Consigne

subst fém

Définitions de « consigne »

Trésor de la Langue Française informatisé

CONSIGNE1, subst. fém.
A.− TRANSP. usuel. Service chargé de garder les bagages et colis déposés provisoirement dans une gare, un aérodrome, etc.; lieu où ces bagages sont déposés. Consigne à l'arrivée, au départ (dans une gare); mettre sa valise à la consigne, en consigne; retirer de la consigne; bulletin de consigne. Consigne automatique. Compartiments que l'on peut fermer à clé en disposant de celle-ci, après avoir déposé une pièce de monnaie, un jeton (d'apr. Gilb. 1971) :
1. ... valise pleine d'objets utiles adroitement expédiée en secret à la consigne sous un faux nom vraisemblable... Verlaine, Œuvres complètes,t. 4, Louise Leclercq, 1886, p. 115.
P. métaph.
2. Si j'avais des raisons de me prendre au sérieux, je noterais que l'année de ma naissance vit la mort de Victor Hugo. Dans cette nuit du 31 mai 1885 où Paris veillait le bagage mis à la consigne sous l'Arc de Triomphe... Mauriac, Écrits intimes,Du côté de chez Proust, 1947, p. 113.
Arg. milit. Avoir une femme en/à la consigne. Avoir l'habitude de sortir avec la même femme ou, de consommer avec la même fille (L. Rigaud, Dict. de l'arg. mod.,1881, p. 163).
B.− Action de consigner un emballage; somme remboursable versée pour cet emballage (cf. consigner1A 2, consignation1A 2). Verser 10 F. pour la consigne des bouteilles; 5 F. de consigne; rembourser la consigne.
Prononc. et Orth. : [kɔ ̃siɳ]. Ds Ac. 1932. Étymol. et Hist. A. Av. 1522 consine [« ce qui est consigné par écrit, témoignage »] (Robertet, Triomphes de Pétrarque ds Gdf. Compl.), attest. isolée. B. 1. 1622 « agent chargé de surveiller le mouvement de personnes ou de marchandises » (Sources droit, IV, 11 ds Quem. Fichier); 2. 1740 « instruction donnée à une sentinelle » (Ac.); 3. 1803 « punition militaire; défense de sortir » (Boiste). C. 1866 « endroit de la gare où l'on dépose les bagages » (Lar. 19e). Déverbal de consigner; contrairement à la chronol. des ex., B 1 est issu de B 2.
CONSIGNE2, subst. fém.
A.− Emploi gén. Instruction écrite ou verbale donnée à un militaire, un gardien et, par extension, à toute personne, sur ce qu'il doit faire et empêcher de faire. Cahier des consignes. Synon. instruction, ordre.
Souvent péj. (à cause de l'aspect négatif, répressif ou restrictif de l'instruction) :
1. Ou bien, humble héros, martyr de la consigne Au fond d'une tranchée obscure ou d'un talus Rouler le crâne ouvert par quelque éclat d'obus Verlaine, Premiers vers,1855-66, p. 8.
2. Dès qu'elle [la femme] pense, qu'elle rêve, qu'elle dort, qu'elle désire, qu'elle respire sans consigne, elle trahit l'idéal masculin. S. de Beauvoir, Le Deuxième sexe,t. 2, 1949, p. 276.
SYNT. Consigne administrative, générale, militaire, officielle, particulière, universelle; consigne d'enregistrer qqc.; consigne d'enregistrement, de sécurité, de silence, de travail; la consigne défend de, oblige à, est de; donner à qqn la consigne de faire qqc.; connaître, exécuter, observer, recevoir, respecter, suivre, transmettre la (une) consigne; forcer, violer la consigne; désobéir, manquer à la consigne :
3. Je vous ai donné un de mes pistolets; si l'on force de nouveau la consigne, tirez en l'air, je viendrai... Stendhal, La Chartreuse de Parme,1839, p. 65.
4. Je crus qu'Aimé lui avait [au chasseur de l'hôtel], selon son expression, « passé la consigne » d'avoir des égards pour moi. Proust, Sodome et Gomorrhe,1922, p. 772.
DR. MILIT. Violation de consigne. Infraction prévue par le Code de Justice militaire de 1965.
Locutions
Vieillie. Être homme de consigne. Obéir strictement aux instructions. Attesté chez Maupassant ds Lar. Lang. fr.
Fam. Manger la consigne. Ne plus se souvenir d'un ordre, d'une recommandation. Être à cheval sur la consigne. Être très strict, appliquer les instructions dans un sens plutôt restrictif :
5. Il estime et craint sa femme; c'est un rude gendarme, celle-là, et à cheval sur la consigne (il n'arrive guère à carotter sur la paye de la semaine). D. Poulot, Le Sublime,1872, p. 48.
Emplois spéc.
PSYCHOL. Consigne d'un test. ,,Règle d'application devant assurer la stricte constance des conditions dans lesquelles les sujets exécutent leur tâche`` (Piéron 1973).
CYBERNÉTIQUE. Valeur idéale conférée à une grandeur et représentée par un étalon auquel se référera, comme à un ordre, l'organe assurant la marche d'une machine (d'apr. Lar. encyclop.).
B.− Défense de sortir intimée à quelqu'un en guise de punition; peine consistant à ne pas pouvoir franchir certaines limites indiquées. Punir un militaire de deux jours de consigne, un élève de quatre heures de consigne. Dans ce dernier cas, synon. colle (fam.), retenue.
P. méton.
1. MAR. MILIT. Poste sur un bâtiment de guerre, à bord d'un vaisseau ou d'une frégate, où se tient de façon permanente le caporal de garde (d'apr. Bach.-Dez. 1882).
2. Argot
MAR. Consigne noroua, noroît. ,,S'emploie en parlant des « consignés jusqu'à nouvel ordre » (N.O., mention des registres de punition, étant lu Nord-Ouest, noroît, pron. norwa). « Noroua est de toute la marine, de toutes les populations maritimes »`` [Commentaire Du Rififi chez les hommes (A. Le Breton) lors du dépouillement I.G.L.F., 1955].
Langue de soldats. Consigne à gros grains. Prison (L. Merlin, La Langue verte du troupier, 1996, p. 27).
Prononc. et Orth. : [kɔ ̃siɳ]. Ds Ac. 1740-1932. Étymol. et Hist. Voir consigne1.
STAT. − Consigne1 et 2. Fréq. abs. littér. : 549. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 363, b) 500; xxes. : a) 777, b) 1 289.
BBG. − Quem. 2es. t. 3 1972.
CONSIGNER1, verbe trans.
A.− [Le compl. désigne un obj. ou une somme d'argent]
1. Remettre quelque chose
a) DR. Remettre une somme d'argent en garantie. Consigner de l'argent; consigner de l'argent au greffe, chez un notaire (Ac. 1835-1932).
P. métaph., littér. Confier en dépôt :
1. Benjamin Constant, dans les Cent-Jours, sauvait son libéralisme en le consignant entre les mains de La Fayette. Sainte-Beuve, Nouveaux lundis,t. 1, 1863-69, p. 427.
b) Remettre un objet en dépôt. Consigner un bagage. Le remettre sous surveillance à la consigne (d'une gare, etc.). V. consigne1A.Synon. plus cour. mettre à la consigne, en consigne.
DR. MAR. Adresser à un consignataire*, un navire, des marchandises. Il n'a pas voulu recevoir les marchandises qui lui étaient consignées (Ac.1835-1932).
2. [Le suj. désigne le commerçant propriétaire d'un obj.] Exiger le dépôt d'une certaine somme d'argent en facturant provisoirement un objet cédé à titre de prêt à un client, qui peut le rendre et en être remboursé. Consigner un emballage. Cf. consigne1B.
B.− [Le compl. désigne une parole, un fait] Mettre par écrit, mentionner, inscrire, noter, spécialement dans une pièce officielle. Consigner qqc. au procès verbal; consigner un fait dans les annales; consigner ses idées, une pensée, une réflexion dans un carnet. Synon. constater, coucher (par écrit), enregistrer, noter, rapporter :
2. Il [Pardi] a dépouillé des archives de police, de notaires, d'huissiers (...) fait l'inventaire des héritages (...) et il a consigné simplement, bout à bout, toutes ces observations cliniques. Giono, Voyage en Italie,1953, p. 179.
Prononc. et Orth. : [kɔ ̃siɳe]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. A. 1345 « délimiter (une terre) par une borne » (Arch.-L 762, pièce 20 ds Gdf.), seulement ds ce texte. B. 1402 « déposer une somme en garantie » (W. de Baye, Journal, éd. Tuetey, 1, 77 ds Fonds Delboulle, Sorbonne); 1723 « déposer des marchandises entre les mains d'un consignataire » (J. Savary des Bruslons, Dict. universel de comm., s.v.); 1723 « faire enregistrer des marchandises sur les livres des messagers, transporteurs » (Id., op. cit.); 1907 « mettre des bagages à la consigne d'une gare » (Lar. pour tous). C. 1690 « mettre par écrit » (Fur.). D. 1467 « maintenir prisonnier » (Lettre de Louis XI ds Bartzsch, p. 87); 1743 consigner un prisonnier (Trév.). Empr. au lat. class. consignare « marquer d'un signe; revêtir d'un sceau; rapporter dans un document avec les caractères de l'authenticité » puis « céder, livrer, faire donation » (vies. ds Nierm.); sens A en lat. médiév. : 819 ibid.
CONSIGNER2, verbe trans.
A.− Consigner qqc. à qqn
1. Vx. Consigner à qqn de + inf. négatif.Donner à quelqu'un la consigne (généralement écrite) de ne pas faire quelque chose. On lui a consigné de ne laisser entrer personne, d'empêcher les carrosses de passer (cf. Ac. 1835 et Gattel 1813)
2. Consigner qqc. à qqn
a) Interdire à quelqu'un l'accès de quelque chose. Les gendarmes ont consigné la salle; ce train est consigné aux civils. Synon. interdire, fermer.Consigner sa porte à qqn (vieilli). Lui interdire d'entrer (infra : consigner qqn à la porte).
b) Interdire à quelqu'un l'utilisation de quelque chose :
1. Toute une série de coucous et de zincs étaient consignés aux élèves pilotes à cause de leur mauvaise navigabilité. Cendrars, Le Lotissement du ciel,1949, p. 31.
CH. DE FER. Consigner un appareil, un levier. Interdire ou empêcher toute action sur cet appareil, soit par un ordre (pancarte, etc.) soit matériellement (par un cadenas, une goupille, etc.).
B.− Consigner qqn à ou dans (un lieu)
1. Vx. Empêcher (quelqu'un) d'entrer, de passer. Consigner qqn à la porte :
2. Le sénateur, fort assidu auprès d'elle, (...) s'était un beau jour fâché de se voir consigné à la porte de son cabinet, lorsqu'elle faisait sa toilette. Zola, Son Excellence E. Rougon,1876, p. 319.
2. Empêcher (quelqu'un) de sortir, de quitter un lieu, par mesure de punition ou d'ordre. Consigner un soldat, un marin. Punir de consigne (v. consigne2B). Consigner, les troupes, le régiment au quartier, en période de troubles.
On me consignait dans la loge comme un soldat aux arrêts (A. Dumas Père, Comment je devins auteur dramatique,1833, introd., p. 30).
Consigner un élève. Synon. coller (fam.).Il est inepte de rire sans motif, Monsieur Nozière, vous serez consigné jeudi (A. France, Le Livre de mon ami,1885, p. 155).
P. ext. et p. méton. Consigner un navire au port. Mettre en quarantaine le navire et son personnel.
Prononc. et Orth. : [kɔ ̃siɳe], (je) consigne [kɔ ̃siɳ]. Ds Ac. 1740-1932. Étymol. et Hist. Voir consigner1.
STAT. − Consigner1 et 2. Fréq. abs. littér. : 182.
Source : CNRTL

Wiktionnaire

Français

Nom commun

Singulier Pluriel
consigne consignes
\kɔ̃.siɲ\
Une consigne (4) à casques dans un cinéma.

consigne \kɔ̃.siɲ\ féminin

  1. Ordre, instruction que l’on donne à une sentinelle, à un soldat.
    • Les factionnaires se transmettent la consigne.
    • La consigne est de ne laisser entrer personne.
    • Le soldat des guerres de la Liberté attachait une importance presque supersti­tieuse à l’accomplissement des moindres consignes. De là résulte qu’il n'éprouvait aucune pitié pour les généraux ou les fonctionnaires qu’il voyait guillotiner après quelque défaite, sous l’inculpation de manquement à leur devoir. — (Georges Sorel, Réflexions sur la violence, Chap.VII, La morale des producteurs, 1908, page 357)
  2. (Par extension) Ordre, instruction que l’on donne à quelqu'un.
    • Coup sur coup, à trois reprises, la vieille madame Rougon se présenta. Elle tempêtait au rez-de-chaussée, il l’entendait qui élevait la voix, s’irritant, voulant forcer la consigne. — (Émile Zola, Le Docteur Pascal, G. Charpentier, 1893, chapitre XII)
  3. Privation de sortie donnée à des soldats ou à des écoliers.
    • Donner une consigne.
    • Lever une consigne.
    • C’était la semaine de soixante heures, qui pouvait encore être allongée par la demi-consigne du jeudi ou la consigne entière du dimanche. — (Marcel Pagnol, Le temps des secrets, 1960, collection Le Livre de Poche, page 279)
  4. Dépôt pour bagages, dans les gares, les aéroports, etc.
    • Il me faut repasser par la gare où j’ai laissé mon léger bagage en consigne. — (Jules Verne, Claudius Bombarnac, chapitre III, J. Hetzel et Cie, Paris, 1892)
  5. Somme remboursable versée à la personne qui consigne un emballage.
    • En 2019, les discussions autour de la loi antigaspillage pour une économie circulaire (Agec) ont été l’occasion de reparler de la consigne en France. — (journal 20 minutes, édition Paris-IDF, 28 septembre 2022, page 8)
  6. (Au pluriel) Informations ou directives présentées aux différents acteurs d’une opération avant le début de celle-ci.
    • Un élève demande des précisions sur les consignes données par le professeur.
    • En fonction des objectifs fixés, le guide propose simplement des référentiels vers lesquels le forestier doit chercher à conduire son peuplement. Pour adapter les consignes à un peuplement précis, le guide propose des outils et des méthodes de diagnostic qui aident le gestionnaire à élaborer les consignes de l’intervention. — (Thierry Sardin, Chênaies continentales, Office national des forêts, 2008, ISBN 978-2-84207-321-3 → lire en ligne)
  7. (Automatique) Valeur souhaitée d’un processus contrôlé par une régulation automatique, comme la vitesse d’un mouvement ou la température ambiante.
    • Toutefois, les robinets thermostatiques les plus rustiques ne permettent pas de régler une température, la température de consigne restera tributaire de la température de l'eau de chauffage. — (Vanne thermostatique sur l’encyclopédie Wikipédia )

Forme de verbe

Voir la conjugaison du verbe consigner
Indicatif Présent je consigne
il/elle/on consigne
Imparfait
Passé simple
Futur simple
Subjonctif Présent que je consigne
qu’il/elle/on consigne
Imparfait
Impératif Présent (2e personne du singulier)
consigne

consigne \kɔ̃.siɲ\

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent de consigner.
  2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent de consigner.
  3. Première personne du singulier du subjonctif présent de consigner.
  4. Troisième personne du singulier du subjonctif présent de consigner.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif de consigner.

Anagrammes

→ Modifier la liste d’anagrammes

  • ceignons
  • Cogniens, cogniens

Voir aussi

  • consigne sur l’encyclopédie Wikipédia
Source : Wikitionnaire

Littré (1872-1877)

consigne [1]

(kon-si-gn') s. f.
  • 1Ordre et instruction qu'on donne à une sentinelle, à un chef de poste. Donner, lever, observer, violer, forcer la consigne. Non, non, vous ne passerez pas, Dit le soldat, c'est ma consigne, Béranger, Convoi de David.

    Familièrement, manger la consigne, ne pas la faire observer.

    Défense de sortir par punition militaire ou par mesure d'ordre.

    Grande pancarte où sont imprimés les articles qui concernent une consigne.

    Petite armoire grillée dans laquelle on enferme les ordres du jour.

    Détail des objets de mobilier qui composent un poste.

    Dans les écoles du gouvernement et les colléges, punition qui consiste en une privation de sortie.

    Terme de marine. Lieu dans les bâtiments de guerre où l'on conserve une lampe allumée dans un fanal. Poste situé dans le faux pont, où se tient le caporal de garde et d'où doivent partir les feux d'éclairage.

  • 2 Par extension, tout ordre donné à quelqu'un qui est chargé de garder l'entrée d'un lieu.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

1. CONSIGNE. Ajoutez :
3 Populairement, le tisonnier d'un corps de garde. Après la dernière ronde de 10 heures, M… s'est servi d'un crochet, dit consigne, avec lequel se lève la cloche du poêle, l'a fait rougir au feu de ce poêle, Gaz. des Trib. 21 janv. 1875, p. 67, 2e col.
Source : Dictionnaire Littré

Étymologie de « consigne »

Déverbal de consigner.
Source : Wikitionnaire

Voy. CONSIGNER. Génev. consine.

Source : Dictionnaire Littré

Phonétique du mot « consigne »

Phonétique Prononciation
France (Toulouse) : écouter « consigne »
Source : Wikitionnaire

Fréquence d'apparition du mot « consigne »

Source : Google

Traductions du mot « consigne »

Langue Traduction
English consigne
German consigne
Spanish consigna
Portuguese consignar
Italian consigne
Dutch consigne
Polish consigne
Russian consigne
Source : DeePL

Synonymes de « consigne »

Antonymes de « consigne »