Coterie
Sommaire
Définitions de « coterie »
Trésor de la Langue Française informatisé
Wiktionnaire
Nom commun
| Singulier | Pluriel |
|---|---|
| coterie | coteries |
| \kɔt.ʁi\ | |
coterie \kɔt.ʁi\ féminin
- (Histoire) Société de villageois réunis pour tenir d’un seigneur quelque héritage.
- (Histoire) Groupe d’ouvriers appartenant à un même corps de métier, spécialement dans le cadre du compagnonnage et des métiers du bâtiment.
- [Il] monta vers la gare, accompagné par la coterie qui portait en chantant deux lourdes caisses pleines de ses outils. — (Marcel Pagnol, Le temps des secrets, 1960, collection Le Livre de Poche, page 38)
- La coterie Iosef prit un large ciseau à bois, fendit une des pièces en plusieurs parties, égales puis, avec le même ciseau, les arrondit et les affûta d'un bout. — (Benigno Cacérès, Le compagnon charpentier de Nazareth, Éditions du Seuil, 1974, chap. 1)
- Les maçons travaillaient dans la bonne humeur et sans doute une joie créatrice les animait-elle. Ils sifflaient sur leurs échelle. Ils montaient les seaux de mortier et de pierres à l’aide d’un treuil qu’ils actionnaient à deux. Ils s’interpellaient :
« Alors, ça va la coterie ? » — (Édouard Bled, J’avais un an en 1900, Fayard, 1987, Le Livre de Poche, page 159)
- (Péjoratif) Groupe restreint de personnes liées par des intérêts ou des idées communes et qui cabalent contre ceux qui sont en dehors de ce groupe.
- Cette femme, dévouée avec calcul à la fortune politique de son mari, tenait à connaître l’opinion des moindres coteries. — (Julie de Quérangal, Philippe de Morvelle, Revue des deux Mondes, T. 2, 4, 1833)
- Considérant que M. Fidèle Simon a toujours professé les opinions d’une coterie politique qui a été néfaste à la République, en mécontentant le pays tout entier par son intolérance et sa maladresse… — (Appel du Comité républicain de Saint-Nazaire à voter pour Aristide Briand - Législative de 1889)
- Comme beaucoup de femmes du faubourg Saint-Germain, la présence dans un endroit où elle se trouvait de quelqu’un de sa coterie, et auquel d’ailleurs elle n’avait rien de particulier à dire, accaparait exclusivement son attention aux dépens de tout le reste. — (Marcel Proust, Un amour de Swann, 1913, réédition Le Livre de Poche, page 190)
- Il porta délicatement l’index à la perpendiculaire de sa bouche, puis l’écarta d’un geste ample et prompt, geste de coterie qui scellait on ne savait quel serment, mais qui allait de soi. Il signifiait avec une solennité furtive que nous étions des compagnons et qu’il y avait de l’honneur à n’être pas compris. — (Antoine Blondin, Monsieur Jadis ou l'École du soir, 1970, réédition Folio, 1972, page 64)
- Je veux sortir l’art contemporain des discours sur les cotes et les coteries. L’espace des Capucins de Landerneau n’est pas réservé aux « sachants ». — (Sabine Gignoux, Sortir des coteries des milieux culturels, Journal La Croix, page 15, 17 octobre 2014)
Anagrammes
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- Côtière, cotière, côtière
- croitée
- recoïte, recoïté
Littré (1872-1877)
coterie
- 1Mot ancien, qui signifiait un certain nombre de paysans, unis ensemble pour tenir les terres d'un seigneur.
- 2Aujourd'hui, compagnie de personnes qui vivent entre elles familièrement, ou qui cabalent dans un intérêt commun.
Cela l'avait rendu si cher dans toutes leurs coteries, que…
, Hamilton, Gramm. 10.Deux années ne passent point sur une même coterie ; il y a toujours, dès la première année, des semences de division, pour rompre dans celle qui doit suivre
, La Bruyère, VII.On n'a qu'à s'informer de leurs sociétés, de leurs coteries
, Rousseau, Hél. II, 14.Ce qui m'empêchait de vous écrire, c'étaient les coteries [clubs] auxquelles je me trouve livré aujourd'hui
, Courier, Lett. I, 16.Qui diantre me poussait à vouloir être de l'Académie, moi qui m'étais moqué quarante ans des coteries littéraires ?
Courier, I, 121.Voltaire et sa coterie Sont à l'index en Barbarie
, Béranger, Ste all.Là, chaque coterie a ses arrangements ; Chacun y fait emplette et d'amis et d'amants
, Delille, Trois règnes, III.
SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE
COTERIE. Ajoutez :HISTORIQUE
XIVe s. Trente six mencaudées de terre tenues en coterie du seigneur de Falesque
, Du Cange, coteria.
XVe s. Comme Robin de Chaumont escuier tenist en fief et coterie certaines terres de Jehan de Gouy…
, Du Cange, ib. Tenir en cotterie par l'usage de coustume localle, si est tenir toutes terres en possession de main ferme, c'est à dire qui n'est tenu en fief que rurallement, on appelle entre les coustumiers terre vilaine, et ne doit hommage, service, ost ne chevauchée, fors la rente au seigneur aux termes accoustumez et à la mort double rente en plusieurs lieux
, Bouteiller, Somme rural, titre 84.
XVIe s. En vilainie, cotterie [biens tenus à cens cottier ou sur cens] ou roture, n'y a bail [il n'y a pas de gardien ou baillistre des héritages]
, Loysel, 189, 547.
Étymologie de « coterie »
- (XIVe siècle)[1] De l’ancien français coterie (« association de paysans tenant d'un seigneur une tenure roturière »), apparenté à cottage, cotier, cotereau, kot.
- (1660) Sens de « association de gens qui se fréquentent familièrement » ; (1808) « bande de meneurs, d'intrigants ».
Bas-latin, coteria, société de villageois réunis pour tenir d'un seigneur quelque héritage, de cota, cabane (voy. COTTAGE). Diez, à tort, le tire de cote, quote-part.
Source : Dictionnaire LittréPhonétique du mot « coterie »
| Phonétique | Prononciation | |
|---|---|---|
| Vosges (France) : écouter « coterie » |
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Fréquence d'apparition du mot « coterie »
Source : GoogleTraductions du mot « coterie »
| Langue | Traduction |
|---|---|
| English | cotterie |
| German | . |
| Spanish | cotterie |
| Portuguese | cotterie |
| Italian | coterie |
| Dutch | cotterie |
| Polish | cotterie |
| Russian | Коттери |
Synonymes de « coterie »
Citations sur le mot "coterie"
Une coterie, ce n'est pas une amitié : c'est du fiel en basse-cour.
Honoré de Balzac
La coterie est l'instrument qui mesure le talent.
Joseph Joubert
La coterie, à la ville comme à la cour, est une peste qui souffre tout et dont rien ne peut triompher.
Voltaire