Gab
verbe
intrans
Sommaire
Définitions de « gab »
Trésor de la Langue Française informatisé
GABER, verbe intrans.
J'ai dépensé mon existence à courir sur les rochers faisant vingt articles et vingt romans par jour, riant, gabant (Balzac, Corresp.,1830, p. 456).Vous m'offensez par vos vanteries insolentes (...) − Mes compagnons, dit-il, il est vrai que nous avons largement gabé (A. France, Contes Tournebroche,1908, p. 13).Ils se mirent à gaber (...) et ils firent à l'envi des gageures (...) l'empereur fit le premier gab. Il dit : − Qu'on m'amène à cheval (...) le meilleur chevalier (A. France, Contes Tournebroche,1908p. 5).Toute une escouade d'ouvriers de la Creuse, qui choquaient leurs verres en parlant du pays et faisaient des gabs comme les douze pairs de Charlemagne (A. France, Étui nacre, Gestas, 1892, p. 147).Cette horrible transformation d'un clerc joyeux, gabeur, rusé, fin, spirituel, goguenard, en notaire, la société l'accomplit lentement (Balzac, Œuvres div., t. 3, 1840, p. 202).Il a l'éloquence de Panurge, se gabelant sans pudeur de sa personne et de ceux qui l'ont nommé président (Goncourt, Journal,1892, p. 246).REM. 1.
Gab, subst. masc.,vieilli. a) Gageure fanfaronne et plaisante. Ils se mirent à gaber (...) et ils firent à l'envi des gageures (...) l'empereur fit le premier gab. Il dit : − Qu'on m'amène à cheval (...) le meilleur chevalier (A. France, Contes Tournebroche,1908p. 5).b) Plaisanterie, facétie, jeu d'esprit. Toute une escouade d'ouvriers de la Creuse, qui choquaient leurs verres en parlant du pays et faisaient des gabs comme les douze pairs de Charlemagne (A. France, Étui nacre, Gestas, 1892, p. 147).
2. Gabeur, subst. masc. et adj.,vieilli. Celui qui gabe, qui plaisante, se moque, qui aime rire. Cette horrible transformation d'un clerc joyeux, gabeur, rusé, fin, spirituel, goguenard, en notaire, la société l'accomplit lentement (Balzac, Œuvres div., t. 3, 1840, p. 202).
3. Gabeler (se), verbe pronom.Se moquer, railler. Il a l'éloquence de Panurge, se gabelant sans pudeur de sa personne et de ceux qui l'ont nommé président (Goncourt, Journal,1892, p. 246).
Prononc. et Orth. : [gabe]. Ds Ac. 1694. Étymol. et Hist. Ca 1100 gaber « dire des plaisanteries » (Roland, éd. J. Bédier, 1781). Dér. de gab « plaisanterie, moquerie » (ca 1100, Roland, 2113), de l'a. nord. gabb « raillerie » cf. m. néerl. gabben « railler » (Verdam), ou plutôt issu de l'a. nord. gabba « railler, se moquer de ». Mots apportés par les Vikings, leur adoption est sans doute à mettre en rapport avec la nuance spéciale d'ordre affectif qui s'y attachait (tandis que haine, honte, hargne, orgueil ... sont d'orig. frq.). Gab et ses nombreux dér. en a. fr. et en a. prov. tombent en désuétude à la fin du Moy. Âge avec la disparition de la chevalerie (v. Varillas, Hist. de Henry III, l. IV ds Gdf. t. 4, pp. 197-198) pour ne plus survivre que dans les dial. (Ouest, francoprov., occitan); dans la langue littér., le verbe gaber a été repris, comme terme du Moy. Âge, au xixes. (cf. Michelet, loc. cit.), cf. FEW t. 16, p. 3 et DEAF, col. 12-18. Bbg. Jourjon (A.). Rem. lexicogr. R. Philol. fr. 1915/16, t. 29, p. 232 (s.v. gab). - Kraemer (E. von). Sém. de l'anc. fr. gab et gaber. In : [Mél. Nurmela (T.)]. Turku, 1967, pp. 73-90.
Wiktionnaire
Français
Source : Wikitionnaire
Nom commun
| Singulier | Pluriel |
|---|---|
| gab | gabs |
| \ɡab\ | |
gab \ɡab\ masculin
- Plaisanterie, raillerie, badinerie, chose dite ou faite pour amuser.
- Toute une escouade d’ouvriers de la Creuse, qui choquaient leurs verres en parlant du pays et faisaient des gabs comme les douze pairs de Charlemagne. — (Anatole France, L’Étui de nacre, 1892, réédition Calmann-Lévy, 1923, page 113)
Étymologie de « gab »
- De l’ancien français gaber.
Fréquence d'apparition du mot « gab »
Source : GoogleTraductions du mot « gab »
| Langue | Traduction |
|---|---|
| English | gab |
| German | gab |
| Spanish | gab |
| Portuguese | tagarelice |
| Italian | gab |
| Dutch | gab |
| Polish | gab |
| Russian | габ |
Citations sur le mot "gab"
Le mot contient le secret de la vie. Tout ce qui s'énonce n'est que monnaie, sujet à fluctuation. Le mot gab lui, est la monnaie en argent-métal.
Marcel Proust
Gab est le fruit du yaourt : il est léger, digeste, simple. Quand on le prononce, il se mange.
Rémy de Gourmont
Il suffit de se surprendre à prononcer les mots à l'envers pour comprendre que le signe direct du gab, c'est le bag ☆∶. Sorte de téléphone sidéral. Miroir phonétique de l'imaginaire.
Georges Perec