Couleur
Sommaire
Définitions de « couleur »
Trésor de la Langue Française informatisé
Wiktionnaire
Nom commun 1
| Singulier | Pluriel |
|---|---|
| couleur | couleurs |
| \ku.lœʁ\ | |
couleur \ku.lœʁ\ féminin
- Caractéristique visuelle de la lumière visible donnée par la distribution de ses longueurs d’onde.
- Un edelweiss séché glissa d’une des enveloppes de rhodoïd et M. Abel le replaça avec des gestes précautionneux sur la photo aux vilaines couleurs qui lui servait de support : sur un vague fond de mosquée, trois militaires en calot et treillis se tenaient par l’épaule. — (Alain Demouzon, Monsieur Abel, 1979, section Dimanche, 16 heures)
- La gamme de couleurs où elle est baignée est d’une somptuosité que l’on ne peut décrire. Depuis le rouge et l’or jusqu’au violet céleste, toutes les teintes frappent ses murailles […]. — (Pierre Louÿs, La ville plus belle que le monument, dans Archipel, 1932)
- Vu la différence souvent considérable dans la couleur et la distribution spectrale d’énergie des rayonnements à comparer, toutes les difficultés théoriques et pratiques de la photométrie hétérochrome peuvent se présenter. — (M. J. Urbaneck, Résumé des travaux effectués dans les laboratoires des différents pays depuis 1931, dans Commission Internationale de l’Éclairage, 1935, page 205)
- Symptomatiquement, lorsque Goethe vers 1810 entreprend sa gigantesque enquête sur la couleur, il commence par déclarer qu'il faut jeter à bas le « château branlant » de la physique newtonienne, qui ne tient pas compte du sujet, de l'expérience personnelle, de la sensation, des sens […]. — (Jacques Aumont, De l'esthétique au présent, p.40, De Boeck Supérieur, 1998)
- Caractéristique visuelle de la matière donnée par la distribution des longueurs d’onde de l’absorption de la lumière blanche.
- Sa tenture était un papier dont il eût été difficile de déterminer la couleur primitive; […]. — (Alexandre Dumas, Les Mille et Un Fantômes)
- Des coteaux d’Arbois, de Poligny et de Salins, descendait, chaque automne, avec les cuves pleines, le beau vin couleur peau d’oignon, jailli des grappes de poulsard, […]. — (Louis Pergaud, La Disparition mystérieuse, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
- C’est une féerie, une fantasmagorie de couleurs à donner la jaunisse à la Loïe Fuller, à faire sembler ternes les célèbres fontaines lumineuses. — (Fraipont; Les Vosges, 1923)
- On préfère construire un roman, qu’on déroule à sa guise, au rythme que l’on choisit, on l’illustre d’images d’Épinal aux coloriages grossiers, aux violentes couleurs. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
- Les pois égouttés doivent présenter la couleur normale caractéristique des pois secs trempés en conserve, compte tenu de toute adjonction de colorants artificiels. — (FAO, Codex alimentarius, volume 5A, 1994, page 204)
- Ce qui n’est pas blanc ou noir.
- Le linge de couleur et le blanc.
- (Vieilli) Qualifie les mulâtres, pour les distinguer des blancs ou des noirs.
- Les hommes de couleur.
- (Héraldique) Ce qui n’est pas métallique.
- Couleur sur métal.
- Métal sur couleur.
- Couleur vive par opposition au noir, au gris, etc.
- Le deuil de cette femme est trop récent pour qu’elle reprenne les robes de couleur.
- Renoncer à la couleur, ne plus porter que le noir, ou d’autres couleurs peu éclatantes.
- Substance dont se sert pour colorer, coloris.
- Pour réchampir les moulures, on broie les couleurs à l'huile de noix et on détrempe à l'essence; on applique deux couches généralement plus foncées que le fond. — (Eugène Aucamus, Menuiserie serrurerie, plomberie, peinture et vitrerie, Paris : chez P. Vicq-Dunod & Cie, 1898, page 297)
- Un régiment d’ouvriers et pas mal de jeunes apprentis colorent les images au pochoir. Armés d’un formidable pinceau, de forme spéciale, ils trempent d’un mouvement rythmé dans un pot de couleur pour le passer sur le patron, […]. — (Gustave Fraipont; Les Vosges, 1895, 1923)
- Mettre un plancher, un parquet, etc., en couleur.
- (Sens figuré) (Peinture) Se dit du style, des expressions considérées comme étant, pour celui qui écrit ou qui parle, ce que la palette est pour le peintre.
- Il peignit des plus vives couleurs la détresse dans laquelle ils étaient plongés.
- On leur avait peint notre situation sous les plus fausses couleurs.
- L’importance accordée à l’oral dans cet apprentissage nous a fait choisir la prononciation restituée, la plus à même,
selon nous, de rendre au grec ancien ses couleurs sonores. — (Assimil, Le Grec ancien sans peine, 2003)
- (Par extension) (Sens figuré) Apparence, tournure que prennent les choses selon les circonstances.
- Le récit prend, vers la fin, une couleur plus tragique.
- L’auteur chargé de ce rôle a su lui donner une couleur nouvelle.
- L’affaire prend couleur : on commence à en espérer un bon résultat.
- Cette affaire commence à prendre une bonne, une mauvaise couleur : prendre figure, prendre une bonne, une mauvaise tournure.
- On ne connaît pas la couleur de son argent : il ne paie pas ses dettes.
- Je ne connais pas la couleur de ses paroles : je ne l’ai jamais entendu rien dire.
- (En particulier) Caractère propre à telle ou telle opinion.
- Prendre couleur.
- Ses opinions ont bien changé de couleur depuis que je ne l’ai vu.
- La couleur de ce journal est encore indécise.
Initialement, la liste officielle, diffusée le 23 mai, ne permettait pas à un électeur de savoir avec précision sous quelles « couleurs » concouraient certains des candidats de sa circonscription.
— (Nupes ou Ensemble ! en tête aux législatives ? Les raisons de la divergence entre « Le Monde » et le ministère de l’intérieur, Le Monde, 13 juin 2022)
- Raison apparente dont on se sert pour couvrir et pallier quelque mensonge ou quelque mauvaise action, afin de persuader ce qu’on désire.
- Une autre calomniatrice se joignit à elle, & sçut donner de telles couleurs a ses impostures qu'elle les fit croire enfin à plusieurs. — (Adrien Baillet, Les Vies des saints : disposées selon l'ordre des calendriers, page 386, 1701)
- Revêtir un mensonge de belles couleurs.
- Il sait donner une couleur plausible, une couleur spécieuse à ce qu’il dit, à ce qu’il fait de plus mal.
- Donner des couleurs : alléguer des prétextes invoquer de mauvaises raisons.
- (Par ellipse) Teint du visage qui exprime une émotion ou la santé.
- Les Liméniennes ont toutes de belles couleurs, les lèvres d’un rouge vif, de beaux cheveux noirs et bouclés naturellement, des yeux noirs d’une expression indéfinissable d’esprit, de fierté et de langueur ; […]. — (Flora Tristan; Les Femmes de Lima, dans Revue de Paris, tome 32, 1836)
- Tu es malade. Tu es d’une drôle de couleur.
- La montagne t’a réussi, tu as des belles couleurs.
- (Par ellipse) (Coiffure) Teinte artificielle des cheveux.
- (Cartes à jouer) Enseigne, symbole du jeu de cartes français que sont les cœurs (♥), carreaux (♦), trèfles (♣) ou piques (♠).
- J’ai des quatre couleurs dans mon jeu.
- Je n’ai point de cette couleur.
- Les cartes n’ayant pas l’un de ces symboles sont dites sans couleur.
- (Poker) Main contenant cinq cartes de la même couleur.
- Couleur de peau pour catégoriser les êtres humains, comme blanc, noir et jaune.
- Le Sup∴ Cons∴ déclare en conséquence que la Maçonnerie n’admet comme condition de l’entrée d’un profane dans la famille Maçonnique, aucune distinction de couleur, de nationalité ou de croyance religieuse. — (La chaine d’union de Paris, 1874)
- (Par extension) Couleur de peau autre que le blanc.
- Demain, j'irai faire un tour au « tata » sénégalais de Chasselay où sont enterrés cent et plus braves soldats de couleur, morts pour nous, à l’insu de tous, voire d’eux-mêmes, qui ne comprirent rien à rien. — (Pierre Molaine, L’œil au beurre noir, Éditions Atramenta, 2014, page 80)
- (Physique) Nombre quantique des quarks et des antiquarks.
- Il existe trois charges de couleur pour les quarks : bleu, rouge et vert.
- (Au pluriel) Symbole.
- C’était un noble jeune homme, vêtu aux couleurs du comte et portant ses armes sur la poitrine ; […]. — (Alexandre Dumas, Othon l’archer, 1839)
- Les menaces visaient surtout les couleurs que portait le cavalier et non le cavalier lui-même. Ces couleurs, cette livrée, comme on disait alors, devait être bien détestée, car des regards de haine la suivaient, des poings se tendaient. — (Michel Zévaco, Le Capitan, chapitre I, 1906, Arthème Fayard, collection « Le Livre populaire » no 31, 1907)
- (En particulier) Drapeau national. (Marine) Pavillon.
- La cérémonie des couleurs. - Hisser les couleurs.
- (Cartographie) Sensation psycho-physiologique résultant de la vision d’une surface colorée[1].
Nom commun 2
| Singulier | Pluriel |
|---|---|
| couleur | couleurs |
| \ku.lœʁ\ | |
couleur \ku.lœʁ\ masculin (pour une femme, on dit : couleuse)
- (Néologisme) Référence nécessaire Celui qui fait couler un bateau.
- Le « couleur » du croiseur Moskva promu au rang de vice-amiral. — (Site web du journal Ouest-France, 17 avril 2022)
Il s’agit d’un terme utilisé qui n’est pas d’un usage standard.
Anagrammes
→ Modifier la liste d’anagrammes
- cloueur
- clouure
- coulure
Voir aussi
- couleur sur l’encyclopédie Wikipédia
- couleur sur le Dico des Ados
Littré (1872-1877)
couleur
- 1Sensation que produit sur l'organe de la vue la lumière diversement réfléchie par les corps. Les couleurs, ainsi que l'a démontré Newton, sont le produit de la décomposition de la lumière.
Les couleurs ne sont pas dans les corps colorés, mais dans la lumière ; pour qu'on voie un objet, il faut qu'il soit éclairé
, Rousseau, Ess. Orig. des langues, ch. 16.Couleurs primitives, les sept couleurs qui se montrent dans la décomposition de la lumière. Couleurs naturelles des corps, celles qui proviennent de la nature des rayons réfléchis ou réfractés par ces corps (ceux qui absorbent tous les rayons du spectre, moins le rayon rouge, qu'ils réfléchissent ou qu'ils laissent passer à travers leur substance, étant d'une couleur rouge, et ainsi de toutes les autres couleurs). Couleurs complémentaires, celles qui reproduisent la couleur blanche en se combinant à une autre couleur ; c'est ainsi que six couleurs du spectre solaire réunies sont toujours complémentaires de la septième couleur avec laquelle elles donnent naissance à la couleur blanche ; dans le système du contraste des couleurs, le mot complémentaire a une autre signification, il sert à indiquer la couleur qui est susceptible d'exhausser le ton d'une autre couleur.
Juger, parler d'une chose comme un aveugle des couleurs, en parler sans la moindre connaissance.
Couleur se prend au masculin dans les expressions comme celles-ci : Le couleur de rose, d'or, d'eau, de chair, de citron, etc.
Le plumage tire sur le couleur de rose vers la racine
, La Fontaine, Psyché, liv. I, p. 13.Leur laine était d'un couleur de feu si vif qu'il éblouissait la vue
, La Fontaine, ib. II, p. 179.Je vous trouve les lèvres d'un couleur de feu surprenant
, Molière, Impromptu, 3. Après un substantif ces locutions s'emploient comme un adjectif invariable : un ruban couleur de feu ; des souliers couleur de rose.Terme de métallurgie. Couleur d'eau, brillant violet du fer bien poli, qui a passé au feu. Fer de couleur, fer qui devient cassant à la couleur rouge cerise. Couleurs de recuit, couleurs qui indiquent le degré de carburation de l'acier.
- 2Substance ou matière colorante dont on se sert en teinture, peinture, etc. Broyer, étendre des couleurs. Peindre à pleine couleur, peindre avec un pinceau très chargé de couleur. Couleurs amies, celles qui s'assortissent agréablement.
Terme de peinture. Couleurs légères, celles qui sont comprises sous le blanc, c'est-à-dire sous la dénomination de couleurs blanches. L'outremer est compté parmi les couleurs légères. Couleurs pesantes, celles qui sont comprises sous le noir. Le brun-rouge, la terre d'ombre, le bistre, etc. sont des couleurs pesantes. Couleurs changeantes, celles qui dépendent de la situation des objets à l'égard de la lumière, comme celle des taffetas changeants, de la gorge des pigeons, etc. Couleurs noyées, celles qui s'affaiblissent insensiblement, comme sont celles qui forment les nuances. Couleurs rompues, couleurs trop vives que les peintres affaiblissent par le mélange d'autres plus sombres. Couleur générale, le résultat de l'ensemble des divers objets colorés qui sont dans un tableau.
Couleur locale, la couleur propre à chaque objet indépendamment de la distribution de la lumière, et, par extension, couleur locale, art de représenter, soit en peinture, soit dans une composition littéraire, soit même dans une composition musicale, certains détails qu'on croit avoir caractérisé un pays, un temps, etc. Le procédé de la couleur locale a été particulièrement mis en usage par l'école romantique.
Terme de peintre en bâtiment. Couleurs simples, celles qui viennent des végétaux et qui ne peuvent pas souffrir le feu.
Mettre en couleur, peindre un carreau, un parquet, etc.
Terme de teinturier. Couleurs matrices, cinq couleurs dont les autres dérivent.
- 3En parlant des vêtements, toute autre couleur que le blanc et le noir. Elle avait une robe de couleur. Les gens de guerre portent des habits de couleur, les gens d'église en portent de noirs.
Terme de liturgie. Se dit des ornements de l'Église suivant les fêtes qu'elle célèbre.
Couleurs de blason ; on en distingue cinq : gueules ou le rouge ; azur ou le bleu ; sinople ou le vert ; sable ou le noir, et le pourpre qui est mélangé de gueules et d'azur. Ces couleurs sont dites émaux.
Anciennement, livrées. Gens de couleurs, les pages, laquais, cochers et suisses. Cet homme a porté les couleurs, il a été laquais.
Comment ! un aumônier portant vos couleurs ?
Hamilton, Gramm. 7.Faire par les couleurs distinguer ses valets
, Boileau, Sat. V.Tel aujourd'hui triomphe au plus haut de sa roue, Qu'on verrait, de couleurs bizarrement orné, Conduire le carrosse où l'on le voit traîné
, Boileau, Sat. I.Porter les couleurs d'une dame, porter des couleurs semblables à celles qu'elle affectionne le plus.
Je dois vaincre, j'ai de ma belle Et les chiffres et la couleur
, Béranger, Charles VII.Aux couleurs, au carrosse il ne doute de rien ; Tout était à Lucrèce…
, Corneille, Ment. III, 11.Les couleurs et les chiffres de Mme de Valentinois paraissaient partout
, La Fayette, Princ. de Clèves, Œuvres, t. II, p. 1, dans POUGENS.Remettez-moi le soin de finir vos malheurs, J'irai dans les combats vaincre sous vos couleurs
, Delavigne, Vêpres sicil. II, 3.Fig.
Le mal n'a point d'excuse, il n'est espoir, surprise, Intérêt, amitié, faveur, crainte, malheurs, Dont le pouvoir nous autorise à rien faire ou penser qui porte ses couleurs
, Corneille, Imit. I, 15. - 4Drapeau. Après un assaut acharné, les couleurs françaises flottèrent sur les remparts. Les couleurs nationales. Les trois couleurs, le drapeau ou la cocarde tricolore.
… Qui pouvait répondre Que le ciel… N'eût point vu sur la tour de Londre Flotter en fin les trois couleurs !
Béranger, Cocarde.Quand secouerai-je la poussière Qui ternit ses nobles couleurs ?
Béranger, Vieux drapeau.Terme de marine. Couleurs, s. f. plur. Pavillon, drapeau national.
- 5 Fig. Caractère propre à telle ou telle opinion. Ses opinions ont complétement changé de couleur. La couleur de ce journal est encore indécise. Prendre couleur, se décider pour un parti politique.
M. Judas … soutient avec chaleur Qu'il n'a joué qu'un seul rôle Et n'a pris qu'une couleur
, Béranger, Judas. - 6Au jeu de cartes, le rouge et le noir, et chacune des quatre marques : pique, trèfle, cœur et carreau. De quelle couleur tourne-t-il ? Je n'ai point de cette couleur.
Au lansquenet, prendre couleur, entrer au jeu et couper.
Nommer la couleur, se dit, à l'hombre, pour signifier : faire la triomphe en indiquant la couleur.
Jeu des trois couleurs, sorte de jeu de hasard que l'on joue avec un plateau et trois dés, portant chacun trois couleurs différentes.
- 7Le teint, la couleur du visage.
Déjà l'étonnement lui fait la couleur blême
, Malherbe, I, 12.J'ai couru sur le lieu sans force et sans couleur
, Corneille, Cid, II, 9.Est-ce vous, Ladislas, Dont la couleur éteinte et la vue égarée…
, Rotrou, Vencesl. IV, 4.Je vous vois sans épée, interdit, sans couleur
, Racine, Phèd. II, 6.Néron l'a vu mourir sans changer de couleur
, Racine, Brit. V, 7.Vous changez de couleur [vous pâlissez], princesse !
Racine, Ath. V, 4.Son visage changeait à tout moment de couleur
, Fénelon, Tél. V.Quelle étrange pâleur De son teint tout à coup efface la couleur ?
Racine, Esth. II, 7.Longtemps sans mouvement, sans couleur et sans vie
, Voltaire, Orphel. II, 7.Être haut en couleur, avoir la figure très colorée.
La femme d'Harlay était extrêmement grosse et très haute en couleur
, Saint-Simon, 37, 51.M. le duc d'Orléans était de taille médiocre au plus, fort plein sans être gros, l'air et le port aisé et fort noble, le visage large et agréable, fort haut en couleur, le poil noir et la perruque de même
, Saint-Simon, 390, 2.Cunégonde était haute en couleur, fraîche, grasse
, Voltaire, Cand. 1.Reprendre couleur, perdre sa pâleur, revenir à la vie ; et fig. rentrer en faveur, reparaître dans le monde.
Un homme, une femme de couleur, un mulâtre, une mulâtre. Les gens de couleur.
Terme de médecine. Les pâles couleurs, la chlorose.
Les filles malades des pâles couleurs se croyaient possédées
, Voltaire, Phil. V, 358. - 8 Terme de rôtisseur et de boulanger. Qualité colorée qu'on donne à la viande et au pain, par le moyen du feu. Ce rôti, ce pain a pris couleur.
Fig. L'affaire prend couleur, tourne à bien, commence à bien aller.
L'affaire du quiétisme, qui dormait un peu à la congrégation du saint-office, reprit couleur, et couleur qui commença à devenir fort louche pour M. de Cambrai
, Saint-Simon, 56, 189. - 9Coloris, en parlant d'un tableau. Ce tableau est d'une bonne couleur.
Terme de gravure. Cette estampe est d'une belle couleur, on y reconnaît la couleur du tableau.
Fig.
C'est à monseigneur à mettre la dernière couleur
, Sévigné, 408. - 10Éclat, brillant du style. Son style a une couleur brillante. Ce morceau manque de couleur.
Expressions considérées en tant qu'elles peignent.
Mais je ne trouve pas de couleurs assez noires Pour en représenter les tragiques histoires
, Corneille, Cinna, I, 3.Toutes les langues ont les couleurs entières de l'expression et n'ont pas les mêmes nuances
, Marmontel, Élém. litt. Œuvres, t. X, p. 270, dans POUGENS.Terme de musique. Couleurs des sons, se dit quelquefois pour timbre.
- 11Certain caractère des choses. Aux yeux du mélancolique, tout revêt de sombres couleurs. Voir tout couleur de rose, voir tout en beau.
Ainsi nous séduisant d'une fausse couleur
, Régnier, Sat. XI.Il m'a rendu ma gloire et préservé mon front Des infâmes couleurs d'un si mortel affront
, Corneille, Théodore, IV, 6.Voilà de quelle couleur sont les réflexions d'une personne de mon âge
, Sévigné, 182.Familièrement.
J'ai fort causé avec Corbinelli, il est charmé du cardinal ; il n'a jamais vu une âme de cette couleur ; celles des anciens Romains en avaient quelque chose
, Sévigné, 337.Je ne sais de quelle couleur est son argent, c'est-à-dire il ne m'a pas payé ce qu'il me devait, il ne m'a pas fait les gratifications qu'il était convenable qu'il me fît.
On dit dans ce même sens : depuis huit jours je ne connais pas la couleur de ses paroles, il ne m'a parlé depuis huit jours.
- 12Apparence, prétexte, raison palliée.
Sous couleur d'aller voir une femme malade
, Régnier, Sat. X.Ce traître… Entra dedans mon cœur sous couleur d'amitié
, Régnier, Dial.Pour appuyer cette conjecture, on ne manque ni de preuves ni de couleurs
, Patru, Plaid. II, dans RICHELET.Vous cherchez, Ptolémée, avecque trop de ruses, De mauvaises couleurs et de froides excuses
, Corneille, Pomp. III, 2.Et tout ce qui pourra, sous quelque autre couleur, Autoriser ta haine et flatter ta douleur
, Corneille, Héracl. I, 2.Mais si tu veux trahir, trouve du moins, ingrat, De plus belles couleurs dans les raisons d'État
, Corneille, Perthar. I, 4.Sous couleur de punir un injuste attentat
, Corneille, Cid, IV, 5.Sous une autre couleur lui faire ses adieux
, Corneille, Sertor. I, 2.Sous couleur de lui servir d'appui, Le met hors du royaume et me répond de lui
, Corneille, Perthar. V, 1.Et trouve occasion dessous cette couleur De venger le mépris qu'on fait de sa valeur
, Corneille, D. San. II, 1.Vous ne manquerez jamais d'esprit pour donner de belles couleurs aux fautes que vous pourrez faire
, Molière, Comtesse, 1.Sous couleur de changer de l'or que l'on doutait
, Molière, l'Étour. II, 7.Leurs injustices [des Romains] étaient d'autant plus dangereuses, qu'ils savaient mieux les couvrir du prétexte spécieux de l'équité, et qu'ils mettaient sous le joug insensiblement les rois et les nations sous couleur de les protéger et de les défendre
, Bossuet, Hist. univ. III, 6.S'ils s'en plaignent, c'est avec quelque couleur de justice
, Bossuet, Serm. Sept.Des gens qui sachent donner au mensonge de belles couleurs
, Bossuet, 1er avert.De quelque couleur qu'il se déguise
, Bossuet, III, Pent. 2.On donne de mauvaises couleurs à leurs actions
, Bossuet, Pensées, 29.Sous couleur de piété, on ne s'aperçoit pas qu'on veut dominer
, Bourdaloue, Avent, Sur l'évang. 418.J'inventai des couleurs, j'armai la calomnie
, Racine, Esth. II, 1.Ne prétendrais-tu point, par tes fausses couleurs, Déguiser un amour qui te retient ailleurs ?
Racine, Baj. V, 4.Populairement, mauvaise raison, mensonge. Quelle couleur ! J'ai deviné la couleur.
- 13Couleur, nom qu'on donnait, alors que les tulipes faisaient fureur, à celle qui n'était que d'une couleur.
SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE
COULEUR. Ajoutez :Ces essais, opérés grossièrement dans une calebasse, donnèrent la couleur, c'est-à-dire que le résidu des lavages contenait quelques parcelles d'or, Journ. offic. 28 fév. 1875, p. 1532, 2e col.
HISTORIQUE
XIe s. Li reis Marsiles ad la culur muée
, Ch. de Rol. XXXIII.
XIIe s. [Ils font] Engin de mainte color [espèce], Pour tourner joie en tristor
, Couci, I. Bele Erembors à la fenestre, au jor, Sur ses genous tient paile de color
, Romancero, p. 49.
XIIIe s. La colors n'estoit pas en semblance de choe [chouette]
, Berte, XXXIII. Quant li rois l'entendi, color [il] prit à muer
, ib. CXII. Li bateurs d'estain puet taindre son estain de toutes manieres de couleurs
, Liv. des mét. 76. Il iert biaus, et ele bele ; Bien resembloit rose novele De sa color…
, la Rose, 843. Se leur messe [des ordres mendiants] vaut quatre, il ont bone couleur De dire que leur messe soit de greignor valeur
, J. de Meung, Test. 996.
XIVe s. Ce que il dit eust aucune couleur, mais comme pourroit il coulourer son dit ?
Oresme, Eth. 296.
XVe s. … Bon serviteur Sans couleur Vous a esté vrayement
, Orléans, Requête à Cupidon. Lors quant de nous approucher je le vy, Couleur changay…
, Orléans, 1. Combien que nous avons couleur de penser que le mareschal, comme dict est, en soit cause
, Bouciq. Hist. III, ch. 5. Et fust ceste guerre depuis appellée le bien publique, pource qu'elle s'entreprenoit soubz couleur de dire que c'estoit pour le bien publique du royaulme
, Commines, I, 2. La plus part [des églises] furent pillées soubz umbre et couleur de prendre des prisonniers
, Commines, II, 13. Ce qu'ilz font et la couleur qu'ils veulent prendre en leurs lectres n'est que pour parvenir à leurs fins
, Lettre de Charles VIII, Bulletin du comité de la langue, t. III, p. 587.
XVIe s. Ils desgorgent toutes les vilenies qu'ils peuvent contre nous, pensans avoir belle couleur de nous blasmer, en ce que…
, Calvin, Instit. 145. Des peuples surprins soubs couleur d'amitié et de bonne foi
, Montaigne, III, 6. Soubs couleur de quelque meurtre, il lui feit trencher…
, Montaigne, I, 38. J'en ay veu engloutir du sable pour acquerir les pasles couleurs
, Montaigne, I, 308. À quoy faire la provision des couleurs à qui ne sçait ce qu'il a à peindre ?
Montaigne, II, 9. Cela donna occasion à Mago de souspeçonner quelque trahison, avec ce qu'il ne demandoit que quelque couleur pour s'en aller
, Amyot, Timol. 30. Soubs couleur de faire ses preparatifs, et dilayant toujours
, Amyot, Pélop. 53. De meschantes robbes rappiecées de drap de couleur
, Amyot, Agésil. 49. Caesar changea sur l'heure de plusieurs couleurs, monstrant evidemment à la face qu'il sentoit toutes sortes de mouvemens en son cueur
, Amyot, Cicéron, 50. Maintenant il nous faut traiter des palles couleurs
, Paré, XVIII, 70. Or convient il de parler des exornations ou figures que l'on dict couleurs de rhetorique
, Fabri, Art de rhétor. f° 84, dans LACURNE.
Étymologie de « couleur »
- (1050) Du moyen français couleur, de l’ancien français color, coulour, du latin color (« couleur », « teint du visage », au figuré « aspect extérieur »).
Bourguig. quelou ; provenç. et espagn. color ; portug. cor ; ital. colore ; du latin colorem.
Source : Dictionnaire LittréPhonétique du mot « couleur »
| Phonétique | Prononciation | |
|---|---|---|
| \ku.lœʁ\ France (Paris) : écouter « la couleur [la ku.lœʁ] » |
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| France (Paris) : écouter « la couleur [la ku.lœʁ] » |
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| Canada : \ku.lœːʁ\, [ku.laœ̯ʁ] Canada (Québec, Mauricie, Shawinigan) : écouter « couleur » |
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| Canada (Québec, Mauricie, Shawinigan) : écouter « couleur » |
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| Suisse (canton du Valais) : écouter « couleur » |
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| France (Vosges) : écouter « couleur » |
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| France (Lyon) : écouter « couleur » |
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| (Région à préciser) : écouter « couleur » |
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| Suisse (Lausanne) : écouter « couleur » |
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Fréquence d'apparition du mot « couleur »
Source : GoogleTraductions du mot « couleur »
| Langue | Traduction |
|---|---|
| English | color |
| German | Farbe |
| Spanish | color |
| Portuguese | cor |
| Italian | colore |
| Dutch | kleur |
| Polish | kolor |
| Russian | цвет |
Synonymes de « couleur »
- teinte
- apparence
- aspect
- tournure
- coloris
- éclat
- vie
- extérieur
- caractère
- allure
- vivacité
- tour
- tonalité
- relief
- pittoresque
- physionomie
- peinture
- coloration
- carnation
- brillant
- vigueur
- ton
- teinture
- prétexte
- force
- fard
- animation
- opinion
- pavillon
- pigment
- raison
- teint
- truculence
- visage
- véracité
- nuance
- motif
- bariolage
- colorant
- côté
- demi-teinte
- drapeau
- enluminure
- figure
- gouache
- étiquette
- pastel
- subterfuge
- carreau
- pique
- atout
- dire franchement
- enseigne
- oriflamme
Antonymes de « couleur »
Citations sur le mot "couleur"
La couleur est l'incarnation de la différence.
Yves Klein
Les couleurs sont le sourire de la nature.
Le Corbusier
La couleur est en moi plus importante que la forme.
Henri Matisse