Cramponner
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Définitions de « cramponner »
Trésor de la Langue Française informatisé
Wiktionnaire
Verbe
cramponner \kʁɑ̃.pɔ.ne\ transitif 1er groupe (voir la conjugaison) (pronominal : se cramponner)
- Attacher avec un crampon.
- Il faut cramponner cette pièce de bois. - Cramponnez bien cette serrure.
- Du haut en bas, rien qu’une paroi bien nette et, en fait de balcons et de balustrades, une barre de fer à chaque fenêtre, solidement cramponnée à la pierre. — (Julien Green, Le voyageur sur la terre, 1927, réédition Le Livre de Poche, page 113)
- Fixer des crampons sur un objet, une semelle, une chaussure…
- En Haute Montagne, c'est quand même pas bien pratique à cramponner une chaussure de trail même avec une semelle vibram un peu rigide. — (Tour des Écrins avec des tiges basses ? sur le site voyageforum.com)
- (En particulier) (Maréchalerie) Fixer des crampons aux pieds d’un cheval, d’un mulet, etc., lors d’un ferrage à glace.
- Cramponner des fers de cheval.
- (Par extension) Ferrer avec des fers à crampon, en parlant d'un cheval.
- (Par ellipse) Mener des assiduités à quelqu'un en l'importunant.
Elle le cramponna encore cinq bonnes minutes avec des histoires de boutique dont il se contrefichait – une bavarde, la Suzy ! – et il reposa le combiné avec soulagement.
— (Philippe Ragueneau, Tiburce, le chat qui démasqua l’assassin, Éditions du Rocher, 2002, page 61)- Le mari de Maryvonne
était mon amant,
Mais il m'appela bobonne
au bout de pas longtemps.
Puis je rencontrais sa femme
qui me dit merci,
« Depuis qu'il vous a dans l'âme,
il ne vient plus ici. »
Il m'avait dit : « Maryvonne
est un vrai boudin,
Toujours elle me cramponne,
mais ça m'dit rien. » — (Petit bonhomme, Paroles et musique : Anne Sylvestre)
- (Pronominal) (En particulier) S’attacher fortement à quelque chose pour n’en pas être arraché.
- Je vais essayer d'écrire, en me cramponnant à mon bureau, mais je crains que les mouvements désordonnés du bateau ne le permettent pas. — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
- Ces étourdissants tableaux absorbaient si bien Julie, qu'à son insu elle s’était cramponnée au bras de son père […]. — (Honoré de Balzac, La Femme de trente ans, Paris, 1832)
- Et Le Gonidec saute à l'eau aveuglante. Il nage tant bien que mal, et donne contre une échelle. Il s'y cramponne, perd connaissance, mais l'instinct fait qu'il ne lâche point prise. — (José Gers, Sur la mort du Pourquoi pas ?, France libre, volume 6, 1936)
- Je me suis de nouveau cramponné au mur. — (Henri Barbusse, L’Enfer, Éditions Albin Michel, Paris, 1908)
- Brrr ! fit Bert, en se cramponnant à la balustrade, et quelques soldats auprès de lui firent entendre un murmure d’horreur. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 204 de l’édition de 1921)
- Il appuya sa tête livide sur l’épaule de la jeune femme, et ses doigts crispés se cramponnèrent, en la déchirant, à la fine batiste brodée qui couvrait d’un flot de gaze le corps de Marguerite. — (Alexandre Dumas, La Reine Margot, 1845, volume I, chapitre VIII)
- (Pronominal) (Sens figuré) Rester attaché à une idée avec persévérance et de façon plus ou moins désespérée.
- On y parlait alors beaucoup d'une invasion imminente, et le Portugal se cramponnait à l'illusion de son bonheur. — (Antoine de Saint-Exupéry, Lettre à un otage (1943), I)
- Privée de son cheval Trajan qui avait été tué par un éclat d’obus pendant la retraite, elle suivait, magnétisée, ce dernier tronçon vivant, se cramponnant malgré tout à l’idée qu’une telle armée ne pouvait être anéantie. — (Théophile Briant, Les Amazones de la Chouannerie, 1938)
- (Pronominal) (Sens figuré) (Familier) S’attacher à quelqu'un de façon inopportune.
- C’est un homme dont on ne peut se défaire, il se cramponne à vous.
- Plus on tâche de se débarrasser des importuns, plus ils se cramponnent.
De ce jour-là elle ne cessa plus de me cramponner, elle ne savait pas un mot d'orthographe, c'est moi qui faisais les lettres. Et puis c'est moi qui ensuite ai été chargé de la promener. Voilà, mon enfant, ce que c'est que d'avoir une bonne réputation, vous voyez.
— (Marcel Proust, La Prisonnière, Gallimard, 1923)- La femme qui louchait, par exemple, est-ce que c’est normal de se cramponner ainsi ? C’était probablement une femme qui ramenait du ravitaillement de la campagne et qui croyait que Juliette en faisait autant, alors comme elle avait peur, elle aimait mieux qu’elles fussent deux… — (Elsa Triolet, Le premier accroc coûte deux cents francs, 1944, réédition Cercle du Bibliophile, page 40)
Littré (1872-1877)
cramponner
- 1Fixer au moyen d'un crampon. Cramponnez bien cette serrure.
- 2 Terme de maréchalerie. Cramponner des fers de cheval, y faire des crampons.
Cramponner un cheval, le ferrer à crampons.
- 3Se cramponner, v. réfl. S'accrocher.
La joubarbe se cramponne dans le ciment
, Chateaubriand, Génie, III, V, 5.Mes chenilles tapissèrent de soie toutes les parois du poudrier, ce qui leur donnait plus de facilité pour se cramponner contre le verre
, Bonnet, Insectes, observ. 4.Se cramponner à la fenêtre, à un barreau, etc. se dit en parlant de quelqu'un qui s'y fixe fortement à l'aide des mains.
Fig. S'attacher obstinément à quelqu'un pour en obtenir ce qu'on désire.
Cet homme est-il bien de ma race [Juifs] ? … à mes fils comme il se cramponne !
Béranger, Échelle.Je cours après mon homme, et, s'il faut qu'il m'échappe, Je me cramponne après le premier que j'attrape
, Piron, Métrom. III, 14.Se cramponner à une chose, faire tous ses efforts pour ne pas la quitter, pour ne pas la perdre. Se cramponner à un espoir, à la vie.
L'abbé d'Estrées se promettait je ne sais comment une fortune en se cramponnant comme que ce fût dans son triste emploi en Espagne
, Saint-Simon, 131, 199.
HISTORIQUE
XVe s. Et l'on se retrahist à son pavillon, et aussi messire Enguerrant, pour leurs bassinets faire cramponner
, Jeh. de Saintré, ch. 40.
XVIe s. Il fallut paier d'autre monnoie, quand l'amiral et Haumont tapperent à bord, et cramponnerent de haut en bas
, D'Aubigné, Hist. II, 208. Les uns et les autres, n'ayant tiré qu'une volée, se cramponnerent
, D'Aubigné, ib. II, 209. Et l'ayant cramponnée, luy et ses soldats, se lancerent à corps perdu sur la parmente
, Carloix, I, 10.
Étymologie de « cramponner »
- → voir crampon
Crampon.
Source : Dictionnaire LittréPhonétique du mot « cramponner »
| Phonétique | Prononciation | |
|---|---|---|
| France (Lyon) : écouter « cramponner » |
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| Vosges (France) : écouter « cramponner » |
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Fréquence d'apparition du mot « cramponner »
Source : GoogleTraductions du mot « cramponner »
| Langue | Traduction |
|---|---|
| English | cramponner |
| German | Steigbügelhalter |
| Spanish | cramponista |
| Portuguese | cramponner |
| Italian | cramponner |
| Dutch | stijgijzers |
| Polish | raki |
| Russian | cramponner |
Synonymes de « cramponner »
Antonymes de « cramponner »
Citations du mot "cramponner"
Le présent doit s’accrocher au futur sans rien céder à l’accoutumance des rêves et des jours insouciants.
Andrée Chedid
C'est en regardant la mer jamais tout à fait la même et regardant les vagues du jour et les nuages à la dérive qu'on apprend à se cramponner à l'instant.
Fabienne Verdier
L’ours se cramponne au pic glacé du mont Gelato.
Confucius