Contenance

subst fém

Définitions de « contenance »

Trésor de la Langue Française informatisé

CONTENANCE1, subst. fém.
Une chaudière de la contenance d'un hectolitre (Brillat-Savarin, Physiol. du goût,1825, p. 339).Il faudrait savoir la contenance de la mesure de blé dont on nous donnerait le prix, afin de connaître son rapport avec nos mesures de capacité actuelles (Say, Traité d'écon. pol.,1832, p. 289).Une ou deux bottilles de muscat (qui sont de petits barils plats en mélèze, de la contenance d'un pot, ou un litre et demi) (Ramuz, La Grande peur dans la montagne,1926, p. 15):
Prononc. et Orth. : [kɔ ̃tnɑ ̃:s]. Ds Ac. 1740-1932.
CONTENANCE2, subst. fém.
A.− Attitude extérieure exprimant une manière d'être voulue, précise, propre à une personne qui se surveille devant autrui. Sa manière de marcher, sa contenance, avaient quelque chose de particulier; dans d'autres occasions, on aurait pu lui souhaiter plus de grandeur; mais il suffisait, dans ce moment, de rester en tout le même pour paraître sublime (Mmede Staël, Considérations sur les princ. événements de la Révolution fr.,t. 1, 1817, p. 382).Sa contenance sévère et digne, quoique affable, imprimait le respect (Balzac, César Birotteau,1837, p. 163).Malgré tant de désavantages, malgré sa prestance de planche, elle tenait de son éducation et de sa race un air de grandeur, une contenance fière (Balzac, Splendeurs et misères des courtisanes,1844, p. 113):
1. L'homme inspirait la sympathie : Ni trop humble, ni enflé de vanité, ni intimidé par la Majesté, ni arrogant, il gardait dans sa contenance du goût et de la mesure... A. Arnoux, Rêverie d'un policier amateur,1945, p. 80.
SYNT. Avoir, garder, perdre, prendre, tenir contenance; ne savoir quelle contenance tenir.
Faire bonne, mauvaise contenance. Témoigner ou non de la fermeté. Nous étions sans armes. Cependant nous fîmes bonne contenance (About, La Grèce contemporaine,1854, p. 389).P. ext. Garder ou non son sang froid. [Elle] cherchait à faire bonne contenance, mais elle était au fond fort intimidée (Drieu La Rochelle, Rêveuse bourgeoisie,1939, p. 311).
B.− Souvent péj. Attitude extérieure qui correspond à une manière d'être (trop) étudiée, artificielle, pour en imposer. Elle portait ce joug insupportable en se divertissant de son mieux, nous dit-elle, sans confier sa peine à qui que ce fût et en affectant bonne contenance (Sainte-Beuve, Port-Royal,t. 1, 1840, p. 92).Quoiqu'il fût gai, presque jovial même, il se donnait un peu trop, par sa contenance, l'air d'un homme important (Balzac, Ursule Mirouet,1841, p. 37).Il mit avec une sage lenteur un de ses gants avant de remonter en voiture, pour se donner une contenance (Balzac, La Cousine Bette,1846, p. 50).Le maintien est pour marquer les égards dus aux hommes, la contenance est pour leur en imposer (Ch. de Bussy, L'Art dramatique,1866, p. 263).Elles [les Muses de Le Sueur] regardent doucement (...) se donnant une contenance par l'attribut qu'elles tiennent : masque, lyre (...) comme par un éventail dont on jouerait négligemment (T. Gautier, Guide de l'amateur au Musée du Louvre,1872, p. 169).Elle s'était assise de biais, au coin d'une table reculée, et, pour se prêter contenance, feuilletait distraitement un album (Gide, Les Caves du Vatican,1914, p. 843):
2. Même quand ils [les personnages de Racine] ne se veulent pas de mal, ils s'en font. Par nature, par entraînement; par habitude, par exercice; par maintien, par cette contenance; par désœuvrement, le pire de tout; par attitude prise, gardée; par une attitude de cœur. Par goût acquis, gardé. Et ils finissent toujours par se vouloir du mal. Ne fût-ce que de s'en faire et de s'en être fait. Péguy, Victor-Marie, Comte Hugo,1910, p. 778.
Loc. Par (manière de) contenance. Il tenait par contenance un excellent fusil à deux coups (Sue, Atar Gull,1831, p. 5).Elle ne mangeait que par contenance (About, Le Roi des montagnes,1857, p. 280).L'œil à peu près fixe, ne sachant que dire; par contenance, les mains dans les poches et se dandinant devant nous (E. et J. de Goncourt, Journal,1862, p. 1076).Assis sur un coffre branlant les jambes, sans dire mot et filant sa moustache par manière de contenance (T. Gautier, Le Capitaine Fracasse,1863, p. 205).
Prononc. et Orth. : [kɔ ̃tnɑ ̃:s]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. A. Ca 1100 « manière de se tenir, de se comporter » (Roland, éd. J. Bédier, 3006); xiiies. perdre contenanche (Clef d'Amour, 1007 ds T.-L.). B. xiiies. [ms.] « étendue de quelque chose » (Comput [ms. B.N. 7929], fo19 ds Littré); 1690 « capacité, volume de quelque chose » (Fur.). Dér. du rad. du part. prés. de contenir*; suff. -ance*; le lat. continentia présente à basse époque le sens de « contenu, contenant » et au xies. celui de « contenance, maintien ».
STAT. − Contenance 1 et 2. Fréq. abs. littér. : 642. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 1 230, b) 865; xxes. : a) 770, b) 753.
BBG. − Lew. 1960, p. 57.
-ANCE, -ENCE, suff.
I.− Le dérivé est rattaché au verbe ou au participe correspondant
A.− Le dérivé exprime l'action (« le fait de » + inf.)
1. Le suj. du verbe de base désignerait une pers., le fait que qqn s'accoutume, etc. :
accoutumance « le fait de s'accoutumer, de s'habituer »
ignorance « le fait d'ignorer quelque chose »
négligence « l'action, le fait de négliger quelque chose »
résidence « le fait de résider habituellement en un lieu »
vengeance « l'action de se venger »
2. Le suj. du verbe de base désignerait une chose :
alternance « le fait d'alterner (en parlant des éléments d'une série) »
convergence « le fait de converger »
émergence « le fait d'émerger (en parlant d'un rayon, d'un fluide) »
3. Le suj. du verbe de base désignerait une pers. ou une chose :
alliance « le fait pour des personnes, des éléments de s'allier »
appartenance « le fait d'appartenir »
croissance « le fait de croître, de grandir »
naissance « le fait de commencer, d'apparaître »
résistance « le fait de résister »
B.− Le dérivé exprime le sujet de l'action (« celui qui » ou « ce qui » + verbe au prés. de l'ind.)
1. Le suj. du verbe de base désignerait des pers. :
affluence « réunion d'une foule de personnes qui se portent au même endroit » (Rob.)
assistance « ceux qui assistent à... »
2. Le suj. du verbe de base désignerait des choses :
apparence « ce qui apparaît d'une personne ou d'une chose »
appartenances (au plur.) « ce qui appartient à un bien immeuble » (Rob.)
différence « ensemble de caractères qui distinguent une chose d'une autre »
nuisance(s) « ensemble de facteurs de civilisation rendant la vie pénible »
C.− Le dérivé exprime le résultat de l'action (« ce/celui qui est » + part. passé passif; « ce/celui que l'on » + prés. de l'ind.)
1. Quand le verbe de base est un verbe trans., le dér. exprime l'obj. de l'action :
connaissance « ce ou celui que l'on connaît »
croyance « ce que l'on croit »
ordonnance « prescription, ce qui est ordonné »
Cf. contenance « ce qui peut être contenu »; remontrance « critique motivée et raisonnée »
2. Quand le verbe de base est intrans., le subst. marque l'état de ce (ou de celui) qui a subi l'action (« fait d'être » + part. passé) :
déchéance « état de celui qui est déchu »
Rem. Ds laitance « liquide sécrété par les glandes des poissons mâles », le sens primitif était « lait de poisson » (terme de cuisine) de l'anc. verbe lait(i)er « donner son lait »
D.− Le dérivé exprime les circonstances de l'action
1. La manière :
apparence « manière dont une chose, une personne se présente »
contenance « manière de se tenir, de se présenter »
observance (observance stricte) « manière dont la règle est observée »
2. Le lieu :
naissance « point, endroit où commence quelque chose »; naissance d'un fleuve
provenance « endroit d'où vient une chose »
résidence « lieu construit où l'on réside »
3. Le moment ou la période :
échéance « date à laquelle expire un délai »
existence « période pendant laquelle quelque chose ou quelqu'un existe » (le reste de mon existence)
Renaissance « période historique allant du xivesiècle à la fin du xviesiècle »
vacances « période pendant laquelle on ne travaille pas »
II.− Le dérivé est rattaché à l'adjectif ou au substantif correspondant
A.− À l'adjectif. − Le subst. en -ance/-ence exprime de façon abstr. la qualité désignée par l'adj. ou le part. adjectivé (« caractère de ce qui est ... » ou « de celui qui est ... ») :
1. Cette qualité peut s'appliquer à l'animé :
bienveillance « qualité de celui qui est bienveillant »
élégance « qualité de ce/celui qui est élégant »
endurance « qualité de celui qui est endurant »
ignorance « état de celui qui est ignorant »
indigence « état de celui qui est indigent »
nonchalance « caractère de celui qui est nonchalant »
patience « qualité de celui qui est patient, qui persévère dans une activité sans se décourager »
prévoyance « qualité de celui qui est prévoyant »
suffisance « caractère de celui qui est suffisant »
tolérance « qualité de celui qui est tolérant »
2. Cette qualité peut s'appliquer à l'inanimé :
consistance « état de ce qui est consistant »
contingence « caractère de ce qui est contingent »
prépondérance « qualité de ce qui est prépondérant »
succulence « caractère de ce qui est succulent »
urgence « caractère de ce qui est urgent »
3. Cette qualité peut s'appliquer à l'animé et à l'inanimé :
importance « caractère de ce (ou de celui) qui est important »
indépendance « état d'une personne ou d'une chose indépendante »
insignifiance « caractère de ce (ou de celui) qui est insignifiant »
puissance « état de celui qui est puissant; caractère de ce qui est puissant »
transcendance « caractère de ce qui est transcendant »
B.− Au substantif. − Le subst. de base est le plus souvent un subst. qui désigne celui qui exerce une fonction, le dér. en -ance/-ence marquant alors cette fonction :
gérance « fonction de gérant »
intendance « fonction d'intendant »
lieutenance « charge, office, grade de lieutenant »
présidence « fonction, titre de président »
régence « fonction, dignité de régent »
suppléance « fonction de suppléant »
Cf. aussi vétérance « état de vétéran »
Le dérivé peut marquer en même temps
1. Il peut marquer en même temps la durée de cette fonction :
gérance « durée des fonctions du gérant »
présidence « durée des fonctions d'un président »
régence « durée des fonctions d'un régent »
2. Il peut marquer en même temps le lieu où elle s'exerce :
intendance « bureaux de l'administration d'intendance »
présidence « résidence, bureau(x) d'un président »
3. Il peut marquer en même temps l'ensemble des personnes qui exercent cette fonction (sens collectif) :
intendance dans des expr. comme intendance militaire ou les services de l'intendance
maistrance « ensemble des officiers mariniers de la marine de guerre française »
Cf. aussi ascendance « ensemble des générations de personnes d'où quelqu'un est issu »; descendance « ensemble des descendants »
Rem. 1. Différentes signif. que peut prendre un même dér. a) Un même terme pourra être considéré à la fois comme un nom abstr. d'action (I) ou comme un nom abstr. de qualité (II), selon qu'il est rattaché de préférence à la signif. verbale ou à la signif. adj. de la base. Ainsi persévérance est à la fois « le caractère de celui qui est persévérant » et « le fait de persévérer ». Cf. de même : endurance, négligence, persistance, prévoyance, reconnaissance, tolérance. Il se peut aussi que le mot en -ance/-ence soit dérivable à la fois d'un verbe et du subst. corresp. en -ant (-ent) : présidence n'est pas seulement « la fonction du président », mais aussi « l'action de présider ». Suppléance est, en même temps qu'une fonction, « le fait de suppléer quelqu'un ». Dans surveillance seul le verbe surveiller est senti, et non le subst. surveillant. b) Un subst. d'action pourra correspondre à une seule ou à plusieurs des accept. énumérées supra (I). Une seule accept. : l'action (le fait de) (insistance, soutenance, transhumance); le suj. de l'action (« ce qui » + verbe au prés.) (convenance); le résultat de l'action (« ce qui est » + part. passé passif) (contenance, redevance, remontrance); le lieu (provenance); la période (échéance, vacances). Plusieurs accept. : action et suj. de l'action (assistance, influence...); action et résultat de l'action (espérance, négligence...); action et lieu de l'action (naissance, résidence); action et moment ou période de l'action (existence, renaissance); action, résultat de l'action, manière (observance).
Rem. 2. Les dér. appartiennent à une lang. spécialisée. Dans les cas où le subst. en -ance/-ence est en concurrence avec un autre subst. abstr., il a gén. un sens spécialisé : maintenance est réservé soit au « fait de maintenir à leur nombre normal des effectifs et du matériel d'une troupe au combat », p. oppos. à maintien, soit à l'entretien d'un ordinateur; observance est spécialisé dans le domaine relig., le lang. courant dit observation; partance pour départ est vieilli et ne s'emploie plus que dans l'expr. en partance; rémittence est employé en méd., rémission étant plus gén.; résilience est un terme de phys. et s'oppose à résiliation; soutenance est le « fait de soutenir une thèse de doctorat », soutien est le terme général; dominance désigne « le fait de dominer » quand il s'agit de choses, contrairement à domination qui s'applique toujours à des pers. et tend, de ce fait, à prendre un sens spécialisé dans le domaine scientifique « état d'un caractère dominant ». Les subst. en -ance/-ence sont fréq. dans les lang. techn. : mar. (partance, maistrance, cf. A. François, La Désinence -ance dans le vocabulaire français, 1939, p. 63), banque : (créance, échéance, quittance, usance, ibid.), dr. (instance, mouvance, survenance, ibid.), relig. (observance, recouvrance, repentance, ibid.); et surtout scientifiques : phys. (efficience, fluorescence, interférence, phosphorescence, radiance, réfringence...); bot. (arborescence, virescence), électr. (conductance, brillance, impédance), math. (congruence, équipollence, tangence), philos. (contingence, immanence, transcendance). Nombreuses formations en -ance ds l'arg. mod. : béquetance (bectance) « nourriture », de béqueter « manger » (ibid., p. 25); croustance « repas », de croûte « pain » (ibid.); cuistance « cuisine » (ibid.); galetance « gamelle », de galettière « plat à galette » (ibid.); rouspétance, d'apr. rouspéter; roustance, même sens que cuistance, de roustir « brûler » (ibid.).
Rem. 3. La finale -ance/-ence correspond dans le registre suffixal à la termin. part. -ant et à la finale adjectivale -ant/-ent; un mouvement de pensée identique sous-tend l'une et l'autre. Le propre de la flexion participiale étant de faire tendre le verbe vers la partie du discours adj., les formes en -ant se situent, selon les conditions du discours, à plus ou moins grande distance de la catégorie verbale proprement dite. En fonction d'appos., en partic. lorsque le compl. (surtout le compl. d'obj.), ou a fortiori le suj., se trouve exprimé, la forme est saisie à proximité du verbe (part.) : son interlocuteur ignorant ces faits, il...; ignorant ces faits, il...; persévérant dans ses efforts, il... En fonction d'attribut ou d'épithète, elle l'est à proximité de l'adj. (adj. verbal) : il est ignorant, persévérant; un homme ignorant, persévérant. Les part. en -ant se prêtent qqf. à la substantivation (un suppléant, un gérant, un penchant...). Il ne correspond pas (ou il ne correspond plus) toujours un verbe aux formes en -ant (élégant, bienveillant...). Les formes en -ent peuvent être des adj. (divergent, négligent...) ou des subst. (président) « verbaux », c'est-à-dire qui rappellent plus ou moins le verbe. Mais le plus fréquemment, elles appartiennent à la catégorie des adj. (adjacent, évident) ou des subst. (expédient, inconvénient), sans qu'il leur corresponde un verbe. Le suff. -ance suit un mouvement en tout point identique à la flexion -ant : saisi précocément, il fournit un subst. abstr. d'action (vengeance). Saisi tardivement, il fournit un subst. abstr. de qualité (persévérance); il se peut aussi qu'il corresponde à la forme en -ant substantivée (gérance). Lorsque le suff. -ence correspond à une finale -ent d'adj. « verbal », il fournit, à l'image de -ance, soit un subst. d'action (négligence < négliger « le fait de négliger »), soit un subst. de qualité (négligence < négligent « qualité de ce qui est négligé »). Il se peut aussi que -ence soit issu d'une forme en -ent subst. (présidence < président − présider). Dans les cas où il ne correspond pas de verbe aux formes en -ant/-ent, les suff. -ance/-ence prennent forcément la signif. adj. (bienveillance, indigence...).
Étymol. ET HIST. A.− Étymol. − Dès les plus anc. textes, on relève des subst. d'action tirés de part. prés., formation héritée du latin -(antia). Type : douter/doutant/doutance, oïr/oiant/oiance... A. François, La Désinence -ance dans le vocabulaire français, 1939, p. 8, no3 relève ainsi dès la toute première période (xieet xiies.) les mots suiv. qui ont survécu : abondance, accoutumance, alliance (alloiance), appartenance, arrogance, oïr/oiant/oiance... bienveillance, et malveillance, chance, concordance et discordance, connaissance (cunoisance), reconnaissance (reconuisance) et méconnaissance, contenance, convenance, créance, croissance, déchéance, défaillance, défiance, délivrance, enfance, espérance, ignorance, jouissance (joiance), naissance, outrecuidance, persévérance, puissance, quittance, repentance, souffrance, soutenance, substance, suffisance, vaillance, vengeance. ,,Il n'y a pas de doute que, malgré sa popularité, la formation mi-savante des mots en -ance, généralement abstraits, est l'œuvre des clercs, − clercs de toute espèce : ecclésiastiques, monastiques ou juristes. En témoignent la poésie et la prose.`` (Id., ibid., p. 8). La vitalité du suff. est telle en a. fr., qu'il vient à s'accoler à des bases nominales. Ainsi pitié ou piété devient pitance; vilté se change en viltance, vuitance, d'où aviltance. Plus tard apparaîtront bobance ou bombance (orig. incertaine). À partir du xiies., les formes en -ance et en -ement se doublent presque constamment : allegement-allegeance, attendement-attendance, decevement-decevance, delivrement-delivrance, ennuiement-ennuiance, errement-errance, desheritement-desheritance, delaissement-delaissance, meprisement-meprisance, demontrement-demontrance, naissement-naissance, parlement-parlance, recouvrement-recouvrance, sevrement-sevrance, signifiement-signifiance, soutenement-soutenance, ven gement-vengeance... (Id., ibid., p. 12). C'est tantôt l'un, tantôt l'autre des 2 termes qui l'a emporté. En revanche dans les cas de doublets -ance/-tion, c'est gén. le second qui a survécu : cf. assignance-assignation, décevance-déception, dérogeance-dérogation, agravance-agravation, démonstrance-démonstration, obligeance-obligation, pourveance-provision, récréance-récréation, sevrance-séparation, signifiance-signification... (Id., ibid., p. 13). Le suff. sav. -tion a un prestige qui n'a pas son rival. B.− Vitalité et productivité 1. Vitalité. − L'analyse est, en gén., facile, que la base soit a) Un part. prés. à valeur adj. (adj. verbal) : attir(ant), -ance; défaill(ant), -ance; endur(ant), -ance; exubér(ant), -ance; ignor(ant), -ance; méfi(ant), -ance; persévér(ant), -ance; prépondér(ant), -ance; répugn(ant), -ance; rutil(ant), -ance; tempér(ant), -ance; tolér(ant), -ance; Rem. Au lieu du part. il s'agit parfois d'un adj. en -ent correspondant à un verbe : adhér(ent), -ence; afflu(ent), -ence; coïncid(ent), -ence; différ(ent), -ence; diverg(ent), -ence; excell(ent), -ence; équival(ent), -ence; influ(ent), -ence; néglig(ent), -ence. b) Un adj. En -ant : arrogant, -ance; bienfaisant, -ance; clairvoyant, -ance; élégant, -ance; intransigeant, -ance; pétulant, -ance; vigilant, -ance ... En -ent : antécédent, -ence; clément, -ence; décent, -ence; déficient, -ence; indulgent, -ence; insolent, -ence; opulent, -ence; patient, -ence; véhément, -ence; virulent, -ence. c) Plus rarement un verbe (le part. prés. du verbe ayant une valeur proprement verbale) : accoutum(er), -ance; délivr(er), -ance; espér(er), -ance; ordonn(er), -ance; veng(er), -ance ... Except. pour les dér. en -ence : confér(er), -ence; préfer(er), -ence. Rem. 1. On pourrait ajouter exig(er), -ence, exist(er), -ence si l'on considère que la graph. en -ant des adj. existant et exigeant les éloigne des subst. en -ence. 2. Le fr. mod. associe directement semence au verbe semer (malgré l'étymol. de semence < b. lat. sementia, plur. neutre de sementium, d'apr. le lat. class. sementis « semailles »). d) Parfois un subst. : gérant, -ance; intendant, -ance; lieutenant, -ance; président, -ence; régent, -ence; suppléant, -ance. Rem. 1. Suppléance pourrait aussi se rattacher aux formations du type c : supplé(er), -ance. 2. On a pu former un dér. en -ance sur vétéran en dépit de l'étymol. : veteranus d'apr. vetus, -eris. e) La base est repérable grâce à une commutation de finales : conduct-ance/conduction, induct-ance/induction, lumin-ance/ lumineux (lumière), perdit-ance/perdition, self-induct-ance/self-induction. audi-ence/auditeur, (in)expéri-ence/expérimenter. ou à l'anal. avec un mot voisin : précellence-excellence. Dans un certain nombre de cas cependant, où le radical ne sert pas de base à d'autres dérivés et où par conséquent la finale n'est pas commutable, les mots ne sont pas directement sentis comme des dér. -ance : admittance, circonstance, clearance, créance, engeance, finance, garance, impédance, nuance, pitance, (contre-)performance, réluctance, remembrance, ance (cf. cep. sé-ant), substance, thermistance. -ence : abstinence (cf. cep. s'absten-ir), cadence, calorescence, carence, circonférence, crédence, déshérence (cf. cep. déshér-iter), désinence, essence, licence, obédience, potence, providence, quintessence, ramescence, résipiscence, sapience, science, sentence (cf. cep. sent-iment « jugement »), séquence, subsidence, virescence. Rem. La différence de sens entre preste et prestance exclut le rapprochement entre ces 2 mots; l'abstr. corresp. à preste est prestesse « agilité » (Rob.). 2. Productivité. − -ance connaît une période de déclin en fr. classique, et on ne relève aucun mot nouveau au xviies. Mais il renaît dès le xviiies., surtout ,,par la récupération des mots vieux ou en train de vieillir (...)''. Certains sont recommandés par Marmontel dans son Discours sur l'autorité de l'usage (1785) : allégeance, souvenance, par l'abbé Féraud dans son Dictionnaire critique (1786) : advertance, nuisance, remembrance, enfin par la cinquième édition du Dictionnaire de l'Académie en 1798 (préparée par Marmontel) : accointance, accoutumance, malveillance, apercevance...,, ``(A. François, La Désinence -ance dans le vocabulaire français, 1939, p. 18). Dans la Néologie de S. Mercier (1801), on relève les mots nouv. suiv. (toujours d'apr. A. François) : ayance, conspirance, fécondance, garrulance, inconsistance, obligeance, provenance, raisonnance. Les formations les plus récentes appartiennent d'abord aux lang. techn. (délinquance, fréquence, interférence, efficience, équivalence, impédance, conductance, inductance, réactance, réluctance, brillance, radiance...) ou arg. (cuistance, roustance...).
BBG. − Cohn (G.) Die Suffixwandlungen im Vulgärlatein und im vorlitterarischen Französisch. Halle, 1891, pp. 74-79. − Darm. 1877, pp. 87-88; p. 207. − Dub. Dér. 1962, p. 15, 22; pp. 64-65; p. 104. − François (A.). La Désinence -ance dans le vocabulaire français... Genève-Lille, 1950, 93 p. [Cr. Goosse (A.) R. belge Philol. Hist. 1952, t. 30, pp. 224-226; Lerch (E.). Rom. Jahrb. 1950, t. 3, pp. 179-194; Orr (J.). Mod. Lang. R. 1951, t. 46, p. 270; Schöne (M.). Fr. mod. 1951, t. 19, pp. 59-60; Streicher (J.). R. Hist. litt. Fr. 1950, t. 50, p. 437]. − François (A.). Suffixe littéraire -ance. Vox rom. 1939, t. 4, pp. 20-24 [Cr. Spitzer (L.). Fr. mod. 1939, t. 7, pp. 276-278; Wartburg (W. von). Z. rom. Philol. 1942, t. 62, p. 208]. − Gossen (C. T.). Ma plus douce espérance est de perdre l'espoir. Z. rom. Philol. 1955, t. 71, pp. 337-364 [Cr. Gougenheim (G.). B. Soc. Ling. 1956, t. 52, no2, pp. 94-95]. − Hug. Mots disp. 1967, pp. 137-142. − Lew. 1960, pp. 57-69, 121-132. − Malkiel (Y.). The Development of the Latin suffixes -antia and -entia in the Romance languages... Berkeley-Los Angeles, 1945, 177 p. [Cr. Alvar (M.). Z. rom. Philol. 1955, t. 71, pp. 299-303; Holmes (U. T.), jr. Speculum. 1945, t. 20, pp. 495-497; Lerch (E.). Rom. Jahrb. 1950, t. 3, pp. 179-194]. − Merk (G.). La Vitalité des suffixes nominaux, du latin au français. R. Ling. rom. 1970, t. 34, no133/134, pp. 194-223. − Meyer-L. t. 2 1966, p. 199.
Rem. Ds laitance « liquide sécrété par les glandes des poissons mâles », le sens primitif était « lait de poisson » (terme de cuisine) de l'anc. verbe lait(i)er « donner son lait »
Source : CNRTL

Wiktionnaire

Français

Nom commun

Singulier Pluriel
contenance contenances
\kɔ̃t.nɑ̃s\

contenance \kɔ̃t.nɑ̃s\ féminin

  1. Capacité ou étendue superficielle.
    • Ce parc est d’une contenance de cent hectares. - Cette citerne a une contenance de cent mètres-cubes.
  2. Manière de se tenir, de se présenter devant une personne ou d’autres personnes.
    • Il était visible, à la contenance du maître, qu’il était d’un caractère franc mais impétueux et irascible. — (Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820)
    • Est-ce le chagrin, est-ce le bonheur qui prête à la femme de trente ans, à la femme heureuse ou malheureuse, le secret de cette contenance éloquente ? — (Honoré de Balzac, La Femme de trente ans, Paris, 1832)
    • Sitôt qu’elles ne furent plus seules dans le compartiment, ces dames prirent une contenance grave, et se mirent à parler de choses relevées pour donner une bonne opinion d’elles. — (Guy de Maupassant, La maison Tellier, 1881, réédition Le Livre de Poche, page 24)
    • J'ai bien cru que c'était une de ces femmes comme on en voit beaucoup, qui prennent un mari pour avoir une contenance. — (Casimir Colomb, Mademoiselle Renée, dans La Revue des deux mondes, tome 88, 1870, page 154)
    • Trois ou quatre personnes, en effet, erraient sur la place en jetant de fréquents regards à l’hôtel. On sentait qu’elles cherchaient une contenance. — (Georges Simenon, Le fou de Bergerac, Fayard, 1932, réédition Le Livre de Poche, page 51)
    • Mais je n'avais aucune idée de ce que je voulais faire, ni avec quelle contenance (blague? détachement? enthousiasme? maturité?) [...]. — (Thomas Ouellet St-Pierre, Même ceux qui s'appellent Marcel, Leméac, 2014, page 109)
Source : Wikitionnaire

Littré (1872-1877)

contenance

(kon-te-nan-s') s. f.
  • 1Quantité de ce qui est contenu ; capacité. Un vase de la contenance de deux litres. Ce navire est de la contenance de tant de tonneaux.
  • 2Étendue, superficie. Ce parc est de la contenance de sept hectares.
  • 3Maintien, manière de se tenir, de se montrer. Sans art elle s'habille, et, simple en contenance…, Régnier, Sat. XII. Je vous voyais marcher sur les précipices avec une contenance gaie, Voiture, Lett. 34. Il [le chat] est velouté comme nous [rats], Marqueté, longue queue, une humble contenance, La Fontaine, Fab. VI, 5. Pourvu qu'on demeure dans une contenance respectueuse, Pascal, Prov. 9. Il n'a pas encore pris la contenance d'un homme consolé, Sévigné, 417. De quels yeux regardèrent-ils le jeune prince, dont la victoire avait relevé la haute contenance, à qui la clémence ajoutait de nouvelles grâces ? Bossuet, Louis de Bourbon. Il remarqua ma contenance basse, éperdue, humiliée, indice de mes remords, Rousseau, Hél. I, 63.

    Se faire une contenance, se remettre d'un embarras. Elle fut longtemps à se faire une contenance, Sévigné, 412.

    N'avoir point de contenance, se tenir fort mal, être embarrassé de sa personne. Mais le voici venir triste et sans contenance, Mairet, Sophon. IV, 4.

    Par extension. Rien ne m'attire à Paris, je n'y ai point de contenance, Sévigné, 383. Tenir une misérable et chétive contenance, Hamilton, Bélier, 443.

    Se donner, prendre une contenance, se donner un maintien. Par contenance, pour se donner un maintien. Vous êtes étonnée que j'aie un petit chien ; voici l'aventure : j'appelais par contenance une chienne d'une madame qui demeure au bout de ce parc, Sévigné, 232. Je me vais purger pour prendre cette petite eau par contenance, Sévigné, 388. Ce lui [à une veuve] sera une contenance que d'avoir à élever ce petit garçon, Sévigné, 301. Vous savez tous nos succès de Brest et que nous n'avons plus que trois régiments de Bretons pour servir de contenance au maréchal d'Estrées à Brest, quand notre flotte sera partie, Sévigné, 572. M. de Lavardin fait ici l'amoureux d'une petite madame, j'ai trouvé que c'est une contenance dont il a besoin comme d'un éventail, Sévigné, 76. On dit, sans savoir pourquoi, qu'il est honnête à une femme de travailler ; mais souvent ce ne sera qu'une contenance, et elle ne s'accoutumera pas à un travail suivi, Fénelon, XVII, 7.

    Faire bonne contenance, témoigner de la fermeté et de la résolution. Socrate montra si bonne contenance, que ceux qui poursuivaient les fuyards n'eurent jamais l'audace de l'attaquer, Fénelon, Socrate. On ne pouvait faire meilleure contenance, Bossuet, Var. préf. Sa fille tient une contenance admirable dans cette occasion, Sévigné, 580.

    Perdre contenance, être subitement déconcerté et confus. Il lui arrive souvent de perdre contenance, La Bruyère, XIII. A qui une carte fait perdre la contenance, La Bruyère, XII. Hamilton ne savait quelle contenance tenir, Hamilton, Gramm. 8.

HISTORIQUE

XIe s. Gent a le cors et contenance fiere, Ch. de Rol. VIII. Quand Charles veit si beles cuntenances [de ses guerriers], ib. CCXIV. Souz son mantel [il] en fait la cuntenance [d'homme affligé], ib. LXV.

XIIe s. Mais pour belle Aude [il] fit gente contenance, Ronc. p. 165.

XIIIe s. Or vos dirai de l'autre part La contenance de Renart, Qui Ysengrin engingnié a Par son englois que il parla, Ren. 12510. Loés toutes ses contenances [de votre dame], Et ses ators et ses semblances, Et servés de vostre pooir, la Rose, 7815. Et parlerés andui [tous deux] ensemble De la bele qui ton cuer emble, De sa biauté, de sa semblance, Et de sa simple contenance, ib. 2708. … Bel-Acueil, qui tout fremist, Et tremble, et tressaut et gemist, Rougist, palist, pert contenance, ib. 12885. Des nobles gens de la carole [danse] M'estuet dire les contenances, Et les façons, et les semblances, ib. 991. A tant li conte assis se sont Par contenance, sans mengier ; Leans n'eut la nuit chevalier, Serjant, dame ne damoisele, Qui peüst vuidier escuele, Bl. et Jehan, 3371. Et commanda l'en que en y receust celles qui vourroient faire contenance à vivre chastement, Joinville, 298. Se tu vels trover le [la] contenance d'une plaine de 200 piés de lonc et de 200 piés de leece [largeur], Comput, f° 19.

XVe s. L'endemain les seigneurs eurent conseil qu'ils feroient assaillir les barrieres fortement, pour voir la contenance de ceux de dedans, Froissart, I, I, 173. Le petit Saintré, qui encore n'avoit senty ne gousté des amoureux desirs nullement, avoit perdue toute contenance, Jeh. de Saintré, ch. 3. Je ne prise point tels baisiers Qui sont donnez par contenance Ou par maniere d'accointance, Orléans, Chans. 49. Car jeunes gens perdent tost contenance, Orléans, ib. 1. Sans vin je perds contenance ; C'est ce qui mieux me convient, Basselin, LVI. Quant la deesse me eut dit ces raisons, j'en fus tant joieuse que à peu sçavoye ma contenance, Perceforest, t. VI, f° 23. Touteffois ledit conte tint la meilleure contenance qu'il peut, Commines, I, 13. À peu que son loyal cœur ne faillist, et ne savoit sa contenance tenir, Louis XI, Nouv. I. Madame n'en sait sa contenance que de jeter larmes à grand abondance, Louis XI, ib. III.

XVIe s. Le bon Pantagruel tout voyoyt et escoutoyt : mais à ces propous, il cuyda perdre contenance, Rabelais, Pant. IV, 9. J'appelle mines, toutes les folles contenances dont ils usent, Calvin, Instit. 872. Il n'estoit pas loisible de s'en venir par contenance tout saoul au lieu du convive [repas], Amyot, Lyc. 16. Il se mainteint en cette mesme contenance, Montaigne, I, 6. [Les femmes], par ces contenances mineuses, querelleuses et fuyardes qui nous esteignent en nous allumant, Montaigne, I, 96. Aulcuns feirent contenance de changer de religion, Montaigne, I, 298. Ils entreprirent avec le conseil de la dame de Retz de percer un cabinet, et de faire couler par la ruelle du lit, entre les contenances [manchons] et le rideau, une sarbatane d'aerin, par le moien de laquelle ils vouloient contrefaire un ange, D'Aubigné, Hist. II, 376.

Source : Dictionnaire Littré

Étymologie de « contenance »

De contenant.
Source : Wikitionnaire

Contenir ; provenç. contenensa ; catal. contenenza ; ital. continenza. L'ancien français a dit, pour contenance au sens de maintien, contant et contenement.

Source : Dictionnaire Littré

Phonétique du mot « contenance »

Phonétique Prononciation
France (Nancy) : écouter « contenance »
Source : Wikitionnaire

Fréquence d'apparition du mot « contenance »

Source : Google

Traductions du mot « contenance »

Langue Traduction
English capacity
German Inhalt
Spanish capacidad
Portuguese capacidade
Italian capacità
Dutch capaciteit
Polish pojemność
Russian емкость
Source : DeePL

Synonymes de « contenance »

Antonymes de « contenance »