Corvée
Sommaire
Définitions de « corvée »
Trésor de la Langue Française informatisé
Wiktionnaire
Nom commun
| Singulier | Pluriel |
|---|---|
| corvée | corvées |
| \kɔʁ.ve\ | |
corvée \kɔʁ.ve\ féminin
- (Histoire féodale) Travail et service gratuit qui était dû par le paysan à son seigneur.
- Flétries dès leur enfance par la faim, écrasées par le travail dans leur adolescence, elles arrivent sans transition à la décrépitude, toujours fuyant devant les Turcs auxquels revient la meilleure part des sueurs de leurs pères, sous forme d’impôts, d’exactions et de corvées. — (Jérôme-Adolphe Blanqui, Voyage en Bulgarie 1841, chapitre VI - 1845)
- Les artisans ou les exploitants agricoles qui se désolent de devoir passer une journée par semaine en moyenne pour répondre à des exigences administratives, doivent, pour être exact, reformuler leurs doléances de cette manière : en sus de leur propre travail, ils sont contraints d'effectuer celui d'un fonctionnaire, à temps partiel et gratuitement. Ils effectuent, ce qu'on appelait, sous l'Ancien Régime, une corvée, c’est-à-dire un travail non rémunéré dû à la collectivité. — (Pierre-Yves Gomez, L'intelligence du travail, Desclée de Brouwer, 2016)
- (Désuet) Prestation en nature ou travail exigible des habitants d’une commune pour l’entretien des chemins vicinaux.
- Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
- (Militaire) Ensemble des travaux que font tour à tour les soldats d’une compagnie.
- Ils allumèrent des feux qu’ils entretinrent nuit et jour, et les hommes qu’on envoyait à la corvée du bois aux environs devaient tenir les loups en respect. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 271 de l’édition de 1921)
- En trois mois, l'apprenti vit tomber dix-sept de ses camarades. Il résumait cette partie de son existence en ces mots : « Il y avait deux genres de corvée : les corvées de cailloux et les corvées d'enterrement. » — (Jacques Mortane, Jean Mermoz, Plon, 1937, p.21)
- (Sens figuré) Travail, soit du corps, soit de l’esprit, qu’on fait à regret, avec peine et sans profit.
- Depuis longtemps déjà il soupçonnait la chose, car de l’apprendre en confession il n’y fallait guère compter ; à partir de quinze ou seize ans tous s’émancipaient et se dispensaient de cette corvée ennuyeuse. — (Louis Pergaud, Le Sermon difficile, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
- Une autre corvée est la tournée des poubelles, des équevilles en patois de la Croix-Rousse. — (Patrick Lemoine, Droit D'Asiles, page 103, Odile Jacob, 1998)
- Pour lui, faire des achats représentait toujours une corvée, et même plus que cela, mais Emma et Lucy, elles, semblaient heureuses comme des poissons dans l’eau. — (Carol Arens, Pour l'amour d'un hors-la-loi, traduit de l'anglais par Jacques Cezanne, éditions Harlequin, 2012, 2013, chap. 4)
- Travaux du ménage.
- Corvées domestiques.
- (Québec) (Populaire) Rassemblement volontaire et à titre gracieux de gens pour venir en aide ad hoc à quelqu'un dans le besoin (lever une grange, faire les foins, etc.).
- Comme nos ancêtres défricheurs, qui se faisaient une fierté de participer aux grandes corvées, nous avons prouvé que ce n’est pas la distance qui empêcherait les Québécois de s’aimer et de s’entraider. — (Claude Villeneuve, J’aimerais mieux faire le bilan de 2021, Le journal de Québec, 30 décembre 2020)
Voir aussi
- corvée sur l’encyclopédie Wikipédia
Littré (1872-1877)
corvée
- 1 Terme de féodalité. Journées de travail gratuit que les vassaux devaient à leur seigneur.
Sa femme, ses enfants, les soldats, les impôts, Le créancier et la corvée, Lui font d'un malheureux la peinture achevée
, La Fontaine, Fabl. I, 16.Corvées réelles, celles qui étaient dues par le fonds ou à cause du fonds.
Corvées personnelles, celles auxquelles étaient soumis les habitants d'un lieu par le fait seuil de leur résidence.
Prestation de travail personnel pour l'entretien des chemins.
Celui [Turgot] qui vient de supprimer les corvées pourrait bien supprimer l'esclavage [mainmorte]
, Voltaire, Lett. Christine, 12 août 1775.Un impôt en travail, ou autrement dit la corvée, est peut-être une heureuse idée fiscale
, Necker, Compte rendu au roi, janvier 1781, p. 70.L'impôt qui a remplacé la corvée en nature, impôt connu sous le nom de subvention représentative de la corvée
, Montesquiou, Rapport, 27 août 1790, p. 8.Les beaux chemins sont un bien et un très grand bien ; mais la corvée est un mal et un très grand mal
, Saint-Lambert, Saisons, II, note 2e. - 2 Terme militaire. Travaux que font tour à tour les hommes d'une compagnie. On commande tant d'hommes de corvée.
- 3Nom que les ouvriers donnent à de petits travaux qu'ils vont faire en ville et qui ne leur prennent qu'une partie de leur journée.
- 4 Par extension, travail obligé et gratuit ; chose qu'on est requis ou prié de faire, et qui est une charge. Je me serais bien passé de cette corvée.
Et commettre aux dures corvées [de la guerre] Toutes ces âmes relevées…
, Malherbe, III, 1.J'ai du déplaisir de la corvée qu'il vous a fait faire
, Guez de Balzac, Lett. choisies, 1re part. liv. III, lett. 4, dans RICHELET.
HISTORIQUE
XIIIe s. Jou Hues de Castemon, quens de St Pol, fach savoir, ke jou tous les homes de Goy ai quité de toute corowée, sauf men droit et me justice
, Tailliar, Recueil, p. 83. Cil qui sont deu par la reson des terres sont cens, gelines, corvées, et plusors autres choses qui plus doivent par la reson des terres que par autres
, Liv. de just. 240. Et se le [la] corvée est d'omme sans queval, quatre deniers
, Beaumanoir, XXVII, 22. N'a gaires que me voliés pendre, Or le poés de vous atendre ; Tele est ore la destinée ; Por moi ferés ceste corvée
, Guill. de Palerme.
XIVe s. Comme l'on ait acoustumé de faire au dehors et près des murs d'icelle ville [Langres] un jeu appelé la courvée… lequel jeu s'encommence par enfans et aucunes fois se parfait par gens bien aagiez et puissans de corps, en gectant les uns contre les autres pierres grosses et menues au plus efforciement qu'ilz pevent, chacun en esperance de rebouter sa partie, telement que aucune foiz sont navrez ou bleciez
, Trésor des chartes, reg. 131, pièce 20, dans LACURNE.
XVe s. Chascune charrue paierat chascun an trois journées à la crowée de la charrue
, Du Cange, corvagium.
XVIe s. Soit déclaré le nom du censeur ou laboureur, de qui on voudra avoir la coruwée
, Coustum. génér. t. I, p. 812. Quant aux courovées de brach et aux courovées de cheveaux
, Nouv. coustum. génér. t. I, p. 407, col. 2. Les farces des bateleurs nous resjouissent, mais aux joueurs elles servent de corvée
, Montaigne, I, 331. Servius Tullius dispensa les chevaliers qui avoient passé quarante sept ans, des courvées de la guerre
, Montaigne, I, 407.
Étymologie de « corvée »
- (XIIe siècle)[1] Du latin corrogata opera (« travail commandé »), de corrogare (« convoquer ensemble »). En bas-latin corvada[2], ancien français corvee[3]
Bas-lat. corvada, dans le capitulaire de Villis de Charlemagne, et dans des textes postérieurs corruweia, corrua, croata ; du bas-lat. corrogata, corvée, de cum, et rogare, prescrire : corrogata opera, le travail commandé. Corrogata est dans un texte presque aussi ancien que corvada du Capitulaire, et décide la question d'étymologie ; mais corvada prouve que dès le temps de Charlemagne la forme romane existait.
Source : Dictionnaire LittréPhonétique du mot « corvée »
| Phonétique | Prononciation | |
|---|---|---|
| la kɔʁ.ve : écouter « corvée » |
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| France : écouter « corvée [kɔʁ.ve] » |
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| France (Toulouse) : écouter « corvée » |
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Fréquence d'apparition du mot « corvée »
Source : GoogleTraductions du mot « corvée »
| Langue | Traduction |
|---|---|
| English | chore |
| German | Hausarbeit |
| Spanish | tarea |
| Portuguese | tarefa |
| Italian | core |
| Dutch | klus |
| Polish | chore |
| Russian | работа |
Synonymes de « corvée »
Antonymes de « corvée »
Citations sur le mot "corvée"
La corvée est une tâche ingrate, mais nécessaire à la vie en communauté.
Anonyme
La corvée est un mal nécessaire, l'effort commun pour atteindre un objectif.
John F. Kennedy
La corvée est souvent vue comme une contrainte, mais elle peut aussi être une opportunité de se dépasser.
Michelle Obama