Courant

adj

Définitions de « courant »

Trésor de la Langue Française informatisé

COURANT, ANTE, adj.
I.− [Dans l'espace]
A.− [En parlant du mouvement physique d'un animé] Qui court. Chien, chienne courant(e), et pris subst., courant. J'entendais de ma fenêtre l'appel de ses chiens courants (Lamart., Confid.,1849, p. 345).Clara se rappelle que l'on va chasser le lièvre (...). Les courants gueulent dans la cour (Jammes, Roman du lièvre,1899, p. 116).
Emploi subst.
1. Subst. masc., HÉRALD. Un courant. Quadrupède représenté à l'allure de la course.
2. Subst. fém., fam., avec ell. du subst. déterminé. La [maladie] courante. Maladie qui fait courir, diarrhée. Rien n'est plus désagréable que d'avoir cette maladie peu poétique qu'on appelle la courante (Mérimée, Lettres M. Panizzi,t. 2, 1870, p. 252).
B.− [En parlant du mouvement physique d'un inanimé]
1. Eau courante
a) Qui coule sans interruption (p. oppos. à eau stagnante).
b) Amenée par canalisation. Chambre avec eau courante :
1. Lecouvreur les servait puis essuyait le zinc du comptoir avec une lavette, rinçait les verres dans un bassin d'eau courante, vérifiant leur limpidité d'un clin d'œil : ... E. Dabit, L'Hôtel du Nord,1929, p. 30.
2. P. méton.
a) [Méton. du subst. déterminé] Main courante. Rampe ou corde où s'appuie la main tout au long d'un escalier.
b) [Méton. de l'adj., en parlant d'une unité de mesure] Dont la mesure est évaluée en suivant l'objet dans le sens de sa longueur. Toise, aune, mètre, pied courant.
3. Domaines partic.
a) MAR. Manœuvre courante ou gréement courant (p. oppos. à manœuvre dormante). Manœuvre (cordages), gréement mobile.
b) TYPOGR. Titre courant. Titre en capitales se répétant au haut de chaque page d'un livre, d'un périodique.
II.− [Dans le temps]
A.− Qui est en cours; qui se déroule présentement.
1. [En parlant d'une unité de temps] L'année courante, et loc. ell. pour du mois courant : fin courant, le 8 courant.
Rem. Dans la lang. fam., courant suivi d'un nom marquant une unité de temps limité et proche prend valeur prép. au sens de « au cours de » : courant novembre.
2. P. méton. Où s'inscrivent les opérations en cours.
a) Compte courant (cf. compte).
b) Main courante (vieilli). Livre de commerce où sont inscrites au fur et à mesure les opérations de compte.
P. anal. Dépenses courantes; expédier les affaires courantes.
Emploi subst. p. ell. du subst. déterminé [En parlant d'intérêts à payer] Le courant. Le terme qui court.
B.− FIN. Qui a cours actuellement. Monnaie courante, prix courant.
Au fig. Monnaie courante. Les mots, cette monnaie courante, usée, effacée (A. Daudet, Jack,t. 2, 1876, p. 174).
Spéc. Francs courants (p. oppos. à constants). Francs considérés sans tenir compte de leur dépréciation :
2. ... les différents pays ont connu des phénomènes d'inflation. En particulier, en France, les prix en francs courants ont subi des hausses considérables mais très variables suivant les produits. J.-A. Lesourd, C. Gérard, Hist. écon. XIXeet XXes., t. 1, 1968, p. 98.
C.− P. anal. Qui est habituel, ordinaire à un moment donné. Langage courant, technique courante.
Spéc. Écriture courante ou, p. ell. du subst. déterminé, courante, subst. fém. Écriture manuscrite ordinaire :
3. ... l'éducation est exclusivement religieuse, réduite aux versets de la Bible d'où sont tirées toutes les leçons, les exemples de ronde et de courante, jusqu'aux abécédaires à images. A. Daudet, L'Évangéliste,1883, p. 161.
Prononc. et Orth. : [kuʀ ɑ ̃], fém. [-ɑ ̃:t]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1. a) ca 1100 « qui court » (Roland, éd. J. Bédier, 1153 : cheval curant); ca 1270 chien courant (Studier i Modern Språkvetenskap, 14, 84 ds FEW t. 2, p. 1570 a); b) ca 1100 (Roland, éd. J. Bédier, 2226 : ewe curant); c) début du xives. subst. fém. « diarrhée » (Chronique de Morée, éd. J. Longnon, § 563); d) 1413 de l'écriture (J. Guiffrey, Inventaires de Jean, duc de Berry, t. 1, p. 240 : lettre courant); 1704 subst. les courantes penchées (Jaugeon, Description et perfection des arts et métiers, Imprimerie, I, 259 ds IGLF); 1732 adj. écriture courante (Trév.); e) av. 1873 archit. main courante (Marie, sans réf. ds Lar. 19e, s.v. main); 2. a) av. 1615 « usuel, habituel » (Pasquier, Recherches de la France, p. 862 ds IGLF); b) 1669 prix courant (Colbert, Lettres, Instructions et Mémoires, éd. P. Clément, t. II, p. 801 ds Kuhn, p. 82); 3. a) 1623 « qui est en cours » (Ch. Sorel, Francion, p. 123 ds IGLF : jour courant); b) 1772 affaires courantes (J.-J. Rousseau, Considérations sur le gouvernement de Pologne, éd. J. Fabre, p. 982). Part. prés. adj. de courir*. Au sens 1 c, courante est peut-être une erreur de lecture pour courance « id. » attesté du xiieau xviesiècle. Fréq. abs. littér. Courant, adj. : 3 202. Courante : 689. Fréq. rel. littér. Courant, adj. : xixes. : a) 3 244, b) 4 810; xxes. : a) 4 735, b) 5 424. Courante : Fréq. abs. littér. : 689. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 553, b) 730; xxes. : a) 1 060, b) 1 429. Bbg. La Landelle (G. de). Le Lang. des marins. Paris, 1859, p. 177, 332.
COURANT, subst. masc.
I.−
A.− [En parlant de l'eau] Mouvement rapide de l'eau qui s'écoule suivant la pente du terrain. Le courant d'une rivière; suivre, descendre, remonter le courant; nager contre le courant. Un pauvre enfant du village, en jouant près de la rivière, a été entraîné par le courant (Krüdener, Valérie,1803, p. 257):
1. Elle éprouvait, quand elle remontait le courant, une grande jouissance à sentir le flot filer plus rapide contre sa poitrine et contre ses jambes; ... Zola, La Fortune des Rougon,1871, p. 203.
P. métaph.
Remonter le courant. Rétablir une situation devenue critique :
2. Une dyspepsie (...) le força [Claude] de quitter Paris au moment même où la reprise fructueuse de sa première pièce allait lui permettre de régler ses dettes les plus pressantes et de remonter le courant. P. Bourget, Physiol. de l'amour mod.,1890, p. III.
Suivre le courant. Suivre plus ou moins passivement les habitudes qui semblent l'emporter autour de soi, dans la société de son temps.
En partic. Courant marin. Déplacement des eaux de mer dans une direction et selon un mouvement bien marqués. Courant de marée, de flot, de jusant :
3. Dans la vie, il y a des successions de bonnes et de mauvaises chances, semblables à ces courants d'eau chaude et ces courants d'eau froide que trouve en mer un nageur. E. et J. de Goncourt, Journal,1880, p. 70.
B.− [En parlant de l'air] Déplacement de masses d'air suivant une direction déterminée. Courant atmosphérique, ascendant; courant de précipitation, de perturbation; éviter, être en plein courant d'air :
4. Je t'assure qu'elle se moque bien de ma santé. Ce n'est pas de sa faute si je n'ai pas encore pris mal. Elle établit dans les wagons des courants d'air mortels. Mauriac, Génitrix,1923, p. 362.
C.− P. anal., PHYS.
1. ÉLECTR. Courant électrique ou absol. courant. Transport d'électricité à travers un conducteur.
SYNT. Courant positif, négatif; courant continu, alternatif, d'induction; courant triphasé; fréquence, intensité d'un courant; couper, rétablir, inverser le courant; prise de courant.
P. métaph., fam. Le courant (ne) passe (pas). Accord, sympathie qui s'établit (ou ne s'établit pas) entre deux ou plusieurs personnes. La politique intérieure de la France est « en panne ». Le courant ne passe pas (L'Express,20 oct. 1969ds Gilb. 1971).
Spéc., PHYSIOL.
a) Courant d'action. Courant qui apparaît à la surface d'un nerf ou d'un muscle préalablement excité et qui correspond à une onde de dépolarisation (négativité électrique) se propageant le long de ce nerf ou de ce muscle (cf. Méd. Biol. t. 1 1970).
b) Courant de repos. Courant correspondant à la différence de potentiel qui existe entre la surface et l'intérieur d'une cellule nerveuse au repos (cf. Méd. Biol. t. 1 1970).
2. Courant gazeux :
5. La diffusion a eu lieu au travers d'un tube de terre poreuse vertical, sous la pression constante du courant gazeux qui passait dans un manchon dans lequel le tube était fixé. MmeP. Curie, L'Isotopie et les éléments isotopes,1924, p. 186.
II.− P. anal. ou au fig.
A.− [Avec une idée de masse qui avance]
1. [En parlant du mouvement continu d'un grand nombre de pers.] Déplacement de personnes dans une même direction. Courant de population, d'immigration :
6. ... une carte où les mouvements de peuples seraient figurés comme le sont les déplacements aériens sur les cartes météorologiques, ferait apparaître le territoire français comme une aire où les courants humains se sont portés, mêlés, neutralisés et apaisés, par la fusion progressive et l'enchevêtrement de leurs tourbillons. Valéry, Regards sur le monde actuel,1931, p. 122.
2. [En parlant du mouvement continu du temps] Écoulement d'une période de temps donnée. Le courant du mois. Je pense que je pourrai livrer les deux autres volumes dans le courant de décembre (Hugo, Correspondance,1865, p. 506).Littér. Le courant des âges.
3. [En parlant du mouvement continu des affaires] Le courant des affaires. La quantité d'affaires habituellement traitées.
4. [En parlant d'un développement continu des sentiments, de la formation des idées dans la société] Un courant de pensées, un courant historique; le courant des idées. Les théologiens qui suivaient le courant augustinien se souvinrent ici encore de l'interprétation donnée par le XIIesiècle (Théol. cath.t. 4, 1, 1920, p. 1191):
7. On a vu plus haut, à propos de J.-J. Rousseau, combien est complexe sa pensée et comment Rousseau est à la source à la fois du courant de démocratie individualiste et libérale et aussi d'un courant orienté vers la « démocratie absolue ». G. Vedel, Manuel élémentaire de dr. constit.,1949, p. 191.
B.− Loc. adv. ou prép. fig.
1. [P. réf. à une masse d'eau avançant naturellement] (Écrire) au courant de la plume. Sans recherche, au fil d'une inspiration spontanée. Ce journal, le seul livre que j'aie écrit au courant de la plume et avec un plaisir constant (Green, Journal,1949, p. 277).
Rem. Dans un sens voisin, cf. l'expr. donner courant à, « donner libre cours à » qui semble peu usitée. Attends pour que je donne courant à toutes mes idées biscornues, que je sois près de toi, jamais tu n'en auras tant ouï (Zola, Corresp., 1902, p. 10).
2. [Avec réf. aux emplois I A et II A 3, suggérant une idée de familiarité] Mettre, tenir qqn au courant des affaires, p. ext. au courant de qqc. ou absol. être, (se) mettre au courant. (S')informer, être informé de l'état d'une affaire, d'une question, d'une situation; être au fait de l'actualité. Elle est très au courant de ce qui s'imprime de très littéraire (Goncourt, Journal,1891, p. 80).
Prononc. et Orth. : [kuʀ ɑ ̃]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1. Ca 1210 « mouvement d'un liquide, d'un cours d'eau » (J. de Villehardouin, Conquête de Constantinople, éd. E. Faral, § 218); 2. a) 1749 courant d'air (Buffon, Hist. nat., t. 1, p. 69); b) 1806 courant électrique (Lunier, Dict. sc. et arts ds Fr. mod., t. 14, p. 300); 3. fig. a) 1651-56 « mouvement des passions, des sentiments » (P. Corneille, L'Imitation de Jésus-Christ, I, 3 ds Littré); b) 1653 « mouvement qui entraîne l'opinion » (Saint-Amant, Moyse sauvé, t. II, p. 226 ds IGLF); c) 1690 « cours du temps » (Fur.); d) 1690 courant des affaires (ibid.); e) 1780 au courant de (Dorat, Coup d'œil sur la littérature, I, 168 ds Gohin, p. 334); f) 1832 « mouvement de foule » (Hugo, N.-D. Paris, p. 13). Part. prés. subst. de courir* au sens « couler ». Fréq. abs. littér. : 3 248. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 2 910, b) 5 191; xxes. : a) 5 025, b) 5 526. Bbg. Adlerblum (A.). Vocab. de l'astronaut. Québec, 1972, p. 16. − Gohin 1903, p. 334. − Gottsch. Redens. 1930, p. 8, 113. − Termes techn. fr. Paris, 1972, p. 93.
COURIR, verbe.
I.− Emploi intrans.
A.− Emploi abs. [Aspect imperf. du procès]
1. [Le suj. désigne un animé]
a) [En parlant de l'homme et de certains animaux] Se déplacer rapidement par un mouvement successif et accéléré des jambes ou des pattes prenant appui sur le sol :
1. Car si le blaireau ne provoque personne, il se défend dangereusement. Nul carnassier de nos climats n'en vient à bout. Ne pouvant ni courir ni bondir, il se renverse sur le dos, mord et griffe. Pesquidoux, Chez nous,1921, p. 91.
SYNT. (exprimant la très grande vitesse de course). Courir à toutes jambes, ventre à terre; courir à perdre haleine, comme un dératé; courir comme un lapin. Cf. infra II A 2 a courir la poste.
Proverbe. [P. empr. à la fable de La Fontaine Le lièvre et la tortue] Rien ne sert de courir, il faut partir à point. Mieux vaut un effort soutenu et régulier qu'une action brillante mais désordonnée au dernier moment.
En partic.
α) [En parlant d'un cavalier] Courir à toute bride, à bride abattue. Ne freiner en rien l'allure très rapide d'un cheval. Au fig. Cf. bride.
β) SP. Participer à une course de vitesse :
2. Elle avait mis une grosse somme sur un cheval qui courait ce jour-là aux courses de Chantilly. A. France, Le Lys rouge,1894, p. 332.
[Course à pied] Courir (dans telle ou telle épreuve athlétique).
[Course de vitesse quelconque] Courir à bicyclette, en auto, etc. :
3. ... sous les yeux et les applaudissements de toute la nation, dépouillés de leurs habits, ils [les jeunes gens] luttaient, boxaient, lançaient le disque, couraient à pied ou en char. Taine, Philos. de l'art,t. 1, 1865, p. 70.
Faire courir (un cheval, un pilote, etc.). L'engager dans une course. Il avait fait courir jadis et avait eu des succès d'écurie (Lorrain, Phocas,1901, p. 5).
b) [Avec une nuance appréciative]
α) [Étonnement admiratif ou au contraire nuance de reproche] Marcher d'un pas (trop) rapide; se dépêcher.
[En emploi factitif avec nuance d'étonnement admiratif] Ce spectacle fait courir les foules.
[Nuance de reproche] Vous ne marchez pas, vous courez (Littré).
Au fig. Passer vite, ne pas s'attarder sur quelque chose :
4. Pour bien dire la messe, le prêtre devrait redevenir jeune ou souple; ad deum qui laetificat juventutem meam. Car il faut courir, et l'on n'a pas le droit de s'appesantir sur telle ou telle impression, comme dans la prière privée. Bremond, Hist. littér. du sentiment relig. en France, t. 3, 1921, p. 235.
Loc. adv. En courant. À la hâte, superficiellement. Lire en courant. Excusez cette cacographie; je ne veux pas vous faire attendre et j'écris en courant (Gide, Corresp. [avec P. Claudel], 1899-1926, p. 163).
Rem. Noter la loc. adv. vieillie tout courant, « en toute hâte », citée par les dict. gén. et, dans ce même sens, l'emploi abs. de l'inf. Je n'ai pas le temps de faire ma petite écriture à ma façon comme je fais quelquefois, vous savez, celle que vous trouvez jolie. J'écris à courir, et je vous demande bien pardon (Loti, Mon frère Yves, 1883, p. 395).
β) Aller librement ici ou là; vagabonder.
Au fig. Faire courir (vieilli), laisser courir (usuel). Laisser faire, le plus souvent par résignation, ne plus intervenir dans une action en cours. Il [Maxime] avait renoncé au Conseil d'État, il faisait courir (Zola, Curée,1872, p. 589).Au point de vue religieux il [Lamartine] n'avait pas d'opinion très nette (...) il laissait courir (Barrès, Cahiers,t. 10, 1913-14, p. 52).
γ) [En parlant d'un malfaiteur ou de quelqu'un qui ne veut ou n'ose pas rester sur place] S'enfuir, s'échapper le plus rapidement possible.
Loc. Il court encore. Il s'est enfui pour ne pas se laisser prendre, ou parce qu'il n'ose pas insister :
5. − Et qu'a répondu ce M. Bloch? demanda distraitement Mmede Guermantes (...) − Ah! je vous assure que M. Bloch n'a pas demandé son reste, il court encore. Proust, Le Côté de Guermantes 2,1921, p. 505.
c) Faire des courses*., des démarches pour se procurer ou pour obtenir quelque chose. 24 janvier. Couru pour les affaires de Mmede St(aël). Elle sera payée, je le crois (Constant, Journaux,1815, p. 429).
Rem. Ce sens se rattache aux emplois mentionnés sous I B 2 c.
Péj. Faire courir qqn. Faire faire une démarche inutile; faire perdre son temps à quelqu'un.
2. P. anal. [Le suj. désigne un inanimé capable de mouvement]
a) [L'accent est sur la rapidité du mouvement] Se déplacer rapidement. Des nuages couraient dans le ciel, de temps à autre la pluie tombait (Flaub., Bouvard, t. 1, 1880, p. 18).Un vent glacial courut, accéléra le vol éperdu de la neige, intervertit l'ordre des couleurs (Huysmans, À rebours,1884, p. 61).
[En parlant de corps liquide] Couler rapidement. Le sang court dans les veines :
6. ... son visage étincelait d'amour, Et mes regards, fermés pour les choses profanes, Voyaient le sang courir dans ses bras diaphanes! T. de Banville, Les Exilés,Le Cher fantôme, 1874, p. 96.
b) [L'accent est sur la régularité et la continuité du mouvement]
α) [En parlant du temps] Se dérouler de façon continue :
7. On a aplani la difficulté, un contrôle de disponibilité est ouvert. Là les officiers inscrits voient courir leur temps comme s'ils rendaient des services effectifs. Chateaubriand, Correspondance gén.,t. 2, 1789-1824, p. 34.
Par le(s) temps qui court (courent). Actuellement. Ah! C'était un brave ami (...) un homme rare par le temps qui court (Maupass., Pierre et Jean,1888, p. 306).
β) Au fig., FIN. [Avec une idée de délai] Être compté régulièrement comme dépense à partir d'une certaine date (exprimée ou laissée implicite). Les intérêts courent à partir d'aujourd'hui :
8. [Il faut] tenir compte des jours de chômage pendant lesquels l'animal de trait ne produit aucun travail utile, alors que son entretien continue cependant à courir. Haton de La Goupillière, Cours d'exploitation des mines,1905, p. 752.
c) [L'accent est sur l'avancement spontané du mouvement]
α) [En parlant d'un aspect de la nature] Se répandre dans un espace. Une plante court sur le sol.
GÉOGR. S'étendre dans une certaine direction. La côte court du Nord au Sud. Les racines [de la bourdaine] courent à fleur de terre (Baudrillart, Nouv. Manuel forest.,trad. de Burgsdorf, t. 1, 1808, p. 304).Le lierre courait sur les murs des maisons basses (Druon, Roi de fer,1955, p. 150).
β) [En parlant d'un bruit, d'une nouvelle] Se propager. Elle-même répéta la phrase, qui courut ainsi d'oreille à oreille, au milieu des exclamations et des rires étouffés (Zola, Assommoir,1877, p. 719).
Loc. verbale. Le bruit court que :
9. Le bruit courait que Gundermann, contrairement à ses habitudes de prudence, se trouvait engagé dans d'effroyables risques... Zola, L'Argent,1891, p. 316.
γ) [En parlant d'un objet destiné à se déplacer] Aller librement, sans contrainte, sans contrôle. Laisser courir sa plume :
10. Représenter, rendre ce monde, ces trois dimensions, avec cette plume qui gratte régulièrement, qui court sur le papier. Péguy, Victor-Marie, comte Hugo,1910, p. 700.
MAR. Faire (laisser) courir une manœuvre (un cordage) :
11. Tout le gréément du bateau est englobé dans une coque de glace (...) et il est totalement impossible de faire courir les manœuvres. J.-B. Charcot, Le« Pourquoi Pas? » dans l'Antarctique, 2eexpédition antarctique fr., 1908-10, 1910, p. 352.
B.− Emploi prép. [La prép. ajoute à l'aspect imperf. du verbe une valeur d'aspect perf. ou une nuance de cet aspect]
1. [Aspect perf. pur et simple; la prép. indique le but, le terme du procès] Courir à.
a) [Le suj. désigne une pers.] Se porter rapidement et parfois en masse vers quelqu'un ou vers quelque chose. Courir au feu, aux armes; courir à un spectacle. Les hommes courent à leurs quêtes Sur la terre, ardents et pressés (Dierx, Poèmes et poés.,1864, p. 17):
12. À peine se fut-on quitté, que le chevalier de Beauvoisis courut aux informations : elles ne furent pas brillantes. Stendhal, Le Rouge et le Noir,1830, p. 269.
Courir au plus pressé. Se hâter d'accomplir ce qui est urgent :
13. En me promettant à moi-même qu'Albertine serait ici ce soir, j'avais couru au plus pressé et pansé d'une croyance nouvelle l'arrachement de celle avec laquelle j'avais vécu jusqu'ici. Proust, La Fugitive,1922, p. 428.
Courir à sa ruine, à sa perte. Tomber inexorablement dans une situation extrême :
14. Vous n'avez pas reconnu votre véritable ennemi, vous lui prêtez de petits motifs. Il n'en a que de grands et vous courez à votre perte. Camus, Caligula,1944, II, 2, p. 34.
Spéc., MAR. Courir au nord, au sud, à terre, au large, etc. Faire route en direction de.
b) Au fig. [Le suj. désigne une chose abstr.] Être sur le point de (finir). La saison court à sa fin :
15. Les événements courent trop vite à leur fin; on n'a pas assez de temps pour faire, en quelque sorte, connaissance avec les personnages, ce qui rend l'intérêt moins vif. Lamennais, Lettres inédites... à la baronne Cottu,1830, p. 216.
2. [Aspect connotatif progressif au procès; la prép. suggère l'idée d'un effort dans une poursuite voulue par le suj. pers.] Courir après.
a) [Le compl. désigne une pers.] Courir après qqn.Chercher à l'atteindre rapidement. Son oncle, ne la voyant pas revenir du bout de la place, courut après elle (Stendhal, Lamiel,1842, p. 128).Courir après un homme, une femme (au fig.). Le, la poursuivre de ses assiduités :
16. Ce hideux calotin ose insinuer et même dire assez clairement que, lorsqu'il portait encore la soutane, toutes les femmes couraient après lui, et qu'il n'avait qu'à se baisser pour en prendre. Bloy, Journal,1900, p. 384.
b) [Le compl. désigne une chose] Chercher à atteindre, à obtenir une chose par tous les moyens. Courir après les honneurs, la gloire. Courir après son argent. Essayer de regagner, de rattraper l'argent perdu au jeu ou essayer de se faire payer l'argent dû. Courir après l'esprit. Chercher à être spirituel. Courir après son ombre. Chercher à atteindre l'impossible :
17. Ne me demande point à moi, sculpteur, de courir après la beauté : je m'assiérai ne sachant où courir. Saint-Exupéry, Citadelle,1944, p. 697.
c) Loc. [Avec ell. du compl. prép.]
Fam. Tu peux toujours courir! Tu auras beau faire, tu n'obtiendras pas ce que tu veux.
Proverbe. Il vaut mieux tenir que courir (cf. un tiens vaut mieux que deux tu l'auras).
3. [Aspect directif; la prép. exprime une idée d'approche, souvent doublée d'une valeur affective] Courir sur ou sus à.
a) [Le compl. désigne l'âge de qqn avec parfois une idée de vivacité ou d'appréhension] S'approcher rapidement de. Courir sur ses trente ans. Marianne est très vieille et court sur ses cent ans (Verlaine, Œuvres compl., t. 3, Invect., 1896, p. 346).
Rem. Dans l'expr. courir sur les brisées de qqn, sur exprime le terrain dans lequel on a pénétré, avec sans doute, comme plus haut, une idée d'illicite.
b) [Avec gén. une idée d'hostilité] Se précipiter sur :
18. Indouvoura courut sur Yassiguindja. Elle l'aurait frappée, mordue, griffée. Elle débitait des menaces pendant que ses compagnes la maintenaient. Maran, Batouala,1921, p. 55.
Au fig. S'attaquer à, combattre. Courir sus aux abus.
C.− Emploi semi-auxil. Courir + inf.[Le plus souvent pour dire que l'on fait vite l'action exprimée par l'inf.] Qu'on coure me chercher de l'huile de térébenthine et de l'émétique (Dumas père, Monte-Cristo,t. 2, 1846, p. 303).
Rem. Pour souligner l'idée de but, l'inf. peut être précédé de la prép. pour. Elle courait pour chercher quelque drogue à la pharmacie (Sand, Hist. vie, t. 3, 1855, p. 145).
II.− Emploi trans.
A.− [Le suj. désigne un animé]
1. [Aspect perf. du procès, avec une idée de poursuite; l'obj. désigne un animé ou un inanimé suggérant une idée de proie à prendre]
a) [La proie est une bête sauvage] Donner la chasse à. Courir le cerf, le lièvre :
19. Quoique je sois bien décidé à ne frayer qu'avec les gens de la plus haute volée, vous aurez cependant vos petites entrées, mon cher Monsieur Jolibois, et de temps en temps vous viendrez courir un cerf avec moi. Sandeau, Sacs et parchemins,1851, p. 3.
Proverbe. Il ne faut pas courir deux lièvres à la fois. S'engager dans deux entreprises différentes, c'est risquer d'échouer dans l'une comme dans l'autre.
Rem. Courir qqn se rencontre dans la lang. class. au sens de « poursuivre qqn en courant » et dans la lang. pop. au sens de « importuner » : tu me cours (sur le système, sur le haricot, sur le ciboulot, etc.). Elle me court! menace Jady (Colette, Music-hall, 1913, p. 199).
b) P. anal., dans le lang. de la galanterie. [La proie est une pers. gén. du sexe fém., ou ce qui la représente] Courir les filles, la gueuse, les jupons; courir la prétantaine :
20. Madame de Kergant (...) voyait (...) dans le champ étroit et fantasque de ses préjugés l'ancien pupille de son frère (...) courant le guilledou sous l'étrange costume qu'elle prêtait aux sans culottes... Feuillet, Bellah,1850, p. 20.
c) P. ext. [La proie est un avantage recherché] Rechercher vivement, poursuivre assidûment. Courir le cachet, les honneurs.
P. méton. Au cours de cette poursuite affronter des périls, s'y exposer. Courir des risques.
d) P. méton., SP. [La proie est suggérée par la nature de l'épreuve au bout de laquelle la victoire peut être atteinte] Participer à une course pour la gagner. Courir un cent mètres. Ce dimanche-là (...) on courait le Grand Prix de Paris au bois de Boulogne (Zola, Nana,1880, p. 1375).
2. [Aspect perf. instrumental; l'obj. désigne un lieu à travers lequel on se déplace en tout sens dans une intention plus ou moins précise]
a) [Le lieu est un espace d'une certaine étendue ou complexité] Parcourir, sillonner, voyager à travers un lieu pour y chercher à satisfaire un désir. Courir la ville, le monde. C'était un de ces forains qui courent les campagnes, le dos chargé de leur marchandise (A. Daudet, Jack,t. 1, 1876, p. 230).
Vieilli. Courir le pays. Faire une incursion rapide en pays ennemi.
P. méton. Courir la poste. Parcourir vite les relais de poste, aller fort vite et au fig. se dépêcher outre mesure pour atteindre son but. Le lendemain, Suter court la poste sur la route de Paris (Cendrars, Or,1925, p. 26):
21. Une voyageuse, qui courait la poste, fut prise des douleurs de l'enfantement à la poste du prieuré... G. Sand, La Comtesse de Rudolstadt,t. 1, 1844, p. 97.
Courir la mer. Faire la course* :
22. On eût dit un de ces vieux récits (...) où il est question de corsaires barbaresques courant les mers latines... A. Daudet, Le Nabab,1877, p. 172.
Emploi abs. :
23. Or, vers la fin de 1702, elle [l'Espagne] attendait un riche convoi que la France faisait escorter par une flotte de vingt-trois vaisseaux commandés par l'amiral de Château-Renaud, car les marines coalisées couraient alors sur l'Atlantique. Verne, Vingt mille lieues sous les mers,t. 2, 1870, p. 92.
b) [L'obj., gén. au plur., désigne une suite de locaux que fréquente la Société] Fréquenter assidûment en allant d'un lieu à un autre pour y chercher son plaisir. Courir les théâtres, les salons.
B.− [Le suj. désigne un inanimé]
1. Vieilli. [En parlant d'une rumeur, d'un bruit] Se répandre dans (cf. supra II A 2 a). Cette nouvelle court la ville, les rues.
Loc. fig. Courir les rues. Se trouver partout, être normal, commun. Nous habitons une ville de commerçants, où le bon goût ne court pas les rues (Maupass., Pierre et Jean,1888, p. 367).
2. MAR. [En parlant d'un navire et p. ext. des marins] Courir une (des) bordée(s).
Prononc. et Orth. : [kuʀi:ʀ], (je) cours [ku:ʀ], couru, ue [kuʀy]. Ds Ac. depuis 1694. Ac. 1694-1798 : « courir ou courre ». Les mots de la famille de courir s'écrivent evec un seul r sauf courre (chasse à −), courrier, courriériste, concurrent, occurrence, récurrent et leurs dér. (pour cette liste cf. Ortho-vert 1966, p. 173). Comparer l'imp. je courais et le fut. et cond. je courrai(s) dans lesquels la consonne double qu'on prononce géminée [kurr ε] sert à distinguer les temps (cf. Nyrop Phonét. 1951, § 130 et § 251, ainsi que Mart. Comment prononce 1913, p. 217). Noter que Fér. 1768 et Fér. Crit. t. 1 1787 transcrivent à l'inf. [kuʀi] qui est l'anc. prononc. des inf. en -ir du moy. fr. jusqu'au milieu du xviiies. où r final est restauré sous l'infl. des verbes comme dire, écrire, etc. (cf. Bourc.-Bourc. 1967, § 183 H). Homon. : formes du verbe courir et cour, cours, court. Étymol. et Hist. A. Intrans. 1. mil. xies. curre « se déplacer par élans » (Vie de Saint Alexis, éd. Chr. Storey, 423); 2. a) mil. xies. « (d'une chose) se mouvoir avec rapidité » (ibid., 79); b) 1262-68 « se dépêcher » (Brunetto Latini, Li Livres dou Tresor, éd. F. J. Carmody, p. 23, 13); 3. 1559 « courir dans une compétition » (Amyot, Vies. Thémistocle, 47 ds Littré); 4. a) ca 1100 curir a aucun « courir pour atteindre quelqu'un » (Roland, éd. J. Bédier, 2086); b) ca 1160 + inf. « aller vite dans un certain but » (Enéas, éd. J.J. Salverda de Grave, 909); 5. a) ca 1100 « couler » ewe curant (Roland, 2226); b) 1119 « avoir cours, être en vigueur » (Ph. de Thaon, Comput, éd. E. Mall, 3544); c) apr. 1225 « être répandu, circuler (bruit, renommée) » (Gerbert de Montreuil, Continuation de Perceval, éd. M. Williams, 3638); d) 1690 « s'étendre, se dérouler » (Fur. [ici, en parlant d'un rhumatisme, d'une dartre]). B. Trans. 1. ca 1210 « parcourir, sillonner (un pays, etc.) » (Herbert Le Duc de Dammartin, Folque de Candie, éd. O. Schultz-Gora d'apr. FEW t. 2, p. 1570a); 2. a) ca 1225 « poursuivre à la course » (Péan Gatineau, Saint Martin, éd. W. Söderhjelm, 1252); b) 1434-38 « poursuivre quelqu'un » (Jacques D'Esch, Chronique messine, éd. G. Wolfram d'apr. FEW t. 2, p. 1569 b); c) 1690 « rechercher, courtiser » (Fur.); 3. 1547 « fréquenter assidûment (un lieu) » (Noël Du Fail, Propos rustiques et facétieux, t. 1, p. 75 ds IGLF); 4. av. 1558 « s'exposer à, risquer » (Mellin de Sainct-Gellais, Œuvres complètes; éd. P. Blanchemain, t. 2, p. 78); 5. 1585 « rechercher avec ardeur » (Noël Du Fail, Contes et discours d'Eutrapel, t. 2, p. 233 ds IGLF); 6. [1883?] 1895 pop. courir à qqn « importuner quelqu'un » (sans réf. ds Esn.); 1901 courir qqn (ibid.); 7. 1901 fam. c'est couru « c'est prévisible » (Bruant, p. 175 [à l'orig., terme de turf]). Du lat. currere « courir ». L'anc. forme courre a été supplantée à partir du xiiies. par courir (ca 1275, Rose, F. Lecoy, 15890), formé d'apr. les verbes en -ir. Fréq. abs. littér. : 13 612. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 17 337, b) 24 133; xxes. : a) 20 292, b) 17 961. Bbg. Baldensperger (F.). Notes lexicol. R. de philol. fr. et de litt. 1927, t. 39, p. 58. − Gottsch. Redens. 1930, passim.Goug. Lang. pop. 1929, p. 135. − La Landelle (G. de). Le Lang. des marins. Paris, 1859, pp. 298-299. − Mat. Louis-Philippe 1951, p. 82. − Quem. 2es. t. 2 1971. − Rog. 1965, p. 131, 179, 234, 237. − Spitzer (L.). Courir la calabre. Fr. mod. 1948, t. 16, pp. 165-166.
Source : CNRTL

Wiktionnaire

Français

Adjectif

Singulier Pluriel
Masculin courant
\ku.ʁɑ̃\

courants
\ku.ʁɑ̃\
Féminin courante
\ku.ʁɑ̃t\
courantes
\ku.ʁɑ̃t\

courant \ku.ʁɑ̃\

  1. Qui court.
  2. (Finance) Qui n’est pas encore dû.
    • […], un assignat de 500L, 16L 10 sols en petits assignats, un billet à ordre courant par Tavarez aîné de 645L du 21 brumaire an 2, 2 billets consentis par J.B. Lehimas, […]. — (Anne Bénard-Oukhemanou, Salomon, Rebecca, Numa, Chevalier et les autres..., Atlantica, 2008, page 26)
    • Un créancier ne peut voter à l’égard d’une réclamation motivée ou garantie par une lettre de change courante ou un billet à ordre qu’il détient, à moins qu’il ne consente à considérer, comme titre de garantie en sa possession, ce qui lui en est dû par toute personne qui en est responsable antérieurement […]. — (Loi sur la faillite et l’insolvabilité (L.R.C. (1985), ch. B-3), Canada.)
    • M. le président. — M. le chevalier Wyns propose la suppression du mot : « courants » ajouté au mot : « intérêts. »
      M. le ministre de la justice. — L'honorable chevalier Wyns demande que l'on supprime le mot « courants. » Cependant il ne s'agit ici que des intérêts courants. Les intérêts échus à l'époque où le sursis a été demandé doivent être considérés comme capitalisés et tombent sous l'application du sursis; […].
      — (Suite de la discussion des articles du projet de loi sur les banqueroutes, les faillites et les sursis, Sénat, séance du 17 mai 1850, dans les Annales parlementaires de Belgique : Sénat, Bruxelles : Deltombe, 1850, session 1849-1850 - du 13 novembre au 31 mai, page 361)
  3. Qui est présent, actuel, en parlant d’années, de mois, etc.
    • On appelle report la différence qui existe entre le prix de la rente, fin du mois courant, et le prix de la rente fin du mois prochain. — (Patrick Kelly, Le cambiste universel, ou traité complet des changes, monnaies, poids et mesures, Paris : chez J. P. Aillaud & chez Bossange frères, 1823, volume 2, page 348)
    • Lorsque le bail est sous seing privé, et qu’il n’a pas de date certaine, ou bien lorsqu’il est verbal, les auteurs distinguent les loyers échus avant l’année courante, le loyer de l’année courante, et l’année à partir de l’année courante. — (M. Troplong et M. Spinnael, Le droit civil expliqué suivant l’ordre du code : Des privilèges et hypothèques, Bruxelles : Adolphe Wahlen & Cie, 1840, volume1, page 109)
    • Mais il y a pire : beaucoup de dictionnaires […] sont lamentablement incomplets. Les plus avancés ont de cinq à vingt ans de retard sur l’usage courant (« courant », voilà un mot bien choisi. Il faudrait même dire « galopant » et ventre à terre) […]. — (Irène de Buisseret, Deux langues, six idiomes, Ottawa, Carlton Green, 1975, page 399)
  4. Qui est commun, ordinaire.
    • Les affaires courantes de la Caisse, en tant qu’elles ne sont pas expédiées par les employés de la Caisse, pourront, par décision du Conseil d’administration, être confiées à des commissions spéciales. — (Statut de la Caisse locale générale de secours en cas de maladie pour l'arrondissement de Metz-campagne - Valable à partir du 1er janvier 1914, § 90, imp. H. Jauch, Metz, 1914, page 44)
    • Il est chargé des affaires courantes.
    • C’est un cas très courant.
  5. Qui a cours.
    • Prix courant, prix des denrées vendues au marché.
    • Acheter des marchandises au prix courant.
    • Monnaie courante, celle qui a un cours légal.
    • Cette muraille a tant de mètres courants.
    • Faire marché au mètre courant.
  6. (Banque) D’usage quotidien.
    • Ouvrir un compte courant dans la banque la plus proche.
  7. (Imprimerie) Qualifie ce qui est mis en haut des pages d’un livre, d’un chapitre, pour indiquer le sujet dont il traite.
    • Titre courant.
  8. Cerf courant (sens héraldique)
    (Héraldique) Se dit d’un animal représenté les pattes étendues.
    • D’azur au cerf courant d’or, accompagné en chef à senestre d’un soleil du même et en pointe d’un croissant versé éclairé par le soleil, qui est d’Arguel → voir illustration « cerf courant »

Nom commun

Singulier Pluriel
courant courants
\ku.ʁɑ̃\

courant \ku.ʁɑ̃\ masculin

  1. Déplacement ordonné d’un fluide.
    • Quand l’orge est bien germée, on la porte dans une étuve à courant d’air chaud, appelée touraille ; la chaleur arrête immédiatement la germination. — (Edmond Nivoit, Notions élémentaires sur l’industrie dans le département des Ardennes, E. Jolly, Charleville, 1869, page 139)
    • L’acide chlorhydrique est chassé après l’épaillage par un courant d’air chaud également sous pression. — (D. de Prat, Nouveau manuel complet de filature ; 1re partie : Fibres animales & minérales, Encyclopédie Roret, 1914)
    • Sous l’influence des courants, des vents, et des variations de température, de formidables pressions se produisent ; le soulèvement et le chevauchement de la glace donnent naissance à des monticules ou « hummocks » qui se présentent en lignes perpendiculaires au sens de pression. — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
    • La mer des Sargasses est formées d’Algues brunes, appelées Sargasses, arrachées aux côtes du Golfe du Mexique et qui sont portées par les courants jusqu’au milieu de l’Atlantique. — (Henri Gaussen, Géographie des Plantes, Armand Colin, 1933, p. 11)
  2. (En particulier) Canal ou ruisseau qui court.
    • Ce courant d’eau fait tourner plusieurs moulins, fait aller plusieurs machines.
  3. (Marine) Mouvement qui se produit en certains endroits de la mer ou d’un fleuve et qui est indépendant de l’action du vent.
    • Comprenez que tous les macchabs, dès qu'ils sont assez légers pour descendre le courant – pas assez gonflés pour flotter –, qu'ils viennent de Bercy, de Charenton, de beaucoup plus loin, c'est ici même qu'ils « atterrissent ». — (Jacques Yonnet, Enchantements sur Paris, Éditions Denoël, 1966, page 210)
    • Le prouvier aussi avait lancé son cri. Il disait ainsi que, déjà, le courant avait fait alliance avec la force des hommes. Déjà le bateau avait accompli son demi-cercle et s'était placé en direction de la descente. — (Guy Dürrenmatt, Le Rhône autrefois, Éditions Apremont, 1987, page 89)
    • Au sud de Malpelo, un fort clapotis m’indiquait que des courants se rencontraient et me faisaient prévoir ma sortie du fort courant Nord qui avait tant retardé ma route. — (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil, tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
    • Les deux dangers à craindre en rapport avec la profondeur d’eau, sont le cabanement (arrière qui plonge) et le salut (étrave qui plonge), le lancement doit se faire à l’étale pour éviter tout courant risquant de porter le navire de travers. — (Alain Joubert, La Seine : mémoire d’un fleuve, page 225, 1994)
  4. (Électricité) (Par ellipse) Courant électrique (passage de l’électricité à travers un conducteur) voire l'intensité d'un courant électrique.
    • Le régime électrolytique employé pour le dessuintage, dégraissage de la laine brute, est un courant de 300 à 350 ampères et de 10/15 volts. — (D. de Prat, Nouveau manuel complet de filature ; 1re partie : Fibres animales & minérales, Encyclopédie Roret, 1914)
    • 15 août 44 – Plus de gaz à midi et une heure seulement le soir, courant de 22 heures à 24 heures. — (Benoîte et Flora Groult, Journal à quatre mains, Denoël, 1962, page 341)
    • Des diodes de puissance au silicium de ce type connectées en opposition pour former un écrêteur symétrique, ont pu rendre de sécurité des circuits, contenant des inductances atteignant 330 mH, dans lesquelles circulaient des courants de 3.2 A efficaces sous des tensions allant jusqu’à 75 V efficaces. — (Annales des mines de Belgique/Annalen der mijnen van Belgie, Bruxelles : Administration des Mines, 1964, page 320)
    • Ils sortirent le matériel, branchèrent la gégène que René enfourcha pour pédaler. Le courant passait. L'opérateur radio pouvait émettre le message que lui avait donné Gaëtan. La communication était mauvaise et le radio dut changer de fréquence. — (Joseph Farnel, Canou, éditions De Borée, 2017)
  5. (Sens figuré) Flux de personnes ou de choses.
    • On pouvait alors déterminer la marche des races dites rouges. Parti des steppes mongoles, un courant humain déferlait en Sibérie, gagnait l’Alaska, envahissait peu à peu l’Amérique du Nord. — (René Thévenin et Paul Coze, Mœurs et Histoire des Indiens Peaux-Rouges, Payot, 1929, 2e édition, page 15)
  6. Sous-ensemble d’une organisation, d’un parti politique.
    • Il existait en 1914 trois principaux courants de pensée à la S.F.I.O. : le syndicalisme révolutionnaire, le jaurésisme et le guesdisme. Dans l'entre-deux-guerres, deux de ces courants connaissent une éclipse durable, au profit du troisième. — (Jacques Delpierrié de Bayac, Histoire du Front populaire, Fayard, 1972, page 23)
    • Il y eut aussi un petit courant « pacifiste » en France même, le courant zimmerwaldien, rassemblant des socialistes et des syndicalistes qui rejetaient, pour une part d'entre eux, l'idée révolutionnaire. — (Jean-Jacques Becker et ‎Gerd Krumeich, La grande guerre, une histoire franco-allemande, Tallandier, 2014)
  7. Période actuelle.
    • Le cinq, le six, etc., du courant, du mois qui court, du mois actuel.
    • Dans le courant de l’année, du mois, de la semaine, etc., à une époque indéterminée de l’année, du mois, de la semaine.
    • J’irai vous voir dans le courant de la semaine.
    • (Par ellipse) (Bourse)Fin courant.
    • Dans le courant de 1849, la maladie apparut une seconde fois dans son bétail, qui pacageait sur la montagne du Trap. — (M. Yvart, « Observations faites en Auvergne sur l'épizootie connue sous le nom de péripneumonie des bêtes bovines » , dans le Recueil de médecine vétérinaire, 3e série, tome 8, avril 1851, Paris : chez Labé, page 258)
  8. (Sens figuré) L’ordinaire ; ce qui est usuel.
    • Le courant des affaires, par opposition aux affaires extraordinaires qui peuvent survenir.
    • C’est le courant, c’est le train des affaires.
    • Le courant du monde, La manière ordinaire du monde.
    • Se gouverner selon le courant du monde.
    • Se laisser aller au courant du monde, ou simplement
    • Se laisser aller au courant
  9. (Sens figuré) Quantité d’affaires que l’on traite ou dont on est chargé.
    • Ce négociant, cet avoué a un bon courant d’affaires.
  10. Ensemble d’idées, d’opinions qui s’emparent du plus grand nombre des esprits et entraînent les autres.
    • Plusieurs fois, des écrivains éloquents crurent qu’ils pourraient déterminer un courant de réaction contre ces doctrines, […]. — (Georges Sorel, Réflexions sur la violence, Chap. III, Les préjugés contre la violence, 1908, p. 125)
    • Rien ne résiste aux grands courants de l’opinion.
  11. (Finance) Terme qui court.
    • Je vous abandonnerai tous les arrérages, pourvu que vous me payiez le courant.
    • Je vous remets les arrérages, sans préjudice du courant.
  12. (Navigation) (matelotage) Extrémité d'une corde servant à faire un nœud.

Préposition

courant \ku.ʁɑ̃\

  1. Au cours de.
    • Emmanuel Macron se rendra courant janvier à Calais (Pas-de-Calais), où affluent les migrants voulant se rendre en Grande-Bretagne, pour évoquer la réforme sur l’immigration et le droit d’asile, a annoncé mercredi le Premier ministre Édouard Philippe. — (Philippe Huguen, Emmanuel Macron à Calais courant janvier, parismatch.com, 3 janvier 2018)

Forme de verbe

Voir la conjugaison du verbe courir
Participe Présent courant
Passé

courant \ku.ʁɑ̃\

  1. Participe présent de courir.
    • Le soir, dédaignant les taxis, je rentrais à bord presque toujours en courant pour me maintenir en bonne condition physique. — (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil, tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)

Anagrammes

→ Modifier la liste d’anagrammes

  • Ancourt
  • contaur
  • crounât
  • Tancrou
Source : Wikitionnaire

Littré (1872-1877)

courant, ante

(kou-ran, rant-t') adj.
  • 1Qui court.

    Adverbialement. Tout courant, en grande hâte. Elle envoie tout courant savoir de Mme du Châtelet, si S. M. [le roi de Prusse] passera, Voltaire, Roi de Prusse, 14.

    Tout courant, sans hésiter, sans peine. Il lit tout courant.

    L'Académie met un trait d'union à tout-courant ; ce qui est singulier et ne peut être suivi.

    Terme de vénerie. Chien courant, chien qui court le lièvre, le cerf, etc. J'appelais une chienne courante, Sévigné, 232. Un comte de Nassau Hautveiller amena de fort bons chiens courants pour le lièvre, Saint-Simon, 49, 73.

  • 2Qui coule continûment. Eau courante. Ruisseau courant. Le climat est sans pluie ; on n'entend aux montagnes Bruire en ces lieux aucuns torrents ; En ces lieux nuls ruisseaux courants N'augmentent le tribut dont s'arrosent les plaines, La Fontaine, Quinquina, II. Nous allons sans cesse au tombeau, ainsi que des eaux qui se perdent sans retour ; en effet nous ressemblons tous à des eaux courantes…, Bossuet, Duch. d'Orléans. C'est un acte très méritoire aux Indes, de prier Dieu dans l'eau courante, Montesquieu, Esp. XXIV, 26.
  • 3 Par extension, écriture courante, voy. COURANTE 3.

    Terme de marine. Pièces courantes, pièces qui glissent ou arrivent facilement et librement.

    Cape courante, cape dans laquelle il reste assez de voiles pour qu'on puisse gouverner.

    Manœuvres courantes, les cordages qui servent constamment à la manœuvre.

  • 4Qui est en cours. Le mois courant. Le terme courant. L'intérêt courant. Et créer une rente Dès le décès du mort courante, La Fontaine, Fabl. II, 20.
  • 5Qui a cours. Acheter au prix courant. C'était [300 florins d'or] tout au plus 200 livres de la monnaie de France courante de nos jours, Voltaire, Mœurs, 81. Les lettres phéniciennes étaient le caractère courant de leur nation [les Cutéens], Voltaire, Phil. II, 255.
  • 6 Terme de banque. Compte courant, voy. COMPTE.

    Main courante, voy. BROUILLARD.

  • 7En parlant des mesures, aune courante, toise courante, mètre courant, mesure prise avec l'aune, la toise, le mètre, et considérée par rapport à sa longueur, sans avoir égard à la largeur.
  • 8 Terme de botanique. Feuille courante, feuille qui embrasse sa tige et s'allonge sur elle.
  • 9 Terme d'imprimerie. Titre courant, titre qui se répète au haut de chaque page.
  • 10Ordinaire, habituel. Il est chargé des affaires courantes. Pour les élections et autres affaires courantes et momentanées, Rousseau, Polit. 9. L'avis courant que leurs complaisants ont soin de leur dicter, est toujours le leur, parce qu'ils n'en ont point à eux, D'Alembert, Essai sur la soc. des gens de lettres, Œuvres, t. III, p. 39, dans POUGENS.

    Par analogie. Je n'aurai que les chagrins courants de la vie, Sévigné, 341.

  • 11 S. m. Courant, le cours, la direction d'une eau vive. Un agneau se désaltérait Dans le courant d'une onde pure, La Fontaine, Fabl. I, 10. Un torrent n'a jamais causé plus de ravage Que lorsqu'à son courant on ferme le passage, Voltaire, Triumv. IV, 2.

    Terme de marine. Direction particulière du mouvement des eaux, qui se portent, comme fait un fleuve, vers un point fixe. Il y a sur cette côte des courants très dangereux. Si la terre était entièrement inondée par les eaux de l'Océan, ces eaux pourraient, aussi bien que l'air, former sous l'équateur un courant perpétuel, et ce courant serait vers l'est ou vers l'ouest, selon que la profondeur de la mer serait plus ou moins grande, D'Alembert, Causes gén. des vents, Œuvres, t. XIV, p. 28, dans POUGENS. Des courants rapides s'opposent à l'arrivée des navigateurs, Raynal, Hist. phil. XIII, 9.

    Fig. Laissez-vous amuser, suivez le courant des plaisirs qu'on peut avoir en province, Sévigné, 44. Bien loin d'être emporté par le courant rapide Des flots impétueux de ses bouillants désirs, Corneille, Imitation, I, 3. Pour ne jamais sortir de l'état où vous êtes, vous n'avez qu'à suivre vos penchants, vous prêter à vous-même, vous laisser entraîner mollement au courant, Massillon, Car. Fausse confiance.

    Les grands courants de l'opinion, les idées qui, à certains moments et dans certains pays, deviennent générales et entraînent tout. Rien ne résista à ce courant général de l'opinion en France.

  • 12Courant d'air, vent. Fermez cette porte pour éviter les courants d'air. L'atmosphère est agitée par des courants qui sont les vents.
  • 13Courant atmosphérique, dit, par analogie avec les courants de la mer, des vents qui suivent une direction déterminée. Le ballon rencontra les courants supérieurs.
  • 14 Terme de physique. Courant électrique, progression en sens opposé des électricités de noms contraires, à travers un conducteur qui, par ses deux extrémités, est en contact avec une source d'électricité.
  • 15La période de temps qui court. Dans le courant de la semaine, de l'année. Harlay crut que cette grande affaire [du pas] lui coûterait à peine le courant d'un hiver à emporter, Saint-Simon, 16, 193.

    Le courant, le mois qui court. Le cinq du courant. On dit elliptiquement, en termes de bourse et en ce sens : fin courant, c'est-à-dire fin du mois courant.

  • 16En matière de rente, d'intérêt, le terme qui court. Il me doit les arrérages et le courant.
  • 17 Terme de théâtre. Mettre une pièce au courant du répertoire, la mettre parmi les pièces qu'on joue habituellement.
  • 18La manière ordinaire de se comporter. Suivez le courant de la maison pour la pauvreté, Bossuet, Lettr. Corn. 151.

    Le courant du monde, la manière ordinaire du monde. Il se laisse aller au courant du monde.

    Le courant du marché, le prix actuel des denrées.

  • 19Le courant des affaires, les affaires ordinaires qui se succèdent les unes aux autres, par opposition aux affaires extraordinaires. Les portefeuilles qui ne renferment que le courant, Bossuet, Lettr. abb. 226. Il était trop distrait par le courant des affaires, trop souvent entraîné par les événements pour…, Condorcet, Maurepas.

    Un courant d'affaires, une masse d'affaires à traiter.

    Être au courant des affaires, connaître bien celles qui se font régulièrement tous les jours.

    Mettre, tenir quelqu'un au courant d'une affaire, lui en donner connaissance exacte.

    Être au courant, n'avoir plus d'arriéré, soit comme travail, soit comme dettes. Se mettre au courant, se débarrasser de l'arriéré.

  • 20 Terme de marine. Partie d'une manœuvre qui passe dans les poulies.
  • 21 Terme de charpentier. Courant de comble, comble considéré dans sa longueur.

REMARQUE

On dit et on écrit souvent, surtout dans le langage du commerce, le 8, le 10 courant, au lieu de le 8, le 10 du courant. Il est certain que cette forte ellipse a l'inconvénient de présenter courant comme se rapportant au 8, au 10, etc. ; mais du reste elle n'est pas plus forte que cette autre qui est très ordinaire : le 8, le 10 avril, au lieu de le 8, le 10 d'avril. Anciennement, jamais cette dernière ellipse ne se faisait. On ne la trouvera pas une seule fois dans la correspondance de Voltaire ; mais il semble que l'usage lui a donné droit de bourgeoisie ; il semble aussi qu'elle entraîne l'ellipse congénère : le 8, le 10 courant. Mme de Sévigné dit avec le nombre ordinal et sans de : le 4e avril.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

COURANT. - SYN. LE COURANT DE LA JOURNÉE, DE LA SEMAINE, DE L'ANNÉE. LE COURS DE LA JOURNÉE, DE LA SEMAINE, DE L'ANNÉE. Il n'est pas tout à fait indifférent de dire, en cet emploi, le courant ou le cours. D'abord cours est d'un style plus relevé que courant. Puis on dira : il est survenu de grands événements dans le cours de cette année, et non dans le courant. Le courant se rapporte plus à l'espace de temps considéré comme s'écoulant ; et le cours à l'espace de temps considéré comme un tout.

HISTORIQUE

XIe s. Li val profond et les ewes [eaux] curant, Ch. de Rol. CXXXVI.

XIIe s. Sor Velantif son bon cheval corant, Ronc. p. 37. Corant i vint Margaric de Sebie, ib. p. 42. [L'eau] Qui tant par est ravinouse et corans, ib. p. 109.

XIIIe s. Il prenoient les nes [navires] toutes ardans à cros de fer, et les tiroient par vive force fors du port, et les menoient el corant del bras, Villehardouin, XCVI.

XIVe s. Li peres et la mere si le heoient tant, Que souvent en leurs cuers aloient desirant Que fust mors ou noiez en une eaue corant, Guesclin. 59.

XVIe s. Un nœud courant, Montaigne, III, 152. Ceulx qui minent soubs terre, rencontrent souventefois es entrailles de la terre des rivieres courantes, Amyot, P. Aem. 23. Elle avoit attaché un las courant à son col, toute preste à se pendre et estrangler, Amyot, Pyrrh. 62. Il lisoit tout courant les rabins sans points et les expliquoit sans lire le texte, D'Aubigné, Vie, XI. En maniere de laqs courant, Paré, XVIII, 33. Elle commettra à la principale de ses servantes la charge des meubles courans par la maison, servans comme en quartier, De Serres, 880. (Courante, s. f. dans le sens de courant, s. m.) À la faveur de la mer qui estoit calme, sans vent ne fureur de courante, nos galleres…, Du Bellay, M. 597. Et même dans RÉGNIER : Au gouffre du plaisir la courante m'emporte, Sat. VII.

Source : Dictionnaire Littré

Étymologie de « courant »

(1100) Du participe présent de courir ; (1210) pour le nom commun ; (1806) pour le sens de « courant électrique ».
Source : Wikitionnaire

Courir.

Source : Dictionnaire Littré

Phonétique du mot « courant »

Phonétique Prononciation
La prononciation \ku.ʁɑ̃\ rime avec les mots qui finissent en \ʁɑ̃\.
France : écouter « courant [ku.ʁɑ̃] »
(Région à préciser) : écouter « courant [ku.ʁɑ̃] »
France (Brétigny-sur-Orge) : écouter « courant »
France (Vosges) : écouter « courant »
France (Saint-Étienne) : écouter « courant »
France (Hérault) : écouter « courant »
Canada (Shawinigan) : écouter « courant »
France (Cesseras) : écouter « courant »
Canada (Sainte-Marie) : écouter « courant »
France (Bretagne) : écouter « courant »
Source : Wikitionnaire

Fréquence d'apparition du mot « courant »

Source : Google

Traductions du mot « courant »

Langue Traduction
English current
German Strom
Spanish actual
Portuguese atual
Italian corrente
Dutch huidige
Polish bieżący
Russian текущий
Source : DeePL

Synonymes de « courant »

Antonymes de « courant »