Les cravates sont des chevaux de grand travail (Ac.1798).
Prononc. et Orth. : [kʀavat]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. Voir cravate2.
CRAVATE2,subst. fém.
A.−Pièce d'habillement.
1.[Domaine du vêtement masculin]Pièce d'étoffe servant d'ornement, entourant le cou :
1. Une cravate de l'ancien régime tournait deux fois comme un tapis autour du cou et s'engouffrait dans le pantalon. J. Vallès, Les Réfractaires,1865, p. 84.
Rem. Dans ce sens très gén., cravate inclut les nœuds (nœuds papillons, etc.), certains foulards ou écharpes et les cravates proprement dites.
− En partic.Bande d'étoffe, de forme et de tissu variables, passée sous le col de la chemise, nouée par devant et dont les deux pans verticaux et superposés pendent sur la poitrine.Cravate blanche, de soie; marchand de cravates; nouer, porter une cravate.Synon. (vieilli) régate.Arborant des cravates à camées (Bourges, Crépusc. dieux,1884, p. 42).Des frères (...) qui « portaient cravate » à quatorze ans, et fumaient (Colette, Mais. Cl.,1922, p. 139).Malgré les cravates à système des radicaux, malgré les lorgnons de la maison de la culture (...) comme je me sens [Marat] « homme de gauche » (Vailland, Drôle de jeu,1945, p. 169):
2. ... un psychologue pourrait lire notre caractère dans les plis d'une cravate; (...) Il y a la cravate de soie fauve, épaisse et lâche, des bourgeois (...). Il y a la cravate à monture de celluloïd, dont le nœud est préparé pour un mois : c'est celle du petit employé méticuleux, qui a le complexe du nœud, parce que faire un nœud c'est déjà prendre une décision. M. Piclin, Propos de bonne intelligence,Saïgon, Impr. nouvelle d'Extrême-Orient, 1962, p. 52.
SYNT. Cravate bleue, écossaise, grise, noire; cravate épaisse, étroite, ordinaire, voyante, seyante, défaite, bouffante, flottante, lâche, large, molle; belle, jolie cravate; cravate de cachemire, de coton, de coutil, de laine, de rayonne, de satin, de velours; cravate à rayures, fantaisie, en désordre; cravate à ressort, épingle, nœud, perle de cravate; magasin, rayon, vendeur de cravates; ajuster, arranger, défaire, dénouer, desserrer, ôter une cravate; cravate nouée élégamment, nouée comme une ficelle; prendre qqn à la cravate.
− HIST.Cravate de dentelle.Pièce de mousseline garnie de dentelle nouée sur la gorge par un ruban de couleur.Cravate 1830.Pièce carrée pliée en triangle, couvrant le cou et parfois une partie des oreilles.L'homme installé au piano (...) cravaté de la haute cravate dix-huit cent trente que le snobisme commençait à lancer à travers les salons (Lorrain, Sens. et souv.,1895, p. 35).Cravate foulard, écharpe.Bande d'étoffe faisant le tour du cou et ramenée sur la poitrine où elle est tenue par une épingle de cravate.Une cravate-écharpe en laine bleue de 1 m 15 de longueur sur 0 m 14 de largeur (Claris, École polytechn.,1895, p. 270).Cravate lavallière.Large cravate (nœud) qui se noue en faisant deux coques, généralement portée par les artistes.
− Loc., arg. et fam.S'en jeter un (verre) derrière la cravate.Boire.Ils se jettèrent l'alcool derrière la cravate (Queneau, Pierrot,1942, p. 43).Quand t'améneras ton lard dans l'loinqué [coin] d'Ménilmuche, on s'en j'tra un louque [coup] derrière la cravate (Marcus, Arg. tel qu'on le parle,1947, p. 4):
3. Moi, dit Lambert, c'est pas la bière qui me fait défaut (...). C'est le pinard. Je pouvais m'en jeter deux litres par jour derrière la cravate. Sartre, La Mort dans l'âme,1949, p. 246.
− Spéc.,DÉCORATIONS.Ruban porté autour du cou et auquel s'attachent des grades supérieurs de certains ordres honorifiques.Cravate de l'ordre du Saint-Esprit, de (commandeur de) la Légion d'Honneur.Et voyez comme c'est curieux (...). Luc ne s'attendait pas du tout à recevoir la cravate [de la Légion d'Honneur] (Aymé, Travelingue,1941, p. 211).
2.[Domaine du vêtement féminin]Bande de fourrure que les femmes portent autour du cou.Cravate d'astrakan, de fourrure, d'hermine, de renard.La fraîcheur de ce 6 Octobre commençait à faire apparaître des cravates de renard (Romains, Hommes b. volonté,1932, p. 31).
B.−P. ext. ou p. anal.
1.Arg.Pièce ou main mise autour du cou.
a)Collier triangulaire formé de deux pièces de fer qu'on mettait au cou des forçats qui partaient pour le bagne.Synon. collier, coulant :
4. Chacun [des forçats en route pour le bagne] tenait à cette chaîne [qui l'accouplait avec un autre] par la cravate, espèce de triangle en fer, qui s'ouvrant d'un côté par un boulon charnière, se ferme de l'autre avec un clou rivé à froid. Vidocq, Mémoires de Vidocq,t. 1, 1828-29, p. 226.
b)Lacet pour prendre le gibier.Marquis de la cravate.,,Braconnier`` (Esn. 1966).
c)Cravate de chanvre.Corde avec laquelle on pendait les condamnés.Attacher à qqn sa cravate.Le prendre.C'est dommage que Charlot [le bourreau] ait pris la peine un jour de lui attacher sa cravate (...). C'était quand régnait la potence (Hugo, Dern. jour condamné,1829, p. 99):
5. Ça allait chercher trop loin [avec le code anglais] de vider son chargeur dans le baquet d'un concurrent (...) la cravate de chanvre au bout du parcours. A. Le Breton, Du Rififi chez les hommes,1953, p. 123.
d)Poser une cravate; serrer la cravate; donner un tour de cravate.Étrangler.Elle me disait de lui donner un tour de cravate (Petit journal,sept. 1877) :
6. B... en 19.., pour rester digne de son surnom de « Charlot l'Étrangleur », et pour ne pas passer pour un cave « pose des cravates » et se réveille à la Guyanne. J. Galtier-Boissiere, P. Devaux, Dict. historique, étymologique et anecdotique d'argot,1939, p. 35.
2.Élément allongé enroulé autour d'une chose.
a)Cravate d'un drapeau.Bande de soie brodée, garnie aux deux extrémités de franges et attachée au haut d'une lance ou à la hampe d'un drapeau :
7. lorrain. − Qu'est-ce que c'est que cela? fortune. − La cravate du drapeau autrichien que sa mère a pris au combat du Moutier en Der, où elle a fait ses premières armes, ... A. Dumas père, La Barrière de Clichy,1851, II, 4, p. 32.
b)MAR.Gros cordage qui entoure un mât, des bigues ou une ancre, sans les serrer, de manière à les supporter pour permettre de les manœuvrer ou pour soulager les francs-fumins d'un bâtiment abattu en carène.
− Pendre une ancre en cravate.Ancre qui une fois relevée, est suspendue à l'arrière d'une chaloupe par un cordage qui entoure la verge sous les deux bras.
c)TECHNOLOGIE
− Vx.Bande de toile trempée dans l'eau saturée de salpêtre, imbibée d'essence de térébenthine et saupoudrée de poudre à canon qui servait dans les brûlots comme pièce d'artifice (cf.Bon.-Paris 1859).
− Cravate à étoupille.Mèche servant à mettre le feu à une charge de poudre placée au fond de l'âme d'une bouche à feu.
− Garniture souple (d'une pièce cylindrique).La tête tronconique du boulon (...) est garnie d'une cravate en chanvre trempée dans de la céruse ou du minium (Croneau, Constr. nav. guerre,t. 2, 1892, p. 124).
3.P. anal. et p. méton.,ORNITH.Oiseau dont le cou a un plumage coloré.Cravate blanche, cravate frisée (philédon-kogo); cravate jaune (alouette à gorge jaune); cravate noire (colibri à cou noir); cravate dorée (sorte d'oiseau mouche à cou doré); cravate verte (colibri à cou vert) :
8. À Chiloé (...) les oiseaux me donnaient de merveilleuses rhapsodies (...) le philéton à cravate, qui est l'oiseau paille-en-queue, le toui-toui des indigènes, fait alors jaillir de sa gorge (...) des milliers de roulades rapides, souples, trillées, sonores. Cendrars, Les Confessions de Dan Yack,1929, p. 285.
Prononc. et Orth. : Cf. cravate1. Étymol. et Hist. 1. Av. 1648 [ca 1630] milit. « soldat [croate, à l'origine] de la cavalerie légère » compagnie de cravates (Voiture, Lettre 20, éd. de 1663); 2. 1649-52 « bande de tissu portée autour du cou [comme en portaient les cavaliers croates] » (L. Richer, L'Ovide bouffon, 1, 4, p. 57, 58 ds Quem.); 3. 1678 « cheval de race croate » (G. Guillet, Les Arts de l'homme d'épée, 1repartie s.v.); 4. 1907 sp. (Lar. pour tous). Issu de Cravate, ethnique « croate » (adj. av. 1573, Tavannes ds Littré; subst. Crabate, 1660, Oudin, Fr. Esp.; 1694, Cravates,Mén.), les cavaliers croates ayant constitué un régiment de mercenaires dès le règne de Louis XIII (d'où le Royal-cravate 1666). La forme Cravate est une adaptation soit du slave hrvat, soit de l'all. dial. krawat (Bl.-W.5). La forme parallèle croate (ethnique et subst. au sens 1 av. 1648 [ca 1635] Voiture, Lettre 68, même éd.) est empr. à l'all. kroate. Fréq. abs. littér. : 1 324. Fréq. rel. littér. :xixes. : a) 986, b) 2 707; xxes. : a) 2 360, b) 1 918. Bbg.Boulan 1934, p. 170. − Brüch 1913, p. 93. − Colomb. 1952/53, p. 119; pp. 275-276. − La Landelle (G. de). Le Lang. des marins. Paris, 1859, p. 321. − Le Breton Grandmaison. N. propres devenus n. usuels. Vie Lang. 1973, p. 160. − Thomas (A.). Nouv. Essais 1904, p. 17.
CRAVATER,verbe trans.
A.−[Le suj. et le compl. désignent une pers.]Mettre une cravate à (quelqu'un).Lui passer un gilet de tricot, le cravater, le peigner (Goncourt, Journal,1880, p. 85).
− Emplois pronom.Mettre sa cravate.Il prit un faux-col et se cravata à nouveau (Miomandre, Écrit sur eau,1908, p. 62).
− P. méton.[Le suj. désigne une pièce d'étoffe]Entourer (comme) avec une cravate le cou de (quelqu'un).Un mouchoir verdi la cravatait (Colette, Blé en herbe,1923, p. 44).
B.−P. anal.
1.Entourer d'une pièce d'étoffe, de rubans ou de papier (un objet généralement cylindrique).
− [Le suj. désigne une pers.]Deux flambeaux de zinc, qu'elle cravaterait de bobèches en papier rose (Huysmans, Sœurs Vatard,1879, p. 56).
− [Le suj. et le compl. désignent des obj.]Un rien du tout de foulard quadrillé dont une satinette mauve cravatait le manche interminable (Courteline, Ronds-de-cuir,1893, p. 143).
2.Arg. et fam.
− Attaquer (quelqu'un) en le serrant par le cou pour l'étrangler :
1. Une ordure qui cravatait Pierrot [qui était au volant de l'auto] par derrière, et il devait serrer à fond, car Pierrot ne pouvait plus diriger. Simonin, Touchez pas au grisbi,1953, p. 147.
♦ Au fig.Cravater le client.Le voler, le tromper.
− P. ext.Saisir.
♦ [En parlant de pers.]Se faire cravater (par).Se faire prendre par des représentants de l'autorité ou du pouvoir de fait.S'il lui arrive un pépin [faute de papiers d'identité] (...) s'il se fait cravater (Le Breton, Loi rues,1955, p. 37):
2. Les camions poussifs, avec ou sans autorisation, roulent jusqu'au jour où ils se font cravater par le maquis ou les Boches. Triolet, Le Premier accroc coûte deux cents francs,1945, p. 383.
♦ [Le compl. désigne une chose]Quarante kilos de came cravatés (Le Breton, Razzia,1954, p. 118).
Prononc. et Orth. : [kʀavate], (je) cravate [kʀavat]. Ds Ac. 1878 et 1932. Étymol. et Hist. 1. 1823 « mettre une cravate » pronom. (Cravatiana, p. 49 ds Fr. mod., t. 17, 1949, p. 288); 2. 1934 sp. (Match, 30 oct.). Dér. de cravate*; dés. -er. Fréq. abs. littér. : 10.
[…] on a remarqué que les chevaux hongrois, cravates et polonais sont fort sujets à être bégus.— (Georges-Louis Leclerc de Buffon, Histoire naturelle des animaux, in Œuvres, Bibliothèque de la Pléiade, 2007, page 539.)
Les cravates sont des chevaux de grand travail[3].
(Désuet)(Militaire) Soldat de cavalerie légère originaire de Croatie.
S'enrôler dans une compagnie de cravates.— (Vincent Voiture, Lettres)
Nom commun 2
Singulier
Pluriel
cravate
cravates
\kʁa.vat\
Une cravate
cravate\kʁa.vat\féminin
(Habillement) Foulard que les hommes et plus rarement les femmes se mettent autour du cou.
Il passa la cravate autour de son cou. Au centre de la cravate, à travers un petit couloir de métal, devait glisser le ruban d’attache, que s’apprêtait à coincer un bec en levier. Ingénieux appareil, mais qui n’attendait que la visite du ruban pour abandonner la cravate ; celle-ci retomba sur la table d’opération.— (André Gide, Les Caves du Vatican, 1914)
Je m’apprête, pour descendre à table. J’endosse un gilet de fantaisie, un vêtement sombre. Je pique une perle à ma cravate.— (Henri Barbusse, L’Enfer, Éditions Albin Michel, Paris, 1908)
Jusqu'aux cravates, au petit nœud suavement bloqué par une épingle dans l’échancrure du col, jusqu’au feu d’un vrai diam’ et au cuir mat du bracelet-montre, on sentait ces messieurs soucieux de leur mise.— (Francis Carco, Images cachées, Éditions Albin Michel, Paris, 1928)
Il allait, tête haute, serré dans un complet avantageux, la cravate impeccable, le chapeau désinvolte.— (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 122)
Jim tirait ses manchettes et rectifiait sa cravate, en s’inclinant d’un air modeste.— (Francis Carco, L’Homme de minuit, Éditions Albin Michel, Paris, 1938)
Monsieur André, l’Inspecteur le lui répète chaque fois, devrait savoir que la cravate fait partie de la civilisation, que ce soit une lavallière, un nœud droit ou une régate et que le décorum est lié à la fonction publique.— (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
Petite fourrure dont les femmes s'entourent le cou.
une cravate d'astrakan.
(Par analogie) Corde qui serre le cou d’un pendu.
Ou bien serait-ce quelque araignée qui brode une demi-aune de mousseline pour cravate à ce col étranglé ?— (Aloysius Bertrand, Gaspard de la nuit, 1842)
Commandeur arborant sa cravate autour du cou. Pièce de tissus rouge moirée qui sert à attacher autour du cou l’insigne de commandeur de la Légion d’honneur.
(Absolument)Recevoir la cravate. (Être promu commandeur).
Étendard et sa cravate(sens vexillologique)(Vexillologie)(Par extension) Ruban qu’on attache en haut d’une lance, d’un drapeau, et dont les bouts sont pendants.
La cravate d'un drapeau.
(Rugby) Plaquage à hauteur du cou, sévèrement sanctionné.
Exemple d’utilisation manquant.(Ajouter)
Mousseline des Indes.
Au tric-trac, marque que l'on met à sont fichet pour signifier que l'on a une grande bredouille.
(Marine) Cordage de grosse taille qui est utilisé, sans nœud, sur un mât, une ancre, ou toute pièce lourde.
Forme de verbe
Voir la conjugaison du verbe cravater
Indicatif
Présent
je cravate
il/elle/on cravate
Imparfait
Passé simple
Futur simple
Subjonctif
Présent
que je cravate
qu’il/elle/on cravate
Imparfait
Impératif
Présent
(2e personne du singulier) cravate
cravate\kʁa.vat\
Première personne du singulier de l’indicatif présent de cravater.
Moi, Jôsé… si ça continue, je te lui cravate la corgnole.— (Jacques Ouvard, S.O.S. frère Boileau, Librairie des Champs-Élysées, 1971, chapitre XVI)
Troisième personne du singulier de l’indicatif présent de cravater.
Première personne du singulier du subjonctif présent de cravater.
Troisième personne du singulier du subjonctif présent de cravater.
Deuxième personne du singulier de l’impératif présent de cravater.
1Cheval de Croatie. … Vite, mon cheval ; Comment, c'est un cravate…, Régnier, Voy. de Munich, dans RICHELET.
Adjectivement. Cheval cravate.
2Soldat de cavalerie légère. Il fut poursuivi par un cravate. Le régiment de royal-cravate. S'enrôler dans une compagnie de cravates, Voiture, Lett. 20.La crainte des embûches des cravates leur donne l'alarme, Voiture, ib. 67.Je vois fort bien que ce sont des cravates de l'armée ennemie, Hamilton, Gramm. V.
HISTORIQUE
XVIe s. M. le prince croyant que ce fust toute l'armée qui se retiroit, dit au sieur de Tavannes de pousser à la cravatte [comme des Cravates ou Croates, charger à la tête] avec son regiment, pour tascher d'engager quelque combat, Tavannes, Mém. p. 201, dans LACURNE.
Croate, dont Voiture, lettre 68, s'est servi : Il y a un certain Bras de fer qui est la plus redoutable créature que le ciel voye aujourd'hui ; il brise tout ce qu'il touche ; et toutes les cruautés des Croates ne sont point comparables aux siennes.
La fantaisie, là où elle s'exerce, est l'enfant gâté de l'imagination ; pour le ravalage du grotesque, elle use de calomnie, de scandale, d'infamie ; elle met la cravate du beau, la redingote de la raison. Victor Hugo
Il y a des tonnes de citations célèbres sur la nourriture et j'en ai utilisées quelques-unes d'entre elles lors de mes repas, surtout quand j'ai porté une cravate. Woody Allen
Le rideau vient de tomber, je suis également triste que je ne vais pas pouvoir retrouver chaque matin ma famille d'adoption, celles sans qui personne ne m'aurait reconnu, les cheveux épinglés, les cravates Cri du cœur... Yvan Le Bolloc'h