Coquillard
subst
masc
Sommaire
Définitions de « coquillard »
Trésor de la Langue Française informatisé
COQUILLARD, subst. masc.
A.− HISTOIRE
1. Mendiant dont les vêtements étaient ornés de coquilles et qui se faisait passer pour pèlerin. Deux tables plus loin, un coquillart [sic] avec son costume complet de pèlerin, épelait la complainte de Sainte-Reine (Hugo, N.-D. Paris,1832, p. 100).
2. [P. réf. à la Coquille, bande de voleurs (cf. étymol. et hist.)] Malfaiteur. Villon se concevait sans doute comme un coquillard et un grand poète, non comme un génie réduit au cambriolage par les faiblesses de la monarchie (Malraux, Voix sil.,1951, p. 491).
B.− Pop. [P. réf. à la forme de la coquille] Œil. S'en tamponner le coquillard. S'en moquer, s'en battre l'œil. La vie a de ces ironies : − « c'est comme moi, − je m'en tamponne le coquillard » (Bourget, Actes suivent,1926, p. 132).
Rem. Selon Rigaud, Dict. du jargon parisien, 1878, p. 97, coquillard est une var. de coquard.
− Spéc., arg. [P. réf. à la coquille de la cuirasse] Cuirassier. Les dragons s'appelaient des citrouillards; les cuirassiers des coquillards (Larch.Suppl.1889, p. 59).
Rem. On rencontre ds la docum, l'adj. coquillard, arde. Qui a la forme d'une coquille. Des ignares avaient taillé en pointe ses oreilles coquillardes, et sa queue au ras du derrière (Colette, Mais. Cl., 1922, p. 149).
Prononc. : [kɔkija:ʀ]. Homon. coquillart. Étymol. et Hist. 1. 1455 coquillar « gueux, malfaiteur » (Procès des Coquillars ds Sain. Arg., p. 191 : et appellent iceux galans les Coquillars qui est a entendre les Compaignons de le Coquille); 1628 coquillard « mendiant se faisant passer pour un pèlerin de Saint-Jacques » (Jargon ou Langage de l'Argot réformé, ibid.); 2. 1878 arg. s'en tamponner le coquillard « s'en battre l'œil » (Rigaud, Dict. jarg. paris., p. 97). 1 dér. de Coquille (coquille*), nom d'une association de malfaiteurs qui, au xves., avait ses apprentis, son maître et son chef appelé Roi de la Coquille et qui, entre autres, mettaient en gage des bijoux truqués (v. Sain. Sources arg., p. 16) : la bande avait pris ce nom, soit à partir de l'expr. vendre ses coquilles « tromper », soit parce que ses membres se faisaient parfois passer pour des pèlerins de Saint-Jacques; 2 dér. de coquille* pris prob. dans un sens obscène (coquille « membre viril » au xvies. et « sexe de la femme » aux xviie-xviiies. d'apr. FEW t. 2, p. 1002 a; cf. sens arg. d' œil). Fréq. abs. littér. : 3. Bbg. Goosse (A.). Le Pic. et le wallon, source du jargon des coquillards. Cah. lexicol. 1970, t. 16, pp. 105-107. − Guiraud (P.). Le Jargon de la Coquille. Cah. Lexicol. 1967, t. 11, pp. 54-55. − Mat. Louis-Philippe 1951, p. 280. − Murlett (W.). Literaturblatt für germanische und romanische Philologie. 1921, t. 42, pp. 322-323. − Neuville. Les Traditions à travers le vocab. de St-Cyr. R. de l'Éc. de St-Cyr. 1974. − Sain. Sources t. 2 1972 [1925], p. 95.
-ARD, -ARDE, suff.
I.− Suff. péj. formateur d'adj. ou de subst. qualifiant ou désignant des personnes.
A.− La base est un subst., un ethnique ou un nom propre de pers.
1. La base est un subst. souvent arg. ou fam. désignant une chose concr.
− Le dér. est adj. et subst. :
bâtard, -
béquillard, -
binoclard, -
cabochard, -
paillard, -
pantouflard, -
pochard, -
poissard (sur poix),-
roublard (sur rouble),-
soiffard .-
− Le dér. est uniquement subst. :
briscard, -
camisard, -
clochard, -
coquillard, -
cornard, -
frocard, -
mouchard, -
potard, -
thésard .-
Rem. 1. Souvent, dans ces mots la base n'est pas sentie. 2. Quant à bâtard, on peut se demander s'il est bien formé sur bât. Noter aussi, avec valeur péj. de -ard, des mots où la base n'est plus directement discernable en fr. mod. : cafard (adaptation de l'ar. kafir), couard (de l'a.fr. coue « queue »), gniard (« enfant », a.fr. niart, sur niais), moutard (cf. le lyonnais mote « petit garçon »), soudard (réfection de soudoier, par changement de suff.).
− Ce type est productif :
chéquard .Terme péj. désignant les journalistes et parlementaires impliqués dans le scandale de Panama; (qui) le premier, si courageusement a dénoncé les chéquards (Barrès, Mes cahiers, t. 1,1896, p. 61)
chosard .Terme formé p. plaisant. sur le modèle de républicain, signifiant « partisan de la chose (publique) »; faites renverser la chose publique par un chosard de la chose (A. France, L'Île des pingouins,1908, p. 215).
galonnard .(Ils) doivent être tout ce qu'il y a de plus « anti » et galonnards (Proust, Sodome et Gomorhe,1922, p. 885).
justiciard .« Terme désignant les gens de justice »; [les médailles] c'est le goût de presque tous les justiciards (Balzac, Splendeurs et misères des courtisanes,1847, p. 396).
lorgnonard .(Un) ahuri lorgnonard, à teint de cloporte (Montherlant, Les Bestiaires,1926, p. 532).
2. La base est un subst., gén. arg., désignant un défaut moral :
cagnard (de l'a. fr. cagne « paresse »),-
cossard, -
déveinard, -
flemmard, -
froussard, -
goguenard (de l'a.fr. gogue « réjouissance »),-
peinard, -
veinard -
3. La base est un subst., un élément de syntagme, un nom propre, plus rarement un sigle, désignant une réalité sociale ou pol. :
blocard (sur Bloc des gauches),-
bondieusard, -
cagoulard (sur La Cagoule),-
cyrard (sur Saint-Cyr),-
dreyfusard (et dér. antidreyfusard),-
lignard (sur Infanterie de ligne),-
quarante-huitard, -
smicard, smigard (sur les sigles S.M.I.C., S.M.I.G.),-
sorbonnard -
4. La base est un ethnique ou un subst. désignant un lieu.
− Le dér. est adj. et subst. :
briard, -
campagnard, -
chamoniard, -
montagnard, -
savoyard, -
tignard -
− Le dér. est uniquement subst. :
bagnard, -
banlieusard, -
broussard, -
maquisard, -
pistard, -
salon(n)ard,(salonard, salonnard) -
taulard outôlard -
B.− La base est un adj.
1. -ard s'ajoute à la base.
− Le dér. est adj. et subst. :
chicard, -
con(n)ard,(conard, connard) -
faiblard, -
gueusard, -
nullard, -
patriotard, -
rossard, -
vachard -
− Le dér. est uniquement subst. :
vieillard -
− Ce type est productif :
flicard .(Un) flicard trissa derrière le truand (Queneau, Loin de Rueil,1944, p. 64)
ganachard .Ton vieux ganachard (Flaubert, Correspondance,1869, p. 411)
gouapard .Une voix gouaparde de parisien (Dorgelès, Les Croix de bois,1919, p. 173)
philosophard .(Les) philosophards allemands (Bloy, Journal,1893, p. 86).Adj. Sa prose prétentieuse, philosopharde (Romains, Les Hommes de bonne volonté,Le 6 octobre, 1932, p. 159)
2. -ard commute avec un autre suff. ou une finale /-eux :
chançard ;-
/-in : poupard ;-
/-iste : communard ;-
/-on : mignard, -
poupard; -
/-ond : furibard ;-
/-et : rondouillard; -
/-us : camard; -
/-aud : soûlard; -
tubard sur tuberculeux.
− Ce type est productif :
foirard .(Le) chat qui était foirard (Queneau, Pierrot mon ami,1942, p. 92)
prétentiard .(Un) ton bien prétentiard (Queneau, Loin de Rueil,1944, p. 174).Subst. (cf. Queneau, Exercices de style, 1947, p. 170)
pudibard .C'est un président très « pudibard » (E. et J. de Goncourt, Journal,1891, p. 22)
Rem. Noter aussi, qualifiant un subst. de l'inanimé : guenillard, (le) salon est guenillard (Amiel, Journal intime, 1866, p. 384).
C.− La base est un verbe (le plus souvent, le dér. en -ard est en concurrence avec un dér. en -eur).
− Le dér. est adj. et subst. :
babillard, -
bataillard, -
braillard, -
capitulard, -
cumulard, -
criard, -
combinard, -
débrouillard, -
démerdard, -
flanchard, -
geignard, -
gueulard, -
musard, -
nasillard, -
paniquard, -
piaillard, -
pillard, -
pleurard, pleurnichard, -
revanchard, -
rigolard, -
traînard, -
vantard, -
vasouillard -
Rem. La base peut n'être plus sentie : bavard sur bave « bavardage »; égrillard, peut-être de l'a.fr. esgriller « glisser »; papelard (a.fr. paper « manger »).
− Le dér. est uniquement subst. :
chauffard, -
chiard, -
clochard (sur clocher « boiter »),-
crevard, -
fêtard, -
fuyard, -
grognard, -
pendard, -
scribouillard -
− Noter, en concurrence avec des termes en -eur, et, plus except., avec des part. prés. :
amusard .− C'est un « amusard » (...). Il sera encore là, à trois heures du matin (Alain-Fournier, Le Grand Meaulnes,1913, p. 118).Adj. (Alain-Fournier, Correspondance [avec J. Rivière], 1911, p. 282)
bafouillard .Prêtre bafouillard, bredouillard, ventrouillard, /etc./ (Bloy, Journal,1903, p. 324);il en était tout déconcerté, tout ému, tout bafouillard (Céline, Mort à crédit,1936, p. 285)
batifolard .Maquignon cossu et batifolard (Bloy, La Femme pauvre,1897, p. 229)
blagard .Ironie blagarde (E. et J. de Goncourt, Journal,1886, p. 547)
cafouillard , subst.(Les) cafouillards obsédés (Céline, Mort à crédit,1936, p. 400).Adj. (Céline, Mort à crédit, 1936, p. 340)
dynamitard .Cette archiconfrérie des dynamitards (Bloy, Journal,1892, p. 65)
grelottard .(Fiamina) était « grelottarde » (Gyp, Souvenirs d'une petite fille,1927, p. 229)
hâblard .La même horde lourde, bouseuse, titubante d'un bobard à l'autre, hâblarde toujours, trafiqueuse, malveillante, agressive entre deux paniques (Céline, Voyage au bout de la nuit,1932, p. 427)
mangeard .Certaine femme dangereuse pour le bon sujet, la « mangearde » que redoute le bourgeois pour son enfant (Flaubert, La 1reÉducation sentimentale,1845, p. 185)
songeard .Avec votre façon songearde, vous seriez chez John-Bull in vitam aeternam, que vous ne verriez rien (Chateaubriand, Mémoires d'Outre-Tombe,t. 1, 1848, p. 521);le mot existait en a. fr., cf. Gdf.)
II.− Suff. formateur de subst. désignant des animaux ou de subst. de l'inanimé.
(qui) le premier, si courageusement a dénoncé les chéquards (Barrès, Mes cahiers, t. 1,1896, p. 61)faites renverser la chose publique par un chosard de la chose (A. France, L'Île des pingouins,1908, p. 215).(Ils) doivent être tout ce qu'il y a de plus « anti » et galonnards (Proust, Sodome et Gomorhe,1922, p. 885).[les médailles] c'est le goût de presque tous les justiciards (Balzac, Splendeurs et misères des courtisanes,1847, p. 396).(Un) ahuri lorgnonard, à teint de cloporte (Montherlant, Les Bestiaires,1926, p. 532).(Un) flicard trissa derrière le truand (Queneau, Loin de Rueil,1944, p. 64)Ton vieux ganachard (Flaubert, Correspondance,1869, p. 411)Une voix gouaparde de parisien (Dorgelès, Les Croix de bois,1919, p. 173)(Les) philosophards allemands (Bloy, Journal,1893, p. 86).Sa prose prétentieuse, philosopharde (Romains, Les Hommes de bonne volonté,Le 6 octobre, 1932, p. 159)(Le) chat qui était foirard (Queneau, Pierrot mon ami,1942, p. 92)(Un) ton bien prétentiard (Queneau, Loin de Rueil,1944, p. 174).C'est un président très « pudibard » (E. et J. de Goncourt, Journal,1891, p. 22)− C'est un « amusard » (...). Il sera encore là, à trois heures du matin (Alain-Fournier, Le Grand Meaulnes,1913, p. 118).Prêtre bafouillard, bredouillard, ventrouillard, /etc./ (Bloy, Journal,1903, p. 324);il en était tout déconcerté, tout ému, tout bafouillard (Céline, Mort à crédit,1936, p. 285)Maquignon cossu et batifolard (Bloy, La Femme pauvre,1897, p. 229)Ironie blagarde (E. et J. de Goncourt, Journal,1886, p. 547)(Les) cafouillards obsédés (Céline, Mort à crédit,1936, p. 400).Cette archiconfrérie des dynamitards (Bloy, Journal,1892, p. 65)(Fiamina) était « grelottarde » (Gyp, Souvenirs d'une petite fille,1927, p. 229)La même horde lourde, bouseuse, titubante d'un bobard à l'autre, hâblarde toujours, trafiqueuse, malveillante, agressive entre deux paniques (Céline, Voyage au bout de la nuit,1932, p. 427)Certaine femme dangereuse pour le bon sujet, la « mangearde » que redoute le bourgeois pour son enfant (Flaubert, La 1reÉducation sentimentale,1845, p. 185)Avec votre façon songearde, vous seriez chez John-Bull in vitam aeternam, que vous ne verriez rien (Chateaubriand, Mémoires d'Outre-Tombe,t. 1, 1848, p. 521);A.− Le suff. n'a pas une valeur péj.
1. Le dér. désigne un animal.
a) La base est un subst. désignant un animal :
busard . (cf. a.fr. bu(i)son, d'où aussi la forme buisard notée par Littré) « Oiseau rapace diurne »
malard . (sur mâle)« Région. Canard mâle »
mulard . (par changement du suff. de mulet) « Hybride du canard commun et du canard musqué »
têtard . (sur tête) « Larve de batracien »
− Le dér. désigne le petit d'un animal ou un jeune animal :
chevrillard . (sur chevrette)« Faon de la chevrette » (Littré);
pouillard . (de l'a.fr. pouil « coq »)« Jeune perdreau » .
Rem. Pour -ard formateur de subst. désignant le petit de l'animal désigné par la base, cf. infra, hist.. B 1.
b) La base est un subst. concr.
bécard oubeccard . (sur bec)1. Variété de saumon au museau allongé. 2. Nom donné au brochet d'une certaine taille
brocard . (sur broque var. de broche désignant les bois de l'animal) « Cerf, chevreuil d'un an »
épaulard . (sur épaule)« Dauphin des mers du Nord à nageoire dorsale haute et pointue »
grisard .(sur gris) 1. Blaireau. 2. Goéland
c) La base est un verbe :
broutard .(sur brouter)« Veau qu'on laisse brouter (au lieu de le nourrir au lait) »
canard . (sur caner « caqueter ») « Oiseau palmipède »
guignard . (sur guigner)« Nom de petits échassiers... » .
Rem. Noter aussi, charognard désignant une variété de vautour, employé également au fig. avec une valeur péj. et tocard, mot arg. désignant un mauvais cheval, pris également au fig.
2. Le dér. désigne une chose.
− Au masc. :
billard (sur bille),-
brancard (sur branque, forme nom. de branche),-
brassard (sur bras),-
brouillard (p. chang. du suff. de brouillas, xiiies., de broue ou brouée) « brume » ,
brouillard (par chang. du suff. de brouillon, xvies., de brouiller),« livre de commerce »
buvard (sur boire),-
corbillard (sur Corbeil),-
cuissard (sur cuisse),« partie d'armure »
dossard (sur dos),-
feuillard (sur feuille),-
étendard (senti comme dér. de étendre),-
flambard (sur flamber) « charbon à demi consumé »,
grisard (sur gris) 1. Peuplier blanc. 2. Grès ,
gueulard (sur gueule),-
milliard (par chang. du suff. de million),-
œillard (sur œil) « œil d'une meule... »,
oreillard (sur oreille) « oreille d'un fauteuil... » ,
pétard (sur péter),-
placard (sur plaquer),-
puisard (sur puits),-
reniflard (sur renifler) « soupape de chaudière à vapeur »,
rifflard (de rifler; le sens arg. « parapluie » a pour orig. un nom de personnage),-
soufflard (de souffler) « jet de vapeur d'eau dans une région volcanique »,
tortillard (sur tortiller),-
vasard (sur vase) « fond de sable mêlé de vase »
Rem. Noter aussi ds Littré : bard, bêchard, boîtard, bousard, couillard, faucard, hachard, luisard, meulard, molard (sur meule), tisard; ds Pt Rob. : nasard, pelard, plantard.
− Au fém. :
bombarde (sur bombe); -
bouffarde ( du rad. de bouffée)« grosse pipe à tuyau court » ;
cuissarde « botte couvrant toute la jambe »;
moutarde (sur moût); -
nasarde, (du rad. lat. de nez)vx ou littér. « chiquenaude sur le nez » ;
souillarde, (de l'a.fr. souillard « malpropre », sur soil)région. « Baquet à lessive. Arrière-cuisine »
B.− Le dér. est un mot arg. dans lequel -ard a gén. une valeur dépréciative :
bobard (de bob, d'orig. onomat., cf. a.fr. bobeau)« mensonge »;
bobinard (peut-être de Bobino) « café-concert d'ordre inférieur » ou « maison de tolérance »;
coquard (sur coque)ou coquart« tuméfaction sur l'œil »;
costard (par substitution de -ard à la finale de costume) « costume »;
fendard (sur fendu)« pantalon »;
mollard (du rad. de moelle, moelleux) « crachat »;
pinard (var. pop. de pineau)« vin »;
plumard (sur plume) « lit »;
sauciflard « saucisson »;
traquenard (du rad. de traquer) « piège »;
trimard (sur trimer) « route, chemin »
Rem. Noter aussi panard « pied ».
PRONONC. − D'apr. Fouché Prononc. 1959, p. 413, le groupe -rd se prononce toujours [ʀ].
ÉTYMOL. ET HIST. I.− Étymol. − Dep. que Diez en a formulé l'hyp., les grammairiens (p. ex. Darm. 1877, p. 89, Nyrop t. 3 1936, p. 173, Rohlfs t. 3 1954, p. 319, Wolf 1964, pp. 66-67) s'accordent en gén. à faire remonter le suff. -ard à l'adj. all. hart « dur, fort » qui, pendant la période de l'a.h.all., est entré, comme 2eélément, dans la compos. de n. propres tels Adal-hart (fr. Alard), Bern-hart (fr. Bernard), Ger-hart (fr. Gérard), Regin-hart (fr. Renard), Rîc-hart (fr. Richard)... désignant des individus qui possèdent à un haut degré (hart) la caractéristique contenue dans le rad. (Adalhart « de grande noblesse »). Apr. les invasions germ., ces n. propres seraient passés en fr. et leur termin. se serait ensuite étendue aux n. communs, peut-être par l'intermédiaire de surnoms (du type le bastard) ou de n. propres devenus n. communs (type Renard, désignant le goupil dans le Roman de Renart). II.− Histoire A.− L'existence d'un suff. -ard à valeur augm., intensive, le plus souvent péj., formateur d'adj. se rapportant à l'homme, est très ancienne. 1. Adj. formés à partir de subst. concr. : bastard (1086 < lat. bastardus 1010), cuard (ca 1100 Chans. Rol. et var. en -art), gaillard (ibid.), paillard (1200), poupard (1200). Cf. aussi ds Gdf. : dentard, gifart, gueulard, jambart, moflart, narinart, pansart, têtart. 2. Adj. formés à partir d'un verbe : musard (1086), robart (1226), engignart (xiiies.), grognard (xiiies.), papelard (xiiies.). Le suff. tend à s'accoler princ. à des rad. déjà péj. par eux-mêmes. Cf. aussi ds Gdf. : attrapart, grondart, hognart, jasart, louchart, rechignart, rouart, trichart. Cependant il s'accole aussi à des bases de valeur neutre. Cf. ds Gdf. : dormart, espérart, frétillart, lisart, mangeart, songeart. Rem. En a.fr. -ard est souvent proche de -eur : pendart a désigné au xives. « le bourreau, celui qui pend » av. de prendre son sens actuel. 3. Dér. en -ard à partir d'adj. a) -ard s'ajoute à une base adj. En a.fr. on note : vieillard (1155) intensif (?) de vieil. Jobard est beaucoup plus tardif (1547). Gdf. note aussi : lourdard, niart, sotart, et Hug. : finart. Rem. Noter aussi, au lieu de -âtre, ds Gdf. : blanchard et grisard. b) -ard commute avec un suff. ou une finale adj. Le procédé est plus tardif : mignard (1418), camard (1534). En fr. mod., il est très productif. B.− -ard, suff. de subst. désignant des animaux ou de subst. de l'inanimé. 1. Le dér. est formé directement sur un subst.; -ard a eu une valeur augm. La base désigne des choses concr.; -ard fonctionne comme les suff. servant à former des n. d'instruments et comme augm. : faucard (xiies.), billard (1399 « bâton pour pousser les boules »), boîtard (1320), feuillard (xives.), gueulard (1395), œillard (1554), etc. Rem. En a. et m.fr. le dér. a désigné − comme -at − le petit de l'animal désigné par la base : bichart (biche), cornillart (concurremment avec cornillat), louvard (concurremment avec louvat), piart (concurremment avec piat, sur pie). Sur ce modèle ont été formés caillard (1852), chevrillard (1740), pouillard (1875). 2. La base est un verbe : flambard (1285), pétard (1495), placard (1410). 3. Le subst. est formé à partir d'un adj. en -ard, disparu en fr. contemp. : grisard (1351), a.fr. grisard « grisâtre »; têtard (< a.fr. testart 1303 « têtu » puis « à grosse tête »); oreillard (xviies.). Il semble que beccard (1540), brocard (1466, sur broque), daguard (xvies.) et épaulard (Lar. 20e) ont été formés sur ce modèle. Parfois, on est en présence de 2 subst., l'un au masc., l'autre au fém. : cocarde (1530) et coquart (1883) < a.fr. coquard/-t gaillard (1753) et gaillarde (xves.) < a.fr. gaillard « fort »; souillard (1842) et souillarde (1836) < a.fr. souillard « malpropre ». 4. -ard s'est substitué à un autre suff. ou à une finale. − À -al : brancard (a.fr. brancal < prov. brancal), brassard (prov. brassal < ital. bracciale), poignard (a.fr. poignal < lat. pugnalis). − À -on : brouillard « livre de compte », sur brouillon; milliard, sur million. − À -as : brouillard, sur brouillas. − À -at : brocard « tissu » (a.fr. brocat < ital. broccato); foulard < prov. foulat; cf. aussi supra 1 rem. : cornillart, louvard, piart. III.− Étude des finales de -ard/-arde, -art/-arte A.− Le mot est un subst. inv. en genre. 1. -ard [aʀ]. Le mot est un subst. masc. a) -ard a pour orig. une finale en -ardu(m), -ardo. − Animaux : chat-pard, guépard, léopard (< lat. pardus). − Subst. de l'inanimé : dard (ca 1100 < lat. dardu(m)), lard (xiies. < lat. lardu(m)), nard, xves., d'abord narde (1213 < lat. nardu(m) genre fém.). b) -ard est une adaptation de diverses finales, gén. en [ʀ]. − Personnes : boyard (1415 < russe boyar), hussard (1605 < all. Husar, du hongr. huszar), sagard « Dans les Vosges, scieur... » (1876 < all. Säger). − Animaux : balbuzard (1676 < angl. baldbuzzard), homard (houmar 1532 < dan. hummer), isard (1387, d'un mot ibér.), lézard (a.fr. lazert < lat. lacertu). − Subst. de l'inanimé : bézoard (bezar, 1314 < port. bezuar, mot d'orig. persane), blizzard (1888, mot amér.), bocard (1714, altération de bocambre < all. Pochhammer), boulevard (1327 boulever < m.néerl. bolwerc), fayard (fayan au xvies., < lat. fageus), épinard (espinarde 1256; var. espinach, espinoch < esp. espinaca), hasard (xiies. < ar. az-zahr), patard (pastar xvies., mot prov. < esp. pastaca), ringard (1731 < all. Rengel). c) Le mot est à l'orig. un n. propre : − Animaux : renard. − Subst. de l'inanimé : bénard, jacquard, pommard. Rem. Renard a un fém. renarde bien attesté. d) Le mot est un déverbal : chambard, égard (< a.fr. esguarder), fard, regard. Rem. La finale des mots en -ard se prononce [aʀ] sauf pour steward [stiwaʀt], horse-guard [ɔ ʀsg(w)aʀd] et yard [jaʀd], mots anglais d'introd. relativement récente. 2. -arde [aʀd]. Le mot est un subst. fém. a) -arde a pour orig. une finale en -arda, -ardo. − Animaux : outarde (xives. < lat. avis tarda). − Subst. de l'inanimé : carde (xiiies., prov. carda < lat. cardus), hallebarde (< ital. alabarda), guimbarde (1625 < prov. mod. guimbardo). b) -arde est une adaptation de finales d'orig. francique : écharde (escherde, xiies. < frq. *skarda), harde (herde, xiies. < frq. *herda). c) Le mot est à l'orig. un n. propre : bénarde, mansarde. d) Le mot est un déverbal : garde, mégarde, sauvegarde. Rem. Qqs. subst. sont du genre masc. : barde (1512 < lat. médiév. bardus), garde (de garder) et les composés sav. en -carde tels que endocarde, myocarde. 3. -art [aʀ]. Le mot est un subst. de l'inanimé, gén. du genre masc. a) -art a pour orig. un mot lat. : art (< ars, artis), essart (xiies. < b.lat. exsartu(m)), quart (xives. < quartu(m)). b) -art est une adaptation de diverses finales : braquemart (1411, bragamas 1392, altération de bergamasco, ou plus prob. emprunt du néerl. breecmes « coutelas »), dog-cart (1858, mot angl.), épart ou épar (esparre 1175 < germ. sparro), hansart (xiiies. < germ. hand seax), rohart (roal 1180 < anc. norrois hrosshval), standard (1817, mot angl.). c) Le mot est à l'orig. un n. propre : savart. d) Le mot est un déverbal : départ, écart, encart, rempart. Rem. 1. Deux subst. en -art sont du fém. : hart « lien » (xiies. < frq. *hard « filasse ») et part (842, de suo parte); art jusqu'au xviies. admettait l'un ou l'autre genre. 2. Les mots en -art se prononcent [aʀ], sauf fart (1907, mot norv.) qui se prononce tantôt [faʀ], tantôt [faʀt]. 4. -arte [aʀt]. Le mot est un subst. fém. : carte, charte (< lat. charta), marte, var. de martre (frq. *marthor, cf. all. Marder), tarte (variante de tourte due à l'influence du lat. médiéval tartarum). B.− Adj. variable en genre − -ard . Ethniques : bragard, lombard, picard. . Autres adj. : blafard (xives. < m.h.all. bleichwar), hagard (1398 < m.h.angl. hagger « sauvage »). Rem. Noter standard et sarde, adj. inv. en genre. − -art : quart « quatrième » (ca 1100 < lat. quartus).
BBG. − Berman (P. R.). Derivational models in French choreonyms before 1588. Rom. Philol. 1970, t. 23, p. 297. − Cohen 1946, p. 66. − Darm. 1877, p. 88. − Dub. Dér. 1962, passim. − Fichtner (E. G.). The Etymology of goliard. Neophilologus. 1967, t. 51, pp. 231-232. − Glaser (K.). Le Sens péj. du suff. -ard en fr. Rom. Forsch. 1910, t. 27, pp. 932-983. − Goug. Lang. pop. 1929, pp. 140-141. − Lew. 1960, passim.
Rem. Noter aussi, qualifiant un subst. de l'inanimé : guenillard, (le) salon est guenillard (Amiel, Journal intime, 1866, p. 384).
Rem. Pour -ard formateur de subst. désignant le petit de l'animal désigné par la base, cf. infra, hist.. B 1.
Rem. Noter aussi, charognard désignant une variété de vautour, employé également au fig. avec une valeur péj. et tocard, mot arg. désignant un mauvais cheval, pris également au fig.
Rem. Noter aussi panard « pied ».
Wiktionnaire
Français
Source : Wikitionnaire
Nom commun
| Singulier | Pluriel |
|---|---|
| coquillard | coquillards |
| \kɔ.ki.jaʁ\ | |
coquillard \kɔ.ki.jaʁ\ masculin
- (Vieilli) Mendiant dont les vêtements étaient ornés de coquilles et qui se faisait passer pour un pèlerin de Saint-Jacques de Compostelle.
- Il n’est point certes ici question du jargon des coquillards et des gueux qui, depuis fort longtemps, n’a plus cours parmi la pègre, mais de la langue verte dans sa pleine saveur. — (Francis Carco, préface de L’Argot du « milieu » de Jean Lacassagne et Pierre Devaux, édition de 1948, page IX)
- (Vulgaire) Anus.
- Je ne suis pas dépendant de ma femme ! Je m’en fiche ! Je m’en fous ! Je m’en tape ! Je m’en frappe ! Je m’en cloque le coquillard, de ma femme. — (Michel Couvelard, Une vie de Château, éditeur Fayard, 2008)
- (Argot) Œil.
- S’en tamponner le coquillard, s’en battre l’œil.
- (Pêche) Bateau pratiquant la pêche à la drague pour remonter des coquillages.
- Mercredi, un coquillard qui pêchait au large de Boulogne a été dérouté par la gendarmerie maritime vers le port. — (« Un coquillard bercko-boulonnais dérouté par la gendarmerie », La Voix du Nord, 16 octobre 2009)
Adjectif
| Singulier | Pluriel | |
|---|---|---|
| Masculin | coquillard \kɔ.ki.jaʁ\
| coquillards \kɔ.ki.jaʁ\ |
| Féminin | coquillarde \kɔ.ki.jaʁd\ | coquillardes \kɔ.ki.jaʁd\ |
coquillard \kɔ.ki.jaʁ\
- Relatif à La Coquille, commune française située dans le département de la Dordogne.
- Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
- Qui pratique la pêche au coquillage.
- Les principaux ports coquillards sont Granville dans la Manche, Grandcamp. Port-en-Bessin et Villers-sur-Mer dans le Calvados. — (Gérard Boutet, La France en héritage : dictionnaire encyclopédique : métiers, coutumes, vie quotidienne, éditeur Perrin, 2007)
- De la part des deux Anglo-Normands, c’est une attitude bizarre car dans cette région de pêche côtière et coquillarde, non seulement les garde-pêche de sa « so gracious Queen » mais encore les marins pêcheurs eux-mêmes sont très sourcilleux quant à la dimension, au huitième de pouce près, des mailles des filets français ou du diamètre des coquilles. — (Claude Grand, Douze Histoires d’eau salée, Ancre de Marine Éditions, 2006)
- Dont la forme rappelle celle d’une coquille.
- Des ignares avaient taillé en pointe ses oreilles coquillardes, et sa queue au ras du derrière. Mais jamais chienne ou femme au monde ne reçut, pour sa part de beauté, des yeux comparables à ceux de la Toutouque. — (Sidonie-Gabrielle Colette, La Maison de Claudine, Hachette, 1922, collection Livre de Poche, 1960, page 86)
Étymologie de « coquillard »
- (Date à préciser) Dérivé de coquille, avec le suffixe -ard. Dès le XIVe siècle au moins, coquille est assorti de connotations scatologiques, sexuelles et renvoie à l’« anus », ou aux sexes humains. Les mêmes sous-entendus scabreux sont associés au mot œil. Il y a donc un triple jeu d’associations, d’allusions et de remotivations entre ces différents sens.
Phonétique du mot « coquillard »
| Phonétique | Prononciation | |
|---|---|---|
| La prononciation \kɔ.ki.jaʁ\ rime avec les mots qui finissent en \aʁ\. | ||
| France (Vosges) : écouter « coquillard » |
|
Fréquence d'apparition du mot « coquillard »
Source : GoogleTraductions du mot « coquillard »
| Langue | Traduction |
|---|---|
| English | coquillard |
| German | coquillard |
| Spanish | coquillard |
| Portuguese | coquillard |
| Italian | coquillard |
| Dutch | coquillard |
| Polish | coquillard |
| Russian | кокильяр |
Citations sur le mot "coquillard"
Le voyage est court pour un coquillard.
Proverbe français
On m'a dit que j'étais un coquillard, un alcoolique qui écrit quand il est saoul.
Charles Bukowski
Le coquillard devient laid quand on le réduit au point de vue sentimental.
Henri-Frédéric Amiel