Constitution

subst fém

Définitions de « constitution »

Trésor de la Langue Française informatisé

CONSTITUTION, subst. fém.
I.− Action d'établir.
A.− DR. Action de constituer, d'établir légalement, par acte authentique. Synon. établissement, instauration, institution.
a) [Le compl. déterminatif désigne une pers.]
Constitution d'avoué, d'avocat, de procureur. Désignation d'un mandataire par le ou les plaideurs pour la conduite d'une instance (cf. constituer avoué). 28 mai. Assignation à bref délai par Métivier, devant le tribunal civil avec constitution d'avoué : 650 [francs] (Balzac, Les Illusions perdues,1843, p. 596).
Constitution de témoins (vx; pour un duel). D'où constitution de témoins : Vallette et Robert Mortier (Léautaud, Journal littér.,2, 1907-09, p. 364).
Constitution de partie civile. Demande de dommages et intérêts formulée devant une juridiction répressive par une personne qui s'estime victime d'un délit ou d'une infraction (cf. se constituer partie civile). Cf. G. Vedel, Manuel élémentaire de dr. constit., 1949, p. 459.
b) [Le compl. déterminatif désigne une somme, un bien dont on entend faire bénéficier qqn] Constitution de dot, de rente, de pension. Un acte de constitution de rentes (Proudhon, Qu'est-ce que la propriété?1840, p. 208).La constitution de dot peut frapper tous les biens présens et à venir de la femme (Code civil,1804, art. 1542, p. 285):
1. ... une ordonnance royale qui l'autoriserait, lui Grandet, à porter le nom d'Aubrion, à en prendre les armes, et à succéder, moyennant la constitution d'un majorat de trente-six mille livres de rente, à Aubrion, dans le titre de Captal de Buch et marquis d'Aubrion. Balzac, Eugénie Grandet,1834, p. 236.
B.− P. ext. Action de former un tout.
Action de constituer un tout en assemblant divers éléments selon un principe d'organisation. Constitution d'une bibliothèque, de stocks, d'une assemblée. Synon. partiels création, élaboration, organisation, composition, formation.La constitution du Tiers-État en Assemblée nationale (Chateaubriand, Mémoires d'Outre-Tombe, t. 1, 1848, p. 213):
2. En attendant mieux, faute d'être en nombre suffisant, nous ne nous proposerons rien de plus que la constitution d'un modeste cercle d'études, avec salle de jeux, de lecture, quelques revues. Bernanos, Journal d'un curé de campagne,1936, p. 1098.
II.− Ensemble d'éléments formant un tout homogène.
A.− Ensemble des éléments constitutifs d'un tout, d'une chose complexe, et manière dont elle est ou a été formée et agencée. Constitution d'un corps, d'un produit, du monde. Synon. arrangement, composition, structure, organisation.Toutes choses, diversement coloriées suivant leur constitution moléculaire (Baudelaire, Salon,1846, p. 105).La constitution des systèmes astronomiques, la régularité presque géométrique des mouvements et des figures des astres (Cournot, Essai sur les fondements de nos connaissances,1851, p. 192).
En partic.
1. CHIM. Formule de constitution. Symboles indiquant la combinaison et les proportions des atomes constitutifs d'une molécule (cf. isomérie). Cf. M. Blondel, L'Action, 1893, p. 67.
2. PHYS., vx. Constitution de l'atmosphère, de l'air. État, condition atmosphérique ayant une influence sur certaines maladies. La vérole peut se propager comme les maladies épidémiques, par une constitution particulière de l'atmosphère (Voyage de La Pérouse,t. 4, 1797, p. 18).
B.− Domaine de la vie physique ou psychique
1. BIOL., vx. Structure morphologique du corps humain, de l'organisme; ensemble des caractères anatomiques et physiologiques congénitaux d'un individu que la science constitutionnelle ou typologie classe en différents types auxquels correspondent différents comportements (cf. aussi morphopsychologie, biotypologie et caractérologie). Constitution bilieuse, lymphatique, nerveuse, sanguine. Elle n'a pas la constitution bilieuse qui porte à la vengeance (Stendhal, Le Rouge et le Noir,1830, p. 398).Petite, grêle de formes, et d'une constitution bien plus nerveuse que sanguine (A. Dumas Père, Le Comte de Monte-Cristo,t. 2, 1846, p. 210).
2. PATHOL., vx. Constitution médicale. Ensemble des maladies qui ont sévi dans une région pendant une période donnée :
3. Dans les épidémies, Hippocrate décrit les constitutions médicales; il fait comme les naturalistes qui décrivent une faune ou une flore. Il donne la description du climat et de la nature des maladies qui s'y rencontrent. C. Bernard, Principes de méd. exp.,1878, p. 97.
3. PSYCHOL. Ensemble des caractères congénitaux d'un individu, à la fois somatiques, physiologiques et psychologiques, et qui constituent un type prédisposé à une certaine psychose. Synon. conformation, complexion, nature, tempérament.Christophe était dur au mal. Il tenait de son père et de son grand-père leur robuste constitution (R. Rolland, Jean-Christophe,L'Aube, 1904, p. 47).La constitution n'entraîne pas nécessairement la psychose : elle n'indique qu'une vulnérabilité particulière de l'individu (Mounier, Traité du caractère,1946, p. 32):
4. Comment agissent dans la formation de notre corps et de notre conscience les particules de substance nucléaire, les gènes que nous recevons de nos ancêtres? Dans quelle mesure la constitution de l'individu dépend-elle de celle de l'œuf? Carrel, L'Homme, cet inconnu,1935, p. 305.
SYNT. Constitution émotive, cycloïde, schizoïde, épileptoïde, cyclothymique, mythomaniaque, paranoïaque; constitution psychopathologique; forte, solide constitution; constitution délicate; vice de constitution; être de bonne constitution; ébranler une constitution.
C.− Domaine de la vie sociale.Ensemble de textes législatifs fondamentaux servant de code permanent pour la vie d'une société.
1. HIST. DE L'ÉGLISE et DR. CANON.
a) Constitution pontificale. Décret solennel promulgué par le pape en vertu de son autorité suprême et réglant un ou plusieurs points essentiels de doctrine en matière de foi, de morale ou de discipline (cf. bulle, bref, décrétale). Constitutions dogmatiques. La constitution Dei Filius du concile du Vatican de 1870 (R. Martin du Gard, Jean Barois,1913, p. 266).Fortement attachés aux constitutions pontificales (Bremond, Hist. littér. du sentiment religieux en France,t. 4, 1920, p. 309):
5. La bulle d'Urbain VIII, promulguée en 1643, n'avait pourvu qu'à renouveler et à confirmer, contre l'Augustinus, les constitutions de Pie V et de Grégoire XIII, sans rien spécifier. Sainte-Beuve, Port-Royal,t. 2, 1842, p. 152.
Constitution canonique. Décret conciliaire, canon conciliaire. Comme l'affaire était du ressort de la juridiction ecclésiastique, elle fut renvoyée devant le cardinal de Noailles pour qu'il y fût procédé selon les règles et constitutions canoniques (Sainte-Beuve, Port-Royal,t. 5, 1859, p. 544).
Constitutions ecclésiastiques. Un parti religieux qui avait un système à fonder, des dogmes, une discipline, une constitution ecclésiastique à faire prévaloir (Guizot, Hist. gén. de la civilisation en Europe,Leçon 13, 1828, p. 14).
b) Spéc. [En parlant d'un Ordre religieux, d'une Congrégation] Cf. règle.
[Dans certains Ordres anciens] Ensemble de prescriptions qui forme une mise à jour de la règle du fondateur. Trois observances de Trappes qui étaient (...) régies par des constitutions en désaccord (Huysmans, En route,t. 1, 1895, p. 220).
[Dans un Ordre, une Congrégation] Recueil de préceptes et de règles, rédigé par le fondateur ou la fondatrice et approuvé par le Saint-Siège, qui précise l'orientation fondamentale de l'Institut et règle la vie matérielle, spirituelle et communautaire de ses membres. Rédiger les constitutions; l'esprit, le respect des constitutions :
6. Quant à établir dès leurs débuts tout un système de règles, cela pressait moins encore. Ignace hésitera longtemps avant de se décider à écrire ses constitutions. Pourquoi, disait-il, ne pas se fier à la loi intérieure, aux directions de l'Esprit? Bérulle et l'Oratoire naissant ne se sont pas gouvernés d'une autre façon. Bremond, Hist. littér. du sentiment religieux en France, t. 3, 1921, p. 182.
2. DR. PUBL.
a) DR. ANCIEN.
Constitutions impériales. Actes législatifs promulgués par les empereurs romains sous forme de décrets, édits, mandats ou rescrits. Constitution antonine.
Constitutions des rois de France. « La loi se fait par la constitution du roi et le consentement du peuple » (Bainville, Histoire de France,t. 1, 1924, p. 46).
Constitution féodale. La vieille constitution féodale de l'Allemagne (Hugo, Le Rhin,1842, p. 304).
b) Loi fondamentale ou ensemble des principes et des lois fondamentales qui définissent les droits essentiels des citoyens d'un État, déterminent son mode de gouvernement et règlent les attributions et le fonctionnement des pouvoirs publics. Constitution coutumière, écrite, rigide, souple; droits garantis par la Constitution. Synon. loi constitutionnelle.Historiquement, les Constitutions coutumières ont précédé les Constitutions écrites (G. Vedel, Manuel élémentaire de dr. constit.,1949, p. 120).Dans l'espace d'un siècle et demi nous avons eu treize Constitutions (De Gaulle, Mémoires de guerre,1959, p. 584):
7. La Constitution que l'Assemblée élaborait devait tenir lieu des coutumes, des droits traditionnels, des lois fondamentales dont se composait ce que les légistes appelaient l'ancienne Constitution du royaume. Bainville, Histoire de France,t. 2, 1924, p. 43.
SYNT. La Constitution de l'An III, de l'An VIII, etc.; acte additionnel aux Constitutions de l'Empire; une nouvelle Constitution; établir, élaborer, rédiger, voter, adopter, abroger, amender, réviser, promulguer, compléter, appliquer, ratifier, violer une Constitution; préambule, titre, articles de la Constitution; projet de Constitution; clause, disposition conforme, contraire à la Constitution; maintien, respect de la Constitution; fidélité à la Constitution; la Constitution en vigueur; en vertu de la Constitution; la Constitution déclare, prévoit, stipule que...
Rem. Dans ce sens le mot comporte une majuscule.
Forme de gouvernement d'un État. Constitution monarchique, républicaine. L'Assemblée comtadine change son ancien régime despotique contre une constitution aristocratique (Robespierre, Discours,Sur la pétition du peuple avignonois, t. 6, 1790, p. 590).L'existence de Dieu, (...) le mérite relatif des constitutions d'état, la monarchie, la république, ne trouvaient plus que des croyants distraits (Gobineau, Les Pléiades,1874, p. 240).
c) Spéc., HIST. (sous la Révolution française). Constitution civile du clergé. Organisation du clergé en France décrétée par la loi du 12 juillet 1790. Peut-être M. Raillane fut-il obligé de se cacher pour refus de serment à la Constitution civile du Clergé (Stendhal, Vie de Henry Brulard, t. 1, 1836, p. 120):
8. Le ministère travaille à réaliser de fait la Constitution civile du Clergé, en s'y substituant à la place du peuple dans la nomination des évêques et des curés. Lamennais, L'Avenir,1830-31, p. 387.
Prononc. et Orth. : [kɔ ̃stitysjɔ ̃]. Ds Ac. depuis 1694. Les dict. gén. écrivent les dér. constitutionnaliser, constitutionnalisme, constitutionnaliste, constitutionnel, constitutionnellement, avec 2 n. Mais on peut rencontrer des graph. avec 1 n. P. ex. constitutionaliser (Balzac, Œuvres diverses, t. 2, 1850, p. 103), constitutionalisme (Proudhon, La Révolution soc. démontrée par le coup d'État du 2 déc., 1852, p. 43). Étymol. et Hist. A. 1. Ca 1170 constitucion « ordonnance, règlement » (B. de Ste Maure, Ducs Normandie, éd. C. Fahlin, 10459) − 1798, Ac.; 1790 constitution civile du clergé (Treilhard ds Brunot t. 9, p. 894, note 2); 2. 1564 « ensemble des lois, institutions, transmises par la tradition » (Indice de la Bible 2. Mac. 8. d. 17); 1683 « texte qui détermine la forme de gouvernement d'un pays » (M. Burnet, Hist. de la Reformation de l'Eglise d'Angleterre, Préface ds Mack. t. 1, p. 85 : la constitution de l'Angleterre. B. 1160-70 constitucïum « action d'établir légalement » (G. de St-Pair, Mont-Saint-Michel, éd. F. Michel, 1082); 1611 constitution (de rente) (Cotgr.). C. 1. « action de créer; résultat de cette action » 1287 [ms. début xives.] constitucion dou monde « création du monde » (Trad. de Beleth, B.N. 1. 995, fo39 rods Gdf. Compl.) − 1578, ibid.; 2. « manière dont une chose est composée » 1546 spéc. constitution (du corps) (Ch. Estienne, Disc. des parties du corps, 4, 24 ds Quem.); 1568 constitution (de l'air) (Paré, Œuvres, éd. J. F. Malgaigne, livre 24, chap. 3). Empr. au lat. class. constitutio « état, situation, disposition générale; disposition légale, institution, décret »; constitutio mundi « création du monde » en lat. chrét.; dér. du supin constitutum de constituere (constituer*). Fréq. abs. littér. : 2 872. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 7 016, b) 4 548; xxes. : a) 1 675, b) 2 782. Bbg. Barb. Loan-words 1921, p. 145. − Gohin 1903, p. 291.
Source : CNRTL

Wiktionnaire

Français

Nom commun

Singulier Pluriel
constitution constitutions
\kɔ̃.sti.ty.sjɔ̃\

constitution \kɔ̃.sti.ty.sjɔ̃\ féminin

  1. Manière dont une chose est constituée, dont ses éléments combinés forment un tout.
    • Lorsque Newton entreprit de calculer théoriquement les réfractions produites par l'atmosphère, il donna à celle-ci une constitution qui suppose implicitement la température constante à toutes les hauteurs; […]. — (Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences, vol. 6, page 391, 1838)
  2. État général du corps humain, complexion.
    • Et tout le village bientôt, à des degrés variant selon la constitution et la force de résistance de chacun, fut en proie à des malaises étranges, symptômes inexplicables d’empoisonnement. — (Louis Pergaud, Un petit logement, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
    • A ces dévergondages, à ces déliquescences, à ces dépravations, il y a de douloureuses conséquences. […] ; une partie de la jeunesse aurait été atteinte en sa constitution physique, aux sources mêmes de la vie. — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
  3. (Droit) Loi ou charte fondamentale qui détermine la forme du gouvernement, qui règle les droits politiques des citoyens et qui dicte la politique d’un État ou d’un groupe d’États.
    • Une faction puissante conspire avec les tyrans de l’Europe pour nous donner un roi, avec une espèce de constitution aristocratique.— (Maximilien de Robespierre, Discours contre Brissot & les girondins, 10 avril 1793)
    • Il faut entrer de force dans le domicile du citoyen: il faut arrêter administrativement l'homme qui ne peut être arrêté qu'en vertu d'une loi ; il faut violer la liberté de l'opinion et la liberté individuelle; il faut en un mot mettre en péril la constitution même de l'État. — (Résumé politique, dans L'Ambigu: ou Variétés littéraires et politiques, V.56, 1818, page 243)
    • Lorsque la constitution française reconnaissait un ordre de noblesse privilégiée, la femme noble qui épousait un roturier dérogeait à la noblesse et devenait roturière. — (L'Institut : Journal des académies et sociétés scientifiques de la France & de l’Étranger, 2e section, 5e année, janvier-février 1840, n°49-50, page 6)
    • Les Belges obtinrent la réforme de la constitution par une dé­monstration que l'on a décorée, peut-être un peu ambitieusement, du nom de grève générale. — (Georges Sorel, Réflexions sur la violence, Chap.V, La grève générale politique, 1908, page 213)
  4. (En particulier) Ordonnance, loi, règlement, législation ancienne en matière ecclésiastique.
    • Constitution civile du clergé, organisation du clergé français, décrétée par l’Assemblée constituante, le 12 juillet 1790.
    • Les constitutions canoniques, apostoliques.
  5. (Droit) Fait de créer, de fonder quelque chose.
    • Les généraux Cherrière et Spillmann […], vont tenter d'engager l'état-major, le Gouvernement et les autorités civiles vers la constitution de goums, de groupes autodéfense, des postes de garde des caïds. — (Bachaga Boualam, Les Harkis au service de la France, page 40, France-Empire, 1963)
    • Un contrat de constitution. — Constitution de dot.
  6. (Stéréochimie) Constitution d’une entité moléculaire.

Voir aussi

  • constitution sur l’encyclopédie Wikipédia
  • constitution sur le Dico des Ados
  • constitution dans le recueil de citations Wikiquote
Source : Wikitionnaire

Littré (1872-1877)

constitution

(kon-sti-tu-sion ; en poésie, de cinq syllabes) s. f.
  • 1Acte de mettre dans. La constitution complète de la production de la chaleur dans le poumon n'a pas été ratifiée par les plus récentes recherches.
  • 2 Terme de procédure. Constitution de procureur, d'avoué, acte par lequel le procureur ou l'avoué déclare à son adversaire qu'il occupe pour une partie.

    Constitution se dit aussi pour le fait de constituer un avoué.

  • 3 Terme de pratique. Établissement d'une rente, d'une pension ; la rente même. Il a pour vingt mille francs de constitution.

    Contrat de constitution, constitution de rente, contrat par lequel le débiteur constitue une rente au profit du prêteur qui aliène son capital.

    On disait autrefois mettre son bien en constitutions, pour le placer de manière à lui faire produire ces rentes. Un marchand perd son crédit sur la place quand il met son bien en constitutions. Tout le bien de ce bourgeois est en constitutions. À vous prendre depuis les pieds jusqu'à la tête [en évaluant tout votre habillement], il y aurait de quoi faire une constitution, Molière, l'Av. I, 5. Passez-lui un contrat de constitution, La Bruyère, XIV.

    Constitution de dot, action d'établir une dot.

    On ne dit plus guère aujourd'hui une constitution ; on dit une constitution de rente.

  • 4 Terme de politique. La nature d'un gouvernement en tant que son pouvoir est réglé. Constitution monarchique. Violer la constitution. Donner, établir une constitution. Le gouvernement monarchique et héréditaire est la constitution du royaume [d'Angleterre], Fénelon, t. XXII, p. 416. Ils [les Italiens] sont un exemple de ce qu'un peuple peut devoir aux seuls bienfaits de la nature, comme les Anglais de ce qu'il peut devoir aux seuls bienfaits d'une bonne constitution, D'Alembert, Éloges, Mirabeau. Tant la satire est redoutée dans ces constitutions où la plus grande force du gouvernement réside dans l'opinion que les citoyens ont de sa sagesse, Condorcet, Haller.
  • 5Loi fondamentale, soit ecclésiastique ou civile, soit générale ou particulière. Les constitutions des papes sont distinguées par un nom qui est le premier mot du texte. Les fondateurs des ordres religieux ont fait approuver par les papes les constitutions de leur ordre. Les constitutions des empereurs. Les constitutions canoniques. Quelle constitution du pape ai-je violée ? Pascal, Prov. 17. Le peuple consentit enfin à payer les dîmes, à condition qu'il pourrait les racheter ; la constitution de Louis le Débonnaire et celle de l'empereur Lothaire, son fils, ne le permirent pas, Montesquieu, Esp. XXXI, 12.

    La constitution Unigenitus, ou, absolument, la constitution, constitution du pape qui condamnait certaines propositions extraites des Réflexions morales du P. Quesnel et qui excita en France, dans le XVIIIe siècle, un grand trouble religieux. Nous savons assez en France ce que c'est que les affaires de la constitution ; ne fussent-elles que théologiques, elles seraient déjà d'une extrême difficulté, Fontenelle, Rép. à l'évêque de Rennes. Il y a deux ans qu'il lui envoya un grand écrit qu'il appela constitution, et voulut obliger sous de grandes peines ce prince [le roi de France] et ses sujets de croire tout ce qui y était contenu, Montesquieu, Lett. pers. 24.

    Constitution civile du clergé, organisation du clergé français décrétée par l'assemblée constituante le 12 juillet 1790. La constitution ecclésiastique de Genève est purement presbytérienne, point d'évêques, encore moins de chanoines, D'Alembert, Gouvern. génevois.

    Acte par lequel on règle les droits politiques d'une nation, la forme du gouvernement et l'organisation des pouvoirs publics. L'ère des constitutions politiques s'ouvre en 1789.

    Autrefois et en certains pays, loi, ordonnance, règlement fait par l'autorité qui a le pouvoir législatif.

  • 6Ce qui fait la substance d'un corps, la manière dont il est composé. La constitution de l'air. La constitution du monde, des parties du corps humain. La constitution d'un discours. Voici une pièce d'une constitution assez extraordinaire ; aussi est-ce la vingt et unième que j'ai fait voir sur le théâtre, Corneille, Nicom. préface. La première constitution de l'univers se trouvant affaiblie, la vie humaine, qui se poussait à près de mille ans, se diminue peu à peu, Bossuet, Hist. II, 1.
  • 7Constitution atmosphérique, état de l'atmosphère considérée relativement à son influence sur l'économie animale.

    Constitution médicale, rapport qui existe entre les constitutions atmosphériques et les maladies régnantes.

  • 8État général de l'organisation particulière de chaque individu, d'où résultent sa force, sa santé, sa vitalité. Une bonne constitution est celle où tous les viscères, tous les systèmes, tous les appareils, également développés et doués d'une égale énergie, remplissent leurs fonctions avec aisance et activité. Malebranche, quoique d'une assez mauvaise constitution, avait joui d'une santé assez égale, Fontenelle, Malebranche. L'ardeur de l'étude avait ruiné sa constitution aussi faible que vive, et l'excès du travail l'empêcha d'en recueillir les fruits, D'Alembert, Éloges, Testu.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

CONSTITUTION. Ajoutez :
9Constitution s'est dit, pendant la révolution, à propos des débats sur la constitution, de gourdins. On vend au Palais-Royal de petits gourdins, qu'on appelle des constitutions ; j'invite tous les patriotes à n'en pas faire usage, Lett. du P. Duchêne, 26e lettre, p. 7.

HISTORIQUE

XIIe s. Nos leiz, noz constitutions, Benoit de Sainte-Maure, dans RAYNOUARD, constitutio.

XIIIe s. Et note que vou [vœu], de la nature de soi, ne depiece pas mariage, mès c'est de constitucion d'yglise, Liv. de just. 194. Or dit l'en que la constitutions ne regarde pas le tans qui est passez, mes regarde le tans qui est à venir, ib. 10. Il, par le conseil de sainte Eglise, fist constitution novele, que mariages se peust fere puis le quart degré, Beaumanoir, XLIV, 12. De ces trois cas… est il ordené et establi comment on en doit ouvrer par une nouvele constitution que li rois a fete en la maniere qui ensuit, Beaumanoir, XXXII, 3.

XVe s. Avecques toutes et quelconques autres constitucions, par les quelles il pourroit sur ce estre empeschiez, Lettre de CHARLES V, Bibl. des Chartes, 4e série, t. III, p. 426.

XVIe s. Ma constitucion est de ne faire cas du boire que pour la suitte du manger, Montaigne, II, 18. La constitution des maladies est formée au patron de la constitution des animaulx, Montaigne, IV, 267. Les accessions externes prennent saveur et couleur de l'interne constitution, Montaigne, I, 318. Il renversa toutes les ordonnances et constitutions qu'il avoit faites, Amyot, Lucul. 85. Entre toutes les constitutions de l'air, celle qui est chaude et humide est fort dangereuse, Paré, XXIV, 3.

Source : Dictionnaire Littré

Étymologie de « constitution »

Du latin constitutio (« constitution »), dérivé de constituere (« établir », « placer »).
Source : Wikitionnaire

Provenç. constitutio ; espagn. constitucion ; ital. constituzione, costituzione ; du latin constitutionem, de constituere, constituer.

Source : Dictionnaire Littré

Phonétique du mot « constitution »

Phonétique Prononciation
France (Lyon) : écouter « constitution »
Suisse (canton du Valais) : écouter « constitution »
France (Vosges) : écouter « constitution »
Source : Wikitionnaire

Fréquence d'apparition du mot « constitution »

Source : Google

Traductions du mot « constitution »

Langue Traduction
English constitution
German Verfassung
Spanish constitución
Portuguese constituição
Italian costituzione
Dutch grondwet
Polish konstytucja
Russian конституция
Source : DeePL

Synonymes de « constitution »

Antonymes de « constitution »