Croulant

subst adj et part prés

Définitions de « croulant »

Trésor de la Langue Française informatisé

CROULANT, ANTE, part. prés., adj. et subst.
I.− Part. prés. de crouler*.
II.− Adjectif
A.− [Correspond à crouler2A]
1. [En parlant d'une masse solide, gén. d'une construction] Qui commence, qui risque, ou est en train de crouler. Mur croulant, maison croulante; ruines croulantes; digue, berge croulante. Lorsqu'ils eurent gravi plusieurs escaliers de bois, vétustes et croulants (Gracq, Argol,1938, p. 172):
1. Sur le perron, juste au-dessous de l'arcade de l'entrée centrale, une bande de frénétiques s'entassaient, montaient sur les épaules les uns des autres, se hissaient, croûlante [sic] pyramide, montagne humaine, sans cesse retombante et sans cesse reformée, ... Van der Meersch, Invasion 14,1935, p. 412.
P. ext.
a) [En parlant d'un ensemble de choses, de matériaux] Qui s'éboule, qui tombe en masse et bruyamment. La cheminée de pierres croulantes qu'était le lit du petit ruisseau (Gracq, Syrtes,1951, p. 161).
b) Qui donne l'impression de s'effondrer, de tomber. Rij était une pouffiasse, une femme-tonneau qui devait peser dans les 110, les 120 kilos. Je n'ai jamais vu un tel monument de chairs croulantes, débordantes (Cendrars, Bourlinguer,1948, p. 83).
2. Au fig.
a) [En parlant d'un système social, politique] Qui s'effondre, disparaît. Empire, monde croulant; société croulante. Souvent des gens à béquilles prétendent étayer les monarchies croulantes (Chateaubr., Mém.,t. 4, 1848, p. 46):
2. ...l'empereur grec ne pouvait reconnaître le privilège d'un trône déchu et d'un pouvoir démantelé et croulant; La Civilisation écrite,1939, p. 3003.
b) [En parlant d'une construction de l'esprit] C'est l'âge des horribles guerres intestines, des condottieri et des Visconti, (...), de la foi chancelante et du mysticisme croulant (Taine, Voy. Ital.,t. 2, 1866, p. 61).[Une] croulante excuse (Vercel, Cap. Conan,1934, p. 151).
c) [En parlant d'une pers.] Très âgé(e), cassé(e) par l'âge. Pouvaient rester debout les bonnes femmes. (...) Fallait qu'elles soient vraiment croulantes, viocques à crever dans la semaine (...) pour qu'on leur cède sa place (Fallet, Banlieue Sud-Est,1947, p. 327).
B.− Par emphase [Correspond à crouler2B a; en parlant de choses] Être surchargé de... Les pommiers croulants de pommes (Pourrat, Gaspard,1925, p. 148).
III.− Subst., fam., gén. au masc. plur. Personne âgée (supra). Ces barbons, tout de même, ces décatis, ces croulants, quelles bizarres confitures! (Arnoux, Solde,1958, p. 118).
Spéc. (dans le lang. des adolescents). Les parents. Synon. les vieux :
3. ...s'il n'y avait pas eu la corvée de ballade avec tes parents j'y serais allé aujourd'hui aussi. − Tu n'es pas gentil pour moi en disant ça. − Avoue que ce n'est pas rigolo de se promener avec les croulants. Queneau, Loin de Rueil,1944, p. 50.
Prononc. et Orth. : [kʀulɑ ̃], fém. [-ɑ ̃:t]. Ds Ac. 1694-1932. Fréq. abs. littér. : 231. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 279, b) 341; xxes. : a) 409, b) 314.
CROULER1, verbe trans.
A.− VÉN. [En parlant d'un chien] Crouler la queue. Agiter la queue (de peur). La langue retraite, croulant la queue, il [le Vieux] avait cet aspect tragique de l'animal bientôt sur ses fins (Genevoix, Dern. harde,1938, p. 131).
B.− MAR., vx et rare. Crouler un navire. Lancer un navire à la mer sur des glissières (d'apr. Bonn.-Paris 1859).
Prononc. et Orth. : [kʀule], (je) croule [kʀul]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. Cf. crouler2B.
CROULER2, verbe intrans.
A.− [Implique l'idée du mouvement d'une masse vers le bas et, gén., celle d'une destruction]
1. S'affaisser, s'effondrer de toute sa masse. Synon. s'écrouler.
a) [Le suj. désigne une masse solide] Crouler en ruines. Le feu dévore tout : les combles embrâsés Croulent de toute part sur les plafonds brisés (Laya, Ami loix,1793, IV, 5, p. 80).Les bûches croulaient une à une dans la cendre (Bernanos, M. Ouine,1943, p. 1539):
1. ...elle [la Crécy] tira une épingle d'or qui retenait sa chevelure. Son chignon croula, et roula d'un seul côté. Goncourt, Charles Demailly,1860, p. 183.
Emploi factitif. Faire crouler. Détruire, abattre. Faire crouler un mur, une maison :
2. ...il faut un tremblement de terre pour renverser un bâtiment neuf; une détonation un peu forte suffit pour faire crouler une masure. Jouy, L'Hermite de la Chaussée d'Antin,t. 5, 1814, p. 192.
P. anal. Les millions croulaient de toutes parts (Zola, Argent,1891, p. 373).
b) [Le suj. désigne un être animé] Tomber brusquement de tout son poids. Se laisser crouler; crouler à la renverse. Un garçon boucher surgit près de nous; d'un coup de bras fauche le voleur qui croule juste au ras du trottoir à nos pieds (Gide, Journal,1905, p. 184).Le vieux plongea son poignard. Le taureau croula sur le côté, étirant des pattes raidies, vite immobiles (Montherl., Bestiaires,1926, p. 546).
2. Au fig.
a) [Le suj. désigne un état social ou historique] Être renversé, détruit. Synon. s'écrouler, s'effondrer.Si ce vieux monde social devait crouler un jour, est-ce qu'un homme comme lui n'allait pas encore trouver le temps et la place de combler ses désirs, avant l'effondrement? (Zola, Argent,1891, p. 46).
Spéc. [Le suj. désigne une entreprise commerciale ou financière] Faire faillite. La compagnie avait croulé, et Arnoux, civilement responsable, venait d'être condamné (Flaub., Éduc. sentim.,t. 1, 1869, p. 220).
b) [Le suj. désigne une construction de l'esprit, un sentiment] Être réduit à néant, disparaître. Que de beaux projets depuis longtemps chéris au fond de sa pensée le pauvre homme voit crouler en un instant! (Stendhal, Rouge et Noir,1830, p. 434).Satan est l'orgueil, méprisez-le et aussitôt son audace croule (Huysmans, En route,t. 2, 1895, p. 207).Dans une heure, une minute, une seconde, maintenant peut-être, tout pouvait crouler (Camus, Env. et endr.,1937, p. 112):
3. La découverte des officiers faussaires avait mis à néant l'instruction contre le colonel Picquart. Tous ses accusateurs étaient perdus, compromis, entachés tout au moins de suspicions graves. Le procès croulait par la base. Clemenceau, Vers la réparation,1899, p. 213.
B.− Par emphase. Crouler de..., sous...
1. [L'accent est mis sur l'aspect d'un élément] Être écrasé sous le poids d'une masse.
a) [Le suj. désigne une chose; le compl. prép. un ensemble concr.] Être surchargé de. Je regardais la maison grise, le jasmin de Virginie croulant de fleurs rouges autour de la baie vitrée de l'atelier (A. Daudet, R. Helmont,1874, p. 4):
4. C'est des espèces de « tartanes » ... Je m'y connais moi en navires. (...). Elles croulent sous les nourritures. Y a des légumes pour un monde... Y a des choux rouges, des oignons, des radis noirs, des navets en monticules, en cathédrales, ... Céline, Mort à crédit,1936, p. 257.
b) [Le suj. désigne une pers.; le compl. prép. un fait considéré comme pénible] Être accablé de. Crouler de sommeil; crouler sous le ridicule. Après cinq cents mètres de marche nous croulons de fatigue (Saint-Exup., Terre hommes,1939, p. 239).
2. [L'accent est mis sur l'idée d'un bruit intense : le suj. désigne une salle de spectacle] Crouler sous les applaudissements, les bravos. La salle croulait sous les bravos et les « encore » (Morand, New York,1930, p. 171).
J'entends le croulement des pommes de terre dans les tombereaux (Renard, Journal,1903, p. 852).C'était le croulement de la monarchie! (Martin du G., Thib., Été 14, 1936, p. 53).
Prononc. et Orth. Cf. crouler1. Étymol. et Hist. A. Intrans. 1. Fin xes. terra crollet, parf. 3osing. « vaciller, trembler » (Passion, éd. d'Arco Silvio Avalle, 322); 1155-60 en parlant d'une pers. âgée (Thèbes, éd. G. Raynaud de Lage, 6854 : Pere ... viex ... et crollanz); 2. 1177-80 « tomber en ruines (d'un mur) » (Chr. de Troyes, Chevalier Lyon, éd. M. Roques, 6532); 3. fig. et p. exagér. 1831 (Balzac, Sarrasine, p. 412 : Des applaudissements à faire crouler la salle). B. Trans. 1. a) Ca 1100 croller « secouer, agiter (ici un javelot) » (Roland, éd. J. Bédier, 442); b) 1754 vén. crouler la queue (Encyclop. t. 4); 2. 1721 mar. « lancer à la mer un vaisseau » (Trév.). Soit du lat. vulg. *crotalare « secouer », du lat. impérial crotalum « crotale (instrument de musique) » v. ce mot (REW3no2339); soit moins vraisemblablement du lat. vulg. *corrotulare (Diez5, p. 113, FEW t. 2, p. 1228 b; composé de cum, « avec, ensemble » et de rota « roue »), par l'intermédiaire de *corrotare attesté au sens de « s'écrouler » dans les parlers rhétoromans et en ital. septentrional (FEW t. 2, p. 1227b). Fréq. abs. littér. : 599. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 722, b) 1 063; xxes. : a) 1 321, b) 565.
DÉR. 1.
Croulement, subst. masc.Action de crouler. Le croulement d'une terrasse, d'un édifice. Synon. écroulement, effondrement, éboulement.J'entends le croulement des pommes de terre dans les tombereaux (Renard, Journal,1903, p. 852).Au fig. C'était le croulement de la monarchie! (Martin du G., Thib., Été 14, 1936, p. 53). [kʀulmɑ ̃]. Ds Ac. 1694-1878. 1reattest. 1remoitié xiies. crollement « ébranlement, tremblement, secousse » ici fig. « ruine, fléau » (Psautier Oxford, 105, 29 ds T.-L.); réputé ,,vieilli`` ds DG; du rad. de crouler1, suff. -ement (-ment1*). Fréq. abs. littér. : 5.
2.
Croulier, ière, adj.[En parlant d'un sol, d'un terrain] Qui cède, s'enfonce sous les pieds, mouvant. Des près crouliers (Ac. 1798-1932); des terres croulières (Ac. 1798-1878). P. ell., croulière, subst. fém. ,,Terre sablonneuse et mouvante, impropre à la culture`` (Fén. 1970). [kʀulje], fém. [-ljε:ʀ]. Ds Ac. 1762-1932. 1resattest. a) Subst. fém. ca 1200 crollière « fondrière, bourbier » (Naiss. du Chev. au Cygne, éd. H.-A. Todd, 1059); b) adj. 1572 prez crouilliers (Dictionariolum latinograecogallicum, Parissiis, apud N. Chesneau); 1625 « mouvant ou marécageux » terre croullière (De Brosses, Le Grand dict. fr.-lat.); du rad. croul de crouler1, suff. -ier, -ière* (l'adjonction de ce suff. à un rad. verbal fait difficulté; elle est peut-être due à des synon. tels mareschiere, cf. l'assoc. un croleïs et une marichiere (xiiies.) ds Gdf.).
BBG. − Jaberg (K.). Zu den französischen Benennungen der Schaukel. Vox rom. 1945-46, t. 8, p. 10. − Sain. Sources t. 2 1972 [1925] p. 123 (s.v. croulière).Teppe (J.). Cris d'animaux. Vie Lang. 1961, p. 207.
Source : CNRTL

Wiktionnaire

Français

Adjectif

Singulier Pluriel
Masculin croulant
\kʁu.lɑ̃\

croulants
\kʁu.lɑ̃\
Féminin croulante
\kʁu.lɑ̃t\
croulantes
\kʁu.lɑ̃t\

croulant \kʁu.lɑ̃\ masculin

  1. Qui croule.
    • Jamais sous-préfecture, dans son cachot de murs croulants, n’eut une agonie plus douloureuse. — (Émile Zola, La Fortune des Rougon, 1871)
    • Cependant nous finissons par découvrir une place inoccupée dans un angle de la kasba, près des murailles de pisé croulantes. — (Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, page 48)
    • […] ; Saint-Cirq-la-Popie était, au moyen-âge, une riche cité fortifiée ; il n'est plus qu’un bourg croulant où s’attardent 150 habitants. — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
    • Aussi n’aimaient-ils pas à ce que les rarissimes piroguiers de passage photographiassent leur antiques et vénérables maisons croulantes. — (Henry de La Tombelle, La descente de la Boulbouche, Éditions J. Susse, 1943)
    • Des cabanes croulantes, des trous, des flaques fangeuses, des terrains vagues semés de cubes de ciment épars, de la boue, des mares croupissantes en pleine rue. — (Georges Arnaud, Le Salaire de la Peur, 1950)
  2. (Sens figuré)
    • « Vous auriez beau m’offrir toute votre fortune, je ne suis pas encore assez croulante pour me faire entretenir par les familles de mes anciens amis. » — (Paul-Jean Toulet, Mon Amie Nane, 1922)
    • Elle avait une vieille bonne, Eugénie, qui lui avait servi de nourrice, mais si croulante qu’elle n’osait pas la commander. — (Paul Guth, Le mariage du Naïf, 1957, réédition Le Livre de Poche, page 160)

Nom commun

Singulier Pluriel
croulant croulants
\kʁu.lɑ̃\

croulant \kʁu.lɑ̃\ masculin (pour une femme, on dit : croulante)

  1. (Populaire) (Péjoratif) Personne d’un âge avancé.
    • Budaï ne va pas plus loin, il écoute la musique, observe l’épais flux circulant sur la glace, tous ces charmants croulants qui tanguent, il se laisse lentement bercer par le rythme de leur tournoiement… — (Ferenc Karinthy, Épépé (1970, traduit du hongrois par Judith et Pierre Karinthy, 1999, page 218)

Forme de verbe

Voir la conjugaison du verbe crouler
Participe Présent croulant
Passé

croulant \kʁu.lɑ̃\

  1. Participe présent du verbe crouler.

Anagrammes

→ Modifier la liste d’anagrammes

  • calutron
Source : Wikitionnaire

Littré (1872-1877)

croulant, ante

(krou-lan, lan-t') adj.
  • Qui croule ou est prêt à crouler. Un édifice croulant. Quoi ! ni leurs murs croulants n'ont pu les écraser, Ni leurs remparts en feu n'ont pu les embraser ! Delille, Énéide, VII.

    Fig. Une société croulante, une société dont une cause quelconque sape les appuis.

HISTORIQUE

XIIIe s. Or estoit si vix [vif] et crollans, Roi Guillaume, p. 82, dans le Gloss. fr. de DU CANGE.

Source : Dictionnaire Littré

Étymologie de « croulant »

→ voir crouler
Source : Wikitionnaire

Crouler.

Source : Dictionnaire Littré

Phonétique du mot « croulant »

Phonétique Prononciation
La prononciation \kʁu.lɑ̃\ rime avec les mots qui finissent en \lɑ̃\.
France (Vosges) : écouter « croulant »
Source : Wikitionnaire

Fréquence d'apparition du mot « croulant »

Source : Google

Traductions du mot « croulant »

Langue Traduction
English crumbling
German croulant
Spanish desmoronamiento
Portuguese desmoronamento
Italian sgretolamento
Dutch afbrokkelende
Polish kruszenie
Russian разрушающийся
Source : DeePL

Synonymes de « croulant »

Antonymes de « croulant »