Courbe

subst adj et

Définitions de « courbe »

Trésor de la Langue Française informatisé

COURBE, adj. et subst.
I.− Adj. Dont la forme ou la direction ne comportent aucun élément droit ou plan. Le tir courbe. La plage était dorée et courbe comme la croûte du pain couronne (Morand, Chron. homme maigre,1941, p. 151).Le notaire esquissa le geste courbe de quelqu'un qui met de l'argent dans sa poche (Druon, Lis et lion,1960, p. 107).
SYNT. Un dos, un espace, un fleuve, un sol, un tronc courbe; des miroirs courbes; une lame courbe; des formes, des moustaches, des serres, des surfaces courbes.
Emploi subst. sing. avec valeur de neutre. De déroutantes combinaisons (...) de la volute et de la droite, du courbe et du brisé (Arnoux, Solde,1958, p. 153).
Au fig. Qui emprunte des détours, indirect. La ligne courbe en matière d'éreintage (Baudel., Salon,1846, p. 167):
1. Intentionnellement disposés çà et là dans la vaste pièce, sont des emplacements spéciaux par lesquels il convient de passer, des invitations courbes, à se rendre à telle place précise et non pas à telle autre. Malègue, Augustin,t. 1, 1933, p. 23.
Emploi subst. Anton. de droit.Vous voici désormais dans toute cette fange. Vous voici désormais dans l'oblique et le courbe. Vous voici désormais dans le faux et le fourbe (Péguy, Ève,1913, p. 767).
II.− Subst. fém.
A.− Ligne courbe. Le nez à la courbe judaïque adoucie (Péladan, Vice supr.,1884, p. 105):
2. Une courbe de l'allée, une brèche dans le feuillage permirent à Camille de revoir, à distance, la chatte et Alain. Colette, La Chatte,1933, p. 207.
SYNT. Suivre, épouser, former, dessiner, tracer une courbe; la courbe d'un fleuve, d'un chemin, du rivage, de l'avenue; la courbe de la chevelure; une courbe hardie, douce, rapide, large.
Rare. Forme courbe produite par quelque chose :
3. De grands arbres immobiles qui ont la courbe du vent, des femmes voilées de noir (...) de hautes montagnes crénelées de fortifications et ravinées de torrents desséchés, une ville tassée (...), quelle image que je voudrais aller revoir et encore enrichir. Barrès, Mes cahiers,t. 11, 1914-18, p. 47.
Spéc. Partie d'une voie ferrée, d'une route présentant la forme d'un arc.
Lang. techn.
a) Pièce courbe.
CHARPENT. Pièce de bois cintrée (cf. Chesn. 1857).
En partic., ARCHIT. Courbe rampante. Limon courbe d'un escalier à vis.
MAR. Pièce de bois (ou de métal) à deux branches, utilisée pour réunir deux pièces. Courbes d'assemblage, de liaison; courbe d'étambot, de bancs (cf. Will.1831; Soé-Dup. 1906).
TRANSP. ,,Ustensile à l'aide duquel le porteur d'eau porte ses deux seaux`` (Littré) avec un ex. de M. Du Camp); ,,pièce de bois courbe qui unit les baculs de deux chevaux attelés`` (DG) et p. méton. ,,attelage de deux chevaux unis par cette pièce`` (DG).
b) P. anal. ART VÉTÉR. Tumeur osseuse à la partie interne du jarret du cheval. MÉD. Courbe frontale totale. ,,Segment de la courbe antéro-postérieure de Topinard`` (Méd. Biol. t. 1 1970). Courbe intermastoïdienne de Morton. ,,Courbe unissant le sommet des deux apophyses mastoïdiennes en passant par la voûte du crâne`` (Méd. Biol. t. 1 1970). VITIC. Jeune pousse de vigne (cf. Fén. 1970).
B.− P. ext., GÉOM. Lieu des positions successives d'un point qui se meut suivant une loi déterminée. La circonférence est une courbe :
4. Si la grâce préfère les courbes aux lignes brisées, c'est que la ligne courbe change de direction à tout moment, mais que chaque direction nouvelle était indiquée dans celle qui la précédait. Bergson, Essai sur les données immédiates de la conscience,1899, p. 22.
Au fig. De la solitude à la solitude la courbe de sa vie [Byron] était bouclée (Maurois, Lord Byron,1925, p. 234):
5. Je ne regrette qu'une chose : c'est que toi qui vibres à tous les vents quoique tu en penses (...) au lieu de te retrouver dans cette courbe d'êtres d'élite qui ont suivi mon âme avec facilité, on te voit trottinant péniblement après un cri d'admiration, te pinçant les lèvres pour ne pas le pousser complètement, cela au nom de je ne sais quelles théories mesquines. Jammes, Correspondance[avec A. Gide], 1893-1938, p. 193.
P. anal. ARCHIT. Courbe des pressions. ,,Courbe obtenue dans l'étude de stabilité d'un arc ou d'une voûte, en réunissant les points par lesquels passe, dans chaque point, la résultante des forces`` (Noël 1968). CARTOGR. Courbe de niveau. Ligne unissant les points de même altitude et représentant un relief :
6. Au fond et à gauche, une sape non terminée était destinée à ouvrir un jour, à flanc de coteau, vers la courbe de niveau 300; ... Romains, Les Hommes de bonne volonté,Verdun, 1938, p. 8.
Spéc. Ligne déterminée par une abscisse et une ordonnée et représentant la loi, l'évolution d'un phénomène. Courbe barométrique, courbe de température :
7. Descartes lui-même spécifiait qu'avec leur aide [des graphiques] on pouvait « construire tous les problèmes », c'est-à-dire leur donner une forme, donc les muer en images (...). Les fonctions et leurs courbes, en visualisant les connaissances et en les faisant tenir dans les variations d'une simple ligne, permettent, au surplus, à l'esprit de saisir un phénomène d'emblée, sans se perdre dans l'énoncé successif et fragmentaire du discours mental. « D'un coup d'œil », tout un ensemble complexe de notions est appréhendé concrètement. Huyghe, Dialogue avec le visible,1955, p. 57.
P. anal. ou p. métaph. Je suis né en 1862. Ces années 60 sont pour l'énergie française le point le plus bas de sa courbe. Une époque de profonde dépression. Cela commandait mon rôle (Barrès, Cahiers,t. 1, 1896-98, p. 8).Le marchand lui téléphona pour lui dire encore son inquiétude devant la courbe des ventes (Camus, Exil et Roy.,1957, p. 1646):
8. Rien de plus curieux que la variation de cet effet [l'influence de Mallarmé] dans la manière de plusieurs. La courbe de l'imitation monte brusquement, et après un palier de quelques années, descend. Et ce fut comme une maladie. Beaucoup sont heureusement revenus à leur température normale. Valéry, Lettres à quelques-uns,1945, p. 98.
Au fig. :
9. ... la guerre ne fait pas dévier d'un pouce la courbe que sa fatalité lui [Cézanne] a tracée. Il fait partie de la grande lignée des poètes qui va de Paolo Ucello, du Vinci et du Gréco à Georges de La Tour, ... Lhote, Peint. d'abord,1942, p. 124.
C.− Mouvement plus ou moins sinueux d'un objet, d'une chose, d'un phénomène.
1. [D'un obj. concr.] J'aperçus dans le lointain les feux d'une locomotive et la courbe d'un train se déformant vers nous. Tout me parut irréel (Maurois, Climats,1928, p. 113):
10. Poussée par les employés, épuisée, perdue, elle se jeta dans le premier compartiment venu (...) tandis que, lui, prenait sa course légère de matelot, décrivait une courbe d'oiseau qui s'envole, afin de faire le tour et d'arriver à la barrière, dehors, à temps pour la voir passer. Loti, Pêcheur d'Islande,1886, p. 114.
2. [D'un phénomène abstr.] Briser la courbe de mon rêve (Genevoix, Mains vides,1928, p. 173).Dans cette abondance et cette profusion [à Alger], la vie prend la courbe des grandes passions, soudaines, exigeantes, généreuses. Elle n'est pas à construire, mais à brûler (Camus, Noces,1938, p. 54):
11. Il n'est point probable que les hommes de mon espèce convertissent des hommes tels que toi qui aimes les courbes complexes de la pensée où pourrait les suivre un Claudel. Jammes, Correspondance[Avec A. Gide], 1914, p. 227.
3. Au fig., MUS. Ces quelques passages particulièrement éloquents sont assez nettement désignés par la courbe expressive de la mélodie (Cortot, Ét. de Chopin,1917, p. 9):
12. Comme le chanteur déroule sa courbe sonore en une succession de sons le long du temps, le peintre disposait dans l'espace ses couleurs juxtaposées. É. Faure, L'Esprit des formes,1927, p. 40.
Prononc. et Orth. : [kuʀb]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. A. Adj. apr. 1170 masc. curb (La Chanson de Guillaume, éd. Mac Millan, 2268); id. fém. curbe (ibid., 3172); 1262 masc. corbe (J. Le Marchand, Mir. ND de Chartres, 91 ds T.-L.). B. Subst. mil. xiiies. [date du ms.] corbe « morceau de jante (?) » (Le Roman de Thèbes, éd. Raynaud de Lage, 2896); 1314 « pièce de bois recourbée » (Arch. KK 394, fo29 ds Gdf.); 1699 courbe géom. (Mémoires de l'Académie des Sciences, 57). Du lat. vulg. *curbus, class. curvus « courbe, recourbé ». Fréq. abs. littér. : 1 264. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 1 111, b) 1 611; xxes. : a) 1 851, b) 2 450. Bbg. Sain. Arg. 1972 [1907], p. 72.
COURBER, verbe trans.
I.− Emploi trans.
A.− Rendre courbe.
1. Courber un objet; courber des branches, un bâton, des arbres. Quelques autres [lépreux] courbaient des nasses d'osier, ou taillaient des hanaps de buis (Bertrand, Gaspard,1841, p. 157).Leurs [des déesses des eaux] chevelures de pourpre emmêlées de perles que semblait avoir courbées l'ondulation du flux (Proust, Guermantes 1,1920, p. 40):
1. Courtiser Messaline, infante aux sens troublés, Très belle, quoi qu'on fasse, Ou Camille, aux bras nus, qui courait sur les blés Sans courber leur surface; ... Banville, Les Cariatides,Auguste Supersac, 1842, p. 177.
Emploi abs. Ainsi le vent, qui n'a point de poids ni d'odeur, connaît qu'il existe en creusant les blés. « Je suis, pense-t-il, puisque je courbe » (Saint-Exup., Citadelle,1944, p. 920).
2. Courber une partie du corps. Sa taille [de Françoise] que l'âge commençait à courber (Proust, J. filles en fleurs,1918, p. 896).
P. méton. Courber une personne. Un mal courbe ma mère et lui brûle le foie (A. France, Poésies,1876, p. 138).
B.− Pencher, en l'abaissant, une partie du corps. Courber sa tête sur les livres :
2. Il fallut après franchir un espace découvert. La fausse Hora laissa prendre de l'avance à Poëri, courba sa taille, se fit petite et rampa contre le sol. T. Gautier, Le Roman de la momie,1858, p. 270.
3. Il s'est tenu trente ans de suite à la porte de son magasin de nouveautés, courbant l'échine devant les gens qui entraient, et disant : − « Qu'y a-t-il pour le service de Madame? ... » Taine, Notes sur Paris,Vie et opinions de M. F.-T. Graindorge, 1867, p. 32.
P. méton. Le héros est courbé au labeur comme un animal de trait (Baudel., Salon,1845, p. 21).
En partic. [En signe de soumission] Courber la tête, le front, le genou :
4. Mais, dès qu'ils arrivaient devant le flamboiement, Les clairons effarés se taisaient brusquement, Tout ce bruit s'éteignait. Reculant en désordre, Leurs chevaux se cabraient et cherchaient à les mordre, Et la lance et l'épée échappaient à leur poing. En voyant la lueur qu'ils ne comprenaient point, Ils s'arrêtaient, courbant leurs faces étonnées; Ils avaient ce front bas des bêtes enchaînées Quand, le loup étant pris au piège et garrotté, L'air terrible fait place à l'air épouvanté. Hugo, La Légende des siècles,t. 6, La Vision de Dante, 1883, p. 346.
Courber la tête. Se résigner :
5. Sa mort. − Il en appelle à la nature, aux espaces. Il courbe la tête. Il se rend à la mort, il s'abandonne entre les mains de la mort. Barrès, Mes cahiers,t. 13, 1921-22, p. 205.
P. métaph. [Le compl. d'obj. désigne une abstraction] :
6. Vraiment, le pardon calme à défaut d'espérance; Il détend la colère; on pleure, on apprend Dieu, Dieu triste! Comme nous voyageur en ce lieu, Et l'on courbe sa vie au pied de sa souffrance. M. Desbordes-Valmore, Élégies,Affliction, 1859, p. 42.
7. Eh bien, la grande erreur de notre temps, ç'a été de pencher, je dis plus, de courber, l'esprit des hommes vers la recherche du bien-être matériel... Hugo, Actes et paroles,1, 1875, p. 254.
8. Oui, vraiment, ce soir même où elle me parlait comme j'ai rapporté, je me sentais l'âme si légère et si joyeuse que je me méprenais encore, et encore en transcrivant ces propos. Et parce que j'eusse cru répréhensible l'amour, et que j'estimais que tout ce qui est répréhensible courbe l'âme, ne me sentant point l'âme chargée je ne croyais pas à l'amour. Gide, La Symphonie pastorale,1919, p. 912.
C.− Au fig. Courber qqn sous la domination de qqc. Soumettre quelqu'un à quelque chose :
9. Il veut tromper pour fonder un système dont la chaîne ait le premier anneau rivé dans le ciel au pied d'une divinité, ou bien il s'est enivré lui-même du vin des ciboires, et par peur du diable, s'agenouille en tremblant et voudrait courber le monde sous l'égoïsme et la terreur, sous l'attente d'une récompense mal rêvée ou d'un supplice burlesque. Vigny, Le Journal d'un poète,1863, p. 1382.
[Le compl. d'obj. désigne une abstraction] :
10. On sait avec quel noble désintéressement (...) Léonard Astier-Réhu se démit de sa charge au bout de quelques années (1878), refusant de courber sa plume et l'impartialité de l'Histoire devant les exigences de nos gouvernants actuels. A. Daudet, Immortel,1888, p. 18.
Rem. On rencontre en Suisse, arg. scol., courber. Manquer un cours, faire l'école buissonnière (cf. Itten-Bastian, Santé! Conversation! Lausanne 1970, p. 108).
II.− Emploi pronom.
A.− Devenir courbe, prendre une forme courbe, décrire une courbe. Ses épaules s'étaient courbées, elle grelottait un peu dans le froid de ses vêtements trempés de sueur (Zola, Germinal,1885, p. 1172):
11. J'avais pitié d'un poisson rouge plus long que le diamètre de son bocal, et qui tournait en se courbant. A. Arnoux, Paris-sur-Seine,1939, p. 16.
12. Entre deux assez hauts murs de terre il [le chemin] circule comme indolemment; les formes des jardins, que ces hauts murs limitent, l'inclinent à loisir; il se courbe ou brise sa ligne; dès l'entrée, un détour vous perd; on ne sait plus ni d'où l'on vient, ni où l'on va. Gide, L'Immoraliste,1902, p. 391.
B.− S'incliner, se pencher. La plante se courbe au grand soleil (Alain, Propos,1913, p. 160).Les maisons royales ressemblent à ces figuiers de l'Inde dont chaque rameau, en se courbant jusqu'à terre, y prend racine et devient un figuier (Hugo, Misér.,t. 2, 1862, p. 11).Les blés jeunes se courbaient et luisaient, comme couchés par une immense main d'argent (La Varende, Manants du Roi,1938, p. 157):
13. ... des femmes charmantes, qui, subissant elles-mêmes l'influence de ce spectacle, se courbent sur les balcons, se penchent hors des fenêtres, font pleuvoir sur les voitures qui passent une grêle de confetti qu'on leur rend en bouquets; ... A. Dumas Père, Le Comte de Monte-Cristo,t. 1, 1846, p. 511.
[En signe de soumission] Noble sicambre, à demi dépouillé au milieu de l'âge, courbez-vous! (Sainte-Beuve, Volupté,t. 2, 1834, p. 266).Il [l'évêque] dressa les deux doigts de sa main droite et bénit l'homme qui ne se courba pas (Hugo, Misér.,t. 1, 1862, p. 105).
Au fig :
14. Une heure arrivait dans cette vie où Germinie renonçait à la lutte. Sa conscience se courbait, sa volonté se pliait, elle s'inclinait sous le sort de sa vie. E. et J. de Goncourt, Germinie Lacerteux,1864, p. 193.
Rem. 1. On rencontre ds la docum. a) Un ex. d'emploi abs. au sens de « s'incliner ». L'Empereur se fâcha (...). Le grand-maître courba devant l'orage, et n'en continua pas moins son train accoutumé (Las Cases, Mémor. S.-Hélène, t. 1, 1823, p. 815). b) Emploi normal avec suppression du pron. réfl. derrière faire + inf. (cf. aussi Littré). − Qu'on se hâte! dit une voix au fond de la galerie. Cette voix fit courber tout le monde, comme le vent en passant sur la plaine fait courber un champ d'épis. Moi, elle me fit tressaillir. Cette voix, c'était celle de mon père (Dumas père, Monte-Cristo, t. 2, 1846, p. 260). 2. On rencontre ds la docum. un ex. de courbeur correspondant au prov. mod. courbaire, employé (imprimé en italique) par Mistral dans sa trad. de Mireille et cité par Lamartine « ... le vent de mer, courbeur puissant des peupliers » (Cours litt., 40eentretien, 1859, p. 291).
Prononc. et Orth. : [kuʀbe], (je) courbe [kuʀb]. Ds Ac. depuis 1694. Étymol. et Hist. Ca 1170 curberent le genuil (devant Baal) (III Rois, XIX, 18, éd. E. R. Curtius, p. 161). Du lat. vulg. *curbare, class. curvare « courber ». Fréq. abs. littér. : 1 095. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 1 405, b) 2 325; xxes. : a) 1 682, b) 1 199. Bbg. Gir. t. 2 Nouv. Rem. 1834, p. 25. − Gottsch. Redens. 1930, p. 153.
Source : CNRTL

Wiktionnaire

Français

Adjectif

Singulier Pluriel
Masculin
et féminin
courbe courbes
\kuʁb\

courbe \kuʁb\ masculin et féminin identiques

  1. Qui n’est ni droit, ni composé de lignes droites.
    • Araser les angles ou les éventuelles parties courbes à l’aide d'un cutter à lame droite en prenant appui sur le couteau à maroufler. — (Sophia Czernic, ‎Christian Bourcey, Peinture et revêtements, 2015, page 89)

Nom commun

Singulier Pluriel
courbe courbes
\kuʁb\

courbe \kuʁb\ féminin

  1. Ligne dont la direction change de façon continue.
    • Ces considérations nous portaient donc à croire que l’histoire des bouts de corde était le produit de l’imagination de quelque amateur de l’horrible, de ces gens qui ne peuvent voir une hart se balançant à une branche d'arbre sans que leur esprit frappé ne mette un pendu au bout, avec des corbeaux décrivant leur affreuse courbe autour du supplicié pour en choisir les meilleurs morceaux; […]. — (Corneille Trumelet, Une page de l'histoire de la colonisation algérienne : Bou-Farik, Alger : chez Adolphe Jourdan, 1887, p. 5)
    • […] et la nuit n'était troublée que par les brusques paraboles des fusées éclairantes qui montaient aux deux côté du marécage et, parvenues au sommet de leur courbe, ouvraient leurs cônes blancs et s'épanchaient doucement comme des lys renversés. — (Charles Le Goffic, Bourguignottes et pompons rouges, 1916, p.102)
    • La place de la Nation, […], s'ouvrait à tous les vents. Des tramways éclairés et vides y décrivaient, en piaulant sur leurs rails, une courbe laborieuse […]. — (Francis Carco, Messieurs les vrais de vrai, Les Éditions de France, Paris, 1927)
    • Certes, le virolo faisait dans le vicelard, il donnait dans le cumul ; en plus d'une longue courbe légèrement en dévers, ce petit rigolo se payait le luxe d'être aussi un viaduc. — (Ptiluc, Les mémoires d'un motard, vol.4: C'était le temps des filles et des bécanes, Glénat, 2013, p.29)
  2. (Géométrie) Ligne quelconque, sous-ensemble d'un espace euclidien.
  3. (Mathématiques) Représentation graphique d'une fonction binomiale sous forme de diagramme.
    • La courbe d'aimantation stable passe par l'origine; c'est en quelque sorte, la courbe médiane entre les deux branches de la courbe d'hystérésis. — (Pierre Curie, Propriétés magnétiques des corps à diverses températures; Annales de Chimie & de Physique, 7e série, t.V, Juillet 1895)
    • Ces courbes sont de la forme hyperbolique et sensiblement de l'équation xy = constante. — (D. de Prat, Nouveau manuel complet de filature; 1re partie: Fibres animales & minérales, Encyclopédie Roret, 1914)
    • Tel est le but des courbes de lavabilité des charbons imaginées par Hanappe, vers l'année 1912 et dont l'usage est devenu courant dans tous les lavoirs français et belges. — (Ch. Berthelot, Épuration, séchage, agglomération et broyage du charbon, Paris : chez Dunod, 1938, page 22)
    • Cette table donne le moyen d'établir, dans l'hypothèse où la courbe de la marée est une sinusoïde, la hauteur de la marée à un instant quelconque. — (Annuaire des marées pour l'an 1973, t. I - Ports de France, Service hydrographique de la Marine, 1971)
  4. (Art) Pièce de bois en forme d’arc qui sert aux ouvrages de charpenterie et qui entre principalement dans la construction des navires.
  5. (Médecine vétérinaire) Sorte de tumeur dure qui vient à la partie interne de la jambe des chevaux.

Forme de verbe

Voir la conjugaison du verbe courber
Indicatif Présent je courbe
il/elle/on courbe
Imparfait
Passé simple
Futur simple
Subjonctif Présent que je courbe
qu’il/elle/on courbe
Imparfait
Impératif Présent (2e personne du singulier)
courbe

courbe \kuʁb\

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent de courber.
  2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent de courber.
  3. Première personne du singulier du subjonctif présent de courber.
  4. Troisième personne du singulier du subjonctif présent de courber.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif de courber.

Anagrammes

→ Modifier la liste d’anagrammes

  • bource, bourcé

Voir aussi

  • courbe sur l’encyclopédie Wikipédia
Source : Wikitionnaire

Littré (1872-1877)

courbe [1]

(kour-b') adj.
  • 1Qui est en forme d'arc ou de sinuosité ; ou, suivant la définition géométrique, qui n'est ni droit ni composé de lignes droites. Une ligne courbe. Une surface courbe. Encore que son mouvement se fasse en ligne courbe, Descartes, Monde, 7. Le même bâton qui me paraît droit dans l'air me paraît courbe dans l'eau, Bossuet, Conn. de Dieu, III, 8. Et ses sonores espingoles Et son courbe damas, Hugo, Orient. 21.
  • 2 S. f. Terme de géométrie. Ligne courbe. Décrire une courbe. La courbe que décrit la terre autour du soleil. Toutes les courbes peuvent passer pour des suites infinies de lignes droites infiniment petites, Fontenelle, Bernoulli. Un géomètre ne doit pas être moins glorieux d'avoir donné son nom à une courbe ou à une espèce entière de courbes qu'un prince d'avoir donné le sien à une ville, Fontenelle, Tschirnhaus. Quelle est la courbe suivant laquelle un vaisseau doit être taillé pour être le meilleur voilier qu'il soit possible ? Montesquieu, Lett. pers. 97. Nous ne sommes point nés pour mesurer des courbes, Voltaire, Lettr. Prusse, 19. Alors, pour lui donner une idée de la géométrie des courbes, on lui fit lire un traité fort élémentaire des sections coniques ; et, quand il eut acquis ces notions, il entendit sans effort le livre de M. Trabaud sur le mouvement et sur l'équilibre, Condillac, Gramm. Motif des études, Œuvres, t. V, p. CXLVII, dans POUGENS. Après trois ans d'étude, âgé seulement de dix-sept ans, il donna une nouvelle solution du problème de la courbe d'égale pression dans un milieu résistant, Condorcet, d'Arci. Mais sur d'heureux contours glissant avec mollesse, D'une courbe facile elle aime la souplesse, Delille, Imagin. III.

    Courbes algébriques, courbes dont l'équation ne contient que des fonctions algébriques, par opposition à courbes mécaniques ou transcendantes. On a donné le nom de courbes géométriques à celles dont on a su mesurer exactement la marche ; mais lorsque l'expression ou l'échelle de cette marche s'est refusée à cette exactitude, les courbes se sont appelées courbes mécaniques, Buffon, Homme, Arithm. morale.

  • 3 Terme d'architecture. Courbe rampante, se dit du limon courbe d'un escalier.

    Les courbes, en charpenterie, sont des pièces de bois coupées en arc.

    Terme de marine. Courbe de capucine, celle qui lie en partie l'étrave avec l'éperon.

    Courbes d'écubier, deux pièces de bois larges et épaisses qui joignent l'étrave l'une à droite, l'autre à gauche. Pièces de fer analogues aux courbes en bois ou qui les suppléent.

  • 4Crossettes de la vigne.
  • 5 Terme de vétérinaire. Tumeur osseuse, située en dedans du jarret, sur l'extrémité inférieure et interne du tibia.
  • 6Sur les rivières, une courbe de chevaux, deux chevaux accouplés qui tirent les bateaux.

HISTORIQUE

XIIIe s. Et quant à point se sentira, Et par les rues s'en ira, Si soit de beles aleüres, Non pas trop moles ne trop dures, Trop eslevées, ne trop corbes, Mais bien plesans en toutes torbes, la Rose, 13739. Mès certes je ai si grant fain Que tote en ai corbe l'eschine, Ren. 10519.

XIVe s. L'escuier dont je di n'i fist arrestement, Print un courbe coutel qui tranchoit roidement, Pietre trancha le chief, voiant toute la gent, Guesclin. 16822. Le concave et le curve d'une ligne circulaire, Oresme, Eth. 30. La gielle [sorte d'engin] doit estre ung peu courbe devers le gros bout, Modus, f° CXXIII, verso.

XVIe s. L'ame qui est triste à cause de la grandeur du mal et qui chemine courbe et foible et les yeux defaillants, et l'ame qui a faim, te donnera gloire et justice, Calvin, 99. Cette charge tient l'esprit courbe [affaissé] et croupy, Montaigne, I, 139. Un aviron droict semble courbe en l'eau, Montaigne, I, 319. Pour dresser un bois courbe, on le recourbe au rebours, Montaigne, IV, 151. Un vendeur de chevaux n'est tenu de leurs vices, fors de morve, pousse, courbes et courbatures, Loysel, 418. Contre les courbes [des chevaux] faut employer cataplasme fait de sauge, De Serres, 982. Un jardin aiant des allées droites, des costés droits, des diagonales et des curves, De Serres, 591. L'aedilitas curulis, ainsi nommée à cause de certaines chaires qui ont les pieds courbes, Amyot, Marius, 5.

Source : Dictionnaire Littré

Étymologie de « courbe »

Du latin curvus devenu *curbus en latin populaire.
Source : Wikitionnaire

Provenç. et catal. corb ; espagn. et ital. corvo ; du latin curvus.

Source : Dictionnaire Littré

Phonétique du mot « courbe »

Phonétique Prononciation
La prononciation \kuʁb\ rime avec les mots qui finissent en \uʁb\.
France : écouter « courbe »
France (Vosges) : écouter « courbe »
Source : Wikitionnaire

Fréquence d'apparition du mot « courbe »

Source : Google

Traductions du mot « courbe »

Langue Traduction
English curve
German Kurve
Spanish curva
Portuguese curva
Italian curva
Dutch curve
Polish krzywa
Russian кривая
Source : DeePL

Synonymes de « courbe »

Antonymes de « courbe »