Emballer

verbe trans

Définitions de « emballer »

Trésor de la Langue Française informatisé

EMBALLER, verbe trans.
A.− Emploi trans.
1. [Le compl. désigne une chose]
a) Mettre une marchandise dans un emballage afin d'en permettre le transport, la vente. Et puis un soir, comme j'emballais mes livres, comme je les rangeais au fond d'une grande caisse, cela me parut comme un ensevelissement (Guéhenno, Journal homme 40 ans,1934, p. 170).
P. métaph. Justement, ce fut le père Bazouge [le croquemort] qui vint, avec la caisse des pauvres sous le bras, pour l'emballer (Zola, Assommoir,1877, p. 786).
b) TECHNOLOGIE
Vx. Faire aller à grande vitesse. Elle lui apprit à emballer vivement sa berline (Zola, Germinal,1885, p. 1168).
Mod. [Le compl. désigne un moteur] Faire tourner à un régime trop élevé. Les conducteurs novices emballent leur moteur ou le laissent caler, parce qu'ils veulent utiliser un feed back plus « naturel » (Ruyer, Cybern.,1954, p. 70).
c) Spéc., CYCLISME, emploi abs. Être dans la phase du sprint qui est l'emballage. J'aperçois la banderole. J'emballe! j'ai gagné! (L'Auto,6 juill. 1903in Lapaille, 27 ds Quem. Fichier).
2. [Le compl. d'obj. désigne une pers.]
a) Fam. Faire monter dans une voiture, dans un train. Synon. embarquer.J'ai eu chez moi mon ami Panizzi. Je l'ai emballé hier pour Turin (Mérimée, Lettres à une inconnue,t. 2, 1870, p. 118).
b) Arg. Mettre dans une voiture de police, conduire en prison. Gilquin avait quitté Niort à cheval, pour aller arrêter le notaire Martineau (...) on louerait une voiture, on « emballerait » le notaire, sans qu'une voisine se mît sur la porte (Zola, E. Rougon,1876, p. 265).
Rem. Des dict. attestent pour emballer le sens arg. de « réprimander » (cf. Esn. 1966 et Lar. 20e-Lar. encyclop., Rob.).
c) Au fig. Transporter d'admiration. « L'après-midi d'un faune » m'emballe décidément. Et que Debussy a bien compris! (Alain-Fournier, Corresp.[avec Rivière], 1906, p. 191).
Par litote. Cette promesse ne m'emballa pas du tout (Gyp, Souv. pte fille,1928, p. 47).
B.− Emploi pronom.
1. [En parlant d'un animal et plus partic. d'un cheval] Échapper à la direction d'un conducteur, d'un cavalier. Le cocher fouette les chevaux qui s'emballent et se lancent dans une course folle (Bernanos, Dialog. Carm.,1948, prol., 1, p. 1567).
P. anal. et croisement avec A 1 b, MÉCAN. Le moteur s'emballe, prend un régime de marche trop rapide (ds Lar. encyclop. et Pt Rob.).
2. Au fig. [En parlant d'une pers.] Se laisser emporter par un mouvement irréfléchi d'enthousiasme ou d'impatience. Il s'emballe avec conviction, jure que l'affaire est magnifique, l'achèvement prochain (Vogüe, Morts,1899, p. 288).Ma parole, elle est sublime, mais quand elle s'emballe elle déraisonne autant que son fils (Montherl., Exil,1929, I, 2, p. 26).
Rem. On rencontre dans la docum. l'adj. emballable « qui est susceptible d'être emballé » (supra B 2). Mérat (...) a un abord quelque peu froid qui correspond à merveille à son tempérament d'écrivain peu emballable ou du moins peu disposé à l'emballement (Verlaine, Œuvres compl., t. 5, Biographies de poètes et littérateurs (A. Mérat, 1896, p. 29)).
Prononc. et Orth. : [ɑ ̃bale], (j')emballe [ɑ ̃bal]. Ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. xives. trans. « mettre un objet dans un emballage » (ds De Poerck t. 2, p. 61); 2. a) 1829 police « arrêter et emmener en voiture » (Esn.); b) 1866 arg. des maquignons « s'abandonner à un mouvement d'humeur » le cheval s'emballe (ds Esn.). Dér. de balle* « paquet »; préf. en-*; dés. -er. Fréq. abs. littér. : 281. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 124, b) 317; xxes. : a) 777, b) 450. Bbg. Ball (R.-V.). Nouv. dat. pour le vocab. de l'automob. Fr. mod. 1974, t. 42, p. 253. − Chautard (É.). La Vie étrange de l'arg. Paris, 1931, p. 314. − Quem. Fichier. − Vrbková (V.). La Méthode ds l'ét. du ch. conceptuel de l'amour. Sborník Prací Filos. Fak. brn. Univ. 1971, t. 20, p. 26.
DÉ-1, DÉS-, DES-, préf.
I.− [Fonctionnement du préf. (par ajout, opposition ou permutation).]
A.− [Il s'oppose souvent au préf. en- (em-), parfois au préf. a(c)- ou au préf. in- pour désigner l'action contraire du verbe :]
commander/commander -
faire/faire -
désinstaller/installer -
monter/monter -
nouer/nouer -
baller/emballer -
barquer/embarquer -
paqueter/empaqueter -
brayer/embrayer -
célérer/accélérer -
croître/accroître -
border/aborder [sens différents]
noncer/annoncer [sens différents]
valer/avaler [sens différents]
duire/induire -
gurgiter/ingurgiter -
jecter/injecter -
B.− Il s'oppose au préf. re- qui indique une réitération : faire/refaire ou s'adjoint à un autre préf.
[en première position :]
désaccorder/accorder -
désenvenimer/envenimer -
désinfecter/infecter -
[en deuxième position :]
refaire -
recouvrir -
[Parfois il s'oppose au préf. ren-, rem- (= re- + en-) : ]
blayer/remblayer -
C.− Il remplace parfois en- ou s'y accroche dans des formes doubles synon. :
bourber /désembourber. -
D.− [Il est plus rarement synon. doublet du préf. mal-, mé- : désaise/malaise ;désinculper/ disculper; et très rarement du préf. e(x)- : filocher/ effilocher.
E.− Il est formateur de verbes, de subst. indiquant une action ou un état, de part. passés et d'adj. indiquant l'état subi, plus rarement de subst. indiquant un état issu d'une transformation régressive.
II.− Valeurs sém.
A.− Dé- formateur de verbes d'action indiquant l'idée d'enlever qqc. de, de priver qqn ou qqc. de.
1. Dé- + subst. + -er(le verbe simple anton. en gén. n'existe pas).
a) Verbes trans.
braiser. « Enlever les braises de ». Débraiser un four avant d'enfourner la pâte. Absol. [Si un engorgement se produit], il n'y a d'autre remède que de débraiser (A. Brongniart, Arts céram.,1844, p. 228)
nerver. « Enlever les nerfs ou les tendons d'(une viande de boucherie) ». Cent vingt-cinq grammes de chair maigre de veau [poids net après que cette chair a été parée et dénervée] (Gdes heures cuis. fr., P. Montagné, 1948, p. 190).Au fig. Elles [les statues des Reines] (...) sont (...) désallongées, dénervées, appauvries, presque vulgaires (Huysmans, Cathédr.,1898, p. 256)
papilloter. « Ôter les papillottes ou l'emballage (papier entortillé) de ». Les piles d'or qu'on dépapillote (Goncourt, Journal,1868, p. 438).Elle dépapillota une croquette de chocolat (Martin du G., Thib.,Belle sais., 1923, p. 1025)
désailer. « Arracher l'aile ou les ailes de ». Le col vert désailé se sert magnifiquement de ses pattes pour disparaître rapidement sous l'onde (Vidron, Chasse,1945, p. 75).Marcette (...) éructait sa gargouillante allégresse d'idiot en désailant patiemment une mouche (H. Bazin, Tête contre murs,1949, p. 318)
viander , au fig. « Ôter la viande de, amaigrir » (Canada 1930). Je vais déviander un peu le restant du 2eacte du Roi (Desaymard, Chabrier,1934, p. 119).
viandé , adj., région. « Amaigri ». Un blouson de cuir fermeture éclair qui moulait son torse déviandé (Arnoux, Rêv. policier amat.,1945, p. 160)
b) Part. passés-adj. (néol. d'aut. pour la plupart) :
fleuronné, ée. « Qui n'a plus son ornement en fleuron ». Ogives défleuronnées (Estaunié, Empreinte,1896, p. 74)
penné, ée. « Qui n'a plus de penne ». Le grand aigle était piteux; maigre, battant de l'aile et dépenné (Gide, Prométhée,1899, p. 314)
périosté, ée. « Qui n'a plus de périoste ». Les fragments [de la fracture] sont dépériostés au minimum (Judet, Fractures membres,1948, p. 2)
poilé, ée. « Qui n'a plus de poils ». Un matou gris sale, long, efflanqué, dépoilé (Colette, Cl. école,1900, p. 164).Rem. On rencontre une var. : dépoilu
poilu, ue , adj.Variante de dépoilé; Vieilles peaux dépoilues (Louÿs, Aphrodite,1896, p. 122)
vertébré, ée , au fig. « Qui n'a plus d'ossature, de structure, de cohésion ». C'était une lente ribambelle de phrases dévertébrées, sans liaison apparente (Duhamel, Combat ombres,1939, p. 101)
c) Subst. déverbaux en -age, -ment ou -ation (le verbe correspondant existe mais n'est pas toujours attesté, néol. d'aut. princ.) :
mansardage , subst. masc.(de l'adj. mansardé).« Action d'enlever la disposition en mansarde de; état qui en résulte ». Le démansardage des pièces formant le grenier (Goncourt, Journal,1894, p. 1685)
musclage , subst. masc.« Action de relâcher les muscles; détente, décontraction musculaire ». Tout en procurant au chanteur et à l'auditeur une impression de détente, de démusclage (Arts et litt.,1935, p. 3610)
2. Domaines prof. spécialisés.Dé- + subst. + -er, -iser ou -ifier (et leurs subst. dér. en -age, -ation).[Pour exprimer une action plus complexe, p. ex. extraire, isoler, supprimer ou faire diminuer de volume un corps, une matière]
a) CHIM., PÉTROCHIMIE et INDUSTR. DU PÉTROLE.
[Le rad. subst. désigne un corps chim. qu'on veut isoler ou extraire] :
benzolage , subst. masc.« Action de débenzoler, d'extraire le benzol contenu dans le gaz de houille » (cf. Quéret, Industr. gaz, 1923, p. 274)
butaniser , verbe trans.« Extraire le butane contenu dans un produit pétrolier » (cf. E. Schneider, Charbon, 1945, p. 318)
nitrification , subst. fém.« Action de dénitrifier, d'enlever l'azote ou ses dérivés de ». Il s'agit d'une dénitrification des sols, qui correspond à une perte d'azote (J. phys. et Radium, Chim. phys., 1935, p. 23).
samination , subst. fém.« Action de désaminer, de priver une molécule organique de sa fonction amine » (cf. Hist. gén. sc., t. 3, vol. 2, 1964, p. 617)
b) MÉD. et PHYSIOL.
globulisation , subst. fém.« Diminution progressive des globules rouges dans le sang (anémie) » (attesté ds Lar. 19eSuppl. 1890-Lar. encyclop. et Quillet 1965)
toxication , subst. fém.« Élimination naturelle des toxiques par un organisme physiologique » (attesté ds Lar. encyclop. et Rob. Suppl. 1970). Rem. Ne pas confondre avec désintoxication*.
c) Autres domaines techn.(les subst. sont en -age ou -ation pour l'action, en -euse pour les machines) :
laitage , subst. masc.« Action de délaiter, d'enlever le petit lait de ». Rem. Le synon. laitement, subst. masc., est attesté ds Lar. 19eSuppl. 1890-Lar. Lang. fr., Rob. et Quillet 1965
laiteuse , subst. fém.« Machine à délaiter le beurre » (attesté ds Besch. 1845, Nouv. Lar. ill.-Lar. Lang. fr., Littré, DG et Rob.)
rader , verbe intrans.mar. « S'éloigner de la rade, du mouillage, à cause du mauvais temps ». Obligé de dérader, Colomb chercha en vain un abri dans le voisinage et n'ayant plus que trois vrais marins à bord, il dut revenir à son précédent mouillage (Charcot, Chr. Colomb,1928, p. 190).Rem. On rencontre ds la docum. le
rade , subst. fém.néol. « Dérive ». Des écumes de fleurs ont bercé mes dérades Et d'ineffables vents m'ont ailé par instants (Rimbaud, Poés.,1871, p. 130)
3. Dé- + verbe trans. (le verbe simple anton. existe).Type :
verrouiller/verrouiller (cf. infra C):
cadenasser , verbe trans.« Enlever un cadenas à (qqc.) pour l'ouvrir ». Décadenasser une porte, une malle. Anton. cadenasser.Venez boire le coup, les gars, dit Papadakis en décadenassant le capot pour descendre dans sa cambuse (Cendrars, Bourlinguer,1948, p. 176)
ralinguer , verbe trans., mar. « Enlever les ralingues de; déchirer ». Déralinguer une voile. Anton. ralinguer.La hanche de tribord était défoncée, les mâts tronqués, la voiture déralinguée (Hugo, Travaill. mer,1866, p. 224).Rem. Balzac parle de ralinguage comme d'un mot barbare (cf. Balzac, Œuvres div., t. 2, 1850, p. 569)
B.− Dé- formateur de termes indiquant la séparation, l'éloignement.
1. Verbes. Dé- + subst. désignant un contenant ou un lieu + -er ou dé- + verbe :
pocher , verbe trans., vx , fam. « Tirer de sa poche », et au fig. « débourser ». Il [le duc] vivait suivant les préceptes de la philosophie la plus maigrelette (...) il ne dépochait que des piécettes (Morand, Fin de s.,1957, p. 175)
désalper , verbe trans.Région. (Alpes fr. et de Suisse). Descendre de l'alpage avec le troupeau à la fin de l'estivage. Anton. alper.
Désalpe , subst. fém.Région. (id.). Descente de l'alpage à la fin de l'estivage. Avec la fin du mois de septembre, la désalpe commence. Dans un bruit de sonnailles, les bêtes qui ont estivé sur les pâturages jurassiens sont ramenées en plaine (Tribune-Le Matin, Lausanne, 27 septembre 1976)
2. Adjectifs :
réistique , adj., psychol. , rare. [En parlant de la pensée, dans la schizophrénie] « Qui s'écarte du réel, non adapté au réel ». Synon. déréel (Porot 1960; cf. autiste, autistique).La peur de l'action entraîne (...) l'imagination déréistique vers l'obsession d'un absolu sans contenu et sans effets (Mounier, Traité caract.,1946, p. 717).Le droit de traiter causalement le rêve et les symptômes névrotiques est lié à leur défaut d'objet, à leur caractère « déréistique » [selon une expression de Bleuler] (Ricœur, Philos. volonté,1949, p. 371)
C.− Dé- formateur de verbes indiquant une action contraire.
1. [Dé- s'adjoint au verbe trans. simple : murer/murer; il peut s'ajouter à un autre préf. (a-, en-, in-) ou à leurs subst. dér. : désengrenage/engrenage: ]
désasservir , verbe trans.« Libérer de l'asservissement ». Anton. asservir.L'« évangélisme » gidien (...) ramène tout au « vivant désordre », goûté comme la suprême félicité, comme l'entrée même dans « le royaume de Dieu », cette « joie éparse » qui baigne la « terre désasservie » (Massis, Jugements,1924, p. 65)
désenchevêtrer , verbe trans.Synon. démêler; anton. enchevêtrer.Je corrige, enchevêtre, désenchevêtre, délace, entrelace, repars (Cocteau, Machine infern.,1934, p. 83).Au fig. Ici, ce soir, à mon bureau, sachant l'imbroglio de vivre, je désenchevêtre les raisons pourquoi la chose était charmante (Cocteau, Potomak,1919, p. 224)
désencroûter , verbe trans.[Surtout au fig.] « Faire sortir de ses préjugés, de ses habitudes ». Anton. encroûter.Les temps de chambardement ont ceci d'avantageux qu'ils vous désencroûtent (Arnoux, Roi,1956, p. 92)
paralyser , verbe trans.« Supprimer la paralysie ». Anton. paralyser.L'expérience des membres paralysés et déparalysés « à la voix du magnétiseur » (Jouy, Hermite,t. 4, 1813, p. 150)
tisser , verbe trans.« Défaire un tissu, un tissage ». Anton. tisser.En détissant à la main fil par fil, on constate que les fils de trame se séparent beaucoup plus aisément du tissu que les fils de chaîne (Thiébaut, Fabric. tissus,1961, p. 62).P. métaph. Le cœur des mères doit tisser, détisser, recoudre, découdre ses sacrifices, pour rien, pour le bon plaisir de la mort (Malègue, Augustin, t. 2, 1933, p. 338)
tricoter , verbe trans.« Défaire un tricot ». Anton. tricoter.Alexis (...), tendait les mains pour dévider la laine détricotée (Triolet, Prem. accroc,1945, p. 224)
2. [Dé- peut permuter avec une autre prép. à valeur anton.]
a) [Avec a-, type : croître/accroître; tacher/attacher.]
bêtir , verbe trans.« Ôter le caractère bête, rendre moins bête ». Anton. abêtir.Vous en avez des jolis sous! Il n'y a que ça qui débêtit le monde (Renard, Nos frères far.,1910, p. 21)
Rem. La lang. mod., pour former le contraire d'un verbe à préfixe a-, préfère généralement laisser le préfixe et le faire précéder de dés- : désamorcer, désapprouver, désaccorder (d'apr. Dupré 1972)
b) [Avec en-, type : terrer/enterrer; brayer/embrayer; boîter/emboîter; se pêtrer/s'empêtrer; courager/encourager]
poisonner , verbe trans., au fig. , fam. « Débarrasser de ». La fatigue des dernières séances m'avait tellement dégoûté de cette grande bête de toile... que je me trouvais payé de mes peines par la seule satisfaction d'être enfin dépoisonné d'elle (Courteline, Ah! Jeun.,Henriette, 1888, p. 117)
c) [Avec in-, type : gurgiter/ingurgiter (sens d'éloignement, d'extériorité)] :
vaginer , verbe trans., biol. « Déployer vers l'extérieur ». Anton. (s')invaginer.Un étroit sac invaginé (...) se dévagine brusquement, entraînant dans sa cavité nouvelle le reste du corps (Caullery, Embryol.,1942, p. 77).L'étoile de mer (...) ouvre de force les écailles de l'huître et lui introduit son propre estomac qu'elle dévagine (Claudel, Journal, Paris, Gallimard, t. 2, 1944)
3. [Dé- en concurrence]
a) [avec désen- pour certains verbes commençant par en- (peut permuter avec en-), type : brayage/désembrayage; clouer/désenclouer; mancher/désemmancher; mailloter/désemmailloter; plumer/désemplumer; dessabler/désensabler]
baller /désemballer. Anton. emballer.Deux ou trois douzaines de petits cadavres désemballés, bientôt appelés à revivre (Arnoux, Zulma,1960, p. 126)
prisonner /désemprisonner , verbe trans., vx , rare. « Faire sortir de prison, libérer ». Anton. emprisonner.Commandant... je viens vous déprisonner [vous ouvrir la porte de votre appartement] (Sue, Myst. de Paris,1842-43, p. 317).Au fig. L'agitation de ses longues oreilles [de l'âne] (...), me disait le bonheur qu'il avait de se sentir libre, déprisonné de sa souffrance et de son infirmité (A. Daudet, R. Helmont,1874, p. 58)
vaser, désenvaser , verbe trans.,a) technol. « Débarrasser de la vase », b) « sortir de la vase ». Anton. envaser.Emploi pronom. En un hymne à la vie, les grenouilles se dévasant remontaient à la surface de l'eau et célébraient leurs noces avec la lumière du jour (Guèvremont, Survenant,1945, p. 185).
vasement , subst. masc.« Action de dévaser ». Dévasement d'un port. Ostende (...) dont on assura la libre entrée par le dévasement de son cheval (Las Cases, Mémor. Ste-Hélène,t. 2, 1823, p. 259)
Rem. 1. La forme cour. est avec dé-, avec une nuance de sens, p. ex. dessabler « enlever le sable de » a pour anton. sabler; désensabler « tirer du sable » a pour anton. ensabler. 2. Pour certains verbes, les deux formes n'ont pas le même sens :
désenvelopper , verbe trans.« Ôter l'enveloppe de » [cf. développer, sens différent](attesté ds Lar. 19e-Lar. Lang. fr., Littré, Guérin 1892, Rob. et Quillet 1965)
désembarquer , verbe trans., mar. [En parlant de pers. ou de marchandises à bord] « Faire sortir du navire avant le départ ou avant l'arrivée » (cf. débarquer, sens différent). Il fallut désembarquer les troupes à moitié chemin (Ac. 1798-1932)
b) [avec désé- (rare). [Pour un verbe commençant par é-]] :
chouer /déséchouer , verbe trans., vx , mar. [En parlant d'un bateau échoué] « Remettre à flot ». La baie était presque à sec, et il ne pouvait pas espérer de déchouer ses chaloupes avant quatre heures du soir (Voy. La Pérouse,t. 3, 1797, p. 198)
pingler /désépingler , verbe trans.« Ôter les épingles de ». Ce général, une main crispée sur la poitrine, son ruban rouge plutôt arraché que dépinglé (D'Esparbès, Ceux de l'an 14!1917, p. 31).C'est un métier pénible. Défaire des pressions, désépingler des robes en dormant à moitié (Arnoux, Chiffre,1926, p. 217)
4. [Dé- formateur d'adj. indiquant un état contraire.] Dé- + part. passé-adj. :
pondéré. « Qui a perdu l'équilibre, la pondération ». Synon. déséquilibré, troublé; anton. équilibré, pondéré.Qui elle [la lune] émeut, elle le trouble, mais il est délicieux de se sentir dépondéré par elle (Maurras, Chemin Paradis,1894, p. 65)
timbré. « Qui a perdu son timbre (en parlant de la voix) ». Voix détimbrée. Anton. timbré.Elle [Bijou] chantait d'une voix détimbrée, pleine de trous, en prenant des attitudes burlesques de femme du monde (Carco, Montmartre,1938, p. 151)
D.− Dé- formateur de verbes intrans. indiquant une cessation (employés presque toujours à la forme négative; l'anton. est le verbe simple) :
fumer , verbe intrans., fam. « Cesser de fumer ». Je ne défume pas, j'en ai même l'intérieur du bec avarié (Flaub., Corresp.,1876, p. 329).Ce bonhomme ne défumait De toute la sainte journée (Ponchon, Muse cabaret,1920, p. 219)
progresser , verbe intrans., rare. « Cesser de progresser » (cf. régresser).J'ai dit, dans mon discours de réception à l'Académie française, que la jeunesse moderne était victime du culte de la hâte. Parallèlement au progrès des machines, l'âme déprogresse, car elle se repose sur le travail des machines (Cocteau, Poésie crit. 2,1960, p. 178)
rager , verbe intrans., fam. « Cesser d'être en rage ». Il ne dérage pas (Ac.1932).Il ne dérageait pas les deux dernières années, fureurs à tout casser, quand on lui apportait le dîner, quand venait le médecin (Amiel, Journal,1866, p. 475)
E.− Dé- formateur de subst. abstr. indiquant une absence, une carence, une privation de qqc. (état) ou un phénomène inverse, une transformation régressive (action). Dé- + subst.(ex. désordre/ordre, chronologie/chronologie) :
cristallisation , subst. fém., littér. « Désagrégation d'un sentiment et, en partic., fait de cesser peu à peu d'idéaliser l'être ou l'objet aimé ». On parle sans cesse de la brusque cristallisation de l'amour. La lente « décristallisation » (...) est un phénomène psychologique qui m'intéresse bien davantage (Gide, Faux-monn.,1925, p. 988).Je traîne cette angoisse avec moi, dans la triste maison que je ne parviens plus à transfigurer. « Décristallisation » sinistre (Mauriac, Bloc-notes,1958, p. 1309)
glaciation , subst. fém., géol. « Recul, récession des glaciers ». Anton. glaciation.Périodes de glaciation et de déglaciation (J.-M. Pérès, Vie océan,1966, p. 162)
natalité , subst. fém., démogr. et cour. « Baisse du taux de natalité, du nombre des naissances dans un pays ». (Quasi-) synon. dépopulation; anton. natalité (hausse, remontée de la), repopulation.Et on y épargnait ces quarante années de paix armée, et de dénatalité (Péguy, Argent,1913, p. 1238)
désaise , subst. masc., rare , arch. « Absence d'aise, peine morale ». Synon. malaise; anton. aise.Je ne souhaite plus qu'une chose, c'est de ne pas être dénuée de mes désaises et de mes peines (Huysmans, Ste Lydwine,1901, p. 110).Rem. Dans certains cas semblables le préf. a un sens analogue au préf. mal-, mé-(s); p. ex.
concert , subst. masc., néol. d'aut. , fig. « Désaccord, mésentente ». Ce déconcert entre eux (...) ne se voyait à rien, mais se sentait à tout (Morand, Fin siècle,1957, p. 32)
désescalade , subst. fém., néol. , art milit. « Ensemble d'opérations stratégiques visant à diminuer ou à supprimer la gravité des mesures militaires ». Anton. escalade.Attesté ds Lar. encyclop. Suppl. 1968-Lar. Lang. fr. et Rob. Suppl. 1970.P. ext. [En parlant d'un engagement diplomatique, de luttes ou tensions pol. internes]
F.− Dé- formateur de néol., notamment de verbes en -iser, indiquant l'action de supprimer un caractère ou une influence, ou une condition, un état.
1. Dé- + subst. + -er ou -iser :
prêtrer, prêtriser (se) vx. « Quitter l'état de prêtre ». Il courut (...), éveiller (...), l'évêque Gobet, pour lui offrir ce qu'il appeloit une couronne civique, et l'engager à se déprêtriser solennellement le lendemain à la barre de la Convention (Desmoulins, V. Cord.,1793-94, p. 62)
prolétarisation , subst. fém.« Action de (se) déprolétariser; processus d'ascension sociale de membres du prolétariat vers la bourgeoisie » (cf. Willems 1970). La véritable déprolétarisation (...), c'est l'action qui lui permet [à l'homme] de dégager sa valeur personnelle, de l'épanouir et de prendre dans la vie sociale la place que cette valeur personnelle lui mérite (Univ. écon. et soc.,1960, p. 5208)
provincialiser (se) , verbe pronom.« Perdre ses manières provinciales ». Et puis encore j'étais avide de me déprovincialiser et de me mettre au courant des choses, au niveau des idées et des formes de mon temps (Sand, Hist. vie,t. 4, 1855, p. 80)
Rem. En part., le rad. est un nom propre de pers. célèbre :
rousseauiser , verbe trans.« Faire perdre l'esprit, l'influence de Rousseau à ». Dérousseauiser mon jugement en lisant Destutt, Tacite, Prévost de Genève, Lancelin (Stendhal, Journal,1801-05, p. 89)
staliniser , verbe trans.« Libérer (les pays de l'Est) de l'emprise autoritaire du régime de Staline ». Déstaliniser un régime, un parti (Rob. Suppl. 1970 et Lar. Lang. fr.)
Rem. Le passage du verbe simple à l'anton. composé peut être accompagné d'un changement d'emploi, p. ex. charlataniser, verbe intrans. (cf. charlataner, rem. 2) devient charlataniser, verbe trans. « Ôter le charlatanisme de ». Il [Gui Patin] veut décharlataniser la médecine (Sainte-Beuve, Caus. lundi, t. 8, 1851-62, p. 124).
2. Dé- + adj. + -er ou -iser,[verbes type : dramatiser/dramatique/ dramatiser, spiritualiser;/spirituel/spiritualiser ou dé- + verbe trans. (rad. adj. et subst. dér. en -isation), notamment dans les domaines de la pol., de la civilisation, sociol., relig. : civiliser*, déshumaniser*, militariser, dans des domaines prof. ou techn. spécialisés : caféin(is)er*, monétiser*, sensibiliser*, désintoxiquer*, p. ex. en phonét. : nasal(is)er*, vocalisation*, en psychol. : culpabiliser, dramatiser :]
désembourgeoiser , verbe trans.« Faire perdre la mentalité, les comportements traditionnels d'un bourgeois ». Anton. embourgeoiser.Curieux petit Jacques... Si bien désembourgeoisé, c'est vrai... L'esprit purgé des habitudes, oui! − sauf de la plus foncièrement bourgeoise de toutes! l'habitude de mettre l'esprit lui-même à la base de tout (Martin du G., Thib.,Été 14, 1936, p. 81).Une réserve instinctive me donnait à craindre qu'à l'exemple d'un grand nombre de bourgeois désembourgeoisés, ils ne fussent des intellectuels (Cocteau, Poésie crit. 2,1960, p. 154)
désidéalisé, ée , part. passé-adj., néol. d'aut. « Dépourvu d'idéalité ». Les idées calcinées escamotées volatilisées désidéalisées (Prévert, Paroles,1946, p. 1289)
rationaliser , verbe trans.« Ôter le caractère rationnel de ». Il [le génie] n'a que faire des concepts et chasse la raison. Du même coup, il dérationalise et dénationalise (Massis, Jugements,1924, p. 152)
spiritualiser , verbe trans.« Faire perdre la valeur spirituelle de ». Oui c'est la mort de la contemplation, due ici à la mise en accusation de la réflexion elle-même, qui déspiritualise Gide (Du Bos, Journal,1927, p. 363).
spiritualisation. « Action de (se) déspiritualiser ». La gravité du fait de la déspiritualisation, de la perte du sens de l'éternité, de la disparition de cette valeur spirituelle et éternelle précisément enclose dans la grandeur monumentale (Du Bos, Journal,1927p. 93)
Rem. Parfois le néol. peut être issu de rad. différents, p. ex. capitalisation, subst. fém. a) [Rad. capitale] « Action d'ôter à une ville la qualité de capitale ». La décapitalisation de Paris, c'est (...) une diminution du pays (Journ. offic., 8 sept. 1871, p. 3294, 1recol. ds Littré). Le verbe capitaliser n'est pas attesté; l'anton. simple non plus. b) [Rad. capital, dér. de capitalisation] « Action de faire perdre la valeur de capital à ». Décapitalisation des intérêts composés (Lar. 19e). Le souci de la décapitalisation du pays (Belorgey, Gouvern. et admin. Fr., 1967, p. 52).
[Si un engorgement se produit], il n'y a d'autre remède que de débraiser (A. Brongniart, Arts céram.,1844, p. 228)Cent vingt-cinq grammes de chair maigre de veau [poids net après que cette chair a été parée et dénervée] (Gdes heures cuis. fr., P. Montagné, 1948, p. 190).Elles [les statues des Reines] (...) sont (...) désallongées, dénervées, appauvries, presque vulgaires (Huysmans, Cathédr.,1898, p. 256)Les piles d'or qu'on dépapillote (Goncourt, Journal,1868, p. 438).Elle dépapillota une croquette de chocolat (Martin du G., Thib.,Belle sais., 1923, p. 1025)Le col vert désailé se sert magnifiquement de ses pattes pour disparaître rapidement sous l'onde (Vidron, Chasse,1945, p. 75).Marcette (...) éructait sa gargouillante allégresse d'idiot en désailant patiemment une mouche (H. Bazin, Tête contre murs,1949, p. 318)Je vais déviander un peu le restant du 2eacte du Roi (Desaymard, Chabrier,1934, p. 119).Un blouson de cuir fermeture éclair qui moulait son torse déviandé (Arnoux, Rêv. policier amat.,1945, p. 160)Ogives défleuronnées (Estaunié, Empreinte,1896, p. 74)Le grand aigle était piteux; maigre, battant de l'aile et dépenné (Gide, Prométhée,1899, p. 314)Les fragments [de la fracture] sont dépériostés au minimum (Judet, Fractures membres,1948, p. 2)Un matou gris sale, long, efflanqué, dépoilé (Colette, Cl. école,1900, p. 164).Vieilles peaux dépoilues (Louÿs, Aphrodite,1896, p. 122)C'était une lente ribambelle de phrases dévertébrées, sans liaison apparente (Duhamel, Combat ombres,1939, p. 101)Le démansardage des pièces formant le grenier (Goncourt, Journal,1894, p. 1685)Tout en procurant au chanteur et à l'auditeur une impression de détente, de démusclage (Arts et litt.,1935, p. 3610)Il s'agit d'une dénitrification des sols, qui correspond à une perte d'azote (J. phys. et Radium, Chim. phys., 1935, p. 23).Obligé de dérader, Colomb chercha en vain un abri dans le voisinage et n'ayant plus que trois vrais marins à bord, il dut revenir à son précédent mouillage (Charcot, Chr. Colomb,1928, p. 190).Des écumes de fleurs ont bercé mes dérades Et d'ineffables vents m'ont ailé par instants (Rimbaud, Poés.,1871, p. 130)Venez boire le coup, les gars, dit Papadakis en décadenassant le capot pour descendre dans sa cambuse (Cendrars, Bourlinguer,1948, p. 176)La hanche de tribord était défoncée, les mâts tronqués, la voiture déralinguée (Hugo, Travaill. mer,1866, p. 224).Il [le duc] vivait suivant les préceptes de la philosophie la plus maigrelette (...) il ne dépochait que des piécettes (Morand, Fin de s.,1957, p. 175)La peur de l'action entraîne (...) l'imagination déréistique vers l'obsession d'un absolu sans contenu et sans effets (Mounier, Traité caract.,1946, p. 717).Le droit de traiter causalement le rêve et les symptômes névrotiques est lié à leur défaut d'objet, à leur caractère « déréistique » [selon une expression de Bleuler] (Ricœur, Philos. volonté,1949, p. 371)L'« évangélisme » gidien (...) ramène tout au « vivant désordre », goûté comme la suprême félicité, comme l'entrée même dans « le royaume de Dieu », cette « joie éparse » qui baigne la « terre désasservie » (Massis, Jugements,1924, p. 65)Je corrige, enchevêtre, désenchevêtre, délace, entrelace, repars (Cocteau, Machine infern.,1934, p. 83).Ici, ce soir, à mon bureau, sachant l'imbroglio de vivre, je désenchevêtre les raisons pourquoi la chose était charmante (Cocteau, Potomak,1919, p. 224)Les temps de chambardement ont ceci d'avantageux qu'ils vous désencroûtent (Arnoux, Roi,1956, p. 92)L'expérience des membres paralysés et déparalysés « à la voix du magnétiseur » (Jouy, Hermite,t. 4, 1813, p. 150)En détissant à la main fil par fil, on constate que les fils de trame se séparent beaucoup plus aisément du tissu que les fils de chaîne (Thiébaut, Fabric. tissus,1961, p. 62).Le cœur des mères doit tisser, détisser, recoudre, découdre ses sacrifices, pour rien, pour le bon plaisir de la mort (Malègue, Augustin, t. 2, 1933, p. 338)Alexis (...), tendait les mains pour dévider la laine détricotée (Triolet, Prem. accroc,1945, p. 224)Vous en avez des jolis sous! Il n'y a que ça qui débêtit le monde (Renard, Nos frères far.,1910, p. 21)La fatigue des dernières séances m'avait tellement dégoûté de cette grande bête de toile... que je me trouvais payé de mes peines par la seule satisfaction d'être enfin dépoisonné d'elle (Courteline, Ah! Jeun.,Henriette, 1888, p. 117)Un étroit sac invaginé (...) se dévagine brusquement, entraînant dans sa cavité nouvelle le reste du corps (Caullery, Embryol.,1942, p. 77).L'étoile de mer (...) ouvre de force les écailles de l'huître et lui introduit son propre estomac qu'elle dévagine (Claudel, Journal, Paris, Gallimard, t. 2, 1944)Deux ou trois douzaines de petits cadavres désemballés, bientôt appelés à revivre (Arnoux, Zulma,1960, p. 126)Commandant... je viens vous déprisonner [vous ouvrir la porte de votre appartement] (Sue, Myst. de Paris,1842-43, p. 317).L'agitation de ses longues oreilles [de l'âne] (...), me disait le bonheur qu'il avait de se sentir libre, déprisonné de sa souffrance et de son infirmité (A. Daudet, R. Helmont,1874, p. 58)En un hymne à la vie, les grenouilles se dévasant remontaient à la surface de l'eau et célébraient leurs noces avec la lumière du jour (Guèvremont, Survenant,1945, p. 185).Ostende (...) dont on assura la libre entrée par le dévasement de son cheval (Las Cases, Mémor. Ste-Hélène,t. 2, 1823, p. 259)La baie était presque à sec, et il ne pouvait pas espérer de déchouer ses chaloupes avant quatre heures du soir (Voy. La Pérouse,t. 3, 1797, p. 198)Ce général, une main crispée sur la poitrine, son ruban rouge plutôt arraché que dépinglé (D'Esparbès, Ceux de l'an 14!1917, p. 31).C'est un métier pénible. Défaire des pressions, désépingler des robes en dormant à moitié (Arnoux, Chiffre,1926, p. 217)Qui elle [la lune] émeut, elle le trouble, mais il est délicieux de se sentir dépondéré par elle (Maurras, Chemin Paradis,1894, p. 65)Elle [Bijou] chantait d'une voix détimbrée, pleine de trous, en prenant des attitudes burlesques de femme du monde (Carco, Montmartre,1938, p. 151)Je ne défume pas, j'en ai même l'intérieur du bec avarié (Flaub., Corresp.,1876, p. 329).Ce bonhomme ne défumait De toute la sainte journée (Ponchon, Muse cabaret,1920, p. 219)J'ai dit, dans mon discours de réception à l'Académie française, que la jeunesse moderne était victime du culte de la hâte. Parallèlement au progrès des machines, l'âme déprogresse, car elle se repose sur le travail des machines (Cocteau, Poésie crit. 2,1960, p. 178)Il ne dérage pas (Ac.1932).Il ne dérageait pas les deux dernières années, fureurs à tout casser, quand on lui apportait le dîner, quand venait le médecin (Amiel, Journal,1866, p. 475)On parle sans cesse de la brusque cristallisation de l'amour. La lente « décristallisation » (...) est un phénomène psychologique qui m'intéresse bien davantage (Gide, Faux-monn.,1925, p. 988).Je traîne cette angoisse avec moi, dans la triste maison que je ne parviens plus à transfigurer. « Décristallisation » sinistre (Mauriac, Bloc-notes,1958, p. 1309)Périodes de glaciation et de déglaciation (J.-M. Pérès, Vie océan,1966, p. 162)Et on y épargnait ces quarante années de paix armée, et de dénatalité (Péguy, Argent,1913, p. 1238)Je ne souhaite plus qu'une chose, c'est de ne pas être dénuée de mes désaises et de mes peines (Huysmans, Ste Lydwine,1901, p. 110).Ce déconcert entre eux (...) ne se voyait à rien, mais se sentait à tout (Morand, Fin siècle,1957, p. 32)Il courut (...), éveiller (...), l'évêque Gobet, pour lui offrir ce qu'il appeloit une couronne civique, et l'engager à se déprêtriser solennellement le lendemain à la barre de la Convention (Desmoulins, V. Cord.,1793-94, p. 62)La véritable déprolétarisation (...), c'est l'action qui lui permet [à l'homme] de dégager sa valeur personnelle, de l'épanouir et de prendre dans la vie sociale la place que cette valeur personnelle lui mérite (Univ. écon. et soc.,1960, p. 5208)Et puis encore j'étais avide de me déprovincialiser et de me mettre au courant des choses, au niveau des idées et des formes de mon temps (Sand, Hist. vie,t. 4, 1855, p. 80)Dérousseauiser mon jugement en lisant Destutt, Tacite, Prévost de Genève, Lancelin (Stendhal, Journal,1801-05, p. 89)Curieux petit Jacques... Si bien désembourgeoisé, c'est vrai... L'esprit purgé des habitudes, oui! − sauf de la plus foncièrement bourgeoise de toutes! l'habitude de mettre l'esprit lui-même à la base de tout (Martin du G., Thib.,Été 14, 1936, p. 81).Une réserve instinctive me donnait à craindre qu'à l'exemple d'un grand nombre de bourgeois désembourgeoisés, ils ne fussent des intellectuels (Cocteau, Poésie crit. 2,1960, p. 154)Les idées calcinées escamotées volatilisées désidéalisées (Prévert, Paroles,1946, p. 1289)Il [le génie] n'a que faire des concepts et chasse la raison. Du même coup, il dérationalise et dénationalise (Massis, Jugements,1924, p. 152)Oui c'est la mort de la contemplation, due ici à la mise en accusation de la réflexion elle-même, qui déspiritualise Gide (Du Bos, Journal,1927, p. 363).La gravité du fait de la déspiritualisation, de la perte du sens de l'éternité, de la disparition de cette valeur spirituelle et éternelle précisément enclose dans la grandeur monumentale (Du Bos, Journal,1927p. 93)
Étymol., morphol. et vitalité. 1. Le préf. dé-, un des plus productifs de la lang. fr., indique que l'action s'opère dans le sens inverse; il est issu de la particule lat. dis- (ou di- devant certaines consonnes) marquant la séparation, la rupture, la division, la négation, et appartient à la compos. pop.; resté dis- en b. lat., il a pris la forme des- ou de- en a. fr. (cf. desrenable 1remoitié du xiiies., desraisonnable 1370-72; deciller xiiies., devenu dessiller; cf. aussi désappointé de l'angl. disappointed, lui-même de l'a. fr. désappointer). 2. Il se rapproche a) du préf. dis-, di- par son orig. et son sens d'éloignement au fig., d'écart (cf. ménager [au fig., fam.]; raisonner, divaguer, extravaguer; désunir, disjoindre; désaccord, dissonance). b) Du préf. mal-, mé- (cf. déshonnête, malhonnête), ce qui explique la valeur péj.-dépréc. qu'il a prise, notamment dans la lang. arg. (cf. guenillé, gingandé, penaillé; veine, malchance). 3. Il se forme le plus souvent à partir d'un verbe simple pour indiquer l'action contraire (verbes ou subst. d'action ou d'état). 4. Il a fonctionné très tôt par substitution d'un préf. anton. (cf. river2de arriver, rouiller de enrouillé « rouillé », sorption de absorption, tacher de attacher, toxication de intoxication); il s'oppose très souvent au préf. en (em)- (encrasser/crasser, emménager/ménager), au préf. in- (injecter/jecter), au préf. re-, rem-, ren- (mailler/remmailler), plus rarement au préf. a- (accrocher/crocher). 5. On rencontre souvent des verbes doublets (quasi-)synon., avec dé- seul ou adjoint au préf. en- (brayer, désembrayer), au préf. a- (grafer, désagrafer), plus rarement au préf. é- (pingler, désépingler); mais la forme simple est en gén. la plus vivace et la plus conforme à la tradition (plumer a supplanté désemplumer). 6. Dans certains cas la constr. avec le seul préf. dé- donne un sens différent de celle avec deux préf. (désa-, désen-, désin-) : toxicationdésintoxication; barquerdésembarquer; marrerdésamarrer. 7. Il s'adjoint parfois à un subst. rad. d'a. fr. (cf. déshérence de hoir « héritier »; dessiller de ciller « coudre les paupières d'un oiseau de proie »). 8. Il peut s'adjoindre à un préf. lat. ou gr. d'orig. sav. (dé- + oxy- dans désoxyribonucléique* (Pt Rob.). 9. Il se forme surtout sur un rad. verbe, puis, pour les néol. princ., sur un adj. pour créer de nombreux verbes en -er et surtout en -iser ( + vitalvitaliser; dé- + vitaminevitaminer, vitaminiser), notamment dans les domaines de la pol., de la diplom., de la civilisation, en relig., sociol., psychol., écon., phonét., et dans de nombreux domaines techn., industr. ou non; enfin en arg. et dans la lang. cour. où les créations verbales foisonnent. 10. Parfois l'anton. de base n'existe pas (désodoriser, caféiné). 11. Parfois se forme un nouveau verbe en doublet avec le premier (mystifier, mythifier; désassocierdissocier). 12. Le verbe peut prendre des emplois nouveaux (désépaissir une sauce, désépaissir des cheveux; désenrayer une roue, désenrayer une arme à feu; désinvestir une place-forte, désinvestir des capitaux, désinvestir une activité (psychanal.); désapprovisionner une arme à feu, compte en banque désapprovisionné. 13. « Le sens d'éloignement ne se retrouve pas dans la formation de nouveaux mots » (Dub.).
Prononc. et Orth. a) Dés- : [dez-] par euphonie devant voyelle et h muet : désagréable, désengrenage, déshydraté, désordre, désunir. À la fin du xviies., Hindret recommande de prononcer [e] fermé en [ə] muet : [dzabyze] pour désabuser, [dzagʀeabl̥] pour désagréable, [dzavɑ ̃ta:ʒ] pour désavantage (cf. Bourc.-Bourc. 1967, § 92). b) Dé - : [de-] devant consonne et h d'orig. germ. : débander, défigurer, délacer, déhancher, déharnacher. Devant la consonne s, quand elle fait partie du rad. et qu'elle se trouve en position intervocalique il y a redoublement de s pour conserver à cette consonne sa sonorité sourde. Il n'y a pas d'accent aigu dans la graph. : dessangler, desseller, dessertir. Il y a des exceptions à cette règle de redoublement de s avec l'absence de l'accent aigu, noter qu'il s'agit de néol. : désensibiliser, désolidariser que R. Thimonnier, Principes d'une réforme rationnelle de l'orth. (inédit), 1967, p. 22, 23, aimerait trouver écrits : dessensibiliser, dessolidariser. Devant ss la prononc. est normalement [ε] ouvert, mais l'initiale dess- subit dans ce cas l'influence du préf. [de-] devant les autres consonnes et l'on prononce [e] fermé : [desezi:ʀ], [desale] pour dessaisir, dessaler, etc. Noter cependant que Littré transcrit avec [ε] ouvert : dessabler, dessaisir, dessaler, dessécher, desserrer, desservir. Land. 1834 ne donne [ε] ouvert que pour desserrer (sur desserre où il y a harmonisation vocalique [dεsε:ʀ]). Ces rem. valent aussi pour l'initiale non préf. dés-, dé- : désir, dessein, destin, défendre. Bbg. Dub. Dér. 1962, p. 32 (s.v. détoxication). − Gall. 1955, p. 366. − König (W.). Die Präfixe dis-, de- und ex- im Galloromanischen. Berlin, 1934. − La Landelle (G. de). Le Lang. des marins. Paris, 1859, pp. 227-228; p. 405 (s.v. déralinguer).Peter (M.). Über einige negative Präfixe im Modernfranzösischen als Ausdruck für die Gegensatzbildung. Romanica helvetica. 1949, t. 32, pp. 72-114. − Quem. Fichier (s.v. débenzolage, décristallisation et désembourgeoiser). − Quem. 2es. t. 3 1972 (s.v. défumer et dénatalité). − Runkewitz (W.). Zur Wortbildung in der französischen Pressesprache der Gegenwart. Beitr. rom. Philol. 1967, t. 6, no2, pp. 358-366. − Schifko (P.). Semantisch-syntaktische Funktionen des Präfixes dé- im modernen Französisch. In : [Mél. Gossen (C. T.)]. Bern-Liège, 1976, t. 2, pp. 794-825. − Schmidt (H.). Fr. vivant. Praxis. 1970, t. 17, p. 188 (s.v. désescalade).Vidos (B. E.). Archivum Romanicum. 1930, t. 14, p. 141 (s.v. dénerver).Wind 1928, p. 123 (s.v. dénerver).
Rem. La lang. mod., pour former le contraire d'un verbe à préfixe a-, préfère généralement laisser le préfixe et le faire précéder de dés- : désamorcer, désapprouver, désaccorder (d'apr. Dupré 1972)
Rem. 1. La forme cour. est avec dé-, avec une nuance de sens, p. ex. dessabler « enlever le sable de » a pour anton. sabler; désensabler « tirer du sable » a pour anton. ensabler. 2. Pour certains verbes, les deux formes n'ont pas le même sens :
Rem. En part., le rad. est un nom propre de pers. célèbre :
Rem. Le passage du verbe simple à l'anton. composé peut être accompagné d'un changement d'emploi, p. ex. charlataniser, verbe intrans. (cf. charlataner, rem. 2) devient charlataniser, verbe trans. « Ôter le charlatanisme de ». Il [Gui Patin] veut décharlataniser la médecine (Sainte-Beuve, Caus. lundi, t. 8, 1851-62, p. 124).
Rem. Parfois le néol. peut être issu de rad. différents, p. ex. capitalisation, subst. fém. a) [Rad. capitale] « Action d'ôter à une ville la qualité de capitale ». La décapitalisation de Paris, c'est (...) une diminution du pays (Journ. offic., 8 sept. 1871, p. 3294, 1recol. ds Littré). Le verbe capitaliser n'est pas attesté; l'anton. simple non plus. b) [Rad. capital, dér. de capitalisation] « Action de faire perdre la valeur de capital à ». Décapitalisation des intérêts composés (Lar. 19e). Le souci de la décapitalisation du pays (Belorgey, Gouvern. et admin. Fr., 1967, p. 52).
Source : CNRTL

Wiktionnaire

Français

Verbe

emballer \ɑ̃.ba.le\ transitif ou pronominal 1er groupe (voir la conjugaison) (pronominal : s’emballer)

  1. Mettre en balle des objets en vue du transport.
    • MM. Millardet frères ayant présenté à la compagnie du chemin de fer de Lyon, une certaine quantité de marbres en tranches et ouvrés, la compagnie refusa de se charger du transport, à moins que les expéditeurs n’emballassent au préalable leur marchandise, ou ne consentissent à la décharger, à l'avance, de toute responsabilité, relativement à la casse ou aux avaries qui pourraient résulter du transport à découvert d'objets présentant une pareille fragilité. — (« Tribunal de Commerce de la Seine (4 avril 1856) : Millardet frères - C. Chemin de fer de Lyon », dans le Mémorial du Commerce et de l’Industrie, par M. Le Hir, année 1857, part. 2 : Jurisprudence, Paris, 1857, page 218)
    • En 1858, ayant acheté six ruches de cette espèce, dans le dessein de les récolter et de réunir les populations à d'autres essaims faibles, j'ai dû les aller chercher à 8 kilomètres de mon rucher. Il a donc fallu que je les emballasse pour les transporter. — (Jean Baudet, Traité d'apiculture pratique mis à la portée de tous les apiculteurs, Lyon : chez l'auteur, 1860, page 176)
    • Ton silence a été pris par Macumer et par moi comme une adhésion pour le Déjeuner orné d'enfants, et ces charmants bijoux vont partir ce matin pour Marseille; les artistes ont mis six mois à les exécuter. Aussi me suis-je réveillée en sursaut quand Felipe m'a proposé de venir voir ce service avant que l’orfèvre ne l’emballât. — (Honoré de Balzac, « Lettre 32 : Madame de Macumer à Madame de L'Estorade, mars 1826 » , dans les Mémoires de deux jeunes mariées, livre 1 de Scènes de la vie privée, 1840, tome 2, Paris : chez Veuve A. Houssiaux, 1877, p. 120)
  2. (Sens figuré) (Familier) (Vieilli) Faire partir quelqu’un en voiture, ou le voir monter en voiture pour un voyage.
    • Lorsque le jour commença à paraître, j'examinai les personnes qui m'entouraient; la vieille dame était à côté de moi dans le fond, des messieurs dormaient vis-à-vis, et au coin, en face de moi, quelque chose que je voyais, me parut une bête sauvage, car je n'apercevais que du poil de la tête au pied. Je m'étonnais, à part moi, qu'on emballât de tels animaux dans une voiture publique, lorsque je lui vis relever une espèce de figure qui m'effraya beaucoup. — (Louise Fusil, Souvenirs d'une actrice, tome 1, Paris : chez Dumont, 1841, chap. 4)
  3. (Familier) Ravir de surprise, d’admiration ; entraîner.
    • Car enfin il ne m'emballe pas, moi, ce raplati de Karfeck et il est un peu dégoûtant, ce vieux qui guigne tout le temps les mollets de Clotte. — (Paul Margueritte, Jouir, 1918, T.2, p.78)
    • Ça a l’air de vraiment lui tenir à cœur et j’avoue que moi aussi, ça m’emballe. — (L.S. Ange, De toute mon âme)
  4. (Populaire) Séduire sexuellement, pour amener au flirt.
    • Jeanne, ma fille, prends garde, ce garçon t’emballe!… — (André Franquin, Gaston 7 — Un gaffeur sachant gaffer, éditions J.Dupuis & Fils, 1969, page 59)
    • Mine de rien je suis en train d’emballer moi ! J’emballe, j’emballe sec. Allez ! vas–y Jeannot ! Attaque ! Attaque ! Ça marche ! Ça marche ! — (Guy Bedos, La Drague, 1973)
  5. (Équitation) S'emporter et ne pouvoir plus être retenu, en parlant d'un cheval qui prend le mors aux dents
  6. (Pronominal) (Par analogie) S'accélérer, hors de tout contrôle, en parlant d'une machine qui ne peut plus être arrêtée.
    • Il est vrai qu'il y eut des moments de tension extrême, par exemple à l’embouchure de la rivière, lorsque Jean ne winchait pas assez vite. Un bon gros coup de gueule de l'amiral claqua si fort qu'il se mit à mouliner à la vitesse d’un moteur qui s’emballe. — (Ryan de Telliacs, Qui veut, peut : récit vécu, Liège : Éditions Dricot, (s.d. ?), page 226)
    • Alors les caméras s'emballèrent, les perchmans couraient, talonnant les reporters hors d'haleine, tous se précipitaient vers la femme qui sortait du palais de justice en criant : “Nora, Nora, à votre avis qui a fait ça à Nachito ?” — (Mariana Enriquez, Ce que nous avons perdu dans le feu, traduit par Anne Plantagenet, Éditions du Sous-Sol (Le Seuil), 2016)
    • (Par analogie)Les randonnées du dimanche portaient leurs fruits : il parvenait à maintenir une vitesse régulière dans la montée sans que son cœur ne s'emballât. — (Damienne Lecat, Le Couteau aveyronnais, Mon Petit Éditeur, 2012, page 15)
  7. (Pronominal) (Familier) S’exalter d’une façon irréfléchie et excessive pour ou contre quelqu’un ou quelque chose.
    • Mais je me figurais que tout le monde savait ça à Paris, que toute la France s’en était émue du moment que Médée, lui-même, s’emballait avec tant de chaleur en m’en parlant. — (Louis Pergaud, Un point d’histoire, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
    • Laurier avait promis ce subside, mais ne l'avait pas fait voter avant son départ pour la conférence impériale de Londres. En son absence, Cartwright, qui remplaçait le chef, et les autres, lantiponnèrent : ils s’emballaient d'autant moins que le subside devait s'appliquer à des travaux dans la province de Québec. — (Philippe Auguste Choquette & ‎Robert Rumilly, Un demi-siècle de vie politique, Éditions Beauchemin, 1936, page 144)
    • Je ne lui cachai pas que le néo-malthusianisme n'avait rien qui m’emballât par la façon même où nous le présentaient ceux qui le prônaient. Elle n'insista pas. — (Jean Grave, Quarante ans de propagande anarchiste, présenté et annoté par M. Delfau, Flammarion, 1973, p. 553)
  8. (Whist à la couleur) Accepter la proposition de couleur d'un autre joueur.
    • Je t’emballe en cœur.
    • Eddy emballe trèfle.

Anagrammes

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  • Barmelle
  • remballe, remballé
Source : Wikitionnaire

Littré (1872-1877)

emballer

(an-ba-lé) v. a.
  • 1Mettre dans une balle, empaqueter. Et, pour gagner, emballent et déchargent toutes sortes de marchandises prohibées et défendues, Arrêt du Conseil d'État, 15 oct. 1622.

    Absolument. La foire est terminée ; tout le monde emballe déjà.

    Fig. et familièrement. Emballer quelqu'un, le faire partir. On l'a emballé dans une diligence. Emballez avec tous vos dieux Flore et l'Aurore aux doigts de rose, Béranger, Pauvres amours.

  • 2 Familièrement. Se rendre maître des volontés de quelqu'un par des paroles captieuses. Il [le Régent] fut si bien veillé, relayé, tourmenté, qu'ils [Effiac, Canillac, etc.] l'emballèrent [le décidèrent à se prononcer contre les appels au concile], Saint-Simon, 459, 237.
  • 3 Familièrement. S'emballer, v. réfl. Monter en voiture, partir. Allons, il est temps de s'emballer.

    En un autre sens, s'emballer, se surcharger de vêtements, se mettre chaudement. Si vous voulez sortir par ce grand froid, emballez-vous bien.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

EMBALLER. Ajoutez :
4 Populairement, mettre en prison. Le prévenu l'a accostée, se disant agent des mœurs ; il lui a demandé 10 fr., sous peine, si elle refusait, de la faire emballer, Gaz. des Trib. 27 fév. 1873, p. 127, 3e col.
5 V. réfl. On dit d'un cheval qui prend le mors aux dents, qu'il s'emballe.

Fig. et populairement. S'emballer, se laisser entraîner à quelque bévue, et aussi s'emporter, ou même se passionner vivement pour quelque chose.

HISTORIQUE

XVe s. Et les aucuns Bretons chargeoient sur chars et sur chevaux leurs draps bien emballés, Froissart, II, II, 188.

XVIe s. Qui desrobbe ne sugce, mais gruppe, n'avalle, mais emballe, ravit et joue de passe passe, Rabelais, Pant. III, 18.

Source : Dictionnaire Littré

Étymologie de « emballer »

 Composé de en et de balle.
Source : Wikitionnaire

En 1, et balle.

Source : Dictionnaire Littré

Phonétique du mot « emballer »

Phonétique Prononciation
\ɑ̃.ba.le\
France : écouter « emballer »
Source : Wikitionnaire

Fréquence d'apparition du mot « emballer »

Source : Google

Traductions du mot « emballer »

Langue Traduction
English emballer
German Emblem
Spanish emballer
Portuguese emballer
Italian imbalsamatore
Dutch emballer
Polish emballer
Russian emballer
Source : DeePL

Synonymes de « emballer »

Antonymes de « emballer »