MmeHenningsen tenait son face-à-main plié, les deux verres l'un sur l'autre, et le portait à son œil droit en fronçant fort le sourcil (Duhamel, Terre promise,1934, p. 108).MmeLigneul continuait de scruter avec son face-à-main son futur gendre (Drieu La Roch., Rêv. bourg.,1939, p. 73).Le bruit des sacs refermés et des faces-à-main (Mauriac, Journal 3,1940, p. 229).
Prononc. et Orth. : [fasamε ̃]. Au plur. des faces-à-main car : ,,Quand un nom composé est formé de deux noms dont l'un dépend de l'autre, que cette dépendance soit marquée par une préposition ou non, le nom dépendant reste invariable`` (cf. Dupré 1972, p. 950). On rencontre cependant des face-à-main. Il ne me reste plus qu'à tirer au sort entre mes face-à-main (Giraudoux, Folle, 1944, I, p. 70), ce qui est tout à fait défendable, face pouvant ne pas être considéré comme un nom dans ce composé. Étymol. et Hist. 1890 (Lar. 19eSuppl.). Composé de face*, à*, main*. Fréq. abs. littér. : 56. Bbg.Dauzat Ling. fr. 1946, p. 43.
Binocle à manche dont on se sert en le tenant à la main.
La comtesse avait horreur des effusions ; elle réfugia sa bienséance derrière un face-à-main.— (André Gide, Les Caves du Vatican, 1914)
Au bout d’une semaine, ma mère passa par là, s’arrêta, saisie, regarda de tous ses yeux —un binocle, un face-à-main, des lunettes pour le lointain— et cria d’horreur, en violant du pied toutes les sépultures…— (Sidonie-Gabrielle Colette, La Maison de Claudine, 1922)
Plus de frissonnements de soie, ni de rires hystériques sous les voilettes, ni de gestes charmants et parfumés de jolis bras et de mains fines jouant avec un face-à-main ou même une lorgnette de théâtre.— (Victor Méric, Les Bandits tragiques, 1926)
Sa maman lui donna un coup léger de son face-à-main. « Je suis fière de mon petit garçon. »— (Jean-Paul Sartre, L’Enfance d’un chef, 1938)
Il faut dire que Maman était distraite avec tout le monde, distraite et vague, toujours un peu décoiffée, tenant d’une main son face-à-main, de l’autre un livre, une large écharpe de fourrure, ou de soie, glissant de ses épaules tombantes.— (Elsa Triolet, Le premier accroc coûte deux cents francs, 1944, réédition Cercle du Bibliophile, page 246)