Couteau

subst masc

Définitions de « couteau »

Trésor de la Langue Française informatisé

COUTEAU, subst. masc.
A.− Instrument tranchant formé d'une lame emmanchée de forme et de longueur variables. Couteau affilé, ébréché, long, mince, pointu; le couteau coupe, tranche; aiguiser, repasser un couteau.
1. [Le couteau comme instrument domestique]
a) [Comme élément du couvert] Couteau à dessert, à fruit, à pain, à poisson. Un couteau à fromage (Lar. mén.1926).Ni couteaux, ni cuillers, ni fourchettes : on mange avec les mains (Lamart., Voy. Orient,t. 1, 1835, p. 246):
1. À l'instant où nous allons nous mettre à table, un nouveau planton arrive, porteur d'un pli. Garine ouvre l'enveloppe avec le couteau de table, s'assied devant son assiette et lit. Malraux, Les Conquérants,1928, p. 63.
b) [Comme ustensile de cuisine] Couteau à ouvrir les huîtres (Romains, Copains,1913, p. 181).Couteaux d'office; (...) couteaux économiseurs; (...) couteau à découper (Mathiot, Éduc. ménag.,1957, p. 82).
Couteau électrique. ,,Couteau dont la lame est actionnée par un moteur électrique au moyen d'un système bielle-manivelle ou de cames`` (Lar. encyclop.).
c) [Comme objet personnel, familier] Couteau de poche; couteau pliant, multilames. Il fouilla dans sa poche, en tira un couteau-canif (Hugo, Misér.,t. 2, 1862, p. 241).Couteaux à plusieurs lames (Verne, Île myst.,1874, p. 223).Je n'ai qu'un couteau suisse, dit le padre (Maurois, Silences Bramble,1918, p. 54):
2. Là-dessus, Roch tirait un couteau de poche et commençait de se gratter les ongles d'un air rêveur. Il marmonnait : − La croix à vingt-six ou vingt-sept ans, sans discussions, sans histoires. Fichtre! G. Duhamel, Chronique des Pasquier,Le Combat contre les ombres, 1939, p. 101.
Couteau (à raser). ,,Rasoir à main`` (Rob.); cf. également Carabelli, [Lang. profess. coiffeurs].
2. [Le couteau comme arme]
a) Vx. ,,Épée courte qu'on porte au côté`` (Ac. 1878). Il ne porte qu'un couteau. Son ennemi avait une épée de longueur et lui n'avait qu'un couteau`` (Ac. 1878).
b) Arme de chasse, de combat. Il examina son couteau de chasse, qui était fort tranchant (Stendhal, Rouge et Noir,1830, p. 126).Le vieux Charles sortait de sa poche un couteau à cran d'arrêt et commençait à manger (Dabit, Hôtel Nord,1929, p. 99).Il avait son couteau de guerre dans sa poche (Martin du G., Thib.,Épil., 1940, p. 788):
3. « As-tu toujours le couteau, dit cette singulière créature à Isabelle lorsqu'elle se fut approchée de la cheminée, le couteau à trois raies rouges? − Oui, Chiquita, répondit la jeune femme, je le porte là, entre ma chemisette et mon corsage. Mais pourquoi cette question, ma vie est-elle donc en péril? − Un couteau, dit la petite dont les yeux brillèrent d'un éclat féroce, un couteau est un ami fidèle; il ne trahit pas son maître, si son maître le fait boire; car le couteau a soif. T. Gautier, Le Capitaine Fracasse,1863, p. 385.»
En partic. Couteau sacré. Arme destinée à sacrifier les victimes offertes à la Divinité. Démodocus répand la libation aux pieds de la statue du poëte. La génisse tombe sous le couteau sacré (Chateaubr., Martyrs,t. 2, 1810, p. 182).
c) Style noble. Arme utilisée par le bourreau dans ses œuvres (hache, glaive, etc.). [Méphistophélès à Faust] Viens! viens! ou je t'abandonne avec elle sous le couteau! (Nerval, Faust,1840, p. 186).
P. ext. Couperet de la guillotine :
4. Il m'est arrivé, dans ma vie, d'avoir l'affreuse curiosité d'une exécution capitale. Je m'y suis rendu. Je n'y ai pas assisté. Je n'ai vu ni le couteau descendre, ni la tête tomber. Je n'ai pas pu. P. Bourget, Le Sens de la mort,1915, p. 278.
SYNT. Coup de couteau (dans la poitrine, en plein cœur). Je m'élançai alors sur lui et je lui enfonçai mon couteau dans la poitrine (Dumas père, Monte-Cristo, t. 1, 1846, p. 641). Avoir le couteau au poing, entre les dents. Marcel et Octave la carabine au poing et le couteau aux dents, s'élancèrent dans le parc (Verne, 500 millions, 1879, p. 228). Jouer du couteau; manier, tirer le couteau. Voilà les guerres de famille, voilà comme les couteaux se tirent (Musset, Lorenzaccio, 1834, II, 5, p. 153). On dit que tu sais jouer du couteau comme le meilleur jaque de Malaga, (Mérimée, Carmen, 1847, p. 62).
d) Expr. fig. Mettre le couteau sur (sous) la gorge. Contraindre quelqu'un par la force à agir dans un sens déterminé. Vous êtes peut-être gênées en ce moment, dites-le-moi, je ne viens pas vous mettre le couteau sur la gorge (Becque, Corbeaux,1882, IV, 10, p. 243).Être à (aux) couteaux tirés. Être en complète inimitié. Ce sont là deux demi-sœurs, qui, sorties de deux pères, se crachent à la figure en se traitant de bâtardes et vivent à couteaux tirés (Courteline, Article 330,1900, p. 277).Remuer le couteau (ou le fer) dans la plaie. Augmenter, raviver une peine, un chagrin. La Môme, retournant le couteau dans la plaie. − Puisque tu te maries! (Feydeau, Dame Maxim's,1914, II, 9, p. 52).
3. Au fig.
a) [L'accent est mis sur la forme] Visage en lame de couteau. Visage mince, creux, aux angles vifs. Un homme grand, sec et mince, le visage en lame de couteau (Balzac, Peau chagr.,1831, p. 82).L'acier terni de sa face de couteau-poignard (Villiers de L'I.-A., Contes cruels,1883, p. 202).
b) [L'accent est mis sur ses qualités] Couper, tailler au couteau. Couper avec netteté, en ligne droite. Une terre belle, vraiment. Et un peu grasse, que le soc coupait au couteau, qui ne couvait pas de basse vermine (Bosco, Mas Théot.,1945, p. 84).
Visage taillé au couteau. Visage aux traits marqués, aux contours accusés. Ta tête est bizarre, taillée à grands coups de couteau comme celle des génies (Renard, Journal,1888, p. 16).
Brouillard à couper au couteau. Brouillard dense, très épais. Il fait un brouillard à couper au couteau (Proust, Guermantes 2,1921, p. 394).
4. Proverbes. [P. réf. au couteau à pain d'une famille, dont les générations successives changent alternativement la lame et le manche, tout en le regardant comme le même couteau héréditaire] Ressembler au couteau de Jeannot. Changer complètement en gardant le même nom (cf. Mauriac, Journal 1, 1934, p. 66). L'homme s'est complètement renouvelé... − À la manière du couteau de Jeannot, et vous le croyez toujours le même, reprit Bixiou (Balzac, Mais. Nucingen,1838, p. 605).On vous en donnera des petits couteaux pour les perdre. On ne vous confiera plus d'objet dont vous n'appréciez pas la valeur. Oui, continuai-je (...), je vous en flanquerai, à l'avenir, des petits couteaux pour les perdre (Courteline, Ah! Jeunesse!Lauriers coupés, 1894, p. 181).Être (comme) un couteau de tripière (couteau possédant deux tranchants). Être hypocrite en disant du bien et du mal d'une même personne. Parmi ces caleurs et ces gourgousseurs [de l'atelier], il y en avait un de méchant comme un vieux couteau de tripière (Esparbès, Printemps,1906, p. 187).
B.− [P. anal.]
1. [De fonction] Outil métallique tranchant, grattant, etc., utilisé sous des formes et pour des usages variés dans divers domaines techniques.
a) AGRICULTURE.
Couteau d'une charrue (cf. coutre1; cf. également Giono, Regain, 1930, p. 175).
Couteau d'apiculteur. ,,Désoperculateur`` (Rob.); cf. également Lar. encyclop..
Couteau à greffer (Rob.). Les couteaux à greffer (...) possèdent une lame dont la face inférieure, pendant la coupe, doit être plate pour que la section obtenue soit bien plane (Brunet, Matér. vitic.,1909, p. 51).
b) ALIM. Couteau ramasseur. ,,Couteau qui ramasse constamment la pâte de cacao sous la meule`` (Littré); cf. également Guérin 1892, Rob. et Lar. encyclop..
c) CHIR. Sur un seul et même plateau on posera : (...) un ou deux couteaux à amputation (Nélaton, Pathol. chir.,t. 1, 1844, p. 226).Un couteau interosseux, ou un simple bistouri (Nélaton, Pathol. chir.,t. 1, 1844p. 230).Un couteau à iridectomie (J. Verne, Vie cellul.,1937, p. 30).
d) MÉD. VÉTÉR.
Couteau anglais. ,,Instrument dont les maréchaux anglais se servent pour rogner la corne des sabots et qui remplace le boutoir des ouvriers français`` (Littré); cf. également Rob., Lar. encyclop..
Couteau de feu. ,,Instrument qui est de fer ou de cuivre et qui, étant chauffé dans la forge, sert à brûler quelque partie malade du cheval`` (Littré); cf. également DG, Rob., Lar. encyclop..
Couteau de chaleur. ,,Latte de bois polie sur les bords, dont on se sert pour racler la surface de la peau du cheval et abattre la sueur après un exercice forcé`` (Littré); cf. également DG, Rob., Lar. encyclop..
e) PEAUSS. Le couteau à inciser (Closset, Travail artist. cuir,1930, p. 21).Couteau à dérayer (Bérard, Gobilliard, Cuirs et peaux,1947, p. 105).Le couteau à écharner (...), un couteau à ébourrer (Bérard, Gobilliard, Cuirs et peaux,1947p. 44).
f) PEINT. Un couteau à reboucher et un couteau à enduire (Bonnel-Tassan1966, p. 137):
5. Puis, la grosse affaire était le couteau à palette, car il l'employait pour les fonds, comme Courbet; il en possédait une collection, de longs et flexibles, de larges et trapus, un surtout, triangulaire, pareil à celui des vitriers, qu'il avait fait fabriquer exprès, le vrai couteau de Delacroix. Zola, L'Œuvre,1886, p. 269.
2. [De forme]
a) MODES. Longue plume rigide ornant parfois les coiffures féminines. Ce petit canotier de feutre noir, si coiffant, dont le couteau fuse, et la voilette ombre les yeux, est « Paris » (L'Œuvre,17 mars 1941).MmeAlvarez toisa sa petite-fille, du canotier en feutre orné d'une plume-couteau, jusqu'aux souliers molière de confection (Colette, Gigi,1944, p. 11).
b) TECHNOL. Petite pièce triangulaire qui supporte le fléau et les deux plateaux d'une balance. Les couteaux de la balance commençaient à se détraquer (Druon, Gdes fam.,t. 2, 1948, p. 98).
c) ZOOL. Solen; mollusque bivalve à coquille allongée vivant enfoncé dans le sable. Les Couteaux (Solen Vagina) ont une coquille tellement à part qu'ils sont connus de tout le monde (Coupin, Animaux de nos pays,1909, p. 417).
Prononc. et Orth. : [kuto]. Ds Ac. depuis 1694. Étymol. et Hist. 1. Ca 1130 coltel « outil tranchant » (Couronnement de Louis, éd. E. Langlois, 540); 1316 couteau sing. (Inv. des armures de Louis X ds Gay); 1586 fig. estre aux cousteaux tirer (Cholières, 8oApresdisnée, p. 217, Paris, J. Richer, s.d.); 1680 estre à couteaux tirez (Rich.); 2. ca 1265 faucon. (Brunet Latin, Trésor, éd. F.-J. Carmody, I, 147, 32 : corticus corrigé en coutiaus par l'éd.); 3. 1611 p. anal. conchyl. (Cotgr.); 4. 1863 d'une balance (Littré). Du lat. class. cultellus « petit couteau », dimin. de culter, v. coutre. Fréq. abs. littér. : 2 527 (couteau-poignard : 6). Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 2 212, b) 4 937; xxes. : a) 5 018, b) 3 195. Bbg. Gottsch. Redens. 1930, passim.Goug. Mots t. 3 1975, p. 198, 219. − Quem. 2es. t. 1 1970. − Rog. 1965, p. 94.
Source : CNRTL

Wiktionnaire

Français

Nom commun

Singulier Pluriel
couteau couteaux
\ku.to\
couteau primitif
Couteaux de cuisine. (sens 1)
couteau-rasoir de barbier. (sens 1)
couteau à coquillages. (sens 1)
couteau de débroussaillage. (sens 4)
Couteau à dégarnir
.
Coquille d’un couteau. (sens 6)
fléau de balance et son couteau. (sens 7)
couteau pour ski. (sens 8)
En noir, le couteau diviseur d’une scie circulaire. (sens 9)
Armoiries avec un couteau. (sens 13)

couteau \ku.to\ masculin

  1. (Génériquement) Outil tranchant qui possède une arête effilée, utilisé par exemple en tant qu’arme ou pour couper la viande.
    • L’écuyer tranchant s’avance pour couper les viandes avec un grand couteau qui ressemble à un sabre. — (Charles-Simon Favart, Les trois sultanes ou Soliman second, comédie en trois actes et en vers, Paris, Barba & Hubert, 1817, page 44)
    • Céraunies[1], pierres de foudre semblables aux pierres dont les Amériquains faisaient leurs haches et leurs couteaux. — (Louis Capitan, Le couteau de pierre à sacrifices humains de l’ancien Mexique dans deux livres du XVIIe siècle citant Joseph François Lafitau, (1724), In : Comptes rendus des séances de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 60ᵉ année, n° 5, 1916, page 370)
    • Mais le couteau, plus étroit que la masse qui sert à en assurer la chute, offre l'apparence dérisoire d'un taille-crayons; mieux, d'un chicot tranchant qui meublerait à lui seul la mâchoire d'un requin. — (Georges Arnaud, Prisons 53, Paris : Éditions R. Julliard, 1953, page 57)
    • La possession d’un outil tranchant, ancêtre du couteau et compagnon inséparable de l’homme bien avant le feu et le chien, lui permet également de tailler des bâtons, de façonner des massues, de travailler l’os, la corne, les bois des cervidés, l’ivoire. — (l’histoire du couteau)
    • Couteaux et racloirs ainsi produits servent à la découpe de la viande et l’apprêt des peaux. — (les outils de l’homme préhistorique)
    • La morphologie très variée des faces planes leur confère de multiples possibilités, telles que celles du coupoir, du couteau, parfois aussi de la pointe à main. — (L. Pradel, De la face plane à la pointe à cran solutréenne : transition morphologique, In : Bulletin de la Société préhistorique française, tome 79, n° 4, 1982, page 115)
    • Il est probable que le harpon devait s’enfoncer en coupant comme un couteau plutôt qu’en piquant. — (Anne Lavondès, Note sur les harpons polynésiens, In : Journal de la Société des océanistes, n° 74-75, tome 38, 1982, Hommage au R. P. Patrick O'Reilly, page 148)
    • Du dehors, à la clarté brutale de l’électricité, je pus apercevoir […] plusieurs individus se défaire, avec un geste brusque, de couteaux ou de revolvers. — (Francis Carco, Messieurs les vrais de vrai, Les Éditions de France, Paris, 1927)
    • Ça tranche comme un damas, dit-il. Que veux-tu en faire ? C’est un couteau d’homme. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
    • Benjamin ne m’oublia pas davantage, et il voulut aussi me faire un cadeau ; il me donna son couteau et en échange il exigea un sou « parce que les couteaux coupent l’amitié. » — (Hector Malot, Sans famille, 1878)
    • C’était un couteau qu’elle venait de lui acheter, pour en remplacer un qu’il avait perdu et qu’il pleurait, depuis quinze jours. Il s’exclamait, le trouvait superbe, ce beau couteau neuf, avec son manche en ivoire et sa lame luisante. Tout de suite, il allait s’en servir. Elle était ravie de sa joie ; et, en plaisantant, elle se fit donner un sou, pour que leur amitié ne fût pas coupée. — (Émile Zola, La bête humaine, 1890, chapitre I)
    • Tombe 4, couteau-rasoir-précelles en fer. — (André Rapin, Étude du mobilier métallique, In : Revue archéologique de Picardie, n° 3-4, 1986, page 73)
    • Contrairement à d’autres couteaux de barbier, les lames de rechange sont disponibles à des prix très corrects. — (les meilleurs coupe-choux)
    • couteau large et courbé, à l’aide duquel le cordonnier découpe les semelles et les talons. — (Al. Graur, Notes d’étymologie roumaine, In : Romania, tome 53 n° 211, 1927, p. 384)
    • Cerner c'est pratiquer une incision peu profonde, à l’aide d’un couteau d’office, dans la peau ou l’enveloppe d’un fruit. — (termes de cuisine)
    • En 1959 la découverte d’un premier couteau-scie à quatre encoches dans la station néolithique du plateau de Saint-Lambert à Amay (Hesbaye Liégeoise) était signalée. — (Louis Eloy Louis, Le couteau-Scie néolithique à quatre encoches de la Hesbaye Brabançonne, In : Bulletin de la Société préhistorique française. Comptes-rendus des séances mensuelles, tome 66, n° 2, 1969, page 44)
    • Born semble sortir son portefeuille de sa poche, mais c’est un couteau à cran d’arrêt. — (Alain Billault, Paul Auster et Lycophron : à propos d’Invisible, In : Bulletin de l’Association Guillaume Budé, n° 1, 2010, page 236)
    • Pour taper dans un roncier il faut éviter à tout prix les outils qui tournent car les ronces coupées s’entourent autour des couteaux et bonjour la galère. — (Débroussailler des ronces)
    • Avec un couteau éplucheur, telle ménagère gagne 10 mn par jour en épluchant les pommes de terre. — (Institut d’organisation scientifique du travail en agriculture, Terre et Méthode, 1958, page 46)
    • A cette tête sont aussi attachés deux couteaux mobiles et à mouvement alternatif qui sont mis en jeu par un pignon […] — (Le technologiste ou archives du progrès de l’industrie française et étrangère, tome XXVI, à Paris à la Librairie Encyclopédique de Roret, 1865, page 487)
  2. (Agriculture) Instrument pour moissonner, désherber, élaguer, greffer ou aérer la terre.
    • Il est très probable que ce couteau ait servi de couteau à moissonner les céréales. — (Pierre Pétrequin et Dominique Baudais, Les Sites littoraux néolithiques de Clairvaux-les-Lacs (Jura), à Paris aux éditions de la Maison des Sciences de l’Homme, 1989, page 351)
  3. (Imprimerie) Instrument pour découper les feuilles d’un livre.
    • Avant de glisser le couteau d’ivoire entre les feuillets du premier chapitre, prenez la mesure de vos forces. — (Charles Ladvocat, Paris ou Le livre des cent-et-un, volume 6, 1832, page 140)
  4. (Industrie, Mécanique) Lame coupante montée sur un plateau, un arbre ou un cylindre rotatif pour découper, broyer, déchiqueter : → voir broyeur et épareuse.
    • Ce couteau est armé d’une saillie intérieure qui s’engage dans une rainure longitudinalement pratiquée dans l’arbre. — (Ministère de l’Agriculture, du commerce et des Travaux Publics, Description des machines et procédés de brevets d’invention, à Paris Imprimerie Impériale, 1889, page 157)
    • Avec un couteau à lame circulaire, tranchant, on enlève la chair et les impuretés qui restent attachées à la peau. — (M. Dumas, Traité de chimie appliquée aux arts, à Paris chez Béchet Jeune, 1844, Volume 7, page 531)
  5. (Peinture) Outil emmanché à lame large ou souple non coupante : → voir couteau à peindre et couteau à enduire.
    • Pour peindre au couteau, il est important de travailler dans l’empâtement des couleurs. Différentes solutions de travail peuvent être explorées. — (les bases de la peinture)
  6. (Conchyliologie, Malacologie) Espèce de coquillage bivalve (nom latin : solen).
    • La présence du couteau arqué est observée des côtes de Norvège au nord jusqu’à la péninsule ibérique au sud. — (Données d’Observations pour la Reconnaissance et l’Identification de la faune et la flore Subaquatiques, Ensis magnus)
  7. (Métrologie) Dans une balance de précision, prisme pointu qui supporte le fléau.
    • Dans les balances à couteau, la sensibilité se trouve limitée par les conditions mécaniques bien connues. — (V. Crémieu, Sur une balance très sensible, sans couteau. Ses applications à diverses mesures électriques., J. Phys. Théor. Appl., 1902, 1, page 441)
  8. (Ski) Dispositif placé sur le ski, en avant de la fixation pour permettre une traversée sur une neige glacée.
    • Ils se fixent à l’avant de la fixation et chaque modèle de fixation possède son propre type de couteau. — (ESF, hors piste, les couteaux)
    • Quand la pente dépassait 40° d’inclinaison, il fallait fixer des couteaux sous les skis, lames d’aluminium qui cramponnaient la neige. J’avais l’impression de rayer la porcelaine. — (Sylvain Tesson, Blanc, Gallimard, 2022, page 30)
  9. (Sciage) Séparateur des parties sciées par une scie circulaire : → voir couteau diviseur
    • S’il n’empêche pas cette déformation, le couteau diviseur garantit une largeur du trait de scie telle que le passage des dents de la lame à l’arrière soit assuré. — (Philippe Lamoureux, fiche pratique de sécurité ED 101, DÉPARTEMENT INGÉNIERIE DES ÉQUIPEMENTS DE TRAVAIL, INRS, CENTRE DE LORRAINE)
  10. (Mécanique) (Tournage) Outil placé perpendiculairement à l’axe d’une pièce pour charioter : → voir couteau à charioter.
    • outil couteau à droite et même pour être puriste : outil couteau ravageur. Il va bien pour les ébauches par ce que le copeau « roule » mais il va bien aussi pour les finitions il est fait pour usiner les cylindres […] — (forum usinage)
  11. (Sens figuré) Symbole de la querelle violente.
    • Les deux clans opposés ont laissé tomber les couteaux, le temps de la campagne, mais ils risquent maintenant de les reprendre et de les affûter pour se disputer le contrôle du gouvernail idéologique du parti. — (Richard Martineau, Le Journal de Montréal, 5 avril 2014)
  12. (Rare) (Franche-Comté), (Canton de Fribourg)[2] Rayon de miel.
    • […] ce qui est très important pour les abeilles, pour pouvoir ôter les boîtes latérales, sans endommager les couteaux ou rayons de miel, […]. — (Pierre Anne, Jean Alfred Gillet de Grandmont et Charles Lasteyrie, Journal des connaissances usuelles et pratiques, à Paris au bureau du Journal, 1834, page 277)
  13. (Héraldique) Meuble représentant l’arme ou l’outil du même nom dans les armoiries. Il est généralement représenté en pal, pointe vers le chef mais il n’y a pas règle stricte et il est préférable de toujours préciser la position et l’orientation. À rapprocher de badelaire, coutelas, cimeterre, épée, kriss, rapière et sabre.
    • De gueules aux deux roues de moulin d’or, rangées en fasce, surmontées d’un couteau d’argent posé en fasce, qui est de Buethwiller du Haut-Rhin → voir illustration « armoiries avec un couteau »

Voir aussi

  • couteau sur l’encyclopédie Wikipédia
  • Le thésaurus héraldique en français
  • Liste des meubles héraldiques sur l’encyclopédie Wikipédia
  • Couteaux en héraldique sur Commons
Source : Wikitionnaire

Littré (1872-1877)

couteau

(kou-tô) s. m.
  • 1Instrument tranchant composé d'une lame et d'un manche. Couteau de table. Couteau de poche. Ce couteau coupe bien. Mettre couteaux sur table, donner à manger.

    Fig. Porter le couteau sur, supprimer sans miséricorde. Il veut porter le couteau jusqu'aux inclinations les plus naturelles, Bossuet, I, Pâq. 1.

    Fig. Couteau pendant, homme qui en accompagne toujours un autre ; locution tirée de l'habitude d'avoir, en certaines professions, un couteau pendu à son côté. Un tel est toujours avec lui, c'est son couteau pendant.

    Couteau de tripière, couteau qui tranche des deux côtés ; et fig. C'est un couteau de tripière, c'est un couteau à deux tranchants, c'est un couteau qui tranche des deux côtés, celui qui dit du bien et du mal d'une même personne.

    Familièrement. On vous en donnera de petits couteaux pour les perdre, se dit aux enfants à qui l'on refuse quelque chose.

    Boîte à couteaux, boîte où l'on serre les couteaux.

  • 2 Terme de chirurgie. Instrument tranchant dont on se sert pour diviser les parties molles et qui ne diffère du bistouri que parce qu'il est ordinairement plus grand et que la lame est toujours fixée à demeure sur le manche.

    Couteau à deux tranchants ou couteau interosseux, dit ainsi parce qu'il sert particulièrement pour pratiquer les amputations dans les articles, et pour diviser les chairs des espaces interosseux à la jambe ou à l'avant-bras.

    Couteau lenticulaire, couteau dont on se sert dans la trépanation, pour détruire les inégalités que la couronne du trépan a laissées au voisinage des bords de l'ouverture faite à l'os.

  • 3 Poétiquement, coutelas, poignard. Où toi-même, des tiens devenu le bourreau, Au sein de ton tuteur enfonças le couteau, Corneille, Cinna, IV, 2. Qu'on lui fasse en mon sein enfoncer le couteau, Racine, Athal. V, 6.

    Fig. Plonger le couteau dans le sein de quelqu'un, lui causer un violent chagrin. Vous par qui je plongeai le couteau dans le sein maternel, Rousseau, Hél. II, 5. Comment mettre le couteau dans le cœur de ses parents ? Voltaire, Blanc et noir.

    Être sous le couteau, avoir le couteau sur la gorge, être contraint par force ou par menace. Rien n'est changé, je suis encor sous le couteau, Voltaire, Tancr. III, 7.

    On dit dans le même sens : mettre le couteau sur la gorge.

    Couteaux sacrés, ceux qui servaient à égorger les victimes dans les anciens sacrifices. [Elle] tend la gorge aux couteaux par son père apprêtés, Racine, Iph. V, 4. C'est peu que de vouloir, sous un couteau mortel, Me montrer votre cœur fumant sur un autel, Racine, ib. III, 6. Les victimes qui tombaient sous le couteau sacré, Fénelon, Tél. X.

  • 4Instrument de supplice. L'abandonnerez-vous à l'infâme couteau Qui fait choir les méchants sous la main du bourreau ? Corneille, Hor. V, 3.

    Le couteau de la guillotine.

  • 5Couteau de chasse, courte épée qui ne tranche ordinairement que d'un côté, pour couper les branches quand on brosse au travers des bois.
  • 6Courte épée. Il ne porte qu'un couteau. Vieux en ce sens.

    Fig. En être aux couteaux tirés, être à couteaux tirés, être en inimitié ouverte. Il était avec lui ouvertement aux épées et aux couteaux, Sévigné, 244. D'Achy était aux couteaux tirés avec Puyrobert, Saint-Simon, 11, 126. Mme de Montespan fut toujours aux couteaux avec ce ministre [Louvois], Saint-Simon, 229, 69.

    Aiguiser ses couteaux, se préparer au combat, à la dispute.

    Jouer des couteaux, se battre à l'épée. J'en suis, et j'y jouerai, comme il faut, des couteaux, Scarron, D. Japhet, III, 4.

  • 7 Terme de vétérinaire. Couteau de feu, instrument qui est de fer ou de cuivre, et qui, étant chauffé dans la forge, sert à brûler quelque partie malade d'un cheval.

    Couteau anglais, instrument dont les maréchaux anglais se servent pour rogner la corne des sabots et qui remplace le boutoir des ouvriers français.

    Couteau de chaleur, latte de bois polie sur ses bords, dont on se sert pour racler la surface de la peau du cheval et abattre la sueur après un exercice forcé.

  • 8Couteau à papier, autrement dit plioir, ustensile en bois ou en ivoire qui sert à couper le papier.

    Couteau sourd, instrument des corroyeurs dont le tranchant est fort émoussé.

    L'arête du prisme triangulaire qui porte le fléau d'une balance.

    Couteau ramasseur, couteau qui ramène constamment la pâte de cacao sous la meule.

  • 9Couteau aimanté, sorte d'instrument en forme de couteau qui servait à des recherches sur le magnétisme. Le couteau aimanté nous découvre, dans les cendres de plusieurs espèces, des particules ferrugineuses, Bonnet, Consid. corps org. œuvres, t. V, p. 151, dans POUGENS.
  • 10 Terme de marine. Partie saillante du faux étambot, et mèche du gouvernail qui lui est opposée.
  • 11Couteau de St-Jacques, nom d'un coquillage long et plat.

    Manche de couteau, coquillage bivalve.

    Couteau polonais, espèce du genre solen.

  • 12 Terme de fauconnerie. Premières pennes des ailes des oiseaux qu'on emploie à la chasse.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

COUTEAU. Ajoutez :
13Couteau à pied, sorte d'instrument du sellier. Les couteaux à pied pour sellier, et tous les gros instruments tranchants fabriqués dans les ateliers de taillanderie…, Tarif des douanes, 1869, p. 139.
14Couteau de brèche, engin qui était analogue au vouge, employé particulièrement dans les siéges, pendant le moyen âge.

ÉTYMOLOGIE

Ajoutez : Le latin culter se rattache au zend keret, couper ; sanser. kartari, couteau, rac. krt, couper.

HISTORIQUE

XIIe s. Il a traite l'espée dont tranche li coutel, Ronc. p. 194. Dunc fist saint Thomas prendre li reis senz nul demur, E escorchier le chief à cutaus tut entur, Th. le mart. 101. Pristrent sun bon cultel qui valeit une cit, E sun anel ù out un safir mult eslit, ib. 152. [Ils] se trenchierent, si cume fud lur usages, de cultels, e rifflerent la charn jusque il furent sanglenz, Rois, 317.

XIIIe s. Et li quens de Pierche i fu mors par un ribaut qui li leva le pan dou haubert et l'ocist d'un coutiel, Chr. de Rains, 157. Miex vodroie à [avec] cotiaus d'acier Piece à piece estre despeciés, la Rose, 2906. Li dis Jehans courut sus à celi qui fu tués, le coutel tret, Beaumanoir, XXXIX, 12. Il se combatent à ceval, armé de toutes armeures, teles comme il lor plest, exepté coutel à pointe et mache [massue], Beaumanoir, LXI, 7. Devant le roy, tranchoit du coutel le bon conte Jehan de Soissons, Joinville, 205. Il tenoit trois coutiaus en son poing, dont l'un entroit ou manche de l'autre, Joinville, 259.

XIVe s. Li pons fu avalés, qui estoit levés haus : Chil de l'ost i entrerent, tout mirent as coutiaus, Fors que la damoiselle qui se rendi à iaus [eux], Baud. de Seb. VIII, 606. Un tel cop, que il li depart Jus les maistres coutiaus [plumes] de l'ele, Renart le novel, dans DU CANGE, Gloss. franç. Et doit avoir le chappon de rente [fourni par le fermier ou autre] couteaulz [plumes des ailes] suffisans ; et si n'estoient suffisans, on rabat de chascun couteau deux deniers tournois, Bouteiller, Somme rurale, titre 87. Je Guillaume Tirel, maistre des garnisons de cuisine du roy, certifie à tous que j'ey baillé et fait bailler dix paires de costeaux aux personnes ci-dessus nommées, De Laborde, Émaux, p. 231. Une paire de cousteaux à tranchier, c'est à sçavoir deux grands et un petit, à manche de lignum alloes, garnis d'or esmailliez de France, et a en chacun une perle au bout, De Laborde, ib.

XVe s. Un gros cousteaul d'alemaigne, garni de six cousteaulx, une lyme et ung poinsson, et d'une forsetes, pendans à une courroye de fil blanc, à clouz de leton, De Laborde, ib. Le vallet servant doibt mectre son pain et les trençoirs sur la table, et puis doibt tirer les cousteaux, et doigt asseoir les deux grans cousteaux, en baisant les manches, devant le lieu où le prince doibt estre assis, et doibt mettre les poinctes devers le prince en couvrant icelles pointes de la nappe qui est redoublée, et puis doibt mettre le manche vers le prince ; et les causes sont, que les grans couteaux se doivent retirer par l'escuyer trenchant, et pour ce sont les manches devers luy, et le petit couteau est tourné au contraire, pour ce que le prince s'en doibt ayder, De Laborde, ib. Il avoit deux coutiaulx de bouchier c'on dit rousse, en une gaigne ; et estoit de ces lairges coustiaulx de quoy qu'ils escourchent les bestes c'on appelle rousses, De Laborde, ib.

XVIe s. Gaisne garnie de deux cousteaulx, à manches d'acier, faits à combats, pour servir à ouvrir les huistres en escaille, De Laborde, ib. Celuy se monstre estre bien veau, qui par la poincte rend le cousteau, Génin, Récréat. t. II, p. 236. L'ung cousteau aguise l'autre, Génin, ib. p. 244. Ce cousteau ne vient pas de ceste gaine, Leroux de Lincy, Prov. t. II, p. 193. Changer son couteau à une allumette [faire un troc désavantageux], Leroux de Lincy, ib. Ceuz qui portent les longs cousteaux ne sont pas tous queux [cuisiniers] ne bourreaux, Leroux de Lincy, ib. En une belle gaine d'or cousteau de plomb gist et dort, Leroux de Lincy, ib. Le cousteau n'appaise l'herésie [proverbe tiré des supplices inutiles contre l'hérésie au XVIe siècle], Leroux de Lincy, ib. Les mauvais couteaux coupent les doigts et laissent le bois, Leroux de Lincy, ib.

Source : Dictionnaire Littré

Étymologie de « couteau »

Du moyen français couteau, cousteau (1586), de l’ancien français coltel (c. 1130), coutel, du latin cultellus, diminutif de culter (« couteau », « fer de charrue ») qui a également donné « coutre » en français.
Source : Wikitionnaire

Picard, coutiau, coutieu ; Berry, coutiau ; saintongeois, coutâ ; provenç. coltelh, cotelh ; catal. coltell ; espagn. cuchillo ; portug. cutello ; ital. cultello ; du latin cultellus, diminutif de culter (voy. COUTRE). Dans le vieux français au nominatif singulier, li cultels ou cultaus ; au régime, le cultel.

Source : Dictionnaire Littré

Phonétique du mot « couteau »

Phonétique Prononciation
\ku.to\
France : écouter « couteau [ku.to] »
France (Saint-Maurice-de-Beynost) : écouter « couteau »
France (Toulouse) : écouter « couteau »
France (Paris) : écouter « couteau »
(Région à préciser) : écouter « couteau »
France (Vosges) : écouter « couteau »
France (Lyon) : écouter « couteau »
France : écouter « couteau »
Suisse (Lausanne) : écouter « couteau »
Source : Wikitionnaire

Fréquence d'apparition du mot « couteau »

Source : Google

Traductions du mot « couteau »

Langue Traduction
English knife
German Messer
Spanish cuchillo
Portuguese faca
Italian coltello
Dutch mes
Polish nóż
Russian нож
Source : DeePL

Synonymes de « couteau »