Coquille

subst fém

Définitions de « coquille »

Trésor de la Langue Française informatisé

COQUILLE, subst. fém.
A.− Enveloppe.
1. Enveloppe calcaire de mollusque.
a) Enveloppe dure des mollusques testacés (escargots, etc.), des brachiopodes et de quelques vers :
1. ... il est assez probable que dans le progrès de l'accroissement du mollusque et de sa coquille, selon le thème inéluctable de l'hélice spiralée, se composent indistinctement et indivisiblement tous les constituants que la forme non moins inéluctable de l'acte humain nous a appris à considérer et à définir distinctement : ... Valéry, Variété V,1944, p. 32.
Rem. 1. Pour parler d'huîtres, écaille s'employait autrefois de préférence à coquille. 2. Dans l'Antiquité, on inscrivait sur une coquille ou un tesson de poterie semblable à une coquille le nom de celui que l'on voulait bannir. Là, le grand homme injustement condamné écrivoit son nom sur la coquille ou buvoit la ciguë (Chateaubr., Essai Révol., t. 1, 1797, p. 177).
P. métaph.
Maison, intérieur. J'ai remarqué une logique énorme, une corrélation intime, presque chez tous, entre l'habitant et la coquille, l'homme et le milieu (Goncourt, Journal,1862, p. 1174).
Enveloppe extérieure protégeant la personnalité. Ah! pourquoi ne peut-on pas briser cette transparente et dure coquille qui nous enferme chacun seul avec soi? (Beauvoir, Tous hommes,1946, p. 57).
Expr. fig. Se renfermer, se retirer dans sa coquille. On sent, lorsqu'il en laisse échapper quelque chose, avec quelle joie il se renfermait dans sa coquille, comme ces insectes qui se cachent à l'approche de l'homme (Musset, Le Temps,1831, p. 143).
b) Spécialement
ARCHÉOL. Enveloppe de ces mollusques à l'état fossile ou son empreinte. Coquille fossile. Les fossiles mêmes (...) que l'on trouve par couches au dessous de la terre végétale, tels que (...) les bancs de coquilles (Bern. de St-P., Harm. nat.,1814, p. 237).
BLAS. Figure d'armoiries représentant une coquille.
Rem. Attesté ds Besch. 1845, Lar. 19e-Lar. encyclop., Littré, Guérin 1892, Quillet 1965 et ds Adeline, Lex. termes art, 1884.
GASTR. Coquille St-Jacques (p. réf. aux coquillages portés par les Pèlerins de St-Jacques-de-Compostelle). Coquillage du genre peigne consommé dans sa coquille; la coquille elle-même. Elle envoya chercher un de ces gâteaux courts et dodus appelés petites madeleines qui semblent avoir été moulés dans la valve rainurée d'une coquille de Saint-Jacques (Proust, Swann,1913, p. 45).
P. méton. Mets (composé de viandes blanches, poisson, champignons, etc. liés par une sauce béchamel) consommé dans une coquille (généralement une coquille St-Jacques). Les « coquilles aux champignons » du café de « Chartres » (Jouy, Hermite,t. 2, 1812, p. 236).
PAPETERIE
Papier portant (à l'origine) la marque d'une coquille. La fabrication d'Angoulême s'occupait alors presque uniquement des papiers à écrire dits écu, poulet, écolier, coquille, qui, naturellement, sont tous collés (Balzac, Illus. perdues,1843, p. 744).
Format de ce papier, 44 cm X 56 cm (d'apr. Lar. 20e). Le format « coquille » des pierres lithographiques employées dans le commerce est de : 49 X 59 centimètres (Chelet, Manuel lithogr.,1933, p. 25).
2. Enveloppe calcaire rigide de l'œuf, en particulier lorsqu'elle est vide. (Quasi-)synon. coque.Voir (...) un petit monstre sortir d'une coquille comme un poussin (Chateaubr., Génie,t. 1, 1803, p. 203).Cinq ou six petites maximes qui (...) tiendraient ensemble dans une coquille d'œuf (Quinet, Ahasverus,1833, 3ejournée, p. 227).
Coquille d'œuf. P. méton. (adj. inv.). Couleur d'une coquille d'œuf, jaune très pâle. (Attesté ds Pt Rob., Lar. Lang. fr.).
Expr. fig., p. iron., fam. [À propos d'un adolescent, p. réf. au poussin sortant de l'œuf couvé] Sortir de sa coquille. Sortir de l'enfance, être très jeune, sans expérience. Un lycéen, qui sort de sa coquille, Tout triomphant, Dans ses bras m'étouffant, De me faire un enfant Me proteste qu'il grille (Béranger, Chans.,t. 1, Bonne fille ou Mœurs du temps, 1829, p. 41).
3. P. ext. Enveloppe ligneuse, dure, de certains fruits ou semences :
2. Quant aux fruits qui viennent au sommet des grands arbres, ils sont, pour l'ordinaire, revêtus de coques dures et d'enveloppes molles ou élastiques, dont l'épaisseur est proportionnée à leur volume. Ainsi, la noix est revêtue de ses coquilles et de son brou; ... Bernardin de Saint-Pierre, Harmonies de la nature,1814, p. 95.
Au fig. Coquille (de noix). Petite embarcation. Napoléon met le pied sur une coquille de noix, un petit navire de rien du tout qui s'appelait La fortune (Balzac, Méd. camp.,1833, p. 175).
B.− [P. anal.]
1. [P. anal. de forme] Chose ayant ou rappelant la forme d'une coquille, le plus souvent de mollusque. Mains en coquille. Et c'était à qui le mangerait de baisers, cet agnelet, bavant comme un limaçon, sur ses molles coquilles de coton et de laine (Cladel, Ompdrailles,1879, p. 133).Une feuille séchée, qui tombait, coquille d'or rouge où restait une goutte de pluie (A. France, Lys rouge,1894, p. 329):
3. ... l'ovale du visage, bien éclairé par la lumière crème qui filtrait à travers la porcelaine du globe, s'encadrait à la perfection dans la chevelure noire, dont les tresses étaient roulées en coquilles sur les oreilles. Daniel-Rops, Mort, où est ta victoire?1934, p. 23.
Spécialement
a) ARCHIT. Voûte formée par l'assemblage des marches d'un escalier en colimaçon. Il le prit par le bras et l'entraîna dans la coquille de l'escalier (Ponson du Terr., Rocambole,t. 5, 1859, p. 304).
b) ARTS DÉCORATIFS et ARTS MÉN.
Récipient ayant la forme d'une coquille. Coquille de peintre. Une salière à deux coquilles que domine une figure de naïade assise (Grandjean, Orfèvr. XIXes. en Eur.,1962, p. 52).
En partic. Coquille d'œuf. Porcelaine japonaise ou chinoise de très faible épaisseur. Une fine porcelaine coquille d'œuf de la Chine (Goncourt, Journal,1889, p. 1026).
Partie creuse d'une fontaine, d'un bénitier. Plus bas un bénitier dans sa coquille ronde Garde un peu de cette eau que fuit l'esprit immonde (M. de Guérin, Poésies,1839, p. 89).
Ornement (en particulier d'une stèle ou d'une niche) taillé sur le contour d'un quart-de-rond et caractéristique du style Louis XV. Sur la façade, les fenêtres étaient surmontées de la coquille de Louis XV (A. France, Jocaste,1879, p. 15).
c) COUT. Dessin de broderie ornant certains articles. (Attesté ds Lar. encyclop.).
P. métaph. Si un merle avait gratté mon autel, (...) si quelque coquille s'était détachée du feston ou quelque fleur de la couronne (Sand, Hist. vie,t. 3, 1855, p. 27).
d) ART CULIN.
Petite quantité de beurre roulée en spirale. Aligner des coquilles de beurre dans le ravier (Martin du G., Thib.,Été 14, 1936, p. 572).
Boursouflure de la croûte du pain.
Rem. Attesté ds Besch. 1845, Lar. 19e-20e, Littré, Guérin 1892, DG, Rob., Quillet 1965.
e) MUS. Partie supérieure du violon enroulée en spirale. Le ménétrier allait en avant avec son violon empanaché de rubans à la coquille (Flaub., MmeBovary,t. 1, 1857, p. 30).
f) TYPOGR. Faute résultant de la substitution d'une lettre à une autre :
4. ... une revue parisienne venait de publier un de ses poèmes avec des fautes d'impression, coquilles aussi larges que des bénitiers, vastes comme la conque d'Aphrodite. A. France, Le Lys rouge,1894, p. 125.
Rem. Cet emploi anal. se rattache peut-être à l'accept. A 1 b spéc., gastr. coquille St Jacques (certains imposteurs faisaient le commerce de fausses coquilles, les coquilles St Jacques marquant l'accomplissement d'un pèlerinage à St Jacques-de-Compostelle); ou plus simplement à la forme que prend p. ex. une lettre renversée et comme retournée sur elle-même.
2. [P. anal. de forme et de fonction (de protection, de garantie, de bonne activation, etc.)]
a) ARM. Partie d'une arme blanche qui protège la main. Et ces épées dont la coquille est fouillée à jour comme une dentelle (Du Camp, Hollande,1859, p. 64).
Arg. Cuirasse :
5. ... le sourd lui détachait (...) toutes les pièces de son armure, (...) la cuirasse, les brassards. On eût dit un singe qui épluche une noix. Quasimodo jetait à ses pieds, morceau à morceau, la coquille de fer de l'écolier. Hugo, Notre-Dame de Paris,1832, p. 482.
P. ext., SP. Appareil de protection du bas-ventre porté par les boxeurs. Le footballeur prête sa culotte, le boxeur sa coquille, aussi simplement que le coureur prête ses souliers (Montherl., Olymp.,1924, p. 313).
b) CHIR. Plâtre amovible maintenant la colonne vertébrale.
Rem. Attesté ds Lar. encyclop., Quillet 1965, Pt Rob., Rob. Suppl. 1970, Lar. Lang. fr.
c) ART CULIN. Ustensile ouvert d'un côté et dans lequel on rôtit la viande. Je leur fis voir mon pot-au-feu économique, ma coquille à rôtir, mon tournebroche à pendule (Brillat-Sav., Physiol. goût,1825, p. 180).
d) MÉCAN. Pièce recouverte de métal, servant à guider et à supporter des organes tournants (d'apr. Alpha, Auto, t. 4, 1975). Une mince coquille d'acier se plaçant dans la tête de bielle (Chapelain, Cours mod. techn. automob.,1956, p. 48).
e) MÉTALL. Moule solide autour duquel on fait passer l'eau pour refroidir subitement le métal; chaque moitié d'un moule formé de deux parties. Le moule [d'un obus de rupture en acier coulé] se compose de trois parties : une coquille métallique pour l'ogive, une autre coquille de même nature pour le corps de l'obus, et enfin un moule en sable pour la masselotte (Ledieu, Cadiat, Nouv. matér. naval,1890, p. 81).
Coulage en coquille. Procédé de coulage utilisant ces moules. Le coulage en coquille donne au métal [bronze] plus d'homogénéité (Ledieu, Cadiat, Nouv. matér. naval,1890, p. 81).
Il [Pitault] nous enseignait comment on déjoue les ruses et la malveillance de la pierre, la fière et la franche, la rousse ou la coquilleuse (Arnoux, Juif Errant,1931, p. 154).Esprit coquilleux (cf. Nouv. Lar. ill., Lar. 20e; attesté aussi ds Littré, Guérin1892, Quillet 1965).
Prononc. et Orth. : [kɔkij]. Ds Ac. depuis 1694. Étymol. et Hist. 1. Ca 1170 au fig. corquille « chose de peu de valeur » (Richeut, 1125 ds Meon, Nouveau Rec., t. I, p. 73); d'où 1350 vendre ses coquilles à qqn (G. Le Muisit, Poésies, éd. Kervyn de Lettenhove, t. 2, p. 260 : Vos cokilles trop bien saviés à quy vendiés); 2. 1262-68 coquille « mollusque (l'animal et sa coquille) » (Brunet Latin, Trésor, I, 333, éd. F. J. Carmody, p. 130); d'où 1362 lat. médiév. coquilhia « objet en forme de coquille » (texte lat. ds Du Cange : coquilhia argenti); 1376 « id. » (Inventaire, ibid. : Coquille d'argent); 3. 1393 « enveloppe dure d'un animal » (Ménagier de Paris, éd. Soc. des Bibliophiles fr., t. 2, p. 152 : coquilles des escrevisses); 1393 « coquille d'œuf » ibid., t. 2, p. 68; 4. 1723 « faute typographique » (M. D. Fertel, La Science pratique de l'imprimerie, p. 194 ds IGLF). Du lat. vulg. *conchilia (neutre plur. pris comme fém. du lat. class. conchylium, lui-même empr. au gr. κ ο γ χ υ ́ λ ι ο ν) croisé avec coccum (v. coque et cagouille); le sens 4 s'explique peut-être par vendre ses coquilles « tromper » d'où coquille « erreur ». Fréq. abs. littér. : 1 099. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 1 953, b) 1 389; xxes. : a) 1 095, b) 1 603.
DÉR. 1.
Coquilleux, euse, adj.[En parlant d'un terrain, d'une roche] Qui contient des coquilles. Il [Pitault] nous enseignait comment on déjoue les ruses et la malveillance de la pierre, la fière et la franche, la rousse ou la coquilleuse (Arnoux, Juif Errant,1931, p. 154).P. métaph. Difficultueux. Esprit coquilleux (cf. Nouv. Lar. ill., Lar. 20e; attesté aussi ds Littré, Guérin1892, Quillet 1965). [kɔkijø], fém. [-jø:z]. 1resattest. a) av. 1607 « qui contient des coquilles » (Vauquelin, Past. s. le tomb. de Rouxel ds Gdf. Compl.) b) 1609 esprit coquilleux (François de Sales, Vie dévote, II, 20, ibid.); de coquille, suff. -eux*.
2.
Coquillettes, subst. fém. plur.Pâtes alimentaires en forme de coquilles. Un paquet de coquillettes; rôti de veau aux coquillettes (Rob. Suppl. 1970; attesté aussi ds Lar. Lang. fr. avec le même sens et ds Guérin 1892 avec le sens anc. de « petite coquille »). [kɔkijεt]. 1resattest. a) fin xiiies. « petite coquille » ici, hérald. (J. Bretel, Tournois Chauvency, 662 ds T.-L.), b) alim. début xxes.
BBG. − Dat. Amis Lex. fr. Lex. dern. 1975, no1, p. 2. − Gottsch. Redens. 1930, p. 85; pp. 125-127. − Goug. Mots t. 1 1962, p. 85. − Rog. 1965, p. 42, 201. − Sain. Arg. 1972 [1907], p. 7, 65, 191, 273. − Sain. Sources t. 1 1972 [1925], p. 107, 146; t. 2 1972 [1925], p. 95, 98. − Vincent (A.). Les N. d'objets creux comme n. de lieux. Mél. Dauzat (A.). Paris, 1951, pp. 385-396.
Source : CNRTL

Wiktionnaire

Français

Nom commun 1

Singulier Pluriel
coquille coquilles
\kɔ.kij\
Coupe de coquille de nautile
La coquille d’un pigeon.
Armoiries avec une coquille (sens héraldique)
La coquille (19) d’une tombe chrétienne.

coquille \kɔ.kij\ féminin

  1. Enveloppe protectrice, dure et calcaire des œufs et de la plupart des mollusques.
    • Coquille d’œuf.
  2. Enveloppe protectrice de l’homme, protégeant la personnalité.
    • Ah! pourquoi ne peut-on pas briser cette transparente et dure coquille qui nous enferme chacun seul avec soi? — (Beauvoir, Tous hommes, 1946, page 57)
    • Se renfermer, se retirer dans sa coquille.
    • On sent, lorsqu’il en laisse échapper quelque chose, avec quelle joie il se renfermait dans sa coquille, comme ces insectes qui se cachent à l’approche de l’homme. — (Musset, Le Temps, 1831, page 143)
  3. Fossile d’une coquille de mollusque.
    • Les fossiles mêmes […] que l’on trouve par couches au dessous de la terre végétale, tels que […] les bancs de coquilles. — (Bernardin de Saint-Pierre, Harmonies de la nature, 1814)
    • On voit dès lors qu'il n'est point indifférent de représenter une coquille d'une manière ou d'une autre, et qu'il importe au zoologiste ou au paléontologue de donner aux géologues des points de comparaison sur lesquels ceux-ci puissent s'appuyer pour reconnaître l'état des couches à l'instant où les êtres qui y sont enfermés ont été recouvert de nouveaux dépôts. — (« Quelques considérations sur la station normale comparative des coquilles bivalves », par Alcide d’Orbigny, séance du 6 mars 1843 de la Société géologique de France, dans le Bulletin de la Société Géologique de France, Paris, 1843, page 296)
    • La fromentelle est un calcaire jaunâtre, très-dur, coquillier, passant presque à la lumachelle. Les coquilles y sont tellement agrégées qu’il n’est guère possible d’en déterminer même le genre. — (Nicolas-Armand Buvignier, Statistique géologique, minéralogique, minérallurgique et paléontologique du département de la Meuse, Paris : J.-B. Baillière, 1852, page 390)
  4. Coque de noix, d’amandes, etc.
    • Quant aux fruits qui viennent au sommet des grands arbres, ils sont, pour l’ordinaire, revêtus de coques dures et d’enveloppes molles ou élastiques, dont l’épaisseur est proportionnée à leur volume. Ainsi, la noix est revêtue de ses coquilles et de son brou. — (Bernardin de Saint-Pierre, Harmonies de la nature, 1814, page 95)
  5. (En référence au poussin sortant de l’œuf) Enfance.
    • Un lycéen, qui sort de sa coquille,
      Tout triomphant,
      Dans ses bras m’étouffant,
      De me faire un enfant
      Me proteste qu’il grille.
      — (Béranger, Chans., t. 1, Bonne fille ou Mœurs du temps, 1829, page 41)
    • Oh ! ce sera une excellente élève, maintenant qu’elle est sortie de sa coquille ! — (Colette Vivier, La maison des petits bonheurs, 1939, éd. Casterman Poche, page 267)
  6. (Ornithologie) Ensemble de plumes dressées en forme de coquille chez des pigeons.
  7. (Par extension) (Art) Objet en forme de coquille ou de conque marine.
    • Paire de flambeaux portant une coquille sur le binet, un ornement rocaille sur le fût, et des canaux tournants sur la cloche. — (Exposition rétrospective de l'art français au Trocadéro (catalogue), Paris : Impr. L. Danel, 1889, page 217)
  8. (Papeterie) Sorte de papier collé, dont la marque est une coquille.
    • David essaya de fabriquer une cuvée de pâte collée pour coquille, et il obtint un papier rêche comme une brosse, et où la colle se mit en grumeleaux. — (Honoré de Balzac, Illusions perdues, troisième partie : Les Souffrances de l’Inventeur)
  9. (Typographie) Erreur de typographie ; bourdon ; mastic.
    • […] ; partant, un bon compositeur fait rarement des bourdons, et le meilleur est sans contredit celui qui, outre qu’il ne laisse que peu de coquilles ou de fautes légères à corriger, n’est pas du tout bourdonniste. — (A. Frey, Nouveau manuel complet de Typographie, nouvelle édition revue, corrigée et augmentée par M. E. Bouchez, Manuels-Roret, 1857, part. 1, page 108)
    • Une revue parisienne venait de publier un de ses poèmes avec des fautes d’impression, coquilles aussi larges que des bénitiers, vastes comme la conque d’Aphrodite. — (Anatole France, Le Lys rouge, 1894, réédition Le Livre de Poche, page 127)
    • Un jour il y eut un affreux scandale. Un typographe facétieux et spirituel — comme il n’en manque pas chez les Parigots — remplaça ce cadeau, un serpent qui se mord le dos, sujet en bronze et en argent, par cet autre : un sergent qui se mord le dos, sujet en bronze et en argent. Le numéro du Gaulois fit prime, à cause de cette incomparable coquille. — (Léon Daudet, Souvenirs des milieux littéraires, politiques, artistiques et médicaux/Salons et Journaux, Grasset, 1917, réédition Le Livre de Poche, page 287)
  10. (Escrime) Élément concave d'une épée séparant la lame du manche.
    • C’est toujours au nom de la loyauté, de la foi conjugale, du respect des aïeux, de l’intégrité du blason, qu’il tire du fourreau sa grande épée à coquille de fer, souvent contre ceux qu’il aime de toute son âme, et qu’une nécessité impérieuse l’oblige d’immoler. — (Théophile Gautier, Voyage en Espagne, 1840, édition Charpentier, 1859)
    • —Les coquilles tintent, ding-don ! — (Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac, 1897, acte 1, scène IVTexte sur Wikisource)
  11. (Sport) Accessoire servant à protéger des coups l’organe génital masculin.
  12. (Technique) Portion indivisible du cylindre d’impression des timbres-poste par rotative.
    • En France, le cylindre porte quatre coquilles en typographie ou trois en taille-douce. — (Glossaire sur Leportaildutimbre.fr)
  13. (Cuisine) (Vieilli) Fourneau vertical qui sert à rôtir la viande.
  14. (Cuisine) (Bourgogne) Marmite en fonte.
  15. (Cuisine) (Nord de la France) Nom donné, par analogie de forme, à une brioche recouverte de grains de sucre, censée représenté l'enfant Jésus emmailloté et que l'on mange à Noël.
  16. (Métallurgie) Moule autour duquel passe de l’eau pour refroidir le métal en fusion après une coulée.
  17. (Bijouterie) Outil qu’utilisent les lapidaires pour maintenir les pierres pendant la taille.
  18. (Héraldique) Meuble représentant une coquille Saint-Jacques dans les armoiries. Elle est généralement vue de dessus et le pied tourné vers le chef. À rapprocher de conque, coquille Saint-Jacques, huître et vannet.
    • De gueules à une coquille d’argent, qui est d’Artzenheim → voir illustration « armoiries avec une coquille »
  19. (Christianisme) Ornement en forme de coquillage sur une tombe destiné à recevoir de l’eau bénite ou du lait.
    • La coquille creusée parfois dans la pierre tombale sert à recevoir de l’eau bénite le jour des Trépassés, ou du lait qui, mieux l’eau, doit blanchir le défunt. — (Michel de Mauny, Le Pays de Léon : Son histoire, ses monuments, Éditions Régionales de l’Ouest, Mayenne, 1993, 2e édition, page 362)

Nom commun 2

coquille \kɔ.kij\ masculin

  1. (Papeterie) Format de papier (56 cm × 44 cm), le double coquille fait 56 cm × 90 cm.
    • — Si je comprends bien, tu prends la succession de Mandarès. Du coquille j’en ai, cinq rames, total deux briques. Et cash !
      — Oh ben, à ce blot là, tu peux le garder et t’en faire des cornets à frites.
      — (Michel Audiard, Le cave se rebiffe, 1962)

Nom commun 3

coquille \kɔ.kij\ masculin singulier

  1. Langue éteinte parlée dans le sud-ouest de l’Oregon par les Coquilles.

Forme de verbe

Voir la conjugaison du verbe coquiller
Indicatif Présent je coquille
il/elle/on coquille
Imparfait
Passé simple
Futur simple
Subjonctif Présent que je coquille
qu’il/elle/on coquille
Imparfait
Impératif Présent (2e personne du singulier)
coquille

coquille \kɔ.kij\

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent de coquiller.
  2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent de coquiller.
  3. Première personne du singulier du subjonctif présent de coquiller.
  4. Troisième personne du singulier du subjonctif présent de coquiller.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif de coquiller.

Voir aussi

  • 0 entrée en coquille dans le Wiktionnaire
  • coquille sur l’encyclopédie Wikipédia
  • Le thésaurus héraldique en français
  • Liste des meubles héraldiques sur l’encyclopédie Wikipédia
Source : Wikitionnaire

Littré (1872-1877)

coquille

(ko-ki-ll', ll mouillées, et non ko-kiye) s. f.
  • 1Enveloppe calcaire des mollusques testacés. Les figures agréablement diversifiées des coquilles nous aident à juger de la variété qui règne dans l'organisation des animaux qui en sont les habitants et les architectes, Bonnet, Contempl. nat. 3e part. ch. 21. Des expériences équivoques avaient trompé M. de Réaumur : la coquille ne croît point par apposition ou par transsudation ; elle n'est point moulée sur le corps de l'animal ; mais elle est une partie essentielle du corps de l'animal, Bonnet, Paling. philos. part. XIe, ch. 5.

    Coquille de St-Jacques, espèce du genre peigne. Coquille de Pharaon, connue aussi sous le nom de bouton de chemise.

    Or en coquilles, or de coquille, or de coquillage, sorte de pâte faite de miel et de feuilles d'or réduites en poudre, dont on se sert en peinture pour dorer, et qui se vend dans des coquilles.

  • 2Coquille qu'on rapporte de certains pèlerinages. Les pèlerins de St-Jacques en Galice et ceux du mont St-Michel en Normandie rapportaient des coquilles à leur chapeau. Prenons, dit-elle, prenons donc Coquilles, rosaire et bourdon, Béranger, Pèler. de Lis. …Je porte en Brouage du sel, Et mes coquilles vendre à ceux de St-Michel [c'est-à-dire je fais un travail inutile, je porte de l'eau à la rivière], Régnier, Sat. IV.

    Fig. À qui vendez-vous vos coquilles ? à ceux qui viennent du Mont St-Michel ; ou simplement, à qui vendez-vous vos coquilles ? c'est-à-dire à qui vous jouez-vous ? prétendez-vous m'attraper ? On dit dans le même sens : Portez vos coquilles ailleurs, c'est-à-dire vous ne m'attraperez pas.

    Bien vendre ses coquilles, faire valoir ses coquilles, ne pas donner ses coquilles, tirer un profit exagéré d'une opération ou d'un service. Ma doctrine est si belle qu'il faudroit l'acheter aux dépens de la vie de tous les hommes ; c'est vendre cher ses coquilles, Voltaire, Dial. XXVIII, 2.

  • 3Coque qui enveloppe l'œuf. Quand on a mangé un œuf à la coque, le bon usage est ou plutôt était de briser la coquille. La coquille se forme la dernière en fort peu de temps, et seulement avant la ponte, Buffon, Animaux, Syst. sur la génér. …De ses frêles coquilles En foule on voit sortir le peuple des oiseaux, Sous le sein maternel couvés dans leurs berceaux, Delille, Par. perdu, VII.

    Fig. Ne faire que sortir de sa coquille, être jeune et inexpérimenté. Faire sortir un esprit de sa coquille, donner occasion à un homme de faire paraître son esprit, Desfontaines, Spectat. franç. Un lycéen sortant de sa coquille, Béranger, B. fille.

    Rentrer dans sa coquille, reculer, céder prudemment dans une affaire fâcheuse. Le président de Bellièvre me dit ces propres mots : Je vais rentrer dans ma coquille, il n'y a plus rien à faire, Retz, IV, 267. De là je suis venu à Paris, et, si la guerre continue, j'irai me remettre dans ma coquille jusqu'à la paix, Montesquieu, Correspondance, 20.

    Fig. Il [Béranger] grelottait dans sa coquille, Quand d'un luth je lui fis l'octroi, Béranger, Épitaphe.

  • 4 Par extension, coque qui enveloppe la noix, l'amande, etc. Quand ses filles furent plus grandes, il leur ôta des mains les ciseaux et le rasoir, et leur apprit à lui brûler la barbe et les cheveux avec des coquilles de noix, Rollin, Traité des Ét. liv. V, 3e part. ch. 2.
  • 5 Terme d'arts. Objet en forme de coquille. Vase en coquille.

    Terme de cuisine. Ragoût de poisson ou de viandes émincées, dont on remplit des vases d'argent en forme de coquilles.

    Terme de sculpture. Petit ornement taillé sur le contour d'un quart de rond.

    Terme d'architecture. Voûte formée d'un quart de sphère, qui fait la partie supérieure d'une niche en arcade de plein cintre. Coquille d'escalier, l'intrados de la voûte rampante d'un escalier tournant.

    Terme de blason. Guy prit le nom de Laval, et brisa la croix de Montmorency de cinq coquilles, Saint-Simon, 188, 8.

  • 6 Terme de métiers. Partie de la poignée d'une épée qui a la forme d'une double coquille.

    Planche sur laquelle s'appuient les pieds du cocher d'une voiture. Bois de charronnage, pour une voie composée de 26 coquilles de 3 pieds et demi de long, Déclar. 22 oct. 1715, tarif.

    Lame de métal pour couvrir le moule de bois d'un bouton.

    Chacune des moitiés d'un moule à deux parties.

    Coquille de loquet, partie où l'on met le doigt.

    Petit instrument de cuivre dont se servent les lapidaires pour tailler le diamant et les autres pierres précieuses.

    Terme de métallurgie. Moule solide autour duquel on fait circuler de l'eau pour refroidir le métal après la coulée.

    Terme de fonderie. Coquille à boulet, moule en fer ou en fonte.

    Terme de cuisine. Sorte de fourneau vertical qui sert à rôtir la viande.

  • 7Papier collé qui porte l'empreinte d'une coquille ; et adjectivement, papier coquille.
  • 8Croûte qui s'élève dans plusieurs parties du pain.
  • 9 Terme d'imprimerie. Toute faute consistant dans la substitution d'une lettre à une autre.
  • 10Ancienne coiffure de femme.
  • 11L'ordre de la coquille, ancien ordre de chevalerie, institué en 1292, par un comte de Hollande à l'honneur de St-Jacques.

    Chevaliers à coquille, ou chevaliers de l'ordre de St-Michel, ordre institué par Louis XI, pour défendre contre les Anglais le Mont St-Michel.

    PROVERBE

    Qui a de l'argent a des coquilles, c'est-à-dire quiconque a de l'argent a tout ce qu'il lui plaît.

REMARQUE

L'Académie remarque qu'on ne dit ni coquille de tortue ni coquille d'huître, et qu'il faut dire écaille. Cela est vrai pour tortue ; mais quant à l'huître, le mot coquille est très usité.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

COQUILLE. - HIST.

XIVe s. Ajoutez : Pour deus hanas de kokilles de pierles à piet d'argent, Caffiaux, Régence d'Aubert de Bavière, p. 73.

HISTORIQUE

XIIIe s. Il est acordé du commun des patenostriers de coural [corail] et de coquille, à Paris, que nus ne nule du mestier desus dit ne puisse ouvrer par nuit, Liv. des mét. 68.

XIVe s. Une coquille d'argent pour mettre le sel, Du Cange, coquillia.

XVe s. Une coquille noire, de St Jacques, garnie d'or, et ung boton d'or au bout, De Laborde, Émaux, p. 223. À qui vendez-vous vos coquilles ? Entre vous, amans pelerins ? Orléans, Rond.

XVIe s. Qu'ils s'en aillent maintenant, et vendent leurs coquilles en plein midi, Calvin, Instit. 45. Quand les genethliaques voudront faire valoir leurs coquilles sous couleur que c'est une chose sainte, Calvin, ib. 124. Voulant les Dieux à la guerre animer, Il fendoit l'air de sa coquille creuse, Du Bellay, J. IV, 44, verso. Soudain que les prestres et beneficiers entendirent qu'ils detractoyent de leurs coquilles, ils inciterent les juges de leur courir sus, Palissy, 100. Foeneste : Vous voyez ce poignard à coquille ? Enay : J'eusse plustost pris ce que je voi à vostre homme pour une targue que pour une coquille, D'Aubigné, Faen. I, 1. Il maintenoit que les huitres, desquelles on rejettoit la coquille en la men, se refaisoient comme auparavant, D'Aubigné, ib. III, 6. Quel aise peuvent sentir les huguenots cousus dans leurs cuirasses, comme tortues dans leurs coquilles ? D'Aubigné, Conf. II, V. Escargots ou limaçons avec leur coquille, escrevisses, huistres avec leur coquille, Paré, XXIV, 38.

Source : Dictionnaire Littré

Étymologie de « coquille »

(Nom 1) (XIIIe siècle) Altéré sous l’influence de coque, de l’ancien français corquille, emprunt au latin conchȳlium ; → voir cagouille. Une hypothèse a été émise selon laquelle le sens utilisé en typographie viendrait de vendre ses coquilles, qui signifiait fourguer ses marchandises sans valeur à des gogos pour les tromper (voir https://www.cnrtl.fr/definition/coquille).
(Nom 2) Étymologie manquante ou incomplète. Si vous la connaissez, vous pouvez l’ajouter en cliquant ici.
(Nom 3) (Date à préciser) De Coquille, nom d'origine française d’un fleuve de l’Oregon, servant à dénommer les Amérindiens autochtones puis leur langue.
Source : Wikitionnaire

Ital. cochiglia ; du latin conchylia, plur. neutre de conchylium (la forme conquilium se trouve dans un vieux glossaire), de ϰογχύλιον, diminutif de ϰόγχη (voy. CONQUE). On peut aussi penser que coquille vient de coque (tiré lui-même de concha, ϰόγχα), avec la forme diminutive ille, comme dans flottille de flotte.

Source : Dictionnaire Littré

Phonétique du mot « coquille »

Phonétique Prononciation
\kɔ.kij\ France (Paris) : écouter « une coquille [yn.kɔ.kij] »
France (Paris) : écouter « une coquille [yn.kɔ.kij] »
France (Lyon) : écouter « coquille »
France (Vosges) : écouter « coquille »
France (Grenoble) : écouter « coquille »
France (Toulouse) : écouter « coquille »
Mulhouse (France) : écouter « coquille »
Source : Wikitionnaire

Fréquence d'apparition du mot « coquille »

Source : Google

Traductions du mot « coquille »

Langue Traduction
English shell
German Muschel
Spanish concha
Portuguese concha
Italian conchiglia
Dutch schelp
Polish powłoka
Russian раковина
Source : DeePL

Synonymes de « coquille »

Antonymes de « coquille »