Copeau

subst masc

Définitions de « copeau »

Trésor de la Langue Française informatisé

COPEAU, subst. masc.
A.− Petite chute de bois très mince et très légère, de forme généralement arrondie, arrachée par un outil tranchant comme la hache, le rabot, la varlope, lors du travail du bois :
Il voyait, il revoyait aussi l'établi et le rabot. L'établi. Le billot pour appuyer le morceau de bois que l'on fend. La scie et la varlope. Les beaux vrillons, les beaux copeaux de bois. Péguy, Le Mystère de la charité de Jeanne d'Arc,1910, p. 85.
SYNT., EXPR. a) Vin de copeaux (vieilli). Vin nouveau que l'on fait passer sur des copeaux de bois pour l'éclaircir. Attesté ds Ac. 1798-1878, Besch. 1845, Lar. 19e-20e, Littré, DG, Guérin 1892, Rob., Quillet 1965. b) Arg. Faire des copeaux, etc. Fracturer une porte par effraction, laisser des copeaux derrière soi. Sapé à dix ans pour un coup de vague avec copeaux (Stamir, 1867 ds Larch. 1872, p. 102; attesté aussi ds Guérin 1892).
P. méton. Menuisier, ouvrier qui fait des copeaux.
Rem. Attesté ds Guérin 1892, et Larch. 1880, France 1907.
B.− P. anal.
1. [De forme] La barbe frisottée en de petits copeaux (Huysmans, Là-bas,t. 1, 1891, p. 16).Copeaux d'acier (Alain, Propos,1909, p. 55).Copeaux de savon (Lar. 20e, Lar. encyclop.).
Arg. Avoir les copeaux. Avoir les jambes qui flageolent, avoir peur (attesté ds Quillet 1965 et ds Esn. Poilu 1919, Le Breton 1960, Esn. 1966).Les copeaux l'avaient saisi au dernier moment (Céline, Mort à créd.,1936, p. 684).
Absol. Langue (attesté ds Delvau 1972, France 1907);p. méton. crachat (attesté ds Guérin 1892 et Larch. 1880, France 1907, Esn. Poilu 1919).Je sentais monter mon copeau (Céline, Mort à créd.,1936p. 223).
2. [De valeur] Péj. Ce qui se caractérise par sa petitesse ou sa finesse. Elle [mon âme] rejette les copeaux de la journée qui l'encombrent (Barrès, Cahiers,1904, p. 256).Toute sonore de copeaux d'accordéon (Fargue, Piéton Paris,1939, p. 134).Copeaux de prose (Benda, Fr. byz.,1945, p. 100).
Arg. Petite course en taxi. Mais quels copeaux (...)! Il est presque impossible de dépasser la place Pigalle ou la porte Saint-Denis (Simonin, J. Bazin, Voilà taxi!,1935, p. 78).P. méton. Client qui demande une petite course. On ne se met pas en « stasse » pour charger un copeau (Simonin, J. Bazin, Voilà taxi!,1935p. 26).
Prononc. et Orth. : [kɔpo]. Ds Ac. depuis 1718. Au plur. des copeaux. Étymol. et Hist. 1. Ca 1170 coispel « garniture à l'extrémité de l'étui d'un couteau » (B. de Ste-Maure, Ducs de Normandie, éd. C. Fahlin, 9905) − 1411 coispeaux ds Gdf.; 2. a) 1170-80 « éclat de bois » cospel (Folie Tristan d'Oxford, éd. E. Hoepffner, 525); la forme sing. copeau ne semble pas attestée av. Rich. 1680; b) 1213 coipel « id. » (Fets des Romains, 407, 17 ds Romania t. 65, p. 486) − 1637 coipeau (Crespin, Thresor des trois langues ds FEW t. 2, p. 1594a), forme encore en usage dans le domaine norm. (Moisy); 1600 vin de coipeau (O. de Serres, Théâtre d'Agric., III, 10 ds Hug.). Cospel, coispel prob. dér. en -ellus, respectivement du lat. class. cuspis « extrémité d'un objet pointu (épieu, lance) » d'où « pointe », et de *cuspia, peut-être forme collective de cuspis (Thomas (A.) Mél. Étymol.2, p. 73; FEW loc. cit.). Fréq. abs. littér. : 141. Bbg. Gossen (C. T.). Zur lexicalen Gliederung des pikardischen Dialektraumes. In : [Mél. Wartburg (W. von)]. Tübingen, 1968, t. 2, p. 137. − Gottsch. Redens. 1930, p. 247. − Goug. Lang. pop. 1929, p. 27. − Mat. Louis-Philippe 1951, p. 145. − Orr (J.). Linguistic geography as a corrective to etymology. In : Words and sounds. Oxford, 1953, pp. 244-252. − Sain. Sources t. 3 1972 [1930], p. 217.
Source : CNRTL

Wiktionnaire

Français

Nom commun

Singulier Pluriel
copeau copeaux
\ko.po\
Des copeaux de saule.

copeau \kɔ.po\ masculin

  1. (Menuiserie) Éclat, morceau ou rognure qu’on enlève du bois avec un instrument tranchant.
    • Gros copeaux.
    • Menus copeaux.
    • Copeaux de hêtre.
    • Brûler des copeaux.
    • Un copeau scié est prisonnier des parois latérales du trait de scie. — (Christian Sales, La scie à ruban: Théorie et pratique du sciage des bois en grumes, 1990)
  2. (Par analogie) (Usinage) Tortillon de métal.
    • Des copeaux d’acier, de cuivre, de plomb.
  3. (Par extension) Lamelles de bois très fines dont on fait des peignes ou des ornements.
  4. Tranches fines de roche schisteuse dont on fait les ardoises.
  5. (Argot des Gadz’Arts) Frites.

Anagrammes

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  • Capoue
Source : Wikitionnaire

Littré (1872-1877)

copeau

(ko-pô) s. m.
  • 1Morceau, éclat enlevé d'une pièce de bois par un instrument tranchant. [Elle] touche le poli des planches, ramasse des copeaux par terre, Rousseau, Ém. V. La vieille femme jeta dans le feu quelques copeaux, Chateaubriand, Natch. II, 226.

    Vin de copeau, vin nouveau dans lequel on fait tremper des copeaux pour l'éclaircir

  • 2 Terme de fabricant de peignes. Copeau de bois, morceau de bois débité à la scie pour faire un peigne.
  • 3Déchet des pierres dont on tire les ardoises.

REMARQUE

On a continué dans le XVIIe siècle à dire coupeau comme dans le XVIe siècle : Ce maître-faiseur de coupeaux En tranche bientôt les poteaux Tout ainsi qu'il eût fait des raves, Scarron, Virg. trav. II.

HISTORIQUE

XIIIe s. Et les coypiaulx et les chappuis Prendras en gré que j'en chappuis ; Car ce te plaist qu'on en puet faire, J. de Meung, Tr. 1618.

XIVe s. Le supliant prist une atele ou coipel à terre et le jeta vers sa femme, Du Cange, astula.

XVIe s. Va chez un menuisier, et tu trouveras que, quand il rabote quelque table, il se fait des escoupeaux longs et terves comme papier, Palissy, 28. Ce vin ainsi preparé est appellé vin de coipeau, aiant prins son nom des coipeaux de fousteau dont il est composé, De Serres, 224. Tel disoit estre Socrate, parce que, le voyant au dehors et l'estimant par l'exterieure apparence, n'en eussiez donné un coupeau d'oignon, Rabelais, Prol. du 1er livre.

Source : Dictionnaire Littré

Étymologie de « copeau »

Du moyen français escopeau, de l’ancien français escoupel, escopel (« copeau »), du latin cuspis (« pointe, objet pointu »).
Source : Wikitionnaire

Norm. coipeau ; picard, copieux ; Berry, coupeau, coupiau ; génev. coupeau ; bas-lat. coipellus et coispellus. La dérivation paraît bien être de couper ; pourtant il est singulier qu'on ne le trouve jamais écrit colpeau, et que la voyelle soit coi plus souvent que cou ; cela donne de la consistance au soupçon de Diez qui se demande si on ne pourrait y voir un dérivé de cuspis, pointe ; le fait est que l'ancien français avait coispel au sens de pointe, d'épine ; qu'on trouve coispellus au sens de copeau ; et que dès lors on peut supposer une assimilation entre couper et cuspis.

Source : Dictionnaire Littré

Phonétique du mot « copeau »

Phonétique Prononciation
France (Vosges) : écouter « copeau »
Source : Wikitionnaire

Fréquence d'apparition du mot « copeau »

Source : Google

Traductions du mot « copeau »

Langue Traduction
English copeau
German copeau
Spanish copeau
Portuguese copeau
Italian copeau
Dutch copeau
Polish copeau
Russian КОПО
Source : DeePL

Synonymes de « copeau »