Couper
Sommaire
Définitions de « couper »
Trésor de la Langue Française informatisé
Wiktionnaire
Verbe
couper \ku.pe\ transitif, intransitif ou pronominal 1er groupe (voir la conjugaison)
- Diviser un corps continu, avec quelque chose de tranchant.
- D’un coup de rasoir, je lui coupai la tête, et le tronc, d’où un flot de sang s’échappait, gigota quelques secondes sur le parquet. — (Octave Mirbeau, Lettres de ma chaumière : La Tête coupée, A. Laurent, 1886)
- En coupant le saucisson, j'en ai connu, moi qui s’étaient coupé un doigt comme rien, en deux coups de cuillère à pot. — (Pierre Roudy, L'espoir au clou, Editions Julliard, 1963, chapitre 2)
- Elle tira du réfrigérateur une assiette de fromage. Il coupa une tranche d’emmental et la mâcha lentement, alternant une bouchée de fromage et une de pain. — (Gerald Messadie, Un espoir aussi fort , tome 3 : Les années d'or, Éditions de L'Archipel, 2009, chapitre 4)
- Couper de l’herbe.
- Se faire couper les cheveux.
- Ce morceau d’étoffe a été coupé à la pièce.
- À couper au couteau : (Sens figuré) (Familier) Se dit de choses plus épaisses, plus consistantes qu’elles ne devraient l’être.
- C’est un brouillard à couper au couteau.
- Séparer en deux ou plusieurs morceaux.
- Poursuivant des cavaliers ennemis sur la grande route dans la direction de Gérone, [Sans-Gêne] reconnaît que plusieurs d'entre eux portent l'uniforme des émigrés français. Elle leur crie qu'ils vont être coupés, et leur indique le bon chemin avec le conseil de fuir au galop. — (Émile Cère, Madame Sans-Gêne et les femmes soldats, 1894)
- La noirceur de la tourbe et des basaltes est coupée par des taches d’un gazon vert et abondant […] — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
- Couper une armée : La séparer en deux tronçons.
- Ce corps d’armée fut coupé de ses bases.
- (Par extension) Tailler suivant les règles de l’art.
- Il lui arrivait tout de même de se rebeller, elle suivait un régime, s’efforçait de maigrir, s'achetait un rouge à lèvres et se coupait une jupe droite avec un pli Dior qui mettait en valeur ses jambes fuselées. — (Marie-Claude Declerk, Les miroirs de sorcière, Liège : Éditions Dricot, 1999, page 46)
- Couper les pierres.
- Couper un vêtement, un manteau, une robe.
- Pan coupé. → voir pan
- Couper un rocher, une maison, etc. : En enlever, en démolir une partie.
- On a coupé la montagne en cet endroit, pour que le chemin passât.
- Il faudrait couper cette maison pour qu’elle fût sur l’alignement.
- Couper en talus le bord d’un chemin, d’un fossé.
- Couper une route, un pont.
- Couper dans le vif : Se dit des chirurgiens qui, pour extirper le mal, coupent jusque dans la chair vive.
- (Sens figuré) Prendre des mesures énergiques pour terminer une affaire.
- Si l’on veut extirper cet abus, il faut couper dans le vif.
- (Sens figuré) Prendre des mesures énergiques pour terminer une affaire.
- (Médecine) Châtrer.
- Couper un cheval, un chien, un chat, etc.
- (Cartes à jouer) Séparer un jeu de cartes en deux avant que celui qui a la main donne.
- Couper le paquet de cartes. Souvent implicite : Allez, coupe !
- (Cartes à jouer) Fournir une carte d’atout au lieu d’une carte d’une couleur manquante, ce qui, la plupart du temps, emporte le point. → voir surcouper
- Il coupe le cœur, à cœur, en cœur. Souvent implicite : Il a coupé.
- Traverser.
- Le plus souvent des observations ultérieures permettent de rectifier les erreurs d'un premier résultat : c'est ainsi qu'on avait cru d'abord que Nysa devait couper l'orbite de Mars, tandis qu elle est toujours à 15 millions de lieues au moins au-dessus de cette planète. — (G. Lespiault, « Note sur les petites planètes situées entre Mars et Jupiter », dans les Mémoires de la Société des sciences physiques et naturelles de Bordeaux, tome 2, 1861, page 180)
- Leurs vaisseaux ne purent couper la ligne ennemie.
- Couper l’équateur : Passer d’un hémisphère dans l’autre en traversant l’équateur.
- Une chaîne de montagnes coupe toute cette région.
- Ce pays est coupé par de nombreux canaux, est coupé de grandes routes dans tous les sens.
- Je couperai cette chambre en deux par une cloison.
- Couper l’eau : Fendre l’eau en nageant.
- Couper le courant : Le traverser à la nage ou en bateau.
- Croiser avec autre chose.
L’autre rue, qui s’appelle la rue Haute ou Adalstraeti, coupe la première à angle droit et aboutit à un bâtiment en bois dont la façade porte en grandes lettres blanches peintes sur fond bleu le mot « hospital ».
— (Jules Leclercq, La Terre de glace, Féroë, Islande, les geysers, le mont Hékla, Paris : E. Plon & Cie, 1883, page 46)- La ligne droite qui coupe deux autres lignes droites parallèles se nomme sécante.
- Un plan qui en coupe un autre.
- Ces deux chemins, ces deux lignes, ces deux plans se coupent.
- Un solide est coupé par un plan, etc.
- Barrer, intercepter, rendre impraticable.
- Couper le cours d’une rivière, d’un ruisseau.
- Couper une route, un passage.
- On coupa les ponts pour empêcher l’ennemi de passer.
- Couper une voie de chemin de fer.
- Couper le chemin à quelqu’un : Se mettre au-devant de lui sur son chemin pour l’empêcher de passer.
- Interrompre, arrêter, faire cesser.
- Louis démarre lentement. Au bout d'un instant, il coupe le moteur. La voiture descend la petite route droite en silence. — (Patrick Modiano, Une jeunesse, Gallimard, collection Folio, 1981, page 16)
- Le fusible gG coupe un court-circuit de 100 A en 0,05 s. Le fusible aM, de même calibre, temporisé, ne le coupera pas. La donnée aM est l'abréviation d'« accompagnement moteur ». — (Daniel Gaude, Électrotechnique : Physique appliquée à la conversion et à la distribution de l'énergie électrique, éditions Eyrolles, 2014, page 253)
- Couper la parole à quelqu’un : L’interrompre en prenant la parole, ou lui imposer silence.
- Les sanglots, les soupirs, etc., lui coupent la parole, la voix : L’empêchent de parler, de s’exprimer d’une manière suivie.
- — Pardon, lui dis-je, si je vous coupe, comme disait Samson au poète André de Chénier, mais il me semble que tout cela, pour si flatteur qu’il vous paraisse et qu’il vous soit, n’a rapport que d’assez loin à cette espèce de passion canaille dénommée béguin, dont vous vous êtes longuement entretenus et que pour ma part...
— Là, là, dit Cintra, reposez-vous. — (Paul-Jean Toulet, Mon Amie Nane, 1922) - Couper la communication : Mettre fin à une conversation téléphonique avant qu’elle ne soit achevée.
- Couper le courant.
- Couper le son : Interrompre la musique.
- Couper les sons : Marquer un silence entre chaque son, dans les expressions de douleur, d’abattement ou d’admiration lorsqu’on joue.
- Couper la fièvre : L’arrêter au moyen d’un médicament.
- Couper les vivres à une ville assiégée, à une armée, etc. : Fermer les avenues, pour empêcher qu’on ne lui porte des vivres.
- (Sens figuré) Couper les vivres à quelqu’un : Lui retrancher l’argent, les moyens de subsister, etc.
- Couper court. → voir court
- (Sens figuré) Éloigner.
- L’universalisme des Lumières était déjà accusé de couper l’homme de ses racines pour dessiner un être abstrait et désincarné, détourné de l’ordre naturel divin. — (Ariane Chemin, Vincent Martigny, Mais qui veut éteindre les Lumières ?, Le Monde. Mis en ligne le 15 novembre 2018)
- (Cuisine) Mêler un liquide avec un autre de force moindre. Absolument, y mêler de l’eau.
- Couper son vin avec de l’eau.
- Couper son vin, couper du lait.
- (Jeu de paume, Sport, Tennis, Tennis de table) Pousser la balle de manière qu’elle ralentisse et dévie dans son rebond.
- Couper le coup.
- (Intransitif) Être coupant, tranchant.
- Les éclats de verre coupent.
- Ce couteau coupe bien, coupe mal, ne coupe pas.
- (Intransitif) Prendre un raccourci, aller par le chemin le plus court.
- Couper par le plus court chemin, par le plus court, par un sentier.
- Couper à travers champs.
- (Intransitif) (Escrime) Achever de passer l’épée par-dessus la pointe de l’épée de l’adversaire.
- (Intransitif) (Danse) Faire le pas qu’on nomme coupé.
- (Pronominal) Entamer la chair, y faire une incision.
- Elle s’est coupée à la main.
- Il s’est coupé jusqu’à l’os, jusqu’au vif.
- Se couper la joue avec un rasoir.
- Cet enfant se coupe.
- Ce cheval se coupe : Il s’entretaille des pieds de devant ou des pieds de derrière.
- (Pronominal) S’user facilement à l’endroit des plis.
- Ce drap, ce velours, etc., se coupe : Ce drap, etc., s’use promptement aux endroits où il s’est formé des plis.
- (Pronominal) (Sens figuré) Se contredire, se démentir soi-même dans ses discours, laisser échapper une chose qu’on voulait cacher. → voir recouper
- Il s’est coupé dans ses réponses.
- On se coupe aisément quand on ne dit pas la vérité.
– Oui, c’est pareil, tout le monde les appelle comme ça, même le sous-chef, ça lui arrive de se couper…
— (Richard Jorif, Le Burelain, éditions François Bourin, 1989, pages 81-82)
- (réciproque) Se croiser.
- Croire à quelque chose de trompeur, se laisser berner, tomber dans le panneau.
- J’y pense maintenant, ce n’est pas bien dangereux de prôner aux enfants la soumission et l’admiration envers les parents indignes. Est-ce que Bonvalot coupe dans les leçons sur les parents ? — (Léon Frapié, La maternelle, Librairie Universelle, 1908)
- — Ça ne peut pas réussir. Personne n’y coupera une minute. — (Jules Romains, Les Copains, 1922, réédition Le Livre de Poche, page 168)
Ainsi toi, ma bonne Joséphine, faut-il que tu sois naïve pour croire que j’aie pu couper une minute dans l’explosion du Ver-Luisant, dans le naufrage Pellegrini-Cagliostro, et dans les bourdes racontées par le prince Lavorneff !
— (Maurice Leblanc, La Comtesse de Cagliostro, 1924)
- (Intransitif) Couper la tête, guillotiner.
- — Pardon, lui dis-je, si je vous coupe, comme disait Samson au poète André de Chénier, mais il me semble que tout cela, pour si flatteur qu’il vous paraisse et qu’il vous soit, n’a rapport que d’assez loin à cette espèce de passion canaille dénommée béguin, dont vous vous êtes longuement entretenus et que pour ma part...
— Là, là, dit Cintra, reposez-vous. — (Paul-Jean Toulet, Mon Amie Nane, 1922)
- — Pardon, lui dis-je, si je vous coupe, comme disait Samson au poète André de Chénier, mais il me semble que tout cela, pour si flatteur qu’il vous paraisse et qu’il vous soit, n’a rapport que d’assez loin à cette espèce de passion canaille dénommée béguin, dont vous vous êtes longuement entretenus et que pour ma part...
- Réduire des crédits, un budget.
Lorsqu’un ministre de la Santé coupe dans le budget, qu’il supprime ici un scanner, là un médecin, là encore un service de réanimation, il se doute bien qu’il raccourcit de pas mal l’existence de milliers d’inconnus.
— (Hervé Le Tellier, L’Anomalie, Gallimard, 2020)
Anagrammes
→ Modifier la liste d’anagrammes
- croupe, croupé
- poucer
Littré (1872-1877)
couper
- 1Diviser un corps avec un instrument tranchant. Couper du pain avec un couteau, du bois avec une hache.
David, rencontrant Saül à son avantage, après lui avoir sauvé la vie malgré les instances de tous les siens, se sentit saisi de frayeur pour lui avoir seulement coupé le bord de sa robe et avoir mis la main, quoique d'une manière si innocente, sur sa personne sacrée
, Bossuet, Variat. 5e avert. § 30.Familièrement. À couper au couteau, se dit de choses épaisses, d'un liquide plus consistant qu'il ne doit l'être. Un brouillard, une fumée à couper au couteau. Voilà un bouillon à couper au couteau.
Quelques verres d'un gros vin à couper par tranches
, Rousseau, Conf. II.Absolument. Ce rasoir coupe bien.
Couper la bourse à quelqu'un, lui voler sa bourse.
Couper la gorge à quelqu'un, et, populairement, le sifflet à quelqu'un, l'égorger, le tuer. On coupa la gorge à tous les Français dans les Vêpres siciliennes.
Fig. Couper la gorge à quelqu'un, lui faire perdre sa position, lui causer un grand dommage.
Fig. Couper le sifflet à quelqu'un, le rendre muet.
Familièrement. Je lui couperai les oreilles, se dit par exagération et par menace.
Laissez-moi, je lui veux couper les deux oreilles
, Molière, Tart. V, 2.On dit aussi couper le nez.
Laissez-moi lui couper le nez. - Laissez-le aller ; Que feriez-vous, monsieur, du nez d'un marguillier ?
Regnard, Ménechm. III, 11.Couper le visage à quelqu'un d'un coup de cravache, lui asséner un coup de cravache à travers la figure.
Fig. Couper la jupe, couper la robe au cul, façon de parler grossière qui se dit à des prostituées ou à des femmes qui ne valent pas mieux.
Il me ferait couper ma jupe ; Ma foi, je ne suis pas si dupe
, Scarron, Virg. travesti, dans LEROUX, Dict. comique.Fig. Couper l'herbe sous le pied à quelqu'un, le supplanter dans une affaire.
Couper pied à un abus, en ôter la cause.
Couper bras et jambes à quelqu'un, lui ôter tout moyen d'agir efficacement, et aussi lui causer une consternation grande. Cette nouvelle m'a coupé bras et jambes.
Je m'en consolerai quand je verrai Phocas Croire affermir son trône en se coupant le bras
, Corneille, Héracl. IV, 5.Fig.
Quelle horreur d'embrasser un homme dont l'épée De toute ma famille a la trame coupée !
Corneille, Hor. V, 3.Si vous voulez couper d'une race odieuse Dans ses derniers rameaux la tige dangereuse
, Voltaire, Orphel. III, 4.Couper le mal à sa racine, l'attaquer à sa source et l'extirper.
C'en est encor bien moins [de prudence] alors qu'on s'imagine Guérir un si grand mat sans couper la racine
, Corneille, Cinna, II, 2. - 2Se couper, couper à soi-même. Se couper les ongles. Coupez-vous du pain. En taillant sa plume, il s'est coupé le doigt.
Quand on eut appris sa mort chez les barbares, la douleur fut extrême, ils se coupèrent les cheveux, coupèrent les crins de leurs chevaux et de leurs mulets, et remplirent tout le camp de cris et de gémissements
, Rollin, Hist. anc. Œuvres, t. III, p. 259, dans POUGENS.Se couper la gorge, se donner la mort en s'ouvrant la gorge.
Se couper la gorge avec quelqu'un, se battre en duel avec lui.
Mon ami, lui dit le chevalier, j'ai autant d'envie que vous de me couper la gorge, car je suis outré de dépit ; mais ce ne sera pas avec vous, s'il vous plaît
, Marmontel, Contes mor. Lauret. - 3Tailler d'une certaine façon. Il s'entend bien à couper les pierres. Couper un habit.
La voilà qui me coupe des serviettes
, Sévigné, 221.Terme de gravure. Conduire d'une certaine manière le burin. Ce graveur coupe bien le cuivre. Exécuter en creux ou en relief différents ornements.
Terme de sculpture. Couper le plâtre, faire à la main des moulures ou autres ornements en plâtre.
Terme d'architecture. Couper du trait, faire le modèle d'une voûte ou d'une pièce de trait en petit, avec de la craie, du plâtre, etc.
Absolument, en termes de cordonnier et de tailleur, tailler le cuir ou l'étoffe selon les règles du métier. Il coupe bien.
En termes de jardinage, couper à l'épaisseur d'un écu, couper en moignon, couper en talus, couper en pied de biche, couper carrément, termes de LA QUINTINYE, Jardins, t. I, dans RICHELET.
- 4Enlever, retrancher une, partie d'une chose. Couper un pan de bois.
En termes de maçonnerie, couper une pierre, en ôter trop, de sorte qu'elle ne peut pas servir à l'endroit où elle était destinée.
En termes de chirurgie, couper un membre, l'amputer. Couper dans le vif, couper, pour mieux extirper un mal, tout autour dans les chairs vives.
Fig. Couper dans le vif, prendre des mesures énergiques pour mettre fin à une situation mauvaise.
Terme de vétérinaire. Couper un animal, le châtrer.
- 5Barrer, détourner, intercepter. Couper le cours d'une rivière. Couper une route, un passage. Les ponts furent coupés pour empêcher les ennemis de passer.
Couper le chemin à quelqu'un, le lui barrer, passer devant lui.
Son fils et deux valets me coupent le chemin
, Corneille, le Ment. II, 5.Ils avaient coupé le chemin aux Madianites
, Bossuet, Polit.Il fait signe aux siens, qui étaient de l'autre côté de l'arbre, de couper le chemin au perfide Adraste
, Fénelon, Tél. XX.Depuis, les Russes ont reproché à Napoléon de ne s'être point décidé à cette manœuvre ; mais ont-ils assez songé qu'aller ainsi se placer par delà un fleuve, une ville forte et une armée ennemie, c'eût été, pour couper aux Russes le chemin de leur capitale, se faire couper à soi-même toute communication avec ses renforts, ses autres armées et l'Europe ?
Ségur, Hist. de Nap. VI, 3.Couper les communications, couper les vivres à une place assiégée, empêcher qu'elle ne communique avec le dehors, qu'elle ne se ravitaille.
Fig.
Coupons dès cette nuit tout accès à ses vœux
, Rotrou, Vencesl. III, 3.À tous nos démêlés coupons chemin, de grâce
, Molière, Mis. II, 1.Couper les vivres à quelqu'un, cesser de subvenir à ses dépenses, lui refuser de l'argent.
Couper le feu, circonscrire, borner l'action de l'incendie.
Des capucins travaillèrent si bien qu'ils coupèrent le feu
, Sévigné, 20.Par analogie. Couper la fièvre, empêcher le retour des accès.
Avec la seconde écorce du sassafras, ils [les sauvages] coupent les fièvres
, Chateaubriand, Amér. 96.Fig.
Je coupe en lui tout intérêt de mentir
, Rousseau, Ém. II. - 6Passer devant quelqu'un en le séparant de la personne ou de la chose vers laquelle il va.
Elle coupe la duchesse et donne la serviette
, Sévigné, 27.Tantôt il vous quitte brusquement pour joindre un seigneur ou un premier commis, et tantôt, s'il les trouve en conversation avec vous, il vous coupe et vous les enlève
, La Bruyère, IX.Vardes convint avec mon père que le carrosse de M. de Vardes couperait celui de mon père
, Saint-Simon, 10, 119.Tous [au conseil d'État] étaient assis, et les conseillers d'État y coupaient les secrétaires d'État et le contrôleur général
, Saint-Simon, 417, 7.Terme de manége. Couper la volte ou le rond, changer de main en faisant des voltes.
- 7Séparer, diviser. Je couperai cette pièce en deux par une cloison.
Ils ont coupé de trop grandes pièces, pour avoir des logements mieux distribués
, Rousseau, Hél. IV, 10.Se croiser avec. Ce chemin coupe la route d'Orléans. Une ligne qui en coupe une autre à angle droit.
Couper l'eau, couper le courant, aller en travers ou en remontant.
Fig. Couper à quelqu'un sa journée, déranger le plan de ses occupations.
Terme de marine. Le vaisseau coupe la lame, quand l'avant court sur la lame et la traverse.
On dit aussi couper la ligne de l'ennemi, quand un ou plusieurs vaisseaux la traversaient et la séparaient en deux, rendant ainsi l'une des parties inutiles pour le combat, alors que les vaisseaux à vapeur n'existaient pas. À Trafalgar, les Anglais coupèrent la ligne française.
Fig. Couper l'équateur, traverser l'équateur.
- 8 Terme de jeu de carte. Prendre avec l'atout une carte de son adversaire. Je coupe le carreau.
Le jeu rassemble tout ; il unit à la fois Le turbulent marquis, le paisible bourgeois ; La femme du banquier, dorée et triomphante, Coupe orgueilleusement la duchesse indigente
, Regnard, le Joueur, III, 6.Absolument. Je coupe à carreau.
- 9Empêcher, en parlant de la voix, de la parole.
La Parque à ce mot lui coupe la parole
, Corneille, Rodog. V, 4.Ce n'est que la douleur qui lui coupe la voix
, Corneille, Théod. V, 9.Peut-être, si la voix ne m'eût été coupée, L'affreuse vérité me serait échappée
, Racine, Phèdre, IV, 5.Ses pleurs précipités ont coupé mes discours
, Racine, Baj. III, 4.Couper la parole à quelqu'un, l'interrompre en la prenant soi-même.
Couper la parole à son maître
, La Bruyère, IV.Néron lui coupe la parole et lui réplique que Claude ne fit jamais accuser personne
, Diderot, Ess. s. Claude. - 10Gercer, en parlant du froid Le froid m'a coupé les lèvres.
Ce vent coupe la figure, il est vif et froid.
- 11Tempérer un liquide par un autre. Couper du vin blanc avec du vin rouge.
Absolument. Couper, c'est mélanger d'eau. Couper le bouillon.
On a beau couper le lait de mille manières
, Rousseau, Ém. I. - 12Couper le style, faire des phrases courtes et d'où les liaisons sont absentes.
Mettre les repos dans les phrases, dans les vers. Ce vers est heureusement coupé. L'orateur a mal coupé ses phrases.
Il faut couper vos phrases à propos ; mais il y a une manière de les couper qui, bien loin d'interrompre l'harmonie, sert à la continuer
, D'Olivet, Prosodie fr. art. V, § 2.Terme de musique. Couper les sons, marquer un silence d'un son à l'autre.
- 13À la paume, couper le coup, couper la balle, pousser la balle de manière qu'elle ne fasse point de bond.
Ils la touchent en biaisant de leur raquette, ce qu'ils nomment couper
, Descartes, Diopt. 5.Terme de jeu. Couper cul, se retirer après avoir gagné et sans donner de revanche.
Couper les dés, les jeter en retirant le cornet, pour qu'ils restent à la même place.
- 14Couper court, abréger.
Je dirais beaucoup de choses sur ce sujet que je coupe court par mille raisons
, Sévigné, 346.Absolument. Couper court au discours ; et, elliptiquement, couper au discours.
Tout cela va le mieux du monde, Mais enfin coupons au discours
, Molière, Amph. III, 11.Par extension, mettre un terme.
Coupons court Aux erreurs de la jeunesse
, Béranger, Chap.Couper court à quelqu'un, le quitter brusquement en lui faisant une réponse brève et décisive. Et absolument : Monsieur, point tant de paroles, coupons court.
- 15 V. n. Passer la racloire sur une mesure de grains qui est comble.
- 16Couper à travers champs, par le plus court chemin, se diriger par la ligne la plus courte.
Terme de vénerie. Un chien coupe, lorsqu'il veut gagner la tête de la meute ou lorsqu'il manque de force.
- 17 Terme de peinture. On dit qu'une couleur coupe quand elle n'est pas assez fondue.
- 18 Terme de danse. Exécuter le pas dit coupé.
Terme d'escrime. Exécuter le dégagement dit coupé. Couper sous le poignet, dégager par-dessous le poignet de son adversaire. Couper sur pointe, porter une botte en dégageant par-dessus la pointe de l'épée de l'adversaire.
On dit aussi couper la mesure, la dégager.
- 19 Terme de jeu de cartes. Séparer en deux un jeu de cartes, après que celui qui les tient les a bien mêlées.
Au jeu du lansquenet, prendre carte et se mettre au nombre des joueurs. Il coupait.
- 20 Terme de marine. Couper à terre, aller directement le cap sur la terre.
Passer entre un vaisseau et un autre.
Dans ce moment-là j'avais Ruyter par mon travers, et je voyais l'arrière-garde ennemie dans nos eaux, qui pouvait, en revirant, couper entre notre corps de bataille et la division de M. Gabaret,
Mém. de Villette, en 1675, dans JAL. - 21Se couper, v. réfl. Se blesser avec un instrument tranchant. Elle s'est coupée à la main.
Terme de manége. On dit que des chevaux se coupent, quand ils s'entre-heurtent les jambes, ou quand, avec l'un des fers, ils se blessent le boulet de l'autre pied.
Se dit aussi des enfants et des personnes grasses, lorsqu'il leur vient des excoriations aux plis que forme la peau.
- 22Être coupé. Le roc cède et se coupe aisément.
En parlant des étoffes, se gâter par les plis. Les étoffes fortes se coupent plutôt que celles qui sont souples et déliées.
- 23S'entre-croiser. Ces deux lignes, ces deux routes se coupent.
- 24 Fig. Se contredire dans ses assertions. On se coupe aisément quand on ne dit pas la vérité.
Ces deux réponses se coupent
, Bossuet, Nouv. myst. 90.La comtesse de Soissons, craignant toujours qu'on ne lui eût fait quelque finesse, tourna tant Vardes qu'il se coupa sur deux ou trois choses
, La Fayette, Hist. d'Henr. d'Anglet. Œuvres, t. III, p. 157, dans POUGENS.
HISTORIQUE
XIe s. Si ço avent que alquen colpe le poin à altre u le pied
, Lois de Guill. 13.
XIIe s. Au bon destrier [il] a l'eschine coupée
, Ronc. p. 66. Ne faiz pas cum saint Piere qui dona la colée ; Al serf al prince aveit l'une oreille coupée
, Th. le mart. 90. Par douz [deux] feis i fu pris : si l'en laissa aler, Mais ainceis li fist l'um les oreilles couper
, ib. 31.
XIIIe s. Et li François lor remanderent qu'il i seroient l'endemain devant tierce, et le [l'ormeau] copperoient ou despit de lui
, Chr. de Rains, p. 63. Se feme tient bos [bois] en douaire, elle ne le poet couper devant que il ait sept ans acomplis
, Beaumanoir, XIII, 7. Et quant il les orent pris, il lor coperent les testes à toz
, Beaumanoir, XXX, 63. Et lors il me porterent à terre et me saillirent sur le cors pour moy coper la gorge
, Joinville, 240. Mal apertement se partirent les Turs de Damiete, quant il ne firent coper le pont qui estoit de nez [nefs]
, Joinville, 216.
XIVe s. Et on voit qu'uns larons qui se met à l'embler, Il n'aconte noient d'une bourse à couper
, Baud. de Seb. VI, 263.
XVe s. Et à tant je coupe le compte de che chevalier, jusques cy après que j'en releveray le remannant
, Chastelain, Chron. des ducs de Bourg. l. I, ch. 54. Que ce vin on ne coupe ; Ainçois qu'on boive net ; Je pry toute la troupe De vider le godet
, Basselin, XVIII.
XVIe s. S'estant si lourdement couppé [contredit]
, Montaigne, I, 39. C'estoit un precipice si droict et si couppé, que…
, Montaigne, I, 156. Un mont coupé, rabotteux et inaccessible
, Montaigne, I, 176. Un langage trop serré, coupé
, Montaigne, I, 292. Murena en rencontra les uns fuyans, ausquelz il couppa le chemin et les desfeit
, Amyot, Sylla, 40. Ses ennemis luy coupoient les vivres
, Amyot, Lucull. 4. La montée n'estoit pas fort roide ny couppée [à pic]
, Amyot, ib. 53. Il faut couper la cause de la fievre par son contraire
, Paré, XX, 5.
Étymologie de « couper »
- Dérivé de coup avec le suffixe -er : proprement « séparer par un coup ». (XIe siècle) colper du latin tardif colpus. (1610) Mélanger à un autre liquide. (1637) Couper une balle au jeu de paume. (1861) Couper à (une corvée, par exemple).
Coup ; picard, coper ; bourguig. côpai.
Source : Dictionnaire LittréPhonétique du mot « couper »
| Phonétique | Prononciation | |
|---|---|---|
| France : écouter « couper [ku.pe] » |
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|
| (Région à préciser) : écouter « couper [ku.pe] » |
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| France : écouter « couper » |
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| France (Massy) : écouter « couper » |
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| Suisse (Genève) : écouter « couper » |
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|
| France (Toulouse) : écouter « couper » |
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| France (Grenoble) : écouter « couper » |
|
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| France (Vosges) : écouter « couper » |
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| France (Lyon) : écouter « couper » |
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| France (Paris) : écouter « couper » |
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| (Région à préciser) : écouter « couper » |
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| France (Hérault) : écouter « couper » |
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| Suisse (Lausanne) : écouter « couper » |
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| France (Metz) : écouter « couper » |
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| France (Cesseras) : écouter « couper » |
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| canton du Valais (Suisse) : écouter « couper » |
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| Mulhouse (France) : écouter « couper » |
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Fréquence d'apparition du mot « couper »
Source : GoogleTraductions du mot « couper »
| Langue | Traduction |
|---|---|
| English | cut |
| German | schneiden |
| Spanish | corte |
| Portuguese | cortar |
| Italian | taglio |
| Dutch | gesneden |
| Polish | cięcie |
| Russian | разрезать |
Synonymes de « couper »
- tailler
- supprimer
- retrancher
- déchirer
- trancher
- diminuer
- arrêter
- diviser
- enlever
- taillader
- rompre
- blesser
- barrer
- casser
- morceler
- ôter
- interrompre
- mutiler
- fendre
- découper
- séparer
- abattre
- amputer
- raccourcir
- élaguer
- rogner
- entamer
- entailler
- briser
- déchiqueter
- dépecer
- hacher
- tronquer
- sectionner
- faucher
- arracher
- balafrer
- décapiter
- suspendre
- retirer
- ouvrir
- fermer
- censurer
- étendre
- écharper
- terminer
- lever
- labourer
- finir
- effacer
- détacher
- écimer
- tondre
- partager
- inciser
- fractionner
- exécuter
- empêcher
- mélanger
- mêler
- piquer
- scier
- tempérer
- traverser
- émonder
- mouiller
- guillotiner
- cesser
- charcuter
- châtrer
- cisailler
- croiser
- débiter
- faire
- rayer
- réséquer
- scinder
- segmenter
- ébarber
- échancrer
- écorcher
- égorger
- émasculer
- rafraîchir
- prélever
- passer
- abréger
- amenuiser
- bloquer
- cingler
- ciseler
- diluer
- emporter
- expurger
- fouetter
- raser
- saper
- stériliser
- tremper
- tronçonner
- écourter
- égrapper
- émincer
- étêter
- éviter
- opérer
- obstruer
- moissonner
- additionner
- baptiser
- boucher
- chantourner
- chapeler
- débrider
- décoller
- découdre
- extirper
- intercepter
- mincer
- hongrer
- guérir
- gercer
- mitiger
- moucher
- s'entrecouper
- surcouper
- ébouter
- ébrancher
- émarger
- faucarder
- exciser
- essoriller
- ajouter
- aménager
- aviver
- castrer
- chaumer
- disséquer
- débrancher
- décolleter
- déranger
- entrecouper
- escarper
- étraper
- mouvement
- nature
- personne
- fait
- transports
- coller
- effleurer
- estropier
- noyer
- sabrer
- fragmenter
Antonymes de « couper »
Citations sur le mot "couper"
Il faut couper la tête de l'hydre, sinon elle repousse.
André Gide
La hache du temps coupe finement à travers des ossements plus durs que le fer.
Samuel Beckett
Il faut savoir couper les ponts pour mieux les retrouver.
Paulo Coelho