Emportement

subst masc

Définitions de « emportement »

Trésor de la Langue Française informatisé

EMPORTEMENT, subst. masc.
Vous savez avec quel emportement les Hollandais aimèrent les tulipes; ce fut de la folie furieuse (Du Camp, Hollande,1859, p. 101).Ce furent de petits cris, de petits sauts, tout un emportement de femme débordée par une émotion vive (Zola, Nana,1880, p. 1233):
Prononc. et Orth. : [ɑ ̃pɔ ʀtəmɑ ̃]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. Fin xiiies. « fait d'être emporté » (Vie et Mir. de plus. s. conf. Maz. 568 [1716], fol. 208ads Gdf.); 1636 « action de se mettre en colère » (Corneille, Cid, II, 1, 362). Dér. de emporter*; suff. -(e)ment1*. Fréq. abs. littér. : 745. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 946, b) 1 436; xxes. : a) 1 265, b) 829.
Source : CNRTL

Wiktionnaire

Français

Nom commun

Singulier Pluriel
emportement emportements
\ɑ̃.pɔʁ.tə.mɑ̃\

emportement \ɑ̃.pɔʁ.tə.mɑ̃\ masculin

  1. Action de s’emporter.
    • Sa course avait l'emportement invincible d'un corps qui descendrait une montagne trop rapide. — (Alexandre Dumas, Les Mille et Un Fantômes - La Rue de Diane à Fontenay-aux-Roses, 1849)
    • Quel était ce jeune homme, quelle était cette jeune fille, qui se donnaient des rendez-vous furtifs, et qui, se croyant parfaitement seuls à l’abri des curieux ou des importuns, ayant toutes les facilités pour se jeter dans les bras l’un de l’autre et passer leur temps dans les ivresses et les emportements de la passion, se contentaient de se contempler à distance, en parlant politique ? — (Hector Malot, Un mariage sous le Second Empire, 1873)
  2. Colère qui se manifeste par une insolence méprisante, des propos insultants, de la violence.
    • Aux premiers mots proférés dans cet étrange débat, j'ai ressenti les bouillons du patriotisme jusqu'au plus violent emportement. — (Mirabeau, Sur le drapeau tricolore - Assemblée constituante du 21 octobre 1790)
    • Pierre ne connaissait ni les emportements ni les rêveries maladives des louveteaux de Macquart. — (Émile Zola, La Fortune des Rougon, G. Charpentier, Paris, 1871, chapitre II ; réédition 1879, page 56)
    • Mes parents s’inquiétaient de ces emportements ; ils supputaient toujours les drames qui pourraient en découler : coups et blessures, voire meurtre, un jour que mon frère aîné aurait « vu rouge » ; gifle à un supérieur, quand il serait au régiment, ce qui entraînerait le conseil de guerre. — (Michel Leiris, L’âge d’homme, 1939, collection Folio, page 115)
Source : Wikitionnaire

Littré (1872-1877)

emportement

(an-por-te-man) s. m.
  • 1Mouvement déréglé, violent, qu'excite une passion. Tous mes emportements pour la grandeur suprême, Corneille, Tite et Bér. IV, 3. N'attendez pas de moi ces doux emportements Tels que j'en vois paraître au cœur de ces amants, Racine, Baj. III, 2. Il y a des biens que l'on désire avec emportement, La Bruyère, XI. Secourons sa valeur qui devient imprudente, Et cet emportement que nous désapprouvons, Voltaire, Tancr. V, 2. C'est dans l'emportement du meurtre et du carnage, Voltaire, Olymp. III, 1. Sages enfin après l'emportement, Ils jouissaient de ce repos charmant Où tombe une âme heureuse et satisfaite, Malfilâtre, Narc. ch. IX. Qu'il y ait eu, dans les premiers moments, quelque emportement dans le pillage, cela doit-il étonner d'une armée exaspérée par de si grands besoins, si souffrante, et composée de tant de nations ? Ségur, Hist. de Napol. VIII, 8. Ô bonheur de se voir adoré, Qu'avec emportement mon cœur t'a désiré ! Delavigne, Paria, II, 2.
  • 2Transport de colère. De trop d'emportement votre faute est suivie, Corneille, Cid, II, 1. Mais ne voyais-tu pas, dans mes emportements, Que mon cœur démentait ma bouche à tous moments ? Racine, Andr. V, 3. Je n'ai trouvé que pleurs mêlés d'emportements, Racine, ib. V, 5. Il [Artaxerce] en fit mourir un grand nombre dans des emportements de colère, Rollin, Hist. anc. Œuvres, t. IV, p. 333, dans POUGENS. Le roi ne leur répondit que par des emportements et des injures, Rollin, ib. t. IX, p. 20. Les termes d'emportement et de débauche qui peuvent blesser la religion et la pudeur, D'Olivet, Hist. Acad. t. II, p. 82, dans POUGENS. Dirait-on, à l'emportement qui règne dans les écrits de Saumaise, que c'était au fond un homme facile et la douceur même, jusque-là qu'il se laissait dominer par une femme hautaine ? D'Olivet, ib. p. 395.

REMARQUE

Bouhours dit : " Nous avons vu naître ce mot sans que nous sachions précisément qui en est l'auteur. Il naquit durant les guerres civiles ; et on ne le prit d'abord que pour un mouvement et un transport de colère. "

Source : Dictionnaire Littré

Étymologie de « emportement »

 Dérivé de emporter, avec le suffixe -ment.
Source : Wikitionnaire

Emporter.

Source : Dictionnaire Littré

Phonétique du mot « emportement »

Phonétique Prononciation
France (Nancy) : écouter « emportement »
Source : Wikitionnaire

Fréquence d'apparition du mot « emportement »

Source : Google

Traductions du mot « emportement »

Langue Traduction
English outburst
German Mitnahme
Spanish estallido
Portuguese explosão
Italian sfogo
Dutch uitbarsting
Polish wybuch
Russian вспышка
Source : DeePL

Synonymes de « emportement »

Antonymes de « emportement »