Corder

verbe

Définitions de « corder »

Trésor de la Langue Française informatisé

CORDER1, verbe.
Au moment où le bonhomme croyait voir la paix du contentement dans le silence de la haine, et s'applaudissait d'avoir su très-bien corder avec la vieille fille (Balzac, Curé Tours,1832, p. 191).On s'aime bien (...)! on corde ensemble (Méténier, Lutte amour,1891, p. 285).Demande s'ils marchent ensemble? (...) savoir si on pouvait inviter ensemble le prince et M. de Charlus, si cela corderait (Proust, Sodome,1922, p. 1045).
Rem. S'emploie gén. à propos de pers., except. à propos de choses. Pensez-vous que vos bandeaux « cordent » avec ce salon (Colette, Cl. Paris, 1901, p. 63).
Prononc. : [kɔ ʀde], (je) corde [kɔ ʀd]. Étymol. et Hist. Fin xiiies. [ms.] réfl. « s'accorder » (Artur, ms. Grenoble, 378, fo27dds Gdf.); début xvies. les mal cordans (Rousier des dames, Poes. fr. des xveet xvies., V, 176, ibid.) encore vivant dans les dial. norm., du Centre, du pays Blaisois. V. FEW t. 24, 1repart., p. 85b. Issu d'accorder* par aphérèse, avec peut-être infl. du lat. cor, cordis « cœur ». Fréq. abs. littér. : 4. Bbg. Vaillant (R.). Le Parler de Garancières. B. folklorique d'Île-de-France. 1953, t. 15, p. 465.
CORDER2, verbe trans.
A.− Mettre en corde. Corder le chanvre (cf. Quinet, Ahasvérus,1833, 3ejournée, p. 193).
P. ext. Rouler, tordre à la manière d'une corde. Corder du tabac. ,,Mettre du tabac en corde en roulant et tordant ensemble les feuilles`` (Ac.). Elle est coiffée en enfant de pauvre, de deux nattes cordées derrière les oreilles (Colette, Mais. Cl.,1922, p. 36).
P. anal.
[Le suj. désigne les veines, les ligaments musculaires, les nerfs] Faire saillie sous la peau en donnant l'aspect noueux de la corde. Des veines leur cordaient le cou (Esparbès, Demi-soldes,1899, p. XIII).
Rem. On rencontre un emploi pronom. de même sens. Voici les yeux qui commencent à juter et les veines du jabot qui se cordent (Martin du G., Gonfle, 1928, II, 3, p. 1200).
Emploi pronom. Se corder.[Le suj. désigne certains légumes dont on consomme le bulbe, la racine, tels que céleris, raves, radis...] Devenir filandreux comme une corde.
B.− Entourer d'une corde, lier à l'aide d'une corde. Corder un ballot, une malle (Ac.). Les gros canons (...) se tenaient tant bien que mal, cordés par des câbles de fer (Loti, Mon frère Yves,1883, p. 138).J'ai durement cordé (...) des roses, des reines-marguerites et des camomilles (Colette, Pays. et portr.,1954, p. 130).
Spécialement
1. Mesurer le bois à l'aide d'une corde. Il ne restait plus qu'à corder le bois fendu (Hémon, M. Chapdelaine,1916, p. 114).
2. Corder une raquette de tennis. La tendre de fils de nylon, boyau.
Prononc. et Orth. : [kɔrde], (je) corde [kɔ ʀd]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1. Ca 1165-70 « tresser avec des cordes » (Benoit, Roman de Troie, 16545 ds T.-L.); 2. 1165-70 « tordre en corde » funain cordé (ibid., 27859); 3. ca 1200 « lier avec des cordes » (Conquête de Jérusalem, 6762 ds T.-L.); 4. 1265 « mesurer (du drap) à la corde » (Chambre des Comptes de Lille ds Du Cange, II, 562); 1680 corder du bois (Rich.). Dér. de corde*; dés. -er. Fréq. abs. littér. : 3. Bbg. Sain. Arg. 1972 [1907], p. 210.
Source : CNRTL

Wiktionnaire

Français

Verbe

corder \kɔʁ.de\ transitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. Mettre en corde.
    • Corder du chanvre.
    • On corde le tabac en roulant et en tordant ensemble les feuilles.
  2. Affermir l’enveloppe d’un ballot, les planches d’une caisse, etc., en les entourant d’une corde fortement serrée.
    • Corder une malle, un paquet.
    • On corda deux énormes paquets, couverts de toile cirée. — (Maurice Barrès, Leurs figures, chapitre VIII ; Nelson éditeurs, Paris, s. d., page 169)
    • Marie-Athénaïs appela le valet pour corder la malle, fit atteler, et conduisit par le bras la cousine jusqu’au marchepied de la voiture, lui laissant tout au plus le temps de ramasser un peigne et un miroir à manche d’argent tombés sur l’herbe. — (Marguerite Yourcenar, Archives du Nord, Gallimard, 1977, page 317)
  3. Mesurer (du bois abattu) à la corde.
  4. (Par extension) Empiler du bois en cordes, c'est-à-dire ranger des bûches de longueur identique jusqu'à une certaine hauteur et sur une certaine longueur.
  5. (Par extension) Empiler des bûches de longueur identique pour les ranger en attendant de les consommer.
  6. (Par analogie) (Québec) Aligner des objets de façon très uniforme, souvent le long d'un mur.
    • Il ne restait plus qu’à corder le bois fendu dans le hangar accoté à la maison, à l’abri des grandes neiges, en piles imposantes où se mêlaient le cyprès gommeux qui flambe de suite avec une grande flamme chaude, l’épinette et le merisier qui brûlent régulièrement et font un feu soutenu, et le bouleau au grain serré et poli comme du marbre, qui ne se consume que lentement et montre encore des braises rouges à l’aube d’une longue nuit d’hiver. — (Louis Hémon, Maria Chapdelaine, J.-A. LeFebvre, Montréal, 1916)
    • Une dizaine de chaises grises à structure d'aluminium étaient cordées le long des murs. — (Patrick Roy, L'homme qui a vu l'ours, Montréal, Le Quartanier, 2015, page 195)
  7. Attacher les poils, les soies sur le corps d'une brosse en bois.
  8. Installer le cordage d’une raquette de tennis.

Anagrammes

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  • record
Source : Wikitionnaire

Littré (1872-1877)

corder

(kor-dé) v. a.
  • 1Mettre en corde. Corder du chanvre.

    Par extension, corder du tabac, rouler des feuilles ensemble. Corder un ballot, le ficeler.

  • 2Mesurer à la corde. Corder du bois.
  • 3Se corder, v. réfl. Se tresser en corde. Il y a des matières qui se cordent bien mieux les unes que les autres.

    Se durcir au milieu, en parlant de plantes, de racines. Voici le temps que les raves se cordent.

    À une certaine époque de l'année, les lamproies se cordent, c'est-à-dire ont une dureté longitudinale dans le corps et cessent d'être bonnes à manger.

    Être mesuré à la corde, en parlant du bois. Le bois tortu ne se corde pas bien.

REMARQUE

On dit souvent dans le peuple corder pour : être, vivre en bonne intelligence : Ces époux cordent bien. Corder en ce sens n'a sans doute rien de commun avec corder, mettre en corde ; ce semble être une apocope de accorder.

HISTORIQUE

XIIIe s. Li premiers trousiaus donra quatre deniers, et tout li autres trousiau cordé après, deux deniers, Liv. des mét. 281. N'aurés de moi, par le cors Dé, Fors cote et sorcot de cordé, la Rose, 9336.

XVe s. Par ma foi, Perrot ! il n'est pas en ma puissance, mais venez par ci ; et faites apporter vos eschelles cordées [faites de cordes], Froissart, II, III, 99. Escheles cordées à graves de fer, pour jeter sur les murs et attacher aux guerites, Froissart, I, I, 199. Et cordée comme une lamproye, Coquillart, Enqueste entre la simple et la rusée.

XVIe s. 5000 paires de souliers communs, 11000 paires de souliers cordez, D'Aubigné, Hist. III, 87.

Source : Dictionnaire Littré

Étymologie de « corder »

De corde.
Source : Wikitionnaire

Corde ; provenç. cordar.

Source : Dictionnaire Littré

Phonétique du mot « corder »

Phonétique Prononciation
\kɔʁ.de\
France (Île-de-France) : écouter « corder [kɔʁ.de] »
(Région à préciser) : écouter « corder [kɔʁ.de] »
Canada (Shawinigan) : écouter « corder »
Source : Wikitionnaire

Fréquence d'apparition du mot « corder »

Source : Google

Traductions du mot « corder »

Langue Traduction
English corder
German corder
Spanish corder
Portuguese corder
Italian ordinatore
Dutch corder
Polish corder
Russian кордер
Source : DeePL

Synonymes de « corder »

Antonymes de « corder »