Cotonnade
subst
fém
Sommaire
Définitions de « cotonnade »
Trésor de la Langue Française informatisé
COTONNADE, subst. fém.
Vêtue d'une simple petite chemise en gaze couleur brun de Madère et de larges pantalons en cotonnade blanche à raies roses (Du Camp, Nil,1854, p. 115).Prononc. et Orth. : [kɔtɔnad]. Ds Ac. 1835-1932. Étymol. et Hist. 1. 1615 « mèche de coton pour étancher les plaies » (L. Guyon, Miroir de la beauté, II, 289 ds R. Hist. litt. Fr. t. 8, p. 496), attest. isolée; 2. 1771 « étoffe de coton » (J.-J. Schmidlin, Catholicon ds Z. fr. Spr. Lit. t. 23, p. 22). Dér. de coton*; suff. -ade*. L'ital. cotonato, attesté au sens de « étoffe de coton » ca 1565 ds Batt. t. 3 1964, ne semble pas connaître le sens 1. Fréq. abs. littér. : 108. Bbg. Darm. 1877, p. 81. − Ritter (E.). Les Quatre dict. fr. B. de l'Inst. nat. genevois 1905, t. 36, p. 385. − Sain. Lang. par. 1920, p. 104.
-ADE1, suff.
I.− Suffixe formateur de substantifs féminins exprimant l'idée d'action, de résultat d'une action [La base peut être un verbe, un subst. et except. un adj.] :
accolade « action d'embrasser qqn, en lui mettant les bras autour du cou »
appareillade « formation des couples de perdrix pour la reproduction »
arlequinade « bouffonnerie d'Arlequin; p. ext., action ridicule, inconséquence choquante »
aubade « concert donné à l'aube ou dans la matinée, sous les fenêtres de qqn »
balade fam., « action de se balader »
bourrade « fait de bourrer, de pousser qqn, de le bousculer, avec le poing, le coude, la crosse d'un fusil »
capucinade vieilli, « banal discours de morale, à la manière des sermons de capucin »
croupade équit., « saut dans lequel le cheval relève les jambes de derrière jusque sous le ventre »
débandade « le fait de se disperser rapidement et en tous sens »
dégoulinade « le fait de dégouliner »
dragonnade hist., « sous Louis XIV, persécution exercée par les dragons que l'on envoyait loger chez les protestants »
embrassade « action de deux (ou plusieurs) personnes qui s'embrassent amicalement »
engueulade pop., « action d'engueuler, de s'engueuler »
fanfaronnade « propos, actes de fanfaron »
ferrade région., « action de marquer le bétail au fer rouge »
galopade 1. manège,« sorte de galop d'école raccourci et ralenti, chevauchée faite au galop. » 2. cour., « course précipitée »
noyade 1. rare, « action de noyer un être vivant; résultat de cette action. » 2. cour., « le fait de se noyer; mort accidentelle par immersion dans l'eau »
œillade « regard, clin d'œil plus ou moins furtif, de connivence; spéc., clin d'œil constituant un appel, une invite amoureuse ou coquette »
roucoulade « bruit que fait un oiseau en roucoulant »
ruade « mouvement par lequel les équidés (chevaux, ânes, mulets) lancent vivement en arrière leurs membres postérieurs en soulevant leur train arrière »
tartarinade vieilli, surtout au plur., « vantardises, fanfaronnades »
turlupinade vx, « jeu de mots, plaisanterie de mauvais goût »
Autres ex. : attrapade, -
baignade, -
bousculade, -
boutade, -
bravade, -
brimade, -
cantonade, -
cavalcade, -
charade, -
dégringolade, -
dérobade, -
embuscade, -
empoignade, -
enfilade, -
escalade, -
estafilade, -
estocade, -
foirade, -
foucade, (altération de fougue),
galéjade, -
gambade, -
gasconnade, -
glissade, -
griffade, -
incartade, -
jérémiade, -
lapalissade, -
mascarade, -
mazarinade, -
pantalonnade, -
parade, -
pariade, -
pasquinade, -
passade, -
pétarade, -
promenade, -
rasade, -
rebuffade, -
reculade, -
rigolade, -
rodomontade, -
ruade, -
saccade, -
sérénade, -
taillade, -
tirade, -
toquade, -
tornade... -
Rem. La plupart des verbes en -ader sont formés sur des subst. en -ade (la dés. -er permet le passage dans la catégorie gramm. sans modifier le contenu sém.). Toutefois les attest. de gambade sont post. à celles de gambader; il s'agit d'un empr.− P. ext. Formateur de dér. désignant :
1. Le lieu de l'action :
aiguade « lieu où un navire s'approvisionne en eau douce »
baignade « endroit d'un cours d'eau, d'un lac où l'on peut se baigner » (cf. supra)
promenade « lieu aménagé dans une ville pour les promeneurs » (cf. supra)
2. Rare. Plus gén. un lieu :
bourgade « petit bourg dont les maisons sont disséminées sur un assez grand espace »
esplanade « terrain uni et découvert, aplani par la main de l'homme; terrain aménagé devant un édifice, une maison..., sur une hauteur »
rocade « milit., ligne parallèle au front de combat permettant d'établir des liaisons entre les secteurs; p. anal., voie de communication (parallèle à une autre) utilisée comme dérivation »
II.− Suffixe formateur de substantifs féminins exprimant l'idée du collectif.
A.− Avec idée d'action [La base est un verbe ou un subst. désignant une arme] :
arquebusade « coups d'arquebuse »
bastonnade « volée de coups de bâton »
canonnade « tir soutenu d'un ou plusieurs canons »
fusillade 1. « décharge de coups de fusils, et p. ext., combat à coups de fusils. » 2. « action de fusiller pour exécuter »
mitraillade 1. « tir, décharge de mitrailleuse. » 2. « rare, mitraillage »
mousquetade « vieilli, décharge de mousquets, et p. ext., de fusils »
B.− Sans idée d'action :
arcade « archit., ouverture en arc, ensemble formé d'un arc et de ses montants ou points d'appui (souvent au plur.) »
balustrade 1. « rangée de balustres portant une tablette d'appui. » 2. « p. ext., toute clôture à hauteur d'appui et à jour »
barricade « obstacle fait de l'amoncellement d'objets divers (à l'origine, des barriques) pour se mettre à couvert dans un combat de rues »
brigade « unité composée de 2 régiments (jusqu'en 1914, pour l'infanterie, et 1940, pour la cavalerie); de nos jours, unité tactique (généralement 3) à l'intérieur de la division »
colonnade « file de colonnes sur une ou plusieurs rangées, formant un ensemble architectural »
cotonnade « toute étoffe fabriquée avec du coton »
estacade « barrage fait par l'assemblage de pieux, pilotis, radeaux, chaînes »
palissade « barrière, clôture faite d'une rangée de pieux, de perches ou de planches (palis) »
peuplade « groupement humain de faible ou de moyenne importance, dans une société primitive »
− En partic., le dér. désigne des préparations, surtout de mets et de boissons, dont le subst. de base indique un élément caractéristique de la recette (composant, procédé, etc.) :
aillade « sauce vinaigrette à l'ail »
carbon(n)ade(carbonade, carbonnade) « manière de griller la viande sur des charbons, la viande ainsi grillée »
chiffonnade « préparation de salade (laitue, oseille...) fondue au beurre et assaisonnée »
étouffade ouestouffade « sorte de daube »
marinade « mélange du vin, de vinaigre salé, épicé (...) dans lequel on met du poisson, de la viande pour les conserver, les parfumer ou les attendrir avant la cuisson; p. ext., aliment mariné »
oignonade « rare, plat d'oignons »
Autres ex. : bigarade, -
brandade, -
cassonade, -
citronnade, -
croustade, -
grillade, -
limonade, -
marmelade, -
orangeade, -
panade, -
persillade, -
piperade, -
poivrade, -
rémoulade, -
rognonnade, -
salade. -
Rem. Concurrence avec d'autres suff. . -ée. − Qqf., les dér. en -ade et les dér. pop. en -ée coexistent : charbonnée (se dit encore en pat.) /carbonnade; chevauchée / cavalcade; croisée / croisade; échappée / escapade; étouffée / estouffade; onglée / onglade; risée / risade (d'apr. Nyrop t. 3 1936, § 367). Ailleurs, les dér. en -ade ont remplacé les dér. en -ée : accolade (accolée), ambassade (ambassée), bastonnade (bastonnée), boutade (boutée), embrassade (embrassée), glissade (glissée), peuplade (peuplée). . -age. − Qq. dér. en -ade et en -age ont un sens voisin : attrapage / attrapade; canonnage / cannonnade; mitraillage / mitraillade... D'autres, en revanche, ont des sens nettement différents comme appareillage (« action d'appareiller, ensemble d'appareils et d'accessoires divers disposés pour un certain usage ») / appareillade (« formation des couples de perdrix pour la reproduction »); enfilage (« action d'enfiler ») / enfilade (« suite de choses à la file l'une de l'autre »); rigolage (« action de creuser des rigoles ») / rigolade (« amusement, divertissement »)... Les dér. en -age désignent gén. une action; ils peuvent p. ext. prendre un sens coll. (appareillage); leur base est verbale. Les dér. en -ade ne vont pas obligatoirement de pair avec l'idée d'action; ils peuvent signifier le résultat d'une action ou une préparation (le subst. de base désignant un élément composant ou un procédé caractéristique), et surtout leur base n'est pas toujours verbale. . -ement. − Qq. doublets : chiffonnement / chiffonnade; embrassement / embrassade; roucoulement / roucoulade... En revanche, escalade a remplacé eschelement. Les dér. en -ement ont gén. un sens moins fam. que les mots en -ade : embrassade est plus fam. que embrassement (cf. Littré, s.v. embrassement).
Étymol. ET HIST. A.− Étymol. − Le suff. -ade est emprunté à diverses lang. méridionales : l'esp. -ada, le prov. -ado, l'ital. -ata (lat. -ata provenant, d'abord, de la substantivation des part. de la 1reconjug., s'accolant ensuite à des bases non verbales et donnant, en fr., la forme pop. rég. -ée : entrée, montée, année, brassée, etc.). Au Moy. Âge, les mots en -ade sont des emprunts; ce n'est qu'à partir du xves. que le suff. -ade s'accole à des verbes et à des subst. fr. B.− Vitalité et productivité 1. Vitalité − L'analyse se fait aisément dans un grand nombre de dér. en -ade; la base est soit un verbe (accolade, bravade, dégringolade, dérobade, engueulade, reculade, rocade, etc.), soit un subst. (anguillade, arquebusade, aubade, bastonnade, bourgade, canonnade, colonnade, palissade, persillade, etc.), voire un adj. (rasade, torsade). − Qqf., le suff. est commutable avec un autre suff. : cavalcade / cavalerie / cavalier croustade / croustillant pochade / pochoir / pochette Cf. aussi limonade / limonier (mais le mot limonier est peu connu) et supra la rem. sur la concurrence avec d'autres suff. − Qqf., le sentiment de la dér. n'est pas vivant; c'est le cas, en partic., pour les mots d'empr. : algarade, cagade, chamade, pintade, etc. 2. Productivité. − Les mots d'empr. en -ade ont suscité dès le xves. la création de dér. fr. a) Av. 1789 : 1475 arquebusade (Dauzat 1964) 1493 œillade (ibid.) xvepalissade (ibid.) xveruade (ibid.) 1500 embrassade (ibid.) 1505 poivrade (ibid.) 1534 saccade (ibid.) 1552 canonnade (ibid.) 1552 oignonade (ibid.) 1556 glissade (ibid.) 1557 promenade (ibid.) 1564 griffade (ibid.) 1574 mousquetade (ibid.) 1578 cassonade (ibid.) 1578 rebuffade (ibid.) 1588 boutade (ibid.) mil. xviepelade (ibid.) fin xviebourrade (ibid.) fin xviegasconnade (ibid.) fin xviepantalonnade (ibid.) 1611 galopade (ibid.) 1611 reculade (ibid.) 1615 torsade (ibid.) 1622 roulade (ibid.) début xviiecotonnade (ibid.) début xviiegrillade (ibid.) vers 1648 mazarinade (Pt Rob.) 1651 marinade (Dauzat 1964) 1653 turlupinade (ibid.) 1670 rasade (ibid.) 1690 persillade (ibid.) xviietirade (ibid.) fin xviiejérémiade (ibid.) 1724 capucinade (ibid.) 1726 arlequinade (ibid.) début xviiiedragonnade (ibid.) 1740 colonnade (ibid.) (dès 1675 sous la forme colonnate) 1771 fusillade (ibid.) xviiiefoucade (ibid.) (altération de fougade : fin xvie) etc. b) Apr. 1789 : 1794 noyade (Dauzat 1964) 1796 baignade (ibid.) 1796 mitraillade (ibid.) 1827 dégringolade (ibid.) 1828 pochade (ibid.) début xixerigolade (ibid.) 1846 chiffonnade (ibid.) 1846 engueulade (Pt Rob.) 1856 toquade (Dauzat) 1861 empoignade (ibid.) 1862 brimade (ibid.) 1863 appareillade (Pt Rob.) 1870 bousculade (Dauzat) 1872 lapalissade (ibid.) 1877 foirade (Pt Rob.) 1889 dérobade (ibid.) (à la dérobade : 1549) xixedéfilade (Dauzat) fin xixerocade (ibid.) fin xixetartarinade (ibid.) xxeattrapade (Pt Rob.) (même sens que attrapage qu'il tend à remplacer) xxedégoulinade (ibid.) xxeroucoulade (ibid.) etc. Le suff. reste productif. Néanmoins il forme actuell. beaucoup moins de dér. que dans le passé. Son emploi reste assez fréq. dans la lang. fam., voire arg. ou vulg. Nyrop t. 3 1936 cite à ce propos : cognade, couillonnade, folichonnade, gobichonnade, rebiffade, etc. ,,Le suffixe -ade est plus souvent employé aujourd'hui dans la langue familière que dans la langue littéraire. On peut le regretter, car il est clair, expressif et agréable à l'oreille.`` (Hug. Mots disp. 1967). C.− Finales homophones. alcade, subst. masc. ,,de l'esp. alcalde, empr. à l'ar. al-gādī, le juge`` (Dauzat) alidade, subst. fém. ,,règle utilisée chez les marins, du lat. médiév. alidada, empr. à l'ar. al-idhāda, la règle`` (ibid.) malade, adj. et subst. ,,du lat. male habitus, « qui se trouve en mauvais état »; a remplacé le lat. aeger`` (ibid.) pastenade, subst. fém. mis pour pastenague, sorte de raie; ,,forme du nord de la langue d'oc`` (ibid.) troubade, subst. masc., abréviation de troubadour « troupier, soldat » (Pt Rob.)
BBG. − Collin (C.). Étude sur le développement de sens du suffixe -ata dans les langues romanes, spécialement du point de vue du français. Lund, 1918.
Wiktionnaire
Français
Source : Wikitionnaire
Nom commun
| Singulier | Pluriel |
|---|---|
| cotonnade | cotonnades |
| \kɔ.tɔ.nad\ | |
cotonnade \kɔ.tɔ.nad\ féminin
- (Textile) Étoffe de coton.
- Il y avait des baraques de toile où l’on vendait des cotonnades, des couvertures et des bas de laine. — (Gustave Flaubert, Madame Bovary, Michel Lévy frères, Paris, 1857)
- L'habitué du Moulin-Rouge ou du Casino de Paris n'aime que l'élégance de la cuisse, et il distingue assez mal le linon de la cotonnade: Plus il y a de linge, plus il est content. — (Pierre Louÿs, Les aventures du roi Pausole, 1901)
- Deux ou trois pans de cotonnades rouges, disposées avec goût, sollicitaient l'admiration des invités. — (Jules Verne, Le Pays des fourrures, 1873)
- […], Mme Hyde braqua sur eux le volumineux parapluie qu'elle tenait à la main et l'ouvrit subitement; tandis que la surprise clouait sur place les deux hommes, occupés à se dépêtrer de l'énorme dôme de cotonnade bombée, Hyde, à l'abri de ce bouclier improvisé, battait en retraite, […]. — (G. Lenotre, Femmes, amours évanouies: ouvrage orné de quatre héliogravures, Éditions Bernard Grasset, 1933, page 133)
- […] tout vêtu de blanc de la tête aux pieds et d'un blanc qui n'était pas celui de la vulgaire cotonnade que portent les peintres en bâtiments ou les plâtriers : son pantalon était de la flanelle la plus souple et le veston de l’alpaga de soie le plus subtil. — (Marcel Jouhandeau, Chaminadour, Gallimard, 1941 et 1953, collection Le Livre de Poche, pages 416-417)
Une dizaine de Noirs, drapés dans des cotonnades en guenilles, pieds nus, mais armés de lances et de coutelas, débouchèrent devant le perron.
— (Joseph Kessel, Le Lion, Gallimard, 1958)- …les divans, les fauteuils sont recouverts de cotonnades à fleurs… — (Nathalie Sarraute, Enfance Éditions Gallimard, 1983)
Anagrammes
→ Modifier la liste d’anagrammes
- déconnota
- décotonna
Voir aussi
- cotonnade sur l’encyclopédie Wikipédia
Littré (1872-1877)
cotonnade
(ko-to-na-d') s. f.
- Toute sorte d'étoffes de coton. Une pièce de cotonnade.
Dans un sens plus restreint, étoffe de coton de couleur ordinairement à carreaux ou à raies, dont le dessin est tissé et non imprimé.
Étymologie de « cotonnade »
- (Siècle à préciser) Dérivé de coton, avec le suffixe -ade.
Coton.
Source : Dictionnaire LittréPhonétique du mot « cotonnade »
| Phonétique | Prononciation | |
|---|---|---|
| Cesseras (France) : écouter « cotonnade » |
|
Fréquence d'apparition du mot « cotonnade »
Source : GoogleTraductions du mot « cotonnade »
| Langue | Traduction |
|---|---|
| English | cotonnade |
| German | cotonnade |
| Spanish | cotonnade |
| Portuguese | cotonada |
| Italian | cotonatura |
| Dutch | cotonnade |
| Polish | cotonnade |
| Russian | котонада |
Synonymes de « cotonnade »
Citations du mot "cotonnade"
La cotonnade est une matière légère et agréable au toucher.
Marie-Antoinette
La cotonnade est le tissu de prédilection pour l'été.
Coco Chanel
La cotonnade est utilisée pour confectionner de beaux draps et rideaux.
Simone de Beauvoir