Coudraie

suff

Définitions de « coudraie »

Trésor de la Langue Française informatisé

-AIE, suff.
Prononc. : [ε]. Pour la prononc. de la finale -aie par [ε] ouvert bref (ex. : baie, claie, craie, raie, vraie), cf. Grammont Prononc. 1958, p. 38. − Rem. Pour Fér. 1768 : ,,Aie est toujours long, il se prononce comme un è ouvert; haie, plaie, vraie : prononcez hè, plè, vrè.`` Pour Mart. Comment prononce 1913, p. 81 au contraire ,,La finale -aie ou -aies s'allonge un peu en vers [cf. à ce suj. p. 56], mais cette différence est insensible dans l'usage courant : est-ce vrai ou est-elle vraie ne se prononcent pas de deux manières.``
Étymol. ET HIST. A.− Étymol. − Le suff. -aie provient du suff. lat. -ēta, plur. de -ētum, dont il a gardé le sens : coudraie < lat. *colureta épinaie < lat. *spineta frênaie < lat. *fraxineta (Dauzat 1964) houssaie < lat. *huleta, frq. hulis ormaie < lat. *ulmeta oseraie < lat. *ausareta saussaie < lat. *saliceta Néanmoins, les dates d'apparition des dér. étant pour la plupart assez tardives, on ne saurait déterminer avec exactitude quels sont les mots issus directement du lat. et quelles sont les formations fr. Rem. En a. fr. on trouve aussi des formes avec -oi issu du lat. -ētum; cette termin. masc. a été remplacée par -oie qui se retrouve dans charmoie, ormoie, et -aie (Nyrop t. 3, 1939, § 152). Cf. cependant les noms de lieux : Fontenoy, Aunay, Épernay. B.− Vitalité et productivité 1. Vitalité. − L'analyse se fait aisément, la base étant toujours isolable. 2. Productivité. − Dès le xiies., le suff. -aie est productif; actuellement il apparaît surtout sous la forme -eraie. a) Av. 1789 : xiiecoudraie xiiehoussaie fin xiieoseraie 1211 chênaie 1280 frênaie (sous la forme fragnée) 1294 boulaie 1294 tremblaie xiiiesaussaie xiiiepommeraie xiiieormaie, ormoie 1328 saulaie (sous la forme soloie) 1360 futaie xiveaunaie (sous la forme aunoie) fin xivecerisaie 1424 foutelaie fin xvepeupleraie 1507 buissaie, buissière 1538 châtaigneraie xvieamandaie 1600 cannaie 1606 oliveraie 1607 palmeraie 1611 fougeraie 1636 pruneraie 1690 prunelaie 1690 roseraie 1775 platanaie xviiiehêtraie b) Apr. 1789 : 1802 jonchaie 1812 noiseraie 1823 ronceraie 1870 rouvraie (que Rob. date de 1611 sous la forme rouvraye) 1873 pineraie 1928 bananeraie xxejoncheraie xxefraiseraie xxemyrtaie xxeorangeraie Rem. 1. Sur charmoie ormoie, cf. supra rem. Rem. 2. ,,En ancien français, -aie se trouve parfois confondu avec -ée.`` (Nyrop t. 3 1936, § 153) : arbrée (ibid.), erbee (T.-L.), espinée (Nyrop t. 3 1936, § 153), olivée (ibid.), pomerée (ibid.), sapinée (ibid.). ,,En français moderne, il y a aussi tendance à mettre -ée pour -aie (P. Stapfer, Récréations grammaticales. p. 182). G. Flaubert écrit hêtrée dans le premier chapitre de Madame Bovary.`` (Nyrop t. 3 1936, § 153). Cf. aussi saulée, concurrent de saussaie et de saulaie. Rem. 3. Bon nombre de dér. attestés en a. fr. ont disparu : arbroie « lieu planté d'arbres » (Gdf.) herboie « herbe, pré, prairie, gazon » (ibid.) figueroie, remplacé par figuerie en fr. mod. jardineraie « ensemble de jardins » (T.-L.) milleraie « champ semé de millet » (Gdf.) concurrencé par miliere de même sens (ibid.) sapinoie, remplacé par sapinière (cf. au xvies., une forme sapinnette)
BBG. − Dub. Dér. 1962, p. 16, 103. − Tomassone (R.), Combettes (B.). Remarques sur la formation des collectifs de noms d'arbres et de plantes. R. Ling. rom. 1970, t. 34, no133/134, pp. 224-233.
Rem.1 − Oppos. -aie (-eraie)/-ère ou ière*. − Les dér. formés par ces 2 suff. ont même signif.; -aie est plus fréq. que -(i)ère et reste seul productif : buissaie « lieu planté en buis » (Littré) / buissière « lieu planté de buis » (Littré) fraiseraie / fraisière « plantation de fraisiers » houssaie / houssière « lieu planté de houx, de buissons de houx » (Pt Rob.) jonchaie, joncheraie / jonchère « lieu où poussent des joncs » pineraie / pinière « pinède » Cf. milleraie / milière Oppos. -aie (-eraie) / -erie* : orangeraie « plantation, verger d'orangers cultivés en pleine terre » / orangerie « lieu fermé où l'on met à l'abri pendant la saison froide les orangers cultivés dans des caisses... Partie d'un jardin où les orangers sont placés pendant la belle saison »; « orangeraie » (Rob.). Cf. cotonnerie, figuerie ,,Les noms en -aie sont en quelque sorte des collectifs non marqués. Les noms en -ière et en -erie comportent en plus de l'idée de collectivité, une marque, une notion complémentaire : l'exotisme pour -erie, groupement artificiel le plus souvent pour -ière, ...`` (Tomassone, Combettes, infra bbg.)
COUDRIER, COUDRE2, subst. masc.
A.− Noisetier. Bois de coudriers; plan, rameau, rejet de coudrier. Coudre franc; bois de coudre (Ac.1878).Des pousses de coudrier l'étayaient, qui se couvraient en cette saison de chatons jaunâtres (Moselly, Terres lorr.,1907, p. 79):
Il m'accompagnait dans les bois, mais sans cacher qu'il ne goûtait pas la campagne. J'étais ravi quand une branche de coudre, au passage, faisait sauter son pince-nez. Gide, Si le grain ne meurt,1924, p. 417.
B.− P. méton. Bois de cet arbre. Cerceaux de coudre (Ac.1878).Ses sabots de coudrier [de Spiagudry] avaient fait place aux bottes fortes d'un postillon (Hugo, Han d'Isl.,1823, p. 145).Quant à Quirin, une baguette de coudrier dans les mains, il cherchait une source (Barrès, Colline insp.,1913, p. 166).
Rem. Le subst. coudre est attesté comme ,,vx`` par DG, Rob., Lar. Lang. fr.
Il prenait l'air sous sa coudrette (Pourrat, Gaspard,1930, p. 189).La petite Solange (...) les suivit [les bessons] à petits pas jusque dans la coudrière (Sand, Pte Fad.,1849, p. 40).
Prononc. et Orth. : [kudʀije]; [ku:dʀ ̥]. Ds Ac. depuis 1762 et de 1762 à 1878 respectivement. Étymol. et Hist. A. xies. judéo-fr. coldre (Glose de Raschi, éd. A. Darmesteter et D. S. Blondheim, no227); 1160-70 codre (M. de France, Lais, éd. J. Rychner, Chevrefoil, 51); ca 1179 noiz de coudre (Renart, éd. M. Roques, branche I, 119); qualifié de ,,v. lang.`` par Ac. Compl. 1842. B. 1503 couldrier (J. Le Maire, Illustr. [éd. 1512], I, 215, Stecher ds R. Hist. litt. Fr., t. 8, p. 497); 1555 coudrier (Ronsard, Les Meslanges, Le Houx, éd. P. Laumonier, t. VI, p. 138). A empr. au lat. pop. *cŏlŭrus, réfection du lat. corylus (graphie hellenisante pour corulus, le mot étant considéré comme empr. au gr., v. TLL s.v.) sous l'infl. du celt. *collo < *coslo (v. Dottin, p. 248), cf. le dér. colurnus « de coudrier ». B. dér. de A, suff. -ier*. Fréq. abs. littér. Coudrier : 67. Coudre2: 3.
DÉR.
Coudraie, coudrette, subst. fém.Lieu planté de coudriers. Il prenait l'air sous sa coudrette (Pourrat, Gaspard,1930, p. 189).Les 2 mots sont attestés ds Ac. 1798-1932. Rem. La docum. atteste aussi, dans le même sens, le subst. fém.coudrière. La petite Solange (...) les suivit [les bessons] à petits pas jusque dans la coudrière (Sand, Pte Fad.,1849, p. 40).[kudʀ ε]; [kudʀ εt]. Aucune transcr. de coudrière. 1resattest. a) 1186 coldraie anthroponyme (Cart. dunense, Mabille, p. 185 ds Gdf. Compl.); mil. xiiies. [ms.] « buisson de coudriers » (ds Bartsch Chrestomathie, 64a18); b) xiiies. coudrete « (petit) coudrier, buisson, ensemble de coudriers » (J. Moniot de Paris ds Romans et Pastourelles, éd. K. Bartsch, III, 45, 12). Du rad. de coudre2; a) suff. -aie*; b) suff. -ette*. Fréq. abs. littér. Coudrette : 4.
BBG. − Monnot (R.). Le Noisetier. Vie Lang. 1963, p. 444.
Source : CNRTL

Wiktionnaire

Français

Nom commun

Singulier Pluriel
coudraie coudraies
\kud.ʁɛ\
Une coudraie.

coudraie \kud.ʁɛ\ féminin

  1. Lieu planté de coudriers.
    • Le mur de l'arrière-cour contre lequel était accolé le cabanon de Nastia longeait un chemin qui la séparait d'une petite coudraie fort touffue. — (Nikolaï Semenovitch Leskov, Nicolas Leskov, Georges Nivat, Les récits de Gostomiel, 2004)

Anagrammes

→ Modifier la liste d’anagrammes

  • couderai
  • radoucie
  • réadouci
  • recoudai
Source : Wikitionnaire

Littré (1872-1877)

coudraie

(kou-drê) s. f.
  • Lieu planté de coudriers.

    Par extension, toute espèce de bocage. L'ébat qu'on prit sous la coudraie, La Fontaine, Troq.

HISTORIQUE

XIIe s. Je l'ai veü Là jus sous la coudroie, Romancero, p. 67.

XVIe s. Es olivetes, amendaies et coudraies, cinq ou six toises d'entre-fossé satisferont, De Serres, 642. Sous ces adresses nous edifierons la coudraie, soit ou par plant enraciné, ou par branche, De Serres, 681.

Source : Dictionnaire Littré

Étymologie de « coudraie »

Voir coudrier.
Source : Wikitionnaire

Coudre 1.

Source : Dictionnaire Littré

Phonétique du mot « coudraie »

Phonétique Prononciation
France (Vosges) : écouter « coudraie »
Source : Wikitionnaire

Fréquence d'apparition du mot « coudraie »

Source : Google

Traductions du mot « coudraie »

Langue Traduction
English coudraie
German coudraie
Spanish coudraie
Portuguese coudraie
Italian coudraie
Dutch coudraie
Polish coudraie
Russian coudraie
Source : DeePL

Synonymes de « coudraie »