Courailler
verbe
intrans
Sommaire
Définitions de « courailler »
Trésor de la Langue Française informatisé
COURAILLER, verbe intrans.
Il ne faut plus courailler dans Belleville avec des gâteaux et des sucres d'orge (Halévy, Criquette,1883, p. 48).Il nous parle du père, bellâtre, magnifique garde national, courailleur, homme à bonnes fortunes, permettant parfaitement le ménage à trois (Goncourt, Journal,1860, p. 745).Prononc. : [kuʀ ɑje], (je) couraille [kuʀ ɑ:j]. Étymol. et Hist. 1. 1732 « courir çà et là » (Père Grégoire, Dict. fr.-celt. ou fr.-bret., p. 225 ds Fr. mod., t. 12, p. 63); 2. 1838 « mener une vie débauchée » (Ac. Compl. 1842). Dér. de courir*; suff. -ailler*. Fréq. abs. littér. : 3.
DÉR.
Courailleur, euse, subst.Personne qui couraille, qui mène une vie légère. Il nous parle du père, bellâtre, magnifique garde national, courailleur, homme à bonnes fortunes, permettant parfaitement le ménage à trois (Goncourt, Journal,1860, p. 745).− 1resattest. a) 1845 (Saubinet, Vocab. lang. rémois, Reims, p. 28 : petit polisson qui court partout). b) 1860 « qui court les femmes » (Goncourt, loc. cit.); de courailler, suff. -eur2*. − Fréq. abs. littér. : 1.
BBG. − Darm. 1877, p. 120. − Mat. Louis-Philippe 1951, p. 70.
-AILLER, suff.
A.− La base est un verbe :
courailler , verbe« fam., mener une vie frivole, légère »
criailler , verbe« 1. crier sans cesse, se plaindre fréquemment et d'une façon désagréable. 2. crier (oie, perdrix, faisan, paon, pintade) »
criticailler , verbe« fam., critiquer, blâmer sans raison »
discutailler , verbepéj., « discuter sans cesse et sur de petites questions » (Lar. encyclop.)
disputailler , verbevx, « disputer longuement et inutilement »
dormailler , verbe« dormir mal, dormir d'une façon interrompue » (Littré)
godailler , verbe« faire de faux plis » (Pt Lar. 1968) ou « se livrer à la boisson » (DG)
harpailler1, (dér. péj. de harper : mal saisir, prendre le change)verbeterme de chasse, « prendre le change, se séparer en parlant des chiens » (Littré)
harpailler2, (fréquentatif de harper : se saisir violemment l'un l'autre)verbe pronom. réfl.« se quereller avec aigreur » (Littré)
jouailler , verbefam. et vieilli. « 1. jouer petit jeu. 2. jouer médiocrement et sans passion (d'un instrument, à un jeu) »
rimailler , verbevieilli, « faire de mauvais vers »
rodailler , verbe« fam., rôder, traînailler »
tirailler , verbe« 1. a) tirer à plusieurs reprises, en diverses directions. b) fig., agir d'une manière fréquente et importune sur..., en sollicitant contradictoirement; pronom., s'entendre mal. 2. tirer souvent, irrégulièrement, en divers sens; spéc., faire un tir irrégulier, à volonté »
tournailler , verbe« fam. 1. verbe intrans., faire des tours à droite et à gauche. 2. rare, verbe trans., faire tourner à plusieurs reprises » (DG)
toussailler , verbe« tousser un peu et souvent »
traînailler , verbe« var. de traînasser »
traitailler , verbe« faire sans cesse de nouveaux traités, de petites conventions mal observées; tripoter dans les négociations » (Littré)
De même :intrigailler, -
philosophailler (dér. de philosopher),-
réglementailler, -
semailler (dér. de semer et non de semaille) (Darm. 1877);
dessinailler, -
répétailler, -
tripotailler (Nyrop t. 3 1936, § 435);
plaidailler, -
préchailler (Goug. Lang. pop. 1929, p. 142);
politiquailler (dér. de politiquer) (Nyrop t. 3 1936, § 435).
B.− Rare. La base est un subst. ou un rad. quelconque :
brétailler , verbe(de brette, épée)« tirer l'épée à tout propos; hanter les salles d'armes et s'y escrimer sans cesse » (Littré)
fouailler , verbe[dér. de l'a. fr. fou, issu du lat. fagus, hêtre (Dauzat 1964)]« frapper de coups de fouet répétés »
gouailler , verbe[même racine que engouer, d'apr. un sens fig. de gorge (ibid.)]« railler sans délicatesse, dire des railleries »; « se moquer grossièrement » (DG)
piailler , verbe(d'un rad. onomatopéique pî-)« pousser de petits cris aigus »
pinailler , verbepop., « ergoter sur des vétilles, se perdre dans les subtilités »
Rem. Certains verbes en -ailler sont formés à partir de dér. en -aille* et ne sont donc pas traités ici; on peut citer, p. ex. : cisailler, embroussailler, encanailler, grenailler, mitrailler, ravitailler, ripailler, sonnailler, tenailler, etc.
Prononc. − Cf. -aille.
Étymol. ET HIST. A.− Étymol. − Issu du lat. -aculare ou créé secondairement sur le suff. nom. -aille*. Le grand nombre des dér. en -aille et de leurs correspondants verbaux (bataille/batailler; cisaille/cisailler) a permis la création de dér. en -ailler à partir d'un verbe (crier/criailler) ou à partir d'un subst. (fouet/fouailler). B.− Vitalité et productivité 1. Vitalité a) Dans tous les cas, l'analyse des dér. se fait aisément que la base soit un verbe ou un subst. : discuter/discutailler, dormir/ dormailler, tousser/toussailler...; fouet/fouailler... ou qu'elle soit sentie grâce à la commutation possible du suff. avec une autre finale : piauler/piailler b) Finales homophones : brailler « crier », du lat. pop. *bragŭlare, dimin. de bragĕre « braire » (Dauzat 1964) carcailler, courcailler onomat. « crier en parlant de la caille » (ibid.) chamailler « frapper, batailler, se battre »; auj. sens plus faible; renforcement probable de l'a. fr. mailler, de mail, avec un préf. cha-, var. de ca- (ibid.) débrailler (de dé- et a. fr. braiel, brail; de braie) « fam., se découvrir la poitrine d'une manière indécente en ouvrant ses vêtements » dérailler, composé du préf. dé- et de rail égailler « disperser, s'étendre; répartir »; mot de l'Ouest, vulgarisé par les Chouans de Balzac, sens venu du Midi; du lat. pop. *æquāliare, de æqualis « égal », peut-être croisé avec aiguail « rosée » (ibid.) érailler (xiie) « rouler les yeux »; (1560) « retourner le blanc de l'œil »; (xviie) « détériorer en écartant »; de l'a. fr. roeillier « rouler des yeux », issu du lat. pop. *roticŭlāre, de rota « roue » (ibid.) grailler1, de graille « corneille », du lat. grăcŭla « crier en parlant de la poule » (ibid.) grailler2, « sonner du cor », de l'a. fr. graile « trompette » (avec l mouillé par influence de graille); même mot que grêle, adj., c.-à-d. « clairon au son grêle »; peut-être repris au prov. graile, qui avait les 2 sens de « grêle » et de « trompette » (ibid.) railler, de l'a. fr. ralhar « bavarder, plaisanter », du lat. pop. *ragulare « bramer », b. lat. ragere, d'où est issu l'a. fr. raire (ibid.) rouscailler (de rousser « gronder » et cailler « bavarder ») « parler; réclamer, protester » 2. Productivité. − Sert encore à former des dér. exprimant la répét. rapide d'une action, toujours avec une nuance péj. : 1792 tournailler (Dauzat 1964) 1842 courailler (Pt Rob.) 1875 rôdailler (Dauzat 1964; 1862 pour Pt Rob.) 1877 toussailler (Dauzat 1964) xxetraînailler (Dauzat 1964; 1877 pour Pt Rob.) xxecriticailler (Pt Rob.) 1949 discutailler (ibid.) xxepinailler (Dauzat 1964; 1959 pour Pt Rob.) À cette liste, il convient d'ajouter les mots nouv. cités par Darm. 1877 (cf. supra A). C.− Styl. − Nombre de verbes (cf. notamment supra A intrigailler) sont des créations d'auteur n'appartenant guère, en tant que tels, à la lang.; mais le procédé restant vivant, ils peuvent toujours renaître dans l'instant du discours.
BBG. − Darm. 1877, p. 120. − Dub. Dér. 1962, p. 19. − Goug. Lang. pop. 1929, p. 142. − Lew. 1960, p. 338.
Rem. Certains verbes en -ailler sont formés à partir de dér. en -aille* et ne sont donc pas traités ici; on peut citer, p. ex. : cisailler, embroussailler, encanailler, grenailler, mitrailler, ravitailler, ripailler, sonnailler, tenailler, etc.
Wiktionnaire
Français
Source : Wikitionnaire
Verbe
courailler \ku.ʁɑ.je\ intransitif ou transitif 1er groupe (voir la conjugaison)
- (Péjoratif) Courir.
- On les laissa courailler dans les cours, écuries et dépendances de l’auberge, ou trotter par la ville ; on les fouettait quelquefois ; quelquefois, on les envoyait chez leur grand-père Auffray, qui les aimait très peu. — (Honoré de Balzac, Pierrette, 1840)
- Un jour le bouc avait été vendu ; elle avait cessé de se déranger pour les gésines et s’était contentée de courailler les samedis de ferme en ferme, son cabas au bras, se faisant de ce qu’elle ramassait en un jour, la nourriture d’une semaine. — (Camille Lemonnier, Un mâle, Marabout, 1977, page 133)
- (Péjoratif) Courir les filles ou les garçons ; avoir de nombreuses aventures galantes.
- Pendant que la femme, elle s'évaltonnait avec son Espagnol, la fille, elle allait courailler dans les fêtes, et là, au Breuil, elle a fait la connaissance d'un sergent, un sale petit sergent en garnison à Boissy; j'ai beau eu la prévenir, il était trop tard. — (André Thérive, Cœurs d'occasion, Gallimard, 1937, page 119)
- Si vous voulez bien sérieusement travailler, j’ai quelques économies, je vous prêterai mois par mois l’argent nécessaire pour vivre, mais pour vivre strictement et non pour bambocher, pour courailler ! — (Balzac, La Cousine Bette, Garnier, 1959, page 61)
«Il disait que ça évitait de briser la famille, puisque, grâce à ça, il ne couraillait pas ailleurs», a ajouté Me Lapointe, qui réclame des peines consécutives allant de 66 à 84 mois puisqu’il y a deux victimes.
— (Kathleen Frenette, Abus sexuels sur ses filles: un père de famille risque une longue peine, Le Journal de Québec, 21 décembre 2021)
Anagrammes
→ Modifier la liste d’anagrammes
- corailleur
- courriella
- crouillera
- rocailleur
Littré (1872-1877)
courailler
(kou-ra-llé, ll mouillées) v. n.
- Terme populaire. Courir fréquemment ; et fig. mener une vie désordonnée ou de débauche.
Étymologie de « courailler »
- De courir, avec le suffixe péjoratif -ailler.
Courir.
Source : Dictionnaire LittréPhonétique du mot « courailler »
| Phonétique | Prononciation | |
|---|---|---|
| France (Lyon) : écouter « courailler » |
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Fréquence d'apparition du mot « courailler »
Source : GoogleTraductions du mot « courailler »
| Langue | Traduction |
|---|---|
| English | courailler |
| German | courailler |
| Spanish | courailler |
| Portuguese | courailler |
| Italian | courailler |
| Dutch | courailler |
| Polish | courailler |
| Russian | courailler |
Synonymes de « courailler »
Citations sur le mot "courailler"
Notre chien se met à courailler dans tous les sens à l'approche des invités.
Anonyme
Il faut parfois courailler après ses rêves pour les attraper.
Inconnu
Au lieu de courailler après les richesses matérielles, il est préférable de rechercher le bonheur intérieur.
Inconnu