suff. de brouillon, xvies., de brouiller),« livre de commerce »
buvard (sur boire),-
corbillard (sur Corbeil),-
cuissard (sur cuisse),« partie d'armure »
dossard (sur dos),-
feuillard (sur feuille),-
étendard (senti comme dér. de étendre),-
flambard (sur flamber) « charbon à demi consumé »,
grisard (sur gris) 1. Peuplier blanc. 2. Grès ,
gueulard (sur gueule),-
milliard (par chang. du suff. de million),-
œillard (sur œil) « œil d'une meule... »,
oreillard (sur oreille) « oreille d'un fauteuil... » ,
pétard (sur péter),-
placard (sur plaquer),-
puisard (sur puits),-
reniflard (sur renifler) « soupape de chaudière à vapeur »,
rifflard (de rifler; le sens arg. « parapluie » a pour orig. un nom de personnage),-
soufflard (de souffler) « jet de vapeur d'eau dans une région volcanique »,
tortillard (sur tortiller),-
vasard (sur vase) « fond de sable mêlé de vase »
Rem. Noter aussi ds Littré : bard, bêchard, boîtard, bousard, couillard, faucard, hachard, luisard, meulard, molard (sur meule), tisard; ds Pt Rob. : nasard, pelard, plantard.
Au fém. :
bombarde (sur bombe); -
bouffarde ( du rad. de bouffée)« grosse pipe à tuyau court » ;
cuissarde « botte couvrant toute la jambe »;
moutarde (sur moût); -
nasarde, (du rad. lat. de nez)vx ou littér. « chiquenaude sur le nez » ;
souillarde, (de l'a.fr. souillard « malpropre », sur soil)région. « Baquet à lessive. Arrière-cuisine »
B.− Le dér. est un mot arg. dans lequel -ard a gén. une valeur dépréciative :
bobard (de bob, d'orig. onomat., cf. a.fr. bobeau)« mensonge »;
bobinard (peut-être de Bobino) « café-concert d'ordre inférieur » ou « maison de tolérance »;
coquard (sur coque)ou coquart« tuméfaction sur l'œil »;
costard (par substitution de -ard à la finale de costume) « costume »;
fendard (sur fendu)« pantalon »;
mollard (du rad. de moelle, moelleux) « crachat »;
pinard (var. pop. de pineau)« vin »;
plumard (sur plume) « lit »;
sauciflard « saucisson »;
traquenard (du rad. de traquer) « piège »;
trimard (sur trimer) « route, chemin »
Rem. Noter aussi panard « pied ».
(qui) le premier, si courageusement a dénoncé les chéquards (Barrès, Mes cahiers, t. 1,1896, p. 61)faites renverser la chose publique par un chosard de la chose (A. France, L'Île des pingouins,1908, p. 215).(Ils) doivent être tout ce qu'il y a de plus « anti » et galonnards (Proust, Sodome et Gomorhe,1922, p. 885).[les médailles] c'est le goût de presque tous les justiciards (Balzac, Splendeurs et misères des courtisanes,1847, p. 396).(Un) ahuri lorgnonard, à teint de cloporte (Montherlant, Les Bestiaires,1926, p. 532).(Un) flicard trissa derrière le truand (Queneau, Loin de Rueil,1944, p. 64)Ton vieux ganachard (Flaubert, Correspondance,1869, p. 411)Une voix gouaparde de parisien (Dorgelès, Les Croix de bois,1919, p. 173)(Les) philosophards allemands (Bloy, Journal,1893, p. 86).Sa prose prétentieuse, philosopharde (Romains, Les Hommes de bonne volonté,Le 6 octobre, 1932, p. 159)(Le) chat qui était foirard (Queneau, Pierrot mon ami,1942, p. 92)(Un) ton bien prétentiard (Queneau, Loin de Rueil,1944, p. 174).C'est un président très « pudibard » (E. et J. de Goncourt, Journal,1891, p. 22)− C'est un « amusard » (...). Il sera encore là, à trois heures du matin (Alain-Fournier, Le Grand Meaulnes,1913, p. 118).Prêtre bafouillard, bredouillard, ventrouillard, /etc./ (Bloy, Journal,1903, p. 324);il en était tout déconcerté, tout ému, tout bafouillard (Céline, Mort à crédit,1936, p. 285)Maquignon cossu et batifolard (Bloy, La Femme pauvre,1897, p. 229)Ironie blagarde (E. et J. de Goncourt, Journal,1886, p. 547)(Les) cafouillards obsédés (Céline, Mort à crédit,1936, p. 400).Cette archiconfrérie des dynamitards (Bloy, Journal,1892, p. 65)(Fiamina) était « grelottarde » (Gyp, Souvenirs d'une petite fille,1927, p. 229)La même horde lourde, bouseuse, titubante d'un bobard à l'autre, hâblarde toujours, trafiqueuse, malveillante, agressive entre deux paniques (Céline, Voyage au bout de la nuit,1932, p. 427)Certaine femme dangereuse pour le bon sujet, la « mangearde » que redoute le bourgeois pour son enfant (Flaubert, La 1reÉducation sentimentale,1845, p. 185)Avec votre façon songearde, vous seriez chez John-Bull in vitam aeternam, que vous ne verriez rien (Chateaubriand, Mémoires d'Outre-Tombe,t. 1, 1848, p. 521);
PRONONC. − D'apr. Fouché Prononc. 1959, p. 413, le groupe -rd se prononce toujours [ʀ].
ÉTYMOL. ET HIST. I.− Étymol. − Dep. que Diez en a formulé l'hyp., les grammairiens (p. ex. Darm. 1877, p. 89, Nyrop t. 3 1936, p. 173, Rohlfs t. 3 1954, p. 319, Wolf 1964, pp. 66-67) s'accordent en gén. à faire remonter le suff. -ard à l'adj. all. hart « dur, fort » qui, pendant la période de l'a.h.all., est entré, comme 2eélément, dans la compos. de n. propres tels Adal-hart (fr. Alard), Bern-hart (fr. Bernard), Ger-hart (fr. Gérard), Regin-hart (fr. Renard), Rîc-hart (fr. Richard)... désignant des individus qui possèdent à un haut degré (hart) la caractéristique contenue dans le rad. (Adalhart « de grande noblesse »). Apr. les invasions germ., ces n. propres seraient passés en fr. et leur termin. se serait ensuite étendue aux n. communs, peut-être par l'intermédiaire de surnoms (du type le bastard) ou de n. propres devenus n. communs (type Renard, désignant le goupil dans le Roman de Renart). II.− Histoire A.− L'existence d'un suff. -ard à valeur augm., intensive, le plus souvent péj., formateur d'adj. se rapportant à l'homme, est très ancienne. 1. Adj. formés à partir de subst. concr. : bastard (1086 < lat. bastardus 1010), cuard (ca 1100 Chans. Rol. et var. en -art), gaillard (ibid.), paillard (1200), poupard (1200). Cf. aussi ds Gdf. : dentard, gifart, gueulard, jambart, moflart, narinart, pansart, têtart. 2. Adj. formés à partir d'un verbe : musard (1086), robart (1226), engignart (xiiies.), grognard (xiiies.), papelard (xiiies.). Le suff. tend à s'accoler princ. à des rad. déjà péj. par eux-mêmes. Cf. aussi ds Gdf. : attrapart, grondart, hognart, jasart, louchart, rechignart, rouart, trichart. Cependant il s'accole aussi à des bases de valeur neutre. Cf. ds Gdf. : dormart, espérart, frétillart, lisart, mangeart, songeart. Rem. En a.fr. -ard est souvent proche de -eur : pendart a désigné au xives. « le bourreau, celui qui pend » av. de prendre son sens actuel. 3. Dér. en -ard à partir d'adj. a) -ard s'ajoute à une base adj. En a.fr. on note : vieillard (1155) intensif (?) de vieil. Jobard est beaucoup plus tardif (1547). Gdf. note aussi : lourdard, niart, sotart, et Hug. : finart. Rem. Noter aussi, au lieu de -âtre, ds Gdf. : blanchard et grisard. b) -ard commute avec un suff. ou une finale adj. Le procédé est plus tardif : mignard (1418), camard (1534). En fr. mod., il est très productif. B.− -ard, suff. de subst. désignant des animaux ou de subst. de l'inanimé. 1. Le dér. est formé directement sur un subst.; -ard a eu une valeur augm. La base désigne des choses concr.; -ard fonctionne comme les suff. servant à former des n. d'instruments et comme augm. : faucard (xiies.), billard (1399 « bâton pour pousser les boules »), boîtard (1320), feuillard (xives.), gueulard (1395), œillard (1554), etc. Rem. En a. et m.fr. le dér. a désigné − comme -at − le petit de l'animal désigné par la base : bichart (biche), cornillart (concurremment avec cornillat), louvard (concurremment avec louvat), piart (concurremment avec piat, sur pie). Sur ce modèle ont été formés caillard (1852), chevrillard (1740), pouillard (1875). 2. La base est un verbe : flambard (1285), pétard (1495), placard (1410). 3. Le subst. est formé à partir d'un adj. en -ard, disparu en fr. contemp. : grisard (1351), a.fr. grisard « grisâtre »; têtard (< a.fr. testart 1303 « têtu » puis « à grosse tête »); oreillard (xviies.). Il semble que beccard (1540), brocard (1466, sur broque), daguard (xvies.) et épaulard (Lar. 20e) ont été formés sur ce modèle. Parfois, on est en présence de 2 subst., l'un au masc., l'autre au fém. : cocarde (1530) et coquart (1883) < a.fr. coquard/-t gaillard (1753) et gaillarde (xves.) < a.fr. gaillard « fort »; souillard (1842) et souillarde (1836) < a.fr. souillard « malpropre ». 4. -ard s'est substitué à un autre suff. ou à une finale. À -al : brancard (a.fr. brancal < prov. brancal), brassard (prov. brassal < ital. bracciale), poignard (a.fr. poignal < lat. pugnalis). À -on : brouillard « livre de compte », sur brouillon; milliard, sur million. À -as : brouillard, sur brouillas. À -at : brocard « tissu » (a.fr. brocat < ital. broccato); foulard < prov. foulat; cf. aussi supra 1 rem. : cornillart, louvard, piart. III.− Étude des finales de -ard/-arde, -art/-arte A.− Le mot est un subst. inv. en genre. 1. -ard [aʀ]. Le mot est un subst. masc. a) -ard a pour orig. une finale en -ardu(m), -ardo. Animaux : chat-pard, guépard, léopard (< lat. pardus). Subst. de l'inanimé : dard (ca 1100 < lat. dardu(m)), lard (xiies. < lat. lardu(m)), nard, xves., d'abord narde (1213 < lat. nardu(m) genre fém.). b) -ard est une adaptation de diverses finales, gén. en [ʀ]. Personnes : boyard (1415 < russe boyar), hussard (1605 < all. Husar, du hongr. huszar), sagard « Dans les Vosges, scieur... » (1876 < all. Säger). Animaux : balbuzard (1676 < angl. baldbuzzard), homard (houmar 1532 < dan. hummer), isard (1387, d'un mot ibér.), lézard (a.fr. lazert < lat. lacertu). Subst. de l'inanimé : bézoard (bezar, 1314 < port. bezuar, mot d'orig. persane), blizzard (1888, mot amér.), bocard (1714, altération de bocambre < all. Pochhammer), boulevard (1327 boulever < m.néerl. bolwerc), fayard (fayan au xvies., < lat. fageus), épinard (espinarde 1256; var. espinach, espinoch < esp. espinaca), hasard (xiies. < ar. az-zahr), patard (pastar xvies., mot prov. < esp. pastaca), ringard (1731 < all. Rengel). c) Le mot est à l'orig. un n. propre : Animaux : renard. Subst. de l'inanimé : bénard, jacquard, pommard. Rem. Renard a un fém. renarde bien attesté. d) Le mot est un déverbal : chambard, égard (< a.fr. esguarder), fard, regard. Rem. La finale des mots en -ard se prononce [aʀ] sauf pour steward [stiwaʀt], horse-guard [ɔ ʀsg(w)aʀd] et yard [jaʀd], mots anglais d'introd. relativement récente. 2. -arde [aʀd]. Le mot est un subst. fém. a) -arde a pour orig. une finale en -arda, -ardo. Animaux : outarde (xives. < lat. avis tarda). Subst. de l'inanimé : carde (xiiies., prov. carda < lat. cardus), hallebarde (< ital. alabarda), guimbarde (1625 < prov. mod. guimbardo). b) -arde est une adaptation de finales d'orig. francique : écharde (escherde, xiies. < frq. *skarda), harde (herde, xiies. < frq. *herda). c) Le mot est à l'orig. un n. propre : bénarde, mansarde. d) Le mot est un déverbal : garde, mégarde, sauvegarde. Rem. Qqs. subst. sont du genre masc. : barde (1512 < lat. médiév. bardus), garde (de garder) et les composés sav. en -carde tels que endocarde, myocarde. 3. -art [aʀ]. Le mot est un subst. de l'inanimé, gén. du genre masc. a) -art a pour orig. un mot lat. : art (< ars, artis), essart (xiies. < b.lat. exsartu(m)), quart (xives. < quartu(m)). b) -art est une adaptation de diverses finales : braquemart (1411, bragamas 1392, altération de bergamasco, ou plus prob. emprunt du néerl. breecmes « coutelas »), dog-cart (1858, mot angl.), épart ou épar (esparre 1175 < germ. sparro), hansart (xiiies. < germ. hand seax), rohart (roal 1180 < anc. norrois hrosshval), standard (1817, mot angl.). c) Le mot est à l'orig. un n. propre : savart. d) Le mot est un déverbal : départ, écart, encart, rempart. Rem. 1. Deux subst. en -art sont du fém. : hart « lien » (xiies. < frq. *hard « filasse ») et part (842, de suo parte); art jusqu'au xviies. admettait l'un ou l'autre genre. 2. Les mots en -art se prononcent [aʀ], sauf fart (1907, mot norv.) qui se prononce tantôt [faʀ], tantôt [faʀt]. 4. -arte [aʀt]. Le mot est un subst. fém. : carte, charte (< lat. charta), marte, var. de martre (frq. *marthor, cf. all. Marder), tarte (variante de tourte due à l'influence du lat. médiéval tartarum). B.− Adj. variable en genre -ard . Ethniques : bragard, lombard, picard. . Autres adj. : blafard (xives. < m.h.all. bleichwar), hagard (1398 < m.h.angl. hagger « sauvage »). Rem. Noter standard et sarde, adj. inv. en genre. -art : quart « quatrième » (ca 1100 < lat. quartus).
BBG. − Berman (P. R.). Derivational models in French choreonyms before 1588. Rom. Philol. 1970, t. 23, p. 297. − Cohen 1946, p. 66. − Darm. 1877, p. 88. − Dub. Dér. 1962, passim. Fichtner (E. G.). The Etymology of goliard. Neophilologus. 1967, t. 51, pp. 231-232. − Glaser (K.). Le Sens péj. du suff. -ard en fr. Rom. Forsch. 1910, t. 27, pp. 932-983. − Goug. Lang. pop. 1929, pp. 140-141. − Lew. 1960, passim.
Rem. Noter aussi, qualifiant un subst. de l'inanimé : guenillard, (le) salon est guenillard (Amiel, Journal intime, 1866, p. 384).
Rem. Pour -ard formateur de subst. désignant le petit de l'animal désigné par la base, cf. infra, hist.. B 1.
Rem. Noter aussi, charognard désignant une variété de vautour, employé également au fig. avec une valeur péj. et tocard, mot arg. désignant un mauvais cheval, pris également au fig.
Rem. Noter aussi panard « pied ».
Source : CNRTL

Wiktionnaire

Français

Nom commun

Singulier Pluriel
connard connards
\kɔ.naʁ\

connard \kɔ.naʁ\ masculin (pour une femme, on peut dire : connasse, connarde)

  1. (Vulgaire) (Injurieux) Insulte désignant quelqu’un qui se comporte de façon déplaisante ou déplacée, par manque d’intelligence, de savoir-vivre ou de scrupules.
    • On cria haro sur un figurant qui n’y pouvait mais, un connard qui n’avait pas compris ; quant aux gros, aux puissants, aux politicards, on n’y toucha pas— (Georges Perec, La Disparition, Gallimard, Paris, 1969)
    • J'opine dans son sens : « On peut s'empêcher au moins d'être un vieillard ». Comment ? En secouant la sécheresse et l'ankylose du corps par une gymnastique des arpions ; la stagnation de l'âme et de l'esprit par d'autres exercices. L’âge vert a horreur des connards. — (Franz Hellens, Cet âge qu'on dit grand, Jacques Antoine, Bruxelles, 1970, page 66)
    • De se foutre en l'air, connard !
      Hé quoi, pas même damné, pensais-je, revenant assez vite à moi-même…
      — (Maurice Clavel, Le tiers des étoiles, 1972)
    • Connard ! Tu t'étonnes d'avoir la chiasse ? Boire l'eau de la voierie à un robinet rouillé… Ici ! — (Paul Smaïl, Casa, la casa, 1998)
    • «  Je suis un imbécile, ai-je songé. Maintenant c'est sûr, je suis vraiment empoisonné. Quel connard ! »
      - Connard ! s'est exclamée sa voix qui résonnait de chaque côté de mes oreilles. Connard ! Tu as merdé !
      — (Rodolfo Enrique Fogwill et Isabelle Gugnon, Muchacha punk, 2006, page 130)
    • — Eh, connard, tire tes sales paluches de là ou je me fâche ! — (Retour vers le futur, 1985)
    • Il fallait l'avouer, les connards de prolos, les neuneus de cassos, il y avait des jours où j'en avais plein le dos ! — (Frédéric Jacob, Vers un Eden..., TheBookEdition, 2011,)
    • Moyennant quoi rien ne réfrénait sa connardise que le manque d'imagination. Il ne faisait de doute pour personne que le connard n’était pas réformable. — (François Bégaudeau, Vers la douceur, Gallimard, 2009, page 59)
    • Le gérant, un peu jaloux, s'abstient de féliciter Pierre et lui dit :
      — Alors, ces connards de Frouzes se sont calmés !
      Pierre, qui n'apprécie pas cette remarque raciste, répond du tac au tac :
      — Il n'y a pas de connards de Frouzes dans ce magasin, mais il y aurait eu deux connards de Suisses si nous n'avions pas éliminé les fauteurs de troubles.
      — (Michel Wirz, Les Dernières noces alchimiques, Mon Petit Éditeur, 2014, page 191)

Adjectif

Singulier Pluriel
Masculin connard
\kɔ.naʁ\

connards
\kɔ.naʁ\
Féminin connarde
\kɔ.naʁd\
connardes
\kɔ.naʁd\

connard \kɔ.naʁ\

  1. (Péjoratif) Con, insupportable, méprisable.
    • C’était qu’une bande de petits morveux, des petits batailleurs, bien ragoteurs, bien enragés, bien connards. — (Louis-Ferdinand Céline, Mort à crédit, Denoël, Paris, 1936)
    • Fini, la Denise Lesur, grande dadaise en communiante, pouffiasse qui se traîne au bras d'une copine excitée et connarde. — (Annie Ernaux, Les Armoires vides, Gallimard, 1974)
    • L’Eugène avait la haute condescendance connarde d’un petit chef, en s’adressant à Jérémie. — (Jean Amila, Au balcon d’Hiroshima, Gallimard, 1985)
Source : Wikitionnaire

Étymologie de « connard »

Croisement étymologique : visiblement formé (XXe siècle ?) de con et suffixé en -ard, mais dérive par déformation du mot plus ancien cornard dans son acception d’injure[1].
Autre proposition d’étymologie : (XIIIe siècle) De l’ancien français conart (« sot »), du latin cunnus[2].
Source : Wikitionnaire

Phonétique du mot « connard »

Phonétique Prononciation
La prononciation \kɔ.naʁ\ rime avec les mots qui finissent en \aʁ\.
France : écouter « connard [kɔ.naʁ] »
Québec : [kɔ.nɑːʁ]
Québec : [kɔ.nɑɔ̯ʁ]
France (Vosges) : écouter « connard »
France (Toulouse) : écouter « connard »
France (Lyon) : écouter « connard »
Normandie (France) : écouter « connard »
Source : Wikitionnaire

Fréquence d'apparition du mot « connard »

Source : Google

Traductions du mot « connard »

Langue Traduction
English asshole
German Arschloch
Spanish gilipollas
Portuguese idiota
Italian stronzo
Dutch klootzak
Polish dupek
Russian мудак
Source : DeePL

Synonymes de « connard »

Antonymes de « connard »